Chapitre 2 : soumets-toi ou meurs !
Une odeur nauséabonde réveilla en sursaut Eren. Une douleur fulgurante lui vrilla l'épaule qu'il se recoucha aussitôt. Il voulut porter la main sur sa blessure, mais ne put bouger les bras. Il se rendit compte qu'il était enchaîné. Il ouvrit alors les yeux mais ne put rien distinguer. Tout était noir. De ce qu'il ressentait, il devait se trouver à même le sol. Ce dernier était même poisseux. L'odeur devint plus forte et une envie de vomir lui monta à la gorge. Il ne pouvait pas bouger ses poignets et son cou étaient entravés par des chaînes.
Que s'était-il donc passé. Il essayait tant bien que mal de se remémorer les évènements d'avant son inconscience. Il se rappela avoir fui de chez lui, d'avoir dit adieu à ses amis et d'avoir essayé de fuir les brigands qui le pourchassaient. Il se rappela alors de la blessure reçue à l'épaule et le fait qu'elle saignait énormément. Or, s'il était encore en vie, c'est qu'on s'était occupé de celle-ci.
Il ne comprenait pas pourquoi on lui avait soigné son épaule si c'était pour le maintenir enchaîné dans une espèce de cave parmi les rats et les détritus. Peut-être voulaient-ils le voir souffrir d'une quelconque infection. Qui avait pu lui faire ça ? Il n'eut pas le temps de répondre à cette question qu'il sombra de nouveau dans l'inconscience, son corps étant devenu trop faible pour lutter contre quoique ce soit. Il tomba dans un sommeil agité par la fièvre.
Il ne sut pas combien de temps sa deuxième inconscience dura, mais le réveil fut tout aussi brutal que le premier, à la différence que cette fois, on lui jeta un seau d'eau glacée sur le corps.
-Réveille-toi vermine ! On t'attend dans la grande salle. Tu ne vas pas passer ton temps à dormir ?
Eren cracha l'eau qu'il avait par mégarde avalée. Il sentit qu'on lui détachait les liens. Il se crut enfin libre, mais aussitôt d'autres liens lui enserrèrent les poignets dans le dos et on lui mit une chaîne autour du cou. Il ne put apercevoir au début ses geôliers. Ils le levèrent de force et le traînèrent hors de sa prison.
Quand il franchit enfin la porte de sa prison, les torches suspendues l'éblouirent tout le long du couloir. Il mit quelques instants à se familiariser avec cette luminosité. On le tira sans ménagement comme s'il n'était qu'un vulgaire animal en laisse. Il tomba à plusieurs reprises, récoltant à chaque fois des coups de pied et de cravache.
Ils arrivèrent devant une grande porte que l'un d'eux ouvrit. Eren traversa, ligoté la foule jusqu'au milieu de la salle. Arrivé au centre, il reçut un violent coup derrière les genoux le faisant tomber. On lui libéra temporairement les mains avant le l'attacher de nouveau de part et d'autre d'un cercle au sol. Il remarqua à ce moment-là des anneaux sortant du sol. La chaîne qui le maintenait au niveau du cou fut attachée devant et derrière lui à même le sol. Il ne pouvait ainsi plus du tout bouger et se retrouvait à la merci de ses bourreaux. Il regarda tout autour de lui et remarqua enfin un siège juste en face. Les gens criaient et l'insultaient. Certains réclamaient même sa mort.
Les bruits se turent enfin quand la porte s'ouvrit à nouveau. Eren entendit des pas derrière lui, mais ne pouvait pas vraiment tournait la tête en raison de son enchaînement. Les pas se rapprochèrent et s'arrêtèrent derrière lui.
-Pitoyable.
L'homme qui avait parlé fit le tour du prisonnier, le regardant de bas en haut, comme s'il regardait une marchandise à vendre. Il fixa quelques instants le regard d'incompréhension d'Eren avant de lui tourner le dos et de s'installer dans le fauteuil.
- Qui es-tu ?
Le cerveau d'Eren, tournait à toute vitesse. Il ne savait pas qui il était et savait que pour pouvoir survivre le plus longtemps possible il devait mentir.
- Je ne suis qu'une personne de la rue.
- Je ne t'ai pas demandé ce que tu étais, mais quel est ton prénom.
- Je m'appelle Jean. Jean Arlett.
