PDV Kara
Maintenant que les vacances sont terminées, je suis de retour à Vancouver pour terminer le tournage d'un film qui avait débuté en Novembre. Je suis très contente de reprendre le travail. Je m'entend assez bien avec le staff et la production, d'après Chyler c'est parce que je suis adorable et impossible à détester. Je vais finir par la croire à force. Mais, même si j'entretiens de bons rapports avec tout le monde, j'ai ma petite préférence pour Jeremy. C'est notre technicien du son, un vrai petit génie de l'informatique. Il est aussi très timide, socialement maladroit avec un penchant pour les rougissements et les balbutiements. En tout et pour tout, c'est un peu comme une version masculine de moi. On s'est entendues presque immédiatement lui et moi. J'étais très contente de le retrouver sur ce film puisqu'il travaille également sur ma série. Je ne suis donc pas franchement seule.
C'est pour ça que je suis allée le retrouver dès mon arrivée sur le lieu de tournage. J'ai un peu de temps avant de devoir enfiler mon costume et j'en profite pour discuter un peu avec Jeremy de nos vacances. Comme prévu, il finit par m'interroger sur mon apparition dans la presse people. Je pense que je vais en entendre parler encore longtemps. Je ne peux blâmer personne, vraiment. Moi qui ai toujours été discrète dans les médias, maintenant qu'il y a quelque chose à raconter sur moi ils s'en donnent à cœur joie. Et puis, soyons honnêtes, je ne me lasse pas de parler de Lucy.
Moi : Et si je ne lui plaisais pas tant que ça en fait ?
Jeremy : Tu penses que c'est le cas ?
Moi : Pour l'instant je n'en sais rien mais même si elle a envie d'aller plus loin maintenant, elle ne sait rien de moi. Elle risque de déchanter par la suite.
Jeremy : Ou peut-être pas.
Moi : J'ai peur de faire une connerie.
Jeremy : La vraie connerie serait de ne rien faire.
Moi : Tout le monde me dit ça.
Jeremy : On doit avoir raison alors.
Moi : Peut-être bien.
Avant qu'on ne puisse poursuivre notre conversation, on m'informe que je dois rejoindre notre styliste histoire qu'elle m'habille pour ma scène du jour. Au boulot Kara !
Ellipse…
Il est plus de minuit quand je reprends enfin le chemin de la maison. Évidemment, je n'ai pas d'appartement ici. Avoir deux loft serait du suicide économique, je ne suis pas assez bien payée pour ça. Quand je suis en tournage à Vancouver, je reste avec Chyler. Ça facilite son travail aussi apparemment. Je n'ai pas trop bien compris en quoi mais je suis presque sûre que ça a à voir avec son besoin incessant de veiller sur moi. Probablement qu'elle doit paniquer quand je suis seule à New-York. Au moins, cet arrangement va me permettre de lui parler plus facilement. Pour ce que j'ai à lui dire, il vaut mieux que ce soit fait en face. Et je m'y attelle dès que je suis rentrée, installée dans le salon devant un bon chocolat chaud.
Moi : J'ai beaucoup réfléchi ces derniers temps.
Chyler : Ça ce n'est jamais bon.
Moi : Hey !
Chyler : Trop tentant, désolée.
Moi : Bref. Je… (inspire un grand coup) J'aimerais retracer mes parents.
Chyler : Biologiques ?
Moi : J'ai d'autres parents ?
Chyler : Pas à ma connaissance.
Moi : Donc voilà.
Chyler : Kara…
Moi : N'essaye pas de m'en dissuader, s'il te plaît.
Chyler : Ce n'était pas mon intention. Mais, Kara, ça risque de prendre du temps.
Moi : Je m'en doute.
Chyler : Et ce n'est pas garanti que le résultat soit à la hauteur de tes attentes.
Moi : Je sais.
Chyler : Tu es sûre que c'est ce que tu veux ?
Moi : Oui. Comme dit, j'y ai beaucoup réfléchi. J'ai besoin de savoir Chyl'.
Chyler : Très bien dans ce cas. Je verrai ce que je peux faire.
Moi : Vraiment ?
Chyler : Oui. Mais je te répète que ça risque de prendre du temps. Voire de ne pas donner de résultat du tout. Je ne veux pas que tu t'emballes pour au final être encore déçue.
