PDV Lana
Kara : Si, et toi aussi. Disons-le comme c'est : tu sors avec ma sœur.
Ok, quoi ? Bon, le fait que Kara cherche à savoir qui sont ses parents n'est pas si étonnant que ça. Elle y pensait depuis quelques mois déjà mais je ne savais pas qu'elle avait déjà cherché. Je ne pensais certainement pas qu'elle découvrirait qu'elle avait en plus une sœur et encore moins que ce serait Jen !
Moi : Tu es en train de me dire que Jen est ta sœur biologique ?
Kara : Ouais. Je n'en reviens pas moi-même. Je veux dire, nos parents sont morts dans un incendie et je pensais que j'avais perdu toute chance d'avoir des contacts avec ma famille biologique et puis il y a cette sœur providentielle qui me tombe littéralement du ciel mais en plus il fallait que je la connaisse déjà. Attends, est-ce que ça veut dire que maintenant tu es ma belle-sœur ?
Moi : (passe ma main sur mon visage) Techniquement tu pourrais dire ça mais… (la regarde) Est-ce qu'au moins Jen est au courant ?
Kara : Euh… (gênée) Je ne pouvais pas vraiment débarquer comme ça et lui balancer la bombe du siècle. Vue les débuts plus que houleux de notre… quoi déjà ? C'est juste ta petite amie pour moi, pratiquement une inconnue. Je ne peux pas venir comme une fleur et lui dire qu'on est sœurs. Elle a une famille elle, une famille qui l'aime. Elle n'a pas besoin de moi.
Moi : Ne dis pas ça Kara. Elle mérite de savoir.
Kara : Comment elle va le prendre à ton avis ?
Moi : Je n'en sais rien. Elle sera probablement très surprise et ne t'offusque pas si elle t'ignore dans un premier temps. Elle a tendance à s'isoler quand elle a besoin de réfléchir. Mais tu veux la vérité ?
Kara : Aussi délicatement que possible.
Moi : Tu es une fille géniale Kara et elle se rendra bien vite compte de la chance qu'elle a de t'avoir pour sœur. Alors dis-lui. Si tu ne le fais pas pour elle, fais-le pour toi. Tu mérites cette famille dont tu as toujours rêvé et tu as une chance de l'avoir alors ne la gâche pas.
Je vois les larmes lui monter aux yeux et la seconde d'après je me retrouve dans ses bras et je me doute bien qu'elle doit avoir laisser ces larmes couler sur ses joues. Elle a cherché une famille toute sa vie et c'est un nouvel espoir pour elle. Je ne veux juste pas que Jen le lui gâche.
Moi : Tu veux qu'on aille lui parler ?
Kara : Maintenant ?
Moi : Pourquoi attendre ? Ça te donnera juste une occasion de te défiler. (me défais de l'étreinte) Elle doit être chez moi maintenant, on peut passer si tu es d'accord.
Kara : Tu resteras ?
Moi : (sourire) Si ça peut t'aider je serais là.
Kara : (sourire) Merci.
Ce n'est toujours pas son sourire 'rayon de soleil' mais on s'en approche. J'espère que tout se passera bien. Je ne veux pas que quiconque dans cette histoire en souffre.
Ellipse…
On se retrouve devant mon l'appart' à peine 15 minutes plus tard mais c'était suffisant pour que Kara soit une vraie boule de nerfs. J'essaye de la rassurer mais rien n'y fait alors autant qu'on règle ça au plus vite histoire qu'elle arrête de paniquer. On entre alors sans plus attendre et, comme prévu, Jen est là.
Moi : Il faut qu'on te parle et c'est important.
J'entraîne Kara sur le canapé et je la force à s'asseoir. Comme je vois qu'elle commence à se tortiller les doigts, je l'attrape par le poignet pour la forcer à s'arrêter.
Jen : Ok, c'est quoi ce truc urgent ?
