Master & Slave

Couple principal: Ichigo Kurosaki x Sosuke Aizen

Disclaimer: Les personnages de Bleach ne m'appartiennent pas mais sont l'œuvre et la propriété de Tite Kubo. Tous les autres sont miens.

Bêta-lecture: Un grand merci à Leikkona pour la bêta-lecture!


Réponse aux reviews anonymes

Sunny : Non! peut importe la douleur! je n'abandonnerai jamaiiiis!

Tisha: Merci pour le compliment ^o^! Je vais tenter de garder cette qualité tout au long de mes 3 "livres"

Sakiie-chan: Han, merci! Je ne sais que dire d'autre si ce n'est que je suis contente que tu sois passée outre le "UA".
Quand aux retrouvailles... Bientôt... Bientôt...

Merci pour vos reviews! *-*


- J'espère que t'es content, râla Jaggerjack à mi-voix, après s'être planté devant le noble.
- Je n'y suis pour rien, se défendit le jeune homme en levant les mains.
- C'est étrange, j'te crois pas.

Kurosaki se mit à rire doucement, sans broncher lorsque Grimmjow lui mit un coup de poing dans l'épaule en lui demandant d'arrêter de se moquer de lui.

- Je pensais pourtant que l'expérience te tenterait, railla gentiment le chef de famille.
- J'supporterais pas d'avoir un marmot dans les pattes.

L'esclave enfouit ses mains dans ses poches et Ichigo n'insista pas plus. Cependant, il se fit la réflexion que l'autre homme ne savait pas à côté de quoi il passait : Tsukiko, actuellement, était probablement celle qui l'avait empêché de tout laisser-tomber. A défaut de pouvoir réaliser ses ambitions « politiques », il ferait en sorte de l'élever et de la protéger du mieux qu'il pouvait.

Livre II – Faces cachées

Chapitre 11

Orihime revint souvent le voir au cours du mois, parfois accompagnée par Grimmjow. L'esclave ne supportait pas l'enfant et n'hésitait pas à le montrer. Du coup, la jeune femme le laissait à son appartement ou l'envoyait faire diverses courses pour le distraire. Elle préférait aider Shinji, à qui Ichigo déléguait une grande partie de ses tâches. Lui-même se contentait de passer quelques moments, le soir, avec sa fille.

Sa famille exigeait beaucoup de sa part et les Quincy faisaient pression de l'autre côté.

Les Quincy…

Miwa lui avait bien dit, ce jour-là, qu'elle avait contacté leurs avocats, au cas où. Il ne la bénirait jamais assez pour cela. Il avait pu réagir vite grâce à sa décision. Apparemment la famille de l'Est, suite aux résultats non concluant de la fouille de ses affaires, avait décidé que créer des fausses preuves était nécessaire. Sans doute avaient-ils décrétés que s'ils coulaient, ils entraîneraient leur principal adversaire avec eux.

Heureusement, ils s'étaient calmés depuis quelques temps. Il aurait pu laisser tomber la chose, mais avait préféré se tenir au courant de ce qui pouvait se passer plus loin dans le pays. Ainsi avait-il appris que la partie Est était entrée dans une guerre civile.

La mort d'Uryû avait bouleversé toute l'organisation des Quincy. Avec le fils héritier, c'était la lignée principale entière, celle des Ishida, qui disparaissait. Depuis un bon moment maintenant il n'y avait toujours eu qu'un unique enfant. Du coup, personne ne savait exactement au juste à qui revenait le rôle de leader. Résultat des courses… Tout le monde réclamait sa part du gâteau et la place restait désespérément vide.

Ichigo avait préféré ne pas trop fouiller, mais il était certain que déjà un bon nombre d'hommes de la famille avaient tué ou avaient été tués dans cette course au pouvoir. Le conflit avait grandement affaibli l'organisation toute entière.

La bourgeoisie et les familles reléguées au second plan commençaient à entrevoir une possibilité de se hisser un peu plus dans la société. C'était aussi pour cela que les Quincy s'étaient calmés vis-à-vis des Kurosaki. Maintenant ils devaient surtout se protéger et lutter afin de garder leur place de famille dominante.

