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Minshara t'kastik

[la planète végétale]

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Précédemment...

Jim ouvrit les yeux, intensément apaisé par cet exercice de médiation... Face à lui, Spock était profondément concentré. ...il lui murmura :

-Lesek [merci], Spock. Rom yuk [Bonne nuit]

Il n'osa pas déposer un baiser sur sa frange, peut-être une prochaine fois...

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L'Enterprise accosta Altaïr VI à la date prévue et Jim dû se plier au ballet mortellement ennuyant des diplomates pompeux, des réunions stériles et sans fin, des cocktails mondains, des soupers interminables...

Chaque matin, Spock lui transmettait des fiches détaillées sur différentes sommités et leur importances géo-politique. L'officier en second ne quittait son Capitaine pas de la journée. Tous ces notables étaient trop nombreux pour que Jim puisse se souvenir de tout malgré son excellente mémoire (pour un humain). Spock lui rappelait donc tous ces détails de sa voix pondéré.

Le Capitaine Kirk faisait le job de représentation pour lequel on l'avait missionné sur cette planète : il souriait affablement, s'adaptait à chaque personne avec un naturel désarmant, discutait armé de son humour discret, et charmait d'un sourire...

Imperturbable et parfaitement professionnel, Spock faisait les présentations, acquiesçait, (se retenait de hausser un sourcil face à certains comportements qui lui semblait sur-réalistement fascinants) apportait des précisions aux propos de son Capitaine.

Ils formaient un duo aussi professionnel, qu'étonnant. Un contraste détonnant, même, par leurs façons de se comporter si différentes. Ils étaient la parfaite illustration de ce que Starfleet voulait donner comme image : une efficace coopération inter-ethnique... tant et si bien qu'ils furent tous deux invités à toutes collations dînatoires...

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- Bordel. Ronchonna Jim en se débarrassant de sa veste qu'il jeta sur son bureau. Enfin de retour dans nos pénates ! Et ça va recommencer encore demain...

Jim soupira de dépits et posant son regard sur les dossiers entassé sur son bureau.

- ...Ces mondanités sont harassantes ! Et ces soupers interminables... je vais éclater de tant manger !

- En effet, vous avez pris 1,238 kg depuis notre arrivée sur Altaïr VI...

- Merci, Spock ! Vous avez vraiment le compas dans l'œil. J'adore votre façon de me remonter le moral ! Railla Jim

- Than du tvai ra ? [Que voulez-vous dire ?]

Jim soupira encore, plus amusé qu'autre chose par la parfois si désarmante franchise de Spock :

- Laissez tomber, ce n'est pas grave.

- Cela n'a pas altéré votre... silhouette... Tenta Spock, un peu incertain de ce qu'il devait dire.

Il ne comprenait pas la réaction de son époux. Il n'avait fait, après tout, que lui transmettre une information. Cette fois-ci, Jim rit bien franchement.

- Me voilà donc sauvé. Et vous, avez-vous pris du poids ?

- Non, Capitaine, j'ai réduit l'apport calorique des autres repas, et augmenté la proportion de mes dépenses énergétique en pratiquant plus d'activité physique dans la salle de sport avant notre réunion préparatoire du matin.

-Ah. Bonne idée. Je vais faire comme vous à partir de demain. En tout cas, vivement que cela finisse, je ne suis pas contre les relations sociales mais là c'est trop !

- Vous vous en sortez très bien Capitaine, vous êtes très efficace dans le domaine des relations publiques.

Ça, pour le coup, c'était un vrai compliment de la part de Spock, dont les exigences en matière d'efficacité étaient plutôt élevées. D'autant plus qu'il ne pratiquait aucune forme la flatterie. Jim lui répondit par son plus beau sourire.

- Lesek ! [merci]! Sachez que de vous avoir à mes cotés m'est d'une aide précieuse ! Vous avez vraiment une mémoire encyclopédique !

Le temps d'une nano-seconde, Jim vit des étoiles éclairer le regard neutre de Spock.

- J'ai noté aussi, aux réactions induites par votre comportement social, Reprit Spock de son ton tout à fait professionnel, Que ma présence à vos cotés augmente vos capacité de séduction et de persuasion de 35,2544%

Jim dévisagea Spock avec des yeux ronds. Le vulcain était tout ce qu'il y avait de plus sérieux. Jim éclata de rire.

