Master & Slave
Couple principal: Ichigo Kurosaki x Sosuke Aizen
Disclaimer: Les personnages de Bleach ne m'appartiennent pas mais sont l'œuvre et la propriété de Tite Kubo. Tous les autres sont miens.
Bêta-lecture: Un grand merci à Leikkona pour la relecture et la correction de ce chapitre!
~[...]~
Une ofis de plus, je m'excuse des délais monstrueux! mais je vous remercie de votre compréhension
Réponse aux reviews anonymes
NADA!
Merci pour vos reviews! *-*
Il s'en était rendu compte très vite, il avait tenté d'agir. Mais Momo n'avait d'yeux que pour lui et il avait finalement dû s'incliner. Il lui semblait qu'il était le seul à rester sceptique et à avoir deviné que Sosuke n'était pas aussi bienveillant qu'il le prétendait. On refusait de l'écouter.
Il n'avait pas pu faire parti des troupes remontées, mais lorsqu'il avait appris la mort de la jeune femme, il avait voulu demander des comptes. A défaut d'avoir pu s'expliquer directement avec celui qu'il considérait comme son tueur, il avait pu récupérer le corps pour lui offrir une sépulture. Simple, basique. C'était toujours plus qu'Aizen qui n'avait rien fait du tout.
Du coup, il s'était promis qu'il la vengerait. Et après beaucoup de temps à cogiter et à chercher ce qu'il pouvait bien faire, il pensait enfin avoir trouvé.
Il le ferait chuter et disparaître, cet homme qui, loin de vouloir les aider, ne faisait que les utiliser.
Livre II – Faces cachées
Chapitre 12
Toshiro regardait autour de lui, pas vraiment rassuré. Cela fasaiit six mois qu'il s'appliquait à contacter les traqueurs et à travailler plus ou moins avec eux. Ceux-ci, en échange, le protégeaient des gardiens et lui fournissaient du matériel, des vivres et ce genre de chose. Mais aujourd'hui, il était question d'aller plus loin.
C'est pour cela qu'il patientait près d'une des entrées de la ville. Il avait fini par trouver un accord : il allait montrer aux chasseurs un des accès possible à la cité souterraine. En échange, les traqueurs ne s'attaqueraient qu'au plus gros bâtiment, celui dans lequel se trouvait les Espadas et Aizen. Surtout Aizen.
Il n'était pas dupe. Si les hommes n'allaient pas s'attaquer aux parties « civiles », ils n'hésiteraient pas à attraper tous ceux qui auraient le malheur de croiser leur route. Il y aurait toujours moyen de condamner l'entrée par la suite. Et alors, la ville cachée pourrait se développer pleinement.
De toute façon il ne pouvait plus reculer. Il voyait au loin un groupe de quatre traqueurs s'avancer vers lui. L'un d'entre eux boitait. Une fois arrivés à son niveau, ils s'arrêtèrent. Les armes qu'ils tenaient en main le firent déglutir. Cependant, il se baissa pour ouvrir le passage et il regarda les deux premiers hommes en armure s'y faufiler avec un ricanement.
Mentalement, Hitsugaya tentait de se convaincre que son choix était le bon. Il l'avait tellement tourné et retourné pour essayer d'y voir toutes les failles et essayer d'agir au mieux. Il espérait vraiment ne pas se tromper. Sa seule certitude, c'était que la situation actuelle devait être modifiée et qu'il était celui qui initierait ce changement.
Il nota vaguement que le troisième traqueur s'était faufilé, lui aussi, dans le passage. Il ne vit pas le quatrième se placer derrière lui. Lorsque le coup atteint sa nuque, il ne put que lâcher une exclamation de surprise et de douleur avant de s'écrouler au sol. Kyo s'agenouilla à ses côtés et porta la main à sa ceinture, pour y décrocher un dispositif de communication.
- Désolé gamin, fit-il à l'intention de l'évanouit, mais j'ai mes raisons d'vouloir que les choses restent tel quel.
Qu'un des « paumés », comme il se plaisait à appeler ceux qu'ils chassaient au quotidien, tentait de se mettre les traqueurs dans sa poche pour se sortir de sa situation précaire n'avait rien de bien étonnant en soi. Il n'était ni le premier et ne serait probablement pas le dernier à le faire. Il avait commencé à tiquer lorsque cet adolescent avait finit par parler de son principal client et de sa volonté de le voir enfermé.
