Master & Slave
Couple principal: Ichigo Kurosaki x Sosuke Aizen
Disclaimer: Les personnages de Bleach ne m'appartiennent pas mais sont l'œuvre et la propriété de Tite Kubo. Tous les autres sont miens.
Bêta-lecture: Un grand merci à Leikkona et Frasyl pour la bêta-lecture
A partir de maintenant, je ne peux plus assurer de publications régulières et j'en suis désolé. La faute en est à mes études, et aussi parce que, mine de rien, j'ai perdu presque toute l'avance que j'avais xD!
Réponse aux reviews anonymes
Lynn: Pas besoin de t'excuse voyons! Je suis contente que tu continues de me suivre malgré tout ;)
Suki: Encore un énorme merci \o!
Sunny: *se fait toute petite* é.è...
Voila la suiiiite!
Merci pour vos reviews *-*
Le contrecoup lui parvint immédiatement. La douleur la plia en deux, et il lui semblait qu'elle perdait plus de sang qu'avant. Ses jambes également, pas totalement remise de son voyage et déjà mises à contribution commencèrent à la lancer et à trembler. Lorsqu'elle essaya de bouger, elle se rendit compte, avec horreur, que son corps ne répondait absolument plus.
Elle entendit des bruits de course et les grognements des animaux et elle ferma les yeux. Elle savait désormais que c'était terminé pour elle. Lentement, elle tira sa dague, encore rouge du sang de l'esclave. Si on la prenait vivante, il y avait fort à parier qu'on allait la sauver pour pouvoir l'interroger. Ce n'était pas une option qu'elle pouvait choisir.
Ainsi, sans hésiter, elle plaça la pointe au niveau du cœur et enfonça la lame. Elle emporterait ses secrets avec elle.
Livre II – Faces cachées
Chapitre 10
Ichigo s'installa près de la fenêtre, songeur. Les assassins de sa famille venaient enfin d'être mis sous les verrous, à perpétuité. Même si ce n'était pas ce qu'il préférait faire, il avait fait pression pour alourdir leur peine. Ce n'était qu'une petite satisfaction qui ne lui rendrait pas sa famille. C'est ce qu'il aurait aimé dire, car actuellement il se sentait plutôt amer. Il avait prévu de prendre contact avec Uryû, pour discuter et le remercier encore une fois. La nouvelle de sa mort était tombée au même moment.
Les Ishida avaient hurlé à l'assassinat, ce qui fut bientôt confirmé par la police. Les Quincy et même les médias avaient d'abord pensé que les Kurosaki étaient responsables, ce qui avait été simplifié par les nombreux conflits entre les deux familles. Aussi Ichigo n'avait-il pas été étonné lorsque la police de Tokyo s'était présentée à son domicile pour pouvoir enquêter chez lui.
Il avait laissé faire, sans crainte. Il n'avait rien à se reprocher, il savait bien que ce n'était pas lui.
Il en avait profité pour faire connaissance et discuter avec l'une des personnes de l'escouade. Une jeune femme qui se prénommait Rangiku et qui était apparemment chargée de l'empêcher d'entraver les recherches.
- Dommage que Gin ne soit pas là, il aurait adoré vous rencontrer.
C'est ainsi qu'avait débuté la conversation. Et face au grand sourire de la policière, il n'avait pu que hausser un sourcil, légèrement déboussolé.
- Qui ?
- Mon esclave, précisa Matsumoto. Il… connait bien le vôtre.
- Heu…
- Vous n'êtes pas au courant ? Gin lui téléphone régulièrement.
Rangiku avait froncé les sourcils, devenue brusquement suspicieuse. Lui se força à reprendre très vite une certaine contenance. Si la nouvelle était plutôt surprenante, il se dit qu'il pourrait peut-être en profiter et se renseigner un peu sur Sosuke.
- Pour tout avouer mon esclave vit sa vie dans son coin, fit-il avec un pauvre sourire. Ma soudaine promotion est chronophage et je passe aussi beaucoup de temps avec ma femme. Du coup, il est relativement tranquille.
