Coucou !

Me voici avec ce deuxième chapitre. Je suis contente des retours positifs que j'ai eu pour le premier ! J'avance doucement dans la traduction. J'ai terminé le onzième chapitre hier soir !

Merci à Célia et à klaine forever and more pour leurs reviews et un merci tout spécial à l'adorable Clémence qui m'a aidé à corriger quelques petites erreurs dans le chapitre précédent.

klaine forever and more : c'est vraiment gentil et je suis heureuse que tu ressentes déjà un petit attachement pour les garçons ! Il y a 27 chapitres + un épilogue dans la fanfic originale.

CeliaCom7 : je n'ai pas envie que Klaine disparaisse alors si je peux contribuer un petit peu à ce que les gens continuent de les aimes, c'est super ! J'espère que tu apprécieras le deuxième chapitre et que tu découvriras un peu plus le caractère des garçons !

clempop17 : encore merci à tout pour ton aide ! Klaine est la définition même d'adorable et de super mignon ! J'espère que ce chapitre te plaira aussi !

Lien pour la fic originale (ajouter . com après tumblr et retirer les espaces) : klaineficspdfs . tumblr/post/34927799357

Chapitre 2

Le lendemain, Kurt se réveille à l'aube sans aucune raison apparente mais bien trop tôt pour un dimanche matin. Ok peut-être que les yeux aux reflets de miel qui ne semblent pas vouloir quitter son esprit y sont pour quelque chose mais il ne peut pas admettre cela à voix haute. Il s'étire lentement et paresseusement, ayant trop chaud sous son épaisse couverture malgré la fraîcheur matinale. Il sort du lit et attrape immédiatement sa robe de chambre avant de passer la main dans ses cheveux ébouriffés par la nuit.

Il regarde distraitement toutes les décorations et les babioles exposés dans tous les recoins de sa chambre. Chacun des objets sont jolis mais aucun n'est vraiment indispensable. Il repense au garçon, Blaine, sous le pont et ne peut s'empêcher de se demander ce qu'il garderait pour lui tenir compagnie s'il n'avait que deux sacs usés et une fine couverture. La première chose qui lui vient à l'esprit est son portable, bien sûr, mais il réalise qu'il n'aurait probablement pas les moyens de payer l'abonnement. Il songe ensuite à ses habits préférés et sa paire de Doc Marten mais rien de tout cela ne serait assez utile.

Peut-être qu'il prendrait seulement une photo de sa mère et une de son père le jour de son mariage avec Carole.

Ses pensées deviennent de plus en plus tristes au fil des secondes alors il s'extirpe de sa chambre et, après avoir enfilé une paire de chaussettes bien chaudes, descend dans la cuisine calme et vide. Il a envie de quelque chose de sucré ce matin pour tenter d'étouffer le sentiment de culpabilité qui enfle dans sa poitrine. Il fouille dans les placards et fronce les sourcils face au manque de choix.

Blaine n'a pas le choix lui, lui rappelle sa conscience, Blaine a accepté un gobelet de cacao de seconde main avec joie et gratitude mais toi tu pleurniches parce que tu n'as pas de fruits à mélanger à tes céréales.

La pièce se met à tourner autour de lui comme s'il s'était redressé trop rapidement. Il est obligé d'agripper le rebord du plan de travail pour garder son équilibre.

Bien sûr, il a toujours su qu'il y avait des SDF dehors. Il les voit dans la rue avec leurs pancartes et il fait de son mieux pour leur donner quelques pièces de monnaie quand il peut. Il a même laissé dix dollars à une femme unijambiste, seulement parce que le message de sa pancarte avait été délicieusement ironique " En souvenir de ma deuxième jambe."

Mais il n'a jamais connu de sans-abri. Aucun vrai sans-abri en tout cas. Évidemment, il y a eu le cas de Sam pendant une période. Il lui a fourni des habits et a fait ce qu'il a pu pour lui venir en aide mais Sam avait un motel au-dessus de sa tête et avait toujours son frère et sa sœur avec lui. Même ses parents étaient présents et se démenaient pour trouver un travail.

Blaine n'a apparemment... personne.

Kurt resserre son peignoir avec détermination et prépare son petit-déjeuner, un plan se formant dans sa tête.

OoOK&BOoO

Kurt atteint le vieux pont à neuf heures. Le chauffage de sa voiture souffle de l'air chaud et il s'est assuré que son réservoir d'essence soit plein à ras-bord après la morale que lui a fait son père la veille. Il s'engage sur une route secondaire et se gare un peu plus loin de l'édifice, sous une rangée d'arbres givrés. La neige de la nuit passée est encore immaculée et craque sous ses semelles lorsqu'il contourne son véhicule pour prendre un de ses vieux sacs à dos sur le siège passager.

