Master and Slave

Couple principal: Ichigo Kurosaki x Sosuke Aizen
Disclamer
: Les personnages de Bleach ne m'appartiennent pas! Ils sont à Tite Kubo. Certains sont des OCs et m'appartiennent donc, ils seront présentés lors de leurs apparitions en début de chapitre.
Bêta-lectrices: Merci à Juh, Scorpio-no-Caro et Frasyl pour la bêta-lecture !


Réponse aux reviews anonymes:

Suki: FFnet à manger ton lien (FFnet n'aime pas les liens! xD), mais je veux bien le lien *en mettant des espaces entre les points, le "http"*
Pour la pub, si tu veux bien le faire, ça ne me dérange pas du tout ;) Je demanderai juste deux choses évidente: mon pseudo et un lien vers ffnet \o.
Merci à toi pour ta pub!

Merci pour vos reviews *-*


Petit à petit, la majorité se rallia à sa cause. L'inactivité était en effet ce qui pesait à la plupart d'entre eux et la principale motivation à tenter quelque chose. Après des heures de débat, durant lesquelles Hinamori les observa avancer leurs arguments, ils finirent par se résoudre à agir et à la suivre dans son projet. Ils s'accordèrent sur une attaque qui serait effectuée dans une semaine, le temps de préparer les troupes et de planifier leur remontée en évitant les traqueurs.

Satisfaite de cette conclusion, elle laissa les espadas retourner à leur poste habituel, elle-même devait rejoindre ses appartements. Elle avait bien tenté de faire un crochet pour voir Aizen mais n'avait pas obtenu de résultat. Elle s'était donc résignée à le laisser tranquille. Elle n'avait désormais plus qu'à attendre, pour le récupérer définitivement.

Livre II – Faces Cachées
Chapitre 8

Il régnait depuis quelques jours une étrange atmosphère dans la ville basse. La nouvelle d'une future attaque avait été répandue comme une trainée de poudre et tous attendaient avec impatience que ce moment arrive. D'où l'effervescence : les soldats se préparaient, les civils leurs souhaitaient bonne chance, on était en train d'étudier le terrain pour pouvoir traverser les ruines en évitant les traqueurs et remonter ainsi tranquillement.

Et le dirigeant ? Pas au courant. Depuis la prise de décision, effectuée dans son dos, il s'était pratiquement enfermé dans son bureau. Il passait ses journées à regarder les informations venant de la ville du dessus ou plongé dans les livres qu'Aaroniero lui fournissait régulièrement. Ses ordres avaient été clairs : il ne voulait être dérangé sous aucun prétexte. Et Hinamori se faisait un plaisir à ce que cette demande soit respectée.

En réalité l'esprit d'Aizen était entièrement tourné vers ses souvenirs, devenus trop encombrants, et qu'il tentait, presque désespérément, d'effacer. Aussi fascinant qu'il pouvait l'être, Ichigo devait absolument sortir de sa tête. C'était difficile lorsque la moindre chose semblait le renvoyer directement aux côtés du jeune homme.

Cependant, il réalisa bien vite que le palais de Las Noches, d'habitude toujours en activité (faible certes, mais présente), avait été brusquement réduit au silence du jour au lendemain. Une sensation lourde, déplaisante, différente : la cité s'était faite peu à peu silencieuse, calme. Quelque chose qu'il n'avait pas réalisé immédiatement, mais le changement d'atmosphère avait été assez conséquent pour le forcer à sortir le nez de ses livres au bout de quelques jours.

N'avoir aucun de ses hommes qui soient venu le voir. Aucune nouvelle, même d'Hinamori. Pas qu'il s'en plaignait, mais c'était assez étrange pour qu'il s'intéresse de plus près au phénomène.

Un regard par sa baie vitrée afin de constater que la ville, elle aussi, semblait endormie. A part les gardes, toujours présents aux divers points stratégiques, il n'y avait rien. Et c'était bien ça le problème. Juste quelques civils qui se baladaient plus ou moins au hasard des constructions. Avec un sifflement agacé, il délaissa son observation et quitta la pièce, rejoignant les couloirs déserts.

Quelque chose ne lui plaisait pas dans ce calme apparent. Et lorsqu'il se retrouva nez à nez avec Szayel et son air passablement ennuyé imprimé sur le visage, cela se confirma.

- Un problème, fit-il froidement.

