The Generation of Miracles : Us !
Résumé : Pendant un match, Kuroko est à terre. Personne ne le remarque. Première blessure physique et morale, ses anciens coéquipiers lui manquent... Kagami joue trop solo, Seirin n'a plus besoin de l'ombre. La Génération des Miracles a pour projet de se reformer, la rejoindra-t-il ? Et quel secret cache-t-il ?
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, tout comme le monde dans lequel ils évoluent, tout revient à Tadatoshi Fujimaki ! (sauf l'intrigue de cette fanfiction ...)
Note de l'auteure : Encore merci pour toutes vos reviews, ça illumine ma vie ! J'essaie de répondre à ceux qui ont un compte et les reviewers anonymes : vous êtes adorables, vos reviews me font vraiment plaisir ! Continuez comme ça ! ;D Allez, fin du match contre Touhou et début de la fic véritable ! (traduction : on va s'éloigner de l'anime là ! ;D)
Bonne lecture !
EDIT : 12.04 : Allez, on se motive mes lecteurs ! Si j'atteins 100 reviews ce week-end, je mets le chapitre 5 ! Allez, anonymes et amis du monde des fanfictions, mobilisez vouus pour avoir ce chapitre en avance !
(on dit merci à ceux qui ont leurs partiels et autres examens blancs qui veulent un encouragement ! :D)
Kuroko ne savait pas. Enfin si, il savait mais ne voulait pas avouer… qu'il avait répété ses erreurs passées et choisi quelqu'un qui ne lui convenait pas…. Kise enchaîna :
- Akashicchi, Aominecchi, Murasakirabacchi et moi-même avons évolué, Midorimacchi aussi, sûrement. Nous avons compris l'importance d'un jeu en équipe et nous savons pertinemment qu'ensemble nous serions invincibles. Mais seulement en jouant en équipe, seuls, que sommes-nous ? Réfléchis, Kurokocchi …
Aomine vit le visage de Kuroko se remplir d'interrogation et sourit. Kise n'était peut être pas un abruti complet, après tout. Il avait parfaitement compris ce qu'il tentait de faire et marchait dans son sens.
Kise embrassa le front de son protégé et lui ébouriffa les cheveux. Il partit, jetant un dernier regard derrière lui. Kasamatsu lui suivit et marmonna :
- Qu'essaies-tu de faire, Kise ?
Le regard habituellement joyeux du blond se fit un peu plus sombre.
- Je veux sortir Kurokocchi de Seirin…
Kasamatsu soupira mais ne dit rien. Que pouvait-il faire ?
Nouveau coup de sifflet. Le troisième quart temps démarra.
Kuroko resta sur le banc. Aomine essaya de ne pas le regarder, histoire de ne pas se sentir trop coupable. Kagami était hors de lui et s'approchait de plus en plus de la Zone.
« Personne n'a besoin de moi mais j'ai besoin des autres. »
« Si tu es convaincu de ça, Kurokocchi, je te conseille de ne pas regagner le match et de voir ce qu'il va se passer. »
Kuroko était curieux. Il voulait voir si Seirin, ou plutôt Kagami, avait besoin de lui pour gagner ce match. Kise avait apparemment raison.
Soudain, un grand frisson parcourut Kuroko et il vit qu'Aomine entrait dans la Zone, vif, à 100 % de ses capacités. L'écart de points se creusait inexorablement et rapidement. Tetsuya soupira et se leva. Il allait voir ce qu'il pouvait faire et aviserait ensuite.
La coach lui adressa un grand sourire qui lui réchauffa le cœur puis il frappa dans la main de Mitobe qu'il remplaça. Il prit sa place sur le terrain.
Il suivit le trajet de la balle et envisagea en une fraction de seconde une éventuelle interception. Il s'élança et fit la passe à Kagami qui lui, ne lui adressa pas un regard. Kuroko haussa un sourcil.
Seirin remontait au score.
