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Koon-ut-so'lik

[le lien des fiancés]

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Précédemment...

Spock était à califourchon sur lui. Il... léchait ? ...avec application le sang de la longue entaille à sa poitrine. Il lui maintenait les bras sur le sol d'une poigne de fer. Jim reprit totalement ses esprits. Le combat était-il enfin fini ? Peut être le pire allait-il être évité :

- euh... Spock, je croyais que les vulcains étaient végétarien ?

(attention lemon)

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Jim se tortillait sous l'effet déconcertant que lui procuraient ces lèchements avides qui anesthésiaient sa blessure. C'était si étrangement agréable que s'en était troublant.

- Spock, le combat est-il enfin fini ?

Spock ne répondit que par un long tremblement. Non, visiblement tout n'avait été accompli. Les yeux de Spock étaient encore d'un noir profond tant ses pupilles étaient dilatée, il y avait encore cette rage qui tendait les traits de son visage. Il se leva, et avant que Jim n'ait eut le temps de réagir, il le saisit par les épaules, le força à se retourner, et le coucha sur le ventre, brutalement.

- Spock ? Protesta Jim en essayant en vain de se dégager et de se relever avec ses bras. Qu'est ce que vous faites ?

- Nam-tor du t'nash-veh ! [tu m'appartiens !] Gronda Spock d'une voix rauque et menaçante

Jim ne parlait, ni ne comprenait, le vulcain. Cependant cette possessivité furieuse qu'il perçut dans la voix ne lui dit rien qui vaille. Mais il ne parvint pas à déterminer le contour de la menace qui pesait à nouveau sur lui, allait-il encore l'étrangler ? Spock le maintint impitoyablement plaqué face contre le sol, avec son genoux appuyant fermement dans son dos, entre ses omoplates. Il déchira à deux mains l'arrière de sa tunique, puis du pantalon, puis le boxer. Jim comprit en un frisson ce qu'il allait se passer. Dans un même temps, il entendit un hurlement d'indignation.

- Non, Bones, n'intervenez pas ! Le nez contre le sol, Jim parvint difficilement à tourner la tête et vit son médecin qui gesticulait, totalement révolté, retenu par les deux gardes.

Il hurlait au scandale, qu'il ne fallait pas laisser faire ça, il appelait Spock à la raison. Celui-ci l'entendit. Il lâcha Jim. Prêt à se ruer sur ce potentiel rival entre lui et son trophée, et gronda :

- Nam-tor Jim t'nash-veh !

Jim lui attrapa le poignet pour le retenir, l'empêcher de bondir sur Bones. Il ne voulait pas que son ami soit à son tour aspiré dans cette chaîne de violence. Spock n'était pas lui-même. Avec sa force de vulcain en furie, il était extrêmement dangereux.

-Ça va aller, Bones. Dit-il, pas vraiment sûr que celui-ci l'ait entendu.

Jim avait accepté son sort. Il savait qu'il allait souffrir. De toute façon, il avait déjà mal partout. L'entaille à sa poitrine recommençait à lui faire un mal de chien, et se remplissait de sable. Cela n'allait être qu'un mauvais moment à passer, se rassurait-il. Il n'allait pas en mourir, il pouvait bien faire cela pour lui. Combien de fois Spock avait-il risqué sa vie pour lui, au point de parfois frôler la mort? ... puis, une fois tout cela fini, une fois que Spock serait redevenu lui-même, il pourrait ramener son ami à bord de l'Enterprise, tout deux allaient bien vite oublier tout ça, et tout reprendrait comme avant...

A demi levé, le regard fou de Spock alla de son partenaire d'accouplement à Bones. Il hésita un instant puis se décida. Il se jeta sur Jim, le plaqua à nouveau au sol violemment. Il grimpa derrière lui, au dessus de lui. Au loin, Jim vit Bones, toujours hurlant ses protestations, se débattre énergiquement. Il était entraîné de force par les garde. Le comité du mariage se retira, les laissant tous les deux dans l'arène, seuls.

