Chapitre 5 : l'exécution
Quelques heures après la fuite d'Eren
-Bande de crétins, je vous avais dit de surveiller de près mon fils. Ce n'était pas si compliqué ?
- Nous sommes désolés monsieur.
- Que le plus de personne possible partent à sa recherche. Il va sûrement essayer d'atteindre les bas-fonds. Je le connais. Il va vouloir fuir et devenir inaccessible. Et mettez aux arrêts le garde qui était de faction sous la fenêtre d'Eren. Il sera exécuté demain. Ramenez-moi le gosse qui traîne avec Eren en temps normal. Je suis sûr qu'il a aidé à s'échapper.
Une dizaine de cavaliers quittèrent dans les minutes qui suivirent le domaine et s'éparpillèrent à travers toute la région. Ils retournèrent le village au grand dam de ses habitants ne comprenant pas ce qui se passait.
Armin était dans sa chambre au moment où les soldats débarquèrent. Son grand-père essaya de faire barrage à l'étage menant à la chambre du garçon. L'un des soldats le repoussa violemment sous les yeux du blondinet et il chuta dans les escaliers. Sa tête heurta violemment le mur.
-Grand-père !
- Attrapez-le !
- Lâchez-moi ! Lâchez-moi ! Grand-père !
Armin se débattait. Il voulait rejoindre son grand-père donc une mare de sang s'était formée sous sa tête. Il ne bougeait plus. Armin donna un coup de pied, faisant lâcher prise quelques instants son tortionnaire, mais un autre arriva et lui donna un coup de crosse au niveau de la tempe. La dernière chose qu'il vit, fut le corps sans vie de son grand-père.
Jean et Mikasa étaient sortis de chez eux et virent leurs amis se faire embarquer. Ils étaient complètement impuissants et ne purent rien faire pour sauver leur ami. Ils attendirent de terminer les fouilles des maisons avant de se rejoindre près du lavoir.
- Putain, fait chier Jeager. À cause de toi, Armin s'est fait choper.
- On ne peut pas le lui reprocher. Nous étions tous d'accord pour l'aider. Il ne nous a pas mis le couteau sous la gorge.
- Faut qu'on le prévienne.
- À l'heure qu'il est, on n'arrivera pas à le trouver dans les bas-fonds. Ce monde en bas est très vaste. De plus, il faut qu'on essaye de sauver Armin.
- Ouais t'as raison. Bon, on ne pourra rien faire pour cette nuit. Autant aller se reposer et on se retrouvera demain avec les autres de la bande.
Ils se séparèrent pour le reste de la nuit.
De son côté Armin se réveilla quand il reçut un seau d'eau glacée sur le visage. Il toussa essayant de récupérer l'air dans ses poumons et rejeter l'eau. Il voulut se frotter le visage, mais ses mains étaient attachées derrière lui à la chaise. Il mit quelques instants à revenir à lui complètement. Il ne reconnaissait pas l'endroit. Il n'était pas chez lui. Soudain, le rappel de son grand-père gisant en bas de l'escalier refit surface et il ouvrit en grand les yeux.
-Enfin, tu te décides à te réveiller, jeune Arlett.
- Pourquoi suis-je ici ?
- Mais la question ne se pose même pas. Tu devrais savoir pourquoi tu es ici. Dis-moi où est passé mon fils et peut-être, je te laisserais la vie sauve.
- Je ne sais pas ce que vous voulez dire. La nuit Eren est chez vous. Où voulez-vous qu'il soit ?
- Je suis sûr que tu sais où il est. Tu l'as aidé à s'échapper. Des villageois t'ont aperçu avec tes amis, aidant mon fils à fuir ses responsabilités.
- Je n'en sais rien, et même si je le savais, je ne vous le dirais pas. Vous en voyez que votre petit monde, vous êtes égoïste, car vous refusez de voir le bonheur pour Eren. Vous ne voyez que votre propre intérêt…
- La ferme.
Grisha donna un violent coup au visage d'Armin. Un filet de sang coulant à la commissure de ses lèvres.
-Je ne t'ai pas demandé ton avis sur comment élever mon fils. Maintenant, tu vas me dire où il est ?
- Jamais. Jamais je ne trahirais la confiance d'Eren. Où il est, il est mieux qu'auprès de vous et de vos sales plans.
- Je vais te faire regretter amèrement ce que tu as osé dire.
Les coups pleuvaient sur le corps d'Armin. Mais il serrait les dents et aucun son ne sortit de sa bouche. Il les encaissa pendant plusieurs minutes avant de sombrer dans l'inconscience.