- C'est pas ce que j'ai cru comprendre, vu le nombre de fois où il nous contacte pour avoir de vos nouvelles.
Et là le cerveau d'Ichigo avait eu un instant de bug, avant de rembobiner et de réaliser. Il devait probablement avoir un air confus, ou quelque chose s'en rapprochant, puisque la policière éclata de rire. Visiblement toute suspicion sur ce qu'avait pu lui dire Gin avait disparu ou, du moins, avait été expliquées.
- Vous devriez le rassurer de temps en temps vous savez, je crains qu'il n'apprécie pas tant que ça de rester dans l'ignorance.
- Mais… J'ai plutôt souvenirs de remarques vexantes et d'être repoussé.
- Vous savez, ces esclaves-là, ils ont leur propre langage. Faut juste savoir décoder, lire entre les lignes, bref vous m'avez comprise.
- Vous parler en connaisseuse hein ? plaisanta le jeune homme.
Matsumoto répondit d'un « ça se pourrait » mutin. Elle s'adossa à un mur, amusé, observant le jeune homme qui lui faisait face se perdre dans ses pensées, méditer sur ce qu'elle venait de lui dire. Gin aussi avait eu son propre langage qu'elle avait dû apprendre. Il était rarement celui qui commençait les câlins, ou lui disait des mots doux. Sa manière de communiquer résidait principalement par les tours et parce ce qu'il considérait comme des jeux. Parfois il laissait tomber son masque, mais la plupart du temps il était ironique, ce qui faisait qu'il était impossible de savoir qu'il était sérieux ou non, ce qu'il pouvait bien penser.
- Il faut raisonner à l'envers, fit-elle, tirant Ichigo de ses réflexions. Il vous repousse mais si vous vous détournez, il reviendra vers vous. Il voulait être seul et maintenant il demande de vos nouvelles.
- Oui en effet… fit Kurosaki, la scène des retrouvailles avec Aizen lui revenant en mémoire.
- Et ça marche pour tout ! Par exemple, s'il dit « je te déteste » il faut comprendre « je t'aime » ! Vous voyez le truc ?
Le noble cligna plusieurs fois des yeux, le temps d'imprimer réellement ce que venait de lui dire la policière. Le comportement passé d'Aizen et ses retrouvailles datant déjà de quelques mois lui revinrent brièvement en mémoire. Et si ce que lui disait Rangiku se révélait juste…
Ichigo serra les dents et posa une de ses mains sur sa bouche pour cacher en partie ce qu'il pouvait ressentir actuellement. Quelques mots lancés presque au hasard et il sentait un léger espoir pointer le bout de son nez quant à ce que pouvait ressentir son ancien esclave à son égard. Il s'en voulait pour ça… et il en voulait à Sosuke si celui-ci était parvenu à cacher aussi bien son jeu.
S'il avait su, il ne l'aurait pas laissé filer une seconde fois !
…
Non, c'était faux. Il savait qu'une telle attitude ne lui aurait attiré que les foudres de l'autre homme. Peut-être simplement avait-il fait le mauvais choix et qu'il aurait dû insister un peu plus. Encore un peu et il en aurait pleuré devant cette situation grotesque.
- Il est pas trop tard vous savez, fit Matsumoto, en voyant son trouble, vous pouvez encore rectifier le tir j'en suis sûre.
- Je… vais essayer, répondit le jeune homme, pensif.
Kurosaki enfouit ses mains dans ses poches et la policière préféra garder le silence, jusqu'à ce qu'on vienne la chercher pour lui signaler que l'enquête était terminée. Distraitement, Ichigo lui fit signe au revoir alors qu'elle quittait les lieux avec ses collègues, avant de se rapprocher de la fenêtre, toujours autant songeur. C'est ainsi que le trouva Miwa lorsqu'elle arriva quelques minutes plus tard. Elle dût l'interpeler plusieurs fois avant que son compagnon ne l'entende et ne se retourne.
