Coucou à tout le monde !
Comme Célia me l'a demandée, il y a 27 chapitres + un épilogue dans cette fic ! Je vais commencer la traduction du chapitre 26 aujourd'hui ! Je suis presque au bout ! Il me faudra du temps pour tout mettre en page correctement mais je devrais pouvoir poster deux chapitres par semaine rapidement !
Aussi, mon offre pour le RPG Glee que j'ai créé avec une autre Gleek tient toujours ! Nous avons déjà pas mal de joueurs mais plus on est de fous plus on rit, n'est-ce pas ? Pour les personnes qui n'osent pas vraiment se lancer, je peux les aider et les initier au RPG. Je l'ai fait avec l'adorable personne qui joue le Kurt de mon Blaine et je peux vous assurer qu'elle gère comme une pro ! N'hésitez surtout pas à me demander des infos ou quoi que ce soit !
Merci à Célia, Clémence et Meryem pour leurs reviews. Vous êtes fantastiques les filles et chacun de vos encouragements (Sur Twitter, Instagram ou Facebook) me font vraiment chaud au cœur. Merci beaucoup !
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Chapitre 6
Kurt se réveille à cause du souffle de Blaine qui chatouille sa nuque. Il a trop chaud dans ses habits de la veille, sous son épaisse couverture et dans les bras de Blaine. Il peut même sentir la sueur perler sur la peau de son dos mais il s'en fiche. Être contre Blaine est bien trop agréable. Kurt serre un peu plus son emprise sur l'avant-bras de l'autre garçon et se blottit plus encore contre son torse malgré la chaleur.
Il ferme les yeux et, le temps d'une seconde, imagine qu'ils sont tous les deux dans son appartement silencieux, un endroit à lui où il peut garder Blaine en sécurité et le nourrir aussi longtemps qu'il le souhaite. Il s'imagine que Blaine est enroulé autour de lui parce qu'il veut être ici et non parce qu'il n'a nulle part où aller.
Ses paupières se soulèvent à nouveau et son petit monde imaginaire envahi de fantasmes et d'envies s'évapore.
Blaine gigote derrière lui et niche son nez dans ses cheveux. Il fait glisser ses doigts calleux le long de la poitrine de Kurt jusqu'à ce qu'ils reposent contre son cœur.
« Je me sens bien ici. » chuchote Blaine, la voix toujours lourde et enrouée de sommeil.
Alors reste.
« Personne ne m'a jamais tenu comme ça. » admet Kurt.
Il déteste à quel point il sonne pathétique.
« Vraiment ? »
« Jamais. »
« Viens là. »
Blaine incite Kurt à rouler sur lui-même en passant un de ses bras sous son cou et à se rapprocher en tirant sur sa taille de son autre main. Il place le bras droit de Kurt autour de son ventre et tapote son torse. Kurt abaisse sa tête et la pose sur cet endroit exact. Il soupire en sentant Blaine enrouler son bras autour de lui et poser sa main sur son flanc.
« Et comme ça ? » demande Blaine.
« Non. » répond Kurt, « Comme ça non plus. »
« Quelle honte. » dit Blaine et, même si Kurt ne peut pas voir son visage, il entend son sourire dans sa voix.
Le garçon pose un tendre et doux baiser sur le front de Kurt.
« Tu fais des câlins géniaux. »
« C'est vrai ? » demande Kurt, allant un peu à la pêche aux compliments.
« Ouais. » lui dit Blaine.
Ils naviguent entre sommeil et conscience l'heure suivante. Kurt ressent un peu plus de plaisir et de surprise à chaque fois qu'il se réveille en découvrant que Blaine ne s'est pas volatilisé de son lit, de sa maison et qu'il n'est pas de retour dans le froid.
« C'est quoi ton nom de famille ? » interroge Kurt, toujours un peu dans le brouillard.
« Anderson. » répond Blaine.
« Moi c'est Hummel. » dévoile Kurt.
« Ravi de te rencontrer, Kurt Hummel. »
Kurt sourit grandement et blottit son visage dans le creux du cou de Blaine juste parce que c'est agréable. Blaine a toujours l'odeur de son savon mais il y a quelque chose d'autre, quelque chose indéniablement Blaine et qui n'est pas masqué par le parfum des lingettes pour bébé et de l'hiver. C'est familier et inconnu en même temps. Ouais, ok, il a probablement complètement perdu l'esprit et a plongé tête la première dans la folie mais Kurt serait heureux s'il pouvait ne plus jamais bouger pour le restant de ses jours.
