PDV Kara
Quelques heures plus tard, j'entends enfin des coups frappés à la porte et, quand j'ouvre, j'y retrouve comme prévu Jennifer. Elle est encore en uniforme de la BPD ce qui me laisse à penser qu'elle a quitté précipitamment son travail. Mais ce qui m'interpelle le plus, c'est l'expression de quasi désespoir qu'elle a. Ses yeux sont éteints et, surtout, cernés. Ouais, elle s'est clairement inquiétée.
Jennifer : (entre) Du nouveau ?
Moi : Rien. J'étais tenté d'appeler Selena mais je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée de l'inquiéter tant qu'on n'en sais pas plus.
Jennifer : Tu as raison, on la préviendra plus tard. En attendant, je vais faire un tour de l'appartement, voir si je trouve quelque chose.
Moi : Bonne idée.
Jennifer : J'ai un collègue qui est en train de localiser son téléphone, il ne devrait pas tarder à me rappeler.
Moi : Qu'est-ce que tu leur as dit pour qu'ils te laissent partir ?
Jennifer : Rien.
Moi : Tu ne risques pas d'avoir des problèmes ?
Jennifer : Sûrement, mais ce qui compte pour le moment c'est de retrouver Lana.
Moi : Tu as raison. Besoin d'aide ?
Jennifer : Pour l'instant non. Mais reste, s'il-te-plaît. Je ne suis pas sûre de parvenir à garder la tête froide si je suis seule.
Moi : Bien sûr, pas de soucis.
Jennifer : Merci.
Moi : Je te l'ai dit, c'est normal. Tu es ma sœur et Lana est ma meilleure amie, je ne me vois clairement pas ignorer ce qu'il se passe.
PDV Lana
Je suis réveillée par un coup de flotte dans la figure. Parle d'un réveil en douceur. Je retrouve bien vite mes esprits pourtant. Je me souviens vaguement. La rue… Le bas de mon immeuble… Un bras me saisissant… Le noir… Où suis-je ? Qui m'a… ?
Lui : Eh bien enfin ! J'ai failli attendre Noël prochain.
Moi : Qui êtes-vous ?
Lui : Qui je suis n'a pas d'importance. En tout cas, pas pour toi.
Moi : Qu'est-ce que vous me voulez ?
Lui : A toi, rien. Tu n'es pas du tout mon genre.
Moi : Quoi, peur des femmes de caractère ?
Lui : (rire) Tu es plutôt une grande gueule Lana, tu le sais.
Moi : Comment vous connaissez mon nom ?
Lui : Je t'observe depuis quelques temps déjà.
Moi : Pourquoi ?
Lui : Curieuse… Trop curieuse. Tu ferais bien de te taire un peu, pour ton bien. Je n'ai pas beaucoup de patience. Les secours risquent de ne pas arriver à temps.
Moi : Les secours ?
Lui : Tu comprendras en temps voulu. Mon plan est tellement génial que tu ne pourras qu'approuver.
Moi : J'en doute.
Lui : Fais comme tu veux. Maintenant tu vas la fermer, ta voix m'insupporte.
Je pensais qu'il allait me remettre dans le gaz mais il se contente de me bâillonner. Pas que ça change grand-chose parce que je ne vois rien autour de moi. Il fait nuit noire et la seule source de lumière vient d'au-dessus, n'éclairant qu'un petit cercle sur moi. Seule avec mes pensées, elles dérivent immédiatement vers Jen. Je sais qu'elle doit être à ma recherche. J'avais promis de l'appeler et… Depuis combien de temps je suis là exactement ? Je suis complètement perdue et mon seul espoir réside en l'idée que Jen viendra me secourir. Elle viendra, pas vrai ? Elle viendra, j'en suis sûre.
PDV Kara
Jennifer n'ayant rien trouvé, on en a été réduites à attendre l'appel de son collègue. Lequel n'a pas tardé à donner signe de vie. Jennifer décroche dès la première sonnerie et met le haut-parleur, histoire que je ne me retrouve pas hors de la conversation.
Jennifer : Qu'est-ce que tu as pour moi Thomas ?
Thomas : J'ai localisé son mobile. Il se trouve à Newark, dans le New-Jersey.
Jennifer : New-Jersey ? Qu'est-ce qu'elle peut bien être aller foutre là-bas ?
Thomas : Je me doutais bien que tu poserais cette question. J'ai lancé une reconnaissance faciale mais ça n'a rien donné, elle n'a été vue par aucune caméra de sécurité.
Jennifer : Je n'avais pas besoin de plus de déception Thomas !
Thomas : Laisse-moi finir. Elle n'a pas été vue jusqu'à Irvington, là, celui qui lui a fait ça a fait une erreur. Il a été faire le plein et, ce n'est pas très clair, mais je suis presque sûr que c'est elle.
Jennifer : Tu as les images ?
