Master and Slave

Couple principal: Ichigo Kurosaki x Sosuke Aizen
Disclamer
: Les personnages de Bleach ne m'appartiennent pas! Ils sont à Tite Kubo. Certains sont des OCs et m'appartiennent donc, ils seront présentés lors de leurs apparitions en début de chapitre.
Bêta-lectrices: Merci à Leikkona et Frasyl pour la bêta-lecture !


Réponse aux reviews anonymes:

Tisha: Que de complimeeents *égo flatté* Merci merciiiii ^^

Sunny: J'imagine trop bien Ichigo sur un terrain de rugby xD!
aaah je suis pardonnée *ouf* jusqu'à la prochaine fois, c'est ça? ;]

Merci pour vos reviews *-*


Au pire, si l'ascenseur était réparé trop vite… Il essaierait de voir avec ses hommes s'il n'était pas possible de bloquer l'ascenseur par un autre moyen. Peut être une petite explosion permettrait-elle de mettre à mal la structure, sans pour autant menacer l'ensemble.

De meilleure humeur suite à cet évènement, Aizen s'éloigna de la console et se mit en route vers la ville basse d'un pas lent. Il s'enferma ensuite dans son bureau pour le reste de la journée, pensif. Lorsqu'il s'endormit ce soir là, ce fut avec l'image d'Ichigo ancrée dans ses rétines et qu'il ne parvint pas à chasser.

Livre II – Faces cachées
Chapitre 6

- Chef ! Je suis désolé chef ! L'équipe numéro deux ne répond plus.

- Coupez le contact radio. Considérez-les comme perdus.

- Mais…

- Exécution.

La liaison s'arrêta et Ulquiorra se passa une main sur le bas du visage, pensif. Devant lui, sur son bureau, une quantité impressionnante de papier était étalée. Il les observa un instant, puis, comme un déclic, ses mains se mirent à farfouiller frénétiquement dans cette masse blanche et noire. Il en tira une copie, qu'il scruta du regard. L'information trouvée, il s'empara d'un stylo pour faire plusieurs ratures, puis se laissa retomber contre le dossier de sa chaise après avoir jeté feuille et crayon sur le bureau.

Il croisa bras et jambes et retomba dans l'immobilisme, songeur. Depuis près de trois mois que les choses évoluaient petit à petit pour la ville basse, il ne comptait plus le nombre de victimes. Leur chef, tout comme lui, s'en moquait bien. Il était utopique de croire qu'un conflit de ce genre se réglerait sans pertes.

Déjà que, sur un temps relativement court, ils étaient parvenus à se développer de façon exemplaire... Certes, au niveau de l'étendue la progression était presque invisible. Il fallait dire que construire sous terre était long et fastidieux. De plus, leurs moyens limités les empêchaient d'avancer à un rythme convenable.

Heureusement que, totalement par hasard, ils étaient tombés sur une nappe phréatique à moitié vide, par-dessus laquelle ils avaient construit. Le danger d'une inondation à cause des pluies était réel, aussi avaient-ils débutés des travaux afin d'éviter de mourir noyés. Le fait qu'ils puisent pour leur propres besoin, et qu'ils fassent en sorte de la polluer le moins possible était un plus.

Par contre… La population était croissante, les structures avaient été consolidées et un début de société s'était reconstruit. Ils avaient trouvés l'intégralité des personnes isolées, encore dans les ruines et ignorantes de la présence d'une protection. Et comme toute situation, elle apportait son lot de soucis.

En premier, le fait que la demande était toujours plus importante. Il se souvenait qu'à la dernière réunion, Aaroniero commençait à se plaindre du fait qu'il n'arrivait plus à combler les requêtes qui lui étaient formulées. Une solution temporaire avait été trouvée par Szayel qui avait changé ses « commandes » auprès de Kyo. Ils récupéraient ainsi une partie des denrées des traqueurs. Eux en avait à volonté, s'ils demandaient.

