PDV Kara
Moi : Ok, c'est le dernier pour aujourd'hui.
Lucy : Et pour un bon moment. Ça a intérêt à être le bon.
Moi : (sourire) Sinon quoi ?
Lucy : Oh tu ne veux pas savoir.
Moi : Probablement pas. (m'arrête) C'est ici.
Lucy : (regarde l'immeuble) Joli coin.
Moi : Il y a une station de métro à deux pas d'ici, Central Park à quelques blocs et, j'ai vérifié, le Broadway Dance Center est deux rues plus loin.
Lucy : T'as décidé de tout miser sur le dernier en fait.
Moi : Peut-être bien. (prends sa main) Maintenant allons-y, la propriétaire nous attends.
Je l'entraîne à l'intérieur de l'immeuble en tenant toujours sa main. Ça n'a pas l'air de la déranger, je ne vais donc pas moi-même interrompre le geste. Comme prévu la propriétaire est là. Elle nous conduit à l'étage où se trouve l'appartement et ouvre la porte tout en nous parlant des anciens propriétaires.
Propriétaire : Un jeune couple, tout comme vous. Ils ont fini par partir pour… vous savez… passer à l'étape suivante. Oh ça finira par vous arriver aussi mais en attendant, vous devriez être bien ici.
Sur le coup je n'ai pas trop fait attention à son monologue. Mais mon esprit a semblé se réveiller subitement au mot « couple » et… elle croit sérieusement que Lucy et moi on est ensemble ? Non mais… Pourquoi ? Qu'est-ce qui pourrait lui faire croire que… ?
Lucy : Kara !
Moi : Pardon, quoi ?
Lucy : (rire) Où est-ce que tu étais ?
Moi : Elle nous a prit pour un couple.
Lucy : Je sais, j'étais là, j'ai tout entendu comme toi.
Moi : Elle nous a prit pour un couple !
Lucy : C'est si grave que ça ?
Moi : Non c'est juste… Pourquoi ?
Lucy : (hausse les épaules) Peut-être parce que tu me tenais la main quand on est arrivées ?
Moi : Ça n'avait pas l'air de te déranger.
Lucy : (sourire) Je n'ai jamais dit le contraire.
Sur le coup, je ne sais pas du tout quoi lui répondre. Qu'est-ce que je pourrais répondre déjà ? Alors je me contente de la regarder évoluer à travers l'appartement vide. J'essaye de me faire à l'idée que ce sera la dernière fois pour cette semaine, qu'ensuite elle repartira pour L.A. et recommencera à danser 6h par jour… J'avais l'excuse parfaite pour la voir tous les jours et me voilà déjà à éprouver un manque alors même qu'elle est encore là.
Lucy : Ok, là j'avoue qu'il est parfait.
Moi : Je suis contente qu'il te plaise.
Lucy : Je te remercie, vraiment. C'était fun cette chasse à l'appartement avec toi.
Moi : (sourire) Je trouve aussi.
C'est vrai que cette semaine est passée vite, principalement parce que chaque jour apportait son nouveau lot de moments mémorables avec Lucy. J'ai appris depuis longtemps à prendre tout ce que je pouvais d'une personne tant qu'elle faisait parti de ma vie. Non pas que je pense laisser échapper Lucy, juste au cas où j'en aurais profiter à fond.
Lucy : J'espère pouvoir revenir rapidement pour le remplir.
Moi : Attends… Tu le prends ?
Lucy : Évidemment ! Mieux que parfait ça n'existe pas, je ne vois pas pourquoi j'hésiterais.
Moi : Ça fait sens.
Lucy : Tu devrais passer me voir au studio de danse. Tu retournes bien à L.A dans une semaine, pas vrai ?
Moi : Un mois en fait. Le tournage a été repoussé.
Lucy : Avec tous les imprévus qu'il y a déjà eu sur ce film, je ne sais pas pourquoi le réalisateur s'acharne.
Moi : Selena peut être très têtue quand elle le veut.
Lucy : Tu rejoues dans un de ses films ?
Moi : Oui, pourquoi ?
Lucy : Le dernier que tu as fait avec elle était excellent, et je suis loin d'être la seule à le dire. Je sens un Oscar approcher pour vous Mlle Morton.
Moi : (rire) J'en doute.
Lucy : Pas grave, j'y crois assez pour nous deux.
Je suis très flattée qu'elle croit suffisamment en moi pour me voir un jour brandir un Oscar à mon nom, même si j'ai moi-même bien du mal à me visualiser le faire. Je fais juste ce qu'il me plaît, prenant un film après l'autre sans me poser véritablement de question. Si un scénario me plaît, j'accepterais un rôle sans penser au succès que le film aura. Je veux juste du challenge, c'est pour ça que j'ai choisi d'être actrice.
Lucy : En tout cas, j'ai hâte de voir ce que ça va donner.
Moi : Moi aussi. Je t'inviterais à la première.
Lucy : (sourire) Retour aux sources.
Moi : On peut dire ça.
Ellipse… Le soir…
Je devrais être habituée au silence à force mais je le trouve de plus en plus assourdissant au fil des années qui passent. Évidemment, je ne suis plus vraiment seule à présent puisque j'ai Farley mais c'est très dur d'entretenir une conversation avec un chien. Même si l'avoir allongée sur moi me donne la sensation d'avoir une compagnie concrète. Et elle m'occupe au moins. J'ai vraiment hâte de retourner bosser, au moins là je suis trop occupée pour m'ennuyer et trop fatiguée pour méditer sur ma solitude.