Thomas : Je te les envoie à l'heure où on parle. Je creuse encore un peu, même si je n'ai clairement pas beaucoup de chance de l'apercevoir à nouveau.
Jennifer : Et le ravisseur, il est dans les banques de données ?
Thomas : Pour l'instant ça ne donne rien mais tu sais comment c'est. On a des milliers de dossier, le programme est un peu saturé. J'ai lancé la reconnaissance faciale et je cherche du côté de la plaque du véhicule. Dès que j'ai quelque chose je t'envoie le tout.
Jennifer : D'accord. Je te remercie.
Thomas : Tout pour toi partenaire.
Jennifer : A plus tard alors.
Thomas : A plus.
Elle raccroche alors et va chercher l'ordinateur de Lana, histoire de récupérer les dossiers que Thomas lui a envoyé. En peu de temps, elle met en marche une vidéo aux grains très marqués qui la rendent très floue. On ne voit pas grand-chose mais, après plusieurs secondes, on aperçoit enfin une voiture s'arrêter à la pompe à essence. Le conducteur sort alors du véhicule et commence à faire le plein. Mais je me concentre plus sur le côté passager de la voiture. J'arrive à distinguer une silhouette mais je n'arrive pas à voir clairement de qui il s'agit. Après je suppose que Thomas a dû faire ce qu'il fallait pour s'assurer qu'il s'agisse bien de Lana. Je me tourne vers Jennifer qui est plus à même de m'expliquer ce que ces nouvelles informations changent pour nous mais je la trouve impassible et silencieuse. J'attends qu'elle réagisse mais plusieurs minutes après la fin de la vidéo, elle n'a toujours pas bougé d'un millimètre.
Je lui laisse donc l'espace dont elle a besoin pour réorganiser ses pensées et je me lève chercher la seule chose qui pourra peut-être l'aider en ce moment : de l'alcool. Généralement je ne bois pas mais, aujourd'hui, je décide de faire une entorse à cette règle et je me sers un verre également. Je retourne auprès de Jen, qui est toujours aussi muette, et lui tend le whisky que je lui ai préparé avant de reprendre place à côté. Je la regarde prendre quelques gorgées du liquide ambré avant de décider de la sortir de son silence.
Moi : Ça nous avance à quoi tout ça ?
Jennifer : Je suis certaine que c'est elle.
Moi : Ok… J'aimerais beaucoup croire au lien mythique des âmes sœurs et tout ça mais… l'image est très mauvaise quand même.
Jennifer : Et je n'aurais certainement été aussi sûre de moi si je n'avais pas vu le conducteur.
Moi : Tu le connais ?
Jennifer : Oui. (je reste silencieuse et attends) Ce n'est pas Lana qu'il veut, mais moi. Il l'a enlevé pour attirer mon attention.
Moi : Tu sais où le trouver ?
Jennifer : Non.
Moi : Mais ton collègue n'aurais qu'à taper sur son clavier pour le savoir, lui.
Jennifer : Je sais. Je vais lui en parler.
PDV Lana
Lui : Tu ne t'ennuies pas trop j'espère ?
Tiens, le voilà de retour celui-là. Je ne sais pas si j'avais vraiment envie de la compagnie ou pas. Certainement que non, pas lui en tout cas. Je ne sais pas pourquoi, j'ai un mauvais pressentiment en ce qui le concerne. Sûrement parce qu'il m'a kidnappée et attachée à une chaise. Évidemment que je ne vais pas faire confiance à ce gars là.
Lui : Ne t'inquiète pas, tu seras bientôt libre.
Moi : Qu'est-ce que vous voulez exactement ?
Lui : Tout ce que j'attends de toi, c'est que tu sois le parfait petit appât.
Appât ? Mais pour attirer qui ici ? Un taré qui en veut à mes parents ? Non parce que, de ce qu'elles m'ont raconté, ce ne serait pas si improbable. Je suppose que je n'en saurais rien pour l'instant.
Lui : Elle devrait être en route en ce moment-même.
Moi : Qui ?
Lui : Qu'est-ce que tu cherches exactement ? Tu t'attends au fameux monologue du méchant qu'on voit dans tous les films ?
Moi : Peut-être bien.
Lui : (sourire) Ok, je vais jouer le jeu.
Je le vois qui s'en va chercher je ne sais quoi et il revient très vite avec une seconde chaise sur laquelle il s'assoit. Maintenant qu'il est en face de moi, il prend la parole, toujours avec ce petit sourire satisfait sur les lèvres.
Lui : C'est ta petite amie que je veux.
Moi : Jen ? Mais pourquoi ?
Lui : Il faut qu'elle paye.
Moi : Qu'est-ce qu'elle vous a fait exactement ?
