Coucou mes lapins !
Me revoilà avec ce huitième chapitre ! J'espère que cette fic vous plaît toujours autant !
Merci à Célia, Clémence, Meryem et zelda.d pour vos reviews. Vous êtes extraordinaires et fantastiques. Merci du fond du cœur.
Merci aussi aux nouveaux fav & follow et à toutes les personnes qui lisent sans oser laisser de reviews.
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Chapitre 8
Kurt s'endort finalement, enroulé paresseusement autour de Blaine dans le canapé. Il a vaguement conscience que quelqu'un allume un feu dans la cheminée et que la pièce est légèrement plus chaude que dix minutes auparavant. Il se blottit contre l'épaule de Blaine et inspire profondément son odeur de plus en plus familière.
« Hé, les garçons, il faut se lever maintenant. »
Kurt lâche un grognement de protestation à la voix de son père et cache son visage contre le cou de Blaine.
« Allez, on doit discuter, tu te souviens ? »
« Encore cinq minutes. » marmonne Kurt, bien trop à l'aise où il est, lové contre Blaine.
« Tu as fait une sieste de deux heures, fiston. » l'informe Burt d'un ton plus qu'amusé.
« Allez, Kurt. » résonne la profonde voix de Blaine, douce comme du velours, contre sa joue, toujours appuyée contre son torse.
Kurt s'efforce de s'asseoir, tout en rouspétant, et essaie d'aplatir ses cheveux qu'il sait ébouriffé par le sommeil. Au même moment, Carole entre dans le salon en portant un plateau où reposent des tasses de cacao fumant emplies à ras-bord de crème fouettée et accompagnées de bâtonnets de chocolat fourrés à la menthe.
« Comment tu fais pour toujours arriver au bon moment ? » demande Kurt, encore vaseux et un peu endormi.
Blaine se redresse correctement dans le sofa et a presque l'air de craindre que son monde s'écroule autour de lui d'une seconde à l'autre. Kurt attrape alors leurs deux tasses et lui en tend une. Blaine se radoucit légèrement à son geste, comme s'il avait une preuve physique que son ventre restera plein aujourd'hui. Kurt se retient de lui dire que tout finira par s'arranger, le chocolat chaud lui apporte assez de réconfort pour l'instant.
« C'est mon intuition maternelle. » taquine Carole, « Je sais toujours quand mes garçons ont besoin de quelque chose. »
Son regard doux et calme se pose sur Blaine.
« Tous mes garçons. »
Blaine rougit violemment à la marque d'affection, serre sa tasse avec force et s'enfonce un peu plus dans le canapé. Kurt, par contre, s'attarde plus sur la signification de ses mots que sur la sincérité de son ton.
« Attends. » dit-il rapidement, renversant presque son cacao dans le processus, « Tu veux dire... »
« Exactement. » acquiesce Carole en s'installant sur le rebord de la table basse, les yeux pétillants.
Kurt pousse un cri de joie pure – ce qui ne lui ressemble pas du tout – mais se calme quand son père finit de raviver le feu et s'assoit près de Kurt sur le canapé.
« Évidemment on doit établir certaines règles avant de s'emballer. » dit Burt en étendant son bras sur le dossier du sofa.
« D'accord. Oui, bien sûr. » accepte Kurt en se redressant et en fixant sérieusement son père.
Il peut gérer quelques règles. Certaines conditions aussi. Mais renvoyer Blaine dans le froid, tout seul, hors de question.
« Avant tout, » commence Burt, « si Blaine reste avec nous, il devra suivre toutes les règles qu'on vous a fixés à Finn et à toi. Il aura le même couvre-feu et il devra nous demander la permission pour inviter des amis ici. Pas de drogue ou d'alcool non plus. »
Kurt ne s'attendait pas à ce que Blaine soit autorisé à agir de la sorte ou à s'attirer des ennuis. D'après les observations de Kurt, Blaine n'est pas ce genre de personne de toute manière. Il passe tout son temps libre à la bibliothèque. Kurt ne pense pas qu'il devienne un amateur de fête où l'alcool coule à flots du jour au lendemain.
Kurt hoche la tête avec enthousiasme et laisse son père continuer.
« Blaine aura la chambre d'amis. » dit Burt, « On ira lui acheter quelques meubles et d'autres trucs après le Nouvel An. Il n'y a rien dans cette pièce, à part un lit et une table de nuit. »
« Et ces photos super bizarres de canards au mur. » coupe Kurt, lançant un coup d'œil appuyé à son père.
« Elles donnent du caractère à la chambre. » insiste Burt, semblant vexé que Kurt critique ces photos qu'il a obtenues pour une bouchée de pain dans un vide-greniers.
« On dirait plutôt une chambre de motel moisie. »
« Je t'aiderais pour la décoration, chéri. » interrompt Carole, mettant fin à la querelle.
Burt lève les yeux au ciel, secrètement ravi du lien fort qui unit Kurt et Carole.
« Bref, on fera les magasins. » reprend-il, « On ira aussi lui acheter des habits qui lui vont, à moins que tu aies envie de partager ta garde-robe un peu plus longtemps. »
« Je partagerais, » déclare Kurt, « si ça veut dire qu'il peut rester. »
« Je sais. » rétorque calmement Burt d'un ton bien plus tendre, « Mais tu n'es pas obligé. »
Kurt baisse la tête en signe de respect. Laisser Blaine s'installer ici est déjà énorme. Il n'espérait pas qu'en plus son père lui aménage sa propre chambre et lui paie de nouveaux vêtements.
