Master and Slave

Couple principal: Ichigo Kurosaki x Sosuke Aizen
Disclamer
: Les personnages de Bleach ne m'appartiennent pas! Ils sont à Tite Kubo. Certains sont des OCs et m'appartiennent donc, ils seront présentés lors de leurs apparitions en début de chapitre.
Bêta-lectrices: Merci à Juh, Leikkona et Frasyl pour la bêta-lecture !

A partir de maintenant, je ne peux plus assurer de publications régulières et j'en suis désolé. La faute en est à mes études, et aussi parce que, mine de rien, j'ai perdu presque toute l'avance que j'avais xD!


Réponse aux reviews anonymes:

Suki: C'est bon c'est noté ;p! j'attends de voir l'article avec impatience hiiii *o* merci à toi!

Merci pour vos reviews *-*


ATTENTION: Présence dans ce chapitre de Dub-Con (c'est à dire, un lemon où l'un des deux accepte, mais n'est pas réellement consentant.


La ville haute allait bientôt entrer dans une véritable psychose. On redécouvrait ceux du dessous comme des monstres, et les premiers qui allaient directement en pâtir seraient les esclaves, qui perdraient un peu plus leur « humanité », si on partait du principe que la ville du dessus leur en accordait une.

Mais le plus important…

C'était que les médias et les autorités allaient maintenant s'acharner contre Ichigo, et qu'ils n'auraient plus besoin de détourner la réalité pour y parvenir. La ville haute s'opposerait catégoriquement à s'intéresser à la question et la réputation des Kurosaki allait en prendre un méchant coup. Il imaginait sans peine les nouvelles épreuves qu'il allait devoir traverser, et la fragilité que son armée venait de créer indépendamment de sa volonté.

Et pour un peu, il s'en serait presque voulu…

Livre II – Faces Cachées
Chapitre 9

Un mois. Il avait préféré attendre un mois avant de reprendre contact avec la ville supérieure, par le biais de Gin. Il pouvait désormais prendre connaissance de toutes les répercussions que la petite expédition armée de ses hommes avait provoquées. Mais, alors qu'il posait sa main sur le téléphone, il savait déjà que les nouvelles qu'il obtiendrait ne seraient pas bonnes. Pas bonnes du tout. Et quand la voix, un poil trop sérieuse, de son bras droit lui parvint, il serra un peu les dents, prêt à encaisser.

- Cap'tain ! Pour le coup c'était très mal joué. Ça ne te ressemble pas de telles erreurs.

- Peut-être parce que je n'y suis pour rien. Les nouvelles ?

- Mauvaises, tu t'en doutes. La ville haute vient brusquement de prendre conscience de sa face cachée. Cependant l'accepter ne semble pas être à l'ordre du jour.

- C'est-à-dire ? soupira Sosuke.

Il y eut un silence. Aizen entendit finalement un « attends » suivit d'un bruit de course. Gin semblait chercher quelque chose. En réalité Ichimaru avait rejoint le bureau de Rangiku, endroit où elle rangeait tout ce qui avait un lien avec son travail. Puisque Matsumoto était actuellement au poste, il pouvait fouiller en toute sécurité. L'avantage d'être son amant et esclave, entre autre, c'est qu'il savait où était les clés et ce qu'il cherchait.

Sosuke ne put s'empêcher de sourire lorsqu'il entendit une exclamation victorieuse.

- Ils ont créé un nouveau corps armé nommé « Gardien ». Ils vont aider les traqueurs et ont ordre de tuer toutes personnes trop virulentes, ou qui ne feraient pas de bons esclaves.

- Manquait plus que ça…

- Ils ont recrutés parmi les policiers et les militaires pour l'instant. L'engagement date un peu, je ne sais pas s'ils sont déjà descendus ou non.

Gin laissa le papier qu'il tenait retomber sur le bureau. Rangiku était rentrée aussi pâle que la mort lorsque le massacre avait eu lieu. Mais quand elle avait reçue cette invitation à rejoindre ces fameux gardiens, elle s'était énervée (« quel nom pompeux et débile ! Et nous alors, on est quoi ? »). Il ne savait pas vraiment qu'elle était l'utilité d'avoir encore plus d'hommes armés pour rôder dans la ville basse, mais la population avait acclamé cette décision qu'elle pensait protectrice.

Ichimaru et Aizen reprirent leur discussion. Alors qu'ils parvenaient au même constat, à savoir que tout lien entre les deux parties serait impossible désormais, Gin rangea les papiers qu'il avait empruntés et retourna s'assoir sur le canapé. La télévision allumée diffusait les informations du jour, et le bras droit de Sosuke eut un léger sourire.

- Tiens au fait, je me suis dit que tu voudrais sans doute être informé des derniers potins du moment.

- Mh ? lui répondit Aizen, vaguement intéressée.

- Et bien, figure toi que…

~[…]~

Ichigo enfouit ses mains dans les poches, alors qu'il arpentait les jardins de la famille Kuchiki. Seul. Miwa (devenue sa femme. Cela lui faisait toujours autant étrange de l'appeler ainsi) avait préféré rester à la maison et il ne pouvait que la comprendre : son ventre s'arrondissait de jour en jour. Moins elle bougeait et mieux c'était pour elle. Du coup, il devait se taper les visites officielles tout seul. Pas que ça le dérangeait en temps normal, mais il fallait bien avouer que les enterrements, ce n'était définitivement pas son truc. Et pas seulement parce que ça le renvoyait à ce qu'il avait lui-même pu vivre quelques temps auparavant.