Je regarde Kara, l'intimant de prendre la parole. Elle hésite et puis, finalement, elle sort de son sac à main un dossier qu'elle tend à Jen. Elle s'en saisit et l'ouvre sans comprendre. Son regard parcourt les quelques feuilles pendant plusieurs minutes avant qu'une stupeur totale s'inscrive sur son visage.
Jen : Tu… ? Mais comment… ?
Kara : Je cherchais à savoir qui étaient mes parents biologiques et en cours de route j'ai récupéré une sœur. J'étais aussi ignorante que toi sur le sujet jusqu'à hier, je te le jure.
Jen : Tu es ma sœur ?
Kara : Apparemment ?
Je me doute bien qu'apprendre une telle nouvelle doit faire un choc. Jen n'a jamais rien su sur sa famille biologique et d'un coup on lui annonce qu'elle a une sœur. Je comprends qu'elle ne sache pas trop quoi faire sur le moment et je pense que Kara la comprend aussi.
Kara : Je ne te demande rien, juste… tu méritais de savoir. (se lève) Je crois que je vais vous laisser.
Moi : Kara…
Kara : (me coupe) Non. Je crois que c'est pour le mieux. En tout cas pour l'instant.
Même si elle a l'air déterminée, je me décide à suivre Kara à l'extérieur. Pas qu'elle prenne le silence de Jen pour du rejet parce que je sais que c'est loin d'être le cas ! Elle va juste avoir besoin de temps pour digérer l'info et je tiens à ce que Kara comprenne ça.
Moi : Hey, attends !
Kara : (se retourne) Ça ne sert à rien d'insister, je n'y retournerais pas !
Moi : Elle a juste besoin de temps Kara.
Kara : Ouais… pardonne-moi si j'ai du mal à te croire.
Moi : Elle finira par te recontacter Kara, ça je te le promet.
Kara : Si tu le dis.
Cette fois, je la laisse partir me disant que, peut-être, elle aussi a besoin d'être seule. Je retourne alors auprès de Jen qui se retrouve toujours devant l'annonce du siècle sans savoir quoi en faire. Elle n'a toujours pas bougé, le regard perdu dans le vide. Je me demande si Kara ne me l'aurait pas cassé au passage mais bon, je me dois d'obtenir des réponses et de clarifier la situation. Alors, je m'approche de Jen et je viens doucement passer ma main dans son dos. Je l'appelle plusieurs fois mais elle ne réagit toujours pas. Ouais, elle est cassée.
Moi : Jennifer Emma Jauregui ! Tu m'écoutes ?
Jen : Pardon, tu disais quelque chose ?
Moi : J'essayais de déterminer si Kara t'avait court-circuité. Apparemment c'est le cas.
Jen : C'est énorme comme nouvelle.
Moi : Je m'en doute. Toi qui n'avais jamais rien voulu savoir sur ta famille biologique, elle vient soudainement frapper à ta porte.
Jen : En plus c'est Kara ! J'ai une sœur, une petite sœur, et c'est ta meilleure amie !
Moi : Que tu détestes.
Jen : Je suis loin de la détester !
Moi : (prends place à côté d'elle) Écoute, Jen… Je vais être honnête avec toi mais je ne veux pas que tu le prennes mal.
Jen : J'ai l'habitude au bout de 23 ans à te supporter.
Moi : Ah ah. Très drôle.
Jen : Désolée, je n'ai pas résisté. Tu disais ?
Moi : Je sais que tu n'apprécies pas grandement Kara pour l'instant et c'est compréhensible vue les à priori que tu avais sur elle… et le fait qu'elle soit maintenant officiellement et biologiquement ta sœur ne t'oblige pas à l'apprécier plus. Je veux dire… les liens de sang ça ne veut rien dire. Prends moi par exemple. Demi est ma mère biologique, c'est elle qui m'a donné la vie. Et pourtant, j'étais toujours plus proche de mon autre mère. Toi-même tu le sais, tu étais là quand je n'échangeais que des regards tendus avec ma mère.