Grisha rageait contre le jeune homme qui refusait de lui dire où se trouvait son fils. Il fut interrompu dans sa rage par la venue d'un des gardes partis à la recherche d'Eren.
-Monsieur, l'équipe qui était partie du côté de l'entrée des bas-fonds a été massacrée.
- Ce n'est pas possible. Qui m'a foutu des crétins pareils. Et Eren ?
- Aucun signe de lui.
- Pourtant, je suis sûr qu'il se trouve là-bas. Qu'une équipe se rende de nouveau là-bas. Utilisez les grands moyens s'il le faut.
- À vos ordres. Et que fait-on pour le prisonnier.
- Foutez-le-moi au cachot, nous l'exécuterons dans trois jours. Prévenez demain le village de son exécution. Il servira d'avertissement pour tous ceux qui oserait se rebeller contre moi.
- Bien monsieur.
Grisha retourna à ses appartements laissant le corps ensanglanté d'Armin aux mains des gardiens.
Le lendemain sur la place du village, tous les villageois s'étaient regroupés afin de parler de ce qui s'était passé durant la nuit. La plupart ne comprenaient pas, pourquoi leur maison avait été retournée. Les soldats arrivèrent en milieu de matinée. Ils se placèrent au milieu de la foule rassemblée.
« Par ordre de Sir Grisha Jeager, Armin Arlett sera exécuté dans 3 jours pour haute trahison. Toute personne impliquée dans la disparition du jeune maître et futur roi Eren Jaeger encourra la même peine. »
Ils s'en allèrent aussitôt laissant la population complètement abasourdie par la nouvelle.
-Le pauvre gosse. Si gentil, il ne mérite pas ce châtiment.
- Tout est de la faute de cet Eren Jaeger. Il est né avec une cuillère en or dans la bouche. Pourquoi faire souffrir le peuple pour son propre plaisir. C'est une honte.
- Ne parlez pas d'Eren sans le connaître. Il a toujours été proche des habitants du village. À chaque fois que le village a été frappé par une catastrophe, il est toujours venu pour aider, pendant que son père faisait sa partie de chasse. Alors ne lui crachez pas sur le dos.
- Vous n'êtes que des gosses. Voyez les emmerdes qu'on court tous par votre faute.
- Je ne vous…
- Mikasa, cela ne sert à rien. Viens, on va essayer de trouver une solution.
Jean traîna Mikasa loin de tous ses cons. Ils furent rejoints par Connie, Sasha et Marco.
- Il nous faut trouver une solution pour sauver Armin. On ne peut pas le laisser dans cette situation.
- Que proposes-tu ? Je suis sûr qu'il est précieusement gardé et qu'on ne peut pas l'approcher si facilement.
- Je le sais très bien Connie. En plus, c'était lui notre tête pensante dans le groupe.
- Il ne faut pas oublier que si on agit et qu'on sauve Armin, nous serons tous des hors-la-loi. Nous devrons fuir comme Eren.
- Moi, je n'ai pas peur. Je risquerai ma vie pour Eren.
- ça, on le savait déjà Mikasa. Bon écoutez les gars, on a trois jours pour trouver une solution. Je vais essayer ce soir de voir où ils le retiennent prisonnier afin de pouvoir établir un plan de sauvetage. On se retrouve demain à notre endroit habituel. Les présents seront ceux qui sont prêts à quitter leur vie tranquille.
- Ok moi ça me va.
Chacun retourna à son activité quotidienne afin de ne pas éveiller le moindre soupçon. Jean prépara son infiltration dans le château des Jaeger. Il savait qu'il encourrait gros. Il attendit donc que la nuit tombe tranquillement. Une fois sa famille couchée, il sortit par la fenêtre, escaladant la gouttière. Il quitta discrètement le village. Il ne fit pas 500 mètres à l'extérieur de celui-ci qu'il tomba nez à nez sur une bande de brigands.
- Tiens, je crois que l'on est chanceux ce soir. Ne serait-ce pas une connaissance du nouveau jouet de notre boss ?
- Qui êtes-vous et que me voulez-vous ?
- Tu vas nous suivre sans faire d'esclandre et rien de fâcheux ne t'arrivera. Je suis sûr que tu as envie de revoir ton ami Eren. Il s'adapte plutôt mal, tu vois et je pense que la présence d'un ami l'aiderait à accepter la situation.
- Allez-vous faire foutre bande de bâtard des bas-fonds.