- J'ai appelé nos avocats, fit-elle simplement, en prenant place à côté de lui.
- Pourquoi faire ? Ils ne trouveront rien.
- Au cas où. Je prévois le pire, comme de fausses preuves.
Ichigo se renfrogna et marmonna un « oui bien sûr » qui conduit à un nouveau silence. La jeune femme se laissa un instant aller contre le bras de son époux, jusqu'à ce qu'une brusque douleur au ventre ne la fasse se plier en deux. Une douleur sourde, comme si on venait soudainement de lui enfoncer une aiguille chauffée à blanc, allié à une sensation de lourdeur. Elle n'entendit pas ce que lui dit le noble. Son esprit était entièrement tourné sur l'enfant qui lui faisait savoir qu'il serait bientôt là.
~~[…]~~
Le jeune homme tuait le temps comme il le pouvait. Il n'avait pas voulu rester dans la salle de travail, confiant Miwa au bon soin du personnel médical. Il ne sentait pas très bien dans cet endroit qui ne lui rappelait pas vraiment des souvenirs heureux. Alors il tournait en rond depuis maintenant une heure.
- Majesté ! Ça t'amuse de me faire courir partout, c'est ça ?
Le noble s'arrêta net au milieu du couloir afin de se tourner vers son cousin qui leva les bras comme pour l'accueillir. Il s'arrêta devant lui et, voyant qu'Ichigo ne comptait pas rentrer dans son jeu, laissa ses mains retomber le long de son corps avec un soupir.
- Qu'est-ce que tu fais là ? fit le chef de famille.
- Moi aussi ch'uis content de t'revoir, grinça Shiro. J'passais dans le coin parc'que mère m'a d'mandé de t'apporter des trucs. Ch'uis arrivé au manoir et d'vine quoi ? Personne !
Devant le ton et les gestes mélodramatiques de l'albinos, le jeune homme leva les yeux au ciel, pas vraiment touché par l'apparente détresse de son cousin.
- Heureusement on m'a tout expliqué, alors me v'là. Ça a été dur t'sais ? y'a une horde de journalistes dehors.
- Quoi ? Mais je n'ai prévenu personne !
- Eh ! Promis c'est pas moi.
Le visage du noble se referma. Cela voulait dire que quelqu'un du manoir avait vendu la mèche et alerté la presse, chose dont il se serait bien passé. Il allait donc devoir faire des recherches et du ménage l'idée ne l'enchantait guère.
- Bref, reprit-il, finalement. Pas besoin de venir me voir, tu aurais pu les poser sur mon bureau. Ça t'aurais épargné tout ça.
- C'fait. Mais j'pensais qu'ça t'ferait plaisir de passer un peu de temps avec moi.
Seul le silence lui répondit. Ichigo avait haussé un sourcil, peu habitué à une telle attitude la part de Shiro. Quelque peu hésitant il finit par répondre, après avoir passé une main sur sa nuque.
- Si, bien sûr que je suis content…
- Essaye d'être un peu plus convaincant, p'têtre que je te croirai mon Roi.
Le chef de famille éclata de rire et vint serrer son cousin contre lui. Celui-ci se mit à râler à l'encontre d'une certaine personne trop lunatique à son goût et le soudain élan affectueux, quand le noble vint ébouriffer les cheveux blancs. Au moins pour cela ils étaient pareils : l'un comme l'autre détestait ça et Shiro n'eut rien de plus pressé que de se dégager et de poser ses mains sur la tête afin de se protéger.
- T'es impossible quand t'es stressé Majesté.
- Tu l'as cherché.
Son cousin gonfla les joues, boudeur. Mais il savait bien qu'Ichigo n'était pas au mieux de sa forme. Tout comme il savait pourquoi il tournait en rond dans ce couloir blanc empestant les produits médicaux. Lorsque le noble passa de nouveau près de lui, il se saisit de son poignet pour l'attirer à sa suite, ignorant les protestations faibles afin de le faire sortir du bâtiment.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- J't'empêche de te frapper la tête cont'e les murs.