Lui : J'ai passé les trois dernières années en prison par sa faute. Trois ans de ma vie pendant lesquelles j'ai tout perdu. Je ne suis plus rien, par sa faute. Cette petite garce ne s'en sortira pas aussi facilement.
Je vois que son regard s'est durci, j'y lis une haine à faire frémir n'importe qui. Je ne sais pas exactement pourquoi il est allé en prison mais je me doute bien qu'il devait y avoir une bonne raison. Tout ce que je comprend, c'est que monsieur a eu mal à son ego et que maintenant il veut se venger.
Lui : Et c'est pour ça que tu es là. Pour qu'elle vienne se jeter directement dans mes bras.
Moi : Vous semblez certain qu'elle viendra.
Lui : Je lui ai laissé suffisamment d'indices pour la mener ici. Elle viendra pour te sauver, à supposer qu'elle t'aime vraiment, évidemment.
Je décide de ne plus lui répondre. S'il dit vrai, et qu'il a laissé ce qu'il faut d'indice pour que Jen comprenne ce qui se passe, je sais qu'elle viendra témérairement se jeter dans la gueule du loup. Alors oui, son plan est parfait… Parfaitement diabolique. Je n'espère plus qu'une chose à présent : qu'il paye pour ce qu'il est en train de faire.
Lui : Plus très bavarde à présent, hein ? Tant mieux.
Il se relève, prend sa chaise avec lui et sort de mon champ de vision. Il ne revient pas. A nouveau, je me retrouve seule avec mes pensées.
PDV Kara
Moi : Donc c'est là qu'il se trouve ?
Jennifer : En théorie, oui.
Moi : C'est maintenant que tu comptes avertir la police ?
Jennifer : Je suis la police.
Moi : Et tu comptes régler ce problème toute seule ?
Jennifer : Parfaitement.
Moi : C'est du suicide !
Jennifer : Merci pour la confiance.
Moi : Ce que je veux dire c'est que tu ne sais pas ce qu'il a préparé. Si tu dis vrai, et que c'est toi qu'il veut, il ne te laissera pas repartir.
Jennifer : Et donc ?
Moi : C'est ce que je dis ! Du suicide ! Si tu crois que je vais te laisser faire sans rien dire tu te trompes lourdement !
Je suis parfaitement sérieuse. A la manière dont elle parle, on dirait bien qu'elle n'en a rien à foutre de mettre ainsi sa vie en péril. Sauf que moi je viens à peine de la retrouver, ce n'est pas pour déjà la perdre.
Jennifer : Tu ne m'empêcheras pas d'y aller.
Moi : Ça je l'avais bien compris, c'est pour ça que je viens avec toi.
Jennifer : Hors de question.
Moi : Essaie de m'en empêcher, tu verras.
Jennifer : (marmonne) Il fallait qu'elle soit aussi bornée que moi.
Moi : Je t'entends parfaitement tu sais ?
Jennifer : Tant mieux.
Moi : Bon alors, on se met en route ?
Jennifer : Puisque je n'ai pas le choix.
Ellipse… Environ deux heures…
La nuit commence à tomber et, d'après Jennifer, on se rapproche de la planque du ravisseur. Je sais alors qu'il ne me reste que quelques minutes tout au plus pour essayer de savoir ce qu'il en est. Pourquoi cet homme chercherait Jennifer en particulier ? S'ils ont un passé en commun, lequel ?
Moi : Tu le connais.
Jennifer : Je pensais qu'on avait clairement établie ça à ce niveau.
Moi : Je voulais savoir comment.
Je vois clairement ses mains se crisper sur le volant qu'elle tient, tellement que ses jointures en deviennent blanches. Je remarque une tension nouvelle en elle et je comprends alors que j'ai été trop curieuse et que je suis allée trop loin.
Moi : Mais tu n'es absolument pas obligée de me répondre.
Jennifer : Il était mon instructeur à l'école de police.
Moi : Et… qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Jennifer : Il a… fait certaines choses qu'il n'aurait pas dû faire et je l'ai dénoncé. Aux dernières nouvelles, il était en prison pour ça.
Moi : On dirait bien qu'il en est sorti.
Jennifer : Ouais eh bien, sa liberté aura été de courte durée.
Moi : Et qu'est ce que tu comptes faire une fois là-bas, lui demander de la relâchée bien gentiment ?
Jennifer : Je te l'ai dit, c'est moi qu'il veut. Dès que je me présenterai à lui, il la laissera partir.
Moi : Tu as l'air sûre de toi.
Jennifer : Je le suis. Pour tous ses défauts, il sait au moins faire preuve d'un peu d'honneur. Quand il aura libéré Lana, je lui dirai de te rejoindre et vous pourrez alors rentrer toutes les deux.
Moi : Oui, bien sûr. Et toi tu iras jusqu'à New-York à pieds. Aucune chance.
Jennifer : Je m'en sortirai.
