Master & Slave

Couple principal: Ichigo Kurosaki x Sosuke Aizen

Disclaimer: Les personnages de Bleach ne m'appartiennent pas mais sont l'œuvre et la propriété de Tite Kubo. Tous les autres sont miens.

Bêta-lecture: Un grand merci à Kamui et Joëll pour leur aide!

~[...]~

Je vais éviter une introduction trop longue ici,

Je sais que j'ai mis énormément de temps pour l'écrire ce chapitre et encore plus pour le poster. Je m'en excuse très sincèrement et je vous remercie encore: même en "stand-by", elle reste ma fic la plus lue, appréciée, commentée.

Je passe aux reviews et en chapitre en lui même, n'hésitez pas à aller voir les notes en fin de chapitre pour plus de blabla.


Réponse aux reviews anonymes

Adara-Kurosaki : La suite, la voilà! Enfin! Avec toujours plus de Sosuke-attitude dedans ;)

Sosuke Ayame: Shiro? *tousse* Je te laisse lire alors :D mais interdiction de taper l'auteure après!

Tisha: ça fait encore plus maintenant je pense. Aizen revient, les choses sérieuses vont pouvoir commencer!

Rejane: Merci pour tes compliments! il y aura certainement quelques fics supplémentaires, et des histoires originales :) même si je me concentre sur M&S pour le moment!

Fairyfish: Esclave!Aizen, c'est rigolo, nous sommes bien d'accord, vient donc te cacher avec moi pour éviter sa fureur. Je suis ravie d'être parvenue à te faire aimer le GrimmOrihime, ce couple mérite plus d'amour!
Pour les morts par contre je peux rien promettre *tousse*

Lilie: Je ne lache pas ma fic! j'irai jusqu'au bout! c'est une promesse! à moi et à mes lecteurs! La suite! La suite arrive!

Shinigami95: Mais je ne m'arrête pas! voici la conclusion du livre II

Rosa-fic: C'est une dynamique très particulière mais qui me plait entre ces deux là! j'espère que c'est pareil pour les lecteurs ^^
Quand à Miwa et bien... Elle ne fera plus grand chose je le crains.

Anonyme: Je... ne vois pas ce qui te fait dire ça *air angélique*

Laura: Merci beaucoup pour ta review! j'espère que tu as trouvé ton bonheur sur mon profil!

Merci pour vos reviews! *-*

(j'espère que j'ai bien répondu à toutes les reviews, dans le cas contraire je m'excuse, n'hésitez pas à me mp pour me taper)


- Oui, on. Puisque tu es revenu tu vas souffrir avec moi, plaisanta Ichigo.

- Tant que ton cousin n'y est pas, je devrais pouvoir supporter.

Le jeune homme ne put s'empêcher de rigoler à la référence de leur dernier, et unique, exercice en la matière. Il devrait sans doute arriver à retrouver sans trop de mal le fameux manteau aux armoiries de la famille Kurosaki.

- Si, il y sera. Mais t'en fais pas, je doute qu'il ait vraiment la tête à t'ennuyer.

- Kurosaki...

- Allez. Il faudra bien le reste de la journée pour te préparer.

Sosuke ne répondit pas, se laissant tirer par le jeune homme. Que rajouter de plus quand il était évident que certains sujets étaient soigneusement évités ?

Livre II – Faces cachées

Chapitre 15

Sosuke se souvenait avec exactitude de la seule et unique soirée qu'il avait vécu aux côtés d'Ichigo, il y a des années en arrière. Il revoyait l'air fermé de l'adolescent qui était mal à l'aise, évitait les contacts et les discussions et qui était prêt à saisir la première opportunité pour se carapater le plus loin possible en laissant son père se charger seul du déroulement des événements. En le voyant maintenant, le dirigeant de la ville basse devait bien reconnaître une chose... Rien, absolument rien, n'avait changé, si ce n'est que papa n'était plus là pour permettre à son fils adoré d'avoir encore quelques libertés.