- Je ne peux pas m'en aller comme ça !
- On s'ra pas long, s'promis. Elle en a pour un p'tit moment t'sais ? Maint'nant tais-toi ou tu vas nous faire repérer.
Ils empruntèrent la sortie réservée aux employés après avoir camouflé leurs têtes, trop visible, à l'aide de la capuche. Ichigo se laissa tirer, sachant que lutter contre son cousin était inutile. Il ne put s'empêcher de penser à sa femme, quand Shiro n'attirait pas son attention sur toute sorte de détails, la plupart du temps sans importance.
Il ne fit pas de remarques. Shiro faisait juste son possible pour l'aider à sa manière… Même lorsqu'il l'attira dans le magasin d'esclaves en prétextant qu'il devait l'aider à mettre la main sur le compagnon parfait.
Passer brusquement de Miwa à Sosuke. Il n'était pas sûr qu'il y ait une réelle amélioration. Surtout que le magasin (unique dans Tokyo) ne semblait pas avoir changé d'un iota depuis qu'il y était venu la première fois. Même le vendeur qui se précipita sur eux n'avait pas pris une ride. La différence fut que cette fois il se fit repousser par les deux hommes et Ichigo se mit à déambuler aléatoirement dans les différentes allées, suivit de son cousin.
Arrivé à l'embranchement, il prit instinctivement la direction qui le mènerait, il le savait, à la fameuse salle des esclaves dit difficiles. Bien plus vide qu'il y a quelques années puisque deux cellules étaient occupées. Pas vraiment qu'il comptait y retrouver Aizen mais…
Il y avait un esclave qui était toujours là. Il s'en souvenait. Il se déplaça vers l'homme, aux cheveux blond s'arrêtant au-dessus des épaules, remarqua au passage que la frange avait été coupée en diagonale. Ichigo haussa un sourcil : la personne qui avait fait ça devait être bourrée, ce n'était pas possible autrement. Les yeux marron s'ouvrirent à son approche et le prisonnier laissa échapper un grognement. Ichigo ne broncha pas, simplement pensif.
Il se détourna finalement pour observer Shiro, posté devant le deuxième. Un albinos tout comme lui, à l'air renfrogné et sévère. Il connaissait la petite étincelle amusée qui brillait dans le regard de son cousin : il ne fut pas très étonné lorsqu'il l'entendit annoncer qu'il allait l'acheter. En toute honnêteté, il ne savait pas lequel plaindre. Peut-être les deux ?
Lui-même hésita. Son regard se porta de nouveau sur le blond qui lui offrit un large sourire… et lui tira la langue, révélant au passage un piercing. Surpris, Ichigo se figea avant que ses lèvres ne s'étirent à son tour. Sa décision prise. Sa compagnie lui serait différente de celle de Miwa.
Shinji Hirako. C'était ainsi qu'il se nommait.
Lorsqu'il lui passa le collier, il ne put s'empêcher de s'arrêter quelque secondes dessus. C'était un simple anneau qui semblait fait d'argent et qui avait l'air si fragile en apparence. Il avait l'impression que s'il tirait un peu trop fort dessus, il casserait. Mais il savait que ce n'était pas vrai. A l'image de son porteur, sans doute.
Son cousin termina son achat et décida de le laisser là, arguant qu'il devait présenter sa nouvelle possession à sa mère. Cette réflexion lui valut un coup à l'arrière du crâne de la part de son esclave, Kensei de son prénom, et un « je ne suis pas un objet, sale môme » qui fit ricaner Shiro. Celui-ci s'éclipsa rapidement et Ichigo grogna lorsqu'il réalisa qu'il allait devoir retourner à l'hôpital tout seul.
- Merci, vraiment, fit-il. En même temps, il aurait dû se douter qu'il allait lui faire un coup de ce genre. Spécialité de la maison.