Kuroko utilisa alors la Misdirection Overflow pour permettre à ses coéquipiers d'utiliser un temps ses capacités. C'était vraiment épuisant et il commençait à voir un peu trouble. Il courrait partout, utilisant tout à tour sa Misdirection, la variante Overflow, le Vanishing Drive contre d'autres qu'Aomine en essayant de ne pas se préoccuper de son ex-lumière. Il vit cependant que si Izuki, Hyuga et Teppei se reposaient sur lui pour marquer, Kagami faisait abstraction de lui.
Quand le troisième quart temps prit fin, il atteint le banc et vida sa bouteille d'eau, en nage. C'était la première fois qu'il se donnait autant … Enfin, la première fois avec Seirin. Il commençait à vraiment se fatiguer, ses techniques perdaient d'efficacité et il ne tenait pas à dévoiler ses facultés quand il était au maximum de lui-même, ils pouvaient gagner sans ça.
La coach leur adressa ses conseils et ils rentrèrent dans le quatrième quart temps.
Acculé par Kagami et franchement énervé, Aomine retourna dans la Zone pour quelques minutes. Kuroko, tout en passant, ne put s'empêcher de remarquer à quel point son ancien coéquipier était beau, le visage figé par la concentration, ses yeux bleus vrillant son ennemi, ses muscles tendus par l'effort.
Kuroko se gifla mentalement et se reconcentra.
Seirin était encore trop loin de Touhou.
« C'est maintenant. Je dois vaincre la Génération des Miracles, gagner ce match ! Si je ne réussis pas maintenant, je n'y arriverais jamais ! »
Kuroko entendit ces paroles comme si Kagami les avait prononcées. Et un grand froid l'envahit, tout comme un sentiment étrange… comme de la révolte.
Kagami Taiga venait de forcer les portes et d'entrer à son tour dans la Zone.
Akashi siffla entre ses dents. Il savait que Kagami finirait par y arriver mais ça l'énervait tout de même.
Midorima et Kise, côte à côte, arboraient un visage figé mais au fond, le fait que Kagami ait réussi à entrer dans la Zone les rendaient fous. Il allait désormais se croire à leur niveau … douce illusion.
Aomine vit que Kagami était arrivé à entrer et sourit sadiquement. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu d'adversaire à sa taille. Il aperçut la silhouette figée de Tetsu et comprit, tout comme le joueur fantôme plus tôt, ce que Kuroko avait tenté de faire en quittant Teiko.
Faire évoluer un joueur à son niveau pour qu'ils puissent jouer à nouveau ensemble.
Kagami profita de son moment d'étonnement et réussit à le passer. Il marqua avec un dunk. Deux points pour Seirin. Kuroko, au début lui lançait la balle et l'appuyait et Kagami passait Aomine.
Pourtant, au bout de quelques minutes Kuroko ne savait plus quoi faire. Depuis qu'il était entré sur le terrain, soit deux quart temps auparavant, Kagami ne lui prêtait pas la moindre attention.
Et il était entré dans la Zone … Il s'était hissé à la hauteur de la Génération des Miracles.
Le regard de Kuroko devint un regard de glace. Kagami se foutait de lui, avait atteint son but. Il n'avait plus besoin de lui. Alors soit. C'était le début de la fin, non ?
Il frappa la balle qui atterrit dans les mains de Hyuga. Trois points pour Seirin.
Et à partir de ce moment, il arrêta de passer à Kagami et … ce dernier ne parvint plus à passer Aomine, il lui tenait tête mais ne le dépassait plus.
Kagami finit par sortir de la Zone et cela enleva un poids de la poitrine de Tetsuya. Il avait du mal avec le fait que son coéquipier ait atteint et forcé les portes. Plus humain, il attendait les passes de Kuroko mais celles-ci ne venaient plus, interceptées par Aomine. Ce dernier eut l'impression vaine que Kuroko jouait en faveur de Touhou ou plutôt en sa faveur à lui. Le plan d'Akashi était parfait … comme toujours en fait.