Il avait dû laisser échapper un rire bas. Kurosaki s'était brutalement retourné dans sa direction pour le fusiller du regard et grimacer avant de reprendre sa position première. Raide comme la justice, cela faisait dix bonnes minutes qu'il accueillait ses invités, répétant en boucle gestes et paroles de bienvenue avec un sourire forcé, même s'il n'en pensait pas moins. Bon d'accord il était peut être un peu mauvaise langue. Il devait bien admettre qu'il y avait eu de l'amélioration dans l'attitude du plus jeune même si certains gestes inconscients trahissaient ce qu'il pensait de la personne en face de lui.

Après, soit il était le seul à le remarquer ce qui soulevait d'autres questions sur les invités, soit ces mêmes invités étaient bien mieux expérimentés pour ignorer les signaux indirectes.

- Attends un peu qu'ils arrivent, tu comprendras, finit par souffler Ichigo, ce qui interrompit le fil de sa pensée.
- Ils ? demanda-t-il, perplexe.
- Tu comprendras vite quand ils te tomberont dessus.

Aizen leva les yeux au ciel sans ajouter quoi que ce soit. Pour sa part, il recevait de temps en temps des regards curieux mais sans plus, surtout lorsqu'ils se posaient sur le collier qui avait retrouvé sa place autour de son cou. Seule la fermeture avait été réparée en catastrophe, il pouvait toujours l'enlever à loisir. Une tentation à laquelle il allait... avait du mal à résister. C'était marrant comme il était facile d'oublier la légère pression désagréable sur la gorge. En revanche, quelques secondes seulement et il avait déjà envie d'envoyer voler ce qui frottait contre sa peau à chaque fois qu'il déglutissait. En partie aussi à cause de tout ce que cela représentait de le porter.

Sans trop réfléchir, Aizen releva une de ses mains pour frotter son cou. Le léger tintement du collier attira de nouveau l'attention d'Ichigo alors que l'homme veillait à ne pas faire tomber accidentellement l'objet. Après un rapide coup d'œil à sa montre puis aux alentours avant de revenir vers l'esclave, il s'enfonça finalement dans la foule après avoir invité Sosuke à le suivre d'un mouvement de la main.

- J'aimerais que tu restes près de moi, avait soufflé le jeune homme, en voyant qu'Aizen n'était pas décidé à lui emboîter le pas.

Ce qui était très étonnant venant de sa part quand on y pensait.

- Tu crains quelque chose?
- Je veux éviter que l'on t'approche, expliqua simplement Ichigo.
- Tu crains quelque chose? répéta l'esclave, en laissant apparaître son agacement quant à ces cachotteries.

Les deux hommes s'affrontèrent du regard un instant. Face à la moue de Kurosaki, Sosuke finit par soupirer et hausser les épaules avant de se décider à suivre les pas de son cadet qui se frayait un passage vers un endroit plus calme. Pas que ça lui plaise particulièrement de devoir jouer les toutous obéissants mais il avait plutôt besoin de reprendre ses marques et chercher les ennuis quand il y avait autant de personnes pour témoins les desservirait tous les deux. Aussi il ne put s'empêcher de se détendre lorsque le maître des lieux s'arrêta auprès de personnes qu'il connaissait... à peu près.

La jeune femme aux cheveux aussi roux que ceux de son maître et l'esclave qui se trouvait à côté, les mains dans les poches et l'air aussi ravi que le sien d'être là, il les avaient reconnus tout de suite. La jeune femme aux cheveux noir qui se trouvait là... Lui disait quelque chose. Après réflexion, il reconnut la petite protégée Kuchiki... Rukia, si sa mémoire était bonne. Par contre la haute figure aux cheveux rouges qui était collée à elle lui était totalement inconnue.

- Kurosaki-kun! Enfin! résonna la voix joyeuse d'Orihime.

