Coucou !
Comme d'habitude, me voilà avec ce nouveau chapitre ! J'ai terminé le chapitre 22 hier, qui était le plus de toute la fic alors je suis plutôt satisfaite. Il ne me reste que six chapitres à traduire en incluant l'épilogue.
Merci à Clémence et Célia pour leurs reviews et un merci tout spécial à Meryem juste parce qu'elle est géniale :) Je suis aussi très contente d'avoir réussi à vous transmettre la générosité de Kurt, la bonté de Blaine et surtout le message de tolérance et d'entraide que je trouvais très important dans cette histoire. Merci beaucoup pour ça !
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Chapitre 5
Kurt a l'idée d'un nouveau cadeau pour Blaine quand Burt et Carole décident de prendre des mini-vacances post-Noël à Columbus. Kurt est tout seul à la maison. Son père et sa belle-mère partent trois jours et Finn passe ses soirées chez Rachel pendant que les pères de celle-ci sont en croisière avant le Nouvel An.
L'occasion parfaite.
« Prends ton sac, tes couvertures et tes affaires. » ordonne Kurt en éteignant les dernières braises du feu que Blaine a allumé le matin même.
« Quoi ? »
« Allez ! » encourage joyeusement Kurt, repliant déjà les couvertures de Blaine, « Pas de temps à perdre. »
« Mais qu'est-ce q- »
« Tu veux ta surprise ou pas ? »
« Surprise ? Kurt, qu'est-ce qui se passe ? »
« Si je te le dis, ce ne sera plus une surprise. Allez. Debout, debout ! »
Blaine obéit malgré son étonnement. Il faut dire que Kurt ne lui laisse pas vraiment le choix. Son sac est rapidement prêt et Kurt tient ses couvertures sous le bras. Il traîne Blaine hors du tunnel et lui fait grimper la petite pente menant à la route jusqu'à ce qu'ils atteignent sa voiture garée sous les arbres. Kurt met les affaires de Blaine sur la banquette arrière et pousse le garçon vers le côté passager.
« Attends. » lâche Blaine avec force, retirant sa main de la prise de Kurt, « Où est-ce qu'on va ? »
« Tu sais, plus tu poses de questions, plus on perd de temps. »
« Je ne peux pas juste- juste monter dans ta voiture et- et- »
« Je ne vais pas te proposer de bonbons et je ne vais pas te kidnapper. » promet Kurt, « Parole de scout. »
« ... Est-ce que tu fais partie des scouts au moins ? »
« Ne joue pas sur les mots. » dit Kurt, repoussant la question de Blaine en ouvrant la portière, « Grimpe. »
Blaine marque une pause et se mordille la lèvre inférieure en entortillant nerveusement ses doigts les uns aux autres. Il fixe l'intérieur de la voiture et Kurt voit son corps se pencher inconsciemment en avant, voulant visiblement monter pour échapper au froid mais se retenant d'accepter l'offre de Kurt.
« Si tu veux, je te ramènerais ce soir. » propose plus gentiment Kurt, « Mais laisse-moi au moins faire ça pour toi aujourd'hui. »
« Mais tu m'as déjà tellement donné. » insiste Blaine.
« Ça n'a pas d'importance. J'ai planifié chaque seconde de cette journée et j'aimerais vraiment, vraiment beaucoup que tu viennes avec moi. »
« Mais- »
« Ok, je n'avais pas l'intention de faire ça mais... » dit Kurt, « Tu te souviens quand tu m'as dit que tu ne pourrais jamais me rembourser toutes les choses que je t'ai données ? Eh bien, c'est ton moyen de me rembourser. »
Blaine reste méfiant et regarde autour de lui, comme s'il s'attendait à ce que quelqu'un apparaisse de nulle part et lui retire Kurt tout à coup. Mais cette route est quasi déserte à cette période de l'année. La plupart des gens préfèrent emprunter la route principale jusqu'à l'arrivée du printemps, sachant que le petit pont reste gelé bien après que la neige ait fondu.
« Fais-moi confiance. » dit simplement Kurt en lui tendant sa main.
