PDV Kara
Moi : Et c'est tout ce qu'il s'est passé, je te jure.
Chyler : Mmh-mmh.
Moi : Pourquoi j'ai le sentiment que tu ne me crois pas ?
Chyler : Parce que c'est le cas.
Moi : Il n'y a rien eu d'autre !
Chyler : Mais il y a quelque chose que tu ne me dis pas.
Moi : (marmonne) Jaieusonnuméro.
Chyler : Plait-il ?
Moi : J'ai... hum... (me racle la gorge) J'ai eu son numéro.
Chyler : (surprise) Tu... ? Dis-moi au moins que tu lui as écrit !
Moi : Euh... Non ?
Chyler : (soupire) Il y a des jours comme ça où je me dis que tu aimes compliquer ma vie.
Moi : Personne ne t'a demandé de te mêler de ma vie sentimentale !
Chyler : Si, ton incapacité sociale l'a fait.
Moi : Mais je... !
Chyler : (me coupe) Ne le nie pas, Kara, je suis presque certaine que c'est elle qui t'a donné son numéro et que tu n'as même pas osé demander.
Moi : Peut-être ?
Chyler : Je vais te bassiner jusqu'à la fin des vacances s'il le faut mais tu finiras par lui écrire, crois-moi.
Le pire c'est que je la crois. Chyler a depuis longtemps été celle qui m'a poussé en avant. Elle m'encourage à faire des choses que je n'oserais certainement pas faire seule. Mais je n'ai jamais, je dis bien jamais eu le moindre courage quand il s'agissait de potentielle relation amoureuse. Elle pense sérieusement que ça va changer maintenant ?
Mon regard se perd à l'extérieur. Par la fenêtre je vois, sans vraiment la voir, la neige tomber paresseusement. Je repense à Lucy. Non sans blague ! Eh bien si. Je repense plus particulièrement à ce déjeuner qu'on a passé ensemble à L.A.
Flashback
L'endroit est bondé, suffisamment pour qu'on passe inaperçues. J'espère qu'on pourra profiter tranquillement de notre sortie sans être dérangées.
Lucy : Je peux t'avouer un truc ?
Moi : (surprise) Hum... Oui, bien sûr.
Lucy : Ok. J'ai regardé pas mal de tes interviews... presque toutes en fait. (je souris) Il n'empêche que tu arrives toujours à rester vachement mystérieuse.
Moi : Mystérieuse ?
Lucy : Oui. Comme je l'ai dit le jour où on s'est rencontrées, on ne t'a jamais connu aucune relation et ça ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.
Moi : Pose-moi ce que tu veux comme question alors et j'y répondrais... peut-être.
Lucy : (sourire) Cool. (réfléchit) Tu avais d'autres rêves en grandissant ? A part être actrice je veux dire.
Moi : J'ai toujours voulu avoir un chiot. (elle rit) Ouais je sais, c'est bien moins spirituelle que ce à quoi tu pouvais t'attendre mais c'est un rêve de gamine.
Lucy : C'est mignon.
Moi : (sourire) Si tu veux.
Lucy : Donuts ou cookies ?
Moi : Facile, donuts. Il paraît que je porte un amour inconditionnel aux donuts.
Lucy : (rire) Voilà qui explique beaucoup de choses.
Moi : Peut-être bien.
Lucy : Je prends note de tout ce que tu me dis, j'espère que tu réalises.
Moi : Et quand est-ce qu'on inverse les rôles ?
Lucy : Oh, seriez-vous curieuse Mlle Morton ?
Moi : Un peu.
Lucy : Ok, ré-égalisons les choses. Deux questions.
Moi : Il faut que je choisisse scrupuleusement alors. Ton film préféré ?
Lucy : (rougit) C'est... hum... '7 Girls'...
Moi : (sourire) La flatterie ne te mènera nul part.
Lucy : (marmonne) J'ai vu tous tes films.
Moi : Ok, je retire ce que j'ai dit, ça marche la flatterie.
Lucy : Contente de le savoir.
Moi : Deuxième question donc. Donuts ou cookies ?
Lucy : (rire) Je sens que si je ne dis pas donuts tu vas me laisser en plan ici.