Elle accueillit le propriétaire des lieux d'un baiser léger déposé sur la joue accompagné d'un sourire, qu'Ichigo lui rendit volontiers. Sans hésitation elle fit la même chose à Aizen avant qu'il n'ait put dire ou faire quoi que ce soit. Elle ne fut pas étonnée lorsqu'elle fut sèchement repoussée. Lèvres serrées, il se contenta d'un regard désapprobateur qui ne l'affecta pas le moins du monde. Elle avait bien réussi à dompter quelque peu Grimmjow, après tout, ce n'était pas un hasard.

- Ça fait plaisir de te revoir, fit-elle pour se justifier.
- Tiens, t'es d'nouveau là toi? enchaîna Jaggerjack, grognon comme à son habitude.
- Non Jaggerjack, je crains que tu n'hallucines.

Le sarcasme arracha un soupir agacé à Grimmjow qui préféra laisser couler d'un grognement, pour cette fois. Il avait déjà fort à faire avec l'autre esclave qui ne lui plaisait pas non plus et il savait d'expérience qu'ajouter Sosuke en prime n'était pas une bonne idée. Pas alors qu'ils étaient coincés ici et qu'Orihime lui avait demandé d'essayer d'être calme. Un peu plus renfrogné encore, il se détourna du petit groupe lorsque l'homme accompagnant la deuxième jeune femme laissa échapper un ricanement.

- Détends-toi mec, on a l'impression que t'as un balai coincé quelque part.
- T'vas voir c'que j'vais t'coincer moi... grogna une nouvelle fois Jaggerjack.
- Renji, ça suffit, siffla Rukia en voyant que les deux hommes en seraient volontiers venus aux mains.

Ichigo envoya un regard compatissant à Abarai, avant de se décider à changer de sujet. Il n'avait croisé l'homme qu'en de rares occasions mais il l'aimait bien, se chamaillant avec lui dès qu'il en avait la possibilité. Il savait qu'il lui était reconnaissant de vouloir faire cesser le principe de l'esclavage, même s'il savait ne pas être le plus à plaindre.

- Comment va ton frère, Rukia?
- Bien, j'ai enfin réussi à le convaincre de racheter un esclave. J'espère que ça l'aidera.
- Tu devrais le voir, rigola Renji, c'est un véritable monstre. J'aimerai pas l'énerver.
- Il ne peut pas être pire que Sosuke.
- Oh. Merci, fut la réponse du concerné.

Aizen eut un sourire sarcastique, renforcé par la réaction perplexe des autres personnes. Le reste de la conversation ne l'intéressa pas: ça ne parlait pas de la pluie et du beau temps mais presque. Il aurait apprécié pouvoir s'éclipser, se balader voire même trouver un moyen de s'isoler un temps dans un coin parce que connaître les frasques de la bande ne lui était d'aucune utilité. Oui mais voilà, quand il avait fait mine de se retourner pour s'en aller, une main s'était emparée de son poignet et refusait de lâcher depuis, même quand il avait vaguement essayé de se défaire de sa prise.

C'était tellement mignon.

Devant la situation et le refus de réponse de la part d'Ichigo, il manifesta ses pensées par un soupir ennuyé au possible qui attira quelques secondes l'attention sur lui. Le seul qui aurait pu compatir à sa douleur était Grimmjow, s'il ne s'était pas retiré il y a quelques minutes. Sans problème. Ce n'était pas juste.

Son calvaire dura encore quelques minutes. Jusqu'à ce que la conversation ne soit interrompue par une sonnerie légère qu'il eut du mal à percevoir. Kurosaki par contre, s'arrêta brutalement dans sa tirade avant de s'excuser et de partir, non sans avoir sorti un téléphone portable d'une des poches intérieures de sa veste. L'idée de le retenir à son tour effleura son esprit, mais il préféra y voir une occasion, enfin, de pouvoir s'échapper. Ichigo semblait l'avoir totalement oublié au profit de cet appel. Pour cette fois il laisserait passer.