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- Vous ne POUVEZ PAS laisser faire cela, T'Pau ! Protestait Bones avec véhémence

- Nul ne peut intervenir lors du combat rituel, Leonard McCoy. Répondit froidement l'aïeule.

- Mais ce n'est plus un combat, là ! Ne comprenez-vous pas ? Spock a complètement perdu la tête ! Vous avez bien vu ce qui est sur le point d'arriver! Jim et Spock sont collègues, ce sont des amis. Ce qui va se passer dans l'arène va les détruire, tous les deux. Spock ne pourra jamais supporter d'assumer les conséquences de cet acte, et Jim sera brisé ! Ils ne pourront plus jamais travailler ensemble... Vous êtes en train de laisser se détruire la vie de ces deux hommes !

T'Pau ne répondit pas tout de suite. Elle comprenait les inquiétudes du médecin. Il n'était pas prévu que la cérémonie se déroule ainsi, cependant...

- Cela arrive parfois. Expliqua-t-elle. Que le combat pour l'accouplement se passe ainsi, entre les combattants. Vous allez retourner dans votre vaisseau.

-Mais...

- N'insistez plus. Vous ne pouvez plus rien faire pour eux. Nul ne le peut. La tradition doit être respectée, quoiqu'il arrive, nul ne doit intervenir, le rituel doit être accompli, comme hier et comme demain.

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Les baisers brûlants de Spock, tout en langue humide et en dents mordantes traçaient des arabesques dans le dos de Jim, dont la peau frémissait à ce contact étrange et brûlant. Sa langue descendit le long de la nuque de Jim jusqu'entre ses fesses. Il l'agrippa par les hanches, l'obligeant à se mettre à genoux, et sa langue partit à l'assaut de son intimité.

-Spock ! S'écria Jim. Non!... C'est.. ce n'est pas...propre... je suis couvert de sueur... je... oooh...

Jim ne parvenait plus protester. Il se sentait ramollir sous les assauts humides et chauds, un plaisir étrange s'insinuait en lui. Comment était-ce possible que son corps se soumette aussi docilement ?... Soudain, Spock se redressa, empoigna ses hanche brusquement avec des mains de fer et Jim éprouva une douleur fulgurante dans ses entrailles. Il hurla. Il ne s'était pas attendu à ce que cela lui fasse aussi mal.

Les doigts de la main droite de Spock s'accrochèrent avidement au visage de Jim et il ne ressentit plus rien du tout. Tout son esprit fut envahi par une fulgurante tempête de mots vulcains, qui s'emparèrent de chaque recoin de sa pensée. Lorsque cette vague reflua, elle fut remplacée par une autre marée encore plus puissante, mélange de sentiments de confusion, frustration, de désir, une fièvre de désirs... un besoin irrépressible d'étreintes, d'étreindre Spock et d'être étreint par lui. Le temps d'un souffle, ce feu se répandit dans son sang. Lorsqu'il retrouva la perception de son corps, Jim avait totalement perdu sa raison : il n'était plus que désirs inassouvis. Il cambra les reins, synchronisa ses mouvements avec ceux de Spock, et supplia : oui ! ...encore! ...plus fort! Chaque cellule de son organisme était comme saturée de plaisir. L'orgasme qui le faucha n'eut aucune mesure avec tout ceux que Jim avait pu vivre et ressentir auparavant.

Spock s'était laissé tombé à coté de lui. Tous deux avaient le souffle court. Jim s'affala sur le sable et revenait à la réalité. Pour une surprise... il ne s'était pas attendu à cela, il en vibrait encore. Il fit un effort pour s'allonger sur le dos. Une brûlure à sa nuque lui rappela que Spock l'avait mordu jusqu'au sang au moment ou tout explosait (ou implosait ?) en eux. Les yeux fermés, Jim essayait de reprendre sa respiration et il y parvenait difficilement. Au moins, ça y est, c'était fait. Spock devait être sortit d'affaire, maintenant.