Il lança un bref coup d'œil à Byakuya, coincé un peu plus loin.

Non content de se retrouver confronter au chagrin lié à la mort d'Hisana, il devait aussi gérer sa famille. Toute la froideur que pouvait déployer le veuf était inefficace face à la volonté des anciens de le voir « revenir dans le droit chemin ».

La raison ? L'homme avait décidé, contre l'avis du reste de la maison, de se marier avec son esclave. L'amour qui lui vouait avait été mal considéré… et son mariage unanimement condamné. Maintenant qu'Hisana n'était plus… Le reste du clan espérait qu'il retrouve la raison.

Visiblement, le reste du clan semblait ne pas se soucier de la douleur de leur chef de famille. Il ne pu que lui envoyer un regard désolé avant de se détourner. Lui avait trouvé cette décision admirable et l'avait soutenu autant que possible. L'affaire avait fait grand bruit et aurait pu aider les deux hommes à mettre en place leur volonté de voir la société changer d'avis sur les esclaves.

Malheureusement, la révolte était arrivée peu de temps après le mariage, réduisant tous leurs efforts à néant.

Depuis, il essuyait les retombées et le lynchage médiatique en règle, mais il s'en fichait un peu. Il continuerait de lutter. La seule réelle chose qui l'ennuyait, c'était que les Quincy n'avait pas été long à saisir l'occasion et à tenter de prendre l'avantage en se servant de la peur et de la haine de la population. Heureusement, notamment grâce à sa tante, il parvenait à garder la tête hors de l'eau et à tirer son épingle du jeu. Même si utiliser son nom et sa puissance financière pour écraser les autres n'était pas quelque chose qu'il aimait faire.

La seule chose qu'il espérait vivement, c'était que Sosuke ne fasse pas partie de la liste des victimes. S'il avait pu, il se serait renseigné afin d'apaiser ses craintes. Mais sa tante lui avait expliqué qu'un tel intérêt n'attirerait rien de bon pour eux. Il s'était résigné à rester dans l'ignorance et si Miwa avait tenté de le rassurer en lui disant qu'Aizen était sans doute vivant et en pleine forme, ça n'avait pas été suffisant.

Ichigo secoua la tête et se força à penser à autre chose. Cette atmosphère commençait à lui faire broyer du noir. Mais il avait été hors de question qu'il se défile. Cela touchait une des cinq grandes familles du Japon, toutes les autres avaient été conviées afin de présenter leurs condoléances. Même si elles n'en pensaient pas un mot, c'était une façade, une convenance. Il avait cru pouvoir approcher les familles du sud et de l'ouest pour discuter, mais sans succès. Il avait préféré abandonner pour le moment.

Kurosaki fit encore quelques pas, s'éloignant du petit groupe qui gravitait autour de Byakuya afin de rejoindre une partie du domaine plus calme.

Il entendit un sanglot qui le sortit de ses pensées. Poussé par il ne savait quel sentiment, il dévia jusqu'à rejoindre une baie vitrée, ouverte. Elle donnait sur une pièce spacieuse, assombrie par les rideaux présents derrière les vitres, et dans laquelle se trouvaient un piano et un canapé, dans un des angles. Oh, et à bien y regarder, il y avait aussi quelques plantes vertes.

Il s'arrêta à l'entrée, incertain, avant de rentrer dans la bâtisse en réalisant que la personne qui pleurait actuellement était Rukia. Il fut un peu étonné de la trouver seule. Lors de son mariage, elle lui avait présenté son esclave, qui était surtout un de ses amis d'enfance, un jeune homme nommé Renji. Ichigo avait très vite sympathisé avec lui, pour le plus grand bonheur de la sœur de Byakuya.

Il se rapprocha de la jeune femme cherchant quoi lui dire afin de la consoler un petit peu. Lorsqu'elle le remarqua, Rukia se leva rapidement pour venir se réfugier contre lui, et il referma maladroitement ses bras sur sa taille. Il murmura les condoléances et la laissa pleurer tout son saoul, jusqu'à ce que les larmes se tarissent et qu'elle se recule un petit peu, apparemment calmée. Temporairement du moins.

Lorsqu'elle s'éloigna de quelques pas, il la regarda se frotter les yeux pour chasser les dernières larmes et tenter de reprendre une attitude un peu plus digne, même si c'était inutile avec lui.

- Renji n'est pas à tes côtés ? finit par demander le jeune homme, n'ayant pas d'autre idée afin d'engager la conversation.

- Non… Il a été… Réquisitionner… Pour faire les besognes avec les autres.

Le silence retomba entre les deux jeunes gens. Ichigo observa Rukia se détourner de lui pour se diriger à pas lent vers la baie vitrée afin d'aller contempler l'extérieur. Il ne put s'empêcher de se faire la réflexion que dans cette robe laissant les épaules et les bras nus, la « petite demoiselle », comme il se plaisait à l'appeler parfois, était belle.

- Ma sœur… n'est pas morte naturellement tu sais. Je l'ai vu se faire empoisonner, mais il était trop tard.

- Je suis désolé Rukia.

- Je crois que le pire est de savoir que Byakuya ne fera rien contre les responsables. Parce qu'il ne pourra certainement pas.

Kurosaki fit quelques pas dans la pièce et se passa une main sur la nuque. Il savait déjà que, quoi qu'il puisse dire, il ferait sans doute pire que mieux. Cependant il se voyait mal la laisser dans cet état, un mélange de tristesse et de rage, qu'il pouvait parfaitement comprendre. Probablement plus que tous ceux ici. Son regard glissa sur le piano et après une légère hésitation, il s'y installa. Le clapet soulevé pour dévoiler les touches, il inspira.