Ils ne se connaissent que depuis une semaine. Ils viennent seulement de découvrir le nom de famille de l'autre.
Pourtant, Kurt a envie de connaître tout le reste.
« Tu penses que tu ferais quoi en ce moment ? » demande Kurt, « Si les choses étaient différentes. »
« Je serais certainement au lycée, comme toi. J'aurais du mal en maths mais je serais plutôt bon en histoire. Je laisserais mes devoirs de côté pour pouvoir jouer du piano ou chanter à mon chat. J'aurais un chat, je ne sais pas pourquoi. J'irais à l'église pour faire plaisir à ma mère et je lirais autant que possible. Je regarderais la télé, je rejoindrais la chorale et je sortirais manger une pizza avec mes amis. »
Kurt sent les doigts de Blaine passer dans ses cheveux et entortiller doucement une mèche.
« Mais j'aime me dire que, malgré tout, nos chemins se seraient croisés et que, peut-être, à cet instant, on ferait exactement la même chose que maintenant. »
Le pouls de Kurt s'accélère dangereusement et il décolle sa tête du torse de Blaine pour pouvoir le regarder dans les yeux. Son regard est ouvert et honnête, empli à ras-bord de gentillesse et d'adoration.
« Tu- »
Une porte claque. Un conversation s'élève du rez-de-chaussée.
« Les garçons ? » résonne la voix de Burt, « On est rentrés ! »
La panique enserre le ventre de Kurt. La respiration de Blaine a un raté. Des bruits de pas pourtant lents et calmes frappent les oreilles de Kurt à plein volume. Ils se détachent finalement l'un de l'autre et repoussent la couverture. Kurt est à deux doigts de perdre son sang froid. Blaine est assis sur le bord de son lit et semble attendre une réponse ou des instructions ou peu importe de sa part. Kurt piétine sur place en jetant des coups d'œil au visage de Blaine puis au sac du garçon encore et encore avant de comprendre qu'ils n'ont plus le temps de se cacher, plus le temps d'arranger leurs cheveux ou leurs habits, plus le temps de sauver leurs peaux.
Burt continue de parler tout ce temps, sa voix devenant de plus en plus forte à mesure qu'il approche de la porte de Kurt.
« ... supposés rentrer demain mais une foutue tempête de neige se prépare alors on a pensé qu'on- »
Kurt est dos à la porte mais il voit les yeux de Blaine s'agrandir de peur et son père se tait.
« Oooook... » dit lentement Burt.
Kurt tourne sur lui-même pour découvrir l'expression choquée de son père face au garçon inconnu dans le lit de son fils, face à leur apparence débraillée et leurs vêtements froissés et face au lit défait.
Oh Seigneur.
Burt regarde Kurt, attendant clairement une explication.
« Papa, ce n'est pas ce que tu crois. »
« Je vais te dire, gamin, je ne suis même pas sûr de comprendre tout ce qui me traverse la tête en ce moment. »
« On ne- Je veux dire, on n'a pas couché ensemble. Enfin, si, on a couché ensemble mais pas- On était habillés et- Il n'est pas mon- Je l'ai trouvé et- »
« Tu l'as trouvé ? » demande Burt en secouant la tête et en clignant rapidement des yeux, comme s'il essayait de s'éclaircir l'esprit et de saisir le sens de cette situation, « Kurt, tu n'as même pas l'âge de payer pour ce genre de... services. »
« Non, oh mon Dieu !« s'exclame Kurt. »
« Je devrais y aller. » déclare Blaine, retrouvant apparemment le contrôle de ses muscles et se levant.
« C'est sûrement mieux. » dit Burt d'un ton sérieux.
« Non, tu ne- ne pars pas. » bafouille Kurt en prenant le bras de Blaine pour l'empêcher de récupérer son sac, « Papa, tu ne peux pas le faire partir. »
« Fiston, il faut qu'on parle et ça va être plutôt embarrassant. Je ne pense pas que tu aies envie que ton... euh... »
« Il s'appelle Blaine. » informe Kurt, « Et il ne se prostitue pas. »
« Oh mon Dieu. » geint plaintivement Blaine, « Kurt, sérieusement, laisse-moi- »
« Non. » dit Kurt en tirant Blaine derrière lui et loin de ses affaires, « Tu l'as entendu, il va y avoir une tempête de neige. »
« Pas avant ce soir. » annonce Burt, « Je suis sûr que ton- Je suis sûr que Blaine peut rentrer chez lui avant qu'elle arrive. »
« Tu ne comprends pas. » soupire désespérément Kurt, « Il n'a pas- »
« Chéri ? Qu'est-ce qu'il y a ? »
Carole arrive ensuite et se tient près de Burt, un air aussi étonné sur le visage.