La brusque déchirure du devant de son pantalon lui prouva que non. Jim ouvrit les yeux, Spock avait enlevé le sien, sa veste d'apparat cachait son sexe. Il s'assit sur les cuisses de Jim, et prit son pénis dans la main. Celui-ci, flatté de l'intérêt qu'on lui portait, gonfla aussitôt, au grand damne de Jim, à nouveau trahi par son corps. Spock se pencha sur lui et lui fit une brève fellation. Embarrassé, Jim essaya à nouveau de protester, posant ses mains dans les cheveux de Spock, tenta de le repousser. Mais sa tentative de défense était de plus en plus molle, son corps lui envoyait trop de signaux de plaisir. Spock se positionna au dessus de Jim :

-Spock ! Attends ! Ne fais pas ça ! Pas comme ça ! Ça va te déchirer !

Spock s'empala sur lui d'un coup sec. Sur le moment, Jim crut qu'il allait lui briser son pénis, tant il était étroit. Puis il se mit à bouger ses hanches et l'emprise se resserra à nouveau sur lui, impitoyablement. Jim se sentit partir et abandonna toute lutte, acceptant ce qui était donné. Éperdu de plaisir, il contempla le beau visage du vulcain, tendu, silencieux, la bouche humide à demi-ouverte, les pupilles dilatées, le regard possessif fixé sur lui comme un prédateur sur sa proie. Alors, le corps en feu, Jim en désira plus, il replia les jambes afin de pouvoir prendre appuis avec ses pieds sur le sol. Il haussa les hanches et trouva le point G en lui. Spock émit un cri de plaisir qui fit monter celui de Jim d'un cran. Il le saisit par la taille pour le guider dans ces va et vient. Ce fut violent. Ils ne tinrent pas longtemps. A nouveau, l'orgasme les faucha, dévastateur.

Lentement, Spock reprenait ses esprits. Il se dégagea de l'étreinte et s'assit à genoux sur le sol, près de lui. Lentement, Jim faisait de même et s'assit. Il lui fallut faire un effort de volonté pour retrouver ses esprits. Ses yeux encore un peu hagard se posèrent sur son entre-jambe et il vit qu'il était couvert de sang... vert.

- Spock ! S'exclama-t-il, il faut absolument que tu...

Un violent frisson le souleva et court-circuita son cerveau. Il avait atteint ses limites. Il perdit connaissance et s'affala dans les bras d'un Spock tétanisé. A présent que sa raison lui était rendue, il prenait la mesure de ce qu'il venait de se passer. Qu'avait-il fait à son ami ? Un long hurlement de désespoir jaillit de sa gorge.

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Spock resta prostré, serrant convulsivement Jim, évanoui dans ses bras. Des bruits de pas lui firent lever les yeux, l'obligeant à retrouver un peu de maîtrise de lui-même. A sa tenue traditionnelle, il reconnut une Hakausa-t'sai [guérisseuse]. De la main, la vieille dame guidait une civière à suspension flottante. Elle la fit se poser sur le sol, et Spock souleva Jim pour l'y déposer. Péniblement, il se leva et remit son pantalon. Il retira sa veste et la mit sur l'entre jambe de Jim, afin de préserver sa pudeur. Il suivit la Hakausa-t'sai d'un pas rendu lourd par les souffrance qui traversaient son corps et son âme.

Arrivé dans la salle de soin, il allongea Jim sur le ventre et commença par lui laver le dos à l'aide d'une éponge douce imbibée d'eau désinfectante. Il frémit en voyant la profondeur de la morsure à sa nuque, il s'était conduit comme le pire des animaux! Il ôta avec précaution le sable qui s'y était infiltré, ainsi que dans toutes les écorchures faites pas l'abrasion du sable dans son dos.

- Vérifiez bien que votre telsu n'a pas de blessures interne. Ordonna la Hakausa-t'sai

- Comment dois-je faire ?

- Lisez-le dans son esprit.