C'est pour cela qu'il avait insisté afin de faire partie de l'équipe. Peut-être aussi par curiosité de voir ce qu'Aizen avait réussi à construire. Tant pis pour cet enfant qui, au final, avait simplement fait l'erreur de ne pas assez préserver ses arrières et de considérer les traqueurs comme acquis à sa cause. Trop naïf en somme. Beaucoup oubliaient que des termes comme « alliés », avaient été depuis longtemps bannis de leur vocabulaire. Seul comptait de faire rentrer l'argent pour mener une vie tranquille.
- Salut ma poule, fit Kyo d'une voix amusé, alors qu'il parvenait à contacter Szayel.
Dans le même temps il avait placé l'adolescent à l'intérieur d'une cage et se glissait, lui aussi, dans l'entrée dévoilée. Le petit appareil que lui avait donné l'espada après l'un de leur marché était aussi pratique que discret, camouflé par son armure. Heureusement qu'il était tout seul, parce qu'il serait passé pour un débile à parler dans le vide.
- Qu'est-ce qu'il y a ? avait grogné le scientifique en réponse.
- Sympa l'passage vers vot' planque, mais il est un peu étroit. Il est pas très long, j'espère.
Il y avait eu un silence à l'autre bout avant que Grantz ne reprenne d'une voix blanche pour lui demander où exactement il était. Kyo répondit sans difficulté, amusé du début de panique qui commençait à étreindre Szayel. Il comprit également plus ou moins que l'entrée qu'ils avaient « trouvée » n'était pas unique. C'était quelque chose d'intéressant. La communication fut coupée brutalement et il raccrocha l'appareil à sa ceinture avec un petit ricanement. Les prochaines heures s'annonçaient plutôt… amusantes.
~~[…]~~
Aizen ne parvenait pas à décrocher ses yeux du collier noir qu'il tenait. Au départ il devait fureter dans les derniers livres qu'Aaroniero lui avait dénichés. Au final, comme presque à chaque fois depuis quelques mois, ses pensées avaient dérivées lentement mais sûrement vers un certain jeune homme.
Il n'avait pas vraiment « osé » le rappeler, pas plus qu'il n'avait repris contact avec Gin d'ailleurs. Il ne se sentait tout simplement pas de le faire, quand on savait comment s'était passé les derniers entretiens. Du coup, les rares informations qu'il pouvait avoir du dessus se faisait via quelques émissions. Rien de bien satisfaisant en sommes, car il n'avait qu'une confiance extrêmement limitée dans cette source.
Se plonger dans ce qu'il aimait le plus, l'histoire, était un moyen d'occuper ses journées autant que de penser à autre chose. Pourtant, lorsqu'il avait ouvert son tiroir pour s'emparer d'un nouvel ouvrage, ses doigts s'étaient refermés sur le collier. Plutôt que de le repousser ou le mettre ailleurs, il l'avait amené devant son nez : depuis au moins une dizaine de minutes, il ne faisait rien d'autre que de le tourner dans tous les sens.
Il le connaissait pourtant par cœur, s'il osait le dire ainsi.
Du coup, lorsque Szayel débarqua brusquement dans la pièce ou il se trouvait, il sursauta et plaqua rapidement l'objet contre le bureau, comme pris en faute. Pour autant, il ne le lâcha pas. Le scientifique couru jusqu'à lui et posa ses mains sur la surface en bois, paniqué et n'ayant pas remarqué son petit manège. Il fallut plusieurs secondes à Aizen pour redescendre sur terre et percuter ce que lui disait l'autre homme au sujet de traqueurs qui allaient arriver dans la cité sous peu.
Lorsqu'il réalisa enfin ce que cela signifiait et le danger lié à cette mauvaise nouvelle, il réagit. Les deux hommes quittèrent la pièce en catastrophe. Ils n'avaient pas le choix, ils allaient devoir aller au front et tenter de contrer la menace avant qu'elle ne fasse trop de dégâts.