Je suis tirée de mes pensées quand mon portable, posé sur la table basse du salon, sonne. Je le prend et constate avec surprise qu'il s'agit d'un numéro inconnu. Bon, que faire ? Parce qu'avec ma pseudo notoriété, je pourrais juste tomber sur un fan obsessionnel qui s'est miraculeusement procuré mon numéro. Bon, aller, la vie est trop courte pour ne pas être vécue alors je décroche.
Moi : Allô ?
? : Hey Kara, c'est Jennifer.
Sur le coup, je suis tellement étonnée que je me relève brusquement, bousculant Farley au passage. Désolée princesse, j'ai ma « sœur » qui m'appelle là et je suis perdue au milieu de milliers d'émotions en même temps.
Moi : Hey, hum… Je suis surprise que tu m'appelles.
Jennifer : Je sais que je ne t'ai pas franchement laisser une impression positive mais j'étais juste surprise sur le coup… Dans le bon sens cela dit ! Je… (se racle la gorge) Je me disais qu'on aurait pu se voir, discuter autrement que par téléphone.
Moi : Oh euh… Ouais, bien sûr avec plaisir.
Jennifer : Ok, cool. Juste, je suis à Boston ce week-end et…
Moi : Je peux venir, ce n'est pas un problème. Il faudra juste que j'emmène Farley avec moi.
Jennifer : Farley ?
Moi : Ma chienne. J'espère qu'Altaïr n'a rien contre un peu de compagnie.
Jennifer : Du tout. Emmène-la, ce n'est pas un soucis.
Moi : Très bien alors. Je partirais demain matin.
Jennifer : Parfait.
Moi : Et merci… d'avoir rappeler.
Ellipse… Le lendemain…
Ok Kara, calme-toi. Oui c'est vrai, ce n'est pas comme si j'allais avoir un tête à tête avec une sœur dont j'ignorais l'existence. Oh attendez, c'est totalement ça en fait. Comment je peux garder mon calme dans cette situation ? Jusqu'à présent je pouvais me concentrer sur mon itinéraire pour ne pas paniquer mais, maintenant que je suis plantée devant son immeuble, je réalise tout doucement que c'est complètement dingue ce qu'il m'arrive. Je ne sais même pas pourquoi j'essaye encore. Pourquoi cette fois ça marcherait ? Juste parce qu'on partage le même sang ça ne veut pas dire qu'on va bien s'entendre. On a grandit dans deux mondes totalement différents. Peu importe. Il faut que je tente ma chance sinon je le regretterais toute ma vie.
Alors, d'un pas décidé, j'entre dans l'immeuble et survole les escaliers jusqu'à l'étage de Jennifer. Je frappe à sa porte, j'attends, elle m'ouvre et là, la panique revient subitement. Elle me libère le passage et j'entre, réalisant alors que je ne peux plus reculer désormais. Je me sens un peu perdue et je frotte machinalement mes mains sur mon jeans, sale tic que j'ai toujours eu d'aussi loin que je me souvienne.
Heureusement, Farley et Altaïr ont moins de problème que nous pour socialiser. En tout cas je pense. Vue la taille du Berger Allemand, j'ai quand même un peu peur qu'il soit tenté de croquer ma petite Farley. Elle est vraiment minuscule par rapport à lui.
Jennifer : Ne t'inquiète pas, il a pris son repas il y a une heure.
Moi : Ça me rassure… je pense.
Ils ont l'air de bien s'entendre, ça va. En tout cas, Farley me donne l'impression d'être contente de la compagnie. Une vraie boule d'énergie celle-là quand elle veut. Alors qu'Altaïr s'est posé tranquillement dans son panier, certainement avec l'objectif de faire une petite sieste, Farley est plus d'humeur à jouer. Ouais, c'est vraiment la mienne.
Jennifer : Elle n'est pas dressée ?
Moi : Elle sait rester près de moi et elle sait qu'elle ne doit pas s'enfuir quand je lui enlève sa laisse. Elle s'assoit et elle patiente. C'est un chien de compagnie, je n'en attends pas plus d'elle.
Jennifer : Mais tout le fun d'avoir un chien s'est de pouvoir le dresser !
Moi : Et de jouer avec.
Jennifer : Je veux bien mais…
Moi : (faussement choquée) Serais-tu en train de dire que Farley n'est pas suffisamment obéissante ?
Jennifer : Non ? Elle est adorable et je suppose que ça suffit.
Moi : C'est le cas.
Jennifer : Il n'empêche que si jamais tu as envie de la dresser un peu plus...
Moi : Je ferais appel à toi sans hésiter.
Jennifer : Cool. En attendant, tu veux quelque chose à boire ?
Moi : Je te préviens, c'est assez spécial…
Jennifer : Ne t'inquiète pas.
Elle me fait signe de la suivre jusque dans la cuisine où je m'installe à l'îlot central pendant que Jennifer se dirige vers le réfrigérateur sans doute pour se chercher sa propre boisson.
Moi : Gatorade.
Jennifer : Sérieux ? Tu… ?
Moi : (la coupe) Je te l'ai dit, ce n'est pas commun.
