Coucou !
Me voilà pour le chapitre 4 de cette magnifique fic ! J'ai terminé le chapitre 20 hier et les chapitres qu'ils me restent à traduire sont longs mais géniaux !
Je ne répondrais plus aux reviews en début de chapitre à partir de maintenant. Ca ne veut pas dire que je ne les lis pas ou qu'elles ne me font pas plaisir, bien au contraire, mais je ne sais tout simplement pas quoi vous dire. Evidemment, quand il y aura des questions, je vous répondrais en privé ou je ferais un petit texte pour les guests.
Une dernière chose : avec une autre gleek, nous créons un RPG Glee sur Facebook. Il reste quelques petits ajustements à faire mais si vous êtes intéressés par un personnage et qu'il est libre, n'hésitez pas ! Je vous donnerez des infos ou je vous expliquerais avec joie !
Merci à Célia, klaine forever and more et Clémence pour les reviews ! Elles me font énormément de bien ! Merci du fond du cœur.
Lien pour la fic originale (ajouter . com après tumblr et retirer les espaces) : klaineficspdfs . tumblr/post/34927799357
Chapitre 4
« Pourquoi tu n'as pas de barbe ? »
Blaine regarde par-dessus son assiette de restes de repas de Noël que Kurt a gentiment rapportés de chez lui. Pour l'instant, il observe Blaine dévorer une énorme tranche de jambon rôti et une part de tarte aux noix de pécan.
« Quoi ? » demande Blaine, confus.
« Je- Eh bien la plupart, euh... des SDF que j'ai vus avaient tous de gigantesques barbes parce que j'imagine qu'ils n'ont pas accès aux rasoirs et à ce genre de choses. »
« Je suppose que tu pensais aussi que je sentirais mauvais, n'est-ce pas ? » taquine Blaine, arquant un sourcil avec amusement.
Kurt bafouille, essayant de trouver une réponse appropriée, mais rien ne lui vient à l'esprit. Il ferme alors la bouche dès que Blaine pose son assiette et fouille dans le sac que Kurt lui a donné.
Il a laissé tomber ses vieux sac à dos usés, remarque Kurt.
Blaine sort une poignée de rasoirs jetables bon marché et un paquet de... lingettes pour bébé ?
« Je ne suis pas très poilu à la base, » explique Blaine, « étant donné que je n'ai que seize ans mais j'ai des rasoirs. Et je suis vraiment chanceux quand je peux avoir accès à de l'eau chaude. »
« Et tu utilises des... lingettes ? »
« Pour rester propre, oui. » acquiesce Blaine, mettant ses objets de côté, « Ce n'est pas vraiment facile, surtout quand il fait aussi froid, et ce n'est pas très, hmm, pratique. Mais ça fait l'affaire. J'ai un savon mais je ne peux l'utiliser que dans les refuges ou dans les douches publiques. Parfois j'arrive à, euh, me faufiler dans les écoles, tard la nuit, et je peux me doucher dans les vestiaires. »
« Mais tu- » s'interrompt Kurt, ne voulant pas paraître insensible ou blessant, mais il doit savoir, « Les rasoirs et les lingettes... coûtent de l'argent, non ? On dirait- On dirait que tu arrives à peine à te nourrir. Pourquoi dépenser de l'argent dans ce genre d'objets alors que tu pourrais acheter à manger ? »
Blaine baisse la tête mais Kurt réussit à voir les lignes d'inquiétude sur son front quand il range ses affaires. Il reste silencieux un long moment.
« Je ne suis pas fier des choses que j'ai dues faire. » chuchote Blaine.
Kurt tourne les mots de Blaine dans sa tête encore et encore et plisse les yeux, non pas de suspicion mais plutôt sous une profonde réflexion. Il a vu les films post-apocalyptiques où l'argent n'a plus aucune valeur, où les échanges sont devenus monnaie courante et où le monde a perdu pied. Seulement, parfois, même sans décors post-apocalyptiques, la lutte pour la survie peut être aussi intense.
« Donc ces... tu les as volés. » conclue Kurt.
« Personne ne veut donner de travail à un garçon qui n'a pas la tête de l'emploi ou qui a la même odeur qu'une poubelle dans une ruelle. » dit Blaine, le regard toujours baissé, mais Kurt peut voir ses traits se durcir, « J'ai fait ce que j'avais à faire. Je fais ce que j'ai à faire pour m'en sortir. C'était- C'était un peu plus facile quand j'étais avec ma mère mais maintenant je suis tout seul et je dois m'occuper de moi-même. »
« Je ne te reproche rien. » déclare doucement Kurt, pensant chacune de ses paroles, « Je ne peux pas imaginer la- la vie que tu as ou combien d'efforts tu dois faire pour survivre. Je suis content de savoir que tu cherches un travail. »
« Content de savoir que je ne suis pas un vagabond ? » demande Blaine, son ton taquin de retour.