Moi : Même si ça ne donne rien, j'ai tout ce dont j'ai besoin en ce moment. Ce n'est pas une famille que je cherche, juste des réponses.
Chyler : Tant mieux parce que ça me ferait mal de te voir revenir vers eux. Ils ne te méritent pas.
Moi : (sourire) Je sais.
Savoir qu'elle soutient mon choix me soulage d'un poids que j'ignorais porter. Mais c'est normal que j'appréhende sa réaction, Chyler est presque comme ma sœur à ce niveau. Je ne le répéterai jamais assez mais, si j'en suis ici aujourd'hui, c'est en grande partie grâce à elle.
Chyler : Alors cette « rentrée » ?
Moi : Froide et humide.
Chyler : (rire) C'est Vancouver tu me diras.
Moi : Pas faux.
Chyler : Tu as parlé à Jeremy ?
Moi : Évidemment.
Chyler : Il en est encore à faire les yeux doux à Jason ?
Moi : Jeremy ? Faire les yeux à Jason ? Tu parles bien de Jason, ma co-star sur Supergirl ?
Chyler : Ce même Jason à qui tu roules des patins chaque semaine, oui.
Moi : Hey ! Ce n'est qu'un rôle !
Chyler : Je sais. Il n'est pas ton genre de toute façon. Trop grand, trop masculin et clairement pas assez Lucy.
Moi : (rougis) C'était obligé ça ?
Chyler : (rire) Ouais.
Moi : Enfin, pour en revenir au sujet de base… Il ne se passe rien entre Jeremy et Jason.
Chyler : Je n'ai jamais dit ça. Je dis juste que Jeremy ne rêve que de ça. Il a ce regard… tu sais, le même que tu lances à Lucy à chaque fois que tu la vois ?
Moi : Qu'est-ce que tu insinues ?
Chyler : (sourire) Rien du tout.
Moi : J'ai l'impression que ça t'amuse de me taquiner comme ça.
Chyler : C'est le cas.
Moi : T'as de la chance que je t'adore.
Chyler : Je sais.
PDV Lana
Comme Jen ne me visite que les week-end, je profite généralement de la semaine pour travailler. Comme je suis plutôt bien niveau planning en ce moment, et que j'ai énormément de questions qui me trottent dans la tête, je me prends une petite pause pendant la journée pour téléphoner à ma mère. En espérant qu'elle réponde parce qu'elle est souvent très occupée. Ah, j'ai de la chance apparemment !
Demi : Lana ?
Moi : Hey maman !
Demi : Comment tu vas ?
Moi : (sourire) Mieux que jamais. Et à la maison ?
Demi : Tant mieux. Tout va bien de notre côté aussi. Et avec Jen, vous arrivez à vous voir ?
Moi : On échange les week-end, un coup c'est elle qui descend à New-York et la semaine suivante c'est moi qui monte sur Boston. Mais ça va, pour l'instant on fait fonctionner le truc.
Demi : Vous y arriverez aussi longtemps qu'il le faudra.
Moi : Je l'espère. (hésite)
Demi : Il y a autre chose, pas vrai ?
Moi : Oui, j'ai… (me racle la gorge) J'aurais besoin de conseil.
Demi : Tu es sûre que tu ne t'es pas trompée de maman pour le coup ?
Moi : Non, je suis presque certaine que si j'avais cette conversation avec Mama, elle irait immédiatement se rincer les oreilles à l'eau de javel.
Demi : Oh. Il est donc question de sexe.
Moi : On peut dire ça.
Demi : (rire) Tu es exactement comme elle sur ce point. D'une pudeur à toute épreuve.
Moi : J'ai juste… Jen t'a parlé de son… problème, pas vrai ?
Demi : Sa baisse de libido tu veux dire ?
Moi : Oui. Ça.
Demi : Tu ne veux pas que je vienne me joindre à vous quand même ?
Moi : (choquée) Maman !
Demi : (rire) Oh ça va, je plaisante.
Moi : Ouais bah ton humour est plus que douteux.
Demi : Tu en as hérité je te rappelle.
Moi : Et c'est bien ma veine.
Demi : Bon, revenons-en au sujet qui nous intéresse, veux-tu ?
Moi : Il vaut mieux je pense.