Jennifer : Non, non je veux dire… Lana ne te l'a jamais fait remarquer ?
Je me contente de hausser les épaules puisque, clairement, je ne sais pas du tout de quoi elle parle. Oh non… Elle ne va commencer elle aussi avec ces conneries de dire que ça va détruire ma santé ?
Jennifer : Je ne bois quasiment que ça ! Évidemment il y a toujours mon café du matin. Tout le monde à besoin de son café le matin. Mais j'ai aussi besoin de ma dose quotidienne de Gatorade.
Moi : (sourire) On est deux. Je ne tiendrais pas une journée sans.
Jennifer : (me tend une bouteille) Je crois qu'on se ressemble plus que je ne le pensais. C'était bien inutile de paniquer pour ça.
Moi : J'étais stressée aussi si tu veux tout savoir.
Jennifer : J'avais remarqué.
Comme j'attends des explications conséquentes, je relève un sourcil comme j'ai vu Lana le faire si souvent. Ça marche toujours quand elle le fait alors…
Jennifer : Tu as le même tic que moi quand tu es nerveuses. Tu te frottes les mains contre ton jean.
Moi : Oh.
Je vous avais dit que c'était une sale habitude qu'il fallait que je perde. Même Jennifer l'a remarqué. Quoique si elle n'avait pas eu le même tic peut-être qu'elle n'aurait jamais su que c'est un signe de nervosité.
Jennifer : Et sinon pourquoi ne me raconterais-tu pas ton enfance ?
Évidemment, commençons par le plus dur. D'un autre côté, si elle apprend tout de suite le pire sur moi, elle pourra toujours fuir avant que ça ne fasse vraiment mal. J'ai l'habitude des gens qui entrent dans ma vie pour en ressortir aussi vite. Une de plus, une de moins… Où est la différence ?
Jennifer : Si j'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas, je m'en excuse Kara. C'est tout moi ça, mettre les pieds dans le plat à la moindre occasion.
Elle prend alors ma main dans la sienne, cherchant sûrement à me rassurer à travers ce geste. Je ne sais pas comment elle va le prendre mais je préfère jouer cartes sur table dès le début de notre… Il va vraiment falloir que je sache ce qu'on est techniquement parce que je ne m'en sors plus.
Moi : Non, c'est rien. Ne t'inquiète pas... C'est juste que j'ai eu plusieurs soucis.
Jennifer : Quel genre de soucis ?
Moi : Le genre qui laisse des marques.
Jennifer : Tu n'es pas obligée d'en parler si tu ne veux vraiment pas.
Moi : Non, je préfère mettre tout ça à plat tout de suite. (inspire un grand coup) Ça n'a pas toujours été très facile pour moi. J'ai été dans plusieurs familles, des bonnes et des moins bonnes, mais ça n'a jamais été ma famille. Je ne sais pas ce que je faisais de mal… pourquoi je n'ai jamais valu la peine que… qu'on me garde…
Je repense à toutes ces maisons, toutes ces familles, tous ces parents qui n'ont jamais été les miens. Toutes ces nuits passées à imaginer que mes parents biologiques étaient là dehors et qu'ils viendraient me chercher en me disant qu'ils n'avaient pas eu d'autre choix que de m'abandonner. Je leur aurais pardonné à l'époque, je crois que c'est ça le pire. Je ne veux pas m'apitoyer sur mon sort et je ne veux certainement pas pleurer devant Jennifer mais j'ai toujours eu du mal avec mon passé. Je crois que Jennifer l'a bien compris parce qu'elle vient me prendre dans ses bras et je me laisse aller à son étreinte.
Moi : (contre elle) J'ai toujours peur que ça arrive à nouveau… Que quelque chose vous fasse tous fuir. Lana est la première personne en qui je me sois réellement confiée mais à chaque secret que je partage avec elle, c'est une nouvelle chance de la perdre. Et il y a Lucy qui est ma… je ne sais trop quoi pour l'instant et elle est encore dans sa phase 'licorne et arc-en-ciel' mais elle ne me connaît qu'en surface et mon passé n'est peut-être pas aussi lumineux que je ne voudrais le faire croire. En plus de tout ça j'ai une sœur providentielle qui sort de nul part et tout ce que je viens de te dire pourrait te faire fuir aussi et… (m'écarte) Bordel je m'emballe. Je n'aurais jamais dû dire tout ça.
Jennifer : Non ! Kara, ce n'est pas du tout un problème. J'ai posé la question, c'est parce que j'étais prête à encaisser la réponse. Et je serais là pour t'aider à comprendre à quel point on tient toutes à toi. Passé obscure, sourire lumineux et tout le reste de ton adorable personne, on l'accepte. Je ne suis pas prête de t'abandonner, j'ai toujours rêvé d'avoir une sœur !
Moi : (sourire) Vraiment ?
Jennifer : Juré.
Moi : Je suis sûre que je suis très loin de ce que tu avais imaginé.
Jennifer : Ouais, dans ma tête t'étais clairement moins adorable et beaucoup plus agaçante.
Moi : Tu ne t'en sors pas trop mal alors.
Jennifer : Je suis clairement gagnante dans l'affaire.
