Master & Slave
Couple principal: Ichigo Kurosaki x Sosuke Aizen
Disclaimer: Les personnages de Bleach ne m'appartiennent pas mais sont l'œuvre et la propriété de Tite Kubo. Tous les autres sont miens.
Bêta-lecture: Un grand merci à Leikkona, Wilwy et CrazyItachi pour leur aide!
~[...]~
Z'avez vu, j'ai posté plus rapidement pour le coup!
Bon par contre, le prochain chapitre est à peine entamé, donc lui il arrivera avec pas mal de retard.
Pardon.
Réponse aux reviews anonymes
Sosuke Ayama : Oh pour l'inspiration y'a aucun souci, Dame inspiration me rappelle très régulièrement sa présence avec des idées plus tordues les unes que les autres. Disons juste qu'elle est capricieuse. Oui c'est le mot. Capricieuse.
Lu: Quel joie de te revoir parmi nous! Merci pour toutes ces reviews.
Contente de te faire aimer Orihime et de te tenir en haleine avec mon scenario!
La question est: quel prochain perso tombera sous ma plume (numérique)?
Est-ce que Master&Slave sera un happy end... Oh, qui sait? *n'est qu'une sadique*
Nana21: Ha! voila qui me fait plaisir! j'espère que la suite sera à la hauteur ^^!
Merci pour vos reviews! *-*
(j'espère que j'ai bien répondu à toutes les reviews, dans le cas contraire je m'excuse, n'hésitez pas à me mp pour me taper)
- Tu mens.
Il sembla à Sosuke comprendre en partie le problème. Loin de l'alarmer, son sourire s'étira un peu plus, alors que le regard de Kurosaki se faisait plus incertain.
- Je me suis dit que tu apprécierais sans doute un peu d'aide dans tes projets. J'ai mis un peu de temps mais... finalement j'ai pu remonter.
- Tu... restes ?
- Nous avons un jeu à terminer il me semble.
Sans hésitation, il laissa ses lèvres frôler celles d'Ichigo, sans pousser plus loin. Tout d'abord silencieux, le jeune homme eut une réaction pour le moins étrange.
Il éclata de rire.
Livre II – Faces cachées
Chapitre 14
- Aaattends un peu. Tu veux quoi?
Sosuke jeta un regard agacé au traqueur qui venait de s'installer sur une ruine proche et souriait désormais comme un abruti fini. A ses côtés, Szayel lui signala d'un geste sec de ne pas insister : leur dirigeant était suffisamment de mauvaise humeur comme ça.
- J'ai besoin de remonter, dédaigna répéter Aizen, en soupirant.
- Ouais, ouais... ça j'avais compris, merci, mais je vois mal ce que je viens faire dans l'histoire. T'veux mon accord p't'être ? Bah vas-y, parce que j'avoue que j'ai bien envie de voir ça.
Kyo éclata de rire alors que le dirigeant levait les yeux au ciel et croisait les bras, obligé d'attendre que l'autre se calme. Il omettrait de répondre qu'il y était déjà arrivé, sans réelle difficulté... sauf que cette fois-ci, l'objectif était différent.
- J'te vois venir, sourit le traqueur en s'arrêtant brusquement. L'ascenseur était pas spécialement gardé... avant.
- C'est pourquoi je suis là.
- Na. T'as b'soin de moi pour aut'e chose, pas vrai ? Ça tombe juste bien que ça t'permettra de passer outre le barrage en plus.
Le scientifique haussa un sourcil. De la scène qui se jouait devant lui, il ne comprenait que quelques bribes. Devait-il vraiment préciser que le fait que Kyo semblait comprendre plus de choses que lui en beaucoup moins de temps l'agaçait prodigieusement ? Aussi s'obligea-t-il à se racler la gorge, histoire de concentrer l'attention sur lui.
Lui aussi voulait savoir, bon sang.
- Barrage ?
- Ouais. Depuis le bordel que vous z'avez foutu en haut, y'a eu des renforts... Et ils ont installés des sécurités supplémentaires pour l'ascenseur aussi.
- Du genre...
- Du genre à te faire dézinguer à vue si t'es pas un traqueur. Poum ! ricana Kyo en mimant un coup de feu dans la direction de Szayel.