Moi : Non, quand même pas... mais j'essayerais de te prouver que tu as tord, évidemment.
Lucy : Évidemment.
Le reste du déjeuner se passe dans la même ambiance bon enfant. Je l'ai toujours admiré de loin, je la trouvais belle et très talentueuse. Mais à passer du temps avec elle, je réalise que je vais finir par perdre la tête.
Flashback
Chyler : Tu m'écoutes ?
Moi : Hein ? Quoi ?
Chyler : (sourire) A quoi tu pensais ?
Moi : Rien.
Chyler : Mais bien sûr.
23 Décembre
PDV Lana
Moi : Merci pour ce dîner Jen.
Jen : Avec plaisir, et merci de m'avoir raccompagnée.
Un silence s'installe et j'espère qu'elle comprendra mes intentions parce qu'elles me paraissent plutôt évidentes à moi. Sérieusement, elle m'emmène dîner, c'est bien un rencard non ? Donc bon, je m'estime en droit d'attendre l'exclusivité totale et, accessoirement, j'attends avec impatience le moment où elle admettra sa défaite. Pour l'instant, elle se contente d'ouvrir la porte de son appartement et son chien vient immédiatement lui faire la fête. C'est au moment où elle se détourne de l'animal pour me refaire face que je passe à l'action. Ma main glisse jusqu'à l'arrière de son cou afin de l'approcher de moi impossiblement près, jusqu'à ce que nos lèvres se touchent. Je négocie plutôt bien mon affaire, parvenant à claquer la porte derrière moi et à plaquer Jen contre le battant dans un même mouvement qui la laisse complètement perdue. J'en profite donc pour intensifier le baiser, allant chercher sa langue du bout de la mienne, et c'est uniquement quand je commence à défaire les boutons de son chemisier qu'elle réagit. Et pas de la manière donc je l'aurais voulu. Elle me repousse ! Ok, doucement et délicatement et presque à contrecœur mais je m'en fous ! Elle m'a repoussé ! Moi ! Une Lovato merde ! Comment elle fait ?
Jen : Lana, non...
Moi : Tu n'as pas envie ?
Jen : Ce n'est pas ça... Je suis désolée.
Désolée ? Elle est désolée ? Désolée de quoi exactement ? De me repousser alors que je m'offre littéralement à elle ? Ou juste parce qu'elle s'est bien foutue de ma gueule depuis le début ?
Moi : Alors ce n'était qu'un jeu pour toi ? Vraiment ?
Jen : Lana...
Moi : Tu aurais pu dire quelque chose plus tôt non ? Genre, avant que je ne sois à nouveau raide dingue de toi ?
Jen : Ce n'est vraiment pas ce que tu crois...
Moi : Alors qu'est-ce qu'il t'arrive ? Tu passes ton temps à dire que tu veux qu'on reprenne les choses sérieusement mais de l'autre côté tu as une pile de secrets que tu refuses de partager avec moi. Ce que je crois, Jennifer, c'est que je ne peux pas te faire confiance et tu viens de me le prouver en beauté !
Son regard se durcit immédiatement. Je sais que j'ai frappé au bon endroit parce que, malgré les années passées, elle n'a pas tellement changé. Elle passe alors à côté de moi et se dirige vers la cuisine donc, curieuse comme je suis (blâmez ma mère), je la suis et, par précaution, je lance une dernière réplique bien cinglante.
Moi : Et tu fuis... encore. Parce que c'est tellement plus simple que d'affronter les conséquences de tes actes !
Là, je pense que je suis allée un peu trop loin. Elle me lance alors, avec un peu plus de force que nécessaire, une boite que j'attrape plus par reflex qu'autre chose. Je prends ensuite le temps de lire le nom inscrit dessus et... Laroxyl ? Je fronce les sourcils et retourne mon regard sur Jen, attendant des explications un peu plus explicites.
Jen : Ça va faire trois ans que je les prends maintenant. J'ai remarqué que je ne pouvais plus m'en passer depuis peu et...
Moi : Ça soigne quoi exactement ?
Jen : Dépression.
Moi : A cause de moi ?
Jen : Entre autres choses.