Le maître des lieux observa de ses petites pupilles le prisonnier, cherchant à trouver la moindre parcelle de doute, de mensonges dans son regard. Il ne trouva rien. Pourtant, il était sûr qu'il était le futur roi d'en haut. Il avait trop souvent vu sa sale tronche sur les avis de mariage. Savait-il au moins à qui il s'adressait en mentant de la sorte. Il allait devoir lui montrer qui était le maître ici.
-Je ne te crois pas. Ton langage n'est pas celui d'un chien errant dans les rues. Tes traits sont beaucoup trop délicats pour venir de la fosse. Alors dis-moi qui es-tu réellement ?
- Je vous dis la vérité. Je suis Jean Arlett, un simple badaud.
Levi se leva de son fauteuil et se dirigea vers le prisonnier. De sa cravache, il releva la tête de ce dernier et le regarda avec dégoût.
Eren ne le quitta pas du regard, le défiant même. Ce n'était pas un brigand qui allait lui apprendre à vivre.
Levi fit quelques pas en arrière et au moment où Eren pensa qu'il allait se rasseoir, un bruit de claquement résonna dans la salle. Un filet de sang se mit à couler le long de la joue d'Eren qui n'eut pas le temps de comprendre ce qui se passait. Il serra les dents afin de ne pas crier de douleur. Il en avait reçu des corrections et ce n'est pas une de plus qui le fera plier.
-Je déteste que l'on me mente et qu'on ose en plus me défier. Je sais ce qu'il te faut, c'est une correction. Je vais te dresser comme un animal. À la fin, tu me mangeras dans la main. Mais avant tout, il faut enlever toute cette merde qui te recouvre le corps. Amenez de quoi nettoyer cet animal.
Des cris de joie retentirent dans toute la salle. Levi reprit sa place initiale afin de contempler le spectacle qui allait venir. Il allait apprendre à ce morveux qu'elle était réellement sa place. Et cela allait commencer par le nettoyage, car il détestait plus que tout la crasse.
Les types chargés de le récurer arrivèrent avec deux seaux d'eau. Ils posèrent tout leur matériel près du prisonnier. Ils s'approchèrent de ce dernier et saisirent les vêtements crasseux. Ils les arrachèrent sans aucune retenue. Eren tenta de se débattre, mais les chaînes lui rappelèrent rapidement dans quelle situation il se trouvait. Il se retrouva rapidement nu comme un ver.
Levi fit signe de commencer le nettoyage. Ils vidèrent sur leur victime un seau d'eau glacée. Eren ne put réprimer un cri de stupeur. Le froid le saisit tout le corps. Mais cela ne durera pas. Les deux types commencèrent aussitôt à frotter vigoureusement la peau avec une brosse que l'on se servait habituellement pour les chevaux. Eren serra les dents tentant toujours de ne pas se laisser faire. Des gouttes de sang perlaient un peu partout sur son corps. Pas un seul centimètre n'y échappa. Quand ils passèrent sur sa plaie qui s'était infectée, il hurla de douleur. Il se mit à voir des papillons. Il fut pris de vertige et de nausées. Au bout de quelques minutes, il finit par perdre connaissance. Seules ses chaînes le maintenaient en place.
Quand ses bourreaux eurent fini de le nettoyer, ils lui jetèrent un nouveau seau d'eau glacée, le faisant presque suffoquer. Les deux hommes se tournèrent ensuite vers Levi, qui se leva afin d'aller voir de plus près le travail effectué. Il fut étonné de voir que les plaies ne saignaient déjà plus, sauf la blessure à l'épaule qui suintait toujours.
-Que l'on désinfecte sa blessure à l'épaule. Je ne voudrais pas qu'il crève maintenant. Je commence à peine à m'amuser.
Une fois la plaie désinfectée et bandée, Levi reprit sa place.
-Bien maintenant vas-tu te montrer coopératif et nous donner ton véritable prénom ?
- Je vous ai dit la vérité.
- Bon, je vois que cela ne te suffit pas. Je vais me faire un plaisir à te corriger moi-même. Dorénavant, tu seras mon chien personnel. J'ai toujours voulu avoir un chien pour le dresser. Je vais te faire ramper à mes pieds. Qu'on l'emmène dans ma chambre et qu'on l'attache au pied du lit.
- Patron, doit-on lui donner de nouvelles affaires ?
- Pour quoi faire ? Un chien n'a pas besoin de vêtement. Il a juste besoin d'une laisse et d'un collier.
- Sale bâtard.