Demi : Donc, tu veux savoir comment la faire craquer je suppose ?
Moi : Évidemment !
Demi : Je ne suis pas spécialiste en la matière, je tiens à le préciser. Je n'avais pas franchement besoin de forcer pour réussir à convaincre ta mère.
Moi : Je n'ai pas besoin de détails sur votre vie sexuelle, merci bien.
Demi : (rire) Je n'allais pas m'étendre sur le sujet. En bref, je pense que la clé c'est d'y aller doucement. Y aller progressivement. Un peu comme si c'était votre première fois. Tu veux que ce soit parfait et mémorable alors tu prends ton temps. Tu tâtes le terrain avant de te lancer. Tu vois ce que je veux dire ?
Moi : Je crois…
Demi : Je vais t'expliquer mon idée un peu plus ne détails, tu vas voir c'est très simple.
Ellipse… 1 mois…
PDV Kara
Je viens tout juste de rentrer de tournage après 4 autres semaines de travail. Je suis crevée mais tellement contente de retrouver mon loft de New York. Les murs en brique et les poutres en bois clair m'offre toujours une sensation cocooning que je n'échangerais pour rien au monde. Et la vue sur Manhattan est toujours un gros plus. Surtout que je suis au dernier étage, ce qui veut dire que j'ai une vue imprenable et un calme relatif. Aussi calme que possible en plein New York, j'entends. Je viens tout juste de me changer dans quelque chose de plus confortable et je suis en train de redescendre la mezzanine quand j'entends des coups frappés à la porte d'entrée. On n'est qu'en début d'après-midi mais quand même, je n'attendais pas de visite. Je viens à peine de rentrer et je ne l'ai dit à personne pour l'instant donc… Qui ça peut être ? Le meilleur moyen de savoir étant encore d'aller voir, je m'empresse d'ouvrir la porte pour y trouver Lucy, resplendissante comme toujours et tenant dans ses bras une boite de taille moyenne. Elle me détaille de bas en haut et c'est à ce moment même que je me dis que j'aurais dû mettre autre chose qu'un short ultra court et un T-Shirt tellement grand qu'il le recouvre. Oups ?
Moi : Hey Lucy.
Lucy : J'espère que je ne te dérange pas.
Moi : Non, pas du tout. Où sont mes manières ? (m'écarte) Entre.
Son regard parcourt alors la pièce à vivre. La cuisine sur la gauche, le salon à droite avec cette vue magnifique sur la Skyline et le feu de cheminée que je viens d'allumer histoire de réchauffer la pièce. Après près de plusieurs semaines d'absence, il faisait un petit peu froid ici et le temps que le chauffage se rallume, j'aurais déjà été congelée sur place. Mais revenons à nos moutons… ou plutôt à Lucy. Elle vient de poser sa boite sur la table basse du salon et s'approche maintenant de la baie vitrée pour admirer l'East River et les buildings qui la bordent. Et j'en profite pour rester fixer sur elle.
Lucy : (se retourne) Jolie vue.
Moi : Attends le couché de soleil et on en reparlera.
Lucy : Tu viens de rentrer ?
Son regard tombe alors sur ma valise que je n'ai ni monté dans ma chambre ni déballé pour l'instant. Flemme, pardonnez-moi mais après 5h d'avion je pense pouvoir être excusée.
Moi : Ouais. J'allais justement me préparer une tisane histoire de décompresser. Je te sers quelque chose ?
Lucy : Une tisane ce sera parfait. Un café de plus et je pense finir avec de l'hypertension.
Moi : (sourire) Essayons d'éviter cela.
J'allais pour me rendre dans la cuisine et préparer nos boissons quand j'entends, venant de la boite que Lucy a ramené, une léger bruit qui me fait m'arrêter juste à côté.
Moi : Qu'est-ce qu'il y a là-dedans ?
Lucy : C'est pour toi justement. Je l'ai vu et je n'ai pas résisté, il fallait que ce soit toi qui l'aies.