Il se tourna vers Shinji et avisa la tenue très simple et pas approprié de celui-ci. Un pantalon en toile qui lui vaudrait un rhume à coup sûr s'il mettait le nez dehors. Il dut se résoudre à faire un petit crochet par un magasin de vêtement proche. Ce n'était pas très dur à trouver, ce genre de boutique savait qu'en se plaçant à côté de la vente d'esclave, il y avait plus de chance que les maitres s'arrêtent afin de faire des achats.
Il veilla simplement à remettre sa capuche sur la tête, pour camoufler son visage, et cala la pochette contenant tout ce qui avait attrait à Shinji avant de sortir, accompagné de son nouveau compagnon qui se plaignit du froid. Amusé, il poussa la porte du commerce juste à côté, l'invitant à venir de protéger des températures de Février.
- Fais-ton choix, Hirako. Nous n'avons pas trop le temps alors, une seule tenue, d'accord ?
L'autre homme lui jeta un regard interloqué et, après avoir réalisé que Kurosaki était tout ce qu'il y avait de plus sérieux, s'enfonça dans les rayons. Les mains dans les poches, Ichigo attendit qu'il fasse son choix. Il nota vaguement le fait qu'il avait utilisé le nom de famille plutôt que le prénom pour s'adresser à Shinji. Un moyen sûrement de mettre de la distance entre eux et de ne pas laisser les choses dérapées comme elles l'avait fait avec Sosuke.
Lorsqu'il vit l'esclave revenir avec des vêtements chauds, il ne put s'empêcher d'avoir un léger sourire. Le temps de payer et d'enfiler les nouvelles acquisitions et ils repartaient en silence ne direction de l'hôpital. Ils évitèrent les journalistes de justesse et retrouvèrent le couloir. L'attente recommença.
- He… fit la voix de Shinji après une bonne heure de silence. J'peux t'demander un truc ?
Ichigo était occupé à triturer la petite pochette acquise au magasin et qui contenait, entre autre, la chaîne destinée au collier de l'esclave. La question lui fit relever le nez, interrogateur. Il finit par hocher la tête.
- J'peux savoir ce que je fais là ?
- Y-a-t-il besoin d'une raison ?
- Je veux dire, fit Hirako, légèrement agacé, c'est bien toi qui a acheté Aizen non ?
Kurosaki plissa les yeux avait d'acquiescer une nouvelle fois. Il était un peu étonné qu'il s'en souvienne, mais n'en dit rien.
- J'préfère t'prévenir : moins j'le vois et mieux j'me porte, fit simplement l'esclave.
- Tiens ? Pourquoi ça ?
- J'digère pas c'qu'il m'a fait, c'tout.
Cette réponse attisa la curiosité du jeune noble, malgré lui. Alors il questionna Shinji, espérant par la même faire un peu plus connaissance avec lui, avoir une relation amicale. L'autre homme finit par lui raconter brièvement son histoire, comme avait pu le faire Sosuke il y a longtemps. Mais il ne fut pas certain d'apprécier ce qu'il apprit.
Hirako était né dans la ville basse. Il avait côtoyé Aizen pendant un temps, puisqu'ils avaient collaboré pour effectuer des recherches et des fouilles dans les ruines. Le but premier, celui annoncé, était de se serrer les coudes contre un ennemi commun. Il avait fini par comprendre que son compagnon d'infortune ne pensait pas aider les autres. Simplement se hisser suffisamment pour quitter, seul, sa situation actuelle. Il avait gardé le silence, veillant juste à ce qu'une telle chose n'arrive pas et que leur trouvaille aide tous ceux du groupe.
Jusqu'au jour où il avait été attrapé par les traqueurs. On l'avait envoyé dans un endroit où il était censé récupérer des documents. Il n'y avait rien, rien si ce n'était des ennuis dont il se serait bien passé. De fil en aiguille, il avait fini par comprendre qu'il avait été vendu, peut-être parce qu'il l'entravait dans ses plans.
- Quand j'l'ai r'trouvé au magasin, j'ai cru pouvoir régler mes comptes avec lui. Et t'sais quoi ? Il m'a dit ne pas se souvenir !