Pas de question non, une simple affirmation.

- Pas vraiment pour moi, commença le scientifique, visiblement mal à l'aise. Mais je crains que quelqu'un vienne de nous porter préjudice.

Il y eut un silence entre les deux hommes, avant que Szayel ne se décide à lui expliquer la situation. La réunion exceptionnelle demandée par Hinamori, le fait que les espadas aient décidé de la suivre, plus par manque d'action que par réel intérêt pour sa cause. Les plans que cette dernière avait élaborés afin de pouvoir remonter en toute sécurité vers la ville haute… Et le fait qu'ils soient probablement déjà tous là bas en train de se battre.

- Et personne n'a pensé à venir me demander confirmation ? soupira Aizen, se passant une main sur le visage.

- Neliel voulait le faire mais… Au final, ils ont préféré accepter et bouger plutôt que de rester là et risquer de se heurter à une annulation.

Il se força à continuer, même en constatant que la colère montait lentement mais sûrement chez le dirigeant.

- Et tu te décides seulement maintenant à venir m'en informer ?

- Je… Je suis désolé Aizen-sama, j'aurais dû…

- Je savais que l'inactivité serait mon principal souci, le coupa l'autre homme, agacé. Mais j'aurais également cru que mes espadas avaient un peu plus de jugeote. Suis-moi.

Szayel courba la tête à cet ordre et emboita le pas de son dirigeant lorsque celui-ci le dépassa. D'un pas rapide, que le scientifique eut quelques difficultés à suivre, ils rejoignirent la pièce permettant de contacter ses troupes. Tesla, bien évidement, n'était plus là, probablement remonté avec les autres, et Sosuke se plaça sans hésitation à sa place, s'emparant du casque. Le scientifique l'aida en trouvant la bonne fréquence ce qui, il le savait, lui épargnerait par là même les futures foudres du dirigeant.

- Chers combattants, sachez que les accès à la cité souterraine seront tous fermés d'ici une heure, chantonna Sosuke. Elles ne seront rouvertes que dans vingt-quatre heures.

- Aizen-sama ! leur parvint la voix inquiète de Momo. Vous ne pouvez pas…

- Vraiment ? Je suis désolé, Hinamori… J'aurais dû te rappeler ta place bien avant. Je t'ai laissé trop de liberté et voilà où nous en sommes.

Le dirigeant coupa la liaison, marquant par là même son dédain et son abandon de la jeune femme et de ses troupes. Si Momo avait la stupidité de revenir malgré tout, elle se retrouverait avec les traqueurs.

Il se releva, laissant Szayel seul dans la pièce pour aller donner les ordres de fermeture de la ville, probablement. Grantz entendit une forte explosion et, avec hésitation, il s'assit à la place auparavant occupée par son supérieur et porta à son oreille les écouteurs.

- Il est déjà parti, souffla-t-il en entendant les protestations à l'autre bout, je ne peux que vous conseiller de vous dépêcher…

~[…]~

- Neliel, détends-toi, tu me rends nerveux, râla Nnoitra.

La jeune femme lui jeta un regard agacé et croisa les bras. Hinamori leur avait expliqué le moyen qu'elle avait trouvé afin de remonter de façon sûre jusqu'à la ville haute : un petit groupe serait chargé de veiller à la sécurité du trajet. En ligne droite. Ils n'utilisaient qu'une seule des nombreuses entrées de la ville, afin de limiter les dégâts s'ils étaient découverts par les traqueurs). Puis, les autres remontaient les uns après les autres, comme autant de vagues successives.

Certes ils étaient armés de façon moindre, mais le fait qu'ils attaquent par surprise devrait être suffisant pour prendre un avantage décisif sur leurs opposants. Du moins, c'était ce que la jeune fille avait affirmé, et à défaut d'avoir de meilleure idée, ils avaient procédé comme ça. Quelque chose de simple mais qui, en théorie, était efficace.

Neliel et Nnoitra faisaient partie de la première « vague », et la jeune femme sentait son angoisse monter au fur et à mesure que le moment de partir approchait. Jiruga lui avait bien proposé de rester en arrière, en disant que de toute façon elle ne serait qu'une gêne pour leur groupe, mais elle avait refusé. Elle se demandait pourquoi d'ailleurs.