Je reste fixée sur Lucy, à la fois surprise et émue. Malgré les années passées depuis ma sortie du système, je n'ai toujours pas l'habitude qu'on m'offre quelque chose. L'idée même que quelqu'un puisse s'arrêter quelques minutes et penser à ce qui pourrait me faire plaisir est toujours abstraite. Histoire de cacher les larmes d'émotions qui me montent aux yeux, je me décide à ouvrir la boite et, du même coup, à apaiser ma curiosité. Parce que, quand même ! Qu'est-ce qu'il peut bien y avoir là-dedans ? Une fois le couvercle soulevé, je suis accueillie par la plus adorable bouille de chiot que j'ai jamais vu. Je ne sais pas exactement quelle race c'est et, en toute honnêteté, je suis presque sûre que c'est un bâtard mais je m'en fiche. Je remarque par contre que c'est une femelle. Une petite chienne toute blanche avec juste une partie de sa tête noire. Elle me fixe, assise avec sa queue balayant le fond de la boite et sa langue pendant de sa bouche. Je fond totalement. Déjà, j'adore les chiots mais celle-ci est exceptionnellement mignonne. Peut-être parce que c'est la mienne, peut-être parce que c'est Lucy qui me l'a offerte. Je ne sais pas, mais je l'adore. Je ne tiens plus, il faut absolument que je la porte et, dès qu'elle est dans mes bras, j'ai immédiatement droit à quelques léchouilles sur la joue. Oh non ma petite, tu n'as pas besoin de me convaincre pour que je te garde, t'es déjà à moi.
Moi : Regarde-moi cette petite bouille, elle est adorable !
Lucy : (sourire) C'est exactement ce que j'ai pensé en la voyant. Et puis elle avait l'air de me supplier de lui trouver une maison alors…
Moi : Je crois bien que personne n'a jamais mis autant d'attention en m'offrant un cadeau. Mais… pourquoi maintenant ? Ce n'est pas mon anniversaire et Noël est déjà passé.
Lucy : Elle était là, c'est tout.
Moi : Merci.
Je ne sais honnêtement pas quoi dire d'autre. J'ai le plus adorable des chiots dans mes bras et la plus magnifique des femmes dans mon salon. Pourquoi moi, Kara Morton, une petite orpheline venue du Colorado ? Qu'est-ce que j'ai fait pour mérité tout ça ?
Lucy : Il va falloir lui trouver un nom.
Moi : (réfléchis) Farley.
Le regard qu'elle me lance ensuite m'indique clairement qu'elle questionne mon choix. Ou, en tout cas, les raisons de mon choix. C'est sûr que sortit comme ça, ça doit faire bizarre comme nom mais c'est une question de souvenir. Sentimentale que je suis.
Moi : Le premier film dont je me souviens, celui qui m'a donné envie d'être actrice, c'était Black Sheep.
Lucy : Laisse-moi deviner, Mike Donnelly était ton personnage préféré ?
Moi : (rire) C'est si évident ?
Lucy : (hausse les épaules) Simple question de logique. Et moi qui pensais que tu étais plus du genre romance dramatique.
Moi : Oh non, j'ai abandonné cette idée depuis que j'ai vu 'Titanic' et 'A Walk to Remember'.
Lucy : Ne me dis pas que tu as pleuré en les regardant ?
Moi : Hum… Non ?
Lucy : (rire) J'aurais dû m'en douter.
Moi : La question n'est pas là de toute façon. Il va me falloir tout un tas d'équipement pour elle.
Lucy : Je n'avais pas pensé à ce détail.
Moi : Laisse-moi deux minutes le temps d'enfiler quelque chose de décent et on ira acheter le nécessaire pour ce petit bout.
Lucy : On ira ?
Moi : (sourire) Eh oui, je te kidnappe à nouveau.
Lucy : (idem) Ce n'est pas du kidnapping si je suis consentante.
PDV Lana
Jen est arrivée il y a quelques heures déjà. Une fois le repas terminé, on s'est installées devant la télé mais je sens bien qu'elle est mentalement absente. Et, cette fois, ça n'a rien à voir avec moi, j'en suis sûre. Alors je me décide à l'interroger puisque c'est encore le meilleur moyen d'obtenir des réponses.
Moi : Qu'est-ce que tu as en tête ?
Jen : Ce n'est rien, juste le boulot.
Moi : Dans ce cas ce n'est pas rien. (la force à me regarder) Jen, tu peux tout me dire, tu le sais ça hein ?
Jen : Ouais, c'est juste… (soupire) C'est stupide.