« Heureux que tu n'aies pas baissé les bras. » rétorque Kurt.
Leurs yeux se rencontrent, le temps d'un battement de cils, avant que Blaine ne s'intéresse à nouveau à l'assiette de nourriture devant lui. Kurt prend une gorgée du café qu'il a emmené avec lui, faisant de son mieux pour ne pas regarder manger Blaine. Il s'est rendu compte que le garçon est très... protecteur envers sa nourriture. Il colle presque son assiette à sa bouche et ne laisse pas tomber une seule miette. Il mange avec précision, comme si chaque bouchée était précieuse et relevait du miracle. Si Kurt l'observe trop longtemps, son cœur fait cette chose étrange, comme s'il se tordait et vibrait en même temps, et il ne sait tout simplement plus comment gérer cette sensation.
« Pourquoi tu ne restes pas dans un refuge ? » demande Kurt, curieux, « J'imagine que ce n'est pas parfait ou idéal mais ce serait plus confortable que dormir tout le temps ici, non ? »
La fourchette de Blaine se fige dans les airs et Kurt voit une expression horrible déformer le visage de Blaine. Elle disparaît aussi rapidement qu'elle est apparue, ce qui ajoute un peu plus de questions dans la tête de Kurt.
« J'ai vécu une... mauvaise expérience dans un refuge. » dit lentement Blaine, « Je ne les aime plus tellement. »
Kurt hoche la tête, orientant la conversation vers d'autres sujets. Celui du refuge semble être assez sensible pour Blaine et Kurt ne veut pas le forcer à en discuter, surtout qu'ils ne se connaissent que depuis quelques jours. Kurt l'interroge sur l'école et découvre que Blaine était en première année au lycée quand sa vie a pris le pire tournant possible. Il était étudiant dans une école publique à Westerville, à seulement quelques heures de Lima. Même s'il n'a reçu aucune éducation pendant deux années complètes, Blaine reste extrêmement intelligent et assoiffé de connaissance.
« Je passais beaucoup de temps à la bibliothèque. » explique Blaine, « J'y restais toute la journée, blotti dans un fauteuil, à lire Homère, Shakespeare, Mark Twain et Jane Austen. Je lisais des classiques, des livres pour enfants, des nouvelles et des poèmes. Je ne savais pas quand je pourrais retourner à l'école mais je savais que je serais à la traîne si je ne continuais pas à faire travailler mon esprit. Alors je... lisais beaucoup. »
« Ça a l'air génial. » soupire rêveusement Kurt en imaginant se perdre des jours entiers dans les mots et les univers d'autres personnes, de se retrouver plonger dans les aventures et les histoires d'amour.
« C'était génial. » dit Blaine, « Jusqu'à ce qu'il ferme et que je doive partir. »
« Où- Où est-ce que ta mère et toi- elle avait un travail ? Vous restiez dans un refuge ou dans un hôtel ou quelque chose comme ça ? Ou vous avez toujours vécu dans la rue ? »
Blaine termine son assiette et la repose, souriant autour de la bouchée de nourriture qu'il mâche lentement.
« Tu es bien curieux aujourd'hui. » remarque-t-il.
« Oh mon Dieu, je suis- je suis désolé. » s'excuse Kurt, rougissant violemment, « Je ne voulais pas- J'essaie juste de tout comprendre. »
« Je sais, ça ne fait rien. » ajoute rapidement Blaine, posant une main réconfortante sur le genou de Kurt, « Tu ne me gênes pas. »
« C'est juste- il y a certains préjugés, tu sais ? Sur les SDF. Et, avant de te rencontrer, je n'y avais jamais vraiment... prêter attention. »
« Les préjugés qui disent que nous sommes dangereux. » dit Blaine sans aucune note de tristesse, seulement de résignation, « Qu'il faut rester loin de nous. »
« Et que vous êtes des voleurs, des menteurs et des tricheurs. » continue Kurt malgré la contrariété bien audible dans sa voix, « Il y a aussi ceux qui disent que vous êtes fainéants et que vous ne voulez pas travailler pour éviter de payer vos impôts comme n'importe qui. »
« Ce n'est qu'une vision des choses. »
« Je sais mais la part de gens qui ne vous méprise pas vous prend en pitié, pleure pour vous et vous prépare un repas une fois par an pour Noël, comme si c'était supposé aider. Ce n'est qu'un jour dans l'année, qu'est-ce qu'ils font des 364 autres jours ? On est autorisé à s'attrister sur vos vies malheureuses et difficiles mais après ça c'est 'Retournons à nos petites existences. Sortons dîner dans un resto chic qui coûte une fortune et gaspillons la moitié de notre nourriture.' ou 'Papa, tu dois m'acheter le nouvel iPhone sinon tout le monde se moquera de moi à l'école.'. On peut apaiser notre conscience une ou deux fois par an mais c'est tout. Et je ne parle même- »
« Hé, wow. » le coupe doucement Blaine, calmant Kurt en traçant de petits cercles sur son genou, « Calme-toi, ce n'est pas grave. »
« Si, c'est grave. » le contredit Kurt, détestant les larmes accumulées au coin de ses yeux.