Sur leur passage, ils croisèrent Aaroniero qui fut contraint de les suivre. Ils firent un détour par ce qui faisait office de caserne pour récupérer des armes et ajouter Zommari à leur groupe. C'est là que Sosuke réalisa que, dans la précipitation (il ne voyait… que cette explication), il tenait toujours fermement dans sa main le collier noir.
Il pesta. Garder le collier était peu pratique... il tourna plusieurs fois pour trouver un endroit où s'en débarrasser. Il aurait pu le jeter dans un coin mais il n'en fit rien. A la place, il l'accrocha à son pantalon. Le tissu coincé dans la fermeture empêcherait le verrouillage de s'activer et lui assurait de pouvoir le décrocher plus tard. Sinon... le seul capable de le rouvrir... Et bien... Il n'était pas là.
- Aizen-sama ? demanda Szayel, après avoir constaté que le dirigeant était de nouveau ailleurs.
- Mh ? Vous êtes prêt ?
Les Espadas hochèrent la tête. Conduits par Szayel, ils quittèrent le palais avec prudence pour s'enfoncer dans la ville basse, en direction du boyau que leur avait indirectement indiqué Kyo. Celui-ci, très étroit au niveau des ruines mais qui s'élargissait au fur et à mesure que l'on s'y avançait, menait directement dans la partie civile. Vu le calme, ils en conclurent que les traqueurs n'étaient pas encore arrivés. Ils en profitèrent pour fermer une petite partie du quartier sous un prétexte quelconque, afin de pouvoir combattre plus librement.
Bien sûr qu'il vit le regard un peu inquiet que lui jetèrent quelques personnes, mais il balaya ça très vite. Il aurait l'occasion de retourner ça à son avantage une fois que cette histoire serait terminée.
Arrivés au niveau de la roche, ils entendirent des bruits de lutte. Les soldats placés là étaient partis combattre en premier. Aizen s'empêcha de soupirer d'agacement : se battre là-dedans n'était pas la solution la plus judicieuse, mais au moins leur avaient-ils accordé un peu de temps afin de s'organiser.
- Attention !
Aaroniero s'empara du bras de Szayel pour le tirer brutalement à lui. Une fléchette vint se ficher dans la poutrelle en bois, là où se trouvait le cou du scientifique quelques secondes plus tôt. Sans réfléchir, Aizen et Zommari tirèrent à l'aveugle dans le boyau. Plus proche, Sosuke entendu des bruits de ricochet et il fronça les sourcils : les armures des chasseurs d'hommes devaient les protéger. Leurs armes, pourtant modifiées pour pouvoir être efficace contre les défenses de leurs adversaires, se révélaient donc inutiles.
Leroux se décala pour se mettre à couvert derrière une construction tandis que le dirigeant se collait à la paroi, à côté de l'entrée. Trois traqueurs descendirent quelques secondes plus tard, concentrés sur le scientifique, seul visible et destiné à faire l'appât. Grantz nota simplement que Kyo était le dernier et qu'il ne se risqua pas à quitter le tunnel. Accroupit, il serait probablement spectateur de la scène.
Szayel fit quelques pas en arrière, laissant les hommes s'approcher de lui et s'écarter légèrement en un vague essai d'encerclement. Un simple signe pour que les trois hommes cachés ne bougent et que le scientifique ne tourne les talons pour fuir.
Aizen sauta sur l'adversaire le plus proche, son bras passant autour de la gorge, imité par Zommari et Aaroniero qui tirèrent leurs propres opposants dans un coin plus éloigné, plus adapté pour combattre. Le dirigeant avait eu l'avantage de se trouver dans le dos de sa victime. Ce geste d'étranglement contraint celle-ci à partir en arrière et à venir percuter son torse. Il en profita pour, de sa main libre, arracher les armes à portée et les jeter au loin d'un coup de pied. A charge pour le scientifique de les récupérer, elles seraient plus efficaces.
Le traqueur prisonnier se débattit afin de tenter de se débarrasser du gêneur. Il finit par s'emparer de son poignet et s'appliqua à les faire basculer. Il y mit suffisamment de force pour faire passer Aizen par-dessus son épaule. Si le dirigeant se releva en un temps record, ça ne fut pas suffisant pour empêcher une main gantée de se refermer sur son col et de tirer. Le geste, trop brusque, le renseigna sur l'agacement de son adversaire.