Moi : Moi qui pensais que de nous deux je serais la plus difficile à convaincre. Finalement, c'est toi qui as le plus de mal à comprendre.
Jennifer : Comprendre quoi ?
Moi : Que tu n'es pas seule !
Jennifer : C'est trop dangereux et je ne veux risquer la vie de personne, surtout pas la tienne.
Moi : J'ai grandi dans le système Jennifer. Ma première fugue d'un foyer, j'avais 8 ans et je suis restée seule, dans la rue, pendant deux jours. Tu me sous-estimes grandement.
Alors qu'elle vient de prendre un chemin moins officiel, son regard se tourne brièvement vers moi et je réalise que j'avais raison. Elle se laisse tromper par me apparence inoffensive.
Moi : Je ne suis pas qu'une actrice du petit écran, je sais me défendre.
Jennifer : Je n'en doute pas.
Moi : Si, justement.
Elle arrête brusquement la voiture. Je regarde autour de moi, ne notant rien de particulier. Je comprends alors que j'ai touché un point sensible et c'est ce que je voulais. Je ne compte l'abandonner, elle doit bien se le rentrer dans la tête.
Jennifer : Je suis ta grande soeur, c'est à moi de te protéger, pas le contraire.
Moi : Sauf que ce n'est pas moi que tu dois sauver aujourd'hui, mais Lana. Et je suis là pour t'y aider, pas être un poids supplémentaire.
Jennifer : Alors emmène-la en lieu sûr, s'il te plait. J'arriverai à m'occuper de lui si je sais que vous êtes en sécurité toutes les deux. Je te fais confiance pour protéger la femme que j'aime.
J'acquiesce alors en silence, comprenant son point de vue à présent. Nous avons un objectif en commun et je sais que Jen a appris à gérer ce genre de situation. Mon instinct me poussant à la suivre et assurer ses arrières mais je dois lui faire confiance.
Jennifer : (sourire) Merci. Je te promets que la prochaine fois, je te laisserai jouer les Supergirl.
Moi : Je peux être très convaincante dans ce rôle, tu verras.
Jennifer : Ca je le sais bien.
Elle repart lentement, me laissant penser qu'on approche finalement de la cible. On est littéralement au milieu de nulle part, isolées du monde. Je sais bien que je suis sensée m'éloigner immédiatement avec Lana mais je ne le ferai pas, à moins qu'elle ne soit gravement blessée. Si je laisse Jennifer derrière, je ne me le pardonnerai jamais. Je connais Lana, elle sera de mon avis. Enfin, la voiture s'arrête devant... pas grand chose. Juste une porte qui mène très certainement à un abris sous-terrain.
Moi : C'est ici ?
Jennifer : Oui. (se détache) Tu restes près de moi mais je présenterai à lui seule. Tu resteras dans l'ombre et tu attendras Lana.
Moi : Dès qu'il la libère je sors avec elle.
Jennifer : Et vous partez tout de suite.
Moi : Tu seras bonne pour rentrer à pieds à New-York.
Jennifer : Ne t'inquiète pas pour moi.
Moi : Je m'inquièterai toujours pour toi maintenant. Je n'y peux rien, c'est dans le contrat. Sérieusement, si Supergirl avait une soeur comme toi, elle serait beaucoup trop occupée pour sauver le monde.
Jennifer : Je prends ça comme un compliment.
Moi : Évidemment.
Jennifer : Kara... Sois prudente.
Moi : Ca vaut pour toi aussi.
Quand on passe la porte, elle nous mène directement à un escalier, comme je m'attendais. Jennifer prend immédiatement les devants et je la suis en silence. L'escalier conduit à une autre porte. Jennifer me fait signe de rester en retrait alors qu'elle pousse le battant aussi silencieusement que possible. Elle entre finalement alors je m'approche de la porte qu'elle a laissé entrebâillée.
Lana est juste là, attaché à une chaise. Jennifer s'approche rapidement pour la libérer. Au moment où Lana se lève enfin, une voix d'homme résonne de l'autre côté de la pièce. Je m'assure automatiquement que je ne suis pas visible de là-bas.
Lui : Enfin te voilà. Je commençais à m'inquiéter tu sais ?
Jennifer : Laisse-la en-dehors de ça Jones, elle n'a rien à voir avec cette histoire.
Lui : Tu as raison, c'est uniquement entre toi et moi.
Lana : Jen, qu'est-ce que tu fais ?
Je vois Jennifer s'approcher de Lana et lui parler tout bas à l'oreille. Je suppose qu'elle lui explique tout le plan. Il lui faut plusieurs secondes pour convaincre Lana de s'en aller mais elle finit par le faire. Elle me rejoint et vient me prendre dans ses bras. Je n'ai pas besoin de voir son visage pour savoir que les larmes coulent sur ses joues.
Lana : Ne la laisse pas, s'il te plait.