Je réalise alors ce que j'ai fait et, sans le vouloir, je me retrouve plongées 10 ans en arrière, quand c'était ma sœur que j'avais fait souffrir au point de devoir suivre un traitement psychologique. Aujourd'hui, je me retrouve devant le même cas de figure sauf que, cette fois, c'est la femme que j'aime qui se voit brisée par mon incapacité à comprendre les sentiments des autres.
Moi : Je suis désolée.
Jen : De quoi ?
Moi : Tout ça... C'est de ma faute et...
Jen : Tu es l'une des causes Lana, pas la seule.
Moi : Il n'empêche...
Jen : Avec tout ça, tu en as oublié d'être en colère contre moi.
Moi : Parce que j'ai encore une raison de l'être ? Pourquoi diable voudrais-tu à nouveau de moi dans ta vie après ce que je t'ai fait ?
Jen : Tu veux bien arrêter de prendre tout sur toi ? C'était mes choix d'accord ? Et j'aurais dû arrêter ce traitement il y a des mois mais...
Je vois bien qu'elle hésite et qu'il y a autre chose. Je ne sais pas vraiment si j'en ai le droit mais je m'approche d'elle avec un peu d'appréhension. Comme elle ne s'éloigne pas, je viens la prendre dans mes bras et je la sens se détendre lentement contre moi. Je me laisse moi-même aller à toutes ces émotions qui se battent à l'intérieur de moi et bien vite les larmes se mettent à couler sur mes joues sans que je ne fasse quoi que ce soit pour les retenir. Je me laisse quelques minutes pour faire le vide et, après avoir repris contenance, je m'éloigne doucement de Jen. Immédiatement, elle place sa main sur ma joue et essuie ce qu'il reste de mes larmes. Ce contact, doux et chaud, m'enivre totalement. Je pose alors ma main sur la sienne pour la retenir un peu plus longtemps et ferme les yeux, comme pour me plonger dans une fantaisie où on ne s'est jamais quittées. Quand je rouvre les yeux, son regard accroche le mien et je m'y perdrais si je n'étais pas aussi déterminée à obtenir des réponses claires.
Moi : (murmure) Explique-moi... Je t'en supplie
Elle m'entraîne alors, dans accord tacite, jusqu'au sofa où je m'assois à la gauche de Jen alors qu'Altaïr vient immédiatement à sa droite. Une fois que je me suis confortablement installée tout contre elle, j'attends patiemment qu'elle prenne la parole.
Jen : Le traitement n'aurait dû durer que quelques mois. Et puis, quand j'ai dit à mon psychiatre que je n'allais pas mieux, il n'a pas hésité à me prescrire une dose plus forte. De un cachet par jour, je suis passée à deux cachets par jour. Et puis c'est devenu une habitude, un peu comme une routine. J'ai arrêté mon psychiatre mais pas les médicaments. J'ai demandé à des dealers. Moi, une flic. Je suis sensée les mettre en prison ces types... Mais, malheureusement, j'ai besoin d'eux, ce sont eux qui m'aident à avoir ces foutus médicaments. Seulement, après un certain temps, je me suis aperçue, en regardant sur internet, qu'il y avait un effet néfaste sur la libido... D'où le fait que ta mère m'ait emmené dans une boite de strip-tease.
Moi : Et tu n'as rien ressenti ?
Lana : Absolument rien.
Je sens qu'elle dit la vérité, je ne peux pas nier ce fait, mais je sais aussi qu'il y a encore quelque chose. Quelque chose qui parait un peu plus grave que son addiction. Je me demande si j'ai le droit de demander à savoir. Mon appréhension me fait jouer distraitement avec le chemisier de Jen. Bon, je me lance.
Moi : Jen, tout à l'heure tu as dit que je n'étais pas la seule cause de cette dépression...
Jen : C'était pendant ma période de formation. Ce milieu est assez dure et il y a beaucoup de machiste. Et j'ai fait l'erreur de faire confiance à la mauvaise personne, j'ai été tellement naïve... Je lui ai raconté tout notre passé, le futur que j'aurais voulu avoir, tout. Lui disait que je t'aimais et que je t'aimerais jusqu'à la fin. Et qu'il me serait impossible pour moi d'aimer autrement quelqu'un. Et puis un jour on m'a laissé seule avec lui, il disait qu'il pourrait te remplacer, qu'il pourrait me donner ce que toi tu n'as pas voulu et, quand je lui ai dit qu'il était fou, il...