Ulquiorra eut un soupir. Il regroupa certaines feuilles gribouillées avec lesquelles il forma un tube, avant de se lever et de quitter son bureau. Lorsqu'il entra dans le couloir, il évita de justesse la fusée qu'étais Tesla. Ce jeune homme, devenu protégé de Nnoitra, avait à cœur de remplir les ordres que lui donnait le garde du corps. C'est ainsi qu'il se retrouvait régulièrement à courir d'un bout à l'autre de Las Noches. Mais il ne bronchait jamais.

L'espion se remit en route, et sa main libre remonta pour effleurer discrètement le dispositif à l'oreille qu'il possédait. Une radio miniature. Il ne pouvait pas parler, mais entendre en toute circonstance. Il avait bien basculé sur le canal de la fameuse équipe deux. Il n'avait entendu que les rires et les voix tonitruantes atténuées en partie par un masque. Les traqueurs venaient de mettre la main sur une nouvelle poignée d'hommes et il savait déjà qu'Aizen ne serait pas très heureux de la chose.

Il s'arrêta finalement devant la porte du bureau désiré et leva la main pour toquer. Une forte exclamation provenant de la pièce l'empêcha de finir son geste. Ce qui semblait être une voix féminine hurla encore quelques phrases, avant que la porte ne s'ouvre brusquement sur Hinamori. Celle-ci l'observa un instant et il en fit de même, nota au passage les joues rougies et les larmes qui menaçaient de couler avant qu'elle ne s'en aille.

- Que puis-je pour toi Ulquiorra ?

L'espion se tourna vers Aizen, dont l'attitude était aussi froide que la sienne. Sosuke l'invita à rentrer dans son bureau et haussa un sourcil, alors qu'il recevait les documents. Ils furent consultés et le dirigeant soupira, allant s'écrouler devant son propre bureau. Les feuillets échouèrent sur la surface plane, jetés dessus, et le nouvel arrivant pu voir de nombreuses pages et objets échoués au sol. Il haussa un sourcil, peu habitué à tant de désordre de la part de son chef.

- Quand est ce que c'est imbéciles apprendront à rester tranquille ?

Ulquiorra ferma à demi les yeux. Il préférait laisser son chef marmonner tout seul. A la place, il se déplaça en silence pour le rejoindre et s'assit de l'autre coté du meuble. Qu'importe qu'Aizen méprise plus ou moins ouvertement le peuple qu'il gouvernait. Il se moquait également du fait qu'il n'hésitait pas à sacrifier les faibles pour lui permettre d'obtenir ce qu'il désirait. Il avait, comme toutes les espadas, adhéré à sa volonté de prendre l'ascendant sur la ville haute.

L'avantage de dévoiler au groupe ses projets, c'était d'assurer son poste de dirigeant. Lorsque Sosuke avait avoué ce qu'il comptait faire pour la population d'en bas (et donc la partie haute par extension), il avait été acclamé. Alors il se contentait de juguler la foule quand elle bougeait un peu trop. Mais la perspective de voir la qualité de vie augmentée et le danger de devenir esclave écarté leurs donnaient des ailes.

Régulièrement, ils devaient faire face à deux sortes de soucis. Le premier était les habitants qui remontaient dans les ruines afin de chercher du matériel qu'on leur refusait pour diverses raisons. Se croyant malins, ils finissaient neuf fois sur dix dans les filets des traqueurs. La seconde les concernaient un peu plus encore, dans la mesure où elle touchait leur force militaire.

Le deuxième problème y était lié. Les soldats, désireux de sauver la veuve et l'orphelin et qui voulait aller secourir les imprudents. Bien sûr, ils entrainaient toute l'escouade avec eux. Ils tentaient de faire comme le groupe de Nnoitra et parfois celui de Nelliel. Ces deux là s'étaient spécialisés dans la mise à mort des traqueurs… Du moins pour l'homme, la jeune femme répugnant à le faire. A vouloir les imiter, mais manquant d'expérience… et bien ça donnait cela : les feuilles portant le nom des soldats se noircissaient sous les ratures.