- Il y a un problème? s'enquit Renji.
- C'est probablement au sujet de sa fille, rigola Orihime.

Ce fut à cet instant précis que Sosuke décida qu'il en avait assez et tourna les talons pour se fondre dans la masse de personnes présentes. Sans but, ignorant les quelques regards plus ou moins discrets qu'il reçut, il écoutait les diverses conversations, sans tomber sur quoi que ce soit d'intéressant. Une sacrée déception. La seule chose réellement notable, ce fut la surprise de retrouver une connaissance, en la présence de Toshirô qu'il esquiva soigneusement.

Non, il n'avait pas vraiment envie de se retrouver face à ce gamin ennuyeux. Il savait qu'il ne lui avait jamais pardonné pour Hinamori, mais ce n'était pas comme s'il y pouvait quoi que ce soit. Heureusement, toute l'attention du garçon était concentrée sur la personne l'accompagnant, une femme en robe blanche et aux cheveux marrons relevés en un chignon haut. Il portait attention à ce qu'il devina être le "maitre", non pas par réel intérêt que pour tenter de savoir s'il l'avait déjà croisé, quand il était coincé avec ses premiers maîtres. Lorsqu'il put apercevoir l'éclat vert du regard de celle-ci, qu'il ne reconnut pas, il se détourna. Non, inconnue. Au final, l'attitude d'Hitsugaya laissait supposer qu'il n'était pas si mal tombé que ça. Presque déprimant.

- Excusez-moi ?

Aizen se retourna vers la source de la voix, haussant un sourcil en voyant une jeune femme lui sourire, confirmant au passage qu'on s'adressait bien à lui. A son cou, un bout de carton plastifié qu'il identifia vite comme une carte de presse et derrière elle se trouvait un homme brandissant dans sa direction un appareil. Une caméra. Des journalistes. Magnifique. Un mouvement de tête afin de demander ce qu'il pouvait bien faire pour eux et un petit micro ne tarda pas à être pointé vers son visage.

- Je me nomme Tanaka Fuyuki et je suis chargée de couvrir cette soirée. Est-il possible de vous poser quelques questions?
- Vous voulez savoir où est le maître des lieux je suppose.
- Non, c'est bien vous qu'on cherchait… Si vous êtes l'esclave de Mr. Kurosaki.
- À votre avis?

Le collier et les armoiries ne devaient pas être assez voyants pour l'identifier sans doute. Il fit errer son regard sur l'homme en retrait alors que la journaliste laissait échapper un léger rire à sa réponse. Il devina sans peine qu'ils étaient ceux qu'avait évoqué Ichigo plus tôt et cette constatation lui arracha un sourire. Bien, voyons un peu ce qu'il pouvait tirer de la situation.

-[...]-

Après un dernier au revoir, Ichigo termina la conversation et raccrocha. Le léger sourire qu'il avait ne tarda pas à disparaître, au profit d'une moue renfrognée qui se faisait de plus en plus présente ces derniers temps. Seul sur un des petits balcons que comportait la salle de réception, il s'autorisa un léger soupir. Il utiliserait encore quelques minutes l'excuse de l'appel pour éviter de devoir rentrer dans la salle bondée et animée à laquelle il tournait actuellement le dos et pouvoir laisser un instant son regard se perdre sur un point quelconque de la propriété Kurosaki.

Il avait eu l'occasion de pouvoir parler à sa fille mais également à Shinji qui était avec elle et veillait à sa protection et son bien-être. Il avait retenu l'autre esclave au téléphone, en avait profité pour se vider le cœur et l'esprit, l'homme au bout du fil ayant bien compris qu'il était perturbé. Le retour de Sosuke… avait été un véritable choc. Il était sûr que c'était inattendu et si le jeune homme était quelque part ravi de le revoir, l'idée de l'avoir de nouveau dans son entourage lui paraissait étrange et déconcertante.