Son sourire me paraît d'une sincérité troublante. Je ne pense pas qu'elle mente. Si elle tient vraiment à me donner une chance, je ne vais pas m'en priver pour me construire cette famille dont j'ai toujours rêvé. Je pourrais avoir une sœur accompagnée de son attachante et néanmoins parfois agaçante petite amie. Et je pourrais avoir ma propre petite amie, à supposer que je ne laisse pas passer ma chance avec Lucy.
Jennifer : On devrait parler d'autre chose.
Moi : Ton enfance ?
Jennifer : La mienne est plus... sereine.
Moi : J'en ressens du soulagement.
Jennifer : J'ai été élevée par deux mères. Chanteuses. Elles faisaient partie d'un groupe connu. Elles sont merveilleuses, elles sont adorables, attentionnées, à l'écoute, un peu chiantes parfois mais... C'est le rôle d'une vraie maman. Sauf qu'en l'occurrence j'en eux deux. Je n'ai connue qu'elles. Et puis, il y a Demi et Selena que je considère comme ma famille. Non. En fait ce sont mes belle-mères, maintenant. Mais... J'ai pratiquement vécu avec elles. Je me rappelle toujours d'Ethan me surprotégeant comme le ferait un grand frère. Et c'est ce qu'il était pour moi. Après je suppose que Lana t'a racontée notre enfance dans les grandes lignes, si elle n'arrête pas de parler de moi.
Moi : Oui. Je suis même au courant de l'histoire qu'il y a eu au lycée avec... Comment il s'appelait déjà ? Ah oui. Sean.
Jennifer : Il était très moche !
Je ne suis pas certaine que ce soit une excuse valable mais si Jennifer a été jalouse de lui, je peux bien lui pardonner d'avoir défendu l'honneur de Lana. Et puis, c'était quand même vachement drôle la façon dont elle a dit ça alors j'éclate de rire en même temps qu'elle.
Moi : Je suis sûre que c'était une bonne raison de le défigurer encore un peu plus.
Jennifer : Bien sûr que oui ! Il avait osé embrasser ma Lana !
Dans la soirée…
L'après-midi est passé en un battement de cil, nous conduisant à ce début de soirée où, pour la première fois de la journée, Jen et moi avons réussi à trouver un sujet de discorde. Parce que, si le charme Latina marche sur elle, moi il me ferait plutôt paniquer.
Jennifer : Non mais tu ne peux pas nier l'évidence. Elles sont belles, toujours. Ultra sexy avec une peau douce comme du satin et un accent chaud comme le pays d'où elles viennent. Et puis, entre toi et moi, elles sont merveilleuses au lit.
Moi : Parce que tu as eu d'autres Latinas que Lana dans ton lit ?
Jennifer : Hum… Non ?
Moi : Ton argument est invalide alors.
Jennifer : Je ne sais pas comment tu fais pour ne pas être carrément envoûtée.
Moi : Elles me font peur quand elles s'énervent, ça me rend nerveuse. Et dans ces moments, je ne sais plus m'exprimer. Dans mon école quand j'étais jeune l'une de mes professeures d'espagnol était Latina, elle m'engueulait toujours parce que je ne m'exprimais jamais assez en classe. Elle s'est mise à parler super vite et avec des grands gestes et… j'ai juste peur d'elles, ok ?
Jennifer : Mais justement, c'est dans ces moments qu'elles sont les plus sexy !
J'allais pour protester et essayer de la convaincre que les filles du Moyen-Orient sont tout aussi séduisantes, quoique moins flippantes, quand la porte de son appartement s'ouvre pour laisser entrer Lana. Je ne savais pas qu'elle devait venir mais je suppose que j'aurais dû m'en douter. Elles se voient tous les week-end, c'est le seul moment de libre qu'elles ont toutes les deux. En tout cas, elle est immédiatement accueillie par une Farley qui n'attend que quelques grattouilles derrière l'oreille.
Lana : Tout va bien ?
Jennifer/Moi : Nickel./Parfait.
Lana : (caresse Farley) Et d'où sort cette petite boule de poil ?
Moi : C'est la mienne. Lana, je te présente Farley.
Lana : (sourire) Elle est adorable.
Moi : (regarde Jennifer) Et on ne lui en demande pas plus.
Jennifer : (soupire) Tu ne me lâcheras pas avec ça, hein ?
Moi : Pas tant que tu n'admettras pas que l'adorabilittitude est aussi importante que l'obéissance.
Lana : Toi, t'as passé trop de temps avec ma mère.
Moi : Pas de ma faute, on commence le tournage dans un mois.
Jennifer : Tu tournes avec Selena ?
Moi : Yep.
Lana : (sourire) Son idole de toujours.
Moi : (soupire) Tu comptes remettre ça sur le tapis à chaque fois ?
Lana : Oui.
Moi : Génial.
Jennifer : J'aurais tellement aimer être là quand tu l'as présenté à tes parents.
Lana : Le choc de sa vie. En plus Mama regardait Supergirl. J'ai vraiment cru à un arrêt cardiaque Kara, je ne te le cache pas.
Moi : Arrête de m'embarrasser !
Lana : (à Jennifer) J'en ai des dizaines sur elle comme ça.
Jennifer : (sourire) Raconte-moi tout.
Moi : Je te signale juste qu'elle peut m'en balancer tout autant sur toi.
Lana : Et même plus.
Jennifer : Ok, non, laisse tomber.
Moi : (sourire) C'est bien ce que je pensais.
Lana : Ça a l'air d'aller vous deux.