Elle s'interrompt alors et je comprends immédiatement ce qui va venir. Je prends sa main dans la mienne, cherchant à lui rappeler ma présence à ses côtés.
Jen : Ses yeux sont devenus noir de colère, j'aurais même dit de rage. Ensuite, je n'ai pas trop compris ce qu'il se passait. Je l'ai senti sur moi, puis en moi et... puis j'ai sûrement dû crier assez fort parce qu'un de nos collègues l'a plaqué contre le mur et l'a menotté. Je tremblais, je ne savais plus où j'étais. Les seules choses que je voyais c'était lui sur moi et ses va et vient en moi... C'était une sensation horrible, il y avait du sang partout... Olivia s'est occupée de moi du début jusqu'à la fin et, quand je suis officiellement rentrée dans la JPD, on m'a dit qu'Olivia serait ma collègue légiste. Depuis nous sommes meilleures amies.
J'allais répondre quand mon téléphone me coupe dans mon élan. Je ne sais pas vraiment si je suis plus en colère ou soulagée qu'on soit interrompues. En tout cas, je me décide à décrocher en voyant qu'il s'agit de Kara. Je sais que ça agace Jen, je l'ai vu roulé les yeux, mais je suis presque certaine que Kara insisterait si je ne décrochais pas.
Kara : Alors comment ça c'est passé ?
Moi : Ce n'est vraiment pas le moment Kara !
Kara : Avec toi ce n'est jamais le bon moment pour parler de Jennifer.
Moi : Kara...
Kara : Sérieusement quand est-ce que tu comptes lui dire que t'es encore dingue d'elle ?
J'ai bien l'impression que Jen a tout entendu parce qu'elle relève un sourcil et se tourne vers moi. Merci Kara.
Lana : Et on parle du fait que tu es incapable d'aligner deux mots dès que Lucy est dans les parages ?
Kara : C'est déloyal ce que tu fais !
Lana : Et ce que tu fais est juste embarrassant.
Jen : Je trouve ça instructif personnellement.
Kara : Donc je continue ?
Jen : Oui.
Moi : Non !
Kara : Très bien. Et Lucy va bien ?
Moi : Elle va bien. Kara, maintenant que tu as son numéro, tu devrais sérieusement envisager de lui écrire !
Kara : Non mais tu es dingue !?
Jen : De moi.
Comme je tiens vraiment à ce qu'elle se taise, je viens poser mes lèvres sur les siennes et cette fois elle ne me repousse pas. Elle pose sa main sur ma joue et approfondis le baiser.
Kara : Ne me dites pas que vous faites ce que je pense que vous êtes en train de faire !
Moi : (murmure à Jen) On reprendra tout ça plus tard. (à Kara) Si tu penses que j'ai profité de ce silence pour attaquer Jen avec mes lèvres, tu te trompes. Je l'ai juste embrassé.
Kara : Ok. D'accord. J'ai compris. Je ne sais pas ce que vous comptiez faire ensuite mais je suis presque certaine que je ne veux pas être là pour le découvrir. Donc on se reparlera plus tard Lana, je suis ravie d'apprendre que tu as enfin décidé d'ouvrir les yeux à propos de Jennifer et bye.
Une fois l'appel fini, je mets mon téléphone en silencieux histoire de ne plus être dérangée. Non mais c'est vrai aussi ! Je suis en rendez-vous -enfin- et j'aimerais pouvoir en profiter ! Une fois que j'ai rangé mon portable dans ma poche, je me tourne vers Jen et son regard accroche le mien. Comme à chaque fois, ses beaux yeux vert m'hypnotisent complètement. Alors, presque automatiquement, je m'approche d'elle et je viens l'embrasser doucement. J'ai du temps à rattraper non mais ! Pourtant, je m'écarte bien vite d'elle parce que j'ai toujours un petit truc à éclaircir.
Moi : Faudrait peut-être que vous vous revoyez, non ?
Jen : (fronce les sourcils) Notre première rencontre a été un désastre total. Pourquoi veux-tu qu'on recommence cette expérience ?
