The Generation of Miracles : Us !

Résumé : Pendant un match, Kuroko est à terre. Personne ne le remarque. Première blessure physique et morale, ses anciens coéquipiers lui manquent... Kagami joue trop solo, Seirin n'a plus besoin de l'ombre. La Génération des Miracles a pour projet de se reformer, la rejoindra-t-il ? Et quel secret cache-t-il ?

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, tout comme le monde dans lequel ils évoluent, tout revient à Tadatoshi Fujimaki ! (sauf l'intrigue de cette fanfiction ...) JE suis l'auteure de cette histoire, pas de plagiat !

Note de l'auteure : les deux ou trois prochains chapitres seront un peu « obscurs » vu qu'il y aura parfois une alternance entre le passé et le présent. Mais n'ayez point peur, braves lecteurs ! Tout finira par s'éclaircir, je vais donner des infos au compte-goutte, c'est pour ça que sur le coup vous ne comprendrez peut être pas tout ! En tout cas, si vous avez des questions, n'hésitez pas à me les poser dans les reviews !

Ah et c'est vrai que Shirogane dans le manga d'origine est l'entraîneur de Rakuzan, mais évidemment, il ne s'agit pas de ce Shirogane ici mais du joueur des Dieux Traîtres ;) Merci à celles qui me l'ont fait remarqué ;)

Bonne lecture !


Akashi se tourna avec lenteur et vit alors Kasshoku. Une vague de haine coula dans ses veines et son beau visage se tordit. Kasshoku le vit très bien et il murmura :

- Sei-ju-ro, dis adieu à mon remplaçant.

Et la peur saisit Akashi quand il vit le corps de Kuroko plaqué à celui d'un autre.

Et la terreur lacéra Seijuro quand il vit les yeux noirs de Tetsuya.


Kise se leva, suivi par Aomine.

- Ils sont là, bégaya Kise. Ils sont là …

Murasakibara attrapa le copieur et le rassit à ses côtés. Si Kise avait raison, il ne devait pas bouger. Le géant échangea un regard avec Midorima qui hocha la tête.
Ils ne ressentaient pas de malaise, ni Orenjite ni Barane n'étaient là. Kise se mit à trembler et Aomine ne put s'empêcher de déposer un baiser sur son front.

Lui aussi le sentait. Tous les joueurs de la Génération des Miracles étaient reliés par une sorte de lien très fort et il savait que Kise avait raison. Son instinct le lui hurlait.
Mais ce qui lui faisait le plus peur était l'absence de Kuroko dans leur toile.

Il avait été sa lumière et le sentait constamment dans son esprit mais là, plus rien, le vide total. Ne se laissant pas submerger par la peur, il se força au calme avant de se diriger à contrecœur vers Kagami qui ne comprenait plus rien.

- Bakagami, ça me tue de le dire, mais suis-moi, je vais avoir besoin d'aide.

Le ton rempli de peur sous-jacente qu'avait employé Aomine désempara Kagami mais il s'exécuta, curieux.

Ils se dirigèrent vers le couloir où avaient disparu Akashi et son ombre.

Ils entendirent des éclats de voix et accélérèrent.

- Tetsuya, réponds-moi !

Le hurlement d'Akashi fit définitivement perdre à Aomine le peu de calme qu'il avait. Il se jeta en avant et vit alors Akashi, à genoux, le corps inerte de Kuroko dans les bras.

- Non ! cria Aomine, priant pour qu'il ne soit pas trop tard.

Mais si. Les yeux de Kuroko étaient complètement noirs.

Akashi se redressa et murmura :

- Taiga, viens ici ...

Le joueur de Seirin parut indigné, l'autre lui parlait comme s'il était un chien ! Quoique ... La voix du capitaine n'était pas autoritaire et semblait presque le supplier de faire ce qu'il disait ... Pourquoi ? Alors que Kagami s'interrogeait, Aomine balbutia :

- Kagami, si tu aimes un tant soit peu Tetsu, fais ce qu'il te dit !

Immédiatement, Kagami finit par s'agenouiller à leurs côtés. Et sans même qu'on lui dise quoi faire, il plongea dans la concentration la plus totale, arrivant sans mal dans la Zone. Il vit alors Aomine et Akashi qui brillaient littéralement.

Et Kagami comprit.

Il comprit que Kuroko s'était noyé dans les Ténèbres et que seules ses trois Lumières pouvaient le ramener.


Plusieurs années auparavant…(nda : alternance entre le passé et le présent à chaque trait)

Son crime ? Être venu au monde et avoir déplu à ses parents. Absurde.

L'année suivante tout empira.

- La Chose, viens là !