Il s'était résigné à ne pas avoir la présence silencieuse et froide dans son sillage, il n'était plus habitué à son comportement et ses remarques. Pourtant, il se souvenait parfaitement dans quelles circonstances ils s'étaient quittés.

Shinji avait désapprouvé son retour, sans grande surprise. Il l'avait mis en garde sur le fait qu'Aizen devait avoir quelque chose derrière la tête pour être revenu si soudainement. Le jeune homme ne pouvait qu'approuver, même si le but de son premier esclave lui restait totalement obscur.

Il faillit ne pas percevoir le bruit de la porte qu'on ouvrait et laissait se refermer. Il n'eut que le temps de se retourner pour faire face à celui qui occupait ses pensées depuis quelques minutes, dont le visage fermé n'indiquait rien de bon mais comme il ne se décidait pas à parler, ce fut lui qui prit l'initiative.

- Tu t'amuses bien? finit par demander Ichigo après un temps d'hésitation.

- J'apprends des choses intéressantes.

- Vraiment? Comme le fait que Shiro se fasse martyriser par son esclave?

Kurosaki ne put s'empêcher de se mettre à rire malgré lui. Son cousin n'aimait pas parler de Kensei mais sa tante en revanche adorait raconter les malheurs de son fils à son neveu. C'est ainsi qu'Ichigo avait appris que Shiro était parti s'installer dans un appartement et que s'il avait compté sur son esclave pour s'occuper de tout, il s'était retrouvé à devoir faire sa part du ménage. Ajouté à cela que sa cuisine était extrêmement épicée, ce qui lui avait joué des tours plus d'une fois. À sa décharge, il avait eu l'occasion de goûter un de ces fameux plats et il n'avait pas mieux supporté le feu qui avait ravagé sa bouche et sa gorge.

Sa tante devait probablement en rigoler encore. Aizen, lui, se contenta d'un léger "mh" avant de venir s'installer à côté de lui, croisant les bras sur la rambarde du balcon

- Et Hirako, comment va-t-il? finit par demander l'esclave.
- Bien, heureux de ne pas être ici.

La réponse avait fusé sans que le jeune homme ne réfléchisse vraiment. Il remarqua après coup que la question n'était pas posée de façon si innocente que ça. Une contrariété voilée mais qui ne l'étonna pas plus que ça. Il savait déjà que les deux hommes ne s'entendaient pas très bien. C'était un euphémisme.

- Je ne l'ai pas vu pourtant, fit Sosuke, songeur.
- Il… n'est pas ici. En fait, il n'est plus en ville du tout même, rajouta-t-il à voix basse.
- Oh, tu t'en es débarrassé.

Ichigo jeta un regard en biais vers l'homme qui semblait presque heureux de sa constatation, à en croire le léger sourire qu'il avait. Il oubliait simplement que son interlocuteur n'avait pas beaucoup de difficulté à camoufler ses pensées sous un masque souriant, quand il en avait envie ou le besoin. En réalité Aizen n'avait pas beaucoup apprécié d'apprendre de la bouche de cette journaliste qu'il y avait un second esclave chez les Kurosaki, encore moins aimé quand il avait appris son nom. Il avait tapé sur sa bouche en sachant parfaitement qu'aller à la confrontation directe sur le sujet lui serait défavorable mais... Il pouvait, d'une certaine manière, comprendre que le jeune homme ait voulu combattre la solitude. Il était sûr que maintenant qu'il était de nouveau là, l'autre n'avait tout simplement plus sa place.

- Non, pas vraiment, fit pourtant le chef de famille après quelques minutes de silence.

Le regard d'Aizen se fit vaguement interrogatif et mécontent, pourtant il l'arrêta d'une main levée lorsque le garçon ouvrit la bouche pour expliciter un peu plus. Devant son air confus (ne venait-il pas de poser indirectement la question?) il se contenta de retrouver son sourire en coin.

- Ne me dit rien, je m'en moque. Il est loin, qu'il le reste.