« On organisera un week-end shopping. » dit Carole, « Ce sera amusant. »
Les relookings sont toujours amusant. Kurt ne retient même pas sa joie en imaginant qu'un week-end entier sera destiné à Blaine. Rien que pour lui offrir toutes les choses dont il a besoin et dont il a été privé bien trop longtemps.
« Autre chose. » ajoute Burt en posant ses yeux sur Blaine qui est resté immobile et silencieux durant toute la conversation, « Je sais que tu as été seul longtemps, gamin, et qu'il te faudra du temps pour t'ajuster. Tu as été obligé de prendre de soin de toi-même et d'être responsable mais on est là pour toi maintenant, d'accord ? Chacun d'entre nous. Je sais que ton premier instinct sera d'aller vers Kurt parce que c'est en lui que tu as le plus confiance pour le moment mais tu dois te rappeler que lui aussi n'est qu'un enfant. Il n'aura pas toujours toutes les réponses. Alors j'espère que tu sais que tu peux aussi nous faire confiance, d'accord gamin ? Si quelque chose ne va pas ou si tu ne te sens plus à l'aise ici, tu peux venir nous parler. »
« De tout ce que tu veux. » ajoute Carole, « On t'écoutera toujours et on te comprend bien plus que tu ne le penses. »
Kurt a officiellement la meilleure famille du monde. Il peut sentir les larmes affluer dans ses yeux. Il aimerait que Noël ne soit pas déjà passée car Carole mérite bien plus qu'un flacon de parfum et son père mérite largement plus qu'une compilation des meilleurs albums de Mellencamp.
« Une dernière chose. » conclut Burt, « Enfin, pour l'instant. Il faut je te pose une seule question, Blaine. »
Kurt sent le corps de Blaine se tendre lorsque son père s'adresse à lui alors que son attention est toujours rivée vers son mug de cacao.
« O-Oui, monsieur ? »
« Est-ce que tu veux rester ici ? »
Les yeux de Kurt s'exorbitent d'horreur et il se tourne abruptement vers son ami pour entendre sa réponse. Évidemment qu'il veut rester, n'est-ce pas ? C'est bien mieux que dormir sous un pont dans le froid de l'hiver ou se laver avec des lingettes. C'est bien mieux qu'un refuge empli de personnes malades et de trop peu de lits.
Pas vrai ?
Kurt se rend soudain compte de la force avec laquelle ses doigts serrent ses cuisses avec appréhension. Il frotte ses paumes moites sur son jean et essaie de se détendre. Il se sent mal de ne pas avoir posé cette question plus tôt. Demander à Blaine s'il veut s'en aller, là, tout de suite est bien différent que de lui demander s'il veut rester sous leur toit à long terme, vivre en suivant des règles et être sous la responsabilité de sa famille. C'est peut-être trop d'un coup pour que Blaine accepte. Kurt sait que c'est déjà difficile pour lui d'accepter autant d'aide et de gentillesse mais s'habituer et s'intégrer au fonctionnement bien huilé d'une famille peut être encore plus dur.
Il n'essaie pas de le pousser à répondre, il attend seulement qu'il soit prêt. Il se mord l'intérieur de la joue pour ne pas crier les mots qu'il aimerait entendre de la part de son ami.
« Je- Je- »
« Tu auras une période d'essai au début. » assure Burt, ignorant le regard de Kurt, « Tu pourras partir quand tu le souhaiteras, si ça ne fonctionne pas. Si ça se passe bien, on s'occupera du côté juridique plus tard. »
Juridique.
Kurt ne peut pas s'empêcher de déglutir au son de ce mot. Sans qu'il sache pourquoi, la première conclusion qui lui saute à l'esprit est une adoption. Il grimace mentalement à cette idée. Il ne veut pas que Blaine soit son frère, comme il ne voulait pas que Finn le soit avant, quand il a développé un énorme coup de cœur pour lui.
Kurt se demande amèrement pourquoi chaque garçon auquel il s'intéresse risque à un moment ou à un autre de devenir un membre de sa famille mais il ne donne pas son avis sur la question. Les démarches juridiques sont encore loin. Blaine doit donner son accord avant tout.
D'ailleurs, Blaine, à cet instant précis, fixe Burt comme si ses rêves et ses espoirs venaient d'être écrasés sur le sol. Son expression déroute Kurt au-delà de l'entendement. Rien n'est détruit. Tout est à construire, Blaine ne voit-il pas cela ?
« Je ne peux pas. » chuchote Blaine.
Le cœur de Kurt tombe à peu près au même niveau que ses pieds.
« Je ne peux pas vous laisser faire tout ça pour moi. » continue-t-il, « De nouveaux habits et de nouveaux meubles... Je ne peux pas accepter tout ça gratuitement. Je ne peux pas vous laisser me donner- me donner une chambre ou tout le rester sans vous rembourser. Je- Je ne veux pas être un acte de charité. »
A ces paroles, le cœur de Kurt retrouve sa place dans sa poitrine. Et se brise. En mille morceaux. Carole a l'air d'être à deux doigts de fondre en larmes mais Burt lui paraît étrangement ravi et un peu trop pensif au goût de Kurt. Ils ne vont pas le transformer en Cendrillon moderne ! Ils ne vont pas faire de Blaine un esclave seulement pour qu'il ait le droit de rester dans un endroit sûr. Ils ne peuvent pas non plus le forcer à trouver un job, il ne va toujours pas à l'école et n'a toujours pas d'expérience professionnelle. Personne ne va l'engager. Kurt ignore même si Blaine connaît son numéro de sécurité social ou d'autres informations importantes du genre.
Malgré tout, Burt semble avoir la solution parfaite.
« Gamin, » dit-il lentement, « Tu t'y connais en voiture ? »