Il y eut un léger blanc quand ils se firent face. Un moment de surprise, dont Sosuke profita pour se dégager et s'éloigner de quelques pas.
- J'aurais jamais cru te retrouver ici tu sais, fit soudainement l'homme en armure.
Une voix trainante, désagréable au possible. L'ancien esclave fronça les sourcils. Si le son était modifié par le masque, il savait qu'il la connaissait. Un de ses hommes qu'il pensait avoir perdu dans les ruines ? Non. Entendue à la télévision… Il ne lui semblait pas non plus, il l'aurait immédiatement reconnu.
- Tu ne te souviens pas de moi, constata le traqueur, déçu. Peut-être que ceci t'aidera.
Il porta la main à son casque pour dévoiler son visage. Aizen n'eut comme réaction qu'un seul pas en arrière. Un exploit alors qu'il venait d'identifier l'autre homme qui esquissa un sourire cynique.
Son premier maître.
Les années passées à ses côtés lui revinrent brusquement en mémoire. Tout ce qu'il avait pu encaisser. Les viols et les maltraitances. Le comportement de cet enfoiré qui était encore un cran au-dessus du sien.
- Je… m'étais assuré que tu atterrisses en bas de l'échelle sociale et que tu y restes, réussit-il à articuler calmement, il ne sut trop comment.
- Les traqueurs acceptent n'importe qui. Ça m'a permis de me faire oublier.
- Et de tous, il a bien sûr fallu que je tombe sur toi, maugréa le dirigeant, faussement las.
L'homme avança de quelque pas. Sosuke recula d'autant. La petite bagarre avait conduit à l'inversement des rôles : le dirigeant sentit bientôt la paroi de terre et de roche lui bloquer une possible fuite. Il ne parvenait pas à se contrôler, pas cette fois : son esprit tournait à blanc. Abandonner derrière soi le passé et ne plus y faire attention (ou du moins le prétendre) était une chose. Y faire face aussi soudainement en était une autre.
Ainsi, lorsque l'homme passa une main sous son menton pour le contraindre à relever la tête, il ne l'empêcha pas, pas plus qu'il ne réagit ou qu'il n'entendit ce qui lui dit. La reconnexion se fit lorsque le collier noir traversa son champ de vision. Il réalisa alors que son premier maître s'en était emparé et le narguait désormais avec, visiblement amusé de son actuelle impuissance.
- Eh, Keita! Un petit jeu, ça te dit ? lança soudainement Kyo, tranquillement assis à l'entrée du boyau.
Le premier maître d'Aizen releva la tête vers son collègue. Un sourire mauvais étirait les lèvres des deux hommes.
- Pourquoi pas, tu me proposes quoi ?
Sosuke perçut un mouvement sur sa gauche. Ses bras bougèrent automatiquement pour récupérer l'objet lancé dans sa direction. Il haussa un sourcil lorsqu'il réalisa qu'il tenait un nouveau pistolet. Plus petit, plus puissant, plus efficace contre un traqueur que celui qu'il possédait déjà et qui devait être quelque part par terre. Face à lui, Keita laissa échapper une exclamation indignée.
- Qu'est-ce que tu fous ? râla-t-il, reculant de quelques pas et en se tournant vers le lanceur.
- Je m'ennuie, geignit Kyo, Alors je me disais…Dans cet état, il serait capable de te tirer dessus ? On tient les paris ?
- Tu le vois toi même non ? Il ne peut pas.
Aizen releva la tête pour croiser l'air amusé de Kyo. Lorsque son premier maître avança de nouveau vers lui, il releva l'arme et enleva la sécurité. Cela empêcha au moins l'autre homme de s'approcher davantage.
- Ceci, est ma preuve, fit le traqueur, en relevant une fois de plus le collier. Il reprit, ironique : Tu l'as gardé en souvenir du bon vieux temps ?
- Du tout. Je... respecte une promesse.
Le dirigeant fronça les sourcils et sa main serra plus fortement la crosse de l'arme. Pourquoi alors avoir évoqué cette fameuse promesse ? Ce n'est pas comme s'il y attachait tant d'importance. L'ancien esclave resta silencieux, estimant qu'il n'avait pas à préciser davantage, le provoquant une nouvelle fois par son attitude trop calme. Il savait que son premier maître était quelqu'un de possessif. Les doigts gantés se crispèrent sur le collier noir.