Jennifer : C'est le cas. (me regarde) Je pense…
Moi : (acquiesce) Tout va bien.
Lana : Je vous avais dit que vous vous entendriez.
Jennifer : Je n'ai jamais douté de toi ma jolie.
Lana : (relève un sourcil) Répète un peu pour voir ?
Jennifer : Hum… J'ai à peine douter de toi ?
Moi : Et après t'ose me dire que les latinas ne sont pas flippantes ?
Lana : Bien tenter Jen, mais tout le monde sait que tu es totalement soumise à la persuasion.
Moi : Ouh… Tu l'as eu ?
Lana : (sourire) Yep.
Jennifer : (à moi) Attends, d'où tu connais ça toi ?
Moi : Je l'ai vu en pleine action. Et voilà une autre bonne raison de me faire redouter les latinas.
Lana : Maligne.
Je suis distraite par Farley qui vient se poser sur mes genoux en gémissant un peu. Surprise par son attitude, je cherche à savoir quelle pourrait en être la cause. Je regarde alors l'heure et je vois qu'il est plus que temps que je la sorte.
Moi : Il faut que j'aille promener Farley. J'aimerais éviter de dérégler son horloge interne.
Jennifer : Je dois sortir Altaïr de toute façon, on a qu'à faire ça ensemble.
Moi : Bonne idée.
Lana : Je prépare le repas en attendant. Essayer de ne pas prendre plus d'une demi-heure.
Moi : S'il est question de nourriture tu sais que je ne serais jamais en retard.
Lana : (regarde Jennifer) Tu n'es pas la seule.
Jennifer : Je plaide coupable.
Il ne nous faut pas plus de deux minutes avant d'être dehors, tenant chacune notre chien en laisse. Jennifer nous propose alors d'aller faire un rapide tour au Christopher Columbus Waterfront Park qui se trouve juste à côté de chez elle. J'avoue que l'endroit est plutôt agréable. Évidemment, il n'a pas la notoriété de Central Park mais c'est suffisent pour y faire une petite balade. L'endroit est bien agencé, fleuri et verdoyant… En tout cas il doit l'être en été. J'espère pouvoir y revenir à ce moment-là. Pendant toute la durée de la balade, on continue notre discussion avec Jennifer. Je me rends enfin compte que stresser n'avait servi à rien. J'ai vraiment l'impression d'avoir tout ce que je veux maintenant et c'est un sentiment que je n'avais jamais connu.
PDV Shane
Wyatt : Ok alors, si c'est une fille… Peyton.
Moi : Eh bien tu vois quand tu veux ! Orthographier avec un « a » évidemment.
Wyatt : Non, avec un « e » !
Moi : (soupire) Va-t-on jamais réussir à s'entendre ?
Wyatt : J'en doute. (sourire) T'es une Lovato je te rappelle.
Moi : Tu dis ça comme si c'était un argument.
Wyatt : C'est le cas.
Moi : Profites-en tant que je n'ai pas encore les hormones en pétard. Dans quelques semaines je te ferais regretter ça.
Wyatt : (rire) Évidemment.
Je laisse couler pour cette fois parce que, soyons honnêtes, on ne fait que se taquiner. Et puis il n'a pas tord. De tous les sales traits de caractère que j'aurais pu hérité de ma mère, il a fallu que ce soit ça. Pauvre Wyatt, il va morfler.
Wyatt : Tu te souviens d'Alicante ?
Moi : Ce n'était que l'année dernière Wyatt. Je ne suis pas prête d'oublier.
Wyatt : Je me disais qu'on pourrait y retourner vu qu'on aura plus trop le temps quand il sera là le petit bout. Où alors on pourrait aller dans ce petit village de pêcheur qu'on avait déniché par hasard. Comment il s'appelait déjà ?
Moi : Altea. C'est vrai que c'était mignon là-bas.
Wyatt : Et plus calme. Qu'est-ce que t'en dis ?
Moi : J'ai encore un mois de contrat avant de pouvoir mon congé maternité.
Wyatt : Ça me laissera le temps de m'organiser de mon côté.
Moi : Ok alors.
Wyatt : (sourire) Génial.
Il n'a pas le temps d'ajouter quoi que ce soit de plus puisque son biper sonne, indiquant qu'il est rappelé à la caserne. C'est un des gros désavantages à son poste de capitaine : même quand il est à la maison, il doit constamment être disponible.
Wyatt : Je dois y aller.
Moi : Je sais.
Wyatt : Je serais très vite de retour.
Moi : Et je serais là à t'attendre.
Il m'embrasse rapidement, sourit une dernière fois et le voilà parti. Je devrais avoir l'habitude au bout de 3 ans, mais ce n'est pas le cas. A chaque fois que je le vois partir en mission, j'ai une appréhension qui me gagne. Dire que je n'ai pas peur de le voir pour la dernière fois serait mentir. Évidemment que j'y pense et ce chaque jour. Il serait naïf de ma part que de penser qu'il est invulnérable. Son mériter reste extrêmement dangereux et j'en ai conscience. Je le savais très bien à l'époque où je l'ai rencontré, ça n'a jamais été un secret. J'étais prête à prendre le risque à l'époque et je le suis toujours. Ce n'est pas de ma faute si je suis incapable de lui résister.