Moi : Plusieurs raisons. La première c'est que c'est ma meilleure amie donc vous risquez de vous croisez souvent à mon appartement. La seconde c'est que tu ne la connais pas. La troisième, je sais que vous pourrez vous entendre à merveille et la quatrième... pour me faire plaisir.
Je viens alors me blottir contre elle tandis qu'elle enroule un bras autour de mes épaules histoire que je sois bien installée. Je sais que mes arguments ont fait mouche. Elle sait que j'ai raison.
Jen : Ok, ok. Mais c'est bien parce que c'est toi, hein !
Moi : Je sais, je sais.
Jen : Mais !
Moi : Quoi ?
Jen : En échange, tu devras avoir une discussion avec Olivia.
Moi : Deal. De toute façon je dois lui parler.
Jen : Ah oui ?
Moi : Oui.
Le lendemain matin
Je suis tirée de mon sommeil par une caresse répétitive dans mes cheveux. Le geste en lui-même est doux et régulier et je pourrais me rendormir direct... sauf que je me souviens que c'est Jen qui s'est endormie à mes côtés et je ne peux m'empêcher de sourire à cette réalisation. J'ouvre alors les yeux et je croise immédiatement son regard.
Jen : Salut, ma jolie.
Moi : Hermosa...
Jen : Tu ne m'as toujours pas fait la traduction.
Moi : (blottie contre elle) Je sais.
Jen : Et tu ne me le diras jamais, hein ?
Moi : Mmh-mmh...
Jen : Au fait, joyeux réveillon.
Je sors immédiatement de ma torpeur en réalisant quel jour on est exactement. Merde ! J'avais oublié ! J'ai un avion moi aujourd'hui ! Il faut que je rentre ! J'embrasse alors rapidement Jen et j'allais pour me lever sauf que j'ai un peu oublier qu'on s'est endormies sur le canapé et je... tombe. Et merde, ça fait mal en plus ! Et Jen qui se fiche de moi non mais !
Moi : Il faut... il faut que je rentre. On... on se voit ce soir ?
Jen : A moins que tu ne veuilles pas de mon cadeau.
Je viens l'embrasser plusieurs fois rapidement, ne voulant pas vraiment quitter ses lèvres maintenant que je les ai retrouvé. Mais je dois y aller donc je le fais rapidement histoire de ne pas perdre trop de temps. Je dois encore retourner à New-York, où j'ai heureusement déjà fait ma valise, et je dois ensuite prendre l'avion pour L.A. Mais je pense quand même à saluer Jen avant de sortir de son appart.
Moi : A ce soir, Hermosa.
Et me voilà repartie. J'ai encore un peu moins de 4h de route devant moi mais ça en valait largement la peine. Avant de quitter définitivement Boston, je m'arrête prendre un petit café à emporter histoire de bien me réveiller.
Los Angeles
J'arrive chez mes parents en milieu d'après-midi. Je suis tellement heureuse de revenir dans la maison de mon enfance, vraiment. Ethan est déjà là et c'est la première fois depuis presque un an que je le revois. C'est lui qui est parti en Europe aussi !
Ethan : Et voilà la plus chiante !
Moi : Contente de te revoir aussi.
Ethan : (me prend dans ses bras) Tu m'as manqué.
Moi : Toi aussi. (m'écarte) Alors... Liverpool ?
Ethan : Froid, humide, gris... Mais ils ont de très bonnes bières.
Moi : Évidemment. Comment va Noah ?
Ethan : Toujours aussi énergique. Je l'aurais pour Nouvel An, je pourrais passer avec lui si tu veux.
Moi : (sourire) J'espère bien. Camila et Lauren sont arrivées ?
Ethan : Elles ne devraient pas tarder. T'as le temps de poser tes valises dans ta chambre.
Moi : Je vais faire ça alors.
Je monte donc dans mon ancienne chambre qui n'a toujours pas bougé depuis que je suis partie. J'aime vraiment revenir ici, c'est comme un cocon protégé du monde.
Selena : Ethan nous avait dit que tu étais arrivée.
Je me retourne alors pour faire face à ma mère. Je sais que techniquement je l'ai vu il y a quelques semaines mais comme je ne vois quasiment jamais mes parents, chaque occasion me semble unique. Alors je m'empresse de venir prendre ma mère dans mes bras. Elle donne les meilleurs câlins du monde, sans blague.