Ils perdaient ainsi de plus en plus de monde, et Aizen commençait à craindre que cela n'ait une mauvaise influence pour la suite. Actuellement les recrues entrainées au combat étaient nombreuses, motivées. Si elles réalisaient le pourcentage de promus qui disparaissait, devenus esclaves, il était certain qu'elles réfléchiraient à deux fois avant de s'engager sur un tel chemin. Et si la force « armée » diminuait, ce n'était bien évidement pas bon.

Heureusement, leur dirigeant avait trouvé un moyen de faire diminuer la présence de ces kamikazes, dangereux pour tous. Cela n'empêchait pas qu'ils continuaient de déplorer la perte de leurs hommes.

- Avec le nombre de traqueurs toujours plus important… Il faut trouver un moyen d'occuper nos hommes.

- Vous avez déjà une idée de comment procéder ?

- Je vais demander à Barragan et Zommari de rallonger le temps de formation, soupira Aizen. Et pour les plus impulsifs, j'aurais bientôt un travail tout trouvé.

Ulquiorra hocha lentement la tête, alors que Sosuke replongeait sur son propre travail. Le maître espion resta immobile quelques minutes, à l'observer faire, puis il se leva. Le dirigeant ne semblait pas vouloir lui donner de directives, il n'avait donc plus rien à faire ici. Il enfouit ses mains dans ses poches et se dirigea en toute logique vers la porte.

- Peux-tu faire un détour pour prévenir les autres ? fut la question qui l'arrêta. Je veux mes hommes dans la salle de réunion, dans l'heure qui suit.

- Bien, Aizen-sama.

La porte se referma en silence et, de nouveau seul, Sosuke s'autorisa un énième soupir. Il replongea sans trop se presser sur la paperasse, dont l'avait déjà tiré Hinamori précédemment. La jeune femme était venue le déranger pour lui demander de passer du temps avec elle, ce qui se traduisait donc par aller se balader dans les « rues » de la ville souterraine. Il avait bien d'autres choses à faire, mais étrangement elle ne semblait pas le comprendre.

Oh, il devait reconnaître qu'elle était persévérante. Elle lui avait sortit toutes les excuses possibles et inimaginables, avait insisté au point de venir s'assoir sur ses genoux après avoir repoussé ce qui pouvait se trouver sur son bureau. Le fracas de ses affaires sur le sol de la pièce avait finit de l'agacer et il l'avait repoussée sans ménagement. Et Hinamori s'était énervée à son tour, lui reprochant de passer ses journées dans cette pièce.

Mais que croyait-elle ? Qu'il trouvait ça amusant d'être le nez dans le papier toute la journée ? Il avait même parfois l'impression que cette odeur caractéristique des copies le suivait partout lorsqu'il quittait cet endroit.

Alors il l'avait laissé hurler, tempêter, jusqu'à ce qu'elle se lasse et ne se mette à couiner sur son manque flagrant d'intérêt pour la situation. Qu'il le lui confirme avait faillit lui couter une jolie marque rouge sur la joue. Mais Momo avait préféré tourner les talons, surement pour aller s'enfermer dans ses appartements. Il irait peut être la voir ce soir afin de se faire… pardonner. Jusqu'à la prochaine fois. Si elle ne venait pas s'excuser avant.

Une heure plus tard, comme prévu, il était devant la salle de réunion. Lorsqu'il ouvrit les portes, il eut un léger sourire en voyant ses hommes. Installés, et avec toute l'attention sur lui, il commença à parler.

Vint en premier le sujet fâcheux des traqueurs. Szayel réussissait bien à bloquer, régulièrement, les portes qui menaient à la ville basse. C'était en général à ces moments là que Nelliel et Nnoitra intervenaient pour mettre hors d'état de nuire les traqueurs. La jeune femme était plus réticente à tuer que son collègue. Le souci était que désormais leurs ennemis étaient méfiants car ayant connaissance de leur présence et de leurs capacités.

Les traqueurs, pas stupides sur ce coup là, n'avaient pas été très longs à faire le rapprochement et à réagir en conséquence. Ils étaient désormais bien plus nombreux dans les ruines, ce qui était un problème. Un problème important puisque cet accroissement de ces chasseurs d'humains rendait plus dangereux encore les expéditions qu'ils pouvaient mener dans les ruines. Aaroniero hocha d'ailleurs la tête à cette affirmation, en même temps que Neliel et Nnoitra prenaient un air ennuyé.