Ichigo ne répondit pas : il avait la tête baissée et les lèvres un peu pincées. L'esclave lui confirmait une façade de Sosuke dont il se doutait mais qu'il avait préféré ignorer jusqu'à présent. Après tout, ce qui l'avait en partie motivé à rendre sa liberté à Aizen avait été la conversation qu'il avait surprise, où l'esclave affirmait qu'il désirait le manipuler.
- Je… suppose qu'il est ainsi avec tout le monde, fit le noble d'une voix faible, incertaine.
- Sûr qu'il se moque royalement de c'qui n'est pas lui.
Kurosaki inspira et se redressa légèrement. Il se força à adopter une attitude un peu plus neutre et surtout à balayer le sujet « Aizen » du tapis, définitivement source de déplaisir.
- Ne t'en fais pas. Il y a peu de chance que tu le croises.
- Pourquoi ? Tu l'as catapulté à l'aut'e bout du pays ? fit Shinji, amusé.
- Seulement un étage plus bas.
- Merde, fut tout ce que pu répondre l'homme, après un silence. Ch'uis pas certain de pouvoir considérer ça comme une bonne nouvelle t'sais.
Ichigo hocha la tête. Il se tourna pour faire face à Hirako à qui il offrit un sourire.
- C'était ce qui m'avait paru le plus sensé. A une époque.
- Bon et sinon, qu'est-ce qu'on fait là ? fit l'esclave, sentant que le terrain devenait glissant.
- Votre épouse à fait une embolie amniotique. Nous n'avons pas pu la sauver. Je suis désolé, souffla le docteur.
Devant la non-réaction d'Ichigo, le médecin posa sa main sur son épaule, sans obtenir plus de résultats. Mal à l'aise, il lui confirma par contre que l'équipe médicale était parvenue à sauver l'enfant, sans que celui-ci ait de séquelles. Si le noble nota l'information, il n'en montra rien. Le regard vide, tel un automate, il préféra aller dans la chambre où se trouvait Miwa pour lui dire adieu. Une dernière fois.
La pièce était plongée dans la pénombre lorsqu'il y entra. Dix heures. C'était le temps que la jeune femme avait passé pour donner naissance à son enfant. Seule. Et désormais il culpabilisait de ne pas avoir être resté à ses côtés, de ne pas être parvenu à surpasser son mal être, même si sa femme lui avait affirmé avant qu'il ne parte que ce n'était pas grave.
Lentement, il vint s'asseoir à côté de la défunte et observa le visage paisible de Miwa. Il savait pourtant, pour avoir fait des études de médecine, qu'une embolie amniotique n'était pas une mort douce et paisible, bien au contraire. C'était une mort par étouffement.
- Je suis désolé, fut tout ce qu'il put dire.
Le noble referma ses doigts sur un des mains de la jeune femme et ferma à demi les yeux. Il n'y eut pas de larme, malgré la tristesse et la boule coincée dans sa gorge. Juste un immense désarroi et un sentiment pesant de solitude et d'abandon. A tel point qu'il en oublia totalement la présence de Shinji, entré peu de temps après lui et adossé à côté de la porte.
Hirako ne broncha pas plus lorsqu'une infirmière entra dans la pièce une bonne heure plus tard, un nouveau-né dans les bras. Il l'observa se rapprocher de Kurosaki et l'appeler doucement. Le manque de réponse ne la découragea pas pour autant et elle lui demanda le prénom qu'il devait donner à la petite fille qu'elle tenait dans les bras.
- Tsukiko, fit Ichigo, d'une voix faible. C'est le prénom qu'elle voulait lui donner.
L'aide-médicale hocha la tête et lui tendit le nouveau-né pour que le père puisse profiter de son enfant, l'aidant à le prendre correctement. Le noble le cala dans ses bras avec précaution et hésitation, pas habitué et voulant éviter les erreurs. Le bébé était sage et semblait dormir sans un bruit, à l'abri des couvertures dans lesquelles on l'avait enveloppé.
