Coucou tout le monde !

J'espère que vous allez tous bien ! Ne me haïssez pas pour le chapitre d'aujourd'hui d'accord ? Je n'y suis pour rien ! J'espère qu'il vous plaira malgré tout.

Merci à Célia, Seth et Meryem d'amour pour vos adorables reviews !

Lien pour la fic originale (ajouter . com après tumblr et retirer les espaces) : klaineficspdfs . tumblr/post/34927799357

Chapitre 17

« Blaine a été bien silencieux ces derniers jours. » remarque Carole plus tard dans la semaine.

« Je suis certain que je le serais aussi si quelqu'un m'avait pratiquement jeté au visage que j'étais brisé et que je ne pourrais jamais fonctionner correctement sans parler de tous mes sentiments stupides à un professionnel. » crache Kurt en claquant la porte du réfrigérateur avec force.

Il soupire lourdement dans la cuisine et appuie son front contre le frigo.

« Pardon. »

« Je croyais que vous aviez réussi à apaiser les choses après votre discussion. » dit Carole en s'approchant de Kurt pour frotter d'un geste rassurant son dos.

« C'est vrai. » acquiesce Kurt, « Le début et le milieu de la conversation, c'est une autre histoire par contre. »

« Qu'est-ce qui s'est passé ? »

Kurt tourne sur lui-même et colle son dos au réfrigérateur, son appétit ayant officiellement disparu pour la soirée.

« Je lui ai dit que j'essayais de le réparer. » avoue Kurt.

« Oh. » souffle platement Carole, « Ce n'était probablement pas la meilleure chose à dire, en effet. »

« Je ne voulais pas que ça sorte comme ça. » explique Kurt, « J'essayais juste de lui dire que la situation ne s'améliorerait certainement pas s'il gardait tout pour lui et s'il n'allait pas tout raconter à quelqu'un. On s'est disputés et c'est juste... sorti. Je lui ai dit que j'étais désolé et que je ne pensais pas du tout ces mots parce que c'est vrai, mais... »

« Ce n'est pas aussi facile à oublier. » complète Carole avec un hochement de tête.

« Je veux juste qu'il aille bien. » dit Kurt avec lassitude, « C'est tout ce que je veux. »

« Je le sais, chéri, et je suis sûre qu'il le sait aussi. »

« Parfois il me regarde comme si- comme si j'étais celui qui l'a brisé, comme si mes mots avaient fini de le casser et je ne peux- je ne sais pas quoi faire. »

« Eh bien, si tu t'es excusé et que tu lui as fait savoir que tu ne pensais pas tout ça, je ne crois pas que tu puisses faire plus. La balle est dans son camp désormais. »

« Je lui ai promis qu'il n'aurait plus jamais à s'inquiéter de quoi que ce soit. » confie doucement Kurt, « Et j'ai tout gâché en essayant de l'aider. »

« Seul le temps peut guérir certaines blessures. »

« Ouais... » marmonne Kurt, peu convaincu, « Les siennes étaient en train de se refermer et je les ai juste rouvertes. »

OoOK&BOoO

Quelques nuits plus tard, Kurt fixe son plafond, allongé sur son matelas, et attend le son inévitable des sanglots de Blaine. Il sortira de son lit quand il l'entendra, se dirigera discrètement dans la chambre de Blaine et le prendra dans ses bras. Il le tiendra jusqu'à ce qu'il s'endorme, comme il fait toutes les nuits, même après leur accrochage.

Il est totalement pris par surprise quand la porte de sa chambre s'ouvre et que Blaine entre dans la pièce.

« Blaine ? » appelle Kurt, se redressant immédiatement sous l'inquiétude, « Qu'est-ce qui ne va pas ? »

« Je peux- Je peux dormir ici ? » chuchote-t-il pour ne pas réveiller les autres personnes endormies de la maison, « Avec toi ? »

Kurt entend ses petits reniflements, signe qu'il a pleuré avant de le rejoindre, et pousse ses couvertures.

« Bien sûr que oui. Viens là. »

Blaine renifle à nouveau et essuie ses joues striées de larmes avant de se glisser dans le lit de Kurt et de se blottir contre la chaleur de son corps. Ils restent silencieux un long moment. Kurt se met à compter les inspirations de l'autre garçon car, même s'ils se sont disputés ou qu'il le regarde parfois comme si Kurt lui avait brisé le cœur, Blaine respire toujours et il est en sécurité.

La voix de Blaine se fait entendre et l'empêche de sombrer dans le sommeil.

« Une fois, j'ai volé une très gentille femme. » dit-il.

Kurt se fige et le bras enroulé autour de la taille de Blaine devient rigide.

« J'avais faim. » continue-t-il, « Je n'avais rien mangé depuis deux jours. J'étais assis avec ma mère et on regardait cette vieille dame à l'arrêt de bus. »

Kurt ne fait pas un bruit. Il a peur que Blaine se referme, peur qu'il arrête de parler et qu'il replonge dans la tristesse sans fond qu'il cache dans son cœur. Il serre tendrement et presque imperceptiblement sa hanche à la place pour lui montrer qu'il écoute.