C'était pour cela que malgré tout ce qu'il avait pu faire, il avait refusé de le ramener au magasin. A son grand dam d'ailleurs. Le mettre en colère, l'énerver... lui faire perdre une partie de ses facultés de raisonnement et de réflexion pour tenter de prendre le dessus. C'était une tactique simple mais qui était la meilleure pour contrer Keita. Aizen le savait pour l'avoir utilisée mainte et mainte fois. Mais pour cela, il fallait peut-être d'abord qu'il parvienne à aller au-delà de ses souvenirs et de ses traumatismes.
Keita grogna. Il lâcha l'objet qui tomba au sol avec un bruit sourd et laissa son pied venir violemment l'écraser. L'objet était censé représenter son pouvoir. C'était ce qu'il aurait voulu tout du moins. Mais si son ancien esclave avait réussit à s'affranchir de ce lien, à le transformer... Il ne restait plus qu'à le détruire pour lui en imposer d'autre.
Il rejoignit Aizen et posa sa main sur l'arme sans difficulté. Sosuke était en train de lutter et tentait désespérément d'appuyer sur la gâchette sans y parvenir. Garder un air neutre et calmer les tremblements qui menaçaient de s'emparer de lui étaient déjà difficile, mais au moins arrivait-il à garder son regard ancré dans celui du traqueur.
- Et bien tu sais quoi ? Moi aussi je vais te faire une promesse, fit son ancien maître, alors qu'il baissait lentement l'arme pointée sur lui, je vais refaire ton éducation et crois-moi que je me louperai pas cette fois.
Keita referma une de ses mains sur le menton de Sosuke. Avec un rire bas, moqueur, il approcha son visage dans l'intention de poser ses lèvres contre les siennes. Un bruit sourd et une douleur dans le genou le poussèrent à reculer vivement avec une exclamation de surprise. Sous le coup de la crispation, le dirigeant venait de tirer bien malgré lui, le bras baissé par le traqueur. Voir l'armure explosée en partie et le boitement de l'autre homme provoqua un déclic et il releva immédiatement le pistolet. Une deuxième puis une troisième balle vinrent se loger dans le ventre et l'épaule.
L'ancien esclave ne perçu pas le sifflement presqu'admiratif de Kyo en retrait, pas plus qu'il n'entendit les vociférations et les insultes du blessé. Tout ce qu'il voyait, c'était sa bête noir qu'il venait enfin de mettre à genou et sur laquelle il reprenait le dessus après des années. Lentement, comme s'il savourait chaque seconde, il releva l'arme en direction du visage de Keita qui s'arrêta net et blanchit.
- Tu… Tu ne peux pas… Tu n'y arriveras pas, fit celui-ci, alors que les lèvres de Sosuke s'étiraient en un sourire mauvais.
Aizen ne répondit pas. Sa main se referma, entrainant la gâchette : le coup de feu retentit fortement dans la cité basse, avant de laisser la place au silence. Sosuke baissa lentement le pistolet. Il n'avait même pas remarqué que ses hommes avaient réussis, eux aussi, à se débarrasser des autres traqueurs (les armes que l'ancien esclave avait subtilisées à Keita et qu'il avait envoyé à Szayel avait bien servies) et l'observaient depuis quelques minutes, neutre.
- Alors tu l'as vraiment fait final'ment.
Le dirigeant tourna lentement la tête vers Kyo, qui venait de descendre de son perchoir et le rejoignait tranquillement. Il l'ignora, donna des ordres à ses hommes qui s'exécutèrent sans un mot, et s'éclipsèrent après un regard dans sa direction. Ils n'avaient sans doute pas tout compris à ce qui venait de se jouer, mais l'air fermé et distant d'Aizen leur avait vite fait comprendre qu'il était inutile de revenir sur le sujet.
Le traqueur en revanche, ne sembla pas s'en soucier, il vint frapper fortement l'épaule. Le regard noir qui lui répondit lui arracha un ricanement, jusqu'à ce qu'il se retrouve avec sa propre arme sous sa gorge.
- Relax, j'pense pas qu'il s'relevera c'coup-ci.
- Pourquoi ?
- J'avais juste envie de me marrer. Puis j'l'aimais pas de toute façon, fit Kyo, moqueur.