Moi : C'est loin d'être stupide si ça t'affecte autant. Dis-moi, s'il te plaît.
Jen : Ça fait plusieurs semaines que je travaille sur une enquête. On approchait du but avec Thomas, vraiment on était à ça de retracer ce putain de tueur mais… (soupire) le FBI est arrivé.
Moi : Oh. Ils t'ont retiré l'enquête ? (elle acquiesce) Mais pourquoi ?
Jen : A partir du moment où il a été prouvé que c'était un tueur en série, l'enquête est allée aux fédéraux. C'est la loi, je n'y peux rien. Mais c'est tout de même frustrant.
Moi : Je comprends.
Jen : Et le pire c'est que cette histoire est en train de nous gâcher notre week-end !
Moi : Mais non.
Jen : Bien sûr que si ! J'ai à peine fait attention à toi.
Moi : Hey ! Tu as le droit de ne pas être d'humeur à me combler de romantisme, d'accord ? C'est normal d'être frustrée, surtout si on te retire une enquête sur laquelle tu travailles depuis le début.
Jen : Tu ne m'en veux pas ?
Moi : Non. Par contre, je crois que je vais devoir te changer les idées.
Jen : Qu'est-ce que tu as en tête ?
Moi : Si tu veux mon avis, tu as grandement besoin de te détendre. Un petit massage, ça te dit ?
Jen : Fait par toi ? Évidemment que je suis partante !
Moi : (sourire) Parfait. Va dans la salle de bain te mettre en tenue appropriée pendant que je m'occupe du reste.
Jen : Hum… Tenue appropriée ?
Moi : Oui. C'est à dire, la même que tu portais le jour de ta naissance.
Jen : La même que… ? (sourire) Oh.
Moi : (sourire) Tu m'as comprise. Aller, vas-y.
Jen : A vos ordres madame !
Moi : Mademoiselle ! Aux dernières nouvelles, tu ne m'as pas demandé en mariage.
Jen : (clin d'œil) Pas encore !
Et elle quitte la pièce, me laissant encore étourdie par la bombe qu'elle vient de lâcher sur moi. Pas encore ?! Ok, n'y pense pas pour l'instant Lana. Il faut que je me ressaisisse, j'ai encore des choses à préparer moi ! Heureusement que j'avais déjà prévu le coup. Je file dans ma chambre et allume une à une les bougies que j'ai placé cet après-midi. Ne reste qu'à mettre en place l'ambiance avec un peu de musique et beaucoup moins de lumière et… voilà ! Le tour est joué ! Juste à temps apparemment puisque Jen me rejoint très vite. Je l'intime de s'installer à plat ventre sur le lit tandis que je prends place sur elle. J'entame ensuite mon massage, à grand renfort d'huiles essentielles. Généralement, elles me servent à moi pour la sortie du bain en hiver, juste histoire que ma peau ne tiraille pas. Ce soir, je suis très contente de leurs avoir trouver une nouvelle utilité.
Jen : Tu avais tout prévu, pas vrai ?
Moi : Oui.
Jen : C'est magnifique.
Moi : Merci. Maintenant tu vas te taire et te détendre.
Jen : Je vais essayer.
Elle ferme alors les yeux tandis que je m'applique à ma tâche. Je commence par ses épaules, qui sont un vrai sac de nœud. Je continue de la masser là jusqu'à ce que je la sente se détendre. Alors je glisse jusqu'à son dos et je m'attarde là. Puis, progressivement, mes mains glissent jusqu'à ses côtes. Là, clairement, le but n'est plus de l'aider à se détendre mais de la chauffer. J'espère que ça va marcher. J'y vais doucement, ne passant là que brièvement avant de retourner sur son dos, un peu comme si le geste avait été involontaire. Comme elle ne dit rien, je retente l'expérience. Toujours aucun rejet, je le prends comme un encouragement. C'est au moment où mes doigts frôlent à nouveau ses seins que Jen se retourne, sans me faire tomber cela dit, et que son regard attrape le mien.
Moi : Je suis désolée… Trop rapide ?
Jen : (murmure) Non.