- Erd laisse-moi le latter s'il te plaît ?
- Non Aurouo. Le boss a dit d'en ramener un vivant.
Les brigands encerclèrent Jean. Au moment où ils se jetèrent sur lui pour le capturer, il ne leur facilita pas la tâche en se débattant. Il réussit à donner quelques coups avant d'être maîtrisé un peu brutalement. Ses poignets se retrouvèrent entravés dans le dos et on lui mit un sac de Jute sur la tête. Malgré les entraves, Jean essaya de s'échapper, ne se laissant pas faire comme ils le voulaient. L'un des brigands lui asséna un coup à l'arrière de la tête. Ils le traînèrent sans ménagement pendant des heures. À un moment Jean senti que l'air avait changé. Il était plus épais et humide. On lui fit descendre des escaliers. Plus d'une fois, il rata la marche et on le retint en le tirant par les poignets. L'angoisse commença à se faire ressentir. Depuis combien de temps, il avait disparu ? Est-ce que ses amis et ses parents étaient au courant de son enlèvement ? Où l'emmenait-on ? Toutes ses questions trottaient dans sa tête. Tout ce qu'il savait, c'est que cela avait un lien avec Eren. Il entendit une porte s'ouvrit et on le lança violemment contre le sol avant de refermer la porte. Il n'y avait plus un seul bruit sauf les pas qui s'éloignaient dans le couloir. Il essaya de garder tout son calme, mais l'angoisse et la peur de mourir commençaient à jouer dans son esprit et une nausée violente le prit aux tripes.
Au bout de quelques minutes, la porte se rouvrit et on le remit sur ses pieds. Il marcha quelques minutes avant de s'arrêter de nouveau devant une porte. On le fit entrer et arrêter aussitôt. Il sentit quelqu'un tournait autour de lui. De la sueur coulait le long de son dos. Le sac lui fut retiré de la tête.
-Bienvenue en enfer, ami d'Eren Jaeger.
- Qui… qui êtes-vous ?
- Désormais ton pire cauchemar. Ta vie ne dépendra que de la bonne coopération d'Eren. S'il refuse alors tu seras purement et simplement exécuté. Maintenant dis-moi ton nom.
Il se retrouva nez à nez avec la personne qu'il n'aurait jamais voulu croiser sur son chemin. Levi Ackerman, l'assassin des bas-fonds. Il déglutit lentement. Cette fois, il savait que sa fin était arrivée.
- Quoi, mais pourquoi ? Je n'ai rien fait moi. Je n'ai rien à voir avec cet idiot suicidaire. Laissez-moi partir, je vous en supplie.
- Je déteste répéter la question.
Levi assainit un coup de genou dans l'estomac du prisonnier.
-Jean, je m'appelle Jean Kichstein.
- Bien Jean, tu vas être un gentil garçon et obéir en répondant à mes questions. Pourquoi Eren s'est retrouvé chez moi ?
- Il avait planifié depuis des années sa fuite pour éviter le mariage forcé. Il avait fait plusieurs tentatives avant, mais à chaque fois son père l'avait retrouvé et à chaque fois, il se prenait une correction le laissant quasiment pour mort. Il a choisi de venir ici, pensant être en sécurité et qu'il y aurait moins de chance qu'il se fasse traquer, mais apparemment, il s'est fait choper l'idiot.
- Garde tes commentaires pour toi ou tu ne pourras plus jamais parler.
Jean ferma aussitôt sa grande bouche. Levi ouvrit la porte et le confia au garde afin de le descendre dans les cachots. Arrivé dans sa cellule, on le détacha pour le rattacher cette fois au mur avec des chaînes. Quand la porte se referma, il se retrouva dans le noir. Cette fois, il ne put retenir ses larmes de désespoir. Il se mit à pleurer sans se retenir pendant un long moment. Fatigué par ses heures de lutte, il finit par s'endormir.
Il ne sait pas combien de temps il se passa, mais la porte s'ouvrit brutalement et on lui remit ses chaînes aux poignets afin de le traîner dans le dédale des couloirs, jusqu'à une porte. On le fit entrer. Il retrouva de nouveau son bourreau, mais aussi Eren. Il écarquilla les yeux devant la façon dont était traité son ami. Il n'avait qu'une envie, tuer le salop devant lui pour avoir osé le brutaliser de la sorte et de le traiter comme un animal.
-Je pense que je n'ai pas besoin de vous présenter. Alors Eren vas-tu être un bon chien obéissant où devrais-je m'en prendre à tes amis en commençant par cette tête de cheval ?