- Vous allez probablement trouver que le moment est mal choisi mais… reprit Aizen, après avoir marqué une pause. Je crois qu'il est temps que nous allions plus loin.

- Ne pouvons-nous pas attendre ? commença Neliel d'une voix presque timide. Je veux dire, avec nos recrues qui…

- Les recrues feront partie du voyage. La coupa Sosuke. Les éloigner d'ici est la meilleure solution pour canaliser leur énergie et l'utiliser au mieux.

Neliel hocha la tête et retourna au silence. La plupart des personnes présentes tournèrent le regard vers le dirigeant, attendant une suite qui ne tarda pas à venir.

- Stark, Barragan, Hallibel, Ulquiorra. Vous composerez votre propre équipe d'une dizaine de personne et vous partirez pour les autres mégalopoles.

- Quoi ? s'écria l'instructeur, un peu trop fort. Je ne peux pas laisser Zommari tout seul ! La formation va être rallongée !

- Justement, se permit d'intervenir Ulquiorra, d'une voix froide. Cela me permettra peut être d'entendre moins souvent les hurlements de tes hommes lorsqu'ils se font capturer après une action stupide. Et la panique des autres.

Barragan plissa les yeux et se mit à grommeler quelque chose d'incompréhensible. Ulquiorra referma les paupières, sachant que ce que pouvait déblatérer le plus vieux lui était destiné, mais il l'ignora. Aizen préféra passer outre la colère, de son instructeur, qu'il savait temporaire. Il donna ses directives, demandant à ses hommes de tenter de rassembler autour d'eux les prisonniers des ruines ou, à défaut, de se mêler à eux. Ceci fait, la réunion se termina mais, étrangement, aucune des personnes présentes ne bougea.

- Aizen-sama, commença Tia. Nous sommes d'accord sur le fait que notre objectif est le suivant : celui de renverser la ville haute. Cependant, que se passera-t-il ensuite ?

- C'est évident, grogna yammy après avoir frappé la table de ses poings. On va prendre leur place !

- Je sais que certains d'entre vous aimeraient que ceux d'en haut finissent ici. Je vous demande cependant de voir plus loin que cette colère. Ce serait bien trop dangereux.

Son assemblée frémit et Sosuke s'autorisa un léger sourire en sentant le début de colère, l'indifférence, ou l'interrogation qui traversa ses troupes suite à sa réponse. Hallibel néanmoins semblait apprécier sa réaction, puisqu'elle se contenta d'hocher la tête. Sous le col qui masquait le bas de son visage, il savait qu'elle souriait.

- Dangereux ? C'est-à-dire ? finit par demander Nnoitra, perplexe.

- Si nous offrons à nos opposants la même situation que la nôtre, que croyez-vous qu'ils feront ? soupira le dirigeant, après avoir posé ses mains sur la table. Exactement ce que nous sommes en train de faire et nous reviendront tôt ou tard à la situation de départ.

- Il vaut mieux alors se mêler progressivement à la ville haute, murmura Nelliel.

- Voyez ça comme une fusion, appuya Aizen. Sauf qu'à la fin nous établirons nos règles.

Seul le silence lui répondit et un léger rictus se dessina sur son visage. Bien évidemment qu'il n'offrirait pas une société égalitaire. Il ferait juste en sorte de pouvoir tout contrôler pour éviter une éventuelle rébellion. Avec un peu de chance, il pourrait même s'offrir le luxe d'avoir, lui, un esclave. L'idée de pouvoir faire de son ancien maître son jouet lui plaisait de plus en plus.

- Autre chose ? demanda-t-il finalement, sans écho. Bien, alors cette réunion est terminée.

Enfin, ses hommes bougèrent pour quitter la pièce après un dernier regard vers lui. Il resta pensif et laissa son esprit aller un instant en direction de la ville haute. Ses projets étaient d'autant plus facilités par la guerre froide qui se déroulait actuellement entre la « haute noblesse » et qui monopolisait littéralement toute l'attention du dessus.