Cependant Ichigo ne doutait pas vraiment qu'ils parviennent à s'accrocher et à rester en haut. Ne serais-ce que parce qu'il commençait à entendre un nom récurant dans les rapports qu'il recevait sur la situation. Un certain Juha Back, qui prenait de plus en plus d'importance et qu'il voyait bien reprendre les rênes de l'organisation.

Ichigo ne chercherait cependant pas à l'aider ou à le contacter. Il aurait aimé pouvoir protéger cette famille, en mémoire d'Uryû, mais il savait qu'il ne le ferait pas. Cette pensée de sa part le terrifia. Alors il tentait de se convaincre en disant qu'il ne faisait qu'agir au mieux pour sa propre famille.

~~[…]~~

La perspective de ce conflit plaisait beaucoup à Aizen. Une telle guerre civile n'avait, à ses yeux, que des avantages. Elle allait accaparer l'attention du pays tout entier et donc des quatre autres grandes familles... ce qui signifiait que, maintenant que la ville cachée faisait profil bas, il y avait une petite chance afin qu'ils soient relégués au second plan puis oubliés.

Pour cela il fallait absolument que ce cirque dure encore un moment. Il avait délégué cette tâche à Ulquiorra, qui était sur place. Un meurtre bien planifié pouvait toujours ajouter de l'huile sur le feu si celui-ci venait à s'essouffler.

Beaucoup auraient trouvé cela cruel. Il s'en moquait.

Il ne voyait que ses projets et la possibilité de pouvoir les mener à terme malgré la bêtise de ses hommes.

Ses plans, ses plans. Toujours ses plans.

Et puis…

Cela pouvait également être bénéfique… pour Ichigo. Le jeune homme pourrait en profiter pour souffler un peu et il ne pouvait qu'espérer qu'il saurait exploiter cette accalmie afin de renforcer son empire et se protéger efficacement à l'avenir. Ça aussi, il allait falloir qu'il surveille. Il avait commencé à chercher un possible moyen de rallier la ville supérieure, en esquivant les traqueurs et leurs fameux « gardiens ». Une très mauvaise surprise. Il aurait cru que ceux-ci ne seraient qu'une poignée, mais c'était des escouades entières qui avaient été enrôlées par la cité supérieure.

Leurs rondes et leur surveillance était plus efficaces et plus poussées. Aaroniero s'en était suffisamment plaint lors de la dernière réunion. Une éventuelle remontée, ne serais-ce que pour aller espionner, allait être extrêmement difficile, voire impossible. Pourtant, maintenant que tous ses espions avaient été déployés dans les autres cités, il aurait aimé retourner en haut.

Certainement pas pour pouvoir garder un œil sur un certain noble.

En attendant, il avait profité de ce calme relatif pour tenter d'améliorer la vie de ceux du dessous. Pour pouvoir éviter le risque d'être capturé lors de sorties pour ravitailler la ville, il avait fait organiser un rapatriement de certaines cultures. Cela lui permettait de conserver l'appui du « peuple », ébranlé à la mort d'Hinamori.

On lui avait beaucoup reproché la disparition de la jeune femme et son comportement trop froid par rapport à cet évènement. Quoi que… Les ardeurs s'étaient déjà calmées lorsqu'il avait révélé qu'elle avait été la responsable de la disparition de bon nombre de personnes et qu'il était innocent dans cette histoire.

Sosuke se leva de son bureau, afin de s'emparer du téléphone et contacter Gin. A défaut de pouvoir remonter, il avait au moins cette possibilité pour communiquer avec le haut, au nez de leurs prédateurs.

- P'tit chef ! Ta voix commençait à me manquer ! fit Ichimaru, après avoir décroché et Aizen leva les yeux au ciel. J'ai quelque chose qui va t'intéresser ! T'as d'quoi noter ?

Perplexe, l'homme s'empara du nécessaire. Son bras droit eut un léger rire et lui dicta une série de chiffre. Il haussa un sourcil en réalisant que ce qu'il avait sous le nez était un numéro de téléphone. Sans nom.

- Si c'est une de tes blagues… commença Sosuke, agacé.