Moi : Je te promets que non, mais je lui ai aussi promis de te mettre en sécurité avant tout. La voiture est juste en-haut.
Je remarque qu'elle est plus pâle que d'habitude et semble un peu faible. Restée attachée sur cette chaise aussi longtemps a dû la mettre plus mal en point que je ne l'imaginais. Je l'aide donc à remonter, la laissant s'appuyer sur moi autant qu'elle en a besoin.
Lana : Retourne l'aider. J'arriverai seule jusqu'à la voiture. S'il te plait Kara, j'ai un mauvais pressentiment.
Comme pour confirmer ses dires, j'entends un bruit sourd venant de l'abris. Je n'hésite qu'une demi-seconde avant de lâcher Lana pour faire demi-tour. Je redescends les escaliers en courant et entre en trombe dans la pièce d'en-bas. Je ne réfléchis pas et m'approche de ce fameux Jones. Mon entrée plus que fracassante l'a alerté et il se tourne vers moi alors que je suis encore à deux mètres de lui. Mais, alors même qu'il lève son arme vers moi, j'ai largement le temps de lui décrocher une droite digne de mon personnage télévisé. Il s'écroule au sol et ne bouge plus.
Moi : Je l'ai eu tu crois ?
Jennifer : Je pense. (me tend des menottes) Passe-lui ça par précaution.
Moi : (le fait) Et maintenant ?
Jennifer : Maintenant tu vas devoir me conduire à l'hôpital. Il n'a fait que me frôler mais je préfère être prudente.
Moi : Et tu voulais que je t'abandonne ici.
Jennifer : Je sais, j'ai été stupide. Merci de ne pas m'avoir écouter.
Moi : Oh moi je ne t'en veux pas trop. Mais je te rappelle que tu vas aussi devoir expliquer ça à Lana.
Jennifer : Et merde.
Quelques heures plus tard…
Lana et Jennifer ont été prises en charge dès notre arrivée à l'hôpital. Je suis restée à attendre, tiraillée entre deux salles. Lana était simplement épuisée et déshydratée mais elle se remettra très rapidement. Par précaution, les médecins préfèrent la garder jusqu'à demain. Pour Jennifer, ça a été plus compliqué. Elle qui m'avait assuré n'avoir été que éraflée, je me suis bien vite rendue compte que la balle s'est logée dans son épaule et que c'était bien plus grave qu'elle ne l'avait laissé entendre. Finalement, après quelques temps au bloc opératoire, les médecins ont pu retirer la balle et nettoyer la plaie. Évidemment, elle aussi devra séjourner un temps à l'hôpital.
Le lendemain, je rend d'abord visite à Lana, la trouvant debout et déjà habillée.
Moi : Ils te laissent déjà sortir ?
Lana : J'ai beaucoup insisté.
Moi : Est-ce que j'ai envie de savoir ?
Lana : Je ne crois pas.
Moi : C'est ce que je pensais. Bon alors, je comptais aller voir Jennifer. Tu m'accompagnes.
Lana : Avec plaisir. (me retient) Et merci… de m'avoir sauver.
Moi : Promets-moi juste de ne plus jamais disparaître comme ça.
Lana : J'essayerais.
La chambre dans laquelle Jennifer a passé la nuit est tout près, il ne nous faut que quelques secondes pour y arriver. Avant même que je n'ai le temps de lever la main pour toquer, la porte s'ouvre d'elle-même sur un homme massif et solemnel. Son uniforme de la BPD ne laisse aucun doute sur sa profession, et ses grades laissent supposer qu'il s'agit d'un supérieur de Jennifer. Ça ne doit pas être bon.
Lana laisse à peine le temps à l'homme de dégager le passage et entre en trombe. Je referme tranquillement la porte de la chambre, leur laissant quelques secondes bien à elles.
Lana : Qu'est-ce qu'il te voulait ?
Jennifer : Rendre des comptes. J'ai quitté le travail hier matin sans permission pour me lancer à ta recherche, j'ai utilisé les services de la BPD pour mon usage personnel et j'ai été blessée dans le processus. Sans compter que j'ai piqué la gloire du FBI, apparemment Jones était ce fameux tueur de blondes qu'ils recherchaient activement. Ça ne leur a pas vraiment plu que je leur vole la vedette.
Moi : Tu vas avoir des ennuis ?
Jennifer : Concrètement j'en ai déjà. Je ne suis pas virée à proprement parler mais ils m'ont gentiment demander de trouver un poste ailleurs, dans une autre juridiction.
Moi : Et ton épaule ?
Jennifer : Je m'en remettrai.
Moi : Je voulais juste m'assurer que tu allais bien et, comme tu es entre de bonnes mains, je vais pouvoir me retirer. Bonne journée les amoureuses.
Jennifer : À bientôt soeurette.