Cette fusion dont il avait parlé précédemment ne serait rendue que plus courte et importante, s'il s'assurait d'être un peu discret. Le temps de la réaction, serait trop long pour pouvoir faire quoi que ce soit.

- Aizen-sama, résonna une voix grave qui le fit brutalement redescendre. Il se tourna pour faire face à Aaroniero.

Son regard se posa sur le masque blanc, inexpressif, de celui-ci. L'homme en réalité avait eu le visage totalement défiguré suite à une rencontre avec des traqueurs. Piégé, il avait réussi à s'en sortir en sacrifiant une bonne partie de son corps. La tenue blanche cachait bon nombre de cicatrices et de marques de mutilation. Mais il était sans nul doute l'homme qui connaissait le mieux les ruines et les trésors qu'il pouvait y avoir.

- J'ai mis la main sur les objets que vous désiriez, je les ai fait mettre dans votre bureau.

- Je vais aller voir ça.

- Je vous préviens que certains risquent d'être difficilement lisibles, à cause de l'usure ou de l'humidité. J'ai également trouvé des livres à moitié déchirés. Au cas où, je les ai mis également.

- Je m'y intéresserai peut être une autre fois. Merci Aaroniero.

L'homme se pencha légèrement pour le saluer et tourna les talons, retournant à son propre travail. Sosuke lui-même ne tarda pas à se lever pour repartir une fois de plus à son bureau. Et en effet, la première chose qu'il nota fut le carton posé à côté du meuble et qui avait déjà embaumé la pièce d'une odeur particulière.

En quelques pas il fut à côté, un genou au sol pour lui permettre de farfouiller tranquillement dans les livres présents devant son nez. Il en prit un au hasard, faisant attention à ne pas abimer le papier ou la surface cartonnée qui constituait la couverture, et l'ouvrit. Il avait toujours adoré le parfum du vieux papier. Lorsqu'il aurait fait le tri entre les ouvrages sans importance, il pourrait se lancer dans son activité favorite : l'histoire.

Mais pour l'heure, il en profitait simplement. Il prit quelques livres au hasard et s'installa à son bureau, en feuilletant un sans trop prêter attention aux caractères imprimés. A la forme du texte il devina que ça devait être un roman quelconque, et il referma l'ouvrage pour jeter un coup d'œil à l'auteur. Savoir si ce qu'il avait entre les mains était une histoire sans importance ou une chose qui lui permettrait de progresser de quelque pas sur la route de la connaissance.

Ce n'était pas les premiers qu'Aaroniero parvenait à lui trouver. Parfois ces livres venaient enrichir sa bibliothèque sans plus, d'autres lui permettait d'en apprendre davantage sur la société de jadis. Celle que la ville du dessus tentait désespérément d'oublier. Il avait trouvé des informations, un début de piste, qui lui avait permis de recréer vaguement un système administratif. Bien sûr, il n'était pas question de faire exactement la même chose que par le passé. Quand on voyait où cela avait finalement mené…

Trois coups légers furent donnés contre sa porte, ce qui le força à relever le nez de son activité. Avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit, Hinamori se glissa dans la pièce, timidement. Aizen retint un sourire en la voyant entrer petit à petit dans la pièce, comme si elle redoutait d'être renvoyée. Il n'aurait pas besoin de se déplacer jusqu'à elle, finalement.

Sosuke referma son tome et ouvrit le premier tiroir de son bureau pour y placer les livres, désireux de les préserver de la tornade que pouvait être Momo. Son regard se posa fugitivement sur le collier noir qui s'y trouvait déjà et qui provoqua un instant d'hésitation. Il termina son mouvement et referma le tiroir lorsque la jeune fille reprit la parole.

- Aizen-sama… commença-t-elle d'une voix basse. Je suis désolée, Aizen-sama !