- Apportez-moi une muselière. Il a la langue trop pendue.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Un homme de main revint rapidement avec une muselière un peu spéciale. Eren commença à paniquer intérieurement. Levi la prit et se dirigea vers son jouet. Il lui saisit sa chevelure et tira vers l'arrière la tête.
-Que disais-tu ?
- Sale bâtard.
- Que de vilains mots dans la bouche d'un morveux. Mais ne t'en fait pas, dans quelques minutes, tu ne pourras plus cracher ton venin.
Levi plaça la boule dans la bouche d'Eren et attacha la sangle derrière la tête. Eren tenta vainement d'y échapper, mais cela fut peine perdue.
Il fut détaché et on ne lui laissa plus que la chaîne autour du cou. Il voulut le relever pour marcher, mais à peine sur ses jambes, Levi lui assena un coup derrière les genoux, l'obligeant à se retrouver à quatre pattes. Sa plainte fut étouffée par le bâillon.
-Un chien, ça se déplace à quatre pattes et non sur deux pattes.
Eren dut donc se déplacer nu et à quatre pattes à travers la salle, jusqu'au appartement de Levi. Intérieurement, il maudit son connard de bourreau et se promit de le tuer de ses propres mains.
Il fut attaché comme demandé au pied du lit. Ses mains et ses jambes furent de nouveau entravées. Ils le laissèrent ainsi et retournèrent dans la grande salle. Eren était exténué par la douleur, la faim et la soif. Il finit par s'allonger à même le sol et se laissa happer par le sommeil.
Pendant ce temps Levi recevait les rapports des activités quotidiennes. Les affaires tournaient à merveille et l'argent et les armes s'engrangeaient sans la moindre fatigue. Quand la réunion prit fin, l'escouade spéciale qu'il avait détachée dans le monde d'en haut afin de mener son enquête revint. Il les prit à part afin de discuter tranquillement de leur rapport.
-Dites-moi que vous avez fait bonne pêche les gars.
- Oui boss, intervint un certain Erd. Nous nous sommes séparés en deux groupes. Avec Petra, je me suis rendu à la résidence des Jaeger. Je peux vous garantir que même si d'extérieur, rien n'y parait. À l'intérieur, c'est tout le contraire. Grisha Jaeger est complètement hors de lui, car son fils s'est enfuit.
- Très bien. Et du côté des amis d'Eren ?
- Personne ne sait rien. Ils ont été questionnés par la garde royale, mais, apparemment, ils ne savaient pas qu'Eren avait fugué. Ils ont tous été relâchés sauf un. Le fils du bibliothécaire. Il est soupçonné d'après les ont-dits d'avoir aidé Eren à s'échapper.
- Donc la chose immonde attachée au pied de mon lit serait bien le futur roi.
- Tout porte à croire, car le soir de sa fugue, des gardes ont été tués à l'entrée du passage par une de nos équipes et la même équipe a tiré sur un gamin qui fuyait dans le passage lors de leur retour de mission. Il l'aurait blessé à l'épaule.
- Merci. Bon boulot comme d'habitude les gars. Vous pouvez aller vous reposer. Moi, j'ai un travail de dressage qui commence. Je vais me faire une joie de briser Eren Jaeger comme sa famille a détruit la mienne. Quand je daignerai leur rendre, ils ne le reconnaîtront plus.
Levi quitta son bureau et se dirigea vers sa chambre. Tout le long de sa marche, il se demanda quand même, qu'elles étaient les raisons de la fuite d'Eren Jaeger, alors qu'il avait tout sans bouger le petit doigt. Il se promit de lui faire cracher le morceau. Quand il ouvrit la porte, il trouva le gamin endormi en boule contre le pied du lit tremblant de froid. Si ce tableau pouvait en émouvoir plus d'un, ce n'était pas son cas. Il se dirigea vers son nouveau jouet et le réveilla d'un coup de pied dans les côtes faisant tousser et cracher ce dernier.
Eren peina à reprendre son souffle. Il était épuisé et tremblait de froid. La muselière lui faisait horriblement mal et il sentait sa gorge complètement sèche. Il regarda en fronçant les sourcils la personne à l'origine de son mal.
-Tu n'es pas autorisé à dormir avant moi.
Eren le toisa un peu plus. Il aurait donné n'importe quoi pour le tuer de ses propres mains. Si au début, il se demandait qui était ce type, maintenant pour lui, il n'y avait plus aucun doute. Il s'agissait de Levi Ackerman, le bourreau des bas-fonds. On lui avait pourtant dit de faire attention et voilà qu'il avait fallu qu'il tombe sur lui dès son arrivée. Il avait vraiment une vie de merde, mais il comptait ne pas se laisser rabaisser par cet être abject.