« On dirait que Kurt a eu envie de se faire une petite soirée d'adulte pendant qu'on était en week-end. » informe Burt.
Les yeux de sa belle-mère deviennent ronds comme des soucoupes et Kurt peut presque voir les rouages s'actionner dans son crâne, comme si elle tentait de déterminer où est la vérité au milieu de tout ce bazar.
« Ce n'est pas ce qui s'est passé. » nie Kurt, « Est-ce qu'on peut- écoute, on peut descendre et discuter mais tu ne peux pas obliger Blaine à partir. »
« Je déteste devoir jouer le rôle du méchant père, » commence Burt, « mais je crois que ton ami devrait s'en aller pour qu'on puisse avoir une discussion, euh, privée. »
« Je ne vais pas le jeter dehors alors qu'une tempête de neige arrive ! » hurle Kurt, sa voix montant d'une octave.
Il pivote sur lui-même pour faire face à Blaine et pose ses mains sur ses épaules.
« Reste ici, d'accord ? »
« Je- Je ne peux pas rester si ton père ne veut pas. Ça va aller, ne t'inquiète pas pour moi. »
« Je m'inquiète pour toi et je m'inquiéterais encore plus si tu t'en vas. »
« Il ne- »
La voix de Blaine baisse d'un ton et il continue :
« Kurt, il ne me connaît pas comme toi tu me connais. Même- Même si tu lui expliques, il pourrait ne pas comprendre. Personne ne veut d'un inconnu dans leur maison. »
« Je dois essayer. » dit Kurt, « Et tu n'es pas un inconnu. Tu es mon- mon- tu n'es pas un inconnu. »
Burt s'éclaircit la gorge derrière lui et Kurt laisse retomber ses bras le long de son corps. Il se retourne, le menton haut en signe de défi.
« Tu ne peux pas le forcer à partir. » lance-t-il fermement, « Pas avant mes explications. Si tu penses qu'il doit toujours partir après, alors je ne pourrais pas t'empêcher. Mais... sache que- que si tu le mets à la porte malgré tout, je m'en irais avec lui. »
Ok. D'où ça vient ça ?!
« Wooooooooow. » s'exclame Burt en levant une main devant lui, « On ne va pas en arriver là, gamin. Je ne t'ai jamais dit que je ne te laisserais pas expliquer. Quelque chose se passe clairement ici et, même si je ne comprends rien, ça a l'air sérieux. »
« Plus que sérieux. » dit Kurt.
Burt hoche la tête.
« On va aller parler en bas alors. Ton- Blaine peut rester là. On va descendre et faire du café. Rejoins-nous quand tu seras prêt. »
Son père et sa belle-mère disparaissent du pas de la porte de sa chambre et il tournoie une nouvelle fois pour regarder Blaine. Il encadre ses joues de ses mains et se penche en avant pour poser son front contre le sien.
« Je n'aurais jamais dû venir ici. » lâche Blaine, presque douloureusement.
« Non. » le réprimande Kurt, « N'ose même pas le penser. Écoute, je sais qu'on- je sais qu'on ne se connaît pas beaucoup tous les deux et je sais que ça fait seulement une semaine mais tu- je ne vais pas te laisser retourner dans la rue tout seul. Pas si je peux aider. »
« Tu ne peux pas le forcer à m'accepter ici. Ce n'est pas ta maison. »
« C'est vrai mais mon père est un homme bien et Carole a été incroyable avec Finn. » dit Kurt, repensant au moment où Carole a laissé Quinn vivre chez eux quand elle n'avait nulle part où aller, quand Finn pensait encore qu'il était le père du bébé, « Laisse-moi seulement leur parler. Mais si tu- si tu ne veux pas rester, si tu veux retourner dehors, je ne peux pas te retenir ici. Tu veux... t'en aller ? »
Blaine s'écarte lentement de l'étreinte de Kurt et jette un coup d'œil aux couvertures et au sac que Kurt lui a donnés. Il reste silencieux un moment et grimace en se remémorant les pires choses qu'il a vécues dans la rue. Kurt sait qu'il est certainement dingue, qu'ils ne connaissent quasiment pas et qu'il ne peut pas séquestrer Blaine. Il sait aussi qu'il ne le laissera pas partir sans se battre avant et qu'il ne peut pas voir l'autre garçon souffrir encore plus.