- Hé ! fit Gin presque indigné. J'croyais qu'avoir l'numéro d'Kurosaki te f'rait plaisir !

Le silence lui répondit. L'autre homme avait écarquillé les yeux, le regard fixé sur les chiffres. C'était quelque chose qui lui était totalement inutile (il doutait qu'Ichigo accepterait de lui venir en aide) mais, d'une certaine façon, il était heureux de l'avoir… Bien qu'il le nierait farouchement et avec force.

- Comment as-tu réussi à te le procurer ? finit-il par articuler.

- Secret ! Tout c'que j'peux t'dire, c'est qu'c'est le numéro d'son bureau ! Alors on dit merci qui ? rigola Gin.

Aizen ne daigna pas répondre.

- Et sinon, pourquoi ce silence ? fit l'actuel esclave, changeant le sujet.

- Disons qu'en ce moment je suis un peu… occupé.

- Oh ? Raconte, ch'uis curieux.

Le dirigeant eut un « mhh » pensif, comme s'il cherchait ses mots, avant de commencer à lui expliquer que son temps état divisé entre les recherches, la populace et l'accueil des réfugiés. Des hommes et des femmes originaires d'en haut qui avaient été catapultés en bas parce que trop gênants, ou trop curieux, arrivaient chaque jour dans la ville basse.

- J'ai du mal à t'voir en bon samaritain t'sais ? fut la réponse de son bras droit, une fois son exposé terminé.

- C'est un masque que je tiendrais jusqu'à ce que mes plans se mettent en place. Si je n'ai pas d'autre contretemps, quelques mois me suffiront.

- T'vas retenter d'y aller par la force ?

- Après avoir déployé des soldats dans divers endroits stratégiques oui.

Aizen jeta un coup d'œil vers un des murs de la pièce. Une des personnes qui avait été bannie de la ville haute lui avait fourni un document précis : Un plan de la cité supérieure. Il avait pu ainsi savoir où était les bâtiments administratifs, les postes de police… Autant d'endroit qu'ils allaient devoir mettre hors circuit s'il voulait imposer sa domination.

- J'ai hâte que cela soit terminé, souffla l'ancien esclave. Je me tiendrai dans le ciel, peu importe le prix.

- Bah, une grande échelle devrait suffire, railla Gin.

- Très amusant, fit froidement Aizen.

L'homme soupira : il ne s'habituerait jamais à ce genre de réponses spontanées de la part d'Ichimaru. Il se serait attendu à ce que celui-ci éclate de rire, comme à son habitude, mais son bras droit resta étonnamment silencieux.

- Si je ne te connaissais pas aussi bien, je dirais que tu n'es pas content.

- Rien d'important…

- Vraiment ? Dis-moi ce que tu me caches.

Il y eut un silence entre eux. Comme il s'y attendait, Gin fit l'innocent.

- Quel serait mon intérêt à te cacher quoi que ce soit ?

- A toi de me le dire. Depuis quelques temps tes informations sont de plus en plus vagues. Je m'en suis rendu compte tu sais ?

- He ! J'peux pas avoir mieux, j'y suis pour rien !

Ichimaru serra les dents, ennuyé. Il y était allé progressivement mais il savait que Sosuke finirait par le comprendre. Lui avouer la cause était inutile, mais il craignait quelque part ce qui allait se passer lorsque le renversement de situation. Même si Aizen n'inversait pas totalement les rôles, il ne pourrait et surtout il ne voudrait pas arrêter le massacre des anciens persécuteurs par les anciens persécutés.

Il ne voulait pas voir Rangiku subir cette « révolution ». Après tout, en tant que policière, elle était dans les premières lignes. Certes, il y avait toujours la possibilité de se cacher. Mais il ne désirait pas une telle vie pour sa compagne. Elle ne méritait pas ça.

Sosuke entendit Gin grogner à l'autre bout et il s'empêcha de faire pareil. Il comprenait parfaitement ce que désirait vraiment Ichimaru, mais cette situation ne lui était pas possible, parce que ce n'était pas ce que lui désirait. Les notions de « monde meilleur » le faisaient bien rire, surtout en sachant à quoi cela avait conduit la précédente nation : une guerre mondiale et destructrice.

