Master and Slave
Couple principal: Ichigo Kurosaki x Sosuke Aizen
Disclamer: Les personnages de Bleach ne m'appartiennent pas! Ils sont à Tite Kubo. Certains sont des OCs et m'appartiennent donc, ils seront présentés lors de leurs apparitions en début de chapitre.
Bêta-lectrices: Merci à Leikkona, Scorpio-no-Caro et Frasyl pour la bêta-lecture ! (ouais ouais 3 bêtas, rien que ça ;p)
Réponse aux reviews anonymes:
Sunny: Captivant! Tant mieux :D!
Oui, la "désillusion" d'Hinamori sera importante :p même si elle est pas pour ce chapitre (du moins pas totalement)
et pour Ichigo... réponse maintenant!
xForsaken: Merci beaucoup pour ta review et tes compliments! je suis contente que tu trouves mes personnages IC ^^
Merci pour vos reviews *-*
- Oui, sauf que les Kurosaki sont en train de se placer dans une position qui va les mettre à mal.
Sosuke resta pensif, pendant que le scientifique commençait à lui faire un rapport sur les avancées technologiques qu'il avait effectué. Il se contenta d'acquiescer vaguement en entendant que Szayel avait réussi, grâce aux colonnes de soutien, à capter et transférer toutes les ondes télévisées, à étendre les capacités de radio de leur propres hommes, et qu'il avait commencé à infiltrer les ordinateurs de la ville du dessus pour essayer d'obtenir de nouvelles sources d'informations.
Alors qu'il repartait à travers Las Noches, résigné à passer la soirée avec Hinamori plutôt qu'avec ses livres, il s'efforça de chasser la pointe d'inquiétude qui l'étreignit. Ichigo était un grand garçon et apprendrait vite que ce choix-là n'était pas le plus judicieux. Et puis s'il chutait ainsi, il lui serait facile de le récupérer par la suite.
Livre II - Faces Cachées
Chapitre 7
Trois mois s'étaient écoulés depuis cette fameuse annonce de la famille du centre. Autant de temps que quatre de ses hommes étaient partis pour rejoindre les autres grandes villes pour aller organiser la vie et la résistance des autres souterrains. On ne pouvait pas vraiment dire que les choses s'étaient grandement améliorées, en réalité ils en étaient arrivés à un point mort. Le plus gros du travail avait été effectué ; il ne restait qu'à attendre que les espadas envoyées arrivent au même point, et que les troupes soient définitivement formées.
A l'heure actuelle, Aizen était plus ou moins coincé. Il passait ainsi ses journées, le nez dans ses livres (et il ne s'en plaignait pas, bien au contraire) avec la plupart du temps Hinamori collée à lui (ça, c'était plus discutable) et les programmes piratés par Szayel en fond sonore. Parfois, lorsque le nom de Kurosaki était cité, il relevait la tête, sans plus.
~~[...]~~
- Rukia, tu es sûre que…
- Mais oui, mais oui !
Ichigo soupira alors que la jeune femme disparaissait derrière une porte avec un petit rire. Une main se glissa timidement sur son bras et il offrit un sourire à Miwa. Celle-ci d'ailleurs, ne tarda pas à se décaler pour venir remettre correctement sa cravate. Il n'était toujours pas habitué à porter un costume, aussi la laissa-t-il également replacer sa chemise et sa veste noire.
C'était grâce à sa compagne et à Orihime qu'il avait pu renouer avec Rukia. C'est vrai qu'ils s'étaient rencontrés au manoir Ishida, mais leurs discussions n'avaient jamais dépassé le simple « bonjour ». Si celle ci s'était montrée méfiante à son égard, au tout début du moins, ce qui avait été réciproque, leur relation avait évolué lorsqu'ils avaient appris à se connaitre. Aujourd'hui le petit bout de femme qu'était Rukia le tutoyait et semblait prendre plaisir à le chahuter gentiment.