Sosuke fronça les sourcils, peu amusé par cette remarque. Il finit par laisser retomber son bras et le pistolet avec un soupir. L'idée de le descendre sur le champ était tentante, mais il avait encore besoin de l'autre homme.
- Pas que j'm'ennuie mais… Tu m'rends mon flingue, maintenant ?
Il y eut un silence, avant qu'Aizen ne se détourne.
- Non.
- Quoi ?
- Je ne peux pas faire l'impasse sur des armes plus puissantes que celles que je possède.
Le traqueur s'indigna, alors que l'ancien esclave se penchait pour ramasser le collier noir, désormais abîmé. Le poids de l'armure et de l'homme n'avait pas épargné l'objet, résistant, mais pas prévu pour subir ce genre de chose. Et de le voir dans cet état l'ennuya plus que de raison.
- Tu comptes rester ici ? finit par demander Aizen à Kyo, toujours à ses côtés.
- J'partirais quand tu m'auras rendu mon arme. Ch'uis déjà trop gentil, en te laissant toutes les autres, fit le traqueur en désignant les trois corps.
- Je te la rends uniquement pour que tu arrêtes de te lamenter.
- J'me lamente pas, j'argumente.
Le chasseur d'homme éclata de rire, alors qu'il récupérait son pistolet que lui lança négligemment Sosuke. L'arme retourna à sa taille et il se détourna pour repartir à travers le tunnel. Alors qu'il se hissait sur le rebord, il se tourna une dernière fois vers la cité des paumés.
- Au fait, sympa comme endroit, j'reviendrai peut-être squatter de temps à autre.
Aizen ne releva pas, reprenant son propre chemin vers le palais de Las Noches. Il demanderait à Zommari et Aaroniero de condamner cette entrée.
Il s'arrêta au laboratoire de Szayel et, à la grande surprise de celui-ci, lui demanda de jeter un coup d'œil à l'objet abimé qu'il tenait dans les mains. Le scientifique ne put répondre que son chef était déjà reparti. Son regard se porta sur les circuits abîmés et la boucle brisée. Il soupira.
~[…]~
Szayel toqua à la porte avec hésitation, le collier qu'il avait tenté de réparer sans grand succès dans la main. L'objet était en grande partie fabriqué à partir d'une technologie à laquelle il n'avait pas accès et, s'il s'était amusé à l'étudier, il n'avait pas été en mesure de le réparer.
Restait plus qu'à l'annoncer à son supérieur et ça, c'était une tache beaucoup plus compliquée à ses yeux. Sa main heurta la surface en bois. Malgré le manque de réponse, il glissa ses doigts sur la poignée et entra dans la pièce, plongée dans le noir.
- Aizen-sama ?
Celui-ci se situait au fond de la pièce et lui tournait le dos. Szayel l'observa un temps, préféra imaginer que leur leader avait été temporairement secoué par le fait de savoir que leur cité était moins bien protégée que ce qu'ils croyaient. Mais quelque chose s'était joué dans la confrontation avec les traqueurs.
L'homme s'avança jusqu'au bureau où il posa le collier. Le bruit sourd attira enfin l'attention de Sosuke qui se tourna pour le regarder. Szayel lui fit rapidement son compte-rendu, s'éclipsant suite à un mouvement de tête de son supérieur. Il ne put s'empêcher d'avoir un soupir de soulagement alors qu'il retournait à son laboratoire.
La porte refermée, ses doigts retrouvèrent leur place autour du bijou, puis il l'amena au niveau du regard. Sosuke évalua le travail effectué : la boucle avait bien été changée, mais le collier ne fermait plus. Du moins pas correctement : Szayel le lui avait ramené vérouillé. Il n'avait eu qu'à forcer un peu pour que le déclic d'ouverture se fasse entendre.
Aizen soupira. Comme les stylos dont on s'amusait parfois à faire sortir et rétracter la pointe, rien que parce que le « clic » avait tendance à énerver l'entourage, il ouvrit et referma plusieurs fois l'anneau de métal, ses yeux se perdant de nouveau sur un point quelconque.