Kurt s'apprête à descendre la pente enneigée pour rejoindre la rivière sèche mais il s'arrête. Il ne sait même pas si Blaine est encore là. Les sans-abris ne sont pas censés bouger sans cesse ? Il doit tenter le coup tout de même, il n'a rien à perdre.

« Blaine ? » appelle-t-il timidement en atteignant finalement le petit tunnel.

Le cœur de Kurt se serre quand il ne reçoit aucune réponse jusqu'à ce qu'il repère les sacs de Blaine et la couverture qu'il lui a donnée, soigneusement pliée à l'endroit même où Kurt a trouvé le garçon la veille. Il soupire de soulagement. Blaine n'est pas encore parti. Les cendres du petit feu sont toutes éteintes en revanche, rendant le tunnel encore plus froid que la nuit dernière.

Il y a un craquement dans la neige derrière lui puis :

« Qu'est-ce que tu fais ici ? »

Kurt tourne sur lui-même, sa surprise s'envolant immédiatement dans l'air hivernal pour être remplacée par cette sorte de pincement au cœur. Blaine se tient dans l'ouverture du tunnel, enroulé dans le manteau que Kurt lui a donné. Ses mains sont recouvertes des gants et tiennent fermement une pile de brindilles. Ses joues semblent être un peu plus colorées mais Kurt a pu manquer ce détail la veille à cause de l'obscurité.

« Je- Hmm... »

« Il faut que tu reprennes tes affaires ? » demande Blaine en se mordant la lèvre et en baissant les yeux vers le blouson protégeant son corps, « Je- Je sais que tu as dit que je pouvais garder la couverture. Pardon, tiens- »

« Non ! » s'empresse Kurt, "Tu peux le garder. Les gants aussi. Ils sont à toi, tu n'as pas besoin de me les rendre. »

« Tu es sûr ? » s'enquiert doucement Blaine, ayant l'air prêt à s'effondrer s'il lui était refusé de garder le vêtement, « Parce que je te- »

« Sûr et certain. »

Blaine acquiesce, marmonnant un petit merci, avant de passer devant Kurt pour déposer les brindilles sur les restes du feu par terre. Il a aussi ramassé quelques feuilles mortes et il fouille dans une poche latérale d'un de ses sacs pour en sortir une vieille boîte d'allumettes. Kurt regarde, en silence et avec fascination, Blaine allumer le feu, s'assurant qu'il a bien pris avant de laisser tomber l'allumette usagée dans la minuscule flamme. Cela n'apporte pas beaucoup de chaleur, quasiment aucune chaleur, mais Blaine soupire de soulagement en positionnant ses mains gantées au-dessus du foyer.

Au bout d'un moment, il s'intéresse à nouveau à Kurt et le regarde depuis sa place sur le sol.

« Je ne veux- Je ne veux pas sembler grossier, absolument pas. » bégaie Blaine, ses yeux écarquillés comme s'il s'attendait à un coup bas de la part de Kurt, « Mais... Pourquoi tu es là ? Non pas que je- C'est juste que- On ne me rend pas visite souvent. »

« Je t'ai apporté quelques choses. » dit Kurt sans préambule.

Il fait glisser la lanière de son sac de son épaule et le dépose par terre près du genou de Blaine. Il s'assoit, abaisse la fermeture éclair du sac et sort un à un les objets qu'il a récupérés chez lui avant de venir ici.

« Une autre couverture. Celle que je t'ai donnée hier est plus chaude mais j'ai pensé que celle-ci pourrait te servir d'oreiller ou quelque chose comme ça. »

Il met la couverture de côté et continue à fouiller dans le sac.

« Un thermos rempli de café pour le moment. Je... Je ne sais évidemment pas comment tu le bois ou même si tu aimes le café mais je n'avais plus de chocolat chaud et je me suis dit que tant que la boisson était chaude, ça ferait l'affaire. Hmm... Quelques bouteilles d'eau et, oh oui, une écharpe et un bonnet. J'ai aussi trouvé un sachet de céréales, quelques barres protéinées et des boîtes de soupe. Il y a aussi une flacon de sirop contre la toux qui t'aidera à dormir et d'autres cachets contre le rhume. J'aurais dû t'amener des allumettes mais je n'y ai pas pensé. Mon Dieu, je suis tellement désolé- »

« Kurt. » interrompt Blaine d'une voix douce mais étonnée.

Kurt s'arrête et lève les yeux vers lui.

« Quoi ? »

« Pourquoi- »

Il s'interrompt pour tousser et pour s'éclaircir la gorge.