La Kuchiki, il l'avait appris que bien plus tard lorsqu'il avait sympathisé avec elle, était d'origine modeste : elle était issue de la ville basse et avait été adoptée finalement par la famille du nord. Devant l'air médusé d'Ichigo et après quelques questions, elle avait expliqué que sa grande sœur Hisana l'avait camouflé dans ses vêtements trop larges lorsqu'elle avait été capturée par les traqueurs. Achetée au noir par Byakuya Kuchiki, alors héritier de la famille, elle avait caché sa petite sœur le plus longtemps possible.
Heureusement pour elles, Kuchiki avait décidé, lorsqu'il avait appris la nouvelle, de la faire adopter, afin d'éviter tout souci et surtout pour faire plaisir à son esclave envers qui il avait une certaine tendresse. Sa famille n'avait pas été mise dans la confidence de sa condition, et ne comprenait toujours pas d'ailleurs pourquoi leur chef avait désiré avoir une petite sœur.
C'était ce qui avait mis la puce à l'oreille d'Ichigo, et l'avait motivé à faire part de ses projets à Rukia. Au fil des discussions et des débats, en lui expliquant son point de vue et le résultat auquel il comptait parvenir, il avait réussi à obtenir de sa part un moyen de contacter l'actuel chef de clan de la famille du nord.
S'il avait bien compris… S'il s'était informé correctement, Byakuya était probablement un des seuls, dans l'état actuel des choses, qui était susceptible de se rallier à sa cause. Cependant, Rukia l'avait un peu pris de cours. Alors qu'il venait de rejoindre la partie nord du Japon après une invitation que lui avait envoyée cette dernière, elle lui avait annoncé que son frère était dans les parages et qu'il allait, et voulait, le rencontrer. C'était ainsi que, un peu par hasard, il se retrouvait au manoir Kuchiki, à attendre.
- Kurosaki Ichigo… fit une voix calme, le ramenant à la réalité.
Ichigo s'inclina légèrement, en signe de politesse, bientôt imité par l'autre homme. Derrière lui, se trouvait une personne ressemblant à s'y méprendre à Rukia. Mais elle était plus grande et le collier fin qu'elle portait trahissait son statut d'esclave. Il ne put s'empêcher d'hausser un sourcil, surpris, mais finissant pas comprendre qu'il s'agissait là de la fameuse sœur. Byakuya le remarqua et, suivant son regard, se permis un léger sourire qui ne dura quelques secondes. Ce fut suffisant pour faire comprendre à Ichigo que la tache ne serait peut être pas si difficile.
- Voici Hisana, mon esclave, fit-il simplement, confirmant ce que le jeune homme pensait déjà. Je ne crois pas voir le votre à vos côtés…
- Hm… fit Kurosaki, gêné. Non en effet, il n'est pas là. C'est un peu compliqué. Mais je ne suis pas venu pour discuter de cela.
- Dans mon bureau, nous serons mieux.
Les deux chefs s'éclipsèrent, mais Ichigo n'attendit pas d'être arrivé dans la pièce nommée afin de commencer son plaidoyer. Car c'était bien de cela qu'il s'agissait : déjà qu'il était en guerre froide avec l'organisation des Quincy, désormais il devait absolument se trouver des alliés. Sa position au centre du pays était certes un avantage pour les commerces et les relations, mais en situation de combat c'était de loin la plus mauvaise.
Convaincre de faire tomber le système pour un gouvernement n'était pas difficile. Du moins en théorie. Il suffisait de promettre qu'ils auraient une place dans la nouvelle organisation. Ils ne perdaient pas leur avantage et l'expérience en matière de gestion serait un plus. Ce n'est que pour la suite que les choses changeraient réellement.
Il fut écouté sans être coupé. Le Kuchiki se tourna vers lui une fois arrivé à destination et le regard des deux dirigeants s'affrontaient à présent. Anthracite contre ambre.
- Quel serait mon intérêt à vous suivre ? L'avantage que je vais tirer, à me mettre de votre côté dans cette croisade ? commença l'autre homme, croisant les bras. Nous sommes les garants de la loi après tout, pourquoi décider de ne plus la respecter ?
- Hisana, résuma simplement Ichigo. Je connais ce regard pour avoir le même envers mon esclave. Ne serait-il pas préférable que son statut tombe ?
- C'est ce statut qui lui permet de rester à mes côtés, je ne vois pas pourquoi je ferais en sorte de le supprimer.
