Coucou !
J'espère que tout le monde va bien et que vous avez passé une excellente semaine ! Ce chapitre est encore assez court mais les plus longs ne devraient pas tarder :) J'ai hâte de vous présenter la suite de l'histoire !
Merci à Célia et à ma Meryem d'amour pour les reviews. Vous êtes fantastiques et je t'aime fort fort ma Meryem !
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Chapitre 14
« Qu'est-ce que tu veux dire ? » demande soudainement Carole, ignorant la cafetière et l'odeur délicieuse qui s'en dégage pour s'asseoir à côté de Kurt, « Qu'est-ce qui se passe ? »
Kurt soupire dans sa tasse et pose sa tête sur l'épaule de sa belle-mère, se sentant immédiatement plus calme quand sa main douce trace des cercles réconfortants dans son dos. C'est un contact maternel, réalise-t-il. Carole n'est peut-être pas sa mère biologique mais elle est mère et le geste procure la même sensation apaisante. Ce même geste que Blaine n'a plus et n'aura peut-être plus jamais de la part de sa propre mère.
C'est ce contact qui ouvre le cœur de Kurt et qui le fait répéter la conversation qu'il a eue avec Blaine la veille au lit. Il pleure un peu, sans une seconde avoir honte. Carole écoute attentivement et caresse ses cheveux.
« Je ne sais plus quoi faire. » avoue Kurt, les yeux pleins de larmes, « Tu aurais vu la façon dont il me regardait... comme si j'avais toutes les réponses... mais je ne les ai pas. »
« Mon cœur, personne ne s'attend à ce que tu les aies. »
« Si, Blaine. »
« C'est pour ça qu'on a eu cette discussion avec lui le jour où on a accepté qu'il reste avec nous. » rappelle-t-elle, « Les ados pensent toujours qu'ils sont des vieux sages. C'était mon cas quand j'avais ton âge. Je croyais être invincible quand j'avais dix-sept ans. Tu es peut-être plus réfléchi que la plupart des personnes de ton âge mais tu n'es encore qu'un enfant, Kurt, même si tu l'oublies parfois. Tu n'as pas l'expérience nécessaire pour t'occuper d'une situation pareille mais ce n'est pas ta faute. Ce n'est pas du tout ta faute. »
« Mais je ne peux pas- le laisser tomber ! » s'exclame Kurt de sa voix aiguë, regardant Carole avec désespoir et choc.
La simple idée est absurde et franchement alarmante.
« Je ne te demande pas de le laisser tomber. » rassure Carole, pressant un bref bisou sur le front de Kurt, comme si elle voulait effacer les lignes inquiètes qui s'y trouvent.
Elle repousse quelques mèches en arrière et pose sa douce joue où se trouvait ses lèvres quelques secondes auparavant.
« Je dis seulement que vous devez nous laisser vous aider. »
« Je ne sais pas si Blaine va- »
« Il ne nous fait pas encore confiance. » reconnaît Carole, « Pas comme il te fait confiance. Mais toi, tu as confiance en nous et il faut que tu nous aides à lui faire comprendre qu'on est aussi là pour lui. Ça me fait peur de savoir qu'il pleure autant la nuit mais qu'il n'en parle pas durant la journée. En plus, tu as dit qu'il n'est même pas venu vers toi. »
« Non, j'ai dû aller vers lui. » dit tristement Kurt.
Ça l'effraie aussi. C'est effrayant de savoir que Blaine a toutes ces peurs et ces doutes mais ce qui est pire est qu'il accumule tout en lui. Il ne forcera jamais Blaine à parler des deux années qui ont précédées leur rencontre. Ce n'est pas sa place de le pousser ou d'insister. En même temps, ce n'est pas sain pour Blaine de tout garder à l'intérieur, où son passé ronge ses souvenirs, empiète sur ses cauchemars et, plus important encore, l'empêche d'avoir un futur agréable. Kurt ne peut que penser à Dave Karofsky et à quel point son secret était destructeur. Pour lui-même évidemment mais aussi pour toutes les personnes autour de lui, y compris Kurt. Bien sûr, les problèmes de Dave étaient différents mais il souffrait, il était confus et perdu. Les choses ont vraiment mal tournées pour lui à la fin.
« Alors... qu'est-ce qu'on est supposés faire ? » interroge Kurt.