Comme tout enfant issu de la noblesse, il n'avait pas échappé à l'apprentissage d'un instrument de musique. Sauf qu'il avait lâché le piano dès qu'il avait pu, pas vraiment intéressé, et qu'il n'avait en conséquence pas pratiqué depuis de très longues années. Mais il pensait pouvoir, quand même, jouer un des petits airs qu'il avait appris pas cœur.

Avec lenteur, les doigts d'Ichigo effleurèrent puis appuyèrent sur les touches. Rukia tourna la tête à l'entente des notes et revint vers lui, jusqu'à pouvoir s'appuyer sur le piano. La mélodie n'était peut-être pas spécialement joyeuse, mais elle devait bien admettre que cela lui permettait de se vider la tête au profit des notes de musique. Ainsi, quand un son désagréable vint troubler l'harmonie, elle fronça les sourcils et fixa le noble, qui lui, était manifestement ennuyé par ce dérapage.

Kurosaki se crispa, alors que son manque de pratique venait se rappeler à son bon souvenir, et lui faire comprendre que ce genre d'entreprise n'était pas à prendre à la légère. Pour son plus grand malheur, il se mit à enchainer les mauvaises notes. Lorsque la mélodie initiale ne fut plus qu'une cacophonie sans nom, il préféra arrêter le massacre et détourna la tête, gêné.

Le rire de la jeune femme le fit rougir, et il bougonna une vague excuse à sa pitoyable performance. Rukia ne l'entendit pas. En revanche, elle vint s'installer à ses côtés pour jouer à son tour, bien mieux que lui et il se leva pour lui laisser la place. Il ne quitta la pièce que lorsqu'il s'aperçut que Renji était arrivé et les observait en silence. Après un regard entendu, il quitta la pièce, laissant le soin à l'esclave désormais libéré de ses obligations de s'occuper de la jeune femme.

Et cela lui rappela qu'il se sentait bien seul.

~~[…]~~

Aizen s'assit au bout de la table et observa les nombreuses places vides. Il s'empêcha de soupirer et lança la réunion, même s'il n'écouta les rapports que d'une oreille. Il venait de recevoir les premières nouvelles des espadas qu'il avait envoyées dans les autres cités. Quelques mois pendant lesquels, ses hommes avaient commencés à rassembler les troupes et à tenter d'établir un moyen de communication avec le centre.

Et ils avaient réussi, même si ce n'était pas parfait : quelques secondes, une qualité médiocre et seulement une poignée de mots échangés, pour dire que tout était bon. Sauf Ulquiorra qui avait insisté afin de pouvoir discuter à propos des Quincy. Il n'était pas parvenu à tout comprendre, mais il avait déduit que la famille de l'Est tentait de tirer profit la petite émeute pour renforcer son pouvoir se mettre les traqueurs dans la poche.

En résumé, ce n'était pas très bon et cela leur permettrait de prendre l'avantage sur les Kurosaki.

Aizen enchaina rapidement une fois l'exposé terminé. Volontairement, il relata la situation dans la partie Est parce qu'il savait que cela ferait réagir la petite assemblée. Sans trop de surprise, ses hommes tombèrent d'accord sur un plan qui l'aiderait. Pas tellement pour porter secours à Ulquiorra, qui était l'espada envoyé la bas, mais pour s'assurer que leur projet ne serait pas compromis, lorsqu'ils décideraient de frapper.

- Il y a une solution très simple, fit Sosuke. Pour désorganiser un tel groupe, il suffit de mettre hors-jeu celui qui dirige.

Tuer le Quincy. Semer la discorde dans la famille et avoir une chance de créer de gros problèmes dans toute la partie Est. Et puis… cela aiderait indirectement Ichigo à pouvoir se redresser et faire face. Il suffisait juste d'éliminer un seul homme.

- Je veux le faire.

Aizen tourna la tête vers Neliel. La jeune femme s'était éteinte depuis la mort de Nnoitra. Elle trainait sa tristesse et ses larmes dans les rues de la citée souterraine, sans doute hantée par les dernières images de son compagnon de toujours, et regrettait les silences et les non-dits. Maintenant qu'elle l'avait perdu, elle se rendait compte qu'elle était passée à côté de beaucoup de choses, définitivement hors de portée désormais.

Elle avait arrêté ses missions de protection dans les ruines, cessé de communiquer. Cette affirmation était la première phrase qui était sortie de sa bouche depuis un mois. Le dirigeant s'autorisa un léger sourire, face à cette soudaine détermination. Neliel, assurément, était la meilleure candidate pour cette mission : elle n'avait plus rien à perdre. Une preuve suffisante qu'elle accomplirait cette tâche, peu importe le prix.

- Quelqu'un s'oppose à ce choix ? demanda Aizen pour la forme, sans réponse. Bien, alors c'est décidé.

- Je ne vous décevrais pas.

La réunion se termina là. Sosuke invita la jeune femme à lui emboiter le pas, pour lui expliquer la marche à suivre et régler les petits détails. Neliel déciderait seule de son mode opératoire : son supérieur s'en moquait bien tant qu'elle remplissait sa tâche. Le seul petit souci qui se posait à lui, c'était que quitter l'espace du centre pour se déplacer était une tache bien plus difficile que de passer des ruines à la ville haute.