Jen : Je confirme.
Moi : Ce que je veux dire par là, c'est que Kara ne te forcera à rien.
Jen : Je sais.
Moi : Moi par contre, je vais te forcer à m'écouter et, pour une fois, m'obéir.
Jen : Juste une fois ?
Moi : Cesse de m'interrompre, s'il te plaît.
Jen : Oui Votre Altesse.
Moi : (ignore son sarcasme) Kara est ma meilleure amie et elle était là quand je pensais être seule. Elle s'est beaucoup confié à moi aussi. Je sais ce qu'il lui est arrivé par le passé, les épreuves qu'elle a dû traverser seule. Elle n'a pas eu une vie facile aujourd'hui. Sa jeunesse était teintée par l'abandon plus qu'autre chose. Je t'interdis d'être une déception de plus pour elle Jen. Tu comprends ?
Jen : Parfaitement. Je peux me défendre maintenant ?
Moi : Mais vas-y.
Jen : J'ai toujours voulu une sœur. Quand j'étais plus jeune, un peu après qu'on soit parties pour Miami avec mes parents, j'aimais m'imaginer que j'avais une sœur. J'avais tout en tête. A quoi elle ressemblait, comme elle serait, les trucs qu'on ferait ensemble et ce que je pourrais lui apprendre. Là c'est concret, ça arrive. Peut-être que depuis tout ce temps je le sentais que j'avais vraiment une sœur là dehors, quelque part. Et le fait que ce soit Kara est loin de me rebuter, au contraire ! Je suis déjà presque assurée de bien m'entendre avec elle parce que, si tu arrives à la supporter, tout le monde le peut !
Moi : Hey ! C'est quoi cette attaque ?
Jen : (sourire) La vérité ma jolie et tu le sais.
Moi : (idem) Peut-être.
Jen : Tout ça pour dire que, oui, j'ai été choquée sur le coup et je crois que j'étais en droit de l'être. Je ne savais rien de ma famille et je ne voulais pas savoir. Peut-être que j'aurais dû chercher il y a plusieurs années déjà, on aurait gagné du temps…
Moi : Ne dis pas ça. Ça arrive maintenant et c'est déjà bien. Vous auriez pu ne jamais rien savoir !
Jen : Mais elle est là maintenant. Je ne m'y attendais peut-être pas mais je suis très heureuse d'apprendre que j'ai une sœur. Je peux te promettre que je ne lui ferais pas de mal… intentionnellement.
Moi : C'est tout ce que je te demande.
Je vois ses yeux pétillé. Son sourire m'indique pourtant qu'elle est honnête dans ses paroles. Les larmes que je voyais brillé au fond de ses yeux, je comprends enfin que ce sont des larmes de joie. Je m'inquiétais pour rien.
Jen : (sourire) J'ai une sœur Lana ! Une sœur !
Moi : (idem) Je sais. Sauf qu'elle ignore toujours que tu l'acceptes en tant que tel donc tu ferais bien de la rappeler au plus vite.
Jen : Sauf que je dois repartir ce soir et je ne suis pas sûre que j'aurais du temps libre cette semaine. Elle est actrice non ? (j'acquiesce) Tu sais quand elle recommence à tourner ?
Moi : Elle ne reprend le tournage de sa série qu'en Avril. Je ne sais pas si elle a d'autre chose de prévues avant ça.
Jen : Tu crois qu'elle accepterait de venir à Boston ?
Moi : Ce que je crois surtout, c'est qu'elle a toujours voulu une famille. Tu es sa chance Jen, elle ne va pas passer à côté.
Jen : Ok alors je… je l'appelle ?
Moi : De préférence oui.
Jen : Tu me donnes son numéro ?
Moi : C'est vrai, j'oubliais.
Jen : (sourire) Ne t'inquiète pas, ça arrive même aux meilleurs.
Moi : Vas-y, charrie tant que tu le veux.