Dernières secondes. Seirin n'avait qu'un point d'écart avec Touhou.
Riko espérait de tout son cœur que Kagami réussirait à passer Aomine pour marquer une dernière fois.
Cinq. Passe de Kuroko entre Kagami et Aomine. Aomine s'empara du ballon.
Quatre. Kagami l'empêcha de passer. Récupéra la balle. Kagami sauta. Plus personne ne respirait.
Trois. Kagami approcha sa main du panier. Aomine sauta plus haut, détourna la balle.
Deux. Kuroko passa les joueurs de Touhou avec le Vanishing Drive. Rattrapa. Tout se jouait là. Il prit sa décision. Aomine était premier dans son âme de sportif, Seirin était son équipe. Il menait son équipe à la victoire. Aomine devait être convaincu qu'il existait plus fort que lui pour que le challenge ait la possibilité de reprendre. Sinon à quoi auraient rimé les sacrifices de Kuroko ? Il relança la balle vers le panier.
Un. Buzzer Beater. Kagami sauta à nouveau, attrapa la balle et marqua.
Zéro. Sifflet. Fin du match.
101-100 pour Seirin.
Tout d'abord, un grand silence. Puis la clameur des supporters de Seirin. Leurs cris, leurs applaudissements. Kuroko regarda autour de lui, stupéfait. Ils avaient gagné ? Seirin avait battu Touhou ? La joie s'empara de son cœur mais soudain, tout vacilla devant ses yeux. Il sentit que son corps s'engourdissait soudain, le contre coup après l'adrénaline.
Il entendit son nom, crié par Hyuga et par Riko. Puis :
- Oï, Tetsu ! Kagami, abruti !
Quelqu'un le rattrapa. Une main frôla son dos et se posa sur sa taille pour le soutenir et un autre attrapa son poignet. Son bras gauche passa au dessus d'une nuque et s'y appuya, toujours tiré par l'autre main. Tout son poids était retenu par cette personne, il ne tenait plus debout. Il ouvrit un œil et vit que Kagami, en face de lui, le regardait, avec un peu d'inquiétude dans les yeux.
Mais si Kagami était devant lui …
Tetsu regarda au-dessus de lui et vit que c'était Aomine qui l'avait rattrapé et qui le soutenait. L'as de Touhou admonestait violemment Kagami :
- Il tombe à côté de toi et tu ne bouges pas ! Abruti, va !
Kuroko voulait rester à jamais dans ces bras bronzés qui le maintenaient sans effort mais se souvint des paroles cruelles d'Aomine. Bien qu'il lui semblait que le bleu avait fait ça pour son bien, il était perdu…
Il voulait se cacher comme un animal blessé pour lécher ses blessures et faire le point et accessoirement … prendre une décision.
Il se dégagea avec douceur de Daiki et souffla :
- Merci … Désolé d'être un tel poids.
Avant qu'Aomine n'ait pu dire quoique ce soit, comme par exemple le fait qu'il n'était en aucun cas un poids, Tetsu s'éloigna, claudiquant légèrement. Aomine perçut le regard menaçant d'Akashi et acquiesça. Il n'avait pas encore le droit de dire la vérité à sa jeune ex-ombre.
Les joueurs s'alignèrent, se remercièrent pour le match et repartirent. Kuroko récupéra ses affaires et se changea rapidement, voulant éviter les questions qu'on ne manquerait pas de lui poser ou pire, les remerciements. Il ne se sentait plus à son aise dans Seirin et avait l'impression de les trahir rien qu'en pensant cela. Alors leurs remerciements… c'était encore pire.
« Mais ils ont Kagami, non ? Et la coach a dit que sans moi, il se débrouillait mieux… » songea Kuroko.
Il finit par sortir du gymnase et sans attendre quiconque, rentra chez lui sous un regard vairon attentif.