Blaine lâche un souffle tremblant et glisse ses doigts entre ceux de Kurt.
« D'accord. » chuchote-t-il.
Kurt sourit quand Blaine grimpe finalement dans la voiture. Il claque rapidement la portière, craignant qu'il change d'avis à la dernière minute et s'éclipse.
Le trajet jusqu'à Lima est plongé dans le silence, hormis le son faible de la musique s'échappant des haut-parleurs. Après quelques minutes, Blaine a le teint de plus en plus verdâtre.
« Ça fait longtemps que je ne suis pas monté dans une voiture. » se justifie-t-il honteusement.
Kurt abaisse la vitre pour laisser l'air frais frapper le visage de Blaine et, avec un peu de chance, calmer son mal des transports.
Kurt se gare directement dans l'allée de sa maison en arrivant et tourne la tête vers Blaine. Le garçon a le nez presque collé au pare-brise pour avoir une meilleure vue de l'endroit.
« Où- est-ce que- est-ce que c'est ta maison ? » demande Blaine avec admiration.
Kurt se penche aussi en avant pour s'assurer que Blaine regarde bien la maison dans laquelle il vit depuis que son père a épousé Carole. Elle ne s'est pas agrandie durant la matinée et ne s'est pas déformée non plus. C'est juste une maison.
Enfin, pour quelqu'un qui a vécu dans la rue deux années complètes, elle doit ressembler à un château.
« Oui. Mon père et ma belle-mère sont partis quelques jours et mon demi-frère est chez sa copine pour le week-end. Je suis tout seul à la maison. »
« C'est joli. » souffle Blaine, fixant toujours la demeure.
« C'est encore plus joli à l'intérieur. Il fait bien plus chaud dedans en plus. Viens. » dit Kurt en sortant de la voiture et en jetant des regards à Blaine, qui le suit lentement.
« Tu- Tu m'invites chez toi ? » questionne Blaine en paniquant presque lorsque que Kurt récupère ses affaires dans le coffre, « Mais tu ne me connais même pas. »
« Je pense que je te connais bien assez. »
« Et si- Et si je volais ou cassais quelque chose ou- ou- »
« Ou ? » répète Kurt.
« Hmm... »
« C'est bien ce que je pensais. » lâche Kurt, « On n'a pas beaucoup d'objets de grande valeur. A moins que tu essaies de voler notre écran plat. Bonne chance pour sortir de la maison sans te faire repérer. »
« Je ne te ferais jamais ça. »
« Je sais. C'est pour ça que je t'invite à entrer. »
Kurt soupire de contentement quand la chaleur les accueille quand ils passent le seuil de la porte d'entrée. Ça n'a rien à voir avec l'air chaud agressif du radiateur de la voiture. C'est juste agréable. Familier.
C'est sa maison.
Blaine semble partager cet avis. Kurt remarque à quel point il se détend quand la porte se clôt derrière eux. Ils sont en sécurité, loin du froid hivernal mordant.
« C'est fantastique. » dit Blaine en regardant les photos et les bibelots éparpillés un peu partout autour de lui.
« Viens. » ordonne gentiment Kurt, saisissant une fois de plus la main de Blaine.
Il l'entraîne à l'étage, directement dans sa chambre, où il dépose le sac et les couvertures du garçon. Blaine s'arrête sur le pas de la porte et observe avec fascination les étagères, les murs et la petite coiffeuse calée dans un coin de la pièce. Il finit par entrer et regarde de plus près les photos, les diplômes et les livres rangés dans la bibliothèque.
« Tu fais partie de la chorale ? » demande-t-il.
« Hmm hmm. Depuis plusieurs années maintenant. »
« Je ne savais pas que tu sais chanter. »
« On ne parle pas beaucoup de moi. »
« On devrait. » déclare Blaine d'un air déterminé, « Je veux en savoir plus sur toi. »
« Je te dirais tout ce que tu voudras après que tu aies pris une douche et que tu aies le ventre plein. »
Blaine pivote sur lui-même, choqué.