Celui-ci répondit d'un regard assassin qui fit rigoler l'autre homme. Il leva alors les yeux au ciel: il avait oublié l'espace d'un instant qu'il était impossible de vexer ou de mettre en colère le traqueur qui semblait prendre tout par-dessus la jambe. Un je-m'en-foutisme qui le rendait imprévisible parce qu'il ne réagissait ni ne répondait jamais comme on s'y attendait.
Une véritable énigme à lui tout seul.
- Et j'avoue qu'ça m'ennuierait pas mal. J'vous aime bien finalement, admit le dit traqueur, toujours avec le sourire.
- Pour le nombre de fois où on fait appel à tes services, j'imagine, rétorqua le scientifique.
- C'est vrai, c'est vrai, mais pas que. Z'avez tendance à savoir comment faire bouger les choses par ici et c'est assez rare pour être apprécié à sa juste valeur.
Kyo se redressa, sautant à terre avant de rejoindre Aizen. Il se pencha vers le dirigeant de la ville basse qui, par réflexe, suivit le mouvement pour conserver une certaine distance entre eux sans reculer. Si cela amusa le traqueur, il n'en montra rien, mais il accentua son geste jusqu'à ce qu'il soit sèchement repoussé d'une main posée sur son torse.
- Alors Princesse, qu'est c'que j'peux faire pour toi ?
Il ne vit pas venir la droite qui lui répondit.
- […] -
- Alors c'est fini, t'abandonnes les paumés toi aussi ? finit par demander Kyo.
Sosuke haussa un sourcil, son regard se concentrant sur le traqueur en train de déplacer la cage dans laquelle il se trouvait. Le début du trajet s'était fait dans un silence quasiment religieux et il avait cru sur le coup que son coup de poing avait calmé l'autre homme (quelle idée de lui donner un tel surnom aussi) mais il fallait croire que les vieilles habitudes avaient la vie dure.
- Rejoindre la partie supérieure ne veut pas dire que j'abandonne tout ici, se décida-t-il à répondre, alors que le casque typique des traqueurs se tournait vers lui.
- 'Scuse moi mais ça y r'ssemble pas mal quand même.
Aizen répondit d'un haussement d'épaule, ne se sentant pas concerné par la situation. Tout ce qui lui importait actuellement, c'était qu'il allait pouvoir remonter d'ici peu à la ville haute et qu'il n'aurait pas à se casser la tête pour arriver là où il voulait aller. Il n'empêchait... qu'entendre l'écho métallique de la voix de Kyo, transformée par son casque, était quelque chose d'étrange.
- Oh, allez Princesse, c'est not'e dernière discussion, t'pourrais t'montrer un peu plus causant.
- Commence par arrêter d'utiliser ce surnom et j'y réfléchirai.
- Détends-toi, j'te taquine c'tout. Tu t'en vas, faut bien qu'j'te fasse un cadeau d'adieu. Tu m'as bien donné un bleu toi, rigola Kyo alors qu'il se frottait la mâchoire.
Mine de rien, il devait bien reconnaître que le dirigeant avait de la force. Pas mal de force. Pris par surprise, il avait eu un peu plus mal que s'il avait pu se défendre. Ou essayer. Il soupira, alors qu'une lumière au loin lui indiquait qu'ils approchaient de l'ascenseur.
- On arrive au camp, file-moi ton collier.
- Pourquoi ? Siffla immédiatement le prisonnier, méfiant.
- Parc'que j'le trouve sympa et j'veux te l'faucher, railla le traqueur en tendant la main pour récupérer le dit objet qui fut finalement glissé dans sa main.
Sosuke en profita pour observer les alentours. Le camp des traqueurs et des gardiens avait été retranché autour de l'ascenseur, délimité par des barricades, et il y avait constamment une dizaine de personnes qui patrouillait dont certains vinrent discuter avec Kyo. Il vit plusieurs ordinateurs, du matériel de capture, des armes et même des cages plus loin, pas toutes vides. Il préféra passer sur les bribes de conversation qui lui parvenaient parfois.
Un sifflement le sortit une nouvelle fois de son observation et il se tourna pour faire face au traqueur qui venait de revenir près de la cage et lui tendait le collier qu'il remit rapidement autour du cou. L'objet retomba presque immédiatement, arrêté dans sa chute par la main d'Aizen.
- 'Tain tu m'avais jamais dit que t'étais l'esclave des Kurosaki.