Parce qu'il n'avait pas encore la possibilité de régler ce problème seul, il allait devoir utiliser la même méthode que lorsqu'il avait demandé à ses espadas de rejoindre les autres pôles…

Contacter Kyo.

Le traqueur était celui qui possédait les clés, quelque chose de convoité. Il le savait et en conséquence, il lui faisait payer au prix fort. Mais il n'avait pas le choix et ça aussi, il le savait. La dernière fois il s'en était sorti, en sacrifiant les quelques hommes qui avait encore des velléités de n'en faire qu'à leur tête, mais là ce n'était plus possible.

Il laissa à Neliel une semaine afin de se préparer. Le temps pour lui de demander à Szayel de confectionner des vitamines. Ces cachets, inoffensifs pour le corps, lui permettait d'entretenir le danger de l'extérieur. Ces « médicaments » étaient censés les protéger. Il n'en était rien bien évidement. Mais, persuadés de leur effet, ses hommes les gobaient sans discuter.

La jeune femme se présenta avec un petit sac comme unique bagage. Le trajet jusqu'à Kyo et jusqu'à la porte de sortie de « Tokyo » se fit en silence, jusqu'au bout. Pas d'adieu, pas de mots rassurant : juste un regard avant que l'espada ne leur tourne le dos et ne s'en aille, en direction de l'Est. Dans quelques jours, elle aurait atteint l'endroit désiré et une radio lui permettrait de contacter les troupes en place là-bas.

Aizen ferma les yeux lorsqu'il sentit le bras du traqueur passer autour de sa taille pour l'attirer lentement mais sûrement contre l'armure encombrante de l'autre homme. Il refreina de justesse le dégoût qui lui parvint lorsque des lèvres glacées vinrent se poser dans son cou pour se promener tranquillement sur la nuque.

- Et si on reparlait un peu du paiement ? souffla Kyo, moqueur.

~~[…]~~

- Kurosaki.

Ichigo, en train de se balader aléatoirement, se tourna vers la personne qui venait de l'interpeller. Il avait reconnu sans peine la voix trop tranquille d'Uryû. Il fronça les sourcils, peu certain de comprendre la raison qui avait poussé l'autre jeune homme à venir le voir directement. Si leurs relations étaient en froid depuis bien longtemps déjà, le meurtre de sa famille n'avait fait que creuser davantage le fossé entre eux.

- Que puis-je pour toi ? fit Ichigo, de la façon la plus neutre possible, ce qui fit sourire le Quincy.

- Tiens. Je pense que ça va t'intéresser.

Ishida lui tendit une enveloppe kraft dont il s'empara. Le silence accompagna l'ouverture et la découverte des documents. Des listes de noms, des appels téléphoniques, un enregistrement, un mode opératoire et des plans concernant son manoir, entre autre… Kurosaki écarquilla les yeux en réalisant que ce qu'il tenait sous les mains lui permettrait de retrouver et de faire condamner les personnes responsables de l'incendie qui avait tué presque toute la branche principale.

Au passage, il avait confirmation de ce que lui et Miwa pensait depuis le début : les Quincy étaient bien ceux qui étaient responsable de ce soi-disant accident.

- Je ne comprends pas… Ce sont tes hommes, non ?

- J'étais contre cet attentat, fit simplement Uryû. Je veux réussir par mes propres moyens et vaincre mes ennemis à la loyal, pas en les tuant de façon lâche.

- Ça ne te fait rien de vendre tes hommes ?

Uryû remonta ses lunettes sur son nez. Il ne répondit pas tout de suite et Ichigo crut un instant qu'il se détournerait sans un mot de plus, considérant que ce qu'il venait de lui donner était suffisant. Il devait bien admettre qu'Ishida avait été, en fin de compte, celui qui avait fait le premier pas.

- Pas vraiment. Mais je ne peux pas me permettre de laisser mes hommes aller à l'encontre de mes décisions, où ça va vite tourner à l'anarchie.

- Un moyen de contenter tout le monde… Hein ? murmura Ichigo avec un faible sourire.

- En quelque sorte. Rends justice à ta famille, Kurosaki. Que ça leur serve d'exemple.

- Compte sur moi.

La voix d'Ichigo était mal assurée et pour cause. Il déglutit alors qu'il faisait appel à toutes les techniques que lui avait conseillées sa famille et Miwa pour rester mettre de lui-même et ne pas pleurer. Pleurer de soulagement de savoir qu'il pourrait tourner une nouvelle page sur ce meurtre et se concentrer sur le deuil, partie la plus difficile.

- Merci, Ishida.

Il rangea les documents, avant de tendre la main au Quincy qui la prit, presque sans hésiter. Peut-être pourrait-il envisager sous peu de reprendre contact avec la famille de l'Est. Il en connaissait une qui allait être ravie.

- Passe le bonjour à Chad pour moi.

- Mh. Compte sur moi.

Uryû lui adressa un signe de tête avant de se détourner pour s'en aller. Ichigo fixa encore une fois l'enveloppe et songea qu'il était temps pour lui de se retirer à son tour. Aussi reprit-il le chemin de la demeure familial, en espérant que Byakuya soit parvenu à se défaire du petit troupeau de tout à l'heure.

~~[…]~~

Aizen se laissa tirer. Ne pas être en position de force l'avait rendu silencieux, alors que le traqueur l'entrainait à sa suite. Kyo avait décidé, exigé, qu'ils sortent aussi du dôme afin d'avoir soi-disant un peu de tranquillité.