« Après quelques minutes, ma mère a pris ma main et on est allés s'asseoir à côté d'elle. Ma mère a commencé à lui parler de la bague qu'elle portait en guise de pendentif autour du cou. La femme a juste souri et a dit qu'elle appartenait à son mari. Il était mort depuis trois ans. Elle a raconté qu'il avait combattu dans une guerre et qu'il lui avait fait sa demande le jour de la Saint-Valentin, ce qui se trouvait être le jour de son anniversaire aussi. Ils sont allés danser ce soir-là. Ma mère écoutait juste et souriait jusqu'à ce que la dame se taise. C'était un de ses bus qui ne passe que toutes les trente ou quarante minutes alors la femme a fini par s'endormir. »

Un sanglot étrangle sa gorge quand il marque une pause douloureuse.

« J'ai pris sa bague. » avoue Blaine, s'accrochant à Kurt en prononçant ces mots, « Je l'ai juste prise. Elle dormait et j'ai arraché la chaîne de son cou. Ma mère m'avait demandé de le faire parce que j'avais de plus petits doigts. Je l'ai prise et ma mère l'a revendue. On a pu avoir un repas par jour pendant une semaine complète grâce à la bague. »

Il craque complètement, son visage écrasé contre l'épaule de Kurt et ses doigts froissant le tissu de son haut de pyjama.

« Je voulais m'excuser auprès de cette femme. » dit Blaine à travers ses larmes, « Je voulais la lui rendre et lui dire que j'étais désolé que son mari soit décédé et que la seule chose qu'il lui restait de lui soit cette foutue bague. Je voulais m'excuser de l'avoir volée mais je ne pouvais pas m'en empêcher. J'avais tellement faim que mon ventre me faisait mal. J'avais- J'avais tellement honte putain. Ma mère n'en a jamais reparlé et je voulais seulement qu'elle m'aime mais on aurait pu trouver une autre solution. Cette femme nous aurait donnés de l'argent si on lui avait demandé. Je sais qu'elle l'aurait fait. Elle était tellement gentille. »

Kurt attend. Il ignore quoi faire de plus alors il patiente et tient Blaine aussi étroitement qu'il peut sans lui faire mal. C'est très bien. C'est un pas en avant. C'est douloureux d'entendre Blaine lui raconter mais, au moins, il en parle. Même si Kurt ne sait pas quoi lui répondre, il a promis d'écouter.

Alors il écoute.

Blaine continue de pleurer mais de parler aussi. Tout ce temps, Kurt ne cesse pas de frotter lentement son dos. Blaine lui dit que ce n'était pas la dernière fois qu'il volait quelqu'un. C'était plus facile après cette première fois, explique-t-il, car c'est devenu une habitude. Sa mère lui demandait de faire quelque chose et il obéissait. Il a volé des montres et des portefeuilles. Il arrachait des liasses de billets des mains des gens juste à côté du distributeur et s'enfuyait à toute vitesse avant que quelqu'un ne l'arrête. Il volait aussi dans les magasins et, même si Kurt connaît déjà ces détails, il laisse Blaine en parler parce qu'il en a visiblement besoin.

Ensuite, il lui parle de la nourriture qu'il cherchait au fond des poubelles et de sa mère qui l'obligeait à faire la manche dans la rue, assis par terre au milieu des piétons, gelé et tout seul, avec pour seule compagnie une boîte de conserve vide. Kurt a vu toutes ces choses. Il les a vues au cinéma ou une fois ou deux quand son père l'a emmené à Columbus voir Le Fantôme de l'Opéra.

« J'avais l'air assez pitoyable. » explique Blaine, « Les gens préfèrent donner de l'argent à un gosse au visage sale qui a l'air d'avoir douze ans plutôt qu'à un adulte. »

Kurt embrasse son front.

Blaine continue de parler jusqu'à tard dans la nuit. Ses mots commencent à s'emmêler dans sa bouche quand le réveil de Kurt affiche 4:00.

Kurt ne s'endort pas avant le lever du Soleil.

OoOK&BOoO

Kurt ne dort que quelques heures. Quand il se réveille, Blaine est toujours endormi, enfoui sous la couverture, ses cheveux sombres étalés sur son oreiller. Kurt repousse une de ses boucles de son visage.

« Tu es très courageux. » murmure-t-il.

Il sort du lit, enfile sa robe de chambre et sort de la pièce en fermant la porte aussi doucement que possible derrière lui.

Il trouve son père appuyer contre le plan de travail dans la cuisine, un bol de céréales entre les mains.

« Tu es debout bien tôt pour un samedi. » remarque Burt.

« Ne fais pas aller Blaine au garage aujourd'hui. » dit Kurt, « Il ne s'est pas endormi avant quatre heures. »

« ... Il est malade ? » interroge Burt.

« Non mais il a finalement réussi à me raconter certaines choses qui lui sont arrivées quand il était sans