- Tu n'as jamais demandé, nargua le prisonnier, s'attirant un ricanement de la part du traqueur.
- Quand tu parlais de récompense pour te rapporter, j'pensais bien à un joli chiffre, mais là j'crois que je vais péter les records. T'as d'autres infos du même genre qu'tu caches ?
Kyo ne semblait pas attendre de réponse puisqu'il éclata de rire en continuant de parler tout seul, visiblement mis de bonne humeur par cette nouvelle.
- Et il est comment l'actuel chef de famille ? Reprit finalement l'homme, alors qu'il remettait la cage en mouvement pour rejoindre l'ascenseur.
La situation était particulière et ils étaient donc autorisés à remonter immédiatement.
- En quoi cela t'intéresse ?
- T'sais qu'il est pas vraiment aimé par chez nous.
- Je ne vois pas du tout pourquoi, ironisa Aizen alors que les portes de l'ascenseur se refermaient sur eux.
Le traqueur laissa échapper un « mh », son casque camouflant son sourire. Si lui était en fin de « carrière » ce n'était pas le cas de tout le monde et voir ce qui constituait sa source de revenus disparaître purement et simplement en faisait grogner plus d'un. Il pouvait comprendre. Lui préférait ne pas prendre position. Il s'en moquait. Sa vie s'était construite dans les ruines, il était peu probable qu'il les quitte un jour. Le soleil qui l'aveugla en partie, malgré sa protection, lorsque l'ascenseur s'ouvrit de nouveau en était une preuve éclatante : il n'était plus fait pour vivre « en haut ».
- Alors ? Pressa-t-il son prisonnier qu'il tirait en dehors de l'engin en attendant ceux destinés à prendre le relai.
- C'est un idiot, finit par répondre Aizen, tout aussi incommodé par le brusque apport de lumière.
Il y eut un silence entre eux, Kyo observant les traits du prisonnier. Finalement, un nouveau sourire camouflé par sa tenue étira ses lèvres, alors qu'il répondait d'un air entendu.
- Ouais... J'vois.
- […] -
Matsumoto jeta un rapide coup d'œil à la personne qui se tenait sagement à côté d'elle, avant de lever la main pour frapper à la porte qui leur faisait face. A côté d'elle, l'homme se mit à sourire. Un sourire qu'elle n'était pas certaine d'apprécier mais elle n'eut pas le temps de lui faire la remarque : la porte venait de s'ouvrir sur le propriétaire des lieux. En silence, elle observa toute couleur déserter le visage d'Ichigo, ne faisant que confirmer le mauvais pressentiment qui la tenaillait depuis qu'elle avait pris en charge l'esclave.
Elle se souvenait des nombreuses discussions qu'elle et le jeune homme avait pu avoir, notamment à propos de l'individu qu'elle ramenait et qui venait de parler sans qu'elle ne comprenne un traître mot. Il n'y eut pas de réponse. Après une pause, Kurosaki daigna reculer et s'effacer, lui permettant de rentrer dans ce qu'il savait être le bureau. La porte se referma derrière lui et, resté dans le couloir, le jeune homme eut besoin de plusieurs secondes pour se reprendre.
- Est-ce que ça va ? fit la policière en posant une main sur l'épaule d'Ichigo.
- Je crois, souffla-t-il.
Matsumoto hocha la tête, ne pouvant malheureusement pas faire grand-chose d'autre. Au fil du temps et des rencontres qu'elle avait pu avoir avec la famille du centre, elle avait fini par apprendre et comprendre la situation assez particulière dans laquelle se trouvait les deux hommes et que Gin lui avait plus ou moins confirmée à demi-mot.
Elle ne pouvait qu'espérer que tout rentre dans l'ordre, et que le jeune homme se souvienne des conversations qu'ils avaient pu avoir et qui pourraient sans doute l'aider, même un peu.
- Comment ?
- Les traqueurs nous ont contactés, on est remonté à toi grâce à son collier.
Il y eut un silence pendant lequel Ichigo hocha la tête, pensif, avant de se détourner pour retourner à son bureau.
- Je... réglerai tout un peu plus tard, si possible.
- Bien sûr. T'as qu'à passer quand tu pourras.
- Merci Rangiku.
La policière ouvrit la bouche pour rajouter quelque chose mais se ravisa au dernier moment. Elle le salua avant de tourner les talons le laissant seul dans le couloir.