« Il a peut-être besoin de parler à quelqu'un. » propose Carole, « Quelqu'un qui n'est pas un adolescent. »
« Quoi, comme- comme un thérapeute par exemple ? »
« Une sorte de conseiller, oui. »
« ... Je ne pense pas que Blaine voudra discuter de tout ça avec un inconnu. »
« Il peut toujours venir me parler ou à ton père. » dit Carole, « Mais aucun de nous n'a l'expérience pour conseiller Blaine. Je crois que ce serait mieux s'il pouvait parler à quelqu'un qui pourrait vraiment l'aider plutôt que de seulement l'écouter. »
« Donc tu veux dire qu'il devrait discuter avec quelqu'un comme mademoiselle Pillsbury, la conseillère d'orientation ? » demande prudemment Kurt, « Ne le prends pas mal. Elle a beaucoup fait pour la chorale et elle nous soutient et tout mais quand Rachel et moi avons été la voir pour les dossiers des universités, elle a immédiatement pensé qu'on sortait ensemble. Je ne pense pas qu'elle soit très... objective sur le caractère des gens. »
« Je pensais plutôt à quelqu'un d'un peu plus... qualifié. » déclare Carole.
« Comme qui ? »
« Il y a une femme avec qui je travaille. » explique-t-elle, « Docteur Sarah Coulson. On déjeune souvent ensemble et c'est un des psychologues de l'hôpital. Si tu veux, je peux lui parler et lui demander son avis sur la marche à suivre. »
« Mais c'est- hmm, une thérapie. Ça- ça coûte cher, non ? Il ne faut pas payer à chaque rendez-vous ? Blaine n'a aucune assurance santé et il ne vous laissera pas payer quelque chose comme ça. Tu as bien vu comment il a réagi à propos du loyer. »
« Il n'aura aucune raison de s'inquiéter pour l'argent. » dit Carole, « Il ne s'est pas inquiété la dernière fois que je l'ai emmené chez le médecin. »
« La dernière fois ? » demande Kurt avec suspicion, « Comment ça, la dernière fois ? Il n'est pas allé chez le docteur depuis- oh mon Dieu, on devrait lui faire faire un bilan de santé. Il a été à la rue des années. Dieu seul sait ce qu'il- merde, pourquoi je n'ai pas pensé à ça avant ! »
« Il ne t'a rien dit ? » s'enquiert Carole, baissant la tête pour le regarder, anxieuse.
« Me dire quoi ? Il n'a jamais parlé d'une visite chez le docteur. »
« Je l'ai récupéré un jour, peu après ses débuts au garage, et je l'ai emmené faire un bilan de santé complet. »
« Il- Tu l'as emmené ? » demande Kurt, ses yeux bleus s'agrandissant sous la surprise, « Qu'est-ce- enfin, il va bien ? Il n'y a rien de mauvais dans ses résultats, hein ? »
« Il va bien, chéri, je te le promets. Il sortait à peine d'une bronchite très agressive quand tu l'as ramené ici et il était dans un cas de malnutrition sévère. Il prend des compléments alimentaires et il me donne son poids toutes les semaines. »
« Et il n'a pas- euh, il n'a aucune... maladie grave ou infection ? » ose Kurt après une hésitation.
« Je suppose que tu veux savoir pour le VIH ? »
Kurt se déteste de tout de suite penser à une chose si morbide. Il baisse la tête, embarrassé. Il ne soulève évidemment pas le sujet parce que Blaine est gay mais il n'a aucune idée de ce que le garçon a fait dans la rue ou des personne qu'il a côtoyées.