Selena : Camila et Lauren viennent d'arriver aussi et Jen ne devrait pas tarder avec un ami.
Moi : Un ami ?
Selena : Tu verras par toi-même de qui il s'agit, moi-même je n'en ai aucune idée.
Moi : Ok, j'attends de voir. J'ai encore deux trois trucs à faire et je vous rejoins.
Selena : On sera en-bas.
Comme je ne vais rester ici que quelques jours mais que j'aime réinvestir cet endroit dès que je reviens, je déballe mes affaires. Je retrouve, toujours à la même place sur ma table de chevet, une photo de Jen et moi à l'époque où je n'avais que 13 ans. Je prends le cliché en main avec un sourire nostalgique étalé sur mes lèvres. C'est au moment où cette photo a été prise que j'ai commencé à tomber amoureuse de Jen.
Perdue dans mes pensées, j'entends quand même de l'agitation venant du rez-de-chaussée. Je reconnais vaguement la voix de Jen et, même si je l'ai vu ce matin, je suis impatiente de me retrouver à nouveau en sa présence. Je laisse donc tomber mon déballage de valises et je descends.
Jen : Lana n'est pas là ? Et où est le reste ?
Ethan : Lana est...
Moi : Là !
Son regard croise le mien et un sourire grandit immédiatement sur mon visage, faisant écho au sien. Je me doute bien qu'on est loin d'être discrètes et que Demi et Camila nous voyant déjà ensemble vont sûrement faire le calcul très vite. Parce que les choses sont redevenues sérieuses entre Jen et moi, pas vrai ? Oh et, c'est vrai ! Son fameux ami.
Moi : (tends ma main) Lana, enchantée.
Thomas : Oh, la fameuse Lana Lovato ?
Je me tourne vers Jen en relevant un sourcil, un sourire taquin jouant sur mes lèvres. Oh, donc elle parle de moi elle aussi ? C'est bon à savoir.
Moi : Celle-là même. Et Shane est avec sa belle-famille ainsi que Trenton.
Jen : Alors nous sommes tous là.
Moi : C'est exact.
Selena : En tout cas, venez déguster mon bon apéritif !
Camila : Avec plaisir !
Pendant que les conversations fusent, je vole quelques regards « discrets » à Jen. Non, en fait, je la dévore du regard. Elle est belle, ce n'est pas de ma faute ! Et puis elle est de nouveau à moi ce qui n'est pas négligeable ! Malheureusement pour nous, on est bien vite repérer mais, contrairement à ce que je pensais, ce n'est pas Demi mais Selena qui nous a grillé de même que Camila.
Selena : (à moi) Bon viens là, toi !
Camila : (à Jen) Toi aussi.
Jen : Quoi ?
Moi : Un problème ?
Selena : Qu'est-ce qu'il se passe entre vous ?
Oh-oh, et voilà le regard 'Made in Gomez'. On est dans la merde, vraiment. Personne ne résiste à ce regard. Même Demi n'y est jamais parvenu. Je commence doucement à paniquer mais je me ressaisis bien vite.
Moi : Comment ça ? (à Jen) Il se passe quelque chose en particulier ?
Jen : Hein ? Non, pas du tout !
Non, impossible de passer au travers des mailles du filets. Elles savent et maintenant tout le monde saura ! Avec Jen, nous échangeons un regard désespéré. Demi et Lauren rejoignent notre petite troupe, évidemment. On est grillées.
Selena : Oh bordel, Demi regarde ça. Tu vois cette lueur ?
Camila : Pas la peine de mentir, les filles. On le sait.
Moi : Bon vous allez arrêter de regarder mes yeux comme ça. Désolée Jen. Oui, nous sommes de nouveau ensemble.
Demi : C'est vrai ? Et ton... problème ?
Jen : Je lui ai tout dit.
Lauren : C'est merveilleux. Je veux dire... Que vous ayez enfin pu discuter de ça.
Jen vient alors prendre ma main dans la sienne, presque timidement. Je pense que d'énoncer enfin à voix haute qu'on est officiellement ensemble la rassure. En ce qui me concerne, savoir qu'elle cautionne ça me tranquillise également. Je serre un peu sa main et lui offre un sourire.