Ellipse… Deux semaines…
PDV Lana
Les choses ont repris leur cours normal et j'ai laissé cet incident derrière moi. J'ai repris le travail comme si de rien n'était, poursuivant mes travaux comme si je n'avais pas été kidnappée il y a quinze jours. Jennifer est finalement retourner à Boston il y a quelques jours et les SMS incessants ont repris leur place dans mon quotidien. Kara est repartie pour L.À et je ne sais pas vraiment quand elle reviendra. Comment ma vie peut-elle être à la fois si différente et si similaire ? Comme si rien n'avait vraiment changé.
Plus tard dans la soirée, alors que je suis déjà installée confortablement devant un film, je reçois un appel de Jen. J'interromps tout ce que je fais et le prend immédiatement.
Jen : J'ai une grande nouvelle à t'annoncer.
Moi : (sourire) Bonsoir à toi aussi.
Jen : On a passé la journée à s'écrire.
Moi : Les bonnes manières Mlle Jauregui.
Jen : Très bien. Bonsoir ma jolie, comment vas-tu ?
Moi : Plutôt bien, et toi ?
Jen : Mieux. J'ai une grande nouvelle.
Moi : Laquelle ?
Jen : Je serais transférée à la NYPD dès la fin de ma convalescence.
Moi : Tu reviens à New-York ?
Jen : Dans un peu moins de deux semaines oui. Bien sûr il faudra que je me réinstalle et ça risque de prendre du temps.
Moi : Oui et puis ce n'est pas comme si tu avais une petite amie à New-York qui serait plus qu'heureuse de t'avoir à nouveau près d'elle.
Jen : Qu'est-ce que tu veux dire ?
Moi : Reviens vivre avec moi.
Jen : Tu es sûre ?
Moi : Je pense qu'on a attendu assez longtemps, tu ne crois pas ?
Jen : Probablement que si.
Moi : Alors… Ça veut dire oui ?
Jen : Oui, bien sûr que oui.
Moi : Tu me manques.
Jen : Je ferais en sorte que ça n'arrive plus jamais.
PDV Kara
Je me plonge dans le travail sans relâche, bénissant chaque seconde que je passe sur le plateau de tournage. Tout pour oublier ce que j'ai appris la veille. Lucy et Jason. Jason et Lucy. Ensemble ! Jason McKinley, ma co-star de Supergirl, et Lucy Prescott. Ma Lucy. Tant d'espoir détruit. Je sais que j'ai toujours son amitié, il était clair qu'elle n'avait pas compris la nature de mes sentiments pour elle et j'ai décidé de les enterrer. La douleur reste là, sourde mais bien présente. Alors je me donne corps et âme à mon travail. Sans retenue.
Mon dévouement a fini par éveiller les soupçons et j'aurais dû me douter que Selena viendrait aux nouvelles. Elle a souvent tendances à me surprotéger quand je travail sur un de ses projets. Ce soir-là, quand je rejoins ma loge, elle vient m'y retrouver rapidement.
Selena : Tout va bien ?
Moi : Ouais, très bien.
J'évite son regard, sachant très bien qu'elle ne me croit pas une seule seconde. Elle a ce genre de super pouvoir. J'avais raison de la redouter. J'aurais dû savoir qu'elle allait insister
Selena : Qu'est-ce qu'il se passe exactement ?
Moi : Rien c'est… stupide.
Selena : Ça ne doit pas être si stupide que ça, si ça te met dans un tel état.
Moi : Ce n'est rien, je te le promets. Une simple peine de coeur, je m'en remettrai.
Ellipse…
Je ne m'en suis pas vraiment remise. Du tout. Après deux mois de tournage, je suis rentrée à New-York avec une semaine de pause en perspective. Une semaine de temps libre pendant laquelle je peux tranquillement repenser à Lucy, à mon incapacité à lui faire comprendre la nature de mes sentiments, à ces photos d'elle avec Jason. Je passe beaucoup moins de temps sur son Instagram soudainement. Je suis seule dans mon appartement. Enfin, seule pas vraiment, bien sûr il y a Farley. Cadeau de Lucy. Non, je ne peux pas en vouloir à ce pauvre petit chien. Ce n'est pas de sa faute si j'ai raté ma chance. En tout cas, j'en étais à m'ennuyer fermement quand j'entends des coups être frappés à ma porte. Je vais ouvrir, contente de cette distraction, et je retrouve Jennifer derrière la porte.
Jennifer : (sourire) Hey ! J'ai appris que tu étais rentrée !
Moi : C'est le cas. Entre.
Pendant qu'elle gratouille Farley derrière l'oreille, je remarque que Jennifer tient un paquet en main. J'ignore ce qu'il contient et je suis très intriguée soudainement. Je laisse à Jennifer le temps de s'installer et je vais nous chercher des boissons. Je reviens auprès d'elle et je ne peux m'empêcher de la questionner.