Jen : Attends de voir, si j'arrive à rallier Kara à ma cause tu n'auras plus de répit.
Moi : Oh non… Mon Dieu, qu'avez-vous fait ?
Jen : Et tu ne pourras même pas nous en vouloir parce qu'on est super adorables.
Moi : Kara est super adorable. Toi, je vais te faire goûter à la persuasion tu vas comprendre ta douleur.
Jen : Je n'y crois pas à ces conneries.
Moi : (sourire) Tu devrais.
PDV Kara
Moi : Bon, on est bien d'accord ? Tu me sers de couverture, compris ?
Farley se contente alors de me regarder, sa tête légèrement inclinée vers la droite, l'air de ne pas trop avoir compris ou peut-être que si, dans ce cas elle se fout clairement de ma gueule. Bon, je me décide à me lancer quand même parce que… eh bien parce que, voilà. J'essaye également d'ignorer l'appréhension qui commence à me tordre l'estomac. Ce n'est pas le moment de paniquer Kara, du tout.
Lucy : Kara ?
Moi : Hey Lucy !
Bordel ! Rien que d'entendre sa voix me rend complètement dingue. Non, il faut que je reste concentrée ! Mais sur quoi déjà ? Je l'appelais pour une raison non ?
Lucy : Tout va bien ?
Moi : Ouais bien sûr. Juste… ok, j'ai peut-être un léger problème.
Farley choisit ce moment pour me rappeler qu'elle existe et, accessoirement, la raison de mon appel. Ou plutôt l'excuse que j'ai trouvé pour appeler Lucy. A quel point je suis horrible pour me servir de mon chien comme ça ?
Lucy : Quel genre de léger problème ?
Moi : Oh moi ça va. C'est Farley. Je crois que… tu lui manques ?
Je crois surtout qu'elle a vite compris mon petit jeu si j'en juge par le rire que j'entends résonner à l'autre bout de la ligne. Même déformé par la communication, il arrive encore à réveiller les papillons dans mon ventre.
Lucy : Je manque à Farley ? Ou toi ?
Moi : Les deux ?
Lucy : Très bien. Qu'est-ce que tu proposes alors ?
Moi : Eh bien…
C'est à ce moment que Farley, qui avait quitté la pièce sans que je ne m'en rende compte, revient avec, dans sa gueule, sa laisse. Je pense que le message est assez clair.
Moi : Apparemment Farley a envie d'une balade.
Lucy : Laisse-moi un quart d'heure et je suis là.
Moi : Je t'attends alors.
Ça a marché ! Je n'arrive pas à croire que mon plan plus que bancal ait fonctionné ! Elle va venir et… ! Et je ne suis pas, mais alors pas du tout présentable ! Ok, il serait plus que temps que je me mette en tenue appropriée pour sortir.
Ellipse…
Moi : Farley, reviens ici !
Je ne sais pas ce qu'il lui prend mais elle vient de se ré-emparer de sa laisse et court maintenant à travers le loft. J'essaye de la rattraper, juste histoire qu'elle ne me casse rien dans sa frénésie, mais elle est bien trop rapide et petite. Oh et elle me nargue en plus ! La voilà assise bien en face de moi, laisse en bouche et tête penchée l'air de me dire « Viens me chercher si t'es cap. » Je me précipite alors pour la prendre, naïve comme je suis je pensais avoir une chance, mais elle m'échappe à nouveau et cette fois court jusqu'à la porte où elle s'arrête. Elle se met à gratter le battant en gémissant comme si elle ne pouvait plus attendre.
J'allais pour m'avancer à nouveau vers elle quand j'entends des coups frappés à la porte. Oh. Ça doit être Lucy. Et, d'un coup, je me retrouve dans le même état que Farley. Je vous jure que je dois avoir l'air aussi excitée qu'elle en ce moment. Bon, j'interromps ma rêverie pour aller ouvrir, quand même ce serait une bonne idée, et je suis encore et toujours complètement paralysée dès que je la vois. Elle a déjà pris Farley dans ses bras alors je m'écarte pour la laisser entrer, j'aurais peut-être dû commencer par ça.