Il rentra chez lui et se doucha. Se sentant un peu plus humain, il alla se reposer sur le canapé, Numéro Deux aboyant joyeusement contre lui. Il porta à bout de bras le chien qui, d'après ses coéquipiers lui ressemblait, et pensa à voix haute :
- Que dois-je faire ?
Numéro Deux pencha la tête sur le côté, comme s'il le comprenait.
- Je ne sais pas …
Le chien aboya. Kuroko le ramena contre lui et leva les yeux vers le plafond, se répétant :
- Je ne sais pas…
Il s'endormit avec cette pensée qui le taraudait.
Seirin, le lendemain
- Bien ! Il y a maintenant deux semaines de vacances avant le prochain match contre Yosen ! Évidemment, je ne vais pas vous laisser partir comme, il ne faut pas rêver ! Nous partons en camp d'entraînement ! annonça gaiement Riko.
Les mâchoires tombèrent, les yeux s'écarquillèrent.
- QUOI ?! hurlèrent les joueurs de Seirin d'une même voix.
- Oui ! Vous avez bien entendu ! Je vous laisse préparer vos affaires, nous partons dans deux heures !
Et là ce fut la panique générale. Tous se ruèrent vers la sortie sauf Kagami qui soupira en cherchant autour de lui.
- Kuroko n'est pas là, coach…
- Pardon ? s'exclama Riko, effarée. Je l'ai encore oublié ? Mais il était là, il y a quelques minutes, non ?
- Je ne crois pas, fit sombrement l'as de Seirin. Son manque de présence s'est encore accentué, peut être que je me trompe.
Inquiète, la coach chercha son portable dans sa poche.
- Je vais lui envoyer un message pour le prévenir du départ, fais de même Kagami-kun.
- Bien.
Et alors qu'ils partaient chacun de leur côté, ils pensaient exactement la même chose :
« Où es-tu Kuroko ? »
De son côté, le joueur fantôme préparait son sac. Il se dépêchait, n'ayant pas une seconde à perdre. D'une minute à l'autre, quelqu'un pouvait arriver pour s'enquérir des raisons de son absence à l'entraînement. Il balança ses vêtements pêle-mêle, boucla sa trousse de toilette et c'était réglé. Il coupa l'électricité, le gaz et activa les alarmes. Il attrapa une petite cage pour Numéro Deux, empoigna avec douceur ce dernier et sortit de chez lui, le cœur battant rapidement. Il regarda sa maison, hésitant quelques instants, puis se ressaisit. Il ferma à clef et partit. Il verrouilla également le portail et son sac à la main, Numéro Deux dans l'autre, il marcha rapidement vers la gare. Une fois assis dans le train, son ticket en main, il s'autorisa enfin à souffler.
Il grimaça en sentant ses chevilles et ses poignets le lancer mais il ne pouvait rien y faire. La crème d'Akashi, il venait d'en mettre, il devait attendre qu'elle fasse effet.
« Je m'enfuis comme un voleur …. » songea-t-il, un peu perdu.
Effectivement, il fuyait. Il fuyait Seirin, il fuyait la Génération des Miracles. Enfin, pas tout à fait toute la Génération…
Il ferma les yeux et appuya sa tête sur la vitre. Le trajet ne serait pas très long.
Kagami avait envoyé de nombreux messages à son ombre, mort d'inquiétude. Que se passait-il ? Il n'avait pas réussi à dormir de la nuit, ressassant son comportement de la veille. La honte l'avait submergé quand il s'était rendu compte qu'il n'avait pas suffisamment fait attention à son ombre. Il avait joué solo, sans jamais passer à Kuroko, ce qui leur aurait offert plus de possibilités et n'avait pas été là pour lui quand sa crise l'avait terrassé. En fait, il avait paniqué en voyant les yeux bleus si vides …
Et il faut bien se l'avouer, son match ou plutôt son duel contre Aomine l'avait fasciné et obnubilé. Il était entré dans la Zone et les sensations l'avaient grisées, plus de pensées inutiles, plus de fatigue, juste la puissance et la force.