Demi : Ethan t'a une nouvelle belle-sœur.
Ethan : Je sais.
Selena : Comment ça ?
Moi : Oui, c'est vrai. Comment ça ?
Ethan : Je l'ai compris au moment où Jennifer a poser les yeux sur Lana.
Thomas : Tout le bonheur à vous deux.
Jen : (rougit) Merci.
27 Décembre
PDV Kara
J'avais prévu de passer Noël avec Chyler et sa famille et Nouvel An avec Lana. Mais, comme on n'a pas discuté depuis mon appel impromptu pendant son rendez-vous avec Jennifer, j'ai décidé de venir lui rendre visite avant ça. C'est pour ça que je suis à présent dans son apparaît et, si j'en juge par son regard, elle se doute bien de la raison de ma visite.
Moi : (sourire) Alors... Je veux les détails de ce rendez-vous avec Jennifer.
Lana : Évidemment, le contraire m'aurait étonné.
Moi : Ça avait l'air de bien se passer si j'en juge par ce que j'ai entendu.
Lana : Elle était à la maison pour Noël et... (sourire)
Moi : Non ! Vous êtes ensemble ?
Lana : Oui...
Moi : Aaah ! C'est génial !
Je viens alors l'envelopper dans une étreinte dont j'ai le secret. Je l'entends rire doucement contre moi mais je m'en fiche, je suis vraiment trop heureuse pour elle. J'ai toujours plus ou moins connu Lana célibataire. Aujourd'hui, enfin, elle m'a l'air heureuse, plus détendu et enfin rayonnante.
Moi : Sérieusement, je suis très contente pour toi. Pour vous.
Lana : Merci.
Elle s'écarte alors de moi et me lance un regard qui m'indique qu'on va passer à un sujet sérieux. Quoi, maintenant ? Vraiment ?
Lana : Je voulais te demander... (hésite)
Moi : Dis-moi.
Lana : Je sais que votre dernière rencontre était plutôt mitigée mais... je pensais que vous pourriez vous revoir, Jen et toi.
Oh. Ok, ouais. Mitigé est comme qui dirait un doux euphémisme. Non parce que je me souviens clairement de la première et dernière fois où j'ai rencontré Jennifer et c'était... disons intéressant.
Flashback
Ce jour-là, j'avais prévu de voir Lana. C'était peu de temps après qu'on ait commencé à se rapprocher et j'étais toujours un peu anxieuse à cette idée. En tout cas, alors que j'allais toquer, je suis tirée de mes pensées par une voix qui m'interpelle.
? : Kara, c'est ça ?
Moi : On se connaît ?
? : Pas encore. Mais tu connais ma petite amie. Lana ?
Moi : Oh. (sourire) Alors c'est toi la fameuse Jennifer. Tu sais qu'elle parle de toi à longueur de journée ?
Jennifer : Et pourtant ça ne t'empêche pas de l'aider à me tromper.
Moi : De l'aider à... ? (rire) Non, ce n'est pas ce que tu crois.
Jennifer : Mais je ne crois rien, je constate.
Moi : Tu te trompes ! Lana et moi avons travaillés sur quelques projets de robes et nous nous sommes bien entendues. Euh... Je veux dire, nous sommes amies, c'est tout. Enfin... je crois ? Peut-être ?
Jennifer : Peut-être ?
C'est à ce moment que je suis sauvée par Lana qui vient ouvrir la porte de son appartement. Dieu merci.
Lana : Kara ! Te voilà, pourquoi n'as-tu pas... ? (voit Jennifer) Ma chérie !
Jennifer : Oh n'essaye même pas.
Lana : Pardon ?
Moi : Elle semble croire qu'on est... ensemble ? Derrière son dos ?
Lana : (claque des doigts) Jennifer Emma Jauregui, viens ici immédiatement.
Moi : Oh-oh.
Ok, rappelez-moi de ne jamais donner mon nom complet à Lana histoire qu'elle ne puisse pas l'utiliser de cette façon contre moi. Je n'aimerais pas être à la place de Jennifer en ce moment.
Jennifer : (s'approche) Hey ma jolie.
Lana : Ça ne marchera pas.