Lucy : Donc tu n'as pas vraiment menti en fait.
Moi : (faussement choquée) Bien sûr que non ! Qu'est-ce que tu croyais, que je me servais de mon chien comme excuse pour te voir ? Ce n'est vraiment pas mon genre.
Lucy : (sourire) On va dire ça alors.
Moi : Je vais mettre ma veste et on pourra y aller.
Lucy : Prends ton temps, je suis en bonne compagnie.
Je fais au plus vite, évidemment, tout pour passer le plus de temps possible avec Lucy. Cinq minutes plus tard et on quitte enfin l'immeuble, Farley bien en laisse. On se décide à aller se chercher un café avant d'investir Central Park. On s'arrête alors à la même enseigne que la dernière fois, celle qui propose une large gamme de produites végétariens, et on prend la direction du parc, Farley tirant de plus en plus sur sa laisse comme pour nous faire accélérer. Heureusement que c'est encore un tout petit chien.
Lucy : Et sinon, à part Farley, c'était quoi la raison de ton appel ?
Moi : Oh. Hum… Je ne sais pas vraiment. J'avais envie de te voir je suppose ?
Lucy : (sourire) Et comment tu savais que j'étais encore à New-York ?
Moi : Peut-être que je stalke un peu ton Instagram.
Lucy : (rire) Je fais la même chose avec le tien, ne t'inquiète pas. D'ailleurs, c'était obligé les dizaines de photos de Farley ?
Moi : Elle est juste tellement adorable.
Lucy : C'est vrai.
Il y a tout un monde autour de moi, bruyant et agité mais, comme à chaque fois qu'elle est dans les parage, je n'ai d'yeux que pour Lucy. Elle est là, avec moi, parce qu'elle en a envie. Je ne sais toujours pas comment réagir à ça. Je ne sais même pas ce qu'elle attend de moi. Non parce que, si ça se trouve, j'ai été friendzone depuis le début et je me bats pour rien ! Je me refuse à envisager cette hypothèse. Son regard me raconte une toute autre histoire et c'est à celle-là que je veux croire.
Lucy : Pourquoi New-York ?
Moi : Comment ça ?
Lucy : Tu travailles principalement entre Los Angeles et Vancouver non ? (j'acquiesce) Alors pourquoi choisir de vivre à New-York ?
Moi : C'est une question d'ambiance, probablement. Je veux dire… Il y a toujours du mouvement, toujours de l'activité, des choses à faire, à voir… Je ne dis pas qu'il n'y a pas la même chose à Los Angeles, c'est sûrement la cas mais… Je ne sais pas, c'est peut-être une question de climat aussi ? C'est juste… J'ai besoin qu'il y ait du monde autour de moi, que ça bouge. Juste pour me rappeler que je ne suis pas seule. C'est peut-être illusoire mais c'est parfois réconfortant.
Lucy : J'ai l'impression qu'il y a une partie de toi, une grande partie, que je ne connais pas et, pour une raison que j'ignore, ça me frustre.
Moi : Si tu préfères que je te fiche la paix je le comprendrais.
Lucy : Non ! C'est tout le contraire que je veux !
Moi : (fronce les sourcils) Comment ça ?
Lucy : Les choses sur toi que j'ignore, j'aimerais beaucoup les découvrir. Ce que tu veux bien me raconter évidemment.
Qu'est-ce que j'aimerais pouvoir lui dire exactement ce qu'il m'est arrivé mais je ne m'en sens pas la force aujourd'hui et certainement pas ici. Pas en public en tout cas, je préférerais un endroit plus intime et sécurisant.
Moi : Un jour, je te le promet Lucy. Mais c'est encore trop tôt…
Lucy : Je n'ai pas dit tout de suite. Je ne suis pas pressée, j'attendrais le temps qu'il faudra.