Le signal fut donné, et ils traversèrent rapidement les ruines afin de rejoindre le moyen d'accès à la ville supérieure.

La soudaine luminosité liée au soleil, si différente de celle dont ils avaient l'habitude, les obligea à faire une pause pour s'y accoutumer. C'est presque émerveillé qu'ils contemplèrent ce qui leur avait été depuis trop longtemps interdit. Un endroit où ils pourraient vivre sans crainte pour leur vie, sans la peur de voir leur famille brisée du jour au lendemain pour une erreur ou une imprudence, et avoir la sécurité de ne jamais se retrouver avec des fers aux poignets et aux chevilles.

Le léger vent qui soufflait actuellement sur la capitale nippone les étourdis quelques secondes avant qu'ils ne se reprennent et ne se déploient dans la ville.

Les habitants de la cité basse étant armés, passer inaperçu était mission impossible. Les quelques civils qu'ils croisèrent ne furent pas long à déguerpir dans le sens contraire en hurlant, au risque de se faire tirer dans le dos. C'est d'ailleurs ce qui arriva aux plus malchanceux.

Les premiers coups de feu qui tuèrent les pauvres victimes finirent d'alerter la ville qu'elle était assiégé. Ce fut aussi ce qui déclencha la folie. Les hommes venus d'en bas s'éclatèrent dans toutes les rues. L'idée de conquérir la ville semblait inévitablement passer par un autre objectif, celui de la vengeance. Faire absolument payer à ceux du dessus leur condition misérable. Passer ses nerfs, par la violence. Tout était bon pour se défouler.

Bientôt les cris heureux des soldats du dessous résonnèrent. Ils laissaient libre court à cette ivresse qui s'emparait d'eux et leur donnait des ailes. A avoir ainsi l'avantage sur une population désarmée leur faisait sous-estimer l'adversaire auquel ils se confrontaient. La prudence et l'attention furent vite oubliées, et on en vint à traquer les quelques inconscient qui se baladaient dans la ville.

Heureusement que tous n'étaient pas armés. L'équipement sommaire qu'ils possédaient, venait en grande partie des laboratoires de Szayel. Il s'agissait pour la plupart de fusils ou de pistolets récupérés dans les ruines et remis en état de marche. Il n'y avait peut être pas assez pour tous les hommes présents, mais cela suffisait amplement pour le carnage qu'ils avaient en tête.

Seul les espadas, en retrait, étaient un peu plus calmes, Neliel était restée prêt de l'ascenseur, guidant les nouvelles vagues en compagnie d'Hinamori. Aaroniero s'occupait du groupe chargé de la protection des ruines. Les autres étaient parties dans les rues. Les deux jeunes femmes relevèrent la tête en entendant les premiers cris suivit de coups de feu. Momo laissa un sourire bienveillant étirer ses lèvres, mais l'espada répondit d'un air inquiet, peu certaine de devoir se réjouir.

- Vous semblez heureuse, souffla Neliel à son homologue.

- Oui ! La ville haute sera bientôt aux mains d'Aizen-sama et il pourra mettre ses projets en place, n'est ce pas une bonne chose ?

- Sans doute, fit l'espada, sceptique.

Des coups de feux, plus rapide, suivis d'autres les alertèrent. Certaines rafales étaient bien trop rapides pour provenir d'une de leurs armes. Ce qui signifiait donc que la ville supérieure se réveillait et commençait à riposter.

- J'ai un mauvais pressentiment, murmura Nell.

~[…]~

Lorsque les habitants de la cité cachée avaient vu débouler des hommes armés, ils n'avaient pas été stupide et avait commencé à se réfugier derrières les premières choses qui pouvaient faire office de bouclier. Ceux qui étaient trop loin d'un possible lieu de repli furent exécuté sur le champ par les policiers de la ville haute. Certes la milice n'était pas aussi bien équipée que pouvait être les traqueurs, mais ils étaient autrement plus entrainés, et de façon plus efficace. Le fait que les envahisseurs se soient mis à tuer les civils avaient signé leur arrêt de mort, ils ne tenteraient pas de les mettre hors jeu.

La loi du talion.

Les voitures, les murets, les bâtiments, tout pouvait aider. Et les échanges de coup de feu allaient bon train. Les groupes qui avaient la chance de compter une espada parmi eux s'étaient regroupés sous son commandement. Un fusil en main, Nnoitra se réfugia à temps derrière le mur. Les balles de policiers effritèrent le coin. A côté de lui, Tesla n'en menait pas large, ne possédant qu'un simple pistolet.

