Coucou !
Voici le 11ème chapitre :) je crois qu'il va vous plaire… juste une intuition ;)
Merci à Célia et à ma Meryem d'amour pour vos reviews ! Vous êtes géniales, fantastiques et exceptionnelles !
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Chapitre 11
Kurt n'a jamais voulu être plus loin du lycée que le jour où les cours reprennent. Il ne veut pas traîner des pieds dans les couloirs ou s'asseoir bêtement en classe. Il ne veut même pas chanter à la chorale. Tout ce dont il a envie est rentrer auprès de Blaine, qui est certainement lové tout seul devant la cheminée avec un bouquin après sa longue matinée de travail au garage. Ou peut-être qu'il est dans la douche à cet instant. Kurt a découvert que Blaine est en quelque sorte un maniaque de la propreté, comme s'il n'arrivait pas à croire qu'il peut se laver les cheveux avec du vrai shampooing tous les jours. C'est amusant mais aussi douloureux. Son ami aurait dû pouvoir se doucher quand il le voulait au cours de ces deux dernières années.
Kurt sait évidemment pourquoi il ne pouvait pas se laver. Son cœur se serre un peu plus fort à cette seule pensée.
Après l'école, Kurt a pris l'habitude de s'asseoir à la table de la cuisine avec Blaine et de lui raconter toutes les choses qu'il a apprises ce jour-là.
« Je suis un peu plus préparé pour retourner au lycée comme ça. » lui a expliqué Blaine.
La soif de savoir de Blaine rivalise sans peine avec celle de tous les petits intellos des États-Unis confondus.
Quand Finn parle du nouveau pensionnaire chez eux au Glee Club, Kurt esquive leur question en disant qu'il est un vieil ami de la famille et qu'il doit rester avec eux quelques temps. Ils n'ont pas besoin d'être dans la confidence de la situation de Blaine : ça ne les regarde pas. Il n'a pas non plus envie d'entendre les jugements qui jailliraient dans tous les sens s'ils entendaient l'histoire du garçon. Quand Blaine sera prêt, il pourra rencontrer ses amis. Kurt veut qu'ils voient tous le garçon attentionné, gentil et extraordinaire qu'il est. Ils n'ont pas besoin de connaître tous les détails de sa vie pour lui offrir leur amitié.
Blaine a déjà bien assez de mal comme ça. Inutile d'en rajouter.
« Je- Je ne peux- Je ne veux pas être entouré d'autant de gens à la fois pour le moment. » a doucement dit Blaine, le visage déformé par le désespoir, « Je ne sais pas pourquoi. Je dois juste... redécouvrir qui je suis vraiment. Si je ne le sais même pas moi-même, comment les autres pourraient m'apprécier ? Je ne veux pas qu'ils pensent que je suis bizarre. »
Kurt n'a plus jamais insisté et ne le fera plus jamais.
OoOK&BOoO
Kurt commence à remarquer certaines petites choses une fois que la nouvelle routine de tout le monde est bien huilée et qu'il ne s'inquiète plus autant pour le sort de l'autre garçon. Hormis son obsession pour la propreté, Blaine a quelques autres TOC et habitudes.
Par exemple, Blaine ne laisse jamais de nourriture dans son assiette. La moindre pâte, la moindre feuille de laitue, le moindre grain de maïs et la moindre miette de pain terminent dans son ventre. Il n'a jamais les yeux plus gros que le ventre et ne renverse jamais une seule goutte de boisson. C'est complètement logique, suppose Kurt, étant donné qu'il a passé un nombre indéterminé de jour affamé durant les deux dernières années.
Ensuite, il est très protecteur envers sa nourriture. Il s'assure toujours que sa fourchette arrive à sa bouche en un temps record et il garde la tête baissée très près de ses aliments. S'il se redresse ou s'engage dans une conversation, il laisse sa main sur le rebord de son assiette ou enroule son bras autour, comme s'il avait peur que quelqu'un la lui retire. Kurt essaie de ne pas trop penser à cette manie lorsqu'ils mangent tous ensemble pour ne pas avoir à réfléchir à l'horrible passé de Blaine.
Il ne marche jamais pieds nus. Kurt n'a pas revu les orteils de Blaine depuis le premier jour où le garçon est arrivé chez eux. Il profite peut-être du fait de pouvoir à nouveau porter des chaussettes propres tous les jours mais Kurt pense plutôt qu'il a gardé l'habitude de rester le plus au chaud possible, comme lorsqu'il était à la rue.