Kuroko s'approcha craintivement du salon d'où provenait l'appel. Il passa sa langue sur ses lèvres et essuya ses mains sur son jean sombre. Il avait terriblement peur. Depuis quelques jours, ses parents avaient redoublé de haine envers lui et il ne savait pas pourquoi. Bien que la haine de départ ne soit pas justifiée …

Il fit glisser la porte coulissante et s'inclina :

- Mère, Père …

Un coup sur sa nuque faillit le faire tomber mais il comprit le message et avança.

- Redresse-toi, on dirait un chien, le somma la voix de son père.

Sans se rebiffer, il obéit et vit un inconnu agenouillé près de la table. Il ne laissa rien paraître de sa surprise et attendit.

Sa mère passa une main manucurée dans sa chevelure blonde et ses yeux bleus le firent frissonner. Son père appuya sa main de brute sur son épaule, le forçant à s'asseoir face à l'étranger.

Ses parents encadrèrent ce dernier et une vague de peur enfonça un peu plus Kuroko. Qui était cet inconnu ? Il osa lui jeter un coup d'œil mais ces yeux verts et ces cheveux bruns ne lui disaient rien. Puis, il remarqua que la forme du visage de son père et celle de l'étranger se ressemblaient beaucoup trop pour que ce soit une coïncidence.

« Oh … Oh Kami-sama… Qu'est-ce que … ? »

Sa mère ne paraissait pas ravie mais son père rayonnait de joie malsaine. Kuroko mourrait d'envie de partir, de prendre ses jambes à son cou mais il ne le pouvait pas. Et alors, son père prononça les mots qui clouèrent le couvercle de son cercueil :

- Voici mon fils aîné.

Kuroko n'eut pas besoin de voir sa mère pour savoir que ce fils n'était pas d'elle mais issu d'une première union ou d'une liaison. Et son père poursuivait …

- … il est par conséquent le nouvel héritier des Kuroko.

Tetsuya sentit l'angoisse lui tordre les entrailles et il regretta de ne pas avoir ses cachets sur lui. Ses calmants -fournis par un médecin compatissant- l'auraient aidé à gérer sa peur.

- … Nous n'avons donc plus besoin de toi.

Kuroko releva brutalement la tête et croisa le regard de son père. Un regard fou.

Alors il fit ce que son instinct lui ordonnait de faire et il bondit sur ses jambes, traversa le couloir et courut sans s'arrêter.

Son souffle se faisait de plus en plus rapide et quand il crut entendre des voix derrière lui, il redoubla de vitesse, poussant sans mal sur ses jambes.
La peur était une excellente motivation pour courir aussi vite que possible.

Il traversa la ville en quelques minutes et atterrit près de son collège. Il y entra sans mal, invisible pour les autres et se réfugia près du local de basket.

Il craqua alors et pleura toutes les larmes de son corps. Il était foutu et il le savait. Il allait se faire tuer dès qu'il mettrait un pied chez lui. Il cacha son visage dans ses mains et sanglota de longues minutes. La tristesse et le désespoir l'engloutissaient, tout devenait sombre autour de lui. Des spasmes incontrôlables ébranlèrent son corps.

Qu'allait-il faire ? Il n'avait pas d'amis -puisque personne ne le voyait-, pas de famille vers laquelle se tourner…

Oh et merde, ce n'était pas le problème ! Son père était fou, sa mère l'encourageait dans sa démence et il avait un frère -demi-frère- qui débarquait et qui signait par la même occasion son arrêt de mort ! Il pouvait toujours fuir, son père était immensément riche et puissant, il le retrouverait.
Il le faisait toujours.

Kuroko voulait hurler sa douleur, l'évacuer, la diminuer ne serait-ce qu'un peu mais … Mais non. Personne ne le voyait, personne ne l'entendrait.

Un cri étouffé par ses mains franchit ses lèvres et ce fut le premier d'une longue série déchirante. Son corps fin et petit -trop fin et trop petit mais il ne mangeait pas à sa faim- était secoué par les tremblements.

Les larmes brouillaient son regard qui paraissait flou, ses joues étaient marbrées par les sillons salés qui glissaient dans son cou.
Son cœur, lui, était broyé par la souffrance de savoir que personne ne l'aimait, que sa situation était désespérée. Sa gorge était nouée et il lui semblait que respirer devenait de plus en plus dur.

Il aurait tout donné - absolument tout, même sa vie - pour avoir quelqu'un sur qui compter, quelqu'un qui l'aimerait pour ce qu'il était.