« Quoi ? »
« Tu m'as bien entendu. » dit Kurt en se déplaçant vers la chaise de sa coiffeuse où sont posés des vêtements spécialement pour Blaine, « Je t'ai trouvé un jean et un pull. Ce sont mes habits et je sais que tu es un peu plus petit que moi mais tu peux relever le bas du pantalon et le pull est censé être ample de toute façon. J'ai dû... euh... improviser pour la taille des sous-vêtements par contre. Ils sont neufs. Personne ne les a... euh, portés. Ne t'inquiète pas. »
« Tu m'as acheté- »
« Oui et je ne veux pas entendre de 'Tu n'aurais pas dû' ou de trucs comme ça. »
Kurt met les habits dans les bras de Blaine, remarquant très bien l'expression ahurie de son visage. Il le dirige vers la salle de bains et allume la lumière.
« Les serviettes sont dans ce placard. Le robinet de droite est pour l'eau chaude et celui de gauche pour l'eau froide. Tu peux utiliser tous les produits que tu veux. Oh et je t'ai acheté une brosse à dents. C'est la verte sur le rebord du lavabo. »
Kurt fait demi-tour, s'apprêtant à partir avant que Blaine proteste.
« Kurt ? » appelle doucement Blaine, les vêtements toujours serrés contre son torse.
« Hmm ? » répond Kurt, jetant un coup d'œil par-dessus son épaule, la main sur la poignée.
« Je- Juste... merci. Je n'ai pas eu l'occasion de prendre une douche chaude depuis- depuis très longtemps. »
« Prends ton temps alors. » dit Kurt avec un geste vers la baignoire, « Prends un bain si tu veux. Je vais aller préparer le petit-déjeuner, d'accord ? Rejoins-moi quand tu auras terminé. Ne te presse surtout pas. »
Blaine acquiesce. Kurt ne le voit pas porter les habits contre son visage pour respirer l'odeur de la lessive et de Kurt.
oOoOoK&BoOoOo
Blaine redescend une demie heure plus tard quand Kurt met la table. Il a l'air bien trop adorable dans les vêtements trop grands de Kurt, avec ses boucles mouillées et propres et ses pieds nus.
« C'est- Est-ce que ça me va bien ? » demande Blaine, tirant inconsciemment sur l'ourlet de son haut.
« Tu es très bien. » répond sincèrement Kurt avec un grand sourire pour son nouvel ami, « Viens t'asseoir. »
Blaine s'installe à la table de la cuisine et zieute la pile de gaufres, les fruits frais, le jus d'orange et le café que Kurt a préparés pendant qu'il se douchait.
« Prends tout ce que tu veux. » ordonne Kurt, s'asseyant à son tour et commençant à se servir.
Ils prennent calmement leur petit-déjeuner et s'envoient de temps en temps des sourires par-dessus leurs assiettes. Kurt ne peut pas s'empêcher de se sentir particulièrement fier de lui-même. Blaine semble plus à l'aise que jamais auparavant. C'est incroyable de voir le pouvoir que peuvent avoir une longue douche chaude et un pull doux sur une personne, peu importe la gravité de leur problème.
« Donc... je peux te poser des questions maintenant ? » finit par interroger Blaine.
« Qu'est-ce que tu veux savoir ? »
« Tout. » dit Blaine, les yeux pétillants, « Tout ce que tu veux bien me raconter. »
« Hmm... Je ne sais pas trop quoi dire. » marmonne Kurt, un léger rougissement teintant ses joues.
Personne ne lui pose jamais de questions. Ses amis connaissent quasiment déjà tout sur lui.
« Tu as quel âge ? »
« Dix-sept ans. » répond Kurt, « Je suis à peine plus vieux que toi. Je vais bientôt avoir dix-huit ans et je suis en dernière année au lycée. »
« Tu habites à Lima depuis longtemps ? »
Après cela, Blaine continue de poser toutes les questions basiques au sujet de la vie de Kurt et réussit même à savoir quel âge avait Kurt lorsqu'il a annoncé son homosexualité à son père. Kurt raconte l'histoire d'un ton presque rêveur. Il y a des moments où il n'arrive toujours pas à croire combien il a de la chance d'avoir un père comme le sien. Il sait que beaucoup de personnes dans son cas vivent de vrais cauchemars. Il sera probablement toujours reconnaissant d'avoir la famille qu'il a aujourd'hui. Il parle de sa mère à Blaine et de la façon dont elle est décédée mais le visage de Blaine devient de plus en plus triste au fil de ses mots.