Kurosaki plissa les lèvres, ennuyé par cette réponse, mais il se reprit vite. Il ne pouvait pas abandonner dès le premier obstacle et il ne comptait plus le nombre de fois où il s'était entrainé avec Miwa pour contrer tous les arguments que l'on pouvait lui opposer.
- Oui, bien sûr, concéda-t-il, mais un esclave ce n'est pas comme une épouse.
- Elle n'a pas le statut social, cependant c'est tout comme.
- Mh… D'accord, souffla Kurosaki. Et que feras-tu si tu rencontres quelqu'un qui n'a pas la même vision que toi ?
Byakuya fronça les sourcils. Il n'avait visiblement pas subi les problèmes que lui avait rencontrés avec Sosuke. D'un autre côté, Hisana semblait avoir un comportement radicalement opposé, ce qui lui avait peut-être épargné bien des ennuis. Mais il semblait tenir le bon bout, aussi continua-t-il d'explorer cette piste.
- Je tuerai quiconque posera sa main sur elle, fit froidement le Kuchiki.
- Ce n'est pas comme si ça allait en arrêter certain. Et si ça arrive ? Aux yeux de la loi actuelle, il ne craint rien, le mal sera déjà fait et toi tu risques aussi les ennuis.
- Je suis en haut de la société. Je fais trembler le reste du pays.
- A quatre exceptions près. Sais-tu pourquoi je suis en conflit avec les Ishida ? Parce qu'il s'est accordé trop de liberté avec mon esclave. Ma compagne pourra te le confirmer.
Bien entendu, il n'allait pas faire référence aux règles qui étaient établies par le contrat maître et esclave, qui stipulait que le propriétaire était en droit légitime de punir celui qui outrepasserait son refus. Chose qu'il avait lui-même évoqué pour se mettre en guerre froide avec les Quincy et que le Kuchiki ne semblait pas avoir en tête actuellement. Il l'aurait mis sur le tapis dans le cas contraire, et n'aurait pas actuellement cette mine préoccupée. Ichigo s'autorisa un petit sourire, un point pour lui.
Lorsqu'il ressortit du bureau par contre, ce fut après de longues heures et avec un air franchement embêté. Il était content d'avoir réussi à faire plié Byakuya, d'une certaine manière. Celui-ci avait finalement accepté de s'allier à lui ou, tout du moins, à le laisser tranquille et à le soutenir. Cependant... il n'était pas convaincu par la totalité de ses idées. Kuchiki était un homme qui tenait aux lois et aux règles établies. Peut-être en voulait-il trop d'un coup ?
Néanmoins, c'était un début, et il aurait toujours le temps de montrer l'efficacité ou l'utilité de ce qu'il avançait.
Il revint au salon, pour y retrouver les trois femmes en train de discuter. Elles s'interrompirent brusquement à son arrivé et le silence soudain le gêna, comme s'il venait d'arrêter quelque chose d'important. Par réflexe, il se passa une main sur la nuque et s'avança afin d'aller retrouver sa compagne. Celle-ci se releva à son approche.
- C'est terminé, Ichigo ? demanda Rukia, curieuse.
- Mh. Merci pour ton aide, répondit Kurosaki.
La Kuchiki hocha la tête, comprenant que l'homme ne voulait pas vraiment s'attarder sur le sujet. D'ailleurs il resta un moment à discuter avant de prendre congé. Alors qu'il ouvrait la porte en invitant Miwa à passer devant, il fut arrêté par l'arrivé de Byakuya.
- Puis je poser une dernière question ? Où est votre esclave ?
Surpris, Ichigo fixa l'autre homme, sérieux. Il y eut un silence, même Rukia et Hisana semblaient curieuse de connaître la réponse. Kurosaki eut un rire gêné, avant d'offrir un pauvre sourire à son homologue, alors que l'image de Sosuke venait le hanter une fois de plus.
- Il doit se balader quelque part dans la ville basse, finit-il par avouer.