Quand il voyait des groupes d'amis pendant les pauses, il avait toujours un petit pincement au cœur. Lui était tout seul. Lui aussi aimerait avoir des amis pour l'appuyer, pour l'apprécier. Il imaginait leur amitié comme un petit soleil apaisant. Il espérait -toujours en vain- qu'un jour quelqu'un pourrait voir à travers son impassibilité et pourrait lui venir en aide.

Et ça n'arriverait pas, il le savait…

Il se laissa aller à la douleur, s'y noyant, et alors que l'espoir avait définitivement quitté son esprit, une main apparut dans son champ de vision.

Kuroko sursauta et ses jambes ne lui obéirent pas quand il voulut fuir.

- N'aie pas peur, fit une voix apaisante. Je ne veux pas te faire de mal.

Il leva le visage et se noya dans un regard argenté limpide. Il écarquilla ses yeux aveuglés par les larmes.

L'autre le voyait. Ses yeux si clairs le voyaient.

Et fragile comme il l'était, il s'abandonna à cet inconnu qui pouvait le voir.

- Aide-moi, s'il te plaît… pleura-t-il en se jetant contre lui.

Déconcerté l'espace d'une seconde, le jeune homme aux yeux d'argent hésita avant de refermer ses bras sur lui.

- Chut, Kuro, chut …

La petite ombre qui à cette époque n'en était pas encore une, hoqueta. Son souffle était haletant et Kuroko peinait à réfréner ses larmes. L'inconnu lui laissa le temps de se calmer, traçant patiemment des cercles dans son dos avec la paume de sa main. Le contact était doux, réconfortant. La chaleur qui irradiait de sa main enveloppa le cœur de Kuroko d'un baume apaisant.

- Tu … connais mon nom ?

- Depuis le premier jour.

Kuroko n'en fut que plus surpris. Timidement, il répéta, toujours dans les bras de son sauveur :

- Tu me vois… depuis le premier jour ?

- Bien sûr, répondit l'autre dans un souffle. Au fait, je ne me suis pas présenté. Je m'appelle Shirogane Higeki. Appelle moi Shiro…

« Higeki ? » Tragédie ? N'importe qui aurait été interpellé par ce prénom étrange mais pas Kuroko qui était perdu dans son monde douloureux.

Kuroko hocha simplement la tête. Quelques minutes passèrent avant que Shiro ne demande, très doux :

- Maintenant, explique-moi ce qu'il se passe…

Et Kuroko lui raconta. Et tout commença ainsi…


Présent

Le visage de Kagami était figé par la peur. Il appela désespérément sa petit ombre et deux appels lui firent écho.

- Kuroko !

- Tetsu !

- Tetsuya !

Et il ne répondait pas.

Ses yeux étaient grands ouverts mais aveugles.

Il flottait entre la conscience et l'inconscience mais gardait ce regard fixe et sombre.


Passé

- Shiro ! lança l'ombre.

- Kuro ! répondit Shiro, sur le même ton, se foutant ouvertement de sa poire.

Kuroko le frappa gentiment à l'épaule et son ami fit mine d'en être indigné. Le premier sourit et se cala contre l'épaule de son « sauveur ». Il posa sa tête près de son cou et murmura :

- Encore merci, Shiro.

Le ton était redevenu sérieux, il n'y avait plus rien d'amusé dans sa voix.

- Mais tu m'as hébergé pendant quatre jours. Il va bien falloir que j'y retourne.

Shiro remua, mal à l'aise avec l'idée.

- Tu es sûr ?

- Je n'ai pas le choix.

Un autre adolescent que Shirogane aurait objecté que « si, on a toujours le choix » mais pas lui. Il observa le ciel de ses yeux d'argent et répondit simplement :

- Je sais. Mais si tu n'es pas en cours demain, j'appelle la police. Et tu as mon numéro, au moindre souci, appelle-moi. Je te vois demain, Kuro.

Il lui embrassa le haut de la tête, de façon un peu maladroite et Kuroko se sentit rougir avant de baisser la tête.

Et Shiro, un peu brutalement, partit, mains dans les poches, ses mèches sombres voletant derrière lui.

Kuroko regarda sa silhouette disparaître et sentit une vague douce apaiser son cœur. Puis il tendit la tête derrière lui et le cocon se brisa. Il lui sembla un instant qu'une main froide l'étranglait et il serra les poings.

Il était temps de faire face.
Dans le pire des cas, il savait qu'il pouvait leur échapper en utilisant son manque de présence mais ils n'en seraient que plus furieux.

Et ce qu'il ne savait pas c'est que son frère pouvait le voir.
Et surtout qu'il n'allait pas se gêner pour se servir de cette capacité.


Présent

Aomine recula, dos contre le mur froid. Ses yeux avaient pris une teinte électrique et étaient fixés sur son Tetsu. Qui ne bougeait pas.