Il ne savait exactement ce qu'avait pu faire cette femme, mais son bras droit semblait rejoindre Kurosaki dans un désir d'utopie. Sauf que l'idée de perdre l'autre ne lui plaisait pas beaucoup. Une sorte de trahison, certes prévisible, mais qu'il acceptait mal.

Tout le monde le trahissait en ce moment de toute façon. Même son verre d'eau finirait par le trahir un jour, il en était persuadé.

Gin n'allait pas tenter de lui expliquer qu'il était extrême dans ses réactions... qu'il n'était pas mieux que certains de leurs maîtres. Il savait ce qui était réservé aux deux cités. Il n'y avait pas non plus besoin de lui ajouter que ses plans étaient égoïstes : Aizen le savait déjà et il ne comptait pas changer. Cela ne ferait que l'ennuyer un peu plus.

Par contre, qu'Ichimaru lui annonce (à demi-mot, jamais directement, mais il n'était pas stupide, il avait bien compris) qu'il était dommage qu'il n'ait pas profité davantage d'Ichigo pour prendre conscience que sa bataille ne ferait rien évoluer, l'agaça et l'énerva.

Son bras droit s'en rendit compte et préféra se taire. La conversation s'interrompit ainsi, brutalement. Sosuke le salua très brièvement avant de raccrocher. Il se laissa aller sur le canapé avec un lourd soupir. Bon, voici qu'il perdait sa principale source d'informations. Il allait donc vraiment falloir qu'il trouve un moyen pour placer quelqu'un dans la ville haute pour palier ce handicap.

Alors qu'il ruminait et recommençait à réfléchir sur les moyens et possibilités qu'il avait à sa disposition, son regard se posa sur ses notes, et plus particulièrement sur le numéro de téléphone écrit dans un des coins.

Il se leva, quitta son bureau pour aller se changer les idées et se calmer. Lorsqu'il revint quelques heures plus tard dans la pièce, il n'était pas plus serein qu'en partant.

Réinstallé sur le canapé, dans le noir, il s'allongea et posa un bras sur ses yeux, l'autre se balançant dans le vide. Quelques minutes pendant lesquelles son cerveau tourna à blanc, puis sa main se redressa et se tendit pour attraper le téléphone et composer un nouveau numéro. Il ne savait pas réellement pourquoi il s'amusait à ça, mais lorsqu'il en prit conscience, il était trop tard.

- Qui est-ce ? fit la voix d'Ichigo et le ton froid lui arracha un sourire.

- Quel accueil. Je ne te dérange peut-être.

- Sosuke ! fit le noble, après un hoquet de surprise.

En même temps entendre son esclave au téléphone était bien la dernière chose à laquelle il s'attendait.

- Comment as-tu eu ce numéro ?

- Ce n'est pas important.

- Excuse-moi, mais peu de gens sont censés le connaître, et si tu as réussi à mettre la main dessus...

Aizen entendit Ichigo marmonner quelque chose, mais ne comprit pas. C'est étrange, Il semblerait bien que ce jour ne soit pas le sien… il aurait cru avoir un autre type de réactions, un poil plus chaleureux. Il en demandait peut être un peu trop.

- Qu'est-ce que tu veux ?

- Je venais simplement aux nouvelles. Sauf que si tu le prends ainsi, je vais te laisser en paix.

- Non ! C'est que… fit Kurosaki, hésitant, avant de soupirer. Je suis un peu à cran en ce moment.

Le noble aurait apparemment aimé s'arrêter là. Sosuke s'acharna à relancer le dialogue. Peu importe ce qui pouvait se dire : Ichigo avait fini par lui raconter des banalités, sans trop rentrer dans les détails ou dans ce qui était susceptible de l'intéresser le plus. Du coup il avait totalement décroché de la conversation. L'important était qu'il entende sa voix. Juste sa voix. Lui se contentait d'acquiescer de temps en temps où de poser des questions pour relancer le dialogue.

Il sentait bien que Kurosaki était quelque peu méfiant à son égard. Il s'arrêtait parfois en pleine phrase, se rendant peut être compte qu'il en disait trop. Il restait vague ou omettait certaines choses qu'il connaissait déjà, comme le fameux problème Quincy.