- Allez-vous faire foutre connard ! Eren, ne te laisse pas faire ! Bats-toi !
Jean reçu un coup à l'estomac le faisant tomber à terre. Il reçut aussitôt un autre coup dans le visage. Un craquement sinistre se faisant entendre. Son nez venait de casser. Il sentait le sang couler contre sa bouche.
-Arrêtez ! Très bien, je vais vous obéir, mais laissez mes amis. Je vous en supplie.
Jean leva la tête, ne comprenant pas pourquoi Eren avait cédé. Il ne devrait pas et plutôt se battre pour ses idées.
- Vraiment ? Alors vient en rampant au sol et lèche-moi les bottes pour me supplier de lui laisser la vie.
Jean aperçut un peu de rébellion dans son regard. Tout n'était pas perdu. Eren devait se battre jusqu'au bout, même si cela devait entraîner sa mort. Il refusait de se faire sauver de cette manière-là.
-Je m'en doutais ce n'était que du vent.
Levi arma son pistolet et le posa sur la tempe de Jean. Celui-ci ferma les yeux et serra les dents. Même s'il voulait tant qu'Eren se batte, il avait à l'instant même peur pour sa vie et voulait vivre. Il ne voulait pas mourir bêtement.
Jean finit par rouvrir les yeux en entendant du mouvement. Il vit Eren aux pieds de son tortionnaire.
-Pourquoi Eren ? Pourquoi ?
Il n'eut pas de réponse. Eren ne le regarda pas et se mit à lécher les bottes de Levi, qui baissa son arme. Jean sentit les larmes brûler ses yeux, mais non, il ne devait pas pleurer.
-Bon chien. Tu sais maintenant qui est ton maître. Continue comme ça.
Au bout de quelques minutes, Levi le repoussa violemment du pied.
-Ca suffit maintenant. Assis. Débarrassez-moi pour le moment de l'autre perche. Je verrais ce que je fais de lui plus tard.
Jean jeta un dernier regard attristé vers Eren avant d'être ramené vers sa prison. Il se rendit à peine compte quand ils l'ont enchaîné à nouveau au mur. Il était anéanti par l'image d'Eren complètement soumis à son bourreau.
Le jour de l'exécution arriva trop rapidement. Mikasa et le reste de la bande se demandaient où était passé Jean. Ils l'avaient cherché sans trouver aucune trace. Tout ce qu'ils savaient, c'étaient que Jean avait quitté la maison en pleine nuit sans revenir. Les parents étaient très inquiets, car cela ne ressemblait pas au comportement de leur fils.
Personne ne savait ce qu'il fallait faire. Vers midi, tout le monde fut obligé de se rendre sur la place publique afin d'assister à l'exécution d'Armin.
-Mais qu'est-ce qu'on va faire ? Demanda Connie.
- Gardez notre sang-froid. Si on veut agir, ce sera au dernier moment. Pour l'instant, on doit se rapprocher de l'échafaud. Vous avez tout ce que l'on vous a demandé ?
Tous hochèrent la tête et individuellement se rapprochèrent du lieu de l'exécution. Les soldats firent le tour des maisons afin de rassembler tout le monde. Personne ne pouvait échapper à l'exécution. Un chariot transportant Armin arriva peu de temps après que tout le monde soit présent.
-Mikasa regarde le pauvre Armin. Ils l'ont brutalisé.
- Garde surtout ton calme Sasha. Il ne faut rien laisser paraître.
- J'ai un mauvais pressentiment. Je ne sais pas quoi exactement, mais il va se passer quelque chose, j'en suis sûr.
Mikasa savait que l'instinct de Sasha était infaillible. Elle resta donc plus sur ses gardes, surveillant la foule. Elle remarqua aussitôt qu'il y avait du monde, trop de monde pour leur village. Mais elle n'eut pas le temps de se poser plus de questions. Armin était traîné jusqu'à la potence. Le bourreau arriva avec le sac afin de cacher son visage. Il regarda en direction de ses amis et leur sourit avant que le noir total arrivât autour de lui.
Armin ne ressentait pas de peur, non. Il avait pensé à ça pendant les derniers jours et s'était fait une raison de mourir. Il avait pu peut-être aider son meilleur ami. Il sentit la gorge passer autour de sa tête et se serrer autour de son cou. Il entendit le prêtre déblatérer tout un tas de connerie sur la rédemption et le pardon. Soudain des hurlements et des coups de feu se firent entendre.