Ichigo inspira profondément, la main sur la poignée de la porte, avant de se décider à pousser pour pouvoir rentrer dans son bureau. Aizen avait fait quelques pas dans la pièce. Lorsqu'il entra, il se tourna immédiatement vers lui, accrochant son regard au sien. Aucun geste, juste un silence pesant entre eux qui sembla durer une éternité et qu'Aizen finit par briser.
- Je t'ai manqué ? nargua-t-il, amusé.
Kurosaki tressaillit. En une fraction de seconde, il était sur lui, une main venant agripper avec force son col alors que les yeux ambre se plissaient. Impossible pour lui de pouvoir dire ce qu'il pouvait ressentir à ce moment là. Un mélange de colère et de joie peut-être. D'incompréhension aussi quant à sa présence ici. Sosuke allait être déçu s'il pensait qu'il allait lui tomber dans les bras.
- Qu'est ce que tu as encore été inventer ? gronda le jeune homme
Sans se démonter le dirigeant pencha le haut de son corps et laissa ses lèvres effleurer celles d'Ichigo, provocateur. Le poing sur son col se crispa un peu plus mais il ne fut ni repoussé, ni incendié pour son geste. Le jeune homme refusait de céder aussi facilement et s'employait à rester aussi indifférent que possible.
- Absolument rien.
- Tu mens.
Mais c'était difficile, lorsque celui qui vous faisait face répondait d'un sourire tranquille à votre colère et Kurosaki sentit son masque s'ébranler l'espace d'une seconde, alors que Sosuke reprenait :
- Je me suis dit que tu apprécierais sans doute un peu d'aide dans tes projets. J'ai mis un peu de temps mais... finalement j'ai pu remonter.
- Tu... restes ?
- Nous avons un jeu à terminer il me semble.
Sans hésitation, il laissa ses lèvres frôler celles d'Ichigo. Il y eut un silence, avant que le jeune homme n'éclate tout simplement de rire. Un rire sans joie, alors que sa poigne se desserrait enfin. Lentement il laissa son front tomber contre l'épaule de son ancien esclave qui ne broncha pas.
- Je pensais qu'il s'était terminé il y a quatre ans, murmura Kurosaki.
- Non, tu as décidé, contra immédiatement l'autre homme.
- Ne dit pas ça comme si tout était de ma faute. Même si tu le penses. Tu aurais pu choisir de revenir avant, Sosuke, mais tu as mis quatre années pour te décider.
- L'important, c'est que je sois là, non ? fut la réponse agacée qu'il reçut.
Le chef de famille laissa échapper un sifflement contrarié. Il se redressa brusquement, comme piqué au vif et fusilla Aizen du regard.
- J'avais besoin de toi avant, souligna-t-il, en faisant référence à tout ce qu'il avait pu traverser jusqu'à présent.
Il affirmait cela en sous-entendant que l'esclave était parfaitement au courant de tout ce qui se passait, comme s'il y était. Une petite voix dans la tête lui soufflait que ce n'était pas tout à fait faux : il avait eu la preuve, à plusieurs reprises, que l'homme face à lui en savait beaucoup plus qu'il ne voulait bien le dire.
- Et que je sache, je n'ai jamais été très loin, rétorqua aussitôt celui-ci.
- Sosuke...
- Je t'avouerai que je m'attendais à ce que tu sois un peu plus content que ça.
Ichigo soupira. Après autant de temps, il en venait presque à oublier comment fonctionnait Aizen. Il était pourtant celui qui devrait être en colère de réaliser qu'on se jouait de lui depuis le début et c'était pourtant l'esclave qui était le plus contrarié des deux et lui qui terminait relativement serein, au final.
- Je le suis, se contenta-t-il de dire, sans avoir de réponse.
Le regard se baissa, captant le mouvement léger au niveau de la taille du revenant. Aussitôt il tendit la main pour s'emparer du collier et l'observer brièvement sans noter immédiatement les dégâts.
- Tu l'as gardé, constata-t-il, amusé.
- C'est bien ce que tu voulais non ? Grogna l'esclave en fusillant l'objet du regard.
- Oui... Mais j'avais cru comprendre que tu t'en moquais bien, remarqua Ichigo d'un ton songeur.