Blaine possède très peu d'objets, rien qu'à lui. Burt lui a acheté des romans d'occasion dans une librairie lors d'une virée shopping et l'a surpris en lui offrant une guitare acoustique toute neuve le jour de sa première paye. Mais ces objets, si simples et si peu nombreux, sont aimés comme jamais Kurt ne l'avait vu auparavant. Quand Kurt s'achète quelque chose, il s'amuse avec quelques jours jusqu'à ce que l'excitation de la nouveauté disparaisse. Il met en général l'objet de côté et ne s'en sert plus jamais. Pour Blaine, chacune de ses possessions est précieuse. Il fait la poussière sur la petite bibliothèque posée dans une coin de sa chambre tous les jours et prend soin de sa guitare comme si elle était son enfant.
Ces manies ne sont pas si étranges que ça en connaissant la vie qu'a menée Blaine les deux années passées. Elles aident même tristement Kurt à mieux comprendre la nouvelle découverte qu'il fait au sujet de Blaine.
Un samedi matin, juste après le petit-déjeuner et le départ de Blaine de Finn et de son père au garage, Kurt va dans la chambre de Blaine, une petite pile de linge propre et nettement plié dans les mains. Il a retrouvé ses vêtements mélangés aux siens, un petit détail bête qui réchauffe le cœur de Kurt. C'est une chose qui arrive souvent au sein d'une famille et c'est juste simple, agréable et amusant. Kurt bâille longuement, la tasse de café matinale a du mal à le réveiller, et examine la chambre extrêmement bien rangée de Blaine. Kurt suppose qu'il doit placer le linge propre dans la commode alors il s'en approche. Il s'apprête à ouvrir le premier tiroir mais s'arrête. La plupart des gens rangent leurs sous-vêtements dans le premier tiroir. Bon, c'est vrai, Kurt était présent quand Blaine a acheté les siens mais il juge inutile d'envahir son intimité plus que nécessaire. C'est pour cela qu'il préfère tirer le deuxième tiroir. Il pose un pantalon de pyjama propre par-dessus ceux déjà empilés et sourit devant la petite collection de nœuds-papillon multicolores de son ami parfaitement ordonnés à côté. Il range ensuite deux hauts en coton dans le troisième tiroir.
Ce qu'il découvre dans le tout dernier tiroir le choque totalement.
Le peu de t-shirts qu'il possède sont pliés à l'intérieur mais il y a autre chose.
Kurt finit de ranger la lessive propre et s'agenouille.
Il sort de la commode une tranche de pain de mie encore fraîche du matin-même, enroulée dans du papier essuie-tout. Kurt découvre deux sandwiches à la dinde de la veille dans une autre serviette en papier et quelques frites dans un emballage du McDonald's - Finn et Blaine y sont allés il y a deux jours.
Blaine adore les frites.
Il y a quelques paquets de chips, un sachet ouvert de nounours en gélatine, une barre protéinée à moitié mangée et deux parts de brioches rassies enveloppées dans du papier aluminium.
Tout est là, caché à la vue de tous au fond d'un tiroir.
En cas d'urgence, réalise Kurt.
Au cas où il n'ait plus rien à manger.
Le souffle de Kurt se coupe quand l'énormité du secret le frappe. Évidemment, Blaine ne gaspille jamais de nourriture, même pas un petit morceau de pain mais cette réserve cachée de restes en tout genre est largement différente. Ça montre à Kurt à quel point Blaine est terrifié d'être à nouveau affamé.
« Blaine. » dit Kurt dans la chambre vide d'un ton doux, tendre et tellement triste.
Kurt referme le tiroir et se remet debout.
Il va réparer ça.
OoOK&BOoO
Plus tard dans la soirée, Kurt frappe doucement à la porte de Blaine.
« Je peux entrer ? »
« Bien sûr. » répond Blaine avec un sourire sincère, posant sa guitare à côté de lui.
« Tu arrives à jouer ? » demande Kurt en s'avançant dans la pièce et en cachant le sac qu'il tient derrière lui, « Les livres de leçons t'aident ? »
« J'avance bien je pense. » rétorque Blaine, les yeux brillants de joie, « Tu n'avais pas à me les acheter d'ailleurs. J'aurais bien réussi à me débrouiller tout seul. »
« Pourquoi te débrouiller tout seul quand quelqu'un est plus qu'heureux de t'aider ? »
« C'est vrai. » acquiesce Blaine, « Tu as besoin de quelque chose ? Je croyais que tu faisais tes devoirs. »
« Je les faisais mais je- je voulais te parler avant que tu ailles te coucher et je ne savais pas combien de temps tu resterais encore debout. »
« Oh ? Il y a un problème ? Tu vas bien ? » demande Blaine, immédiatement inquiet.
« Je vais bien. » assure Kurt, « Je peux- Ça te dérange si je ferme la porte ? »
Kurt demande toujours l'autorisation. C'est l'espace de Blaine désormais. Il demande la permission pour toucher ou ouvrir quelque chose. C'est pour cela qu'il se sent aussi coupable d'être tombé sur le secret de Blaine. Il n'aurait pas dû fouiller dans ses affaires.