Flashback… 3 ans plus tôt…
Je profite de mon séjour à Philadelphie pour faire un peu de tourisme, ce qui ne m'empêche pas de prendre en photo tout ce qui attire mon regard. J'arrive, je ne sais pas trop comment, dans un parc. Le temps est ensoleillé mais encore agréable alors je m'installe sur un banc et me détend au soleil. Je jette un coup d'œil autour de moi, observant à l'arrachée les différentes vies qui s'étalent sous mes yeux. Et puis, mon regard s'attarde sans trop le vouloir sur un homme d'environ mon âge, accompagné d'un dalmatien. D'après son uniforme et la race du chien qu'il est très clairement en train de dresser, je n'ai pas de difficulté à deviner qu'il est pompier. Mais, au-delà de ça, c'est son visage rieur qui retient mon attention. Même si je ne distingue pas grand-chose là d'où je suis, je parviens à deviner suffisamment ses traits. Ses cheveux blonds brillent au soleil et semblent l'entourer d'un halo lumineux. Je ne sais pas combien de temps je suis restée à l'observer en catimini comme ça, mais je finis par reprendre mes esprits et détourner le regard. Je décide de me distraire à l'aide de mon téléphone, quand j'entends des pas s'approcher. Je relève alors la tête et je le vois. De près, je distingue enfin la couleur de ses yeux. Ils sont d'un bleu qui n'est pas sans me rappeler les eaux turquoises du Mexique. Qu'est-ce qu'il fait là exactement ? Je crois que je vais bien vite le savoir.
Lui : Excusez-moi de vous déranger…
Moi : Vous ne me dérangez pas.
Lui : C'est juste que… je vous ai vu et… (passe sa main dans ses cheveux) Je ne sais pas vraiment pourquoi mais j'ai eu l'envie irrépressible de vous parler.
Moi : (indiquant la place à côté de moi) Installez-vous alors.
Lui : (le fait) Merci. (me tend sa main) Je m'appelle Wyatt.
Moi : Shane.
Wyatt : Vous n'est pas du coin, je me trompe ?
Moi : Non. Qu'est-ce qui m'a trahi ?
Wyatt : Votre accent n'est clairement pas de Pennsylvanie.
Moi : J'ai grandi en Californie, Los Angeles pour être exacte.
Wyatt : Je suis quasiment sûr que vous êtes une artiste en quelque sorte. Probablement pas mannequin, vous êtes trop petite pour ça… (croise mon regard) Sans vouloir vous offenser !
Moi : (rire) Je ne le prends pas mal. Ce n'est pas comme si j'y pouvais quelque chose de toute façon.
Wyatt : (sourire) Tant mieux pour moi alors. Mais j'en était à essayer de deviner quel métier vous pourriez bien faire.
Moi : Vous n'êtes pas trop loin de la vérité en fait.
Wyatt : Mais vous n'êtes pas mannequin ? (je secoue la tête) Oh. De l'autre de l'objectif alors ? Photographe ? Ça expliquerait l'appareil photo.
Moi : (sourire) Dans le mille.
Wyatt : Et donc votre délire c'est de prendre à leur insu les gens dans les parcs ?
Moi : Non, loin de là. Je suis là pour couvrir le festival en réalité. J'use simplement de mon temps libre pour jouer les touristes.
Wyatt : Qui de mieux qu'un local pour vous faire découvrir tous les recoins secrets de la ville ?
Moi : Je suppose que vous vous proposer pour ça ?
Wyatt : Exactement.
Je ne sais pas si c'est le sourire qui se dessine doucement sur son visage engageant ou le sentiments de familiarité que je ressens près de lui… mais je dis oui sans vraiment trop y penser.
Flashback
Alors oui, j'ai peur de le perdre à chaque fois, mais je me refuse de lui demander d'arrêter. Il adore ce qu'il fait et même, au-delà de ça, c'est presque une tradition familiale pour lui. J'espère juste, contre tout espoir, qu'il me reviendra à chaque fois.
PDV Lana
Il est tard. Kara est repartie et je me retrouve seule avec Jen. En ce moment-même, elle est sous la douche et j'allais pour m'occuper en regardant la télé quand quelque chose attire mon regard. Posé sur l'un des meubles du salon, je reconnais facilement le type de document : c'est un dossier de police. Je sais que je ne devrais pas regarder mais généralement, Jen n'emmène pas de travail à la maison. La dernière fois que c'est arrivé, c'était ce fameux tueur en série dont elle s'est fait retirer l'enquête. J'étais sur le point d'ouvrir le porte-document quand Jen me rejoint.
Jen : Tu ne devrais pas.
Moi : (sursaute) Jen ! Préviens avant de faire ça !
Jen : Pardon. Mais si tu as été surprise c'est parce que tu sais très bien que ce que tu fais est interdit.
Moi : Peut-être… Mais j'étais curieuse. Tu ne ramènes jamais de travail à la maison.
Jen : Techniquement, ce n'est pas du travail.
Moi : Ne me prends pas pour une conne, je sais reconnaître les dossiers de la BPD à force.
Jen : Je sais. En fait… (hésite) Cette enquête n'est plus vraiment à nous.
Moi : Ne me dis pas que c'est lui.
Jen : Si.
Moi : Et si tu te fais prendre ? Qu'est-ce que tu vas faire ? Et puis de toute façon, ça te sert à quoi de continuer cette enquête en free-lance ?