- Bon, je vais prendre ma douche, histoire de rajouter quelques points de plus à ce potentiel irrésistible !...

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Cela faisait déjà une semaine que James Tiberius Kirk et Spohkh S'Chn'T'gai avaient été mariés lors du Ku'nat'kali'fee [défi des prétendants]. Jim avait lu sur l'acte de mariage, et retenu, le réel prénom de Spock, ainsi que son nom de famille, enfin une partie, l'autre étant exclusivement composée de consonnes du genre Xtmprsz-quelque-chose parfaitement imprononçable pour une bouche humaine.

Jim avait totalement cicatrisé de toutes ses blessures. La médecine vulcaine était vraiment très efficace! Il avait toujours eu horreur de toute forme de routine, ce qui avait motivé son enrôlement à StarFleet, à la recherche d'aventures palpitantes. Et pourtant, celle qui s'était installée entre eux dans le secret de leurs quartiers lui convenait parfaitement.

Chaque soirée commençait par un rapide débriefing de la journée, entre un Capitaine et un Commandant en second très professionnels, parfois en désaccords, et la programmation des activités du lendemain. Cela fait, chacun se douchait de son coté.

Spock venait ensuite retrouver Jim dans sa chambre et lui prodiguait ses soins. Et chaque soir, Jim s'abandonnait à ses mains avec d'autant plus de délectation que son amant semblait l'apprécier aussi. (Une sorte d'échange de bons procédés entre amis, en somme) Et puis, comment refuser ? Spock le faisait avec un tel sérieux et un naturel si désarmant. Une rapide toilette, et c'était Jim qui retrouvait Spock dans ses quartiers pour une séance de médiation, qui lui apportait une autre forme de bien être...

Personne n'avait rien remarqué. Le fait que le Premier Officier reste si proche de son Capitaine lors des mondanités coulait de source, car chacun connaissait de rôle pondérateur de Spock. Ils formaient un duo efficace et charmant. Puis, quand ils repartirent, enfin, d'Altaïr VI, rien ne parut avoir changé. Ils étaient plus efficients que jamais, et en public aucun d'eux n'avait modifié son comportement. Pourtant, Spock regardait Jim 1,3856 fois plus souvent, et Jim contemplait Spock 1,1986 fois plus souvent. Mais, bien sûr, seul Spock, qui avait fait ces calculs, était à même de s'en rendre compte.

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- Nous approchons de la planète T35468V annonça Sulu. A cette vitesse, nous y seront dans 0-point-26-heures

- Merci Lieutenant. Quels sont vos relevés, monsieur Spock ?

Spock se tourna vers lui, très droit, les mains dans le dos, il commença son exposé :

- Planète de rang M, orbitant autour d'une naine jaune de masse solaire de 0-point-9557 en 1-point-179 journée standard. di-azote : 81-point-0058% ; dioxygène : 20-point-0035%; di-oxyde de carbone : 0-point-0359% ; vapeur d'eau : 4-point-3216% ; température au sol : entre 0-point-0028 et 45-point-9477 degrés Celsius suivant les...

- ...donc habitable.

- Affirmatif, Capitaine.

- Des êtres vivants ? Une civilisation ?

Spock se pencha sur son analyseur. Il prit le temps de recouper les données. Jim Kirk attendit sans impatience qu'il lui communique le résultat. Il savait que Spock allait lui fournir toutes les informations nécessaires. Le Commandant en second se redressa et reprit sa position face à son Capitaine :

- Pas de vie intelligente selon nos normes, Capitaine. 80-point-3687% de cette planète est recouverte d'eau. 18-point-6974% sont des forêts dont la densité varie de...

-...des animaux ?

Spock fronça un demi un sourcil, auquel Jim répondit par son sourire désarmant.

- La faune marine est composée de crustacés, de poissons et de cétacés dont la taille maximum semble être de 564-point-5761 mètres. Les forêts sont peuplées d'insectes, mais je ne peux vous les décrire précisément...

-Parfait ! Cela va être une promenade de santé ! Et ça va faire le plus grand bien à Bones !

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Ils se firent téléporter dans une clairière, en deux fois. D'abord Le capitaine, le commandant, le médecin en chef et deux yeoman : Jules et Jim Floyd, frères jumeaux que seul Spock savait distinguer l'un de l'autre. Puis, une botaniste Andorienne Thitta Sh'Ziva, deux autres humains : le zoologue Ashanti Marco et le troisième yéoman Pierre Robin, accompagné par le matériel.

