Coucou !
Me voilà avec ce troisième chapitre. Au niveau de la traduction, j'ai commencé le chapitre 16 hier. Les chapitres sont un peu plus longs maintenant alors je mets plus de temps mais j'avance quand même ! Je posterais peut-être deux fois par semaine quand j'arriverais au bout. On verra !
Merci à CeliaCom7, klaine forever and more et clempop17 pour leurs reviews. D'ailleurs, vous voulez que je continue à vous répondre à chaque début de chapitre ou ça n'a pas d'importance ?
CeliaCom7 : Kurt est très attentionné et doux avec Blaine. Il est très protecteur aussi. Pour l'histoire de Blaine, tu vas devoir attendre un peu avant d'en savoir plus mais quelques petits détails sont dévoilés dans ce chapitre. J'espère que ça te plaira !
klaine forever and more : moi aussi, j'aime ce côté très patient et gentil de Kurt. J'aime le fait qu'il laisse Blaine s'adapter à sa présence et lui laisse le choix de refuser ses cadeaux. Il lui montre qu'ils sont à égalité tous les deux et c'est génial !
clempop17 : comme je t'ai dit, tu n'as pas à t'excuser et tu n'as aucun retard. Je ne t'en veux pas du tout et, je te le répète, je suis déjà super contente de savoir que tu lis les chapitres. C'est tout ce qui compte. Encore merci à toi pour ton commentaire !
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Chapitre 3
Kurt ne retourne pas au pont pendant deux jours à cause du shopping de Noël de dernière minute et des préparations pour le réveillon. Carole et lui ont parcouru toute la ville pour dénicher les derniers ingrédients nécessaires pour leur repas de Noël. Kurt a d'ailleurs presque assommé une vieille dame dans une bataille pour récupérer le dernier paquet de sucre du rayon.
L'idée d'inviter Blaine chez eux pour Noël lui traverse brièvement l'esprit. Il se rend malheureusement compte qu'il ne connaît pas assez le garçon pour l'introduire dans leur maison. Il peut déjà presque entendre le flot de questions sans fin de son père : où Blaine et lui se sont rencontrés ? Où Blaine va à l'école ? Qu'est-ce que font les parents de Blaine dans la vie ? Kurt n'a aucune de ces réponses. En réalité, il ne sait toujours pas le nom de famille de Blaine ou même comment il s'est retrouvé à vivre sous un pont.
Il suppose que les parents de Blaine l'ont mis à la porte mais le seul moyen de s'en assurer est de lui demander directement.
Il ne demande finalement pas à pouvoir ramener Blaine à la maison, peu importe l'esprit de Noël. Il a bien trop peur que son père dise non et Kurt n'est pas sûr de pouvoir encaisser ce refus.
A la place, il s'échappe de la maison une fois que tout le monde est endormi, la veille de Noël.
« Désolé de ne pas être revenu plus tôt. » s'excuse Kurt dès qu'il repère Blaine dans le tunnel.
Il est presque minuit et Blaine est roulé en boule par terre, sous la couverture que Kurt lui a donné et fixe mollement le feu.
« On a été dépassés avec les préparations de Noël et je n'ai pas pu me libérer avant. »
« C'est presque Noël ? » demande Blaine en se redressant et en se frottant le visage avec confusion.
« On est le 24. » l'informe Kurt, « Noël arrive dans vingt-cinq minutes. »
« Oh. Je... ne m'en étais pas rendu compte. »
Kurt comprend. Blaine n'a probablement pas de calendrier ou d'agenda pour suivre le fil du temps. Se battre pour survivre est probablement bien plus important que de se souvenir des fêtes de fin d'année.
« Qu'est-ce que tu fais là, alors ? » demande Blaine.
Kurt laisse tomber la sacoche qu'il a prise avec lui et fait de son mieux pour s'asseoir à côté de Blaine sans renverser les deux tasses de chocolat chaud qu'il tient. Il les a achetées dans une station-service ouverte 24h/24 au bout de sa rue. Il ne pouvait pas prendre le risque de préparer du cacao chez lui et de réveiller ses parents.