Elle vient alors m'embrasser avec passion, sa langue trouvant presque immédiatement la mienne. Ses mains se posent sur mes hanches tandis que les miennes glissent jusqu'à son cou. Je ne sais pas si j'ai réussi à lui donner envie mais j'ai bien l'impression que c'est le cas. Notre étreinte passionnée dure encore quelques secondes avant que Jen ne s'écarte de moi, juste assez pour me retirer mon haut. Je me laisse faire même si je reprend bien vite les choses en mains. Je m'attaque à son cou, le parsemant de baiser et mordillant délicatement sa peau. Je sens sa respiration se faire un peu plus laborieuse. Je crois que je suis sur la bonne voie.
Jen : Lana…
Moi : (la regarde) Tu veux que j'arrête ?
Jen : Non, juste… tu es bien trop habillée à mon goût.
Avec un sourire, je m'emploie donc à retirer les vêtements qu'il me reste. Une fois que je me retrouve dans la même tenue que Jen, je reprends ma place au-dessus d'elle et, cette fois, je ne lui laisse plus le temps de répliquer quoi que soit. Je reprends possession de ses lèvres, laissant mes mains glisser sur son corps. Je le redécouvre à l'aveugle d'abord puis, bien vite, mes lèvres remplacent mes mains. Sur son cou d'abord, puis sa poitrine. Je m'y attarde, embrassant, léchant et mordillant tour à tour chacun de ses seins avec une vigueur désormais incontrôlable. Je finis par les délaisser pourtant, ne résistant plus à l'envie de goûter un peu plus à son corps. Je descend le long de son corps, jusqu'à atteindre son intimité. Là, je l'embrasse tendrement. Ouais, j'aime bien prendre mon temps, surtout si ça déclenche ce genre de gémissements chez Jen. Comme je sens qu'elle s'impatiente vraiment, je me décide à passer à la vitesse supérieur. Je prends alors son clitoris entre mes lèvres, le suçotant, le léchant et le mordillant. Ça fait son effet alors je m'y attarde un petit peu avant de m'interrompre. Sadique que je suis, je reviens embrasser ses lèvres et l'impatience qu'elle met dans ce baiser me confirme qu'elle n'apprécie pas trop mon petit jeu. Alors, tandis que nos langues entament une danse endiablée, je la pénètre doucement, savourant le plaisir de retrouver son corps de cette manière. J'entame un lent va et vient. Comme je la sens sur le point d'exploser de frustration, j'ajoute un autre doigt et intensifie mon mouvement. Pendant plusieurs minutes, je me complais dans son plaisir. Je la regarde, sous moi, gémir et murmurer mon nom. Parfois, ses lèvres trouvent les miennes pour un bref baiser. Sa respiration est bien trop courte pour le prolonger. Et puis enfin, enfin, je sens qu'elle est au bord du paroxysme. Il ne faut que quelques secondes de plus pour que son plaisir explose et… oui, je suis très fière de moi.
PDV Kara
Après avoir acheter tout ce qui était nécessaire pour Farley, j'ai réussi à convaincre Lucy de rester. Ça n'a pas été très dur d'un côté mais j'ai toujours un peu de mal à croire qu'elle puisse vouloir passer du temps avec moi. Ce n'est pas vraiment de ma faute, je ne vois juste pas quel intérêt je pourrais avoir pour elle. En tout cas, on est présentement en train de discuter, installées sur le canapé. Farley est couchée entre nous, sa tête reposant sur les cuisses de Lucy.
Moi : Je suis jalouse.
Lucy : De quoi ?
Moi : Elle t'aime plus que moi !
Lucy : (rire) Mais non.
Moi : J'attends qu'elle me prouve le contraire.
Lucy : Elle a juste envie de dormir et tu es bien trop agitée en ce moment. Si tu veux être son coussin favori, reste tranquille.
Moi : Ce n'est pas une question de vouloir être sa favori, j'ai juste peur de devoir te séquestrer pour que mon chien ne tombe pas en dépression.
Lucy : (rire) Séquestrer ? Tu irais jusque là ?
Moi : (sérieuse) S'il le faut oui.
Évidemment je plaisante hein ! Je n'irais pas retenir Lucy contre son gré, même si Farley se met à me faire une tête de chien battue et tout l'attirail du mignon petit chiot. Non, je suis certaine qu'elle va finir par s'habituer à ma présence. Là, elle reste près de Lucy parce qu'elle la connaît depuis plus longtemps, c'est tout. Pas vrai ?
