Coucou !
Merci à toutes les personnes qui ont ajouté cette fic à leur fav et follow depuis mercredi :)
Merci aussi à Clémence, Meryem d'amour et Célia pour vos reviews toutes plus mignonnes et encourageantes les unes que les autres. Sans votre soutien, je n'aurais pas continué à poster donc merci, merci, merci. Je lance pleins de cœurs sur vous les filles !
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Chapitre 9
Blaine connaît bien plus de choses au sujet des voitures que Kurt ne l'aurait pensé. Il sait changer un pneu, changer l'huile, vérifier tous les liquides et purger les freins. C'est le strict minimum pour travailler dans un garage mais Kurt est plus intéressé par l'histoire derrière la connaissance des voitures Blaine. Il avoue que son père lui avait acheté une vieille Dodge Charger déglinguée quand il avait treize et qu'il se souvient avoir travaillé dessus avec lui. Il n'a apparemment pas perdu ses compétences depuis cette période. Kurt remarque que, pour la première fois, Blaine mentionne son père. C'est peut-être la seule chose qu'ils aient fait ensemble, entre père et fils, avant que Blaine ne se retrouve à la rue.
Kurt veut poser plus de questions en voyant la façon dont Blaine en parle : avec peu d'émotions et un regard vide. Il y a visiblement beaucoup de détails tus dans le passé de Blaine qu'il n'y paraît. Kurt ne pousse, évidemment, pas plus.
Parce que Blaine peut rester. Il peut avoir un lit, des draps doux et une couverture sous laquelle se blottir tous les soirs. Il peut avoir trois repas par jour et plus, s'il le souhaite. Il peut avoir un travail, une assurance et l'opportunité de ne plus se sentir comme un fardeau et plus comme un locataire ou un colocataire.
Il peut avoir bien plus que la semaine précédente. La poitrine se Kurt se gonfle de bonheur et d'un petit peu de fierté grâce à son insistance inépuisable. Kurt Hummel finit toujours par avoir ce qu'il veut. Toujours.
« Donc Blaine est comme notre nouveau frère ? » demande Finn plus tard pendant qu'il aide Kurt à débarrasser la table.
« Pas vraiment. » s'empresse de le corriger Kurt, souhaitant pouvoir supprimer cette pensée le plus vite possible, « Il est seulement un ami qui a besoin d'aide en ce moment. C'est pour ça qu'il reste ici. »
« Oh. » s'exclame Finn, sonnant un peu confus mais - n'est-il pas tout le temps dans un état de confusion avancé - Kurt laisse couler, « Il aime les jeux vidéos ? »
« Je ne sais pas. » répond sincèrement Kurt, « Si c'est le cas, il n'a pas eu la chance d'y jouer depuis un bon moment. Tu pourrais aller lui demander quand on aura fini. »
« Cool, merci, frère. » dit Finn en adressant un sourire idiot à Kurt, comme s'il venait de lui donner la permission de jouer avec son jouet favori.
Au final, Blaine aime toujours les jeux vidéos même s'il n'a pas touché une manette depuis très longtemps. Il s'intéresse aussi au football, ce qui ravit les autres hommes de la maison, mais la musique et les comédies musicales sont son plus profond amour.
Ils sont allongés dans le lit de Kurt et chantent par-dessus la bande originale de Wicked lorsque la tempête de neige violente coupe le courant et plonge la maison dans le noir le plus complet. Kurt attrape immédiatement la lampe poche dans sa table de nuit et la braque dans la direction de Blaine.
« Ça va ? » demande-t-il.
« C'est comme chez moi. » raille Blaine.
Kurt le fixe avec horreur un moment mais finit par craquer quand Blaine explose de rire à sa propre remarque rude et insensible. Kurt le suit dans son fou rire. Ils se tournent et se retournent sur le matelas en gloussant à la vérité pure mais absurde du commentaire. Burt entre dans la chambre et pointe une lumière sur eux et marmonne doucement en les voyant.