Presque trop triste même. Cela éveille la curiosité de Kurt.
« Je peux te demander quelque chose ? »
« Hmm... oui. Bien sûr. » bafouille Blaine.
« Ta mère est partie quand ? Et, hmm, pourquoi elle t'a abandonné ? Elle n'est pas, euh, elle n'est pas morte, n'est-ce pas ? »
Blaine avale les dernières gouttes de son café et tourne son attention vers son assiette vide en tortillant nerveusement ses doigts sur ses cuisses.
« Elle est partie il y a trois mois. » répond-il, presque trop doucement pour que Kurt entende, « Elle a dit qu'elle allait au Michigan pour trouver un travail grâce un vieil ami et qu'elle reviendrait me chercher dans quelques semaines, une fois qu'elle serait bien installée. »
Il marque une pause.
« Il m'a fallu deux mois pour réaliser qu'elle ne reviendrait jamais. »
Kurt rapproche sa chaise de celle de Blaine et pose sa main sur sa cuisse en signe de réconfort, oubliant complètement son petit-déjeuner.
« Je suis tellement désolé. » dit-il, « Je ne peux pas croire- Je- Je ne sais même pas quoi dire. »
« Ça ne fait rien. Ce n'est pas ta faute. »
« Non mais maintenant, tu es tout seul et je... ça me brise le cœur. Je me souviens encore de ce que j'ai ressenti quand ma mère est morte mais je n'arrive pas à imaginer ce que tu dois ressentir. J'aimerais pouvoir faire quelque chose pour t'aider. »
Les yeux de Blaine brillent à cause des larmes qu'il retient et il offre un minuscule sourire triste à Kurt.
« Je n'ai pas mots pour te dire combien tu m'as déjà aidé, Kurt. »
oOoOoK&BoOoOo
Ils passent le reste de leur matinée à la bibliothèque municipale. Blaine paraît scintiller de bonheur dès qu'ils franchissent la porte. Kurt observe avec amusement Blaine naviguer entre les rayons, choisir des romans et des magazines d'actualité et s'installer à une table. Blaine se perd dans le texte pendant que Kurt feuillette d'anciennes éditions de Vogue, horrifié face aux pires crimes contre la mode qu'a connus l'humanité. Ils restent là bien après midi et, même si ce n'est pas exactement un samedi matin passionnant pour Kurt, il est heureux d'observer Blaine par-dessus son magazine, retenant avec peine un sourire satisfait en voyant ses lèvres bouger avec les mots de la nouvelle qu'il semble dévorer.
Avant de partir, Kurt s'assure d'enregistrer Blaine à l'accueil et lui tend sa nouvelle carte en sortant dans la rue.
Il serre le badge en plastique comme s'il était précieux, comme s'il était un trésor à préserver et à protéger.
Ils déjeunent au Lima Bean et parlent des lectures de Blaine devant des sandwiches et un morceau de gâteau pour deux.
Malgré les circonstances et la raison derrière cette sortie, Kurt n'a jamais rien connu qui s'approche d'aussi près à un rendez-vous au cours de sa courte vie d'adolescent. Il peut presque s'imaginer qu'ils sont simplement ici pour passer du temps ensemble, pour discuter et se sourire timidement et il oublie presque la réalité quand la cheville de Blaine effleure la sienne sous la table. Ce n'est pas un geste volontaire mais Kurt a envie d'entortiller sa jambe à la sienne et se perde dans son regard.
Tout est différent dans cet endroit. Tout est différent car Blaine ne se trouve pas sous un vieux pont et Kurt ne passe pas son temps à se demander si Blaine a assez à manger ou non. C'est différent car, dans ce café, à cet instant, Blaine est juste un garçon aux yeux magnifiques, aux cheveux bouclés, au sourire adorable et à l'esprit vif. Il est juste un garçon qui révèle avoir pris des leçons de piano quand il était enfant et qui avoue avoir toujours voulu rejoindre la chorale de son école.