Et sans faire attention aux réactions surprises, il quitta l'endroit. C'est avec un soupir que le jeune homme referma la porte de la voiture alors que le chauffeur mettait le contact, pour retourner dans la partie centre. Il préférait vraiment conduire lui-même, mais le reste de la famille lui avait imposé un chauffeur. Pour les déplacements sérieux, c'était le mieux c'était ce qui lui avait dit sa tante. Il avait bien dû s'incliner. A côté de lui, Miwa observa un moment son profil avant de se décider à le questionner.
- Comment ça s'est passé ?
- Ça aurait pu être mieux je crois, soupira le jeune homme
- Nos entrainements ne t'ont pas été utiles ? s'étonna sa compagne.
- Si rassure-toi, mais je crois que ce n'est pas assez.
Miwa se rapprocha de lui jusqu'à pouvoir poser sa tête sur son épaule. Ichigo la laissa faire, concentré sur le paysage qui défilait. Elle ne s'en offusqua pas. Elle savait que l'homme, même s'il éprouvait une tendresse certaine à son égard, ne lui rendrait probablement jamais les sentiments qu'elle pouvait avoir pour lui. Elle ne désespérait pas pourtant d'essayer d'effacer totalement l'esclave de son esprit, pour l'y remplacer. Mais le fait que le garçon s'acharne à continuer de porter la chaine représentant son statut de maître, était une preuve parmi tant d'autres qu'elle échouait.
Pourtant elle avait remporté quelques victoires. La première étant bien sûr d'être parvenue à devenir sa petite amie. A force de cajolerie, aidée par les situations difficiles dans lesquelles Ichigo fonçait tête baissée, elle était parvenue à obtenir ses baisers et plus encore. Elle avait été ravie de savoir qu'elle avait gagné sa première fois. Mais si le jeune homme était attentionné, ce n'était pas encore assez.
- Tu as l'air pensive, fit soudain Ichigo, la ramenant à la réalité.
- Rien d'important, souffla Miwa.
La jeune femme ferma à demi les yeux. Oui, si seulement… Elle était persuadée qu'elle pouvait, elle aussi, le rendre heureux, s'il daignait lui accorder sa chance. Mais se battre contre un fantôme n'était pas facile.
- Je vois bien que quelque chose te préoccupe, reprit l'homme, sans bouger.
- On ne peut rien te cacher, n'est ce pas ?
- il parait, sourit faiblement Ichigo. Alors ?
Mais aujourd'hui, elle tenait peut être quelque chose qui allait faire pencher la balance en sa faveur. Quelque chose qu'elle seule pouvait lui offrir et qui le forcerait à se concentrer pleinement sur elle, plutôt que sur ses souvenirs.
- Je ne savais pas comment te l'annoncer…
- Tu vas finir par me faire peur, qu'est ce qui se passe ?
Elle posa ses mains sur la jambe de son amant, s'éloignant de quelques centimètres afin de pouvoir le fixer droit dans les yeux. Sans hésitation et sans faiblir, elle joua son dernier atout.
- Je suis enceinte Ichigo. De toi.
Et en voyant le jeune homme se décomposer devant elle, elle eut un pauvre sourire, comprenant parfaitement qu'en ces temps où il était tiraillé entre son devoir envers sa famille et ses projets politiques, ce genre de nouvelle allait devenir un fardeau supplémentaire. Le chef de famille commença à balbutier quelque chose qui ressemblait à « comment » mais elle le fit taire d'une main posée sur sa bouche. A la place, elle vint se blottir à nouveau contre lui et profita du fait qu'il se soit tourné vers elle afin de se coller totalement, ce qui lui permit de sentir le début d'arrondissement du ventre.
- Depuis quand ? demanda finalement son compagnon après avoir retiré la main de Miwa et passé ses bras autour des épaules.
- Quatre mois.
- Tu aurais du m'en parler plus tôt, lui reprocha-t-il.
- J'ai essayé, protesta la jeune femme, mais tu étais bien trop occupé pour m'écouter.
Ichigo soupira, vaincu. Il se passa une main dans les cheveux, ne sachant exactement s'il devait être embarrassé ou heureux de cette nouvelle. Dans tous les cas il était de toute façon trop tard pour faire machine arrière et dans quelques mois il se retrouverait confronté à la paternité. Et si on mettait de côté l'appréhension liée à cette idée, la seule chose qu'il pouvait faire maintenant était de prendre ses responsabilités. Il improviserait, comme d'habitude. Ça passerait ou ça casserait.