Etait-il vraiment en train de sourire comme un idiot ? L'air mitigé de Sosuke semblait lui dire que oui. En réalité l'esclave n'aimait pas beaucoup la tournure que commençait à prendre la conversation. Kurosaki était en train de l'entraîner sur un terrain qu'il ne maîtrisait pas et il se sentait surtout perdre la main sur la situation. Il s'avança pour poser à son tour la main sur le collier, ignora la résistance de l'autre côté.
- Cela ferait une jolie décoration pour ton cou, tu ne crois pas ?
- Dans tes rêves.
Le silence tomba entre les deux hommes séparés en tout et pour tout par un collier noir. Aucun des deux ne lâcha l'objet, préférant observer l'autre. Finalement Ichigo sentit Aizen commencer à pousser pour rapprocher le bijou de son cou et il eut le réflexe de faire la même chose, plus violemment. D'abord surpris, son opposant fit de même et l'épreuve de force débuta entre eux. Bientôt, l'anneau de fer chuta au sol dans un bruit sourd, alors que seul comptait pour les deux hommes de prendre l'ascendant sur l'autre, par tous les moyens.
Kurosaki ne tarda pas à être projeté contre son bureau et il lâcha un gémissement de douleur lorsque ses reins rencontrèrent l'arrête en bois, lui assurant de garder une trace de ces retrouvailles pour plusieurs jours encore. Nullement compatissant, son adversaire le poussa davantage et son dos rencontra les stylos renversés par sa chute et tous les objets qui lui permettaient de travailler. Il ne put que glisser une main pour tenter de dégager le maximum de choses. C'est ainsi qu'il envoya voler le presse-papier qu'Aizen esquiva de justesse.
Le jeune homme serra les dents et profita du léger relâchement de son ancien esclave : Il n'eut aucun remord à utiliser ses jambes et son bras pour faire basculer Sosuke à ses côtés et éviter de se retrouver bloqué définitivement contre la surface en bois. Mais il n'eut pas le temps de faire plus. Un grand mouvement de bras de la part de l'esclave lui permit de se redresser presque immédiatement alors qu'Ichigo était déjà sur lui pour reprendre où ils en étaient. Les deux ne prêtèrent pas attention au vacarme que provoqua la chute de l'ordinateur, tiré dans la bagarre.
Ils perdirent toute notion de temps. Tout ce qu'ils voyaient c'étaient les coups de l'autre, les nouvelles projections contre le bureau ou le mur, sans qu'aucun ne parvienne véritablement à prendre le dessus sur l'autre.
Le sol se retrouva ainsi bientôt jonché de feuilles en tout genre, après que Kurosaki ait percuté certains dossiers sur lesquels il travaillait précédemment. Stylos, trombones, et autre objets du même types suivirent le même chemin, faisant grogner lorsque les pieds se posaient accidentellement dessus.
Aizen se sentit finalement partir en arrière, sans qu'il ne puisse se rattraper ou reprendre son équilibre. Son pied venait de glisser à cause du papier étalé partout. Il eut le réflexe de s'agripper à la première chose à portée : Ichigo, qui ne parvint pas à apporter une quelconque aide.
Les deux s'écroulèrent sans grâce au sol mais ne s'arrêtèrent pas pour autant , le chef de famille avait désormais un avantage certain sur son ancien esclave et il ne tarda pas à l'immobiliser avant de se redresser, victorieux devant le regard assassin de Sosuke.
Le regard ambre se releva un peu, réalisant que le collier, objet de ce combat insensé, reposait pas si loin d'eux, à moitié camouflé par leur désordre. Il tendit la main pour s'en emparer.
Leur vacarme finit par attirer le personnel du manoir, inquiet à l'idée que quelqu'un puisse s'en prendre à leur employeur. La porte de la pièce fut vite ouverte et Ichigo protesta lorsqu'il fut brutalement empoigné par les épaules pour être relevé et éloigné d'Aizen.
- Monsieur Kurosaki !
- Calmez-vous !
- S'il-vous-plait, monsieur !
Le jeune homme se calma progressivement dans les bras de ses employés, qu'il regarda un instant sans trop comprendre. Lorsqu'ils furent sûrs que tout risque était écarté, les mains le relâchèrent lentement, incertains quant à la suite des événements. Le maître des lieux finit par avoir un sourire rassurant.
- Ça va. Je vous remercie.