Ce n'était qu'une lessive pourtant. Kurt pensait lui faire plaisir.
Maintenant, il en sait trop et il ne peut plus faire marche arrière.
« Hmm... Oui, bien sûr. » répond Blaine en inclinant la tête avec une expression interrogative.
Kurt ferme la porte et s'assure que son sac reste caché avant de s'approcher du lit de Blaine.
« Je peux m'asseoir ? »
« Bien sûr, Kurt, qu'est-ce qu'il y a ? »
Kurt s'installe sur le bord du matelas et place discrètement le sac par terre, hors de la vue de l'autre garçon. Blaine se met en tailleur et se penche vers Kurt, curieux.
« Je- Ok. Je vais juste commencer au commencement. » dit lourdement Kurt.
« ... D'accord ? »
« Juste après votre départ au garage ce matin, j'ai sorti mes vêtements du sèche-linge. Certains de tes habits étaient mélangés aux miens alors je- je les ai pliés et je les ai emmenés ici. Je suis désolé, je n'avais pas l'intention d'entrer ici sans que tu sois là. »
« Kurt, c'est ta maison. Tu peux aller où tu veux. »
« Non, c'est ton espace et je le respecte. Je- Je voulais seulement ranger tes affaires. Je suis désolé. »
Blaine le fixe, clairement perplexe et ne voyant pas du tout où mène cette histoire.
« Tu n'as pas à t'excuser, ce n'est pas grave. »
« Il y avait un pantalon de pyjama et quelques hauts... donc je les ai rangés dans ta commode. »
Tout à coup, la confusion laisse place à l'horreur sur les traits de Blaine lorsqu'il saisit ce que ce geste implique.
« Et je... l'ai trouvée. La nourriture, je veux dire. » avoue doucement Kurt, ne pouvant pas regarder Blaine dans les yeux trop longtemps, sans avoir l'impression d'empiéter sur un aspect très privé de sa vie avec cette conversation, « Avant que tu paniques ou que tu essaies de te justifier, je- je veux que tu saches que je comprends. »
« Je suis désolé. » murmure à peine Blaine.
Kurt pose à nouveau les yeux sur Blaine et découvre son air complètement brisé. Il s'empresse d'agripper sa cuisse dans une tentative de réconfort.
« Non, non. » lâche-t-il rapidement, « Tu n'as pas à t'excuser. »
« Je n'avais pas l'intention de voler. » geint Blaine.
« Tu n'as pas volé. » déclare Kurt, « Toute la nourriture qu'il y a dans cette maison t'appartient aussi. Tu peux prendre tout ce que tu veux sans avoir besoin de t'excuser. D'accord ? »
Blaine ne répond pas mais Kurt voit ses épaules trembler à cause des sanglots silencieux. Une seule larme, une toute petite goutte glisse le long de la joue rouge d'embarras de Blaine.
« J'ai vraiment besoin de savoir que tu as compris. Tu peux avoir toute la nourriture que tu veux, quand tu veux. N'importe quand. »
Blaine hoche finalement la tête mais ses épaules ne cessent pas de trembler.
« Je ne suis pas en colère. » dit gentiment Kurt, « Je comprends. »
« Tu dois- tu dois penser que je suis malade ou- ou bizarre. » se lamente Blaine avec honte, cachant son visage dans ses mains.
« Oh, chéri, non. » le calme Kurt, remontant le long du matelas jusqu'à ce qu'il puisse prendre Blaine dans ses bras, « Non, non, je ne pense pas ça du tout. Viens là. »
Il attire la tête de Blaine contre sa gorge, sous son menton et s'appuie contre les oreillers.
« Tu n'as rien fait de mal. »
« Je- Je ne voulais- Je- »
« Tu ne voulais pas avoir faim. Je sais. Je le comprends, vraiment. Tu es resté longtemps sans savoir si tu pourrais à nouveau manger. Tu as besoin d'être sûr que tu auras quelque chose si la situation se représente. »
« Je suis désolé. »
« Arrête de dire ça. » supplie Kurt en le serrant plus étroitement et en le berçant sans pouvoir s'en empêcher, « Ne t'excuse pas. Je comprends, je t'assure. »
« Tu n'aurais jamais dû voir ça. » pleure Blaine en tirant sur le haut de Kurt.
« Je suis content de l'avoir découvert. J'aimerais que tu me parles un peu plus. » dit doucement Kurt, « Je veux savoir ce qui se passe dans ta tête et j'ai besoin de savoir si tu vas bien. »
« Les c-cours ont repris et tu as tes a-amis et- »
« Ça ne veut pas dire que je ne tiens plus à toi. » révèle Kurt avant d'inspirer longuement pour puiser du courage au fond de lui, « Je- Je ne pense pas que je pourrais un jour ne plus tenir à toi. Tu me manques toute la journée, tu sais ? Tu me manques tout le temps et je déteste ne pas être avec toi et je déteste te savoir ici tout seul. »
« Je vais bien. » chuchote Blaine, tentant d'étouffer ses sanglots contre le torse de Kurt.