Sosuke se fit pousser et il se retrouva le dos collé contre le fer de la protection, rendue brûlante par le soleil, et il ne put s'empêcher de grimacer à cette sensation ô combien désagréable. Il entendit un léger rire moqueur avant que les lèvres du chasseur d'hommes ne viennent se poser sur les siennes, en un baiser vorace et dénué de douceur.

La langue de Kyo ne tarda pas à envahir sa bouche et si le traqueur se montra étonnamment attentionné, véritable contraste avec le geste précédent, Aizen dut retenir de justesse un haut-le-cœur. Il avait beau être… consentant, par la force des choses, tout qu'il ressentait actuellement était du dégoût.

L'ancien esclave sentit des doigts se poser sur son ventre, encore protégé par ses vêtements. Une main gantée se faufila sous le barrage pour remonter et tirer le tissu gênant dans sa course. Il ne put s'empêcher de frissonner au contact glacé de l'armure et instinctivement se colla d'avantage au dôme pour tenter de fuir le toucher.

Le traqueur le tira brusquement à lui et cessa le baiser. La veste et la chemise d'Aizen disparurent, avant qu'il ne soit de nouveau pousser contre la paroi en fer. Il sursauta lorsque le métal brûlant se toucha sa peau nue, ce qui fit sourire Kyo. Le chasseur était conscient du dilemme du dirigeant : choisir entre deux contacts qu'il n'aimait pas.

Il le laissa gigoter quelques instants à la recherche d'une position confortable pour lui. Pendant ce temps il vint effleurer son visage, sans s'offusquer lorsque Sosuke tourna la tête pour échapper au contact. A la place ses lèvres se posèrent dans le cou sans rien faire de plus qu'effleurer. L'ancien esclave serra les dents lorsqu'il réalisa que Kyo prenait son temps, faisait durer la torture plus longtemps que nécessaire.

Il profitait d'avoir à sa disposition un corps, offert à contrecœur, dont il pouvait user à l'envie et sans contrainte de temps.

Le chasseur d'homme devait bien reconnaitre que Szayel l'avait surpris. Le scientifique se montrait souvent entreprenant, ayant toujours quelque chose pour relancer leurs ébats, sauf que les étreintes étaient violentes et brèves et Grantz s'éclipsait ensuite. Ici c'était différent : Aizen lui laissait entièrement les commandes. Passif, il avait parfois des mouvements qui trahissaient son inconfort ou son désaccord, en attendant que ça passe, mais il ne faisait rien de plus. C'était une autre attitude qui lui plaisait tout autant.

Kyo continua quelques minutes encore à déposer des baisers le long du coup et de la clavicule puis remonta une de ses mains qui vint se refermer sur le bas de la mâchoire de Sosuke. Il força l'autre homme à tourner le visage vers lui pour pouvoir l'embrasser une nouvelle fois. Instinctivement une des mains de l'ancien esclave vint serrer son poignet, réaction défensive qu'il ignora.

- Allonges-toi, t'veux ? Le temps de retirer mon armure et ch'uis à toi.

Aizen plissa les yeux alors que le traqueur s'éloignait de quelques pas. Il ne bougea pas toute suite, préférant encore se brûler contre le dôme. En réalité il appréhendait quelque peu une scène qu'il n'avait pas vécue depuis un petit moment maintenant : celle où il se retrouvait confronté à du sexe forcé. Accepter, sans réellement le désirer, et savoir que l'autre ne chercherait pas à le ménager, ne voulant que son propre plaisir avant tout. Une chose qui lui rappelait ses premiers maîtres et qui achevait de lui faire apprécier l'instant. Lui qui s'était pourtant juré de ne plus jamais se retrouver dans cette situation.

- Tu préfères p'têtre rester debout ?

Sosuke fronça les sourcils en entendant la moquerie et préféra ne pas porter son regard vers le traqueur qui enlevait lentement chaque plaque de son équipement pour révéler un simple pantalon et qu'il conserva. Lentement Aizen avança de quelques pas et se laissa glisser à genoux sur l'herbe.

- C'est assez humiliant comme ça, n'en rajoute pas, fit-il froidement, sans être écouté, bien sûr.

- Tu l'as voulu.

- Je n'ai fait qu'accepter, corrigea l'ancien esclave.

Aizen sentit une présence devant lui et releva la tête pour faire face à Kyo. Son regard se porta d'emblée sur le côté droit du corps, marqué par les traces de brûlure. Tout le bras, l'épaule et une partie du torse.

- Accident de travail, l'informa le chasseur d'homme. Ça t'étonne ?

Sosuke haussa les épaules, montrant par là qu'il s'en moquait bien. Probablement content de cette… réponse, le traqueur le poussa contre le sol. Aizen pinça les lèvres alors que Kyo se plaçait d'autorité entre ses jambes et reprenait ses baisers et ses caresses sur son torse. Il se força au silence et au contrôle des réactions de défense et de recul de son corps. Le plaisir n'était pas un problème, puisqu'il n'y en avait pas de son côté.

L'ancien esclave posa un bras sur ses yeux, jugulant avec peine le dégout et la colère engendré par le bruit des baisers déposés par le traqueur. Celui-ci semblait l'avoir compris et les multipliait, les accentuait, probablement pour le narguer et le forcer à sortir de la passivité dans laquelle il s'était enfermé. Car embrasser et caresser une « poupée » n'avait absolument rien de plaisant, même pour lui.

Un amant actif était plus agréable. Le dirigeant de la ville basse le lui refusait catégoriquement.