Il y eut un silence entre les deux hommes. Ichigo se détourna un instant pour pouvoir observer la salle remplie derrière eux et dans laquelle il allait bientôt devoir retourner.

- Il n'empêche, fit doucement la voix d'Aizen, l'obligeant à revenir vers lui, que de tous les esclaves présents dans la capitale, il a fallu que tu choisisses celui-ci.
- Je ne pouvais pas savoir, se renfrogna Kurosaki qui se sentait visé.
- Non, tu ne pouvais pas, agréa Sosuke.

Il n'y avait rien à répondre, pourtant le jeune homme se sentit brutalement gêné, mal à l'aise. Aizen venait de tomber d'accord avec lui, quelque chose de déjà surprenant en soi, pourtant il percevait nettement qu'il lui reprochait d'avoir fait ce choix alors qu'il n'avait pas été volontaire. Il se serait presque attendu à quelque chose se rapprochant plus de "tu l'as fait exprès" accompagné d'un air de circonstance, plutôt qu'une approbation simple et presque murmurée et d'un regard fixé quelque part dans l'obscurité des jardins de la propriété.

Il n'allait pas insister et se contenter de ça.

- J'y retourne. Tu m'accompagnes?

-[...]-

La fin de la soirée avait été une délivrance. Il avait réussi à cacher sa joie de voir les derniers invités partir. En revanche, il n'avait pas pu retenir un soupir de soulagement après qu'il ait entendu la porte se refermer. A côté de lui Aizen lui jeta un regard amusé tandis qu'il baillait après s'être passé une main sur le visage. L'horloge de la pièce indiquait qu'on approchait des cinq heures du matin, il était grand temps qu'il rejoigne son lit, comme l'avaient fait ses amis restés ici pour la nuit.

- Tu ne t'es pas vraiment amélioré au poker, je me trompe?
- J'ai jamais aimé ce jeu de toute manière, répliqua Kurosaki.

Il se détourna en grommelant, quittant la salle de réception pour rejoindre la partie plus privée du manoir. Celle où il n'y avait pas l'effervescence du personnel et où il pourrait être tranquille. Aussi accueillit-il le calme et l'obscurité de sa chambre avec bonheur. Enfin, obscurité… plutôt pénombre. Il n'avait pas besoin d'allumer la lumière pour pouvoir distinguer les meubles et son lit. Il sursauta lorsqu'une main se posa sur son épaule et tourna la tête pour tomber nez-à-nez avec Aizen. Un peu honteux, il admettait avoir quelque peu oublié qu'il n'était plus vraiment seul. Sosuke dû le comprendre puisqu'il leva brièvement les yeux au ciel.

- Ne me dis pas que tu comptes encore me faire dormir dans une armoire.
- Tu me tentes.
- Et dans un an tu me referas le même cirque avant de me renvoyer dans la ville basse? Autant dire que tu m'en as préféré un autre.

Ichigo eut un mouvement agacé, se défaisant de l'emprise pour se retourner et faire face à l'esclave. Avaient-ils vraiment besoin de discuter de ça maintenant?

- C'était la meilleure solution que j'avais trouvé à l'époque. Avec tout ce que tu m'avais raconté et… je partais du principe que tu serais revenu si tu en avais eu envie. Ce que tu n'as pas fait. Pourquoi es-tu revenu?
- J'ai déjà répondu à cette question, souligna Sosuke.
- Je ne vois pas en quoi tu pourrais m'aider plus que les autres.
- Et que font les autres si ce n'est t'encourager sans se mouiller davantage?

La réaction ne fut pas immédiate mais le jeune homme ne tarda pas à se pincer l'arête du nez alors qu'il fermait les yeux un instant. Il sentait pointer un début de migraine lié autant à la fatigue qu'à la situation. Il fusilla Aizen du regard qui arborait maintenant ce petit rictus qu'il détestait voir. Que répondre de toute façon? Il n'avait rien demandé et n'attendait rien de plus de son entourage que ce qu'il avait déjà. Lui-même avait suffisamment de problèmes liés à ses prises de positions pour vouloir impliquer ses amis et proches là-dedans.