Le ciel matinal était d'une teinte jaune, et l'air était déjà chaud, mais agréable à respirer. La clairière était parsemée d'arbres et de buissons bas, elle devait faire deux ou trois kilomètre de diamètre, et était entourée par des forêts épaisses à perte de vue. La première étape fut d'installer le matériel dans des tentes, les pluies étant fréquentes sur cette planète au climat semblable à celui des forêts équatorienne de l'ancienne Terre. Chacun s'y attela dans broncher.

Thitta se tenait à bonne distance de Spock. Elle avait rejoint l'Enterprise à leur départ d'Altaïr. Les conflits fréquent entre leur deux peuples lui faisait craindre de subir de la ségrégation de la part du Vulcain.

- Nous pourrions commencer à explorer les alentours pendant que vous finissez d'installer le matériel dans les tentes. Proposa Spock.

- C'est une excellente idée, monsieur Spock. Répondit Jim. Les frères Floyd, vous irez avec lui.

Les yeoman acquiescèrent

-Venez-vous avec nous, Miss Sh'Ziva? Il se peut que nous trouvions des éléments susceptibles d'éveiller votre intérêt scientifique.

Le Commandant s'adressa à elle avec le même respect impassible que les autres membres de l'équipe. Sh'Ziva se détendit.

-Je vous suis, monsieur. Répondit-elle d'une façon un peu trop formelle.

Spock ne s'en offusqua pas et alla chercher son tricorder.

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- On n'est pas bien là ? Demanda Jim, les deux mains sur les hanches en contemplant les alentours. Cette planète n'est-elle pas magnifique ?

- Jim. Gronda doucement Bones. Vous êtes trop optimiste. Nous ne savons encore rien sur elle.

- Les ordi de monsieur Spock n'ont détecté aucune forme de danger.

- Il a bien précisé la probabilité d'inexactitude.

Jim soupira. Les mondanités sur Altaïr l'avaient épuisé. Il avait besoin de grand air, et de repos, et il espérait sincèrement qu'il allait enfin pouvoir le trouver ici.

- S'il s'avère que cette planète est effectivement sans danger, je songe à accorder une permission au personnel de l'Enterprise. Cela fait plusieurs mois qu'ils n'en ont pas eue. Les réjouissance d'Altaïr ont été tout sauf reposantes

- C'est une bonne idée, Jim. D'autant plus que j'ai des suspicions de cas de burning-out mais...

- ... oui, Bones, ne vous inquiétez pas, j'ai bien compris et je suis tout à fait d'accord avec vous. Une fois que nous nous serons assurés qu'il n'y a pas de danger.

Un bruit de casse les fit sursauter. Bones se précipita en criant :

- MARCO ! Je vous avais dit de faire attention à cette boite !

Jim le regarda se précipiter vers la tente, amusé, Il accrocha son communicateur et son phaser à sa ceinture, et décida d'aller se dégourdir un peu les jambes.

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En temps normal, Jim n'aurait jamais commis l'imprudence de partir ainsi seul à l'aventure sur une planète inconnue. Mais il avait besoin de marcher, marcher sans rencontrer de mur, sentir le vent, se sentir un peu libre. De plus, le terrain était totalement à découvert, il n'y avait aucun danger visible, ni de possibilité pour qu'il se perde.

Il marcha droit devant lui, sans vraiment réfléchir, jusqu'à arriver à la naissance de la forêt. Mais non, ce n'était pas tout à fait cela : il s'agissait des frondaison d'une canopée, qui s'étendait à perte de vue. Il s'avança prudemment. La terre meuble céda sous lui, et, par chance, il glissa sur une pente boueuse pendant ce qu'il lui parut être une éternité.

Spock était de retour au campement. Il ressentit un violent coup au cœur. Où était le Capitaine ? McCoy ne put lui répondre. Spock se concentra sur la sensation, et se mit à courir dans sa direction.

Enfin la descente s'acheva, mais il glissa encore sur le sol humide, emporté par son élan, et ne parvint pas à se rattraper à quoi que ce soit. Jim atterri finalement dans une sorte petite cuvette remplie de drôles de petits fruits. Il en écrasa plusieurs avant de réussir à en sortir.