Quand il était revenu à lui, il avait vu le regard blessé que lui avait lancé Kuroko mais sur le moment, ne s'en était pas préoccupé, déterminé à gagner.
Il ne pouvait pas dire qu'il regrettait, puisqu'ils avaient gagné, mais à quel prix ? Kuroko était blessé, n'avait sûrement plus aucune confiance en lui et commençait à se rapprocher à nouveau de la Génération des Miracles.
- Shit ! jura le dunker.
Son large sac à la main, il se dirigea vers le lieu de rencontre. Il n'avait pas réussi à contacter Kuroko …
Quand il arriva, tout étaient déjà là … Il les balaya du regard, espérant voir Kuroko mais en vain.
Riko se précipita vers lui.
- Tu as réussi à joindre Kuroko-kun ? demanda-t-elle, angoissée.
- Non …
- Je propose qu'on aille directement voir chez lui, proposa Hyuga. Après tout, la coach nous a donné rendez-vous une heure en avance pour être sûre que personne n'arriverait en retard !
Les joueurs, essoufflés, la foudroyèrent du regard et pas gênée pour un sou, elle approuva la remarque de Hyuga. La joyeuse troupe se dirigea vers la maison de Kuroko, elle avait son adresse en cas d'urgence.
Kagami, marchant plus vite que les autres, arriva le premier devant la demeure de son ombre.
- Qu'est-ce que c'est ce bordel ?
Les autres le rejoignirent au pas de course. Et ils furent tout aussi stupéfaits que le joueur as. Riko eut un mauvais pressentiment.
Les volets étaient fermés, le portail aussi. Il n'y avait aucun signe de vie là dedans. Il était clair que soit Kuroko dormait - à dix-sept heures, c'était peu probable - soit il n'était pas là.
Les joueurs de Seirin se regardèrent mais cette fois, ne savaient vraiment plus quoi faire.
Boarding …
Kuroko, sa carte d'identité, son passeport et son billet à la main, patientait dans la zone d'embarquement.
Numéro Deux ne faisait pas le chemin avec lui, il avait déposé la cage devant la maison de Kise avant de partir vers l'aéroport. Il sourit pour lui-même, visualisant sans mal la tête surprise de Kise quand il découvrirait le petit chien aux yeux bleus. Il le lui confiait sans peur, sachant très bien que son ami s'occuperait très bien de la mini mascotte de l'équipe de Seirin.
- Tetsu !
Il tourna la tête et vit avec contentement Aomine approcher de lui, essoufflé.
- J'ai cru que j'allais louper ce foutu avion à la con ! Aussi, tu préviens une heure avant le moment de déposer les bagages ! T'abuses !
En réponse, Kuroko sourit. Daiki s'écroula à côté de lui et dix minutes s'écoulèrent avant qu'une voix métallique ne résonne :
« Les passagers du vol JN 113 sont priés de rejoindre le Gate numéro 1. Embarquement imminent »
Kuroko et Aomine se levèrent d'un même mouvement. Ils se rendirent compte qu'ils étaient deux des rares personnes à embarquer en première classe. L'avantage d'avoir des parents riches. Totalement absents mais riches. Ils s'installèrent à leur place et une jolie hôtesse lui servit un rafraîchissement. Kuroko la remercia et repartit dans ses pensées. Aomine, à côté de lui, lisait un magazine sur le basket, évidemment.
Fasten your seat belt
Le symbole clignota vivement au-dessus de Kuroko et il attacha sa ceinture. L'avion s'engagea sur la piste et prit de la vitesse. Après un instant, il s'éleva. Kuroko crispa ses mains sur les accoudoirs, il détestait cette sensation : les oreilles bouchées, la pression changeante, le malaise d'être en l'air. Aomine dut sentir son indisposition et posa sa main sur la sienne, lui adressant un regard encourageant. Puis l'avion se stabilisa et un long voyage commença.