-Baisse ton regard tout de suite où je te donne une correction exemplaire.
Eren préféra pour cette fois baisser les yeux, ne voulant pas empirer la situation, le temps de se remettre un peu d'aplomb.
-Bien, je vois que tu as compris qui était le maître ici. Maintenant es-tu prêt à coopérer ou vas-tu continuer à n'en faire qu'à ta tête ? Je sais très bien que tu ne t'appelles pas Jean Arlett mais Eren Jaeger, fils de la haute noblesse et futur roi de là-haut.
Eren retint sa respiration devant l'annonce de Levi. Ainsi, il savait vraiment qui il était. Cela sentait mauvais pour lui. Qu'allait-il lui arriver ?
-Une question me trotte dans la tête. Pourquoi as-tu fui et te retrouves-tu à errer dans les bas-fonds ? Tu savais pertinemment ce qui t'y attendait. Et toi, comme un débile que tu es, tu viens nous rendre visite. Alors, dis-moi tout.
Levi s'approcha de sa victime et lui redressa la tête en lui tirant les cheveux en arrière.
-Ce qui est bien avec toi, c'est que ton regard lui ne ment pas. Et quand je vois la panique dans celui-ci, je me dis que j'ai touché dans le mille. Si j'avais su il y a quelques jours que j'allais avoir un chien royal à mes pieds, je ne l'aurais jamais cru. Je vais te retirer ta muselière le clebs. Si tu oses te la ramener sans mon autorisation, je te fracasse ta mâchoire. Je me suis fait comprendre ?
Eren hocha docilement la tête. Levi lui retira le bâillon. Au contact de l'air frais Eren toussa, sa bouche étant complètement sèche. Levi le regarda avant de se redresser. Il partit en direction de la pièce mitoyenne qui n'était autre que sa salle de bain personnelle. Il fit couler l'eau pour se prendre un bain avant l'heure du dîner. Au bruit de l'eau qui coulait, Eren sentit sa soif revenir au galop et le besoin de s'hydrater se fit violent. Levi revint à ce moment-là et vit le geste de son esclave. Il sourit sadiquement. Il prit des affaires de rechange qu'il déposa sur son lit et repartir dans la pièce à côté pour en ressortir quelques minutes après avec un récipient remplit d'eau. Il le déposa près d'Eren. Ce dernier ne se fit pas prier et avança les mains pour prendre le récipient. Levi, aussitôt, lui écrasa la main la plus proche au sol.
-Un chien ne se sert pas de ses pattes pour boire. Bois comme un chien que tu es.
Eren voulut lui répondre, mais Levi appuya un peu plus sur sa main, faisant légèrement craquer celle-ci. Il ne put néanmoins retenir un gémissement de douleur pour le plus grand plaisir de son tortionnaire. Il finit par obéir et il baissa sa tête et se mit à lécher l'eau contenue dans le récipient. Dès le premier coup de langue, il ne put retenir une grimace de dégoût, face à cette eau imbuvable.
-Bois tout. Ne me dis pas que l'eau que je te propose te dégoûte. Elle vient de chez vous. C'est de l'eau que vous déversez ici.
Eren mit plusieurs minutes à boire ce breuvage infâme, ne voulant pas recevoir de nouveaux coups pour la journée. Il essayait tant bien que mal à retenir les hauts le cœur, que lui provoquait l'eau sale qu'il ingurgitait. Néanmoins, l'eau l'hydrata et il se sentit moins faible.
Levi finit par retirer son pied de la main d'Eren et partit en direction de la salle de bains. Il se déshabilla et plongea volontiers dans le bain d'eau purifiée. La chaleur lui détendit aussitôt les muscles. Il se posait énormément de questions et les réponses ne venaient pas facilement. Il fallait dire que son jouet était très têtu, voir même suicidaire pour oser lui tenir tête. Mais dans un sens, il aimait ça. Cela lui permettait d'user de sa force pour imposer la soumission et ainsi montrer à tout le monde qui était le maître des lieux.
Quand il eut enfin fini de se laver, il retourna dans la chambre afin de s'habiller avec sa nouvelle tenue propre. Il vit Eren assis, les genoux repliés sur le menton, le regard perdu par la fenêtre. Son regard reflétait une douleur et une tristesse. Levi était content, car même si ce dernier lui tenait encore tête, il allait lui manger dans la main rapidement s'il continuait à le briser et à le traiter comme un animal, comme les gens d'en haut traitaient ceux d'ici. Il s'habilla rapidement, puis se planta devant le gosse.