Moi : Je ne suis pas très douée pour la patience alors… Qu'est-ce qu'il y a là dedans ?
Jennifer : Oh. C'est pour toi en fait.
Moi : Moi ?
Jennifer : Ouais. On en a parlé il y a quelques temps. Tu disais que tu manques de confiance en toi.
Moi : C'est vrai.
Jennifer : Ça m'est déjà arrivé, quand j'étais plus jeune. Paralysée par la peur, incapable de prendre des risques. Les sentiments, ça peut être terrifiant, pas vrai ?
Moi : Terriblement.
Jennifer : À l'époque je m'étais convaincue que, à force de faire semblant, je finirais par avoir véritablement confiance en moi et que j'oserais m'ouvrir. J'ai enfilé une armure et j'ai plongé sans plus jamais avoir peur.
Moi : Armure ? (elle me montre sa veste) Très bien, certes mais quel rapport avec moi ?
Jennifer : J'ai demandé à Lana de te faire ta propre armure. Elle est dans ce fameux paquet qui t'intrigue tant.
Moi : Pour de vrai ?
Elle acquiesce en silence, me faisant signe d'ouvrir le paquet. Je le fais donc et découvre une veste en cuir, presque identique à celle de Jennifer, sauf que celle-ci est bleu et pile à ma taille. Quand je l'essaye, je la trouve confortable et bien ajustée.
Jennifer : Regarde-toi, on nous prendrait presque pour des soeurs.
Moi : (rire) Comme si ce n'était pas déjà le cas.
Jennifer : En tout cas, te voilà parer pour aller courtiser ta belle.
Moi : (fronce les sourcils) Ma belle ? De qui tu parles ?
Jennifer : Lucy bien sûr.
Moi : Oh, c'est vrai. Hum… (me racle la gorge) Elle vient d'officialiser une nouvelle relation. Avec son partenaire dans DALS.
Jennifer : Bien, tu as donc besoin de distraction. Allons faire un tour et je te parlerai d'un autre truc que je voulais aborder avec toi. Je pense que ça suffira à te changer les idées.
Moi : Si tu le dis…
Ce n'est qu'une fois dans Central Park, Farley gambadant près de moi, que Jennifer réaborde ce fameux sujet dont elle voulait me parler. Je ne m'attendais pas à quoi que ce soit, mais ce qu'elle me dit parvient tout de même à me frapper de stupeur.
Jennifer : J'avais pensé… le dire à mes parents. Enfin, leur parler de toi en tout cas. Je ne sais pas comment j'ai pu ne rien leur dire jusqu'à présent mais… elles ignorent toujours que j'ai une soeur et… Enfin je voulais leur faire savoir… si tu es d'accord.
Moi : Tu veux me présenter à tes parents ?
Jennifer : (rire) Dis comme ça, on dirait que tu es ma fiancée plutôt que ma soeur.
Moi : (sourire) Tu m'as comprise.
Jennifer : En gros oui. Elles doivent venir à Boston histoire de régler certains détails avec moi et… enfin je me disais que tu pourrais venir aussi.
Moi : Si ça peut t'aider, je serais là.
Jennifer : Merci.
Elle semble bien plus détendue soudainement. Comme si j'allais refuser, sérieusement. Bon, je ne vous cache pas que j'appréhende un petit peu mais… il le faut, pas vrai ? Alors allons-y, de toute façon je n'ai rien à perdre.
Jennifer : Et pour Lucy…
Moi : (la coupe) Laisse tomber, ça me passera.
Jennifer : J'étais sérieuse quand je parlais de distraction. Malheureusement, j'ai déjà pris mon temps de pause pour… eh bien là, maintenant. Je dois retourner au poste dans… (regarde sa montre) … dix minutes. Être en retard la première semaine n'est pas très conseillé.
Moi : C'est vrai, tu devrais y retourner.
Jennifer : Je finis à 18h30. Pourquoi tu ne passerais pas me prendre ? On irait se chercher la plus grande pizza qu'ils font dans cette ville et puis on se ferait cette partie de Mario Bros. que tu m'avais promis.
Moi : (sourire) Tu es sûre que ça ne chamboule pas ton emploi du temps ?
Jennifer : Pas du tout.
Moi : Très bien, je serais là.
Ellipse…
Et c'est le cas. Je passe les porte du commissariat à 18h27 précisément. Le temps de trouver le bureau de Jennifer je suis pile à l'heure. Elle m'ouvre dès que je toque et m'invite à entrer le temps qu'elle en finisse avec la paperasse.
Jennifer : J'aurais dû le voir venir, parles d'une punition.
Moi : (rire) Je t'avais dit de prévenir la police.
Jennifer : Merci de me remonter le moral, ça fait plaisir.