- Tu as besoin de moi. Ce n'est pas une partie que tu pourras remporter seul.
- Qu'as-tu à gagner dans tout ça?
- Pouvoir me balader en haut sans cette chose. Plutôt honnête non? lui répondit Sosuke, en pointant le collier.

Le regard glissa vers l'objet susnommé. Les mains de Kurosaki se relevèrent pour agripper l'anneau et l'enlever. Il était à peu près certain qu'il y avait autre chose en jeu, mais l'homme avait l'air sincère et Ichigo n'avait pas envie de pousser l'investigation plus loin. Il n'oubliait pas cependant qu'il avait tenté de prendre le dessus quelques heures auparavant.

- On va dire ça, marmonna-t-il pour toute réponse.

Il se détourna une nouvelle fois, posant le collier qu'il considérait inutile désormais sur la commode la plus proche où il resterait un bon moment encore. Sa nouvelle intention d'aller vers son lit fut stoppée, elle aussi, alors qu'il se sentait retenu au niveau de la taille. Un mouvement de la tête en direction de l'accroche pour réaliser que Sosuke venait de s'emparer de la chaîne toujours présente à sa taille, qu'il observait de manière pensive.

- Laquelle est-ce? murmura-t-il finalement

Il n'y eut pas de réponse. Kurosaki se contenta de lui envoyer un regard fatigué avant de détourner la tête. Un sentiment de satisfaction s'empara d'Aizen, alors qu'il laissait retomber l'attache. C'était idiot, mais l'inimitié qu'il entretenait avec Hirako le faisait percevoir l'autre homme comme un rival et un obstacle. Obstacle qu'il prenait très au sérieux.

- Tu n'as qu'à dormir ici, le lit est assez grand pour nous deux, fit le jeune homme, changeant de sujet après plusieurs secondes de silence.

Sauf qu'aucun des deux ne bougea. Même s'il ne pouvait plus voir le visage d'Ichigo, il percevait la tension qui habitait celui-ci et les petits mouvements aussitôt contrôlés qu'il faisait dans sa direction. Il y avait quelque chose qui lui traversait l'esprit sans qu'il ne se décide à s'exprimer.

- Tu sais… finit-il cependant pas lui lancer, j'ai eu le temps d'imaginer ce qui pourrait se passer, si nos chemins étaient venus à se recroiser.
- J'ai une petite idée des possibilités, oui, murmura Aizen en réponse, l'incitant à continuer.
- Je pensais bien que tu me reviendrais parce que tu aurais été capturé mais… pas de manière volontaire.
- Je suis parfaitement honnête quand je dis que j'ai autant d'intérêt que toi à faire tomber le système. Toi pour satisfaire ton envie de justice, et moi pour débloquer la situation en contrebas.
- Les gardiens? demanda le jeune homme sans tenir compte de la pique qui lui était adressée.
- Pas seulement. Même s'ils constituent la majeure partie du problème.

Kurosaki vint finalement s'asseoir sur son lit. Le temps de retirer ses chaussures et tout ce qui couvrait son torse pour mettre en tailleur sur les draps, son regard perdu quelque part dans un coin de la pièce avant de se braquer sur Sosuke lorsque celui-ci vint s'installer face à lui.

- On manque de place et de ressources. Ceux qui se trouvent en bas sont plus nombreux que tu ne le penses.
- Tu penses que les remonter tous serait la solution? fit-il, sceptique.
- Non. Il suffirait qu'on puisse utiliser l'intégralité des ruines. Sans risque. Sans gardiens et sans traqueurs non plus.

Les deux hommes se fixèrent du regard. Étrangement, Ichigo ne tarda pas à se détendre significativement, convaincu qu'il n'avait pas à faire à une quelconque excuse mais bien à la vérité. Pas toute, parce qu'il ne la disait jamais, cependant le fond était là.