Ses hommes ne s'inquiéteraient pas de cet isolement. Il en profiterait pour tenter de chasser de son esprit les derniers évènements. Keita était désormais mort et enterré, pourtant leur … discussion, revenait inlassablement dans son esprit. Dire que cela l'ennuyait était un euphémisme. Pourtant cela n'avait rien d'étonnant. Il avait laissé l'homme et les neufs ans de galère derrière lui. Le coup de feu qu'il avait réussi à tirer prenait presque une dimension symbolique et représentait un terme définitif à ce volet de sa vie. Non, c'était la teneur des quelques phrases échangées qui le poussait à se replier temporairement.
Aizen referma le collier d'un mouvement brusque. Un éclair de colère traversa ses iris. Il gardait vraiment cette chose à cause de cette foutue promesse ? Foutue promesse que ce foutu gamin tout là haut devait déjà avoir oublié ?
…
Et d'ailleurs, pourquoi est-ce que le dit gamin semblait prendre un malin plaisir à venir régulièrement faire irruption dans son quotidien ces derniers temps ? Comme s'il n'avait pas déjà assez de souci avec l'organisation de sa ville.
L'homme inspira profondément. Puis brusquement, il se redressa et jeta avec rage l'anneau de métal à travers la pièce. Le collier claqua contre le mur, à côté de la porte d'entrée et tomba au sol dans un bruit sourd, roulant jusqu'à un coin et s'y immobilisant. Mais déjà Sosuke n'y prêtait plus attention. D'un pas rapide, il avait quitté la pièce pour aller s'inquiéter de la fermeture du tunnel qu'avait découvert les travaux. Avec un peu de chance, cela détournerait ses pensées d'Ichigo, au moins pendant quelques temps.
Sa traversée de Las Noches fut calme : les personnes qu'il croisait baissaient la tête et s'éclipsaient aussi vite que possible.
Lorsqu'il revint à son point de départ, l'heure indiquait que la soirée venait de débuter. Il se contraignit à ne pas tourner la tête vers l'endroit où il savait se trouver l'objet maudit, malgré la tentation. A la place il s'empara du téléphone. Puisqu'il son esprit semblait s'amuser à se focaliser sur des choses sans importance, il avait décidé de se plonger une nouvelle fois dans ses projets.
- Allo ? fit bientôt la voix de Gin à son oreille.
Il n'y eut pas de réponse. Pas tout de suite. Rappeler son bras droit alors que la dernière discussion avait été quelque peu houleuse n'était peut être pas une si bonne idée. Mais il espérait fortement que le temps ait ramené Gin à la raison. Vraiment. Parce que ce n'était pas à son avantage de se disputer une seconde fois à cause d'une excuse aussi stupide qu'un maître trop présent.
- C'n'est pas drôle, geignit Ichimaru, faussement contrarié.
- Je n'essaie pas de l'être, répondit Aizen, placide, après s'être repris.
- Tant mieux, parc'que j'crois pas qu'tu sois l'meilleur à c'jeu, p'tit chef.
Sosuke leva les yeux au ciel alors que lui parvenait un léger rire. Son bras droit enchaina en l'interrogeant sur la raison de son appel et, quelque part, cela soulagea le dirigeant de la ville basse. C'était presque comme un accord tacite : ni l'un, ni l'autre ne reparlerait de ce qui avait pu se passer, du renversement de la ville haute. A la place, Gin reprit son rôle d'informateur, lui indiquant ce qui se passait dans sa partie de la cité. Et il n'y avait pas tant de chose que ça, en fait.
Le conflit Quincy/Kurosaki s'était apaisé. Juha Bach avait, comme prévu, repris les rênes de l'organisation et s'employait maintenant à faire profil bas. Et Ichigo… Et bien, il continuait sa campagne pour modifier la société actuelle, maintenant qu'il avait les deux mains libres. Les alliances n'avaient pas bougé et cela, quelque part, rassura légèrement Aizen. Les choses n'avaient pas tant évoluées que ça.
- Je suppose qu'espérer qu'il abandonne cette idée était inutile.
- Oh ? On s'inquiète pour son p'tit protégé ?
- Combien de fois devrais-je… Ah… C'est sans importance, soupira Aizen.
Il pourrait dire ou faire ce qu'il voulait, de toute façon Gin ne le lâcherait pas avec ça. Comme pour confirmer ses dires, l'autre homme reprit, mutin.