« Une fois, il- il m'a dit que je ne pourrais jamais imaginer toutes les choses qu'il a faites. Et s'il- s'il était un ancien drogué ou- J'ai vu ces vidéos et je ne peux supporter l'idée qu'il souffre comme ça pour- »
« Ses résultats étaient tous négatifs. » dit calmement Carole en enroulant son bras autour des épaules de Kurt, « Pas de VIH ou d'autres maladies incurables. Il a juste besoin de quelques repas copieux et de rester au chaud. Il va bien. »
« S'il va si bien que ça, pourquoi il ne m'a pas parlé de tout ça ? »
« Sûrement parce qu'il savait que tu t'inquiéterais. » rétorque Carole avec un petit sourire, « Comme c'est le cas maintenant. Il n'y a aucune raison de se faire du souci. »
« Est-ce qu'il a pris du poids ? » demande Kurt, « C'est difficile à dire quand on le voit tous les jours. »
« Il est sur la bonne voie. » informe Carole, « Tu ne devrais pas lui dire que tu es au courant de tout ça je pense. Il s'inquiète déjà que tu te fais du souci pour lui. Il ne veut pas être un plus gros fardeau. »
« Blaine n'est pas un fardeau. »
« Bien sûr que non mais il pense toujours en être un. C'est mieux de le laisser gérer sa prise de poids tout seul. »
« Mais il gère déjà bien trop de choses tout seul. »
« C'est pour ça que je discuterais avec Sarah demain, d'accord ? »
Kurt inspire profondément et souffle longuement par le nez. Blaine ne serait pas content s'il savait qu'ils parlent de lui derrière son dos mais il a besoin d'aide, que ça lui plaise ou non.
Kurt fera tout son possible pour aider Blaine. Absolument tout.
« D'accord. » cède-t-il finalement.
OoOK&BOoO
« On devrait aller au cinéma. » lâche Blaine sans préambule, plus tard dans l'après-midi.
Kurt est allongé sur le ventre sur le lit de Blaine et feuillette son dernier numéro de Vogue. Il tourne la tête vers l'autre garçon. Ils passent plus de temps dans la chambre de Blaine que dans la sienne. Il ne pense pas du tout que Blaine n'aime pas sa chambre mais plutôt qu'il apprécie tout particulièrement partager avec Kurt l'espace qui lui est réservé chez eux. Il partage aussi la nourriture ou les livres qu'il achète avec son propre argent. Il est certainement fier de pouvoir avoir toutes ces choses et de pouvoir en faire profiter tout le monde.
« Voir quel film ? » demande Kurt.
« Peu importe. » dit Blaine en reposant sa guitare, dont il grattait distraitement les cordes depuis une bonne heure, et en s'allongeant à côté de Kurt, « Je ne suis pas allé au cinéma depuis très longtemps. »
« J'ai surtout l'impression que tu veux te remplir le ventre de pop-corn bien gras. » taquine Kurt.
« Et de bonbons. » ajoute Blaine en hochant vivement la tête, « Le pop-corn et les bonbons des cinémas sont largement meilleurs que ceux des magasins, d'après ce dont je me rappelle. »
« Tu veux y aller quand ? »
« Ce soir. » dit brièvement Blaine, « On devrait y aller ce soir et c'est moi qui paie tout. »
« Tu n'es pas obligé de- »
« S'il te plaît. » interrompt Blaine d'une voix douce avant de fermer les yeux, « S'il te plaît, laisse-moi payer. »
Ses traits se durcissent, comme s'il se préparait mentalement pour une dispute. Kurt est prêt à en commencer une parce que Blaine n'a pas à dépenser son argent pour lui. Il devrait économiser pour pouvoir s'acheter les choses qu'il veut. Il ne faut que quelques brèves secondes à Kurt pour comprendre que, cette fois, Blaine fait plus que partager ses affaires. C'est pour lui un autre moyen de se faire plaisir.
Blaine n'a pas envie de s'acheter plus de manuels de guitare; il en possède déjà trois. Il n'a pas non plus envie de s'acheter plus de vêtements ou de livres; sa commode et sa bibliothèque sont remplies.
Il veut dépenser son argent pour Kurt. Il veut utiliser son argent pour rendre d'autres personnes heureuses.
Ou peut-être qu'il veut juste en profiter pour rembourser Kurt.
Quoi qu'il en soit, Kurt ne peut pas se résoudre à refuser à Blaine cette simple requête.
« Tu peux payer les places de ciné, le pop-corn et les bonbons. » annonce Kurt, « Mais il nous faut un vrai repas avant et je paierais. »
Blaine relève finalement ses yeux brillants emplis de gratitude et d'excitation vers ceux de Kurt.
« Un dîner et un film. » dit Blaine avec un sourire éblouissant et communicatif, « C'est parfait pour un premier rendez-vous. »
Un faible rougissement colore les joues de Kurt aux mots de Blaine.
Puis la panique grimpe.
Oh Seigneur. C'est vraiment un rendez-vous ou juste une tournure de phrase ?
Si c'est un rendez-vous...
Bordel, qu'est-ce qu'il va porter ?