Je vois bien qu'elle plaisante autant que moi. Depuis que je l'ai retrouvé, les choses se sont mises en place naturellement entre nous. Peut-être bien, au fond, que les gènes ont un rôle à jouer dans notre personnalité. Peut-être, aussi, que la vie nous a mises face à des épreuves similaires pour qu'on se comprenne au moment de se retrouver. Je ne sais pas exactement, mais je remercie quiconque m'a amené à ce moment. Mes pensées sont interrompues quand la porte du bureau s'ouvre. Je me retourne dans un reflex et je reste figée sur place jusqu'à ce que la voix de Jennifer me tire de mes pensées.
Jennifer : Et voilà l'occasion de faire les présentations. (se lève) Kara, je te présente ma partenaire, Diana.
Moi : Bonne chance.
Jennifer m'assène un petit coup dans l'épaule alors que Diana rit doucement. J'arrive enfin à détourner mon regard d'elle, reconcentrant mon attention sur Jennifer pendant un moment.
Jennifer : Kara, ma soeur. Traîtresse surtout.
Moi : (rire) Désolée. Ravie de te rencontrer Diana.
Diana : Ravie également.
Nos regards se croisent à nouveau alors que je serre la main qu'elle me tend. Je me perd à nouveau dans ce marron intense qui m'inonde à chaque fois qu'elle pose les yeux sur moi. Dans une autre vie peut-être… Peut-être que j'aurais osé. Si je n'avais pas eu autant d'intérêt pour Lucy, si mon coeur ne lui appartenait pas encore un petit peu… Alors peut-être oui, peut-être que j'aurais écouté les battements irréguliers de mon coeur, le bourdonnement dans mes oreilles. Alors peut-être que, oui, j'aurais compris. Mais je préfère nier ce que mon coeur me dit, ne voulant pas le blesser à nouveau aussitôt.
Jennifer : Et ma journée est terminée. Je t'ai promis la pizza la plus large qui soit soeurette et je tiens toujours mes promesses. Ne rentre pas trop tard Diana, tu sais qu'elle t'attendra jusqu'à ce que tu arrive.
Diana : Je ne promets rien.
Jennifer : Ne reste pas trop tard, c'est tout.
L'avertissement de Jennifer sonne plus comme une taquinerie qu'une véritable mise en garde. Mais, dans un sens, elle semble vraiment vouloir s'assurer que Diana retournera auprès de "elle", qui qu'elle soit.
Moi : On peut aussi rester pour s'en assurer.
Jennifer : Non, tu es plus distrayante que menaçante.
Moi : Distrayante, moi ?
Diana : Elle n'a pas tord.
Je me tourne vers Diana, cherchant à savoir ce qu'elle a bien pu penser en disant ça, mais elle se reprend bien vite.
Diana : Ce que je veux dire, c'est que je n'ai pas besoin d'un chaperon. Aux dernières nouvelles, c'était plutôt à moi de te garder à l'oeil, Jen.
Jennifer : Je savais bien qu'ils m'avaient toujours dans le viseur.
Moi : Et je t'avais dit de…
Jennifer : Prévenir la police, je sais.
Ellipse…
Plus tard, entre les tranches de pizza et deux niveaux de Mario Bros. Jennifer finit par me relancer sur un sujet que je pensais clos. Je n'y pensais même plus pour tout vous dire.
Jennifer : Elle te dévorait du regard, tu en as conscience ?
Moi : De qui tu parles ?
Jennifer : Diana. Tu lui plais.
Moi : (rire) Bien sûr. Elle ne me connait même pas.
Jennifer : J'ai dit qu'elle te trouvait canon, pas qu'elle voulait te passer la bague au doigt.
Moi : Qu'est-ce qui te fait dire ça déjà ?
Jennifer : Tu dois être complètement aveugle pour ne pas l'avoir vu. Je ne la connais peut-être que depuis une semaine mais je ne suis pas stupide, il y a des regards qu'on a tous et le sien, même si ça m'en coûte de l'admettre, criait son envie de t'inviter à dîner.
Moi : J'ai déjà quelqu'un en tête et il me faudra plus de temps pour l'oublier.
Jennifer : Je ne te force à rien.
Moi : Merci.
Jennifer : Mais je la garde à l'oeil pour toi.
Moi : Je n'ai jamais dit qu'elle me plaisait aussi.
Jennifer : Encore une fois, je ne suis ni stupide ni aveugle. Tu as peut-être encore un peu peur de l'admettre, mais dans un autre contexte tu n'aurais pas dit non.
Moi : Suis-je si évidente ?
Jennifer : Oui. Maintenant joue, je n'arrive pas à croire que tu sois arrivée avant moi au dernier niveau… et celui d'avant.
Moi : Tu peux toujours attendre pour me battre… Jenny.
Jennifer : Oh non, tu n'as pas osé ?
Moi : Si.
Jennifer : Tu vas le regretter.
Moi : (rire) J'aimerais voir ça.