- Place toi à l'autre bout de la ruelle, fit l'espada, ils vont sans doute essayer de nous prendre en sandwich.

Le garçon acquiesça, alors que l'espada sifflait en constatant qu'un autre de ses hommes était mort. Se penchant pour pouvoir tirer une nouvelle salve, heureux d'entendre une exclamation de douleur, signe qu'il avait réussit à toucher un de leur adversaire. Il avait voulu attendre recommencer, sauf que les tirs ennemis se calmèrent bien trop vite à son goût.

Lorsqu'il vit une grenade arriver à côté de lui, il écarquilla les yeux. Sans chercher à réfléchir, il rejoignit Tesla à l'autre bout de la rue et le tira à l'abri, le protégeant alors qu'il entendait la grenade s'enclencher. Pas une explosive non, mais contenant apparemment un gaz quelconque, dont il ne voulait pas connaitre les effets.

- Faut qu'on dégage de là Tesla, on est à découvert.

L'espada tira son protégé derrière lui. L'autre bout de la ruelle menait à une des routes principales de la ville, et si le calme de l'endroit ne les alerta pas, Nnoitra tourna la tête en entendant Tesla gémir de douleur. Alors seulement il réalisa que l'endroit avait été en quelque sorte mis en quarantaine, et que des policiers, sûrement venu les prendre à revers, comme supposé, venaient d'arriver et de leur tirer dessus sans somation.

Jiruga jura et tira à son tour, à l'aveugle, le temps pour eux de s'engouffrer, à la recherche d'un abri temporaire. Derrière lui il sentait le souffle fatigué de Tesla, ainsi que sa perte progressive de vitesse. Nnoitra fut obligé de serrer plus fort le poignet afin d'empêcher son compagnon d'infortune de lâcher et s'effondrer.

Une fois à l'abri, même si ce n'était que pour quelques minutes, il se retourna afin de voir l'étendu des dégâts. Tesla avait été touché au ventre, et la tenue qu'il portait était devenue en majeure partie rouge malgré la main que le garçon avait posée pour tenter d'endiguer l'hémorragie. Nnoitra serra les dents et regretta pour le coup que Szayel ait décidé de rester dans la ville basse.

Le jeune homme semblait fatigué. La douleur et la perte de sang allié à la course n'avait pas arrangé ses affaires et il ne réagit que très peu lorsqu'il le secoua.

- Reste avec moi bon sang !

Jiruga enleva le tee-shirt de Tesla ainsi que le sien, faisant un bandage de fortune qui, ils le savaient tous les deux, ne serait pas efficace très longtemps. L'espada prit alors la décision de le ramener, abandonnant par la même le champ de bataille. Il avait beau adorer le combat, il connaissait néanmoins ses priorités. Un bras passé en travers du dos, il fit demi-tour.

Au loin il entendait les affrontements des autres groupes, les cris de douleurs et de rage qui provenaient des deux camps. Une explosion retentit non loin et il en vint à supposer que la milice s'était décidée à employer les grands moyens. Et elle ne se souciait plus de détruire une partie des bâtiments, maintenant qu'elle avait évacuée tous les habitants.

Il traina Lindocruz jusqu'à l'ascenseur qui menait à la ville basse. Le jeune homme était lourd, d'autant qu'il ne parvenait plus à se maintenir tout seul. Lorsque Nnoitra entendit des exclamations dans son dos il serra les dents et n'eut que le temps de plonger derrière la première chose qui pouvait faire office de protection avant qu'une salve de balle ne siffle à ses oreilles. Il tomba lourdement au sol, le garçon sur lui.

Le cœur de l'espada rata un battement lorsqu'il sentit quelque chose de chaud tomber sur son visage. L'odeur métallique du sang ne tarda pas à venir l'étouffer. Il ne put prononcer un mot et Tesla, malgré lui, le protégea alors que la milice passait en courant près d'eux, les considérants comme morts. Après tout, Tesla ne respirait plus et le deuxième homme était lui aussi couvert de sang. Parfaitement immobile, Jiruga les entendit crier des ordres et s'éloigner en courant.