« Je t'ai promis que je reviendrais. » déclare Kurt, tendant un des gobelets à Blaine.
Blaine l'accepte lentement, enroulant ses doigts autour de la chaleur qui s'en dégage. Ils boivent en silence, les seuls sons audibles venant du feu et des branches des arbres s'entrechoquant avec le vent à l'entrée du tunnel.
« Tu habites où ? » demande Blaine, regardant brièvement Kurt du coin de l'œil avant de s'intéresser à nouveau au feu.
« A quinze kilomètres environ. » informe Kurt en pointant le doigt dans la direction de sa maison, « Dans le centre-ville de Lima. »
Blaine acquiesce à peine et se tait à nouveau.
« Est-ce que- Enfin, c'est là où- Tu vas en ville parfois ? » interroge Kurt, « Tu dois avoir du mal à trouver de la nourriture par ici. »
« Oui, j'y vais. » dit Blaine, « Mais j'étais malade depuis deux jours quand tu m'as trouvé. Je n'avais pas... l'énergie pour bouger. »
« Mais tu te sens mieux maintenant, hein ? Les médicaments ont aidé ? »
Blaine tourne légèrement la tête et Kurt remarque combien la lueur du feu fait pétiller ses iris et semble faire danser ses cils. Ses yeux sont les plus beaux et époustouflants que Kurt ait jamais vu et, même si ses lèvres sont gercées par le froid, elles restent pleines et presque boudeuses.
« Ça a beaucoup aidé. » répond Blaine, sa voix aussi forte qu'un murmure, « Merci. »
« De rien. » rétorque Kurt avec un petit sourire.
« Tu- Tu avais raison. » lui avoue Blaine, fixant son regard sur le couvercle du gobelet entre ses mains, « J'ai cru que... j'allais mourir ici. »
« J'ai sur-réagi. C'était juste un rhume. »
« Qui ce serait transformé en pneumonie. Si je n'avais pas succombé à la maladie, je serais mort de froid ou de faim dans la semaine suivante. Je ne pouvais pas me lever pour aller chercher à manger et j'avais tellement froid que- »
« Arrête. » le coupe Kurt, sa voix sonnant faible et brisée, « Je t'en prie, arrête. Je ne- Je ne peux pas me... l'imaginer. Je ne veux pas y penser. »
« Pardon. » s'excuse Blaine, resserrant la couverture autour de ses épaules, « Tu- Tu m'as sauvé la vie et je veux juste que tu saches que je t'en suis vraiment, vraiment reconnaissant. »
Kurt prend un moment pour réfléchir aux paroles de Blaine. Il n'a jamais rien fait d'aussi remarquable ou n'a jamais autant aidé quelqu'un de toute sa vie. Rien que l'idée de retrouver Blaine, ou plutôt son corps, froid et raidi par la mort sous ce pont rend Kurt malade. Il ne sait même pas comment il aurait réagi s'il l'avait découvert comme ça d'ailleurs.
Il ne veut plus y penser.
« Est-ce que je peux te demander, » commence lentement Kurt, « depuis combien de temps tu es ici ? »
« Un mois environ. » lui répond Blaine.
Kurt soupire de soulagement. Cela aurait pu être pire. Une petite voix au fond de lui pleure rien qu'en imaginant Blaine sans toit, sans nourriture, sans rien depuis bien plus longtemps que cela.
« Mais je suis à la rue depuis plus de deux ans. » ajoute Blaine.
Kurt s'étrangle et recrache la gorgée de chocolat chaud qu'il avait dans la bouche, grimaçant quand le liquide lui monte au nez.