Leurs regards finissent par se croiser à nouveau.
« Non. » dit Blaine, « Je ne veux pas m'en aller. »
Dieu merci.
« Laisse-moi aller leur expliquer alors. Ne bouge pas, d'accord ? Ne- Ne t'enfuis pas non plus. Je reviens. »
Blaine acquiesce maladroitement et, sans réfléchir, Kurt embrasse rapidement son front.
« Je reviens. »
OoOK&BOoO
Kurt s'assoit prudemment à la table de la cuisine et tente de faire disparaître la boule qui enserre sa gorge. Carole le regarde avec beaucoup d'inquiétude et un soupçon de confusion mais son père a l'air résigné. Son expression est sévère et peu familière. Il fixe Kurt quelques secondes dans les yeux avant de faire glisser une tasse vers lui.
« Café ? » propose-t-il.
Kurt prend une gorgée et se brûle la langue.
« Chéri, tu es encore plus pâle que d'habitude. » remarque Carole.
« J'ai juste... vraiment peur de ce qui va arriver. » avoue Kurt.
« Explique-nous, d'accord ? » le presse Burt, « Comme tu voulais le faire. »
« Ouais. » marmonne Kurt en buvant à nouveau, comme si une potion de courage était mélangée à son café, « Il faut que je le dise mais vous ne devez pas paniquer. »
« Je ne te promets rien, fils, mais je vais faire de mon mieux. »
Kurt prend une profonde inspiration et regarde droit dans les yeux de son père.
« Blaine est SDF. »
Carole lâche un petit cri et se couvre la bouche de la main, choquée. Burt n'a aucune réaction, hormis qu'il serre le rebord de la table si fort que ses doigts blanchissent.
« Il est... SDF. » répète Burt.
« Oui. »
« Il a l'air bien propre sur lui pour un gosse sans-abri. »
« Il porte mes habits. » explique Kurt, « Je l'ai ramené ici hier matin. Je l'ai laissé prendre une douche, je lui ai donné des vêtements et je lui ai préparé un petit-déjeuner. Ensuite on est allés en ville un bon moment avant de rentrer. »
« Mais- Comment- Quoi ? » bafouille Burt, « Comment tu as rencontré ce garçon ? »
« Tu te souviens de la semaine dernière ? Quand je suis tombé en panne d'essence sur ce pont et que tu es venu m'aider ? »
« Ouais... »
« Il était là. Il vivait sous ce pont depuis un mois. »
« Par ce temps ? » demande Carole, immédiatement horrifiée par la nouvelle.
« Oui et il est SDF depuis deux ans. »
« Deux ans ? » halète Carole, « Mais- Mais ses parents ? Où ils sont ? »
« Pour son père, je ne sais pas. » dit Kurt, « Il ne m'a jamais parlé de lui. Sa mère était avec lui au début, dans la rue je veux dire, mais elle est partie il y a trois mois et n'est jamais revenue. Elle l'a juste abandonné. »
Carole semble être à deux doigts de pleurer mais Burt, lui, frotte simplement son crâne chauve, comme si Kurt lui donnait beaucoup trop d'informations à la fois. Il soupire lourdement et pose un regard sérieux sur Kurt.
« Gamin, j'ai tellement de questions que je ne sais pas par quoi commencer. »
« Demande ce que tu veux. » lance Kurt, « Demande ce que tu veux et je te répondrais. »
« Eh bien, déjà, comment tu sais qu'il dit la vérité ? »
« Burt. » siffle Carole.
« Hé, je dois savoir. » dit Burt à sa femme, « Kurt a un cœur énorme et, parfois, il l'offre et laisse les gens y entrer bien trop vite. »
« Kurt est assis à côté de toi. » s'énerve Kurt, irrité.