-T'as pas intérêt à faire le moindre problème pendant le repas. Si tu te tiens à carreau, peut-être, tu auras à manger.
En entendant ses dires, l'estomac d'Eren se rappela à son bon souvenir.
- Démerde-toi comme tu veux, mais je ne veux entendre aucun bruit de ta part.
Eren avait beaucoup trop faim pour se rebeller. Pourtant, l'envie ne lui manquait pas. Il se disait une fois de plus, la prochaine fois, tu le regretteras. Pour le moment, il préférait hocher docilement la tête.
Une fois Eren, en laisse à nouveau, il l'entraîna à sa suite. Eren souffrait au niveau des genoux de devoir marcher à quatre pattes. Le collier autour de son cou le blessait chaque fois que Levi tirait dessus. Ils finirent au bout de quelques minutes par arriver dans une grande salle, où il y avait de nombreuses tables. Levi traîna Eren jusqu'à la table centrale où se trouvait son escouade. Il attacha la laisse autour du pied de la table. Eren se sentait humilié sous les regards qu'il croisait tout le long de son périple. Etre dans le plus simple appareil devant autant de foule était la plus grande des humiliations. Au fond de lui bouillait le cri de la vengeance.
Le repas se passa tranquillement. Eren constata que finalement, les gens d'en bas n'étaient pas pour le moins civilisés. Il constata rapidement que son tortionnaire était aussi un maniaque de la propreté, n'ayant pas été de main morte avec une esclave qui avait renversé un plateau. La pauvre fille fut rouée de coups et dû nettoyer les dégâts occasionnés. Levi eut soudain une idée.
-Ramasse les restes et mets-les dans une gamelle. Cela sera pour mon chien.
Tout le monde rit et Eren dut faire énormément d'effort pour ne pas en coller une à Levi. On déposa une gamelle au pied de la table.
-Mange comme un bon chien tout ce qu'il y a. Et t'as pas intérêt à dégueulasser.
Eren fit la grimace en voyant le contenu de son assiette. Il y avait de la viande, des patates, mais aussi de la saleté et de la poussière venant sûrement du balai qui avait servi à tout ramasser. Eren aurait préféré sauter le repas, mais son estomac lui rappela que son dernier repas devait dater de plusieurs jours. C'est ainsi et sous le regard de son bourreau, Eren baissa la tête et se mit à manger comme un animal. Il lutta pour ne pas vomir à chaque seconde. Mais la seule chose qui comptait à ce moment-là, c'était qu'il se sentait revivre et que ces forces semblaient revenir un peu. Il allait pouvoir repasser en mode attaque, face à cet enfoiré.
Contre toute attente, il eut le droit à un bol d'eau qui cette fois était vraiment de l'eau. Il ne se fit pas prier pour le boire rapidement, tout en savourant chaque goutte, ne sachant pas quand il y aurait le droit à nouveau.
Malheureusement boire de l'eau eue un effet qu'il avait oublié. Une envie pressante arriva à la fin du repas et sa position était devenue plus qu'insupportable, s'appuyant sur sa vessie.
Levi tira un coup sec sur la laisse en le voyant se mette à gesticuler.
-Alors le clébard, on a des puces, pour bouger autant ?
Eren le foudroya du regard. Levi tira un peu plus sur la laisse, tout en enfonçant sa botte dans le creux des reins du gamin, malmenant ainsi un peu plus sa vessie.
-Réponds quand je te pose une question !
- Je n'ai pas de puce.
- Alors pourquoi remues-tu ainsi sur place ?
- Boss, généralement les chiens quand il remue sur place, c'est qu'ils ont envie de faire leur besoin.
- Vraiment ? Alors le chien, on a envie d'aller pisser ?
- Va te faire foutre.
La réaction de Levi ne se fit pas attendre et d'un geste habile, asséna à Eren un coup de pied dans la mâchoire, lui faisant valser quelques dents à travers la pièce.
-Vas-y réitère ce que tu as dit sale clebs !
D'autres coups pleuvèrent Eren sous le regard de l'ensemble de l'assistance.
-Levi ça suffit ! Tu vas le tuer ! Je croyais que tu en avais besoin.