Moi : Sinon… c'est quoi l'histoire de Lucy Prescott ?
Lucy : Fille d'un militaire et d'une danseuse de ballet, tu vois le genre ? Ils avaient tous les deux de grosses ambitions pour ma sœur et moi. Ma mère ne nous poussait pas tellement, elle faisait juste en sorte qu'on s'ouvre aux possibilités, qu'on comprenne qu'on pouvait tout faire si on s'en donnait les moyens. Mon père c'était une autre histoire. Il était plutôt absent au début et puis ma mère est morte quand j'avais 7 ans et il a pris le relais. Il a toujours voulu deux garçons, un pour faire l'armée tout comme lui, et un pour être boxeur. Pas de chance pour lui, il a eu ma sœur et moi. Deux têtes de mules. Il a à peu près réussi à convertir Lois à sa cause tout de même. Elle a fait de la boxe pendant un temps et lui a fait miroiter la possibilité qu'elle s'engage à la sortie du lycée mais elle est partie dès le lendemain de sa remise de diplôme et elle s'est lancée dans le journalisme.
Moi : Et toi dans tout ça ?
Lucy : Moi je voulais être comme ma mère. J'ai commencé le ballet quand j'avais 6 ans. J'ai failli arrêter à sa mort, c'était juste trop dur de continuer à danser en pensant à elle et au fait qu'elle ne me verrait jamais sur scène… mais je ne pouvais pas m'en passer. J'ai besoin de danser, c'est vital.
Moi : J'aime te voir danser.
Lucy : (relève un sourcil) Ah vraiment ?
Moi : Ouais. Je n'ai jamais vraiment compris quoi que ce soit à la danse mais avec toi c'est le cas. Je vois, j'entends et je vis l'histoire que tu racontes. Ça m'a fait réaliser qu'il s'agit vraiment d'un art.
Lucy : C'est que je fais bien mon travail alors.
Moi : Tu aimes le faire surtout et je pense que la différence est là.
Lucy : Probablement.
Je jette enfin un coup d'œil autour de moi, surtout pour voir si je peux libérer Farley de sa laisse quelques temps. Comme le parc n'est pas trop bondé et que de toute façon on est plutôt isolées, je me décide à la lâcher et je l'observe en train de courir après un papillon. J'essaye de garder un œil discret sur elle mais le maximum de mon attention est bientôt à nouveau sur Lucy. Je lui propose alors d'aller s'installer un peu à l'écart du chemin histoire d'être un peu plus tranquilles. Je m'allonge dans l'herbe, fermant presque immédiatement les yeux, et j'entends Lucy qui prend place à côté de moi.
Lucy : Tu aurais fait quoi si tu n'avais pas été actrice ?
Moi : (la regarde) C'est le jeu des 20 questions ?
Lucy : Disons ça.
Moi : (referme les yeux) Astrophysicienne probablement.
Lucy : Là je vais avoir besoin d'explication.
Moi : J'aime les étoiles. Elles m'ont toujours fascinées. L'Univers entier me fascine. Je veux dire… les étoiles sont tellement loin, inatteignables, et pourtant on les voit. L'Univers contient des tas de mystères donc tout autant de découvertes à faire. (la regarde) Par contre, j'ai terriblement de mal à te voir en autre chose que danseuse.
Lucy : (sourire) J'avais choisi le droit en matière secondaire. J'aurais probablement été avocate ou procureur.
Moi : Avocate ? Tu veux dire jupe droite et chemisier à moitié déboutonné ?
Lucy : Quel genre d'avocat tu as rencontré ?
Moi : Le genre commis d'office.
Lucy : De quoi avez-vous été accusée Kara Morton ?
Moi : Vol à la sauvette.
Lucy : (rire) Voyez-vous ça. Une vraie délinquante.
Moi : Ce n'était qu'une fois et j'ai bien compris la leçon.