« Tu ramenais tout le temps des chats de gouttières chez nous quand tu étais petit. » rappelle Burt, « Tu sais à quel point je me sentais mal à chaque fois que je te disais qu'on ne pouvait pas les garder parce qu'on n'avait ni la place ni l'argent pour s'occuper d'eux ? »
« Blaine n'est pas un chat de gouttière. » contre avec véhémence Kurt en croisant ses bras défensivement, « C'est un être humain et il serait mort dehors. Il était vraiment malade quand je l'ai trouvé et il n'avait pas de manteau et sa couverture, papa... tu pouvais presque voir à travers. Elle était fine à ce point. Il avait tellement peur de moi au début qu'il ne parlait pas. Mais il a fini par admettre qu'il était malade alors je lui ai donné des médicaments que j'avais dans la trousse de secours de ma voiture. »
« ... Tu lui as donné ton blouson, hein ? » demande Burt, « Tu étais gelé quand je t'ai récupéré cette nuit-là. »
« Oui et je lui ai donné mes gants et la couverture qu'il y avait dans mon coffre. »
« Comment tu as su qu'il ne faisait pas semblant ? » interroge Burt, « Je ne veux pas aborder les sujets qui fâchent mais, en réalité, tu n'en as aucune idée. »
« Je le sais parce qu'il était à quinze kilomètres de la ville, tout seul, malade et frigorifié sous un pont, en pleine nuit. Je le sais parce qu'il n'était pas assis sur un trottoir bondé en pleine journée, qu'il ne faisait pas la manche avec une pancarte pour attendrir les piétons. Je le sais parce qu'il a accepté le gobelet de chocolat chaud tiède, à moitié vide d'un inconnu sans se plaindre. »
« Mais- »
« Il ne m'a jamais demandé d'argent. Il ne m'a jamais demandé de nourriture ou d'habits. Il ne m'a jamais rien demandé, papa. Je suis retourné le voir presque tous les jours cette semaine, je lui ai apporté à manger, des médicaments et des choses pour qu'il soit un minimum au chaud et j'ai discuté avec lui. J'ai appris à le connaître. Il a même avoué avoir volé des lingettes pour bébé et des rasoirs jetables dans un magasin pour pouvoir être assez présentable pour aller en ville et trouver un travail. »
« ... C'est donc un voleur. »
« Burt, il a fait ce qu'il devait pour se débrouiller. » intervient Carole, « N'ose pas me dire que, si tu étais à la place de Blaine, tu ne ferais pas tout ton possible pour donner une meilleure vie à Kurt. Tu serais capable de tout, même de voler. »
Burt marmonne dans sa barbe, sachant très bien que les mots de sa femme sont vrais.
« S'il veut tellement travailler, pourquoi il n'a pas de job ? » demande Burt.
« Qui voudrait l'engager ? » démontre Kurt, « Il a seize, il ne va pas à l'école et, même s'il ne sent pas mauvais et qu'il n'a pas une énorme barbe, ses vêtements ont vu de meilleurs jours. Il est SDF depuis ses quatorze ans et n'a aucune expérience professionnelle. Il n'a même pas d'adresse fixe pour remplir un dossier. Sa mère s'occupait de lui avant mais, maintenant, il n'a plus personne. Quand elle est partie, elle lui a dit qu'elle reviendrait et il a attendu deux mois entiers avant de se rendre compte qu'elle ne reviendrait jamais. C'est comme ça qu'il est arrivé ici dans l'espoir de trouver un boulot mais il est tombé malade. C'est à ce moment que je l'ai rencontré. »
« Comment ils se sont retrouvés à la rue ? » s'enquiert Burt, « Une femme responsable se serait démenée pour gagner assez d'argent pour pouvoir au moins mettre le toit d'un motel au-dessus leurs têtes. »
« Je... ne sais pas. » avoue Kurt, « Je ne sais pas ce qu'il leur est arrivé et je ne sais rien d'autre sur sa mère, à part qu'elle a juste tout laissé derrière elle. Il était assez mal quand il m'a raconté les choses qu'il a dues faire, je n'allais pas en plus le forcer à me donner plus d'infos. C'était trop douloureux pour lui. »
« Et les refuges ? » soulève Carole, « Il pourrait certainement trouver une place dans l'un d'eux. »
« Je crois qu'il y a pas mal de choses qu'on ne... sait pas à propos des refuges. » dit Kurt, « J'ai lu quelques articles sur Internet après qu'il m'ait dit qu'il avait, une fois, vécu une mauvaise expérience dans un refuge et qu'il les évitait depuis ce jour. Il ne m'a pas donné de détails sur ce qui s'est passé, je ne sais même pas s'il le fera un jour, mais d'après ce que j'ai lu, beaucoup de refuges refusent les garçons adolescents, même s'ils sont avec leurs mères. Il a dû être obligé à aller dans un autre refuge, un qui accepte les hommes, et je ne pense pas qu'il ait voulu être séparé de sa mère. Je suppose qu'en gros, c'est ça. »
Carole se mord la lèvre, essayant visiblement de ne pas pleurer. Burt lâche un grognement de frustration et s'appuie lourdement contre le dossier de sa chaise. Leurs tasses de café sont complètement oubliées maintenant. Tout ce dont est capable Kurt est gigoter nerveusement alors que l'anxiété enfle en lui avec le silence de la pièce.