Une fois assuré qu'il était de nouveau seul, le survivant se redressa. Pour il ne sut quelle raison, il vérifia le pouls du jeune homme, confirmant son décès. Lindocruz avait été criblé de balle, ne lui laissant que peu de chance de survie. Par respect pour celui qui avait subi tous ses caprices sans broncher, Nnoitra ferma ses yeux avant de se redresser.

Il aurait aimé pouvoir le ramener dans la ville basse afin de lui offrir une sépulture décente. Mais il devait penser aussi à ceux… ou plutôt celles qui étaient restées en arrière et vers qui se dirigeaient les soldats actuellement.

Quand la voix d'Aizen résonna dans son oreillette, il pâlit, et se précipita vers l'ascenseur.

- Neliel !

~[…]~

Matsumoto courrait à toute allure dans les rues de la ville. A ses côtés et derrière elle se trouvaient ses coéquipiers. Quelques minutes plus tôt, ils avaient reçu un appel d'urgence leur signalant des violences et un massacre effectué dans la ville. Toutes les voitures en patrouille avaient changé leur plan pour rejoindre l'endroit concerné, et même les policiers qui restaient d'ordinaire au poste avaient été contraints de rejoindre le front.

Ils s'étaient donc déployés afin de venir prêter main forte à ceux déjà présents.

Arrivé à un carrefour, l'homme chargé de les diriger leur ordonna de se disperser pour rejoindre leurs camarades, ce qu'ils firent. Rangiku se retrouva seule à remonter une petite ruelle. Lorsqu'elle tomba nez à nez avec une personne armée, ne portant pas l'uniforme de sa profession elle n'hésita pas : elle dégaina et tira.

Bien sûr qu'elle pouvait comprendre que les pauvres personnes qui habitaient dans la ville basse désirent échapper à leur condition actuelle. Mais qu'ils utilisent de telles méthodes… Non, elle ne pouvait pas laisser passer ça.

A contrecœur elle rechargea son arme et rejoignit un autre groupe de policiers dont faisait partie le major. A l'abri d'un bâtiment, un plan de la ville sous les yeux, il donnait ses instructions. Lorsque Matsumoto parvint à lui, il la chargea de rejoindre les portes de l'ascenseur qui conduisait à la ville basse, afin de mener l'assaut final. Il fallait absolument qu'ils parviennent à les repousser là d'où ils venaient.

~[…]~

- Chers combattants, sachez que les accès à la cité souterraine seront tous fermés d'ici une heure, chantonna Sosuke. Elles ne seront rouvertes que dans vingt-quatre heures.

- Aizen-sama ! fit la voix paniquée d'Hinamori.

Neliel tourna la tête vers la jeune femme, qui avait perdue toutes ses couleurs. Elle ne tarda pas à comprendre qu'elle avait raison depuis le début, et qu'Aizen n'était pas celui qui avait décidé de cette attaque.

- Vraiment ? Je suis désolé, Hinamori… J'aurais dû te rappeler ta place bien avant. Je t'ai laissé trop de liberté et voilà où nous en sommes.

- Non ! S'il vous plait, Aizen-sama !

Momo eut un moment de silence avant de se mettre à appeler dans le vide. Nell préféra taire le début de colère que cette nouvelle avait fait naitre en elle. De toute façon, celle simple annonce provoqua un vent de panique parmi les troupes venues d'en bas. N'était-ce pas le but, après tout ? La fermeture des portes signifiaient plus ou moins que les personnes qui ne parviendraient pas à rentrer seraient livrées aux traqueurs. Celles qui réussiraient à survivre le temps que les portes ne rouvrent seraient « pardonnées » mais peu avaient envie de s'y essayer.

En d'autres termes, c'était actuellement la ruée pour retourner au point de départ. Et se mettre aussi brusquement à reculer lorsque l'on était en plein combat avait deux conséquences désastreuses : la première était que la milice put faire un nombre important de victimes qui fuyaient désormais sans chercher à se cacher. La seconde était que cette même police savait maintenant où ils étaient et pouvait les canarder en toute tranquillité. C'est ainsi qu'une grenade explosa non loin d'eux.

Dans la ruée vers l'ascenseur à laquelle se livraient les habitants du dessous, l'utilisation d'une telle arme fit un ravage. Si Nell eut tout juste le temps de s'abriter dans l'ascenseur pour ne pas être touchée, ce ne fut pas le cas de Momo. Malgré la protection involontaire d'autres soldats, celle-ci fut soufflée par l'explosion et tomba inanimée sur le sol.