Jen : C'est personnel.
Moi : Je vois ça.
Jen : Ne le prends pas mal Lana. C'est juste que… (soupire) C'est mon enquête, c'est à moi de l'arrêter.
Moi : Tu sais très bien qu'il y a déjà des autorités compétentes pour s'en charger. Pourquoi tu t'obstines ?
Jen : J'étais si proche, à ça de l'avoir quand ils m'ont pris le dossier. Je suis frustrée, ok ?!
Moi : Oh. Il est donc question d'ego.
Jen : T'es gonflée de me dire ça.
Moi : Je sais. (repose le dossier) Je vais laisser couler pour cette fois.
Jen : Bonne idée.
Moi : Et toi, tu as intérêt à trouver un moyen de me faire oublier cette histoire. Et vite.
Jen : (sourire) Je crois que j'ai ma petite idée…
Ellipse… Le lendemain…
PDV Kara
J'aurais du savoir qu'elle me ferait ce coup-là. Quand j'ai dit à Chyler que j'allais enfin officiellement avoir une discussion avec Jennifer, elle a exigé tous les détails. Ce qu'elle a oublié de me mentionner, c'est qu'elle voulait entendre ces détails vive voix. Voilà qui explique la raison de sa venue dans mon appartement de New-York en plein milieu de l'après-midi..
Moi : Chyl' ! Qu'est-ce que tu fais là ?
Chyler : (entre) Simplement précaution. Je dois assassiner quelqu'un ? Parce que je connais 7 manières différentes de lentement et douloureusement tuer quelqu'un et personne ne retrouvera le corps.
Moi : T'es sérieuse là ?
Chyler : Pas vraiment. A part pour la partie où j'assassinerais quiconque te fait du mal. Personne ne touche à ma protégée. Alors ?
Moi : Tout s'est bien passé alors tu peux remballer ta folie meurtrière.
Chyler : Tant mieux. Les détails maintenant.
Moi : (rire) Évidemment. Avant de commencer mon récit ô combien palpitant, je te sers quelque chose à boire ?
Chyler : Je suppose que tu gardes toujours une bouteille de mon vin préféré ?
Moi : Tu supposes bien.
Je lui sers alors un verre et je reprends la canette de Ice Tea que j'avais moi-même commencé avant qu'elle n'arrive. Une fois qu'on est toutes les deux confortablement installées sur le canapé du salon, je m'emploie à lui raconter la journée d'hier, avec force détails comme elle l'exigeait.
Chyler : Ok donc tout va bien. Tant mieux pour elle.
Moi : Elle est flic je te rappelle. Elle a un flingue.
Chyler : Il en faut plus pour me faire peur.
Moi : (rire) Qu'est-ce que je vais faire de toi ?
Chyler : Rien du tout. Parce que je suis ton manager et que tu as besoin de moi pour te dénicher les meilleurs contrats.
Moi : Pas faux. D'ailleurs, des nouvelles de Selena ?
Chyler : Justement, elle a une petite liste d'actrices potentielles pour ton intrigue amoureuse. Il faudra que tu fasses des essais avec chacune d'elles.
Moi : Quand ?
Chyler : Elle viendra elle-même d'ici quelques jours et te donnera les détails. Je n'en sais pas plus.
Moi : Je n'ai plus qu'à attendre dans ce cas.
Ellipse… Le soir…
Il est tard mais je sais que Lucy en aura fini avec sa journée de travail donc je me décide à l'appeler. Pendant que les sonneries s'enchaînent, je caresse distraitement Farley qui est allongée à côté de moi. Finalement, j'entends le bruit caractéristique qui indique qu'elle a décroché et puis…
Lucy : Kara ?
Moi : Hey Lucy ! Comment tu vas ?
Lucy : Épuisée mais c'est une fatigue satisfaisante. Et de ton côté ?
Moi : Oh, tout va bien.
Lucy : Attends… Tu n'étais pas sensée voir ta sœur hier ? Comment ça s'est passé ?
Moi : Très bien en fait. Mieux que je ne l'espérais.
Lucy : Je te l'avais dit, tu es irrésistible.
Moi : (rougis) Oh euh… merci ?
Lucy : (rire) T'es totalement en train de rougir hein ? Je m'en veux de rater ça.
Moi : Contente que ça t'amuse.
Lucy : Tu es très distrayante en effet. J'en avais besoin pour réduire la pression.
Moi : Comment ça se passe avec ton candidat ? Du potentiel ?
Lucy : Ça devrait le faire. D'ailleurs, tu le connais.
Moi : Vraiment ?
Lucy : Jason McKinley.
Moi : Jason fait DALS ? Il ne m'a rien dit !
Lucy : (rire) Eh bien oui. D'ailleurs, il n'arrête pas de parler de toi.
Moi : Oh. J'espère qu'il a fini par comprendre le message.
Lucy : Attends, parce qu'il te drague ?
Moi : C'était le cas il y a quelques années, au tout début de Supergirl. Je suppose qu'il a fini par se calmer à force que je l'éconduise.
Lucy : Il est mignon pourtant. Qu'est-ce qui te dérange chez lui ?
Moi : C'est un homme.
Lucy : Oh je vois. Mlle Morton est totalement gay en fait.
Moi : 100 %.
Lucy : Ça s'est un scoop.