- Allez, à moi t'peux bien m'le dire.
- Te dire quoi ?
Le dirigeant de la ville basse retint un grognement agacé et une remarque acerbe. Quoique puisse lui sortir Ichimaru, il se doutait que la réflexion ne lui plairait pas, le ton joueur et le silence parlaient pour lui.
- Qu'qu'part… Maintenant qu't'es parti, t'réalises qu't'aimerais bien récupérer ta place d'esclave, pas vrai ?
- Qu'est ce que tu racontes, j'aimais cette place autant que toi.
- Oui, justement, s'esclaffa Gin.
Son bras droit éclata de rire, sans que son interlocuteur ne comprenne. Il ne fut pas très long à réaliser ce qu'il venait d'avouer et sa mâchoire se crispa quelque peu. Bon, bah maintenant il supposait que c'était parfaitement inutile de continuer à nier.
- Mh… Ce n'est pas comme si ça changeait grand-chose.
- Absolument rien ? Sérieusement ?
Aizen leva les yeux au ciel, pas vraiment convaincu avant qu'un sourire n'étire ses lèvres. Il nota par contre le ton légèrement déçu d'Ichimaru et un silence s'installa entre eux. Sans doute avait-il espéré qu'une telle nouvelle le contraigne à modifier ses plans de conquête... qu'il laisserait tomber les ruines et remonterait pour vivre une vie calme aux côtés de l'héritier Kurosaki.
Mais il oubliait que la vie calme et l'héritier Kurosaki, c'était bel et bien au programme, à la fin.
- espérer était inutile, hu ? lui parvint la voix tranquille de son bras droit.
- C'est bien ce que je disais, s'amusa Sosuke, avant de saluer son interlocuteur et de raccrocher.
Etrangement, lorsqu'il reposa le combiné sur son bureau, il était calme. Bien sûr que la nouvelle ne l'enchantait guère, mais elle expliquait beaucoup de chose. Mais, vraiment, ce n'était rien. Une motivation supplémentaire à prendre d'assaut la sphère supérieure, pour remettre la main sur ce qui lui revenait de plein droit. Il ne nierait pas qu'il aurait adoré éviter de tomber dans cet obstacle là mais… Tant qu'il ne le montrait pas trop, ça devrait passer.
Sosuke plissa les lèvres pendant une fraction de seconde. Sa main se referma une fois de plus sur le téléphone et il composa rapidement un nouveau numéro.
- Allo ? lui parvint la voix fatigué d'Ichigo.
- Je te déteste.
Et il raccrocha sans plus d'explications.
~[…]~
Shinji haussa un sourcil. Face à lui son maître venait d'ouvrir de grands yeux et s'était totalement immobilisé après avoir tourné la tête vers son téléphone. Pourtant, il avait beau regarder, il n'y voyait rien d'inhabituel.
- Hey, marmonna-t-il, en claquant des doigts près de la tête du jeune homme.
- Hein ? fut la réponse qu'il obtint après quelques secondes de blanc.
Au moins Ichigo venait de concentrer son attention sur lui, enfin. L'esclave croisa les bras alors que son interlocuteur reposait doucement le téléphone, apparemment aussi perplexe que lui, mais pas pour les mêmes raisons.
- C'tait qui ?
- Mh… Un faux numéro.
Hirako grogna, pas dupe mais Kurosaki venait déjà de se détourner pour effectuer un repli stratégique vers ses papiers. Shinji leva les yeux au ciel, alors qu'il déposait une tasse de café sur le bureau et de s'éclipser : si son maître ne voulait pas parler de ça, aussi mauvais menteur qu'il pouvait être, il ne lui arracherait pas une seule info.
Resté seul, Ichigo referma ses mains sur la tasse chaude et la ramena contre lui. Son regard se reposa de nouveau sur son téléphone. Il avait parfaitement reconnu la voix de Sosuke, saut qu'il ne comprenait pas le pourquoi d'un tel appel. Il gémit.
Qu'est ce qu'il avait encore fait ?
*n'a plus qu'à attendre les retours avec impatience et angoisse*
J'espère que l'attente n'a pas été trop longue! le chapitre 13 devrait arriver plus rapidement (j'espère...)
Au programme: un nouveau personne et une bonne surprise
Merci de m'avoir lu!