Kagami était tout immobile que son ancienne ombre. Il ne comprenait pas.
Comment une seule personne avait pu noyer Kuroko dans sa propre Zone ?

Akashi raffermit sa prise sur son amant et nicha son visage dans les cheveux clairs. Son cœur lui faisait mal, si mal. Les dieux traîtres s'étaient enfuis depuis longtemps et il ne pouvait assouvir sa soif de vengeance…

« Tu n'as pas su le protéger » lui hurlait une voix tortueuse.

La culpabilité -il ne pensait pas qu'éprouver à nouveau ce sentiment serait si douloureux- l'envahissait de toutes parts et la peur de perdre Tetsuya était plus forte que jamais.

La dernière fois, il avait fallu des jours pour que Kuroko les reconnaisse, des semaines pour qu'ils puissent l'approcher et des mois pour qu'il redevienne comme avant.
Et il avait fini par quitter la Génération tant les Dieux Traîtres avaient eu une grande influence sur eux, les rendant antipathiques et obnubilés par la victoire.

« Pas encore une fois. Pas un nouveau drame… » se répéta Aomine comme un mantra.


Passé

Tetsuya avança doucement et ouvrit la porte. Il pénétra dans sa maison et jeta un œil sur le salon à sa gauche. Ses parents y étaient et discutaient à voix basse.

Il tendit l'oreille et saisit quelques mots :

« Enquête … Le retrouver »

Il soupira intérieurement mais la suite, lancée par son père, le glaça :

« Correction … Ne pensera même plus à s'échapper … »

Sa mère fronça les sourcils et murmura quelque chose. Immédiatement; son père rougit de fureur et siffla :

« Ne me contredis pas ! … Bien une femme, trop faible pour appliquer les mesures nécessaires ! »

Un instant, un frêle instant, Kuroko sentit une vague de réconfort le parcourir : sa mère s'opposait un tant soit peu à son père lorsqu'il s'agissait de punitions physiques. Puis, la voix suraiguë de la femme aux cheveux blonds se fit entendre :

« Ne dis pas n'importe quoi ! Il faut faire attention ! Si quelqu'un constatait des blessures sur lui, ça serait terrible pour la réputation de notre famille ! »

Kuroko se mordit la lèvre et l'espoir s'éloigna de son esprit. Il reprit sa marche silencieuse vers sa chambre quand une haute silhouette aux yeux verts s'éleva devant lui.


Présent

- Et maintenant ? demanda Kagami, l'inquiétude transperçant sa voix. Que va-t-il se passer ?

- Rien, répondit Aomine sur un ton monocorde.

- Rien ?! s'étrangla l'as de Seirin.

- Absolument rien, confirma Akashi en se mettant sur ses pieds.

Ce qui leur avait paru une éternité n'avait duré que quelques minutes mais bientôt, quelqu'un allait arriver dans le couloir, il était temps de partir. Le capitaine de la Génération était à genoux, tête basse près de Kuroko. Ses yeux rouges étaient voilés et la pâleur de sa peau n'augurait rien de bon.

Aomine se releva et tendit la main à Kagami pour qu'il fasse de même. La peur de perdre Kuroko le rendait beaucoup plus gentil avec le tigre. Celui-ci attrapa la main tendue du basané et se tint sur ses jambes vacillantes.

- Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Kagami d'une voix chevrotante.

Aomine détacha ses yeux de Kuroko pour les tourner vers lui et répondit :

- La Génération a des ennemis, Kagami. Ils étaient ici…

Kagami regarda alternativement les trois joueurs de la Génération des Miracles.

- Mais qu'est-ce qu'ils vous ont fait pour vous terrifier à ce point ?! Blondie dans les gradins est en train de trembler comme une feuille ! Et Kuroko est inconscient !

Sa voix prit des accents hystériques à la fin mais dans cette situation n'importe qui péterait les plombs. Dans son emportement, il ne pensa même pas à demander les prénoms et noms des ennemis en question. Grossière erreur…

Puis Kuroko se redressa.


Et voilà pour ce chapitre (avec un jour de retard... Hum hum...) ! :)

Alors vous a-t-il plu, ému ?

Que pensez-vous du passé de Kuroko, plus particulièrement l'apparition de son demi-frère qui a engendré un tel déploiement de souffrance chez lui ? Et l'apparition de Shirogane ?

Enfin bref, j'espère que l'alternance passé-présent ne vous a pas trop dérangés, c'est le seul chapitre (je crois ...) où c'est sous cette forme, sinon ça sera mieux incorporé au récit ! :)

Une tite review alors ? ;)

A suivre : Noyé dans la Zone, seul une Lumière peut le ramener temporairement. Mais laquelle ?