Moi : Je pensais que c'était évident. D'après Chyler, la subtilité n'est pas mon fort.
Lucy : Elle a raison, mais je dirais que c'est une qualité. Être honnête n'est pas un mal en tout cas.
Moi : Je suppose que tu as raison.
Lucy : Tu viendras me voir quand tu seras sur L.A ?
Moi : Évidemment !
Lucy : Bon, me voilà rassurer.
Moi : Tu n'avais pas besoin de t'inquiéter en première lieu. J'ai peut-être oublier de mentionner ce détail mais… tu me manques.
Lucy : Whoa Kara ! D'où vient ce soudain élan de confiance ?
Moi : Je ne sais pas. Je me sens au sommet du monde en ce moment.
Lucy : Eh bien ça te va plutôt bien je dirais.
Moi : Merci.
Lucy : Et juste pour que tu le saches… tu me manques aussi.
Il n'en fallait pas plus pour faire sourire comme une idiote. Je crois que je suis sur la bonne voix avec Lucy. Vraiment.
Ellipse… Deux jours plus tard…
Je ne m'attendais pas à ce que Jennifer me rappelle aussi vite. Ça ne fait que deux jours mais, même si je suis étonnée, je répond bien vite, impatiente de savoir ce qu'elle peut bien me vouloir.
Moi : Jennifer ?
Jennifer : Hey Kara ! Hum… Je suis désolée de te déranger aussi tôt.
Moi : Ce n'est pas un problème. Tout va bien ?
Jennifer : Je l'espère. En fait je… C'est à propos de Lana.
Moi : Qu'est-ce qu'il se passe ?
Jennifer : Je l'ai appelé hier soir, juste avant qu'elle ne quitte l'atelier. Elle m'a promis de me rappeler dès qu'elle serait de retour à son appart'. J'attends toujours.
Moi : Et toi, tu as essayé de la rappeler ?
Jennifer : Oui, je tombe sur sa messagerie à chaque fois. Peut-être que je me fais des films mais…
Moi : Je peux aller faire un tour chez elle si tu veux, m'assurer qu'elle va bien.
Jennifer : Je veux bien. Ça me rassurerait.
Moi : Très bien alors. Je te rappelle dès que j'ai du nouveau.
Jennifer : Merci.
Ellipse… Chez Lana…
J'ai sonné plusieurs fois mais elle n'a pas répondu. Heureusement, depuis les années qu'on se connaît elle me fait suffisamment confiance pour m'avoir donner les clés. Je m'en sers donc et pénètre dans son appartement. Tout est sombre, la faute au temps couvert d'aujourd'hui. J'allume les lumières et appelle Lana plusieurs fois. Rien. Bon, j'ai une sœur à rassurer alors tant pis pour la décence. Je fais le tour de l'appartement mais je ne la trouve pas. Le lit est fait et me donne surtout l'impression de ne pas avoir été défait. Tout semble en ordre, trop en ordre. Je connais bien Lana, je connais ses habitudes, je sais à quoi ressemble son appart quand elle y a passé du temps. Ce n'est pas le cas. Je ressors donc, fermant la porte derrière moi et je me retrouve nez-à-nez avec la voisine de pallier de Lana. Après les habituelles mondanités, je lui demande si elle a vu Lana aujourd'hui. « Pas depuis hier matin, je croyais qu'elle était allée voir sa fliquette de Boston. » Ok, non. Ça ce n'est pas rassurant du tout. Je retourne rapidement dans l'appart de Lana histoire de pouvoir rappeler Jennifer au plus vite sans être dérangée.
Jennifer : Alors, tu l'as vu ?
Moi : Elle n'est pas rentré chez elle hier soir.
Jennifer : Je déteste m'inquiéter pour rien mais là…
Moi : Je suis inquiète aussi si tu veux tout savoir. Tous ses vêtements sont là, de même que sa valise. Et même si elle était allée rendre visite à ses parents ou que sais-je… elle t'aurait prévenu non ? Ou même moi ?
Jennifer : Je serais à New-York dans l'après midi. Toi, tu ne bouges pas de son appart, d'accord ? Si elle donne signe de vie tu m'appelles immédiatement.
Moi : Ok, très bien.
Jennifer : Et, Kara ?
Moi : Oui ?
Jennifer : Merci.
Moi : Il n'y a pas de quoi, c'est normal.
Flashback, la veille
PDV Lana
L'air est frais, surtout maintenant que le soleil est couché. Stupide hiver avec ses journées ultra courte. Mais, malgré la température ambiante, je préfère marcher pour rentrer plutôt que de prendre le métro. J'adore l'ambiance de New-York, les milliers de vies qui y défilent, toutes plus différentes les unes des autres. Finalement, j'arrive dans mon quartier, aussi calme que d'habitude. Il n'y a même pas de voitures garées sur le bas-côté. Ah si, une. Mais à par ça, tout est étonnamment calme, surtout si on compare au reste de la ville. Commençant à ressentir le froid, je m'empresse de rejoindre mon immeuble. Arrivée devant l'entrée principale, je sors ma clé et j'allais pour ouvrir quand je sens quelqu'un m'attraper par le bras. Mon cri de surprise est étouffé par une main gantée plaquée sur ma bouche. Je ne vois pas mon agresseur. En fait, je ne vois rien du tout parce que je sombre bien vite dans un sommeil immuable.
Flashback