Je suis très vite sortie de mes pensées pourtant. Mon téléphone sonne et j'allais pour l'ignorer mais je vois qu'il s'agit de Chyler alors je décroche.
Moi : Chyl' ?
Chyler : Hey, Kara.
Moi : Tout va bien ?
Chyler : J'ai reçu une réponse de l'agence.
Moi : Ils ont réussi à les retracer ?
Chyler : Oui. Je t'ai envoyé une copie du dossier par mail, l'original devrait arriver par la poste dans les prochains jours.
Moi : Tu y as jeté un coup d'œil ?
Chyler : Ce n'est pas à moi de le faire. Je sais que de toute façon tu me diras tout ce que tu voudras me dire, pas vrai ?
Moi : Toujours.
Chyler : Parfait. Dans ce cas je te laisse. La journée est loin d'être finie ici.
Moi : Merci encore Chyl'.
Chyler : Attend de voir ce qu'il y a dans ce dossier avant de me remercier. A plus tard Kara.
Moi : A plus.
Je raccroche alors, redirigeant mon attention vers Lucy. Elle me regarde fixement, l'air de ne pas comprendre mais surtout d'avoir des questions. Alors je répond aux interrogations muettes que je suis sûre qu'elle a.
Moi : J'ai recherché mes parents biologiques.
Lucy : Tu les as retrouvé ?
Moi : Je ne sais pas encore, il faudrait que je lise le dossier pour le savoir.
Lucy : Tu veux que je te laisse ?
Moi : Non ! Je ne pense pas y arriver seule.
Lucy : Ok alors je reste.
Moi : (murmure) Merci.
Maintenant que je suis certaine de ne pas avoir à affronter cette épreuve seule, je me sens déjà moins appréhensive à l'idée d'ouvrir ce dossier. Je profite donc de ce courage éphémère pour prendre mon ordinateur et ouvrir ma boite mail. Comme promis, tout est là. Je parcours rapidement les quelques pages qui le compose et ce que je découvre mon histoire au-delà de ce qu'on m'avait déjà raconté. J'ignorais que mes « parents » étaient morts dans incendie. Comment je m'en suis sortie ? Je l'ignore, ça doit être une sorte de miracle. Mais, alors que j'arrive vers la fin du dossier, j'ai encore à découvrir le plus grand mystère de mon existence. Quelque chose que j'ignorais. Quelque chose que je n'avais même pas imaginer. Quelque chose d'impensable.
Lucy : Kara ? Tout va bien ?
Moi : Ce que je viens de découvrir change toute la donne.
Lucy : Qu'est-ce que c'est ?
Moi : Une bonne nouvelle… j'espère.
Ellipse… Le lendemain…
PDV Lana
J'étais tranquillement en train d'esquisser dans mon atelier, en plein milieu de l'après-midi avec une bonne tasse de café, quand la porte s'est ouverte en claquant et s'est refermée presque immédiatement, laissant quand même entrer… Kara ?
Moi : Hey.
Kara : Il faut qu'on parle.
Moi : Euh… Ok ? Tu es sûre que ça va ?
Kara : Je ne suis pas sûre.
C'est vrai qu'elle a l'air… comment dire ? Toute chiffonnée ? Ouais, disons ça. Elle qui est généralement très calme et composée me semble dans tous ses états là. Il a dû lui arriver un truc et j'attends de savoir quoi.
Moi : Tu me racontes ou je dois deviner ? Parce que je n'ai pas vraiment hérité du don divinatoire de ma mère si tu veux tout savoir.
Kara : J'ai… J'ai fait des recherches récemment. J'avais besoin de savoir qui sont mes parents biologiques. Sauf qu'en cherchant j'ai découvert qu'en plus d'avoir des parents perdus quelque part j'ai aussi une grande sœur.
Moi : Une sœur ?!
Kara : Oui ! C'est dingue non ?
Moi : Tu l'as retrouvé ?
Kara : Oui.
Moi : Et donc ?
Kara : C'est là que l'histoire devient complètement dingue.
Moi : Dingue comment ?
Kara : Dingue dans le genre « le monde est vraiment minuscule ».
Moi : Ne me dis pas que tu la connais déjà ?
Kara : Si, et toi aussi. Disons-le comme c'est : tu sors avec ma sœur.