Levi stoppa toute action et prit dans ses mains les cheveux d'Eren afin de lui relever la tête complètement ensanglanté.
-Quoi lui crever ? Il serait capable de tenir tête à la mort ce con. Dégagez-le de ma vue. Qu'il aille pisser près de la porcherie et vérifiez qu'il ne soit pas dégueulasse quand vous le ramènerez.
Levi tendit la laisse à Petra et avec Erd, ils traînèrent Eren hors du manoir jusqu'aux écuries où se trouvait la porcherie. Eren souffrait tellement, qu'il était incapable de dire quel endroit lui faisait plus ou moins mal.
-Petra que fais-tu ? Tu tiens à subir le courroux de Levi ?
- Erd, je peux comprendre la haine de Levi envers ceux d'en haut. Tout le monde a la même haine. Mais regarde dans quel état il est. J'suis sûr qu'il n'a pas choisi à être ce qu'il est. Il vient de se prendre une bonne correction. Laissons-lui un peu d'humanité encore.
- Tu vas nous attirer tout un tas d'ennuis.
- Mais non, il suffit de ne pas en dire un mot.
Après un soupir de résignation, Erd aida Petra à relever Eren afin qu'il puisse se soulager le mieux possible. Ils l'emmenèrent ensuite aux douches afin de le nettoyer et de désinfecter ses plaies. Petra lui refit le bandage à l'épaule.
Devant ce petit bout d'humanité, Eren sourit brièvement à cette petite femme aux airs angéliques.
-Tu sais Eren, je peux t'appeler Eren hein ? Levi n'a pas été tout le temps si dur. Il a été une époque quelqu'un d'humain. Mais cela remonte à tellement loin. Essaye de ne pas trop t'attirer ses foudres et il ne te martyrisera pas trop et tu pourras peut-être récupérer des vêtements.
- Pourquoi me dites-vous tout ça ? Je ne suis pas Eren.
- Peut-être parce que j'ai pitié de toi.
Eren fut reconduit à la chambre de Levi qui était déjà installé à lire un livre. La chambre parue moins froide. C'était sûrement dû à la cheminée qui flambait. Il fut réinstallé au pied du lit. Petra et Erd s'éclipsèrent rapidement sans un mot.
Eren avait mal partout, suite à la correction qu'il avait subie lors du dîner. Cette enflure n'était pas allée de main morte. Il n'avait pas eu le loisir de se regarder dans un miroir, mais il se doutait bien, qu'il ne devait plus trop être reconnaissable. Il essaya de s'installer le plus confortablement possible sur la pierre froide du sol. Il ne voulait pas montrer à son tortionnaire la souffrance psychologique qu'il endurait. Il ne voulait pas craquer devant cette abomination de la nature. Il repensa aux paroles de cette fille, Petra, et il avait du mal à imaginer qu'il n'a pas été ainsi tout le temps. De ce qu'il connaissait d'après les rumeurs qui courraient en permanence, Levi avait tué sa première victime à l'âge de 5 ans. Il avait donc du mal à croire que ce type assis dans son lit avait quelque chose d'humain.
Il était tellement perdu dans ses pensées, qu'il n'avait pas remarqué que Levi s'était relevé pour ranger son livre et qu'il se tenait devant lui, les mains sur les hanches, le toisant de haut.
-Déjà que tu dégueulasses le sol en te déplaçant, faut aussi que tu te mettes à rêver. Enlève-moi les taches de sang qui jonchent le sol de ma chambre.
Eren lui lança un regard meurtrier à son bourreau. Trop, c'était trop. Il n'allait pas se laisser faire. Tant pis s'il y laissait la vie.
-Je ne vois pas pourquoi je devrais nettoyer alors que tu m'obliges à marcher à quatre pattes et que forcément, j'ai les genoux en sang.
- Tu continues à me tenir tête ! La correction de tout à l'heure ne t'a pas suffi. Très bien, je vais e faire un plaisir de te corriger une nouvelle fois.
Levi lui assena une série de coups de pied dans le ventre, qu'Eren essaya tant bien que mal avec son enchaînement d'éviter. Au bout de quelques minutes, il se stoppa, remarquant enfin le bas de son pantalon rougi. Eren gisait à ses pieds complètement ensanglanté. Il n'y avait plus de réaction de son corps. Ce stupide mioche préférait crever que se soumettre. Mais pour Levi s'était hors de question de lui offrir la mort qu'il voulait tant. Il quitta la chambre en claquant violemment la porte.