Il est juste un garçon qui rit aux blagues stupides de Kurt et qui partage volontiers l'accoudoir entre eux lorsque, plus tard, ils vont au cinéma, au magasin de musique préféré de Kurt et dîner dans un petit restaurant.
Il n'est pas le garçon brisé, tout tremblant que Kurt a découvert sous le pont.
Ce n'est que lorsque la nuit tombe que Kurt se souvient pourquoi Blaine a passé sa journée avec lui.
Son cœur se tord quand ils regagnent sa chambre et qu'il repère son ancien sac posé près des couvertures de Blaine.
« C'était le meilleur jour de ma vie aujourd'hui. » dit Blaine, les yeux verrouillés sur ses chaussures usées.
Pour moi aussi, pense Kurt.
« Je ne peux même pas- juste- merci. Merci pour tout. »
« De rien. » lâche doucement Kurt.
Blaine hoche la tête et un silence maladroit tombe sur eux. Kurt finit par retrouver son courage.
« Je sais que je t'ai dit que je te ramènerais ce soir, si tu le voulais. » dit-il, « Mais je... j'espérais que tu resterais ici. Pour la nuit. C'était, hmm, une partie de la surprise. Je voulais que tu puisses dormir dans un lit ce soir. »
« Oh, je- Kurt, c'est- mais je ne peux pas m'imposer comme ça. Tu m'as déjà tellement donné, je ne vais pas- »
« Je te laisserais mon lit. » ajoute Kurt, « La chambre d'amis n'est pas terminée et je ne te laisserais pas dormir dans la chambre de Finn. C'est le bordel complet. Et je pense que ce serait vraiment... bizarre si tu dormais dans le lit de mon père et de Carole. »
« C'est vraiment gentil. » dit Blaine, « Mais, sérieusement, tu n'as pas à faire ça. »
« Je le sais. J'en ai envie. S'il te plaît ? Tu veux bien rester ? »
« Je ne peux pas te virer de ton propre lit. »
« Tu ne me vires pas puisque je te le propose. »
« Je prendrais le canapé si tu insistes. »
« Le but de ma proposition n'a plus aucun sens si tu dors sur le canapé. » s'oppose Kurt avec entêtement, « Non, tu dois dormir dans mon lit. »
Blaine arque un sourcil.
« Et tu vas dormir où ? »
« Euh... J'irais dans la chambre de Finn. Ou sur le canapé. Un des deux. Je... n'ai pas vraiment réfléchi en fait. »
« Je me sens mal de te prendre ton lit. » déclare Blaine.
« Je me sens mal de savoir que tu dors dans la rue. »
« Pourquoi ? J'y retourne demain de toute façon. »
Kurt pâlit immédiatement. Sa gorge se resserre et ses poumons se vident complètement. Son ventre se retourne. Il halète, ramenant miraculeusement de l'air dans son organisme. Il fixe avec horreur un point invisible devant lui.
Qu'est-ce qu'il a fait ?
Il trébuche jusqu'à ce que son corps entre en collision avec le mur adjacent à la porte, n'ayant absolument pas conscience de l'expression inquiète de Blaine.
Il a été égoïste. Purement et simplement égoïste. Qu'est-ce qui cloche chez lui ? Il a pratiquement agité son agréable et calme vie banale sous le nez de Blaine, pour la lui retirer au moment où ses parents rentreront de leur voyage. Il a offert un jour de plus à Blaine. Bien. Il lui a offert un abonnement à la bibliothèque, trois repas complets et des divertissements et pour quoi faire ? A quel prix ?
Parce que Blaine ne pourra pas dormir dans son lit tous les soirs. Kurt ne peut pas le laisser faire tous les autres jours. Il ne peut pas être la zone de sécurité de Blaine pendant la tempête parce que la maison ne lui appartient pas, pas vraiment. S'il avait son propre appartement, peut-être, mais son père ne va pas laisser un jeune sans-abri squatter leur canapé ou la chambre d'amis pour le restant de leurs vies.