- Et… toi ? Qu'est-ce que tu deviens ? fit finalement Ichigo.

Aizen laissa un sourire se dessiner sur ses lèvres. Une belle tentative de diversion, arrêter de parler de lui et l'inciter à faire pareil. Il joua le jeu, même s'il passa certains détails sous silence, notamment le fait qu'il était le commanditaire de l'assassinat d'Uryû par exemple. Son récit, bref, se termina par un silence entre les deux hommes.

Le temps et la distance commençait à creuser un gouffre. Les deux en prenaient conscience.

- Tu es sûr que tout va bien ? Je veux dire… Tu sembles… énervé ? Fatigué ? Quelque chose comme ça, fit finalement Ichigo, hésitant.

- Des soucis avec certains de mes hommes. Tu dois être au courant, tu sais, l'attaque. Entre autre.

- Ça remonte à quelques mois ça…

- Déjà ? Et bien dis-toi que j'enchaîne les mauvaises surprises depuis. Rien qu'aujourd'hui je crois que j'ai plus ou moins perdu un de mes contacts avec la partie supérieure.

Il y eut un nouveau silence. Ichigo resta un instant songeur : il pensait bien voir de qui parlait son ancien esclave, mais hésitait à le dire. Il finit par décider de continuer sur le sujet. Il allait lui montrer que lui aussi avait ses sources d'informations et des données à sa disposition.

- Gin, c'est ça ?

- Bien vu.

- Je sais aussi que tu le contactes souvent pour avoir des nouvelles de… mhh. C'est bon, je sais comment tu as eu mon numéro.

Le jeune homme ne savait exactement s'il devait aimer ou détester Rangiku. Lorsqu'il lui avait donné le téléphone de son bureau, c'était pour avoir des nouvelles vis-à-vis de l'enquête en lien avec les Quincy. Par pour qu'elle le donne à son esclave.

En même temps, il était heureux quelque part que Sosuke prenne la peine de le contacter, en dépit de toutes les « révélations » qu'il avait eu à son sujet. Quelque part, c'était à croire qu'Aizen faisait exprès de se manifester à chaque fois qu'il commençait à tourner la page, anéantissant ses tentatives. C'est qu'il en était capable.

- Je te sens enchanté.

- Je préfère juste être prudent.

- Surprenant. Je n'ai pas ce souvenir de toi. Tu étais plutôt du genre fonceur sans voir les conséquences.

Aizen eut un petit sourire, rendu de meilleur humeur par ce simple échange. Il appréciait vraiment l'homme qu'était en train de devenir Kurosaki.

- Miwa me disait qu'il fallait que je fasse attention à tout.

- Tu emplois le passé, tu es en train de me dire que tu t'es enfin séparé d'elle ?

- Elle est morte, Sosuke, fit le noble, après un temps d'arrêt.

Le ton du jeune homme était faible, blessé. Sans le vouloir, l'ancien esclave avait tapé sur quelque chose qui faisait très mal et il le sentit sans difficulté. La raison et le bon sens auraient voulu qu'il s'excuse ou qu'il change de sujet, qu'il ne s'arrête pas sur cet évènement apparemment difficile. Mais l'idée de savoir une rivale écartée définitivement et d'avoir de nouveau Ichigo à sa merci, du moins dans son esprit, le poussa à appuyer davantage.

- Je t'avais prévenu de ne pas trop t'attacher. De toute façon cette fille ne pouvait rien t'apporter de bon.

- T'es con, répondit froidement Kurosaki.

L'ancien esclave éloigna le téléphone de son oreille. Il grogna alors que le noble laissait éclater sa colère face à une telle réaction. Il préféra ne pas écouter la longue liste de reproches mêlée d'insultes et ne broncha pas plus lorsque la communication fut brutalement interrompue. Ichigo avait juste raccroché sans lui laissé la possibilité de faire quoi que ce soit. Le téléphone fut jeté sur le meuble proche et il se replongea dans ses pensées.

Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas sentit aussi mal. Ce genre de douleur sourde contre laquelle on ne pouvait rien faire, si ce n'est se recroqueviller dans un coin et ne plus bouger.