« Heureux que vous trouviez la situation marrante les garçons. » dit-il, « Surtout que la température ne va pas tarder à baisser et qu'on a qu'un radiateur d'appoint qui fonctionne sur batterie. »
Carole et Burt prennent finalement le chauffage d'appoint dans leur chambre. Les garçons restent dans le salon pour s'assurer que le feu ne s'étouffe pas et ils calfeutrent chaque ouverture avec des draps pour que la chaleur ne s'enfuie pas. Finn dort comme un bébé sur le canapé, pas le moins du monde dérangé. Kurt et Blaine sont lovés l'un contre l'autre sous une couverture épaisse sur un matelas gonflable.
Blaine a un doux sourire ensommeillé sur les lèvres et cligne lentement des yeux. La lueur tamisée du feu accentue les angles de son visage et crée des ombres sous ses longs cils. Il a l'air tellement paisible. Kurt se demande si c'est parce qu'il est à l'abri ce soir et non dehors dans le froid ou parce que Carole l'a quasiment forcé à reprendre de la purée au dîner. Kurt n'a jamais vraiment pensé à la chance qu'il a d'avoir accès à toutes ces choses simples au quotidien. C'est étrange.
C'est peut-être ça devenir adulte.
« On s'est démenés pour te préparer ton lit, » se plaint Kurt, « et tu te retrouves quand même à dormir par terre, près d'un feu. »
« Je ne suis pas par terre. » dit Blaine en caressant la cheville de Kurt de son pied, « Un matelas gonflable est largement mieux qu'un trottoir ou que le bitume et ce feu est bien plus agréable. Je n'ai déjà pas été obligé à fouiller du bois sec dans toute la forêt. »
L'atmosphère bon enfant se dissipe rapidement et Kurt se radoucit doucement, fronçant les sourcils. Il se sent très mal d'avoir ri à l'horrible blague de Blaine dans sa chambre plus tôt.
« Je suis désolé. » chuchote Blaine, sortant une de ses mains de la chaleur de la couverture pour prendre la joue de Kurt en coupe, « Je ne voulais pas avoir l'air de ne pas prendre la situation au sérieux. Je sais que ça te rend triste. »
« Ce n'est pas grave. »
« Si, ça l'est. » le contredit gentiment Blaine en caressant tendrement la délicate pommette de Kurt, « Ça te fait de la peine. »
« Je- En fait, ça me fait presque physiquement mal. » explique Kurt, « T'imaginer dehors, t'imaginer malade, affamé, dans le froid, c'est- c'est juste- »
« Chut. » l'interrompt Blaine en se rapprochant un peu plus.
La chaleur naturelle du corps de Blaine l'enveloppe et, bizarrement, le calme.
« Les choses ont changé. Je suis là. »
« Là. » répète Kurt.
Il fait glisser sa main le long du flanc de son ami, la remonte vers son bras en effleurant légèrement sa peau comme les ailes d'un papillon puis vers la main de Blaine qui tient toujours son visage avec précaution.
« En sécurité. »
Le coin des lèvres de Blaine s'ourlent à peine dans un micro sourire. C'est assez pour couper la respiration de Kurt et emplir sa cage thoracique de sentiments qu'il ne comprend pas encore.
« En sécurité avec toi. » dit Blaine, « Tu n'as plus à t'inquiéter. »
« Je ne crois pas pouvoir ne pas m'inquiéter pour toi. » avoue Kurt, « Surtout pas quand tu parles de- de la vie que tu menais. »
Un silence tendu s'installe.