Spock hésita. Avait-il seulement le droit de s'immiscer à nouveau dans cet esprit, après tout le mal qu'il lui avait fait? A nouveau porter atteinte à son intimité mentale ? La Hakausa-t'sai insista d'un geste impératif. Spock posa ses doigts délicatement sur le visage de Jim. Il évita soigneusement de rentrer en contact avec son esprit, se concentrant sur les messages physiologiques de son cerveau. La douleur physique était partout. Spock se sentit dévasté de honte et de peine. La seule "bonne" nouvelle était qu'il n'avait déchiré aucun organe interne que ce soit lors du combat, ou de l'accouplement. Les blessures étaient toutes superficielle, et Jim allait guérir rapidement. Guidé par la Hakausa-t'sai, il les soigna une à une avec grand soin. Puis il habilla Jim d'une tunique avec des gestes doux.

- A votre tour, mon enfant.

- Je vais bien. Mentit Spock.

La guérisseuse posa ses doigts sur le visage de Spock avant qu'il n'ait pu la repousser.

- Souffrir davantage n'effacera pas ce qui vient de ce passer. Déshabillez-vous, allongez-vous et laissez-moi accomplir la fin du rituel.

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Le père et le fils se tenaient face à face, aussi stoïques l'un que l'autre. Spock avait réussi à retrouver son calme. S'il était émotionnellement compromis, cela ne se voyait plus.

- Avez-vous conscience des conséquences de ce que vous avez fait à cet humain ? Demanda Sarek avec une parfaite tranquillité qui n'était qu'apparente.

Le reproche était illogique, la fièvre du Pon Farr ôtait toute capacité à se contenir et à faire des chois raisonnés. Mais Spock ne le releva pas.

- Oui, Père. Je les assumerai. J'affronterai la justice de mon Peuple.

- Elle sera plus sévère que celle de la fédération des planètes.

Spock se contenta de détourner le regard, afin que son père ne puisse y lire sa souffrance morale.

- J'ai... agressé mon Capitaine, de la pire des façons... alors qu'il était venu comme témoin à cette cérémonie, en tant qu'ami. C'est un crime grave, je ne demanderai le recours d'aucune clémence.

Il y eut un court silence, nécessaire à Spock pour contraindre le flot de ses émotions à retourner en partie dans l'ombre. Elles étaient trop violentes, et très affaibli par tout ce qui venait de se passer, il n'y parvint que partiellement. Son père respecta son besoin de silence et attendit sans impatience. Spock reprit :

- Je serai près de lui lors de son réveil, comme l'exige la coutume. J'accepterai sa colère et son rejet, et lui présenterai mes excuses pour cet acte inexcusable, car il est humain et c'est ainsi que les humains font. Vous viendrez ensuite et vous lui ferez part de ce recours en justice.

- Y a-t-il une part de probabilité pour que le capitaine aie été consentant lors de l'acte ?

- Aucune. Jim Kirk est totalement hétérosexuel. Il n'a jamais montré la moindre attirance sexuelle vis à vis de quelque mâle que ce soit, ou à mon regard. C'est un homme intelligent, c'est la raison pour laquelle il n'a même pas essayé de me repousser, il sait que ma force est trois fois supérieure à la sienne.

A nouveau, Spock respira profondément.

- J'ai trahi la confiance de mon meilleur ami, Père, je l'ai profondément blessé, j'ai abusé de son corps et de son esprit. Je n'ai plus ma place en ce monde.

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Jim dormit douze heures d'affilées, et Spock resta à ses cotés, à le veiller. Il essaya de méditer, il allait avoir besoin de toutes ses ressources mentales pour affronter les légitimes reproches de son Capitaine lorsqu'il se réveillera.

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À suivre :

Jim porta les mains à ses yeux pour les frotter :

- Ggrrmblllmmfff...

Il avait l'impression que tout son corps avait été passé dans un compresseur...


Avez-vous aimé ? Je me suis efforcée de rester soft malgré la situation...

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