Il n'arrivait pas à comprendre la raison d'une réaction aussi excessive et se remettre en question ne lui vint pas à l'idée. Il n'avait fait qu'énoncer une vérité, après tout. Se faire rejeter ainsi l'avait blessé plus que de raison. Savoir que Miwa avait réussi à obtenir une place aussi importante l'agaçait. Il était celui dont le jeune homme était tombé amoureux, celui qui retournerait le chercher pour le garder à ses côtés.

Il en venait à se demander si Ichigo avait d'autres personnes de son entourage duquel il était proche, en dehors de sa tante et de son cousin qui, même appartenant à la famille, restaient relativement éloignés. Il espérait fortement que non. De toute façon il couperait tous les liens lorsqu'il soumettrait le noble.

Lentement, Aizen se releva et quitta son bureau pour rejoindre ses appartements. Le contrecoup de la journée s'abattait rudement sur ses épaules et il n'aspirait qu'à une chose : retrouver son lit et se reposer un peu.

Sur le chemin il se fit la réflexion qu'il accordait sans doute un peu trop d'importance aux agissements et aux relations de son ancien maître. Mais il ne pouvait pas s'empêcher de faire autrement. Tout semblait de le renvoyer à Ichigo, peu importe ce qu'il décidait. Cela commençait à devenir ennuyeux.

Si ça avait été chez quelqu'un d'autre, il aurait déjà affirmé avec ironie qu'il était amoureux… Aizen s'arrêta brusquement, avant de secouer la tête et de reprendre son chemin. Arrivé à ses appartements, il s'y enferma. Amoureux, vraiment ? Impossible, non. C'était juste la volonté de ne pas oublier. Ainsi pourrait-il mieux savourer le retournement de situation, lorsqu'il arriverait. Il profiterait des sentiments, rien de plus.

C'est sur cette conclusion qu'il se força à faire le vide dans son esprit. Il enleva rapidement ses vêtements pour rester en pantalon, pieds nus. Il ne prit pas la peine de se changer plus et s'installa sur son lit pour tenter de se reposer un peu.

Il eut beau n'avoir aucun souvenir de sa nuit, il la passa à se réveiller en sursaut et à se rendormir. Impossible de se reposer convenablement…

~~[…]~~

Après avoir raccroché, un peu brutalement, Ichigo enfouit son visage dans ses bras. Il continua de maudire Sosuke pendant quelques minutes encore : se laisser aller temporairement à la colère l'empêchait de pleurer.

C'était faux. Miwa lui avait apporté énormément de choses. Elle avait été un soutien et une aide précieuse. Entendre Aizen balayer tout ça comme si c'était insignifiant l'avait énervé et lui avait rappelé qu'il avait été impuissant à la sauver. De ce qu'il pouvait connaître de son premier esclave, une telle réaction n'aurait pas dû l'étonner mais… ça avait été plus fort que lui.

Lorsque Shinji avait poussé la porte du bureau, attiré par les brusques éclats de voix, il avait haussé un sourcil à la vision d'un Kurosaki totalement écroulé sur son bureau.

Il s'avança jusqu'à le rejoindre et pose lentement sa main sur l'épaule du jeune homme qui ne broncha pas. Les doigts glissèrent dans le dos pour le caresser, tenter de lui apporter un peu de réconfort et d'aide. Tout simplement pour faire comprendre qu'il était là. Même si le noble n'eut pas plus de réaction, il continua.

Ichigo finit par se redresser un peu et par poser son regard sur lui. Hirako s'arrêta et se pencha un peu sur lui en prenant appui sur le bureau.

- J'peux faire quequ'chose ?

Kurosaki resta pensif et il n'insista pas. Lorsque le garçon se leva, passa ses bras autour de sa taille et posa son front sur son épaule, à la grande surprise de l'esclave. Celui-ci souffla et caressa le dos du noble dans un geste rassurant.

Ichigo n'avait pas envie de parler, cependant il ne crachait pas sur le fait de profiter de la présence de l'homme. La solitude lui faisait peur. Voir tous ses proches disparaître les uns après les autres le poussait à s'accrocher à ceux qui restaient ou qui arrivaient. Vivre avec eux et ne jamais savoir ce qui pouvait arriver le lendemain...