Le regard ambre remonta doucement vers la jeune femme allongée puis se ferma un instant avant de revenir sur l'enfant. En même temps l'infirmière lui expliquait qu'au vue de ce qui s'était passé, ils garderaient la petite fille quelques jours en observation. Une simple précaution, afin de s'assurer qu'elle n'ait pas de problème de santé et surtout aucunes séquelles par rapport à ce qui était arrivé à sa mère. Un risque qu'ils n'excluaient pas même si l'embolie s'était produite un peu après la sortie du bébé.
Kurosaki ne disait rien, se contentant d'acquiescer quelque fois afin de bien montrer qu'il suivait, malgré les apparences.
Alors que l'infirmière terminait sur le fait qu'il allait devoir revenir pour apprendre comment s'occuper d'un bébé (chose qu'Ichigo semblait ne pas avoir noté), le jeune homme pencha un peu la tête afin de laisser son front rencontrer le haut du crâne de Tsukiko, déjà couvert de quelques mèches marron foncé. Les paupières se soulevèrent un peu, dévoilant un regard un peu ensommeillé, qui semblait noir. Mais la nurse lui indiqua que la couleur, comme celle des cheveux, n'était pas définitive. Il se redressa pour confier l'enfant à l'aide-médicale qui lui adressa un sourire et reparti afin de mettre le bébé sous surveillance.
Dix jours. Ce fut temps que le nouveau-né passa à l'hôpital. Ce fut le temps nécessaire pour qu'Ichigo apprennent les gestes de bases. On refusait de lui confier le bébé dans le cas contraire. Le temps nécessaire afin que l'équipe médicale arrive à la conclusion que la petite fille était en pleine forme et que sa naissance particulière n'avait pas laissée de traces.
Les premiers jours furent difficiles. Ichigo tenait à s'occuper lui-même de sa fille avec toutes les galères que cela impliquait. Gérer son empire avec la mort de Miwa en plus qui le préoccupait, le fatigua très vite. Silencieux et calme, Shinji restait à ses côtés, déposant parfois du café ou quelque chose à grignoter. De temps à autre, il lui rappelait l'heure, ce qui lui permettait de ne pas rater certains rendez-vous. Il n'était pas rare non plus qu'il retrouve les biberons déjà préparés et en train de chauffer. Il remerciait silencieusement son esclave pour l'aide qu'il lui apportait.
Il n'empêche que maintenant, installé devant son bureau et censé avoir le nez plongé dans la paperasse, il menaçait sérieusement de s'endormir. Il fut « réveillé » par l'arrivé de sa majordome : une jeune femme, d'origine française, qu'il avait rencontré. Enjoué, il avait prit l'habitude de l'appeler « Crazy » afin de plaisanter et comme elle ne l'avait jamais repris…
- Vous avez de la visite.
- Qui ? lui répondit le noble, fatigué.
- Votre amie, Inoue.
Ichigo hocha la tête et se leva. Cette visite l'étonnait un peu : ça faisait un moment qu'il n'avait pas vu Orihime. Il devait bien s'avouer cependant qu'avec tout ce qui lui était arrivé ces derniers mois, il avait un peu coupé les ponts avec ses amis, à son grand regret. Mais il n'avait ni la tête, ni le cœur à rire et à laisser ses obligations de côté, même temporairement.
La jeune femme l'accueillit de façon enjouée et l'attitude fermée d'Ichigo la freina un peu dans son élan. Même Grimmjow qui l'accompagnait haussa un sourcil au manque flagrant de réaction. Faire semblant n'était pas dans ses habitudes : il était de toute façon très mauvais à ce jeu.
Inoue évita soigneusement d'aborder les sujets fâcheux, elle babillait (presque trop) joyeusement en lui racontant comment allait leurs amis, le fait qu'il ne se voyait plus aussi souvent qu'avant et que, parce qu'il n'était pas là, cela changeait beaucoup de chose. Elle finit par dériver sur Jaggerjack et ses petites manies, jusqu'à ce que l'esclave ne la stoppe en la bâillonnant d'une main. Il râla au passage quelque chose comme quoi ça ne regardait qu'eux et que le noble n'en avait probablement rien à faire.