« Deux- Deux ans ? Mais tu viens juste de dire- »
« J'ai cru que tu voulais savoir depuis combien de temps j'étais ici, sous ce pont. » explique Blaine, « C'est l'endroit où je vis depuis un mois. Avant je... n'étais pas là. »
Kurt ouvre la bouche pour parler mais préfère finalement se taire. Aucun mot ne pourrait améliorer la situation. Blaine semble résigné, comme s'il avait accepté son destin. Le ton de sa voix glace toutes les terminaisons nerveuses et le cœur de Kurt.
« Mais- Tu- tout seul ? Tu es dans la rue tout seul depuis tout ce temps ? »
« Je n'étais pas tout seul au début. » chuchote Blaine, « Ma mère était avec moi mais elle est... partie. »
« Elle est partie ? » souffle Kurt, horrifié, « Elle t'a juste- Elle t'a juste abandonnée ? Comme ça ? »
Blaine gigote, visiblement mal à l'aise, et s'éloigne de Kurt jusqu'à ne plus sentir la chaleur du corps de l'autre garçon à travers la couverture.
« Attends, je suis désolé. » s'empresse de se rattraper Kurt, posant sa main sur la cuisse de Blaine, juste au-dessus de son genou.
Blaine s'écarte presque violemment de lui au contact. Il le fixe sans gêne, ses yeux ronds comme des soucoupes et ses lèvres entrouvertes sous le choc.
« Tu- Tu- » bégaie-t-il.
Évidemment, pense Kurt en remettant sa main dans la poche de son blouson, même les sans-abris ont une opinion sur les homosexuels.
« Je suis désolé. » répète-t-il à nouveau, se relevant et saisissant sa sacoche par terre, « Je n'avais pas réalisé que tu es le genre de personnes qui pensent que je suis contagieux. »
« Qu- »
« Tiens. »
Kurt soulève le revers de son sac et en sort un cadeau grossièrement et simplement emballé.
« Je t'ai acheté ça. Je t'ai donné une des miennes l'autre jour mais j'ai pensé que tu aimerais avoir quelque chose que personne n'a portée avant, quelque chose rien qu'à toi. »
Il fait tomber le cadeau sur les genoux de Blaine et pivote abruptement, s'apprêtant à s'en aller et mettant le nom de l'autre garçon dans la case 'Homophobe'. Peu importe qu'il soit sans-abri. Kurt l'a nourri, habillé et l'a tenu au chaud. Il a accompli son devoir de citoyen en aidant ce pauvre garçon. Il n'a pas à ajouter une autre personne au cercle des gens qui le méprisent pour qui il est vraiment.
« Attends ! »
Une main réchauffée par le gobelet de chocolat chaud s'enroule autour du poignet de Kurt. Il tourne sur lui-même, prêt à repousser Blaine jusqu'à ce qu'il voie ses yeux.
Le désespoir et la solitude s'y mélangent. L'angoisse creuse les lignes de son front et un couinement traîne au bord de ses lèvres.
« Je ne- J'ai juste- Personne ne me t-touche jamais. » admet Blaine, les larmes faisant briller ses iris, « P-Personne ne m'a touché depuis un très, très long moment et je ne- Je suis désolé. »
« Je- »
« Ne t'en vas pas, s'il te plaît. » supplie Blaine, « Je ne veux pas être tout seul pour Noël. Je t'en prie. »
Le son des supplications de Blaine, le Ne me laisse pas tout seul, pas ce soir je t'en supplie silencieux, oblige Kurt à relâcher sa sacoche sur le sol.
« Alors tu- tu n'es pas dégoûté ? »
« Quoi ? » demande Blaine, ayant vraiment l'air confus, « Dégoûté par quoi ? »
« Je t'ai... touché. Et tu es un homme. » tente d'expliquer Kurt, la chaleur colorant rapidement ses joues jusqu'à ce qu'il devienne rouge comme une tomate.
Il ne fait pas son coming-out de cette façon d'ordinaire.