Il n'eut que le temps de se tourner et d'ouvrir les bras afin de recevoir Hinamori contre lui. Il observa les épaules trembler, signe que sa compagne était sur le point de se mettre à pleurer. Ce ne fut qu'en entendant un sanglot étouffé qu'il releva le bras pour faire glisser sa main le long de la colonne vertébrale, en un geste qui se voulait apaisant. Il n'avait pas besoin de faire plus. La jeune femme se calma toute seule et finit par relever son visage vers lui.

- Vous m'en voulez ? demanda-t-elle, presque timide, implorante.

- T'en vouloir pour quoi ?

- Et bien le… Enfin… Je… Je veux dire.

Les yeux noirs d'Hinamori se firent fuyants, mal à l'aise, alors qu'Aizen penchait la tête sur le côté, en attente d'une suite qui ne viendrait pas. Il le savait. Actuellement la jeune femme cherchait à se rassurer en lui demandant implicitement de justifier ses actes. De donner raison à cette colère liée au fait qu'il ne voulait de délaisser son travail pour elle. Chose qu'il se refusait bien entendu à faire. Jouer les ignorants, non content de la déstabiliser, semait également la confusion chez celle qui se proclamait sa fiancée, lorsqu'il n'était pas là.

Réduite au silence, la jeune femme laissa retomber son visage contre son torse et s'installa un peu plus confortablement sur ses cuisses, sans doute heureuse de ne pas avoir été repoussée. Lui fit remonter sa main jusqu'aux cheveux, défit l'éternel chignon qui retenait les mèches noires pour entremêler celles-ci avec ses doigts. Cette posture maintenu, il tendit son bras libre afin de s'emparer des feuilles épargnées par sa compagne lors de son précédent passage ainsi qu'un stylo et il reprit la paperasserie, sans un mot de plus.

Les feuilles, bientôt, se noircirent de son écriture, fine et serrée, et furent repoussée vers un coin du bureau une fois complète. Une demi-douzaine de copie fut ainsi traitée, dans un silence religieux, avant qu'Hinamori ne se décide à bouger de nouveau pour s'emparer de l'une d'elle. Elle fixa sans réellement voir les colonnes de mots, pensive.

- Est-ce si utile, Aizen-sama ? Ce n'est que du papier… murmura-t-elle.

- Qui indique l'emplacement de nos ennemis nos propres prévisions, le nombre de nos hommes, lui répondit Sosuke sur le ton de la confidence.

- Je vois.

La page retrouva sa place sur le bureau, et Aizen la sentit se recroqueviller un peu contre lui. La jeune femme se mordit la lèvre inférieure. Bien entendu qu'elle comprenait que tout cela était important pour lui, pour eux tous. Mais elle ne pouvait s'empêcher de vouloir être un peu égoïste : la vie dans les souterrains était brève et comme toute personne ne sachant pas de quoi le lendemain était fait, elle voulait en profiter un peu. A cette pensée, ne pouvant s'en empêcher, les larmes revinrent encore plus nombreuses et embuèrent ses yeux avant de glisser le long des joues, rejoignant la ligne de la mâchoire.

- Je ne suis qu'une idiote, pardonnez-moi… souffla-t-elle une nouvelle fois, sans voir le léger sourire qui se dessina sur les lèvres d'Aizen et qui disparut lorsqu'elle se redressa.

Elle sécha rapidement ses larmes et quitta sa place. Sous le regard de son amant, elle fit le tour du bureau et se pencha pour ramasser tout ce qui trainait encore par terre. Silencieuse, elle remit les papiers en ordre sur le bureau, puis elle s'inclina devant Sosuke, toujours impassible avant de faire demi-tour pour repartir, résignée à le laisser travailler.

- Hinamori… l'arrêta la voix d'Aizen, alors qu'elle arrivait à la porte.

- Oui ? répondit-elle, hésitante.

- Je te vois ce soir.