« Si tu allais vraiment bien, tu ne cacherais pas de la nourriture dans ta commode. »
« Je suis dés- »
« Non. » le coupe Kurt, « Pas d'excuses. Je sais que c'est difficile pour toi de t'habituer à tout ça. Je sais aussi que tu as du mal à croire que certaines choses sont à ta disposition maintenant, comme la nourriture. C'est pour ça... Attends. »
Kurt s'écarte de Blaine, la sensation de son corps contre le sien le manquant déjà, et attrape le sac qu'il a apporté.
« C'est pour ça que je t'ai acheté ceci. » continue Kurt, « Les choses que tu as là-dedans vont bientôt moisir alors que je t'ai pris des aliments que tu pourras conserver plus longtemps. »
Kurt ouvre le sac et en sort une boîte de crackers, un petit paquet de chocolats divers, deux sachets de chips, une boîte de barres protéinées et un paquet de cookies aux pépites de chocolat. Blaine lâche un halètement étouffé à côté de lui.
« Tu ne devrais jamais avoir besoin de tout ça, » commence Kurt en étalant tous les aliments sur son lit, « parce que, tant que tu es ici, tu auras toujours de quoi te remplir le ventre. Mais j'ai pensé que ce serait peut-être bien que ton tiroir reste plein, pour que tu puisses être plus à l'aise. Alors j'ai acheté tout ça. »
« T-Tu- C'est tout pour moi ? » demande Blaine, l'étonnement et l'admiration se mélangeant sur son visage et dans sa voix.
« Je veux que tu te sentes en sécurité ici. » explique Kurt, « Si garder de la nourriture dans ta commode t'aide alors des aliments qui se conservent longtemps sont mieux. Tu- Tu n'as toujours pas compris, n'est-ce pas ? »
« C'est-à-dire ? »
« Tu fais partie de la famille maintenant. » dit Kurt en rougissant violemment.
Certains sentiments qu'il éprouve pour Blaine sont loin d'être familiaux mais Blaine doit savoir qu'il compte pour eux.
« On prendra toujours soin de toi. Surtout, moi. »
Le silence s'étire entre eux et, pendant un long moment, Blaine peut seulement fixer la nourriture étalée devant lui. Après un court débat intérieur, Blaine récupère les aliments, descend du lit pour rejoindre la commode. Il ouvre le dernier tiroir, jette la nourriture périmée dans sa corbeille et la remplace par celle que Kurt lui a emmenée. Il organise parfaitement les boîtes pour qu'elles restent dissimulées correctement dans son coin secret. Il regarde ensuite longuement le contenu de son tiroir. Une fois qu'il est certain de ne pas rêver et qu'il n'a plus à avoir peur d'avoir à nouveau faim, il le referme et revient dans le lit.
« Je- »
Blaine se tait tout seul.
Le silence de la pièce alimente un peu plus les craintes de Kurt. Les battements de son cœur résonnent contre ses tympans et l'hypnotisent, tout comme les yeux dorés de Blaine rendus encore plus brillants par les larmes.
Blaine finit par se pencher très lentement vers lui et dépose un baiser chaste sur ses lèvres. Il ne dure que quelques secondes mais un sentiment chaud, doux et absolument génial s'enroule autour du cœur de Kurt. Ce baiser lui coupe littéralement le souffle.
Kurt pourrait mourir asphyxier avec joie tellement il est heureux à cet instant.
Blaine s'éloigne.
« Merci. » dit-il.
« D-De rien. » bégaie Kurt, son pouls toujours erratique du bref contact des lèvres de Blaine contre les siennes.
« Je n'arrêterais jamais de te remercier. »
« Un jour, tu arrêteras. » promet Kurt en enveloppant une nouvelle fois Blaine de ses bras et en s'allongeant avec lui au-dessus des couvertures, « Un jour, tout ceci ne sera qu'un souvenir et tu n'auras plus peur du tout. Je te le jure. »
Blaine soupire de contentement, renifle une toute dernière fois et se détend dans l'étreinte de Kurt.
Kurt ne peut peut-être pas changé le monde mais il fera tout ce qu'il pourra pour aider ce garçon. Il ne peut pas régler les problèmes de l'univers mais il peut tendre la main à Blaine. C'est un début. Le meilleur possible.
« Tu me manques aussi. » chuchote Blaine, à deux doigts de s'endormir, « Tu me manques quand tu n'es pas là. Tu me manques tous les jours. »