Kurt ignore la présence de Finn et s'enfouit entièrement dans l'étreinte de Blaine. Il caresse la clavicule du garçon de son nez froid et s'accroche au t-shirt que Blaine a enfilé pour dormir. Blaine le serre avec autant de force et enroule un de ses bras autour de son cou. Il glisse ses doigts dans les cheveux de Kurt et tient sa tête en place sous son menton. Son autre main trace lentement des cercles dans le creux de son dos. Exactement ce dont a rêvé Kurt toute la journée. Depuis son réveil dans les bras de Blaine le matin-même, Kurt a réalisé combien la proximité de l'autre garçon était addictive. Même leur séance de câlins dans le canapé pendant leur sieste n'a pas assouvi le besoin enivrant d'être proches, serrés, en sécurité l'un contre l'autre, pas comme cette étreinte le fait.
Kurt n'a jamais ressenti cet instinct protecteur auparavant. Ça bouillonne presque sous sa peau et menace à tout instant de le faire basculer vers la folie. Heureusement, le poids du bras de Blaine autour de sa taille lui assure que son ami ne risque rien et calme le sentiment primitif.
« Je préfère tourner mon malheur à la plaisanterie. » explique Blaine, « Sinon je pense que je perdrais la tête. Si je n'en ris pas ou si je ne fais pas comme si ce n'était pas grand chose, je serais obligé d'admettre que ma vie s'est transformée en cauchemar et... et je ne saurais pas comment gérer. »
Kurt lâche soudainement un petit couinement plaintif et se presse plus étroitement contre le corps de Blaine. Il ignore comment ils en sont arrivés là. Il n'est pas sûr de savoir quand le garçon sans domicile fixe et inconnu est devenu un compagnon de câlins qui confie ses secrets dans l'obscurité de son salon. Une chose est certaine, Kurt ne le laissera pas tomber de si tôt.
Jamais.
Il y a peut-être un sens à tout cela, caché tout au fond d'eux ou gravé dans leurs cellules.
Il y a peut-être une raison pour que Kurt soit attiré par Blaine avec autant de force.
C'est peut-être le destin qui a causé la panne d'essence cette nuit-là, sur cette vieille route, sur ce pont. Kurt n'est pourtant pas le genre de personne à croire qu'un pouvoir mystique guide les actions quotidiennes ou crée les coïncidences.
Il y a juste quelque chose en Blaine qui lui donne envie d'oublier toutes ses croyances, toutes ses connaissances, tout. Quelque chose qui le pousse à remplacer toutes pensées cohérentes par la sensation de la peau de Blaine contre ses lèvres, de ses boucles contre la pulpe de ses doigts, de tous les points sensibles de son corps ou du son de sa voix.
La vérité frappe alors Kurt en plein cœur.
Il est déjà dangereusement et irrévocablement amoureux.
Oh Seigneur, faites qu'ils n'adoptent pas Blaine, prie-t-il silencieusement.
« Tu peux blaguer autant que tu veux. » finit par prononcer Kurt après avoir retrouvé son calme après l'aveu honnête de Blaine, ignorant volontairement la réalisation de ses sentiments pour l'autre garçon, « Seulement si tu ne te moques pas de moi quand on fera les magasins. Je peux devenir assez... intense disons. »
Un souffle chaud caresse ses cheveux et un éclat de rire doux entre dans ses oreilles. Blaine acquiesce contre son front.
« Deal. »
Kurt sourit contre l'épaule de Blaine et emmêle ses jambes aux siennes. Il a un peu trop chaud pour s'endormir, même s'il n'y a pas de chauffage dans la maison, mais Kurt n'ose pas bouger. Il est trop bien où il est. Ils ne disent plus rien et profitent du son apaisant de la respiration et des battements de cœur de l'autre, bercés par les craquements sereins du feu.
« Tu es très courageux. » murmure Kurt, aux portes du sommeil, prêt à se laisser envelopper par l'obscurité et à entrer dans le monde merveilleux des rêves.
Il s'efforce à rester éveiller assez longtemps pour entendre exactement ce dont il a besoin.
« Je suis très courageux. »
Un baiser est posé sur son front et il s'endort.