- Bath'paik ! Ronchonna-t-il.

Décidément, même sous forme de juron, il trouvait les mots vulcains absolument délicieux sur sa langue, et ne s'en lassait pas. Il avait plein les mains d'un fluide jaunâtre gluant, une partie de son uniforme déchiré en était recouvert. Il avait perdu son communicateur dans sa chute. Il n'eut à faire que quelques pas pour trouver une petite source. Finalement le mini-tricodeur que Bones avait obligé chaque membre de l'équipe à porter allait se révéler utile. Il le sortit de sa poche et analysa l'eau. Potable. Parfait. Jim se lava les mains, but longuement, il avait la gorge sèche. Il nettoya son visage, et ses écorchures, il parvint à se débarrasser un peu de ce liquide étrange. Il se redressa et vit les traces de sa glissade. Au moins, il n'allait pas avoir de mal à retrouver son chemin.

Spock accéléra son allure. Il ne percevait plus l'adrénaline de Jim. Allait-il bien? Était-il blessé et inconscient ?

Jim fit un pas, son pied heurta une racine, il chuta sur un nœud de lianes. D'autre lui tombèrent sur le dos. Il voulut s'en dégager mais ne parvint qu'à s'empêtrer un peu plus. Elles commencèrent à l'enserrer doucement, plus il se débattait, plus elles se resserraient autour de lui. Il se sentit soulevé du sol. Il était dans l'impossibilité de saisir son phaser. Sa respiration commença à être entravée. Il comprit. Il allait mourir là, étouffé lentement par ces tentacules végétales, quelle ironie...

Lentement, mais surement, les entraves de lianes le privaient de son air. Jim prenait de courtes et rapides respirations, pour tenter de résister, d'absorber le plus d'oxygène possible, en vain. Des points lumineux se mirent à parcourir son champ de vision, et ses oreilles bourdonnaient de plus en plus. Ses mains, ses pieds commencèrent à picoter, tandis qu'il se sentait dériver dans un étrange vertige qui devenait sournoisement agréable... son esprit se mit à délirer... il entendit un soupir retenu... Spock... la sensation de son corps contre son corps... ses mains sur lui... ses baisers... Spock... mourir dans les bras de Spock...

Une violente décharge d'adrénaline le réveilla de son agonie, se déversa dans son esprit et dans son sang, et le rappela à la réalité. Une voix hurlait :

- JIM ! TEHNA'UH ! JIM ! Ri abru-tan'ul ! [JIM ! RÉSISTE ! JIM ! N'abandonne pas !]

Spock avait jailli d'entre les lianes, les déchiquetant comme si elles n'avait été faites de que papier crépon. Elles tentèrent de le piéger en s'enroulant autour de ses membres, mais le vulcain posa la main sur le tronc. Il initia une violente fusion mentale en criant :

- Sadalaya'uh Jim ! Nam-tor sa-veh t'nash-veh ! [RELACHE JIM ! Il est à moi !]

Jim sentit que l'emprise mortelle se desserrait. Il fut redéposé sur le sol. Ses jambes flageolantes cédèrent et il tomba à genoux. Il aspira avec un sentiment d'urgence de grandes goulées d'air, qui lui donnèrent des vertiges d'hyperventilation, après la mortelle privation. Spock se précipita sur lui, palpa son buste sous son vêtement avec fébrilité à la recherche de blessures.

- Nam-tor nash-veh rom, Spock [je vais bien] Articula Jim avec difficulté.

Sa gorge le brûlait, tout les endroits où les lianes l'avait serré lui brûlait, son cœur brûlait... mais Spock était là... Obéissant à une subite impulsion, Jim lui prit le visage entre les mains, et posa un rapide baiser sur ses lèvres. Le Vulcain se arrêta immédiatement ses palpations. Leurs yeux se croisèrent, les pupilles de Spock étaient dilatées.

- Une fois de plus, Spock, tu m'as sauvé la vie !

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à suivre...

Ce fut comme un signal. Spock le souleva pour le remettre sur ses pieds. Il arracha ce qu'il restait de sa tunique déchirée...


Nul n'a jamais soupçonné la dangerosité d'une plante verte, surtout si celle-ci a des tentacules. Vous voilà prévenus...

Cela vous a-t-il plu ?

Merci pour toutes vos review !