Il ne cherchait même pas à faire semblant, à simuler. Ce qu'il pouvait penser était évident, mais le traqueur s'en moquait bien. La seule chose qu'il voyait, c'était qu'il pouvait profiter de la chaleur et de la présence d'un autre corps contre le sien, avec lequel il passait du bon temps. Un genre de loisir en somme, une pause avant de retourner au froid de l'armure et du contact de ses collègues. Les traqueurs ne travaillaient que rarement en équipe (trois, quatre, quand ils se connaissaient d'avant). Ils étaient plutôt en rivalité pour le nombre de captures et par conséquent, la rentrée d'argent qui suivait. S'intéresser aux autres, c'était forcément avec un intérêt en tête. Aizen avait accepté d'être ce passe-temps, c'était tout ce qui lui importait.

Kyo déposa une nouvelle fois ses lèvres sur son ventre, récoltant un léger frisson qui le fit sourire. Il s'aventura quelques centimètres plus bas, jusqu'à sentir le corps se crisper dans l'appréhension de ce qu'il pourrait se passer ensuite. Néanmoins il ne chercha pas à défaire le pantalon et préféra continuer encore quelques minutes à embrasser et caresser la peau blanche, avant de se redresser et de s'allonger sur l'ancien esclave en prenant garde à ne pas l'écraser. Au passage, il déposa très légèrement sa bouche sur la pomme d'Adam, offerte, ce qui lui valut un grognement.

Une de ses mains s'empara du poignet d'Aizen pour le forcer à enlever son bras et pouvoir écraser ses lèvres contre la sienne. Un gémissement agacé, étouffé lui répondit, sans que cela ne l'arrête. Les bras du traqueur vinrent le serrer plus encore contre Sosuke, dont les mains se posèrent sur ses épaules. Le baiser terminé, il ne put s'empêcher de faire une remarque un peu moqueuse qui lui valut une réponse acerbe.

- A ton tour de bosser un peu, grogna Kyo après quelques minutes.

Aizen haussa un sourcil alors que le chasseur d'homme se redressait pour s'assoir sur son torse cette fois. Il écarquilla les yeux en réalisant ce qu'on lui demandait implicitement de faire et détourna la tête. Ennuyé, il commença à se débattre légèrement, ses mains poussant le bassin trop proche de son visage. Non, non, non ! Ça c'était hors de question !

- Quoi, t'as changé d'avis ?

- Pas comme ça… Pas cette position.

- Hein ?

- Tu voulais que je bosse non ? Là je ne peux rien faire.

Le traqueur lui envoya un regard perplexe, pas vraiment convaincu de cet argument. Cependant, vu l'attitude de Sosuke, il finit par hausser les épaules et se relever pour s'assoir à côté, sur l'herbe. L'ancien esclave resta quelques secondes allongé avant de se tourner vers Kyo. Lentement, avec réticences, il posa ses mains sur le pantalon en toile qu'il baissa, en même temps que les sous-vêtements.

Face à l'érection, il eut un moment de flottement. Finalement il ferma les yeux et referma ses lèvres sur le sexe progressant petit à petit en refreinant l'envie vomir qui se fit plus puissante lorsque le gland atteint le fond de la gorge. Trouvant qu'il n'allait pas assez vite, ou pas assez loin, le traqueur enfouit ses doigts dans les mèches brunes pour appuyer. Trop occupé à se contenir, Aizen eut un haut-le-cœur sous la brusque poussée.

Avec un grognement, il commença à monter et descendre, l'objectif étant d'en terminer le plus vite possible afin de pouvoir s'en aller. Pour cela, il préféra ne pas écouter, ignorer, les grognements de plaisir de Kyo, ainsi que les bruits de succions obscènes issus de ses propres mouvements. Il se força à ne pas tenir compte de la sensation déplaisante (une de plus) provoquée par les filets de bave, inévitables en vue de leur activité.

Le traqueur de son côté avait gardé sa main sur la tête de Sosuke. L'autre avait trouvé sa place un peu derrière lui, lui permettant de garder son équilibre. La tête en arrière, les lèvres légèrement entrouvertes, il laissait échapper à interval régulier des râles de plaisir. Si son partenaire du moment n'était pas aussi peu réceptif, peut-être se serait-il risqué à quelques remarques sur son savoir-faire.

Lorsque les doigts du chasseur d'homme se crispèrent dans sa chevelure, il fronça davantage les sourcils, ayant compris le message implicite.

Quand le traqueur éjacula dans sa bouche, il se redressa et se détourna immédiatement. L'instant d'après il crachait le sperme au sol et s'immobilisait, incapable de faire quoi que ce soit d'autre pour le moment.

- Pas mal, mais je suis sûre que tu peux faire mieux, fit Kyo, en lui collant une tape contre l'épaule.

- La ferme, répondit froidement Aizen.

La chasseur d'homme éclata de rire et se releva, partant chercher ses affaires afin de se rhabiller. L'ancien esclave ne parvint à l'imiter qu'une bonne heure plus tard.

~~[…]~~

Neliel glissa une des pilules de Szayel dans sa bouche et la laissa fondre lentement. Voici près de cinq jours qu'elle marchait et elle avait enfin la ville de l'Est dans son champ de vision. Cela lui mis un peu de baume au cœur et lui permit de continuer un peu jusqu'à la rejoindre. Comme tous les pôles, la cité donnait une impression plutôt austère, juchée ainsi sur le grand dôme de métal noir qui cachait les ruines.