Il les remercia silencieusement pour ça : ils ne faisaient que tenter de lui remonter le moral, après tout. Ichigo savait bien qu'il avait leur soutien implicite.
Il tenta de discuter avec elle. Autre que part des phrases courtes où des simples hochements de la tête. Orihime nota son visage fatigué, ses yeux cernées mais n'en dit rien. Ils furent interrompus par des pleurs d'enfant : le jeune homme avait toujours à la ceinture, à côté de la chaine qu'il ne quittait jamais, un petit talkie-walkie qui lui permettait de savoir ce qui se passait dans la chambre de sa fille.
Il s'excusa et s'éclipsa. Au passage, il vérifia l'heure, pour savoir s'il n'avait pas accidentellement raté un repas. Mais non : Tsukiko devait juste se sentir seule et faisait comprendre qu'elle voulait son père. Elle s'arrêta lorsqu'il la prit dans ses bras.
- Tu exagères Kurosaki-kun, tu aurais pu nous dire que tu avais eu un enfant.
Le noble se tourna vers ses amis qui l'avaient suivi. La jeune femme s'approche de lui et son regard dériva presque immédiatement vers le bébé qui avait enfouit son visage dans les vêtements d'Ichigo. Celui-ci pu voir son regard s'illuminer et, après une petite hésitation, lui proposa de la prendre dans ses bras ?
- C'est vrai, je peux ?
Inoue accepta de bon cœur et tendit les mains. Kurosaki ne sut si c'était l'instinct maternel qui s'enclencha, mais il n'eut pas besoin d'expliquer comment tenir l'enfant : ce fut spontané. Il se renfrogna un peu en sachant que lui avait un peu galéré à comprendre comment faire, mais garda le silence.
Tsukiko resta sage. Elle dévisageait cette inconnue qui lui offrait un grand sourire et la berçait doucement. Elle sentait bien qu'on ne lui voulait pas de mal et qu'elle était en sécurité, c'était tout ce qui comptait.
- Grimmjow… fit soudainement Inoue, après avoir reposé la petite fille dans son berceau. Je veux un enfant moi aussi.
L'esclave sursauta, comme piqué au vif. La situation était en train de prendre un tournant qu'il n'était pas sûr d'aimer.
- Ouais, ouais… On verra, grogna-t-il, espérant que cela suffirait pour clore la discussion là.
Avec un peu de chance, la jeune femme oublierait sitôt sortie du manoir. Il l'espérait très fort en tout cas, parce qu'Orihime s'était repenchée au-dessus de Tsukiko pour s'en occuper encore un peu. Un peu en retrait, Ichigo n'avait pas pu s'empêcher d'avoir un léger sourire.
- J'espère que t'es content, râla Jaggerjack à mi-voix, après s'être planté devant le noble.
- Je n'y suis pour rien, se défendit le jeune homme en levant les mains.
- C'est étrange, j'te crois pas.
Kurosaki se mit à rire doucement, sans broncher lorsque Grimmjow lui mit un coup de poing dans l'épaule en lui demandant d'arrêter de se moquer de lui.
- Je pensais pourtant que l'expérience te tenterait, railla gentiment le chef de famille.
- J'supporterais pas d'avoir un marmot dans les pattes.
L'esclave enfouit ses mains dans ses poches et Ichigo n'insista pas plus. Cependant, il se fit la réflexion que l'autre homme ne savait pas à côté de quoi il passait : Tsukiko, actuellement, était probablement celle qui l'avait empêché de tout laisser-tomber. A défaut de pouvoir réaliser ses ambitions « politiques », il ferait en sorte de l'élever et de la protéger du mieux qu'il pouvait.
On ne tape pas l'auteur s'il vous plait D:!
Je m'excuse pour le retard, cependant j'affirme une nouvelle fois: Non, hors de question que j'abandonne è.éJe vous donne donc rendez-vous au prochain chapitre ;p!