Son regard passa rapidement sur la pièce qui avait difficilement résisté à la petite joute (son bureau et le contenu avaient rendu l'âme dans la bagarre d'ailleurs) pour passer sur Aizen qui repoussait les personnes qui s'approchaient de lui et dont l'air fermé trahissait ouvertement son état d'esprit. Finalement, il baissa le nez pour tomber sur le collier qu'il tenait toujours.
A ce moment-là Ichigo réalisa ce qu'il avait failli faire si ses hommes n'étaient pas venus l'arrêter. Il aurait imposé le collier à Sosuke par la force, se serait imposé en tant que maître. Il trahissait ainsi tout le travail qu'il menait depuis des mois et des mois pour lutter contre ça. Il se sentit pâlir et il lâcha brutalement l'anneau, comme si celui-ci était devenu soudainement brûlant.
- Monsieur ?
Il n'y eut pas de réponse. Ichigo tourna les talons sans un mot, quittant la pièce pour trouver un peu de calme.
- […] -
- Difficile de lutter contre la société, pas vrai ?
Kurosaki leva en partie le bras qu'il avait placé devant ses yeux. Allongé sur le canapé, il se sentait un peu lessivé et avoir Sosuke penché au-dessus de son visage n'annonçait pas le repos dont il voulait profiter. En même temps, il recevait régulièrement de la visite de la part des employés inquiets, alors on ne pouvait pas vraiment dire qu'il avait pu se reposer.
- C'est ça, moque-toi, dit-il avec un geste montrant tout l'intérêt qu'il avait pour la situation, avant de replacer son bras sur son visage.
Le silence tomba une nouvelle fois entre eux. Ichigo ne le supporta que quelques instants : il enleva son bras pour poser un regard mécontent sur Aizen qui se contenta de sourire. Les avant-bras posés sur le dossier du canapé, il avait placé le collier au-dessus du jeune homme qui s'en empara pour le jeter au sol.
- Arrête ça...
- Je n'ai rien fait, souligna tranquillement l'esclave.
- Alors à quoi tu joues avec ce... ce truc, siffla le jeune homme en pointant l'anneau.
Sosuke bougea, fit le tour du canapé pour récupérer le bijou et revenir s'asseoir à côté de Kurosaki, qui s'était relevé entre temps.
- Remets-le, se contenta de dire l'ancien dirigeant en tendant une nouvelle fois l'objet dans sa direction.
- Quoi ?
- Remet-le. Tu as gagné non ? Alors remet-le.
C'était purement symbolique, ils le savaient. Pourtant, il était évident que l'un comme l'autre n'étaient pas vraiment emballés par l'idée mais pour des raisons différentes.
- Non. Et pas de remarque sur ce qui s'est passé tout à l'heure, prévint Ichigo alors que Sosuke ouvrait de nouveau la bouche.
- Ceci, fit l'esclave en agitant l'objet, est ce qui me permet d'être ici. Tu ne veux pas de moi ?
- Je ne veux pas d'esclave.
- Parce que ton esprit reste bloqué sur un aspect seulement de cette notion.
Devant le regard ouvertement sceptique que lui lança Kurosaki, il se contenta de répéter, amusé :
- Difficile de lutter contre la société, pas vrai ?
- Éclaire-moi, parce que je ne vois pas.
- Est-ce si difficile de me voir comme un compagnon ?
Ichigo haussa un sourcil et, suivant sans peine le raisonnement du garçon, Aizen fronça les sourcils avant de lui coller une claque à l'arrière du crâne.
- Pas ce type-là ! grogna-t-il face aux protestations.
- Quand je pense que tu es en train de me tenir un argumentaire pour que je te remette ce foutu collier... Tu es bien la dernière personne que je voyais faire ça.
- Ne change pas de sujet.
Une moue boudeuse apparut sur le visage de Kurosaki. Sosuke se retrouva l'espace d'un instant quatre années plus tôt, lors de l'année qu'il avait passée avec le jeune étudiant. Cela voulait dire que, quelque part, il n'avait pas tant changé que ça et il hésita un instant à le prendre comme une bonne nouvelle. Il considérait plutôt ça comme un cas désespéré.
- Un compagnon hein...
- C'est l'idée, oui.
- Je peux accepter ça. Je crois.