« Pourquoi tu fais tout ça ? »

Kurt le fixe, sachant très bien que son visage porte une expression hébétée à l'instant même. Il ne sait pas quoi répondre sans donner l'impression qu'il a pitié du pauvre garçon. Kurt sait combien certaines personnes détestent être prises en pitié.

« Tu ne me connais même pas. » chuchote Blaine, "Tu ne sais rien du tout sur moi mais tu- Je ne peux pas accepter toutes ces choses. »

« Si, tu peux. » déclare Kurt, « Et le sac est aussi à toi. Je ne m'en sers pas. Il est dans mon placard depuis deux ans et prend inutilement de la place. »

« Mais je n'ai pas besoin de tout ça. Je- Je me débrouille. »

« Vraiment ? Parce que j'avais plutôt l'impression que tu étais à deux doigts de mourir quand je t'ai découvert hier. »

Blaine se pince les lèvres avec force et baisse les yeux vers le petit feu brillant devant lui. Kurt observe les lignes inquiètes qui se dessinent sur son front. Blaine ne semble pas stressé ou même en colère mais il est plutôt agréable de voir cette part de sa personnalité, de voir qu'il se bat encore malgré sa situation.

« Je veux seulement aider. » dit Kurt, « Tu- Depuis que je t'ai vu, je ne peux pas m'empêcher de penser à toutes les choses stupides que j'ai et qui ne me servent à rien alors que toi, tu es dehors à presque mourir de froid et tu- tu es tout seul. Je ne sais pas quoi faire pour rendre ton quotidien un peu plus agréable ou te remonter le moral mais- mais je sais que je dois te donner tout ça. Donc me voilà. J'espère que tu accepteras ce que je t'ai emmené. »

Quand Blaine repose son regard sur lui, Kurt peut voir ses cernes violacées, signe flagrant de nuits passées sans vraiment se reposer. Son cœur se serre encore pour ce garçon, ce garçon qui ne possédait même pas un blouson rien qu'à lui. A cet instant, Kurt aimerait simplement le ramener à la maison avec lui et le serrer fort pour le tenir en sécurité, au chaud et juste proche.

Mais Blaine a raison. Kurt ne le connaît pas du tout.

Donc, pour le moment, il ne peut rien offrir de plus.

« Je ne pourrais jamais te rembourser. » murmure Blaine, serrant ses genoux contre son torse, « Je ne peux- Je n'ai rien à te donner en échange. »

« Je veux juste que tu ailles bien. » admet Kurt, plongeant sa main dans le sac une dernière fois pour attraper une boîte en plastique, « C'est tout ce dont j'ai besoin. Je veux juste que tu vives et que tu ailles bien. »

Blaine ne répond pas. Kurt suppose qu'il ne sait pas quoi dire parce que, vraiment, qu'est-ce qu'il pourrait ajouter ?

Ils se regardent un bon moment dans le blanc des yeux dans un silence tendu. Blaine finit par détourner le regard vers la boîte que tient Kurt entre ses mains et étend à nouveau ses jambes, preuve physique que sa méfiance est momentanément redescendue.

« Qu'est-ce que... ? »

« Le petit-déjeuner. » annonce Kurt, saisissant son mug de voyage empli de café dans la poche latérale du sac.

Il retire le couvercle de la boîte en plastique, découvrant des roulés à la cannelle encore moelleux et chauds, malgré le temps qu'il lui a fallu pour atteindre le pont.

« J'en ai fait trop ce matin et personne n'était encore debout pour en manger avec moi alors j'ai pensé que je pourrais les manger ici. »

« Avec - Avec moi ? » demande Blaine, les mains posées sur ses cuisses et ses doigts tirant sur un fil de son jean abîmé.

« Avec toi. » confirme Kurt.

Il place la boîte entre eux par terre et prend un des gâteaux. Blaine ne semble pas oser faire pareil alors Kurt lui en tend un. Blaine accepte finalement la pâtisserie et croque dedans après avoir reniflé la douce odeur de sucre et de cannelle. Ce n'est seulement que quand Blaine ferme les yeux d'appréciation que Kurt s'autorise à prendre un bouchée à son tour.

Ils mangent en silence, aucun des deux ne ressentant le besoin de briser la quiétude avec des questions ou une discussion. Kurt incite seulement Blaine à boire son café dans son nouveau Thermos. Kurt n'avale qu'un roulé, préférant laisser les autres à un Blaine choqué mais reconnaissant.

« Je dois partir. » dit Kurt à contrecœur, « Hmm, tu seras là demain ? Je veux dire, c'est l'endroit où tu... »

Vis.

Il ne prononce pas le dernier mot. Il ne peut pas.

« Je n'ai nulle part où aller. » dit doucement Blaine.

Kurt acquiesce.

« Alors, je reviendrais. »

« Tu n'es pas- »

« Je reviendrais. »