Moi : Je crois que je vais vous laisser. Ouais, c'est ça je vais... m'éclipser...
J'ai bien l'impression d'être prise en plein milieu d'un conflit qui ne me concerne pas. Comme à chaque fois que je suis gênée, je joue avec mes lunettes, les remettant en place sans raison.
Lana : Tu restes ici.
Moi : Ok ok, je ne bouge pas. (à Jennifer) Je devrais voir peur ?
Jennifer : Pas autant que moi je pense.
Lana : Oh si tu savais à quel point tu as raison. A l'intérieur, toutes les deux.
Comme je n'ai pas franchement le choix, je m'exécute. Sérieusement, Lana en colère c'est flippant. Son côté Latina ressort puissance 1000 et, personnellement, j'ai toujours eu peur des Latinas. Sans rire.
Lana : Donc. (à Jennifer) Tu pense sérieusement que je pourrais te faire ça ?
Jennifer : (gênée) Eh bien... Euh...
Lana : Je n'arrive pas à croire que tu aies douté de ma fidélité ! Et puis, sans vouloir t'offenser Kara mais, elle n'est pas du tout mon genre.
Nope, je ne suis pas du tout offensée. Elle a raison aussi, sur le plan romantique on est totalement incompatibles.
Jennifer : Ok alors déjà dire qu'elle n'est pas ton genre c'est limite ne revenir à dire que je ne suis pas ton genre. Les cheveux blonds, les yeux clairs et même ces fameuses lunettes que tu adores me voir porter... C'est limite si on ne nous prendrait pas pour des sœurs !
Lana : Non mais tu délires !
Moi : Elle n'a pas tout à fait tord tu sais ?
Lana : T'es de son côté maintenant ?
Moi : Je ne suis d'aucun côté moi ! J'ai juste été prise au milieu !
Lana : Tu peux remercier Mlle Jauregui pour ça.
Jennifer : Je suis désolée d'accord ? Je n'aurais pas dû douter de toi. Contente ?
Lana : Non ! Jen, tu ne peux pas me faire une crise à chaque fois que tu es incapable de contrôler ta jalousie !
Jennifer : Ce n'est pas tout le monde ok ? C'est juste... (me regarde puis à nouveau Lana) On dirait une version améliorée de moi.
Moi : Oh non, je ne pourrais jamais avoir autant la classe en cuir. Encore moins rouge.
Lana : Et je t'assure qu'on est vraiment amies. Rien de plus.
Moi : Et je ne mentais pas, elle parle tout le temps de toi. Genre vraiment tout le temps, au point où ça en devient agaçant.
Lana : Pourquoi tu n'as jamais rien dit ?
Moi : Parce que tant qu'on parle de Jennifer ça m'évite d'avoir à parler de ma vie amoureuse désespérément monotone. Sur ce, je vais vraiment vous laisser. Je pense avoir mis au clair tout ce que j'avais à dire. On se reverra une autre fois Lana, tu devrais profiter de ta petite amie et Jennifer... (me regarde) Ok c'était clairement pas la rencontre que j'aurais voulu mais j'espère sincèrement qu'on pourra repartir à zéro. Une autre fois par contre parce que je vais y aller... Je l'ai déjà dit ça. Bref, bye.
Et je quitte la pièce de même que l'appartement de Lana. Je ne suis pas passée loin du drame moi.
Flashback
Moi : Elle ne va pas m'étriper, pas vrai ?
Lana : (rire) Tu ne risque rien, Supergirl.
Moi : Oh ça va hein ! Tu te souviens comment ça s'est passé la dernière fois ? J'ai bien le droit d'être un peu anxieuse non ?
Lana : Je comprends, mais ça se passera bien.
De loin, j'entends un portable biper. Lana me dit alors qu'elle a laissé son téléphone à charger dans sa chambre et qu'elle s'en va de ce pas le chercher histoire de savoir qui la sollicite. Sauf que le temps qu'elle quitte la pièce, j'entends des coups frappés à la porte. Comme je ne veux pas vraiment faire attendre la personne à l'extérieur, je vais ouvrir et je vois... Jennifer. Bon bah, cette rencontre se fera plus vite que prévu.
Jennifer : Kara...