Kuroko regarda autour de lui et il lui sembla un instant voir l'équipe de Seirin l'entourer.
Hyuga, blanc comme un linge, Mitobe et Teppei endormis, Izuki ramenant sa science, Kagami feuilletant une revue de basket, Koganei en train d'amuser la galerie, Tsuchida riant à ses blagues et la coach les réprimandant comme une mère le ferait.
Puis la vision changea et il vit Kise et Murasakiraba se disputer un paquet de chips, Aomine les gronder sans vraiment y croire, Midorima lire un bouquin, impassible, et Akashi les surveiller tous, les bras croisés.
Puis tout s'évanouit. Pour le moment, il était seul avec Aomine seulement. Il partait avec son ancienne lumière parce qu'il voulait s'éloigner de Seirin et qu'Aomine serait le plus apte à l'aider à choisir son camp.
Mine de rien, il n'était pas idiot, Kuroko. Il était même incroyablement intelligent. Il avait réfléchi pendant la nuit sur les paroles cruelles d'Aomine en avait conclu une chose : tout était faux.
- Dis, Aomine…
Le joueur de Touhou le regarda.
- Oui ?
- Tout ce que tu m'as dit pendant le match … En vrai, tu ne le pensais pas, n'est-ce pas ?
Un instant, Daiki fut surpris et voulut répondre par la négative mais c'était trop tard. Kuroko l'avait suffisamment déstabilisé pour qu'il perde son masque une fraction de seconde. Un sourire illumina le visage de l'ombre et Aomine -songeant qu'Akashi allait le tuer- ne put s'empêcher de sourire à son tour et de répondre :
- Exact…
- Un plan d'Akashi ?
- Il va me torturer et me tuer, soupira Aomine. Mais oui, c'est lui qui m'a demandé de te déstabiliser.
- Il savait que j'allais comprendre.
- Pardon ? s'étonna Aomine. A quoi ça l'aurait avancé, si c'était le but que tu comprennes que tout n'était qu'une machination dès le début ?
- J'ai pris conscience de certaines choses, je suppose. Grâce à tes paroles, mêmes si tu ne les pensais pas, et à Kise. Je crois … que vous aviez raison depuis le début mais je ne sais pas quoi faire pour autant …Akashi a atteint son but.
Aomine ne répondit rien.
- Akashi est incroyable… souffla Kuroko. Il prévoit les réactions des gens avec une facilité, ça fait peur.
Aomine ne put qu'acquiescer. Il s'endormit au bout d'une heure, sa main pressant toujours celle de Kuroko. Ce dernier tourna la tête vers le hublot.
Dans ses yeux bleus, l'immensité du ciel se reflétait.
Dans ses yeux perdus, le doute se lisait.
- Qu'est-ce qu'on fait, coach ? demanda Hyuga d'une voix douce.
- Je n'en sais rien.
L'heure d'avance qu'ils avaient s'était écoulée et ils étaient retournés au bus. Alors que Kagami sortait son portable pour envoyer un énième message à Kuroko, une voix bien connue se fit entendre :
- Laissez tomber. Il ne viendra pas.
- Kise, grinça Kagami.
Mais ce fut Midorima qu'ils virent en premier dans la nuit tombante. Il semblait ennuyé d'être là. Akashi suivit, bras croisés mais une étincelle victorieuse dans les yeux qui fit peur à Seirin.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ? lança Izuki.
Alors Kise s'avança, un chien entre ses bras, les traits tirés et le visage fatigué, angoissé.
- Il ne viendra pas, répéta-t-il.
Alors ce chapitre ? :3 Vous a-t-il plu ? J'ai hâte d'avoir vos avis, à bientôt tout le monde !
A suivre, dans le chapitre 5 : Prise de conscience ...