Alors qu'ils continuaient leur route afin de rentrer chez eux, il remarqua que la jeune femme s'était endormie contre lui. Avec précaution, il bougea pour allonger sa compagne sur la banquette, la tête sur ses jambes, dans une position plus confortable pour elle. Bientôt, il demanderait à Miwa de l'épouser.
En attendant…
Ichigo releva ses mains pour sortir son portable de sa veste. L'appareil porté à son oreille, il attendit quelques secondes, le temps qu'on lui réponde.
- Majesté, quel plaisir d'avoir de tes nouvelles, fit la voix moqueuse de Shiro, puis, alors qu'il constatait que son interlocuteur ne lui répondrait pas : Comment ça c'est passé mon Roi ?
- Bien... As-tu trouvé ce que je t'ai demandé ?
- Ouais, confirma son cousin, d'une voix ravie, t'as juste à rentrer et t'pourras entrer en contact avec la famille Kyoraku.
~~[…]~~
Quelques semaines plus tard, Sosuke apprit deux choses qui le contrarièrent fortement. La première était que les Kurosaki étaient parvenus à s'allier en partie aux Kuchiki. De plus... Ils étaient actuellement en négociations avec la famille Kyoraku et allaient peut-être réussir à obtenir ce qu'ils désiraient. Il n'osait imaginer comment Ichigo avait bien pu s'y prendre afin de parvenir à ses fins. De ce qu'il en savait le jeune homme n'était pas spécialement doué pour la finesse et la diplomatie et était bien trop honnête pour penser à tirer un quelconque avantage de la situation. Il n'osait même pas imaginer ce qu'il avait probablement dû céder en échange.
Du plus, si cela était une bonne chose pour la famille du centre, pour lui en revanche… C'était un événement qui allait l'obliger à devoir revoir une partie de ses projets. Ce triumvirat, non content de permettre aux trois concernés d'accéder à une relative tranquillité, allait surtout forcer les deux autres familles à cesser tout conflit direct et à se mettre en retrait pour rester hors de danger. Du coup, le fait qu'il comptait sur un déchirement entre deux puissances tombaient quelque peu à l'eau.
Pourquoi diable fallait-il qu'Ichigo lui mette des bâtons dans les roues ?
Certes, ce n'était pas difficile pour lui de résoudre le problème, puisqu'il suffisait de s'arranger un peu afin que les familles s'accusent mutuellement et se déchirent une nouvelle fois. Il pourrait sans doute détruire l'alliance de cette façon, ce n'était pas compliqué et ça fonctionnait toujours aussi bien. Mais cela retardait inévitablement le reste et il allait devoir gérer le mécontentement.
Quand à a seconde… Oh, il soupçonnait également Ichigo de ne pas être totalement étranger dans l'histoire. Il venait d'apprendre par Gin, confirmer par la suite par les médias, que le chef de clan des Kuchiki comptait bientôt se marier. Avec son esclave. Soutenu par la famille du centre bien entendu.
Si beaucoup diraient que cela était une bonne chose et que ce geste attestait d'un début de changement dans les mentalités des habitants du dessus, à ses yeux c'était juste quelque chose de gênant. Juste une gêne. Si les habitants de la ville haute commençaient à reprendre conscience que leurs esclaves, et donc pas extension ceux d'en bas, méritaient un peu plus de considération et changeaient leur approche, il allait avoir du mal à entretenir la haine de ses hommes.
Autant les laisser dans l'ignorance.
Dans tous les cas, les journalistes définissaient plutôt ça comme un scandale et semblaient prendre un malin plaisir à choisir soigneusement les personnes qu'ils interrogeaient, afin de faire monter la colère et présenter l'évènement sous son plus mauvais angle. Ce goût pour le scandale et pour gonfler inutilement et de manière systématique même les faits les plus insignifiants permettraient sans doute d'atténuer l'impact de cette union.
Avec un soupir, Aizen éteignit le flot de paroles des informations.