Les doigts d'Ichigo se refermèrent sur le collier qu'il ouvrit d'un mouvement du poignet alors qu'Aizen laissait retomber souplement ses bras. Avec lenteur et hésitation, l'anneau retrouva bientôt sa place première autour du cou de l'ancien dirigeant. Les yeux ambre ne quittaient pas leurs homologues, essayant en vain de deviner les arrières-pensées de celui qui acceptait temporairement de retrouver son statut d'esclave.
- Mais je suis d'accord, reprit soudainement Sosuke, moi non plus, je n'aurais jamais imaginé demander ça.
Le rire du jeune homme résonna un moment avant qu'il ne se calme et ne daigne lâcher le bijou qu'il tenait toujours. Ce fut pour le rattraper l'instant d'après lorsque le collier glissa mais, loin de tenter de le remettre, il s'avança pour le replacer là où il était lorsqu'ils s'étaient retrouvés : accroché à la taille.
- Il ne ferme plus vraiment, avoua l'esclave devant le regard interrogateur.
Il était d'ailleurs obligé de ruser. Les dommages que Szayel n'avait pu réparer avaient empiré avec le temps, aujourd'hui il n'arrivait à conserver l'anneau qu'en vérifiant régulièrement que l'ouverture n'avait pas glissé vers le passant, puisqu'il était devenu impossible de le refermer totalement. Le poids de l'objet et la gravité faisaient sauter l'attache immédiatement.
Ichigo sembla parfaitement s'en moquer puisqu'il haussa les épaules avant de se laisser glisser en avant, ses bras se refermant sur le torse d'Aizen.
- En tous cas, je suis content d'avoir retrouvé ma peluche.
- Bon sang je pensais que tu l'avais oublié celui-là...
- Les bonnes vieilles habitudes ont la vie dure.
La situation était étrange. Ce fut la pensée qui traversa l'esprit de Kurosaki alors qu'il fermait à demi les yeux, sentant bientôt un des bras de Sosuke passer en travers de son dos. Il aurait aimé dire quelque chose, mais à chaque fois qu'il ouvrait la bouche, il réalisait que ce qu'il s'apprêtait à prononcer était... stupide et il préférait refermer ses lèvres que de continuer. A la place, il bougeait légèrement la tête, modifiait sa position. Ses jambes se replièrent avant de reprendre leur position initiale, ses mains remontaient se poser sur les côtes avant de redescendre sur la taille et... bon sang, impossible de trouver une position confortable pour sa joue.
- Tu as fini de t'agiter ? finit par râler l'esclave.
Ichigo grogna pour toute réponse et bougea une fois de plus lorsqu'un soupir parvint à ses oreilles. Était-ce sa faute s'il ne savait pas comment gérer la situation ? Il y a longtemps, il avait imaginé des tas et des tas de possibilités si Sosuke avait décidé de revenir. Maintenant que c'était fait...
Ha, même l'embrasser il ne se voyait pas le faire. Que l'autre homme ne semblait pas décider à bouger non plus le réconfortait quelque part. Il n'était pas le seul qui ne savait plus quoi faire actuellement. Finalement, il ne put s'empêcher de laisser échapper un rire sans joie avant de se redresser.
- Je...
Impossible de mettre en mot ce qu'il pensait, vraiment. Avec un mouvement de bras, il finit par abandonner et se relever totalement. Au moins, se dit-il, Aizen n'était pas vraiment plus bavard. Passif, il se contentait de se laisser aller par les événements maintenant qu'il avait plus ou moins obtenu ce qu'il désirait. Ce qui ne semblait pas assez, puisque le jeune homme sentit bientôt une paire de bras passer autour de sa taille et un visage se poser à côté du sien.
Il ne put s'empêcher de noter que l'autre homme ne se collait pas totalement à lui, au contraire. Visiblement, il appréciait toujours autant les contacts physiques, ce qui rendait étonnant le fait qu'il n'ait pas bronché auparavant.
- Pourquoi maintenant ? finit par murmurer Kurosaki, bon sang Sosuke. Quatre ans.
- Est-ce vraiment si important ?
- Tu esquives encore la question...
- Très bien, fit Aizen après un silence, si je te dis que je suis revenu pour aider ?
Ichigo se laissa aller en arrière après avoir attrapé les mains de l'esclave. Il sentit bien le mouvement de recul qu'il bloqua avec un léger sourire. Que l'autre homme le veuille ou non il garderait le contrôle : Il n'était plus l'adolescent qu'il pouvait faire tourner bourrique à sa guise. Les années ne voulaient pas dire qu'il n'avait pas appris comment réagir, il remercierait Rangiku pour ça.