- Neliel ! hurla la voix de Jiruga dans son oreillette.

- Nnoitra, répondit-elle. Je t'en prie, dépêche toi de revenir.

- Il est déjà parti, fit la voix de Szayel, je ne peux que vous conseiller de vous dépêcher…

La jeune femme tira Momo à l'abri de l'ascenseur derrière elle, et s'empara de son arme pour combattre la milice qui venait de les rejoindre. Un premier ascenseur était déjà parti avec les plus impatients, et elle tentait de gagner un peu de temps pour permettre à ceux, trop éloignés, d'avoir une dernière chance. Surtout qu'elle n'avait toujours pas vu Jiruga.

Son compagnon prit les policiers à revers. Concentrés, ceux-ci ne virent pas venir la salve qui tua une bonne demi-douzaine d'entre eux. Nnoitra se planqua immédiatement après. Malheureusement pour lui, s'il désirait accéder à la ville basse, il était obligé de forcer le barrage des agents. Même si ceux, prisonniers de l'ascenseur actuellement, l'aidaient (Nell la première) en faisant pression de l'autre côté du barrage formé par les forces de l'ordre.

L'espada souffla et rechargea son arme. Pour activer ce qui leur permettrait de rejoindre les ruines, il devait actionner le panneau de contrôle. Ceux de l'autre côté ne pouvait s'y engager sans prendre le risque de se faire descendre.

- Neliel… ?

- Dépêche-toi, on ne les retiendra pas longtemps ! fit la voix de la jeune femme.

- … J'arrive.

Nnoitra releva la tête alors qu'un policier parvenait devant lui. Sans chercher à comprendre, il tira et le tua, avant de se ruer hors de sa cachette en direction de l'ascenseur. Son chargeur lui servit à créer son passage dans le mur des forces de l'ordre. Il pouvait le faire, il le savait. Plus que quelques mètres et il y était. Il tendit la main et ses doigts glissèrent sur le panneau de contrôle pour l'activer. Il laissa un sourire étirer ses lèvres alors qu'il relevait les yeux vers Nell. Il avait atteint son objectif.

Les panneaux de fer bougèrent, et Jiruga plongea. Il entendit vaguement les fusils cracher de nouvelles balles. Il vit Nell tendre la main vers lui dans un cri qu'il ne perçut pas avant que les portes se refermèrent définitivement sur les soldats d'Aizen.

Les armes se baissèrent doucement, et les policiers déglutirent. La tension redescendait petit à petit. Plus tard, ils prendraient tous plus ou moins conscience de ce qu'il venait de se passer, de ce qu'ils venaient de vivre et des risques pris. Le soulagement d'être en vie, et la tristesse de voir ceux et celles qui n'avaient pas eu cette chance. Pour l'heure, il était temps de faire les bilans et les rapports.

- Sécurisez le périmètre et cherchez s'il y en a qui ne sont pas parvenus à revenir à temps, fit un des policiers, le major, après avoir rangé son arme.

Ses hommes hochèrent la tête et commencèrent lentement à quitter la place du combat. Certain, comme Matsumoto, ne bougèrent pas immédiatement : ils en étaient tout simplement incapables. Mais le haut gradé ne leur fit aucune remarque. A la place, il se rapprocha du corps tombé près du panneau de contrôle, juste devant l'ascenseur. Le sang qui recouvrait la console d'activation, suite aux balles qui lui avaient criblé le corps, avait probablement dû endommager les circuits : il n'y eu aucune réponse lorsqu'il se risqua à tenter de pianoter dessus.

- Bien joué, p'tit gars, je dois t'accorder ça.

Il nota le léger sourire qu'arborait l'espada, même dans la mort, et lâcha un sifflement avant de se détourner. Il avait un travail à terminer maintenant que le combat était fini. Il se demandait encore ce qui avait bien pu causer autant de panique dans les rangs adverses, aussi soudainement au point de désorganiser totalement ces hommes.

~[…]~

- Nnoitra ! hurla Neliel.

Mais ce fut trop tard, elle n'avait eu que le temps de voir son compagnon s'effondrer en silence avant que les portes ne se referment sur elle. Sur eux. Courageuse, elle refreina les larmes et se concentra sur Hinamori, toujours inconsciente contre elle. La grenade l'avait gravement brûlée, et elle avait besoin de soins immédiats.