Il devait quand même avouer que la manière dont Ichigo avait repris les rênes de la famille était aussi étonnante que fascinante. Il ne pouvait nier qu'il se débrouillait bien, peut être même trop d'ailleurs. Pendant un instant il s'imagina ce que ça aurait pu donner, si Kurosaki n'avait pas pris cette décision de le laisser rejoindre la ville basse. C'était assez ironique de savoir que si ça avait été le cas, il contrôlerait déjà la partie haute dans l'ombre. Il n'en doutait pas un instant.
Parce qu'au vu de ses réactions lors de leur retrouvaille, il était évident qu'il aurait pu manipuler son maitre à sa guise. Au moins était-il un jouet bien plus intéressant que ceux qu'il avait actuellement sous la main.
Perdu dans ses pensées concernant le jeune homme, il ne fit pas attention à la porte d'entrée qui s'ouvrit sur Hinamori, pas plus qu'il ne remarqua le léger froncement de sourcil qu'elle eut en le voyant aussi distrait. En apercevant la télécommande proche de lui, elle ne fut pas longue à comprendre ce qui pouvait autant détourner son attention d'elle. Lentement, Momo s'approcha de lui, passant derrière le canapé où il était installé pour poser ses mains sur les épaules et commencer un doux massage. Elle le sentit bien sursauter à ce contact soudain, mais ne s'en offusqua pas.
- Vous devriez souffler de temps en temps, tenta-t-elle d'une voix douce.
- Nous avons déjà abordé le sujet, Hinamori.
- Je ne dis pas ça pour que vous passiez plus de temps avec moi, protesta la jeune femme. Je m'inquiète, c'est tout.
Aizen posa ses mains sur celles de sa compagne, la contraignant à s'arrêter, même si elle aurait adoré continuer. A la place, elle serra ses doigts sur le dossier du canapé, alors que Sosuke relevait la tête vers elle afin de l'observer.
- Inutile, je vais très bien.
- Vous passez tellement de temps devant cette chose, qu'est ce qui vous attire tant là haut ?
- Hinamori, grogna l'homme, voyant déjà se profiler une dispute dont il se serrait passé.
- Qu'est ce que vous avez pu voir là haut qui soit inaccessible ici… grimaça Hinamori
Agacé, il laissa échapper un grognement alors que la jeune femme faisait le tour du meuble afin de venir s'installer sur ses genoux. Il se décala pour lui faire comprendre qu'il était hors de question qu'elle use de cajoleries pour cette fois ci. Contrariée, elle resta debout face à lui.
- Pour la dernière fois, tu te fais des idées, fit calmement Aizen.
- Non ! Absolument pas ! cria la jeune femme, et je vais vous le prouver !
Il la regarda se précipiter vers le bureau, et il ne fut pas long à deviner ce qu'elle cherchait quand il vit que tiroir elle était en train d'ouvrir. Sans surprise, lorsqu'elle revint se planter devant lui, ce fut avec le collier noir fortement serré d'une main, qu'elle brandit sous son nez en espérant peut être qu'il réagisse enfin.
A la place, il s'énerva un peu plus.
- Tu sous-entends que je regrette ma vie d'esclave ? fit-il d'une voix froide.
- Je dis juste que, quoi qui puisse être lié à cette chose, n'y pensez plus, c'est tout.
- Je n'ai aucun ordre à recevoir de ta part.
Il observa le visage d'Hinamori devenir rouge sous la colère. Bien sûr qu'elle n'était pas heureuse de cette réponse. La jeune femme était du genre possessive et cela l'ennuyait de le voir penser à autre chose qu'elle. Lui rappeler qu'elle n'était pas le centre de son univers était peut être nécessaire.
- Vous vous faites du mal, la meilleure chose à faire c'est de jeter ce… ce… ce truc !
Et Momo se détourna de lui pour quitter la pièce, sans lâcher l'objet. Elle fit quelques pas avant d'être rattrapée par Aizen qui se saisit de ses poignets et l'attira à lui. Son dos heurta sans douceur la poitrine de l'homme et elle laissa échapper une grimace alors qu'il relevait ses bras de force.
- Suffit Hinamori, tu me fatigues.
- Vous me faites mal, gémit-elle.