« Pourquoi je serais- oh. Oh. Non ce n'est- ce n'est pas quelque chose qui me dérange. Ce serait... hmm, étrange, si c'était le cas. »
« Pourquoi ça ? » s'enquiert Kurt, s'asseyant à nouveau par terre.
« Parce que je serais- je serais dégoûté par... euh, moi-même. » dit timidement Blaine en baissant la tête.
« Oh, tu es- oh. »
Kurt observe Blaine une seconde. Il se demande s'il a déjà eu un petit-ami ou s'il a eu le temps de s'intéresser à ce genre de choses, étant donné qu'il est à la rue depuis si longtemps. Peut-être qu'il avait une relation avec un autre garçon sans-abri et qu'il l'embrassait pour se tenir chaud. Peut-être qu'ils partageaient le peu de nourriture qu'ils avaient et que le garçon a abandonné Blaine, comme sa propre mère l'a fait auparavant.
Mais Kurt ne veut pas s'attarder là-dessus.
Il ne croit pas que Blaine soit le genre de personnes qu'on peut juste laisser.
« Tu m'as acheté un cadeau de Noël ? » s'étonne Blaine, tournant et retournant le paquet dans ses mains.
« Quoi ? Oh. Oui, on faisait les boutiques et j'ai juste... pensé à toi. »
Kurt ne précise pas qu'il est en fait allé dans une boutique spéciale, à la recherche d'un cadeau parfait pour Blaine. Il ne précise qu'il lui a fallu presque une journée complète pour dénicher quelque chose qui plairait à Blaine. Non, ça aurait sûrement l'air un peu bizarre.
« Je n'ai rien pour toi. »
Blaine se mordille la lèvre inférieure, signe de son inconfort.
« Je n'ai besoin de rien. » assure Kurt, « Je ne m'attendais pas à ce que tu aies quoi que ce soit pour moi, ne t'inquiète pas. Ouvre-le. »
Blaine obéit et glisse ses doigts sous les rebords du papier cadeau pour le déchirer doucement, comme pour profiter du moment le plus longtemps possible.
Kurt se demande quand était la dernière fois où Blaine a eu l'occasion de déballer un paquet.
« Kurt. » s'étrangle Blaine, sortant finalement l'écharpe du papier.
Il joue avec, ses doigts courant le long du tissu avec révérence.
« Celle que je t'ai donné l'autre jour servait seulement à te réchauffer mais celle-ci est plus jolie. » explique Kurt, « Elle est plus douce et j'ai pensé que tu aimerais la couleur. Elle va bien avec tes yeux. »
Blaine amène l'écharpe contre son visage et frotte sa joue contre le tissu, souriant à la sensation. Quand il relève les yeux vers Kurt, le jeune homme se rend compte qu'il ne s'était absolument pas trompé pour la couleur. Le café au lait de l'accessoire s'accorde parfaitement avec le miel doré des iris de Blaine.
« Je l'adore. » souffle Blaine, enroulant l'écharpe autour de son cou, « Merci. »
Il est vraiment adorable avec sa nouvelle écharpe entortillée par-dessus celle que Kurt lui a donné l'autre jour, le bonnet chaud sur la tête aplatissant ses boucles et l'épaisse couverture serrée autour de ses épaules. Kurt ne l'a jamais vu aussi heureux.
Blaine n'aura pas froid ce soir, pas du tout froid.
Kurt jette un coup d'œil à son portable pour voir l'heure.
« C'est Noël. » annonce-t-il.
Blaine remonte un peu plus ses épaules vers ses oreilles et le regarde par-dessus le méli-mélo de ses écharpes, son sourire plus large que jamais.
« Joyeux Noël, Kurt.« murmure-t-il en sortant la main de sous la couverture pour emmêler ses doigts à ceux de Kurt.
Kurt déglutit difficilement, faisant de son mieux pour ne fixer l'endroit où leurs peaux se touchent. Il se concentre plutôt sur les yeux de Blaine.
« Joyeux Noël, Blaine. »