Blaine est son- son acte de charité secret. Blaine n'est qu'un moyen pour Kurt de passer pour quelqu'un de bien qui essaie de changer les choses. Cette simple idée, cette simple pensée lui donne la nausée.
Et, peu importe la vitesse à laquelle il a oublié la situation de Blaine aujourd'hui, ce n'était pas un rendez-vous.
En fait, ce n'était rien d'autre que cruel.
« Je suis- Je suis désolé. » souffle Kurt, ayant presque un haut-le-cœur à cause de ses excuses insuffisantes, « Je n'avais même pas pensé- oh mon Dieu, je suis tellement désolé. »
« Hé, wow, viens là. » dit Blaine, se déplaçant vers Kurt pour l'attirer sur le bord du lit, « Qu'est-ce qui se passe ? »
« Je- Je n'arrive pas à croire que j'ai fait ça. »
« Quoi, qu'est-ce que tu as fait ? »
« Ça. » siffle Kurt alors que son estomac fait un salto dans son ventre, « T'inviter ici, t'offrir cette journée et- mais je ne peux te donner toutes ces choses tout le temps. Oh mon Dieu, je suis tellement... méchant. Je suis désolé, je suis tellement désolé ! »
« Arrête. » lance Blaine, tirant sur les poignets de Kurt pour l'empêcher de se couvrir le visage, « Tu n'as pas à t'excuser. J'ai passé une journée fantastique aujourd'hui. »
« Mais et demain ? » questionne presque désespérément Kurt, « Et la semaine prochaine ? Je ne peux pas- J'ai l'impression de te faire un cadeau mais de te le voler tout de suite avant que tu aies pu en profiter. »
« Je ne suis pas sous ta responsabilité. Je ne suis sous la responsabilité de personne. Tu as seulement été gentil et généreux et- et je pourrais continuer à l'infini. »
« Mais tu devrais être sous la responsabilité de quelqu'un. » insiste Kurt, « Tu n'as que seize ans ! »
« Et tu n'as que dix-sept ans. » rappelle Blaine d'un ton doux, en souriant et repoussant une mèche de cheveux du front de Kurt.
« Je suis presque majeur. J'ai tous ces- ces trucs et cet espace que je peux partager. Ce n'est pas juste que tu sois dehors, tout seul, ce n'est pas juste. Je veux simplement t'aider. »
Une émotion sans nom balaie le visage de Blaine et adoucit son regard. Il serre alors Kurt dans ses bras de toutes ses forces, s'accrochant à son dos et soupirant doucement dans son oreille.
« Ton cœur est bien trop gros pour tenir dans ton corps. » chuchote-t-il.
Kurt s'écroule et fond en larmes sans se retenir, pleurant contre le cou de Blaine et froissant le tissu doux du pull du garçon entre ses doigts. Enfin de son pull. Parce que Blaine ne possède quasiment aucun vêtement et qu'il vit sous un pont à la merci du froid avec, pour seule compagnie, un sac de seconde main. Cette pensée le fait sangloter encore plus fort. Ce n'est pas juste et il se moque que la vie ne l'est jamais. Blaine est une bonne personne. Il est une bonne personne. Il mérite d'avoir une maison et sa mère et toutes les gaufres du monde s'il le désire. Il mérite d'être au chaud. Il mérite de pouvoir acheter ses propres romans et de les ranger dans sa propre chambre.
Il mérite bien plus que ce que Kurt peut lui offrir.
Au final, Blaine allonge Kurt sur le lit et se blottit derrière lui. Kurt pleure jusqu'à s'endormir, enveloppé dans la sécurité des bras de Blaine. Il se réveille un court instant quand le garçon se lève pour éteindre la lumière. Blaine retire leurs chaussures et se glisse, ainsi que le corps de Kurt, sous la couverture.
« Tu crois m'avoir retiré tout espoir ce soir. » murmure Blaine juste quand Kurt s'apprête à replonger dans le sommeil, « Mais, en réalité, tu m'en as donné bien plus que je n'en ai jamais eu. »