La jeune femme tourna la tête, jeta un regard troublé vers l'homme qu'elle aimait. Celui-ci lui adressa un léger sourire, sans plus. Ce genre d'attitude qu'il n'avait qu'avec elle et qu'elle adorait tellement. Elle sentit, bien malgré elle, son cœur se gonfler de joie et son visage s'éclaira de voir que, quand même, son action n'avait peut-être pas été totalement veine et qu'Aizen semblait décidé à vouloir passer un peu plus de temps avec elle. Elle acquiesça d'un large mouvement, avant de repartir presque en sautillant. De nouveau seul, Sosuke secoua doucement la tête, amusé de voir avec quelle facilité il parvenait à redonner espoir à la jeune femme. Nul doute que son attitude plus froide avait déjà été oubliée.

- Gin… fit la voix d'Aizen, après le salut enjoué de son collègue.

- Eh ! P'tit chef, cela f'sait longtemps que j'n'avais pas entendu ta voix !

- La dernière fois que je t'ai appelé c'était hier.

- Ah bon ? Le temps passe si vite, fit son bras droit à l'autre bout du fil, après avoir pris un ton dramatique.

Aizen ne releva pas cette phrase, se contentant d'un léger sourire. Il y eut un silence, le temps que l'esclave vérifie que sa compagne ne se trouvait pas à portée de voix, avant de reprendre dans un chuchotement.

- T'es un veinard, t'sais ça ? Et moi aussi par la même occasion.

- oh, ça veut dire que tu as déniché une information pour moi ? Raconte-moi tout.

- Bah…

Aizen se laissa aller sur le dossier de sa chaise, l'appareil calé entre son épaule et son oreille. Son bras droit prit la parole pour ne plus la lâcher, lui rappela qu'Ichigo lui avait facilité son travail d'une certaine manière en taisant la non-présence de son esclave Sosuke fronça les sourcils à cette nouvelle, mais resta silencieux pour ne pas trahir le léger étonnement qu'il pouvait ressentir. Gin enchaîna sur une information plus précieuse encore.

- Y'a une rumeur qui circule et qui commence à faire gronder la ville haute, chantonna l'esclave, prenant son temps pour continuer : l'chef de famille de Kurosaki se s'rait lancé dans la politique, avec une idée qui fait pas mal scandale. Il voudrait supprimer la domination d'une famille pour créer une sorte de gouvernement. D'moins, c'est c'qui s'raconte, mais rien d'officiel.

- C'est pas vrai, quelle idée stupide, soupira Aizen après un silence.

Un rire lui répondit, Gin trouvant apparemment que la situation était plutôt drôle. Après un court instant de réflexion, cette attitude n'étonna pas Sosuke plus que ça. C'était certes une simple rumeur, mais il n'y avait jamais de fumée sans feu et cela correspondait bien au caractère d'Ichigo, de vouloir faire bouger les choses dans ce sens là. Au moins son ancien maître n'avait-il pas fait l'erreur de foncer directement : il avait un minimum de jugeote finalement… Chose étonnante.

- Sinon c'plutôt calme, reprit la voix de Gin, plus posée, presque trop. La famille Ishida reste tranquille. Rangiku pense qu'elle prépare quelqu'chose.

- Ou peut être cherche-t-elle une confirmation. Puisqu'Ichigo va s'affaiblir tout seul s'il se lance dans une telle campagne, soupira Sosuke.

- J'crois qu'il en a bien conscience. Tout l'clan reste muet face aux questions.

Le dirigeant haussa un sourcil et ne répondit pas. Gin observa un silence, avant de reprendre, plus bas et fortement amusé : « On s'inquiète cap'tain ? » auquel Aizen répondit d'un grognement. La discussion continua ainsi quelques minutes, son bras droit lui donnant des informations sans importance : comme le temps. Pour ce qu'il en avait à faire sérieusement…

Szayel finit par débouler dans son bureau, ce qui le contraignit à interrompre brutalement son interlocuteur et à raccrocher. Sans regret cependant, et la voix amusée qui le salua d'un « bye bye » le confirma.

Le scientifique, partagé entre joie et hésitation, attisa sa curiosité. Il finit par apprendre que de nouvelles chaînes avaient été piratées et que l'installation était désormais suffisamment développée pour lui permettre d'envisager l'intrusion dans les systèmes informatiques. Mais sa présence était requise, parce que, pendant les tests, Szayel était finalement tombé sur quelque chose qu'il estimait pouvoir l'intéresser.