L'agitation et la nervosité étaient palpables parmi les personnes présentes. A l'air vicié par l'odeur du sang, s'ajoutait l'anxiété des soldats. Lorsque les portes se rouvrirent de nouveau, ils se précipitèrent vers l'entrée d'où ils venaient. Ceux pas assez rapides ou déséquilibrés par la vague humaine furent piétinés sans pitié. Nell les laissa partir, située dans le fond, Hinamori contre elle.

Quand elle sortie, avec prudence, elle vit que les autres espadas étaient, elles aussi, restées. Nnoitra en moins, ils étaient maintenant trois, en plus de Momo.

- Ces idiots ont dû attirer les traqueurs, grogna Yammy, nous ferions mieux de nous diriger vers une autre entrée.

Les espadas acquiescèrent. La jeune femme chargea la blessée sur son dos, et ils partirent en silence. Grand bien leur en pris : le groupe d'Aaroniero, celui chargé de maintenir la sécurité du passage, avait déserté dés l'appel d'Aizen. Dans leur fuite, ils avaient alerté involontairement les traqueurs, qui s'étaient positionnés pour attendre la seconde vague de fuyards. Ils entendirent au loin des cris et bruits de tirs mais ne s'arrêtèrent pas.

Puisque les traqueurs étaient occupés ailleurs, ils n'eurent aucun mal à se déplacer dans les ruines, vers une entrée plus discrète. Ils pressèrent pourtant le pas, ignorant combien de temps encore les portes resteraient ouvertes. Par chance, lorsqu'ils approchèrent de l'entrée, ils purent distinguer la silhouette d'Aaroniero qui tenait l'accès entrouvert.

- Dépêchez-vous, fit-il en s'éclipsant pour leur permettre de passer, le temps est écoulé et je n'ai réussis à gagner que quelques minutes.

Les espadas, désormais en sécurité, soufflèrent. Les portes se refermèrent derrière eux, pour ne rouvrir que dans vingt-quatre longues heures.

- Aizen-sama veut nous voir. Je vous laisse imaginer à quel point il est enchanté.

- Attends, fit Neliel, il faut déposer Dame Hinamori pour qu'elle se fasse soigner auparavant.

Szayel ne pouvait s'en occuper, mais la jeune femme laissa Momo à l'équipe sous les ordres du scientifique avant de rejoindre la salle de réunion.

~[…]~

Dire que Sosuke était en colère était un euphémisme. Le savon qu'il passa à ses hommes leur fit rentrer la tête dans les épaules et aucun n'osa broncher, pas même Szayel, pourtant le seul à pouvoir se considérer comme non concerné.

- Nous étions prêts, nos puissances étaient équivalentes ! fit Zommari, d'une voix calme.

- Bien sûr ! Contre la police dont les armes sont basiques nous avons de quoi lutter. Je vous rappelle que cette milice constitue les premières défenses, donc les plus faibles !

Las, Aizen se passa une main sur le visage, en comprenant aux regards braqués sur lui, que ses hommes ne voyaient visiblement pas le problème de leur opération.

- Ces armes étaient destinées à nous protéger des traqueurs. Si nous prenons de force la ville supérieure, les quatre autres pôles vont nous tomber dessus avec leur armée.

- Mais si nous avions fait ça pour toutes les villes…

- Parce que vous avez sincèrement pensé que vos collègues ont déjà pu organiser les mondes souterrains ? siffla Aizen, agacé. Vous avez réussi à avoir un quelconque contact pour le leur demander ?

Les Espada détournèrent les yeux, mal à l'aise. Neliel malgré elle, sentit son cœur se serrer. Ils avaient presque agi comme des enfants, impatients, à vouloir leur dû. Bien sûr que c'était normal, mais eux, en tant qu'espada, étaient censées montrer l'exemple. Et parce qu'ils s'étaient comportés encore pire que leurs soldats, Nnoitra était…

- Notre seul moyen d'assurer la réussite de notre entreprise était de nous mêler peu à peu à la population, avant de frapper vite et fort. Et grâce à votre initiative, la ville va être plus méfiante et probablement s'organiser en conséquence.