La jeune femme fronça les sourcils alors qu'elle accélérait le pas. Son corps réclamait un peu de repos, un peu de répit, mais elle refusait de se l'accorder. Elle devait rallier la ville basse au plus vite pour pouvoir exécuter sa mission. Pour tous ceux que ce geste aiderait. Pour Nnoitra.

Il lui fallut quelques heures supplémentaires afin d'atteindre les limites. Elle s'autorisa alors à souffler cinq minutes, avant de sortir un petit talkie-walkie de ses affaires et de commencer à chercher la bonne fréquence. Szayel lui avait expliqué qu'elle lui permettrait de pouvoir contacter le groupe d'Ulquiorra, qui lui ouvrirait l'accès.

Elle mit plusieurs minutes à pouvoir parler avec quelqu'un. Elle supposa que les personnes qu'elle était parvenue à contacter s'étaient d'abord montrées méfiante envers elle, puisque la voix qui résonna bientôt dans son oreille était celle d'Ulquiorra. Au moins, ça faciliterait les choses.

- Je vais t'expliquer où est notre entrée, écoute bien, fit la voix morne de l'espada.

Il lui fallut quelques minutes afin de trouver. Le passage creusé, avait été en toute logique camouflé. Elle avait dû tourner un instant autour du dôme, ce qui lui avait aussi fait perdre du temps. Engagée dans le tunnel étroit, elle déboucha directement dans le petit camp qu'était la « ville basse », encore en pleine construction.

Ulquiorra vint directement vers elle pour l'inviter à se reposer sur une couchette de fortune. Pas difficile, Neliel s'y installa avec joie et massa ses jambes, devenues douloureuses. Elle expliqua la raison de sa venue, ce qui laissa l'espion songeur.

- Je ne pourrais pas te fournir grand-chose. Nous sommes en train de construire nos abris hors de portée des traqueurs.

- J'ai simplement besoin d'un accès à la ville haute. Et de matériel.

- Il n'y a pas d'armes à feu ici.

- Un couteau me suffira.

Ulquiorra hocha la tête. Neliel s'allongea sur la couchette avec un petit soupir de bien-être. Après plusieurs jours à dormir à la belle étoile, avec une simple couverture pour se protéger du froid, ce petit luxe était un véritable bonheur.

- Quand comptes-tu remonter ? demanda l'autre espada

- Deux jours. Le temps d'être dans de bonnes conditions.

L'homme acquiesça une nouvelle fois avant de se détourner pour la laisser tranquille, et retourner à ses occupations. La jeune femme ferma les yeux et se détendit sensiblement sur la couchette, jusqu'à s'endormir.

Le temps estimé ne fut pas de trop. Neliel avait subie de plein fouet le contrecoup de sa longue marche et des efforts déployés pour en arriver là. Ses jambes la lancèrent douloureusement pendant toute une journée, au point qu'elle ne quitta pas beaucoup son lit, même pour se restaurer. Le soir, Ulquiorra était revenu avec l'équipement dont elle aurait besoin là-haut. La deuxième journée avait été dédiée au mental. Elle était partie le soir.

Et maintenant elle y était. Elle était dans l'ascenseur qui la menait vers la ville du haut, après une longue course pour échapper aux traqueurs qui l'avait repéré à mi-parcours.

- Ça y est Nnoitra, plus de retour possible.

Elle sortit avec prudence de l'engin. Son premier objectif était bien évidement de trouver le manoir des Ishida : La plus haute bâtisse, située au centre de la ville. Entrer à l'intérieur ne fut pas une chose si difficile en soi. Neliel eut la chance d'arriver du bon côté, c'est-à-dire, vers l'entrée réservée au départ aux employés, à l'opposé de l'entrée principale. Elle n'eut que le temps de se camoufler rapidement que passait devant elle une jeune femme au téléphone, en train de raconter à haute voix sa journée de travail chez les Quincy.

Lorsqu'elle raccrocha, l'espada lui sauta dessus pour l'assommer et récupérer de quoi s'introduire dans le manoir à savoir tout ce qui pourrait faciliter son infiltration. Elle laissa l'employée plus loin, à l'abri. Il n'y avait aucun risque de toute façon : elle n'avait pas été vue. Elle en avait profité pour récupérer une carte magnétique, son laissez-passer pour la demeure.

Sans surprise, l'intérieur de la bâtisse reflétait la richesse et le pouvoir de la famille, et l'improvisée assassine cru un instant qu'elle allait se perdre dans le labyrinthe de couloirs. Le défi principal, le plus difficile, était de parcourir cet endroit sans se faire repérer. Son physique bien trop atypique aurait immédiatement attiré l'attention sur elle. Mais à force de s'être entrainée à esquiver et fuir les traqueurs, à écouter et à se dissimuler dans les coins et recoins, cette tache ne lui posa en réalité pas beaucoup de problèmes.

L'espada arriva finalement à une porte plus richement décorée que les autres : les appartements du chef de famille. Après s'être assurée qu'elle était bien seule, elle appuya lentement sur la clinche, le plus silencieusement possible. Des éclats de voix lui parvinrent et elle remonta à la source.

- Ce qu'il veut une utopie. Mais pour commencer à connaître Kurosaki ça ne devrait plus m'étonner, pas vrai Chad ?

Il y eut le silence pour seule réponse.

- Sans doute serait-il plus judicieux de me ranger à ses côtés, mais j'imagine mal voir un tel système être supprimé du jour au lendemain.

- Le mieux serait une disparition progressive.