Qui sait si son esclave n'allait pas disparaître demain dans un nouvel attentat contre lui ? Et qu'une fois de plus, on lui arrachait quelqu'un et qu'on le laissait, seul survivant, derrière.

Il pouvait encaisser de nombreux coups. Il était assez endurant pour parvenir à garder la tête haute malgré tout. Mais ses quatre dernières années avaient été un enfer. Il avait ses limites et il avait l'impression parfois qu'il les avait franchies depuis bien longtemps.

Le noble se laissa aller dans l'étreinte d'Hirako. La proximité d'un autre lui faisait un bien fou et s'il lui était impossible d'oublier totalement ses problèmes, au moins pouvait-il lâcher un peu les rênes pour quelques minutes. Oh, et faire tomber aussi ce masque qu'on lui imposait depuis son arrivé à la tête de la famille et qu'il détestait. Celui qui le forçait à sourire et à être faux. Il n'y avait vraiment rien qu'il exécrait plus.

Le balancement s'arrêta. Pour autant il ne bougea pas plus, même lorsque Shinji le poussa un tout petit peu pour qu'il se retrouve assis sur son bureau, à un emplacement heureusement vide. Un peu curieux de ce changement, Kurosaki releva le nez afin de fixer le visage trop sérieux face à lui.

- T'as vraiment une mine affreuse, t'sais ?

- Je suis juste un peu fatigué.

L'esclave eut un rire et passa sa main dans les cheveux roux sans qu'Ichigo ne proteste. Étrangement il n'en croyait pas un mot. D'ailleurs, alors qu'il le lâchait pour se reculer d'un pas, il sentit les doigts du noble s'accrocher à ses vêtements afin de le retenir.

Il ne fit aucune remarque à ce sujet. Une preuve de plus que cela ne se résumait pas à une simple fatigue.

Il aimait bien ce maître qui lui permettait de mener sa vie comme il l'entendait, sans subir de contrainte. Il aurait voulu l'aider. Sa solution n'était sans doute pas la meilleure, mais c'était la seule qui lui venait à l'esprit et qui avait une chance d'être un minimum efficace.

Shinji se pencha et laissa ses lèvres effleurer celles d'Ichigo. Il le sentit sursauter, se raidir et finalement le repousser doucement, incertain.

- A quoi tu joues ?

- T'as b'soin d'penser à autre chose.

- M'envoyer en l'air ne résoudra pas mes problèmes.

L'esclave ne put s'empêcher de sourire devant la mine renfrognée du jeune homme.

- J'n'ai jamais dit l'contraire. J'te propose juste un temps pendant l'quel tu laisses tes prises de tête à la porte.

- N-Non... Je ne peux pas.

Kurosaki le lâcha et croisa les bras sur le torse. Une attitude fermée, défensive. Cependant il ne cherchait pas non plus à fuir, à s'en aller. Shinji ne chercha pas à pousser. Ses mains se posèrent sur sa taille, attendant la suite. Le jeune homme recula un peu, mis mal à l'aise pas la situation.

- Je n'envisage pas une nouvelle relation, finit par expliquer Ichigo, après avoir détourné la tête. Je… Vu comment se sont terminées les deux précédentes...

- T'inquiètes, j'comprends. Peut-être une autre fois.

Le jeune homme secoua légèrement la tête. Ça lui éviterait également de souffrir inutilement. Et l'esclave aussi par la même occasion, à espérer quelque chose qu'il ne pouvait définitivement pas donner.

- Je préfère vraiment éviter.

- Hé, attends un peu. J'te propose pas une relation. Juste du physique. Rien q'du physique.

- Hein ? fut la réponse qu'il reçu, interloquée.

- Pas d'prise de tête. Juste du cul, s'tu préfères.

Ichigo écarquilla les yeux. Lorsqu'il se mit à rougir légèrement, Shinji éclata de rire.

- On s'connaît d'puis à peine un mois, c't'un peu court pour tomber amoureux t'crois pas ?

- Mais suffisant pour coucher ? fit le maître, un peu perplexe.