Yammy et Zommari se regardèrent et, d'un commun accord, préférèrent taire le comportement assassin de leurs hommes, et le nombre de civils d'en haut qu'ils avaient pu tuer. Ils n'en connaissaient pas le chiffre exact de toute manière, mais il était certain que ça ne les aiderait pas à bien s'entendre…

Même si c'était un prêté pour un rendu.

- Nous sommes désolés, Aizen-sama, souffla Neliel.

- Vous pouvez l'être, répondit froidement Sosuke. Qu'est-ce qui vous est passé par la tête pour prendre une telle décision ?

Devant le silence qui lui répondit, il plissa les yeux, et précisa.

- Qui a eu cette idée ? fit-il, froidement.

Après tout, Szayel lui avait bien expliqué les projets d'attaques, mais était resté silencieux quand aux personnes à l'origine de cette initiative désastreuse.

- Et bien… commença Aaroniero, nous avons été convoqué par Dame…

On toqua au même moment et, agacé, Aizen ordonna d'entrer. Une jeune femme habillée une blouse poussa doucement la porte.

- Wilwy ? fit Szayel, haussant un sourcil.

- Excusez-moi de vous interrompre mais je suis venue vous informer que Dame Hinamori... Mh… commença l'assistante d'Aporro. Nous avons tout fait. Je suis désolée.

Neliel eut un sanglot. Cette nouvelle eut raison d'elle et les larmes se mirent enfin à couler sur ses joues alors qu'elle enfouissait son visage dans ses mains. Non seulement elle avait perdue le seul homme qui comptait à ses yeux, mais elle avait également échouée dans la protection de Momo. Elle n'avait pu protéger personne, et ce constat de son échec cuisant l'anéantit.

Aizen ne broncha pas à la nouvelle. Aaroniero n'avait pas eu besoin de terminer pour lui faire comprendre qui était à l'origine de cette escapade idiote. Au moins elle ne lui mettrait désormais plus de bâton dans les roues, ne le forcerait plus à adopter cette attitude d'amant attentionné. Et ce constat… le soulagea, plus qu'autre chose.

~[…]~

Sosuke referma violement la porte de ses appartements. Il avait fait comprendre à ses hommes que leurs prochaines journées se passeraient à aider les autres à construire les divers tunnels qui donnaient accès aux ruines. Peut être ainsi comprendraient-ils leur faute ? Et le fait qu'il n'appréciait pas particulièrement qu'on outrepasse ses ordres. Aujourd'hui les traqueurs avaient dû faire de nombreuses victimes, mais qu'importe. Il y aurait toujours d'autres hommes pour les remplacer, quand on savait les motiver un peu.

Par automatisme, il alluma ce qui faisait office de téléviseur. Sans grande surprise, les informations relatait l'attaque qui avait eu lieu il y a quelques heures à peine et qui laissait un bon nombre de morts derrière elle, d'un côté comme de l'autre.

Aizen serra les dents, alors que les officiers expliquaient exactement qui les avait attaqués et comment, suivis de divers témoignages des familles de victimes. Le journaliste termina en affirmant qu'une garde allait être effectuée aux alentours de l'ascenseur, afin de justement d'éviter une deuxième mauvaise surprise de ce genre.

La ville haute allait bientôt entrer dans une véritable psychose. On redécouvrait ceux du dessous comme des monstres, et les premiers qui allaient directement en pâtir seraient les esclaves, qui perdraient un peu plus leur « humanité », si on partait du principe que la ville du dessus leur en accordait une.

Mais le plus important…

C'était que les médias et les autorités allaient maintenant s'acharner contre Ichigo, et qu'ils n'auraient plus besoin de détourner la réalité pour y parvenir. La ville haute s'opposerait catégoriquement à s'intéresser à la question et la réputation des Kurosaki allait en prendre un méchant coup. Il imaginait sans peine les nouvelles épreuves qu'il allait devoir traverser, et la fragilité que son armée venait de créer indépendamment de sa volonté.

Et pour un peu, il s'en serait presque voulu…


J'ai décidé, pour le "lulz" et pour rester dans la ligne des références, d'instaurer des caméos (c'est à dire, des petites apparitions courtes de personne) pour 10 autres auteurs de FFnet ;p. J'espère que cela vous plaira!

Il n'y en aura pas à tous les chapitres: le premier est celui d'IthilWilwarin, dit Wilwy

Merci de m'avoir lu et rendez vous au prochain chapitre \o