- Je ferai de mon mieux, souffla-t-il en se laissant tomber en arrière et dépliant les jambes pour s'allonger.
- J'en suis convaincu.

Master & Slave - Livre II
Fin


Merci beaucoup d'être resté jusqu'au bout du livre II

J'ai conscience d'avoir fait la morte pendant des mois (même plus d'une année), c'est pourquoi je trouve normal et nécessaire de m'exprimer à ce sujet. J'espère que vous prendrez quelques minutes supplémentaires pour lire ces lignes.

Certaines personnes ont cette faculté extraordinaire de pouvoir écrire très vite. Voire que là où je suis en galère, des auteurs sont capables de publier une quarantaine de chapitres en 2 mois me déprime.
Je suis de ceux qui sont des escargots: le chapitre 31 (celui-là donc) a été particulièrement compliqué à écrire. Je n'arrivais pas à trouver les mots, je ne compte plus le nombre de fois où j'ai recommencé des pages entières de ce chapitre parce que je n'étais pas satisfaite du résultat. A cela ce sont rajoutés les aléas de la vie qui n'ont pas arrangés la situation.
J'ai également décroché du fandom Bleach. Mes propres histoires, à moi, occupent entièrement mon esprit.
Résultat: si le chapitre 14 du livre II a été relativement rapide à écrire, le chapitre 15 a montré le bout de son nez après 1 an et 3 mois.

1 an et 3 mois!

Croyez bien que j'en suis vraiment désolée. Mais je ne voulais pas me forcer à clôturer le chapitre pour pouvoir l'offrir à la lecture plus rapidement. Un chapitre ainsi bâclé est une insulte à l'histoire et aux lecteurs, de mon point de vue, j'espère que vous le comprendrez.

Du coup, que va-t-il se passer maintenant?
J'ai attaqué le livre III. Je peux même vous dire que les 2 premiers chapitres sont écrits et vont partir à la bêta lecture, dés que les personnes seront disponibles et volontaires. J'essaie de reprendre un peu d'avance, aussi s'ils sont là, ils ne seront pas publiés tout de suite.
Bon, je vous rassure quand même, j'attendrai pas un an supplémentaire.

Au début du mois de Septembre, au moment où je poste ce chapitre, Master & Slave a fêté ses 4 ans d'existence. C'est énorme. Je suis la première à être étonnée qu'une fanfiction puisse prendre autant de temps. J'en ai peut être (sans doute?) croisé en tant que lectrice, mais c'est la première fois que je me retrouve de l'autre côté.

D'une discussion entre amies est né ce projet qui, à mes yeux, est pharaonesque : 3 livres d'une quinzaine de chapitres minimum, une histoire construite au fil des chapitres et de propositions que j'ai pu recevoir de celles à l'origine du projet, et de mes amis les plus proches. J'ignore combien de chapitres comptera le livre III, c'est un gros bloc et je ne sais pas trop par quel bout le prendre. Il devrait y avoir quand même beaucoup plus d'actions.
J'en viens à stresser en espérant que le dénouement et même le déroulement du dernier livre sera à la hauteur, autant de mes espérances que des vôtres.

Master & Slave est la plus longue et la plus compliquée fanfiction que j'ai eu entre les mains. Ce sera probablement la dernière.

Est-ce que pour autant je compte lâcher cette histoire?
NON!
Que l'on soit bien d'accord: aussi longue et éprouvante qu'est cette histoire pour moi, il est hors de question que je la lâche en plein milieu. Il y aura le point final, même si je dois prendre 4 ans supplémentaires pour le mettre.
Parce que j'adore cette histoire, moi aussi, et que je veux connaître la fin, moi aussi.

J'espère que vous me suivrez dans cette aventure, je vous en remercie d'avance!
Merci pour votre soutien et vos reviews qui me poussent de l'avant.

Arienlys