Alors qu'ils traversaient les couloirs pour rejoindre le laboratoire, Sosuke crût qu'il tomberait sur les informations qu'il venait de recevoir à savoir, un début de rumeur sur un projet quelconque mené par son ancien maître. En réalité ce fut bien plus que cela.

« Mais pourquoi changer les choses ? Notre système actuel nous convient: il récompense l'effort. Ceux qui se donnent du mal parviennent à la vie qu'ils désirent. Créer un gouvernement ? C'est l'idée la plus stupide que je n'ai jamais entendu, et c'est dangereux ! Un seul homme ne peut pas gouverner un pays comme celui du japon ! »

La personne qui parlait au journaliste voyait son visage devenir de plus en plus rouge sous la colère. Ses phrases avaient fini par être hurlées et le professionnel face à lui n'en menait pas large. Il regrettait sans doute d'avoir aborder un sujet aussi sensible avec celui qu'il avait présenté comme étant le dirigeant d'une famille bourgeoise. Finalement, l'interviewé se détourna pour s'en aller, continuant de grommeler ce qui ressemblait désormais plus à des injures qu'à de véritables argument et la caméra revint vers le reporter qui se racla la gorge et conclue ainsi l'interview.

- Il semblerait que le chef de famille Kurosaki ait lancé une bombe.

Sosuke tourna son attention vers Szayel qui pianotait sur un clavier. L'écran, surface immatérielle devant lui, montrait des suites de chiffres et de calculs. Le dirigeant arrêta le flot d'images et de paroles, sachant qu'il retrouverait bientôt cette technologie dans ces appartements. Il aurait alors le temps de se pencher sur les émissions qui y passerait. Pour l'instant c'était le scientifique qui subissait ce fond sonore pendant ses recherches.

- Quand je suis partie du bureau, fit justement celui-ci, Ichigo Kurosaki venait…

- d'avouer qu'il voulait créer un gouvernement et abolir les esclaves ?

- Oui, en expliquant que le monde actuel était inégalitaire et injuste, et qu'il fallait changer les choses.

Le dirigeant posa sa main sur son visage. Correction : Ichigo restait Ichigo. Et le jeune homme semblait adorer mettre ses sabots exactement là où il ne fallait pas. Aizen soupira lourdement et il se heurta alors au regard interrogateur venant de Szayel. Celui-ci avait abandonné temporairement ses écrans afin de le rejoindre.

- La famille Kurosaki s'affaiblit toute seule, c'est plutôt bon pour nous, tenta le scientifique.

- Non. Une guerre longue est meilleure car elle nous donne du temps et affaiblie les deux camps. Là… Les Quincys n'ont qu'à profiter : son opposant est en train de se mettre toute la basse noblesse à dos.

- Mais leur force et presque insignifiante face aux grandes familles. Ils pourraient se faire balayer.

- Oui, sauf que les Kurosaki sont en train de se placer dans une position qui va les mettre à mal.

Sosuke resta pensif, pendant que le scientifique commençait à lui faire un rapport sur les avancées technologiques qu'il avait effectué. Il se contenta d'acquiescer vaguement en entendant que Szayel avait réussi, grâce aux colonnes de soutien, à capter et transférer toutes les ondes télévisées, à étendre les capacités de radio de leur propres hommes, et qu'il avait commencé à infiltrer les ordinateurs de la ville du dessus pour essayer d'obtenir de nouvelles sources d'informations.

Alors qu'il repartait à travers Las Noches, résigné à passer la soirée avec Hinamori plutôt qu'avec ses livres, il s'efforça de chasser la pointe d'inquiétude qui l'étreignit. Ichigo était un grand garçon et apprendrait vite que ce choix-là n'était pas le plus judicieux. Et puis s'il chutait ainsi, il lui serait facile de le récupérer par la suite.


Je sais qu'il ne se passe pas grand chose, mais je met en place pour les prochains chapitres ;p

Merci de me suivre et de me lire ;p
Rendez-vous au prochain chapitre!