Lucy : Moi qui pensais que tu étais l'innocence même.
Moi : Je suis loin d'être aussi inoffensive que j'en ai l'air.
Lucy : C'est ce que je constate.
Je suis toujours allongée à regarder les nuages passés, essayant de ne pas repenser à ce qu'il s'est passé ces derniers jours. Farley finit par nous rejoindre, elle a dû se lasser de courir après les papillons probablement. Elle vient se rouler en boule sur mon ventre et je la grattouille distraitement derrière l'oreille.
Lucy : J'ai l'impression que tu fais tout pour éviter le sujet…
Moi : Quel sujet ?
Lucy : Ta… sœur ?
Moi : Oh. (soupire) Je lui ai parlé.
Lucy : Et donc ?
Moi : Je ne sais pas vraiment. Je ne suis pas restée pour la pousser à prendre une décision sur le champs. Je ne peux l'obliger à rien. Légalement nous ne sommes plus sœurs.
Lucy : C'est vrai. Mais je suis certaine qu'elle reviendra vers toi.
Moi : Je n'en suis pas si sûre.
Lucy : On verra bien qui de nous deux aura raison. Mais je tiens à te prévenir, j'ai très souvent raison… pour ne pas dire tout le temps.
Moi : J'espère que ce sera le cas cette fois encore.
Lucy : Elle serait stupide de ne pas vouloir apprendre à te connaître.
Moi : Tu le penses vraiment ?
Lucy : Absolument.
Moi : (sourire) Merci.
Ellipse…
Une fois de retour à mon appartement, je propose à Lucy de prendre une dernière collation. Ouais, je veux juste la garder près de moi un peu plus longtemps. Vous ne pouvez pas m'en vouloir pour ça.
Moi : Pas que je m'en plaigne, mais j'aimerais bien savoir pourquoi tu es aussi souvent à New-York.
Lucy : Parce que tu n'arrêtes pas de me solliciter.
Moi : Oh mon Dieu ! Je suis désolée si j'ai…
Lucy : (me coupe/rire) Je plaisante Kara.
Moi : Oh.
Lucy : La vérité c'est que j'aimerais bien m'installer ici. A long terme.
Moi : Vraiment ? Mais pourquoi ? Tu bosses principalement à L.A pourtant !
Lucy : Dit celle qui fait exactement la même chose.
Moi : Je plaide coupable.
Lucy : De toute façon, je ne me suis jamais vraiment sentie à l'aise à Los Angeles. Je suis une fille du Nord, j'ai grandi dans le Connecticut. Ici, c'est déjà plus proche de ce que j'ai connu. Et puis, il y a de très bonnes écoles de danse dans le coin et je dois penser à l'avenir. Danse avec les Stars ne durera pas éternellement.
Moi : Vous reprenez bientôt, non ?
Lucy : La semaine prochaine. J'ai donc entre une petite semaine pour trouver mon bonheur.
Moi : Je peux te donner un coup de main. Enfin… si tu veux.
Lucy : Tu ferais ça ?
Moi : Évidemment !
Lucy : (sourire) Alors ce serait avec plaisir.
Moi : Cool.
Je quitte donc l'îlot central de la cuisine et je vais m'installer sur le canapé. J'allume l'ordinateur qui est posé sur la table basse juste devant moi.
Moi : Mettons nous au travail.
Lucy : Tu comptes faire tes recherches en ligne ?
Moi : Bien sûr.
Lucy : On n'est pas sensées passer par un agent ?
Moi : Nah, il t'apprendra rien que je ne sache déjà.
Lucy : Parce que tu t'y connais en immobilier maintenant ?
Moi : J'ai toujours adoré ça. Et je te ferais savoir, non sans prétention, que j'ai trouvé cette endroit toute seule.
Lucy : Bon, ok, j'avoue que tu as de bons goûts donc admettons. (s'installe à côté de moi) Surprends-moi.
Moi : (sourire) C'est parti !