Il est tellement en colère, une colère sans nom, une colère grandissante car le comportement de ces personnes n'est pas une nouveauté, il a toujours été présent. Mais pourquoi ne voit-il cette réalité que maintenant ?
« Ce n'est pas juste. »
« La vie est rarement juste. » souligne Blaine.
« Je hais cette phrase. » s'exclame Kurt, essuyant les larmes sur ses joues, « Elle devrait être juste. »
« Ce n'est pas si facile. » dit Blaine, un sourire triste sur les lèvres, « La vie n'est pas strictement blanche ou strictement noire. Tout comme ces deux visions des choses. Il y a beaucoup de gens qui n'appartiennent à aucune de ces deux catégories. Certains font tout ce qu'ils peuvent pour aider ceux qui n'ont quasiment rien. Certains font don de leur temps, de leur argent et de leur nourriture chaque jour. Certains, comme toi, donnent même leur manteau à des inconnus pour qu'ils aient simplement plus chaud la nuit. »
« Mais c'est- »
« Et tu dois te rappeler que ces choses, ces préjugés ne sont pas seulement basés sur des mensonges. Il y a des gens qui font semblant d'être SDF pour récupérer l'argent de personnes bien trop gentilles alors que certains d'entre nous en ont vraiment besoin. Il y a ceux qui mendient pour pouvoir s'acheter de la drogue ou une bouteille de whisky pour se tenir chaud. Mais tu as raison : nous ne sommes pas tous comme ça. Les histoires se sont répandues et les stéréotypes sont bien ancrés dans les mémoires. Mais ce n'est pas de ta faute. »
« Ça empêche les personnes comme toi de trouver un travail. Ces histoires et ces stéréotypes te rendent juste la vie plus dure. » dit Kurt.
« C'est un peu comme le fait d'être gay, tu ne penses pas ? » demande Blaine d'une voix basse, observant Kurt à travers ses longs et magnifiques cils, « Nous ne sommes pas contre-nature, nous ne sommes pas une menace contre la société traditionnelle et nous ne sommes certainement pas des pédophiles ou d'autres choses horribles comme l'affirment les rumeurs. Mais ce ne sont rien de plus, que des rumeurs. Ces rumeurs rendent le simple fait de vivre un peu plus dur, jour après jour, parce que les gens ont enregistré la mauvaise information dès le départ. Les faits réels sont rarement la cause de l'ignorance mais les enseignements, oui. Même si les situations sont différentes, tout est basé sur le même principe. »
Kurt le fixe avec admiration, n'arrivant même pas à refermer sa bouche bée. Son cœur bat si fort dans son torse qu'il est presque sûr qu'il va sortir d'un moment à l'autre de sa cage thoracique pour atterrir dans les mains de Blaine. Si cela arrivait, Blaine verrait à quel point il est rongé par culpabilité d'avoir stéréotypé et tourné le dos à certaines personnes qu'il ne comprenait pas ou qu'il ne jugeait pas digne de son intérêt.
S'il pouvait voir le cœur de Blaine, il est certain qu'il serait aussi pur et sincère que semble l'être son âme. Même après tout ce qu'il a enduré, après avoir dormi sous un vieux pont, après avoir eu le ventre vide pendant des jours et après n'avoir eu personne à qui parler pour soulager sa peine, il n'a pas tourné le dos à son humanité et n'a certainement pas abandonné tout espoir. Blaine n'est, bien sûr, pas parfait. Ils ne se connaissent que depuis quelques jours mais Kurt sait que Blaine a déjà volé et qu'il a probablement fait d'autres choses illégales pour s'en sortir. Blaine a eu une vie avant d'être à la rue, il a certainement fait des erreurs comme n'importe qui.
Malgré tout, pour Kurt, personne n'a un cœur plus pur que Blaine.
« Et, tu sais, ces repas que ces gens prennent le temps de préparer pour nous nous offrent un jour de plus, même si ce n'est qu'une fois par an. » continue Blaine, son ton toujours bas et tendre, « On a un jour de plus de nourriture dans le ventre et d'espoir dans le cœur. On a un jour de plus pour croire que la bonté humaine existe encore et un jour de moins à se demander si on va manger ou non. Ce n'est peut-être rien pour toi mais pour moi ? Un petit jour veut dire que je pourrais encore vivre et respirer vingt-quatre heures. Ne les juge pas trop vite parce qu'ils aident. Le moindre petit geste, le moindre petit jour aide. Et toi, tu m'as quasiment offert une semaine supplémentaire. »
Kurt fond en larmes, sanglotant ouvertement, la seule main de Blaine sur son genou comme réconfort.
A cet instant, il se jure qu'il fera tout ce qu'il pourra pour offrir à Blaine bien plus qu'une semaine.