- Mh… Reste à le faire intégrer à cet idiot, fit la voix, amusée, d'Uryû.

Neliel se déplaça de façon à avoir sa cible dans sa ligne de mire. Elle sortit la dague, confiée par Ulquiorra, de ses vêtements. Elle inspira pour se donner la possibilité d'aller en avant, maintenant qu'elle était au pied du mur, et força l'entrée.

Pas de paroles inutiles, pas d'avertissement, elle lança l'arme de toutes ses forces en direction du leader des Quincy. La précipitation, liée à l'idée de commettre un meurtre, fit qu'elle visa mal. Trop haut.

De toute façon le résultat fut le même. Un corps imposant se plaça sur la trajectoire et l'espada écarquilla les yeux lorsque sa dague se ficha dans le torse de l'imposant esclave. Un geste incompréhensible qui figea Neliel pendant quelques secondes.

Ishida ne chercha pas à comprendre, il plongea sur son bureau pour en tirer l'arme à feu, caché au cas où et donner sa réponse à la jeune femme. Sans hésitation il tira, et l'espada n'eut que le temps de plonger pour tenter de ne pas être descendue sur le champ. Son arme hors de portée, elle se saisit du premier objet à disposition pour le lancer vers sa victime.

Le vase vint s'écraser avec fracas contre le Quincy qui recula jusqu'à heurter le bureau. Uryû grogna, trempé le bras qu'il avait utilisé pour se protéger et ses vêtements avaient été coupés par les éclats de verre. Il se força à se reprendre le plus vite possible, malgré l'eau qui l'aveuglait partiellement.

Il eut un hoquet en se retrouvant nez à nez avec Neliel qui s'en prit à la main qui tenait le pistolet. Malgré le coup qu'elle reçue à l'estomac et qui appuya un peu plus sur sa blessure, elle ne lâcha pas et lui rendit la pareille, sachant qu'elle avait l'avantage sur ce plan-là. Son genou plia Ishida en deux, et son poing l'étala sur le bureau. Elle en profita pour récupérer l'arme à feu et se reculer, puis elle pointa le pistolet vers le chef de famille.

- Tu n'es pas une professionnelle, souligna le noble, se redressant. Qui t'envoie ?

Neliel préféra ne pas répondre. Elle tira à la place et toucha la poitrine du Quincy qui s'effondra au sol. L'arme glissa immédiatement au sol et l'espada sentit ses jambes trembler. Elle se rapprocha de l'esclave, dont la respiration était devenue sifflante et hésita à retirer la dague : les blessures étaient grave, mais si elle l'enlevait, s'ajouterait l'hémorragie en plus car la lame agissait comme un bouchon.

Parce qu'elle se devait anticiper, elle ne pouvait laisser l'arme ici. Elle referma ses doigts sur le manche et tira doucement, appuya avec sa main libre pour tenter d'endiguer le flot rouge.

- Je suis désolé,e murmura-t-elle, alors que Chad posait son regard sur elle.

Le garçon lui adressa un sourire triste, avant de refermer les yeux. La jeune femme aurait adoré pouvoir rester pour l'aider, mais des bruits et des éclats de voix l'obligèrent à se redresser, de nouveau sur le qui-vive. Les deux coups de feu, tout le bruit qu'ils avaient fait, avaient donné l'alerte. Après un dernier regard pour les deux hommes au sol, l'espada récupéra ses affaires, ce qui pouvait être une hypothétique trace de l'endroit d'où elle venait.

On ne devait pas savoir qu'elle était de la ville basse.

Elle jeta un coup d'œil à la fenêtre, à travers laquelle Neliel sauta. Le bureau se trouvait au premier étage, elle n'eut aucun mal à se réceptionner dans le jardin pour reprendre sa course et s'enfuir d'ici. Et elle remercia son expérience dans les ruines et son habilité à grimper partout, qui lui permirent de passer par-dessus le mur d'enceinte.

L'adrénaline du moment lui avait fait oublier sa blessure et sa fatigue. Derrière elle, elle entendait ses poursuivants, bientôt mêlé à des grognements et des aboiements. On avait lancé les chiens à ses trousses… Grâce au sang qu'elle perdait en quantité, ils la retrouveraient facilement. Elle serra les dents, consciente que si elle s'arrêtait, elle était fichue.

Elle s'enfonça dans un parc. L'obscurité alliée à la végétation lui offrirait un camouflage temporaire. Quelques secondes qui lui seraient peut-être suffisantes. Elle freina pour sauter dans un arbre imposant.

Le contrecoup lui parvint immédiatement. La douleur la plia en deux, et il lui semblait qu'elle perdait plus de sang qu'avant. Ses jambes également, pas totalement remise de son voyage et déjà mises à contribution commencèrent à la lancer et à trembler. Lorsqu'elle essaya de bouger, elle se rendit compte, avec horreur, que son corps ne répondait absolument plus.

Elle entendit des bruits de course et les grognements des animaux et elle ferma les yeux. Elle savait désormais que c'était terminé pour elle. Lentement, elle tira sa dague, encore rouge du sang de l'esclave. Si on la prenait vivante, il y avait fort à parier qu'on allait la sauver pour pouvoir l'interroger. Ce n'était pas une option qu'elle pouvait choisir.

Ainsi, sans hésiter, elle plaça la pointe au niveau du cœur et enfonça la lame. Elle emporterait ses secrets avec elle.


On ne tape pas l'auteur siouplait!

Rendez-vous au prochain chapitre ;p