Il baissa la tête, un peu songeur. En réalité, il était en train de réfléchir à la proposition que lui faisait l'autre homme. Celui-ci soupira et se redressa : puisque le garçon semblait aussi indécis, il n'allait pas insister davantage. Pourtant, il fut retenu une nouvelle fois.

- Ça… ne te fait rien ?

- 'Coute… T'en as plus ou moins b'soin et ça m'dérange pas.

Kurosaki ne put répondre à cela. L'idée ne lui plaisait pas vraiment c'est vrai… et son esclave le comprit bien. Puisque la conversation semblait terminée, il s'éloigna de quelques pas avant de se détourner pour quitter la pièce. Ichigo ne le retint pas cette fois : il se contenta de la regarder partir et disparaître dans le couloir, le laissant seul avec cette proposition et ses pensées.

Certains lui auraient fait la réflexion qu'il pourrait toujours faire machine arrière s'il réalisait que ce n'était pas la solution la plus adaptée. Ce qui revenait à lui proposer de se servir purement et simplement de l'autre homme et le jeter quand il n'en aurait plus besoin ?

C'était hors de question.

~~[…]~~

L'adolescent avança les doigts pour effleurer la petite plaque en bois. Face à lui une tombe simple, qu'il avait fait lui-même. « Hinamori Momo» avait été inscrit avec les moyens du bord.

- Hitsugaya ? Tu viens ?

Le garçon tourna la tête vers le petit groupe qui venait de se rapprocher. A contrecœur il se redressa pour les rejoindre et aller vagabonder dans la ville basse. Il ne résista pas à l'envie de tourner une dernière fois la tête vers la tombe.

Hinamori l'avait trouvé et aidé lorsqu'il avait perdu sa grand-mère après un rapt des traqueurs. Il s'était attaché malgré lui à la jeune fille qui lui avait ouvert l'accès à ce qui était, à l'époque, un petit camp caché. Il n'avait pas bien vu le fait qu'elle s'attache de trop près à Aizen. L'homme était arrivé soudainement, lui avait arraché sa grande sœur pour la manipuler.

Il s'en était rendu compte très vite, il avait tenté d'agir. Mais Momo n'avait d'yeux que pour lui et il avait finalement dû s'incliner. Il lui semblait qu'il était le seul à rester sceptique et à avoir deviné que Sosuke n'était pas aussi bienveillant qu'il le prétendait. On refusait de l'écouter.

Il n'avait pas pu faire parti des troupes remontées, mais lorsqu'il avait appris la mort de la jeune femme, il avait voulu demander des comptes. A défaut d'avoir pu s'expliquer directement avec celui qu'il considérait comme son tueur, il avait pu récupérer le corps pour lui offrir une sépulture. Simple, basique. C'était toujours plus qu'Aizen qui n'avait rien fait du tout.

Du coup, il s'était promis qu'il la vengerait. Et après beaucoup de temps à cogiter et à chercher ce qu'il pouvait bien faire, il pensait enfin avoir trouvé.

Il le ferait chuter et disparaître, cet homme qui, loin de vouloir les aider, ne faisait que les utiliser.


Olaaah! Je me met enfin à jour, après une très, trèèèès longue pause!

Alors qu'est ce qui s'est passé? des petits problèmes familiaux, couplés à mes examens et mes concours, et me voici qui décroche quelque peu de FFnet.

Je m'excuse du teeemps énoooorme qu'il me fait pour mettre à jour Master & Slave, ainsi que pour mes réponses aux reviews (oh, dieux... J'ai honte. La dernière update remonte à Mars...). Il est hors de question d'abandonner, mais je m'y remet tout doucement. Je n'ai plus aucune avance et... DIsons que je ne suis pas un auteur qui écrit très très vite ;-;. Mais je m'approche de la fin du livre II (ENFIN)

Si de hasards, je n'ai pas répondu à votre reviews... Je m'en excuse platement D:! Loin de moi l'idée de snober, c'est que je ne sais plus trop où donner de la tête.

Je remercie tout ceux qui continuent de me lire, me mettre en favoris et de reviewer, malgré le temps entre deux chapitres. Je vous nems tous.