Si elle tenta de se libérer, elle ne réussit qu'à resserrer plus fortement l'étreinte. Lorsque Sosuke daigna desserrer une de ces mains, ce fut pour s'emparer du collier noir. Elle releva la tête et frissonna au regard assassin qu'elle affronta. Sans un mot, l'homme tira afin de récupérer son bien et de sa main libre, poussa la jeune femme pour lui faire comprendre qu'il désirait qu'elle s'en aille. C'était bien la meilleure solution à appliquer, aussi se dépêcha-t-elle de rejoindre le couloir sans un regard en arrière, déçue par la tournure des évènements.
Elle décida de laisser tomber pour aujourd'hui, en espérant que lorsqu'elle reviendrait le lendemain, si son amant ne la repoussait pas, elle pourrait le convaincre de se débarrasser une bonne fois pour toute de cette chose inutile.
Quand elle revint en milieu de la matinée, presque timide lorsqu'elle ouvrit la porte du bureau, elle ne sut exactement dire ce qui pouvait être le pire : le fait qu'Aizen tienne toujours le collier dans ses mains et qu'il semblait jouer distraitement avec, ou plutôt son attitude envers elle, qui était la même que pour tous ceux qui venaient ici, c'est-à-dire, de l'ignorer complètement.
Elle avait tout essayé : lui parler, le toucher, se planter devant lui, s'excuser, ne rien faire. Elle n'avait gagné qu'un mouvement agacé lui faisant comprendre qu'il ne souhaitait pas être dérangé. Peut être qu'accidentellement, parler de son passé avait fait remonter de mauvais souvenirs ? C'était la seule réponse qu'elle avait trouvée et désormais elle luttait contre le début de culpabilité qui pointait le bout de son nez.
Elle n'avait pas entièrement tort. En fait, installé devant sa baie vitrée, Aizen était effectivement plongé dans ses souvenirs. Plus précisément, il repensait au moment où Ichigo l'avait laissé, en lui demandant de garder son collier sur lui, au cas où. Il ne voyait pas vraiment dans quel « cas » il pourrait avoir besoin de cet objet maudit, mais il avait acquiescé. Une demande qui s'était muée en promesse, qu'il se voyait mal briser. Peut être en partie pour le jeune homme, mais surtout pour lui qui ne voulait pas oublier.
Sa journée, Sosuke la passa à ruminer inlassablement les mêmes choses. Après avoir observé l'objet sous tous les angles, celui-ci trouva presque tout naturellement sa place accroché à la ceinture de l'homme. Le déclic indiqua que le collier venait d'être refermé et Aizen ferma les yeux avec un soupir avant de porter son regard sur la ville basse en contrebas. Peut être un jour comprendrait-il la raison de tout ce cirque de la part de son maître.
Inconsciente des états d'âme de son amant, Hinamori parcourait les couloirs jusqu'à atteindre la salle de l'opérateur radio. C'était avant le bureau d'Ulquiorra, puisque l'homme était celui chargé de centraliser les informations puis de les transmettre à son supérieur, mais depuis qu'il était parti vers l'Est, la charge avait été donnée à Tesla. Le jeune homme ne savait exactement si être promu à ce poste était une bonne chose, mais il faisait son possible pour répondre aux attentes. Quand il la vit débouler comme une furie dans la pièce, il fit un bond sur sa chaise.
- Je peux faire quelque chose pour vous, dame Hinamori ?
- Pouvez-vous contacter les différents chefs de sections ?
- Pour quel motif ?
- Une réunion exceptionnelle. Maintenant, sourit faiblement la jeune femme.
Tesla haussa un sourcil mais obtempéra. Momo l'observa alors qu'il faisait ses manipulations. L'un après l'autre, il contacta les espadas présentes pour leur demander de rejoindre le plus vite possible la salle de réunion. Il préféra taire le ton perplexe qu'il décela chez les personnes concernées, mais vu qu'aucune ne refusa, il finit par adresser un petit geste à Hinamori qui, contente, le remercia avant de s'éclipser à son tour.