- Aider. Aider qui ? Toi ou moi ?
- Les deux. C'est lié. Mais vu comment tu te débrouilles tout seul...
- Je ne suis pas seul ! protesta le jeune homme.
- Oh. Vraiment ?
La voix brusquement froide de Sosuke fit se raidir Ichigo qui se mordit la lèvre inférieure. Mince, il n'avait pas vraiment voulu aborder le sujet ainsi et la réaction lui indiquait clairement qu'il y en avait un qui allait bientôt être ravi.
Ce n'était pas comme si c'était une surprise après tout.
- Si je fais tout ça, c'est aussi pour ma fille, Tsukiko, finit-il par lâcher après un moment d'hésitation.
Il accueillit le léger temps de compréhension avec une certaine inquiétude, avant de soupirer lorsqu'Aizen laissa échapper un sifflement mécontent. Il se décida à se tourner pour faire face à l'esclave qui, malgré le léger sourire crispé, montrait ouvertement son mécontentement.
- Tu as réussi à te coller un môme dans les pattes au plus mauvais moment ? Mais à quoi tu pensais ?
- Hey ! Je...
- Pourquoi est-ce que ça ne m'étonne pas...
- Et tu sais quoi ? Je ne regrette pas, siffla le jeune homme en réponse, Tsukiko est ce que j'ai de plus précieux et je te déconseille les remarques à l'avenir.
Sujet sensible, hein ? Aizen se renfrogna quelque peu. Face à lui Kurosaki venait de se braquer et les poings serrés et le regard devenu glacial indiquaient qu'il n'était pas loin de lui faire ravaler ses paroles par la force. Qu'il lève les mains devant lui pour tenter d'apaiser la situation n'y changea pas grand-chose et l'esclave finit par soupirer.
- Tant qu'on y est, il y a autre chose que je dois savoir ?
Autant changer de sujet.
Ichigo sembla hésiter, ce qu'il interpréta comme un mauvais signe. Allez, qu'est ce qui allait encore lui tomber dessus et qu'il était peu certain d'apprécier ? Le jeune homme n'eut pas le temps de s'exprimer : le téléphone sonna alors qu'il ouvrait la bouche et il s'empressa de s'éclipser pour répondre. Sosuke le regarda s'en aller sans broncher, agacé. Il n'avait jamais été partageur et se voir mettre en « rivalité » indirecte avec une gamine de moins de cinq ans... était un enchantement !
Peut-être avait-il mis trop de temps finalement ? Le gamin s'en était mieux sorti qu'il ne l'avait prévu. Trop bien même.
Le temps qu'il aille s'asseoir dans le canapé quitté il y a peu, Ichigo revenait avec un léger sourire gêné.
- On en rediscutera plus tard. Il faut que l'on se prépare pour la réception de ce soir.
- On ?
- Oui, on. Puisque tu es revenu tu vas souffrir avec moi, plaisanta Ichigo.
- Tant que ton cousin n'y est pas, je devrais pouvoir supporter.
Le jeune homme ne put s'empêcher de rigoler à la référence de leur dernier, et unique, exercice en la matière. Il devrait sans doute arriver à retrouver sans trop de mal le fameux manteau aux armoiries de la famille Kurosaki.
- Si, il y sera. Mais t'en fais pas, je doute qu'il ait vraiment la tête à t'ennuyer.
- Kurosaki...
- Allez. Il faudra bien le reste de la journée pour te préparer.
Sosuke ne répondit pas, se laissant tirer par le jeune homme. Que rajouter de plus quand il était évident que certains sujets étaient soigneusement évités ?
[...]
Je pourrais terminer le livre II ici mais... Mais il reste encore un dernier chapitre ;D
Je sais que beaucoup (... Pour ne pas dire tous en fait) espérait vraiment qu'Ichigo devienne l'esclave d'Aizen, pour une raison inconnue...
Mais avouez quand même qu'Aizen qui reste esclave c'est quand même beaucoup plus rigolo. Alors c'est lui qui gardera le collier! na :p
... Non! on ne jette pas de parpaing à l'aut... AIE!
Merci de m'avoir lu et rendez- vous au prochain chapitre!