« J'ignore ce que tu attends de moi. » admet honnêtement Burt, « Je ne connais pas ce gamin et toi, tu ne le connais que depuis une semaine. »
« Je ne sais pas quoi faire non plus. » confie Kurt en baissant les yeux vers sa tasse, « Je l'ai ramené ici hier et j'espérais juste lui offrir une bonne journée. Je n'ai pas vraiment réfléchi à ce qui arriverait ensuite. Tout ce que je sais c'est que je ne peux pas le laisser partir ce soir, pas après que tu aies annoncé une tempête de neige. Je ne le laisserais pas dans la rue. »
« Bien sûr que non, chéri. » dit gentiment Carole, « Il peut rester ici ce soir. »
« Ce serait quand même mieux si ce garçon ne dormait pas ton lit. » dit Burt, ne laissant pas place au débat.
« On va arranger la chambre d'amis. » annonce Carole, se levant déjà pour se mettre au travail, « Ce n'est que du bazar. On va descendre les cartons à la cave et on va changer les draps. »
« Je n'ai pas mon mot à dire là-dedans, n'est-ce pas ? » souffle Burt.
« En effet. » lâche Carole, « On en reparlera mais ce pauvre garçon ne dormira pas dehors, pas ce soir. Pas quand on a une chambre vide disponible. »
« Merci. » dit Kurt, relevant la tête vers sa belle-mère quand elle pose une main sur son épaule.
Elle quitte la pièce après une dernière caresse et laisse Kurt et son père seuls.
« Merci de m'avoir laissé expliqué la situation. Je sais que ce n'est pas... facile pour toi. Tu n'es pas comme moi, tu as du mal à faire confiance aux gens. »
« C'est vrai. »
« Il n'a que seize ans et il est juste reconnaissant pour ce que j'ai fait pour lui. Si tu avais pu le voir le jour où je l'ai découvert... »
« Je ne crois pas que je l'aurais ramené à la maison, Kurt. »
« Mais tu aurais- »
« C'est là où nous sommes différents. » continue Burt, « Tu es aussi têtu que moi, ce n'est pas un secret. Mais ça ? Toute cette- cette compassion ? Tu tiens ça de ta mère, sans aucun doute. Elle serait tellement fière de toi. Je sais que je ne comprends pas tout ce qui se passe aujourd'hui et je suis obligé d'être le méchant de l'histoire et de poser toutes les questions qui fâchent mais Kurt ? »
« Oui ? »
« Je suis fier de toi, moi aussi. »
Kurt ravale le flux d'émotions grimpant dans sa gorge et offre un sourire aimant à son père.
« Merci. »
Burt se met debout et donne une petite tape sur l'épaule de son fils.
« On devrait faire descendre ce gamin pour qu'il puisse manger son petit-déjeuner. »
« Oui, je vais le chercher. »
Kurt s'apprête à sortir de la cuisine et à monter à l'étage quand son père l'appelle, l'obligeant à pivoter sur lui-même pour le regarder à nouveau.
« Finn ne t'a rien dit quand tu as ramené Blaine ici ? » demande-t-il.
« Euh... » hésite Kurt, tentant de trouver une bonne excuse pour expliquer l'absence de Finn dans la maison.
« Kurt. Où est ton frère ? »
« Il- Eh bien, il est juste... sorti prendre un peu l'air. »
« ... Il a été chez Rachel tout le week-end, c'est ça ? »
« Je ne peux ni confirmer ni nier cette accusation. » dit platement Kurt.
« Il va être puni tellement longtemps. »
Kurt se sent coupable de ne pas avoir réussi à couvrir son frère. Ce sentiment ne dure pas longtemps, il a d'autres chats à fouetter.
Non pas que Blaine soit un chat et qu'il ait envie de le fouetter.
Bref, l'idée est la même.
Il doit prendre soin de Blaine.