Elle n'eut plus qu'à rejoindre la fameuse salle et à attendre gentiment que les chaises trouvent leur occupant. Elle-même observa un temps l'endroit où s'asseyait habituellement Aizen avant d'oser s'y installer, timidement. Lorsqu'ils furent tous là, elle fit face aux regards perplexes, ennuyés voir agacés de ceux qui ne comprenaient pas la raison de leur convocation ici.
- A quoi rime tout ce cirque, qu'est ce qu'on fout ici ? finit par râler Nnoitra, trahissant la pensée générale.
- Aizen-sama est indisposé, je suis celle qui passe le message, souffla lentement Hinamori, se retrouvant d'un seul coup le centre d'attention.
Elle sentit que les personnes auxquelles elle faisait face étaient perplexes. Il était vrai qu'Aizen se débrouillait toujours pour transmettre ses ordres en personne, ce qui était aussi une manière d'empêcher ses hommes de répondre le célèbre « je ne savais pas » si les reproches venaient à tomber. Donc, de voir qu'il confiait un de ses si précieux messages à la jeune fille les étonnaient. Surtout lorsqu'il fut question d'organiser une attaque sur la ville haute, de tenter de renverser le pouvoir par la force, tout simplement.
Pour ainsi dire, Hinamori s'étonna elle-même. Sa voix resta assurée tout le long de son discours, elle était parvenue à fixer les espadas dans les yeux sans fléchir. L'idée de faire quelque chose susceptible de plaire à celui qu'elle aimait semblait lui donner des ailes.
Lorsqu'elle termina ses explications, comprenant le fait qu'Aizen considérait désormais qu'ils étaient prêts et qu'il passait ses journées dans son bureau à imaginer la nouvelle vie qu'il offrirait à sa ville (elle aurait bien l'occasion de rougir plus tard de ses mensonges, de toute façon elle serait pardonnée, il finissait toujours par l'excuser), elle se rassit, satisfaite. Devant elle, les gradés s'observèrent, peu certain de l'attitude à adopter.
- N'est ce pas un peu… soudain ? demanda Neliel, probablement la plus réticente.
- J'aurais aimé tester du matériel d'abord, grommela Szayel.
- Oh arrêtez, pour une fois qu'on peu avoir un peu d'action on ne va pas s'en priver non ?
- Nnoitra ! hurla Nell, indignée.
Son compagnon l'ignora et posa ses bras sur la table afin de tenter de convaincre ses comparses qu'il était partant pour cette idée. Momo retint un soupir de soulagement, contente de voir que ses plans avaient une chance de se réaliser.
- On s'ennuie ici ! Maintenant qu'on a réussi à rapatrier presque tout le monde ici, on a pu monter nos troupes. Nos hommes commencent à remuer à cause de l'inactivité, le mieux est qu'on leur donne de l'action. Ils sont motivés, il faut en profiter.
- Je n'aime pas ça Nnoitra, peut être devrions nous allez voir Aizen-sama et lui demander davantage d'explications, souffla Neliel à son compagnon, à voix basse, pour n'être entendue que de lui.
- Écoute Nell, même s'il était contre, ça fait trop longtemps qu'on se tourne les pouces ici. Il veut attendre, mais il faut agir. C'est pour ça qu'il faut qu'on remonte maintenant, tant qu'on est motivé.
Petit à petit, la majorité se rallia à sa cause. L'inactivité était en effet ce qui pesait à la plupart d'entre eux et la principale motivation à tenter quelque chose. Après des heures de débat, durant lesquelles Hinamori les observa avancer leurs arguments, ils finirent par se résoudre à agir et à la suivre dans son projet. Ils s'accordèrent sur une attaque qui serait effectuée dans une semaine, le temps de préparer les troupes et de planifier leur remontée en évitant les traqueurs.
Satisfaite de cette conclusion, elle laissa les espadas retourner à leur poste habituel, elle-même devait rejoindre ses appartements. Elle avait bien tenté de faire un crochet pour voir Aizen mais n'avait pas obtenu de résultat. Elle s'était donc résignée à le laisser tranquille. Elle n'avait désormais plus qu'à attendre, pour le récupérer définitivement.
Je vous laisse imaginer ce qui se passera dans le prochain chapitre ;p
Merci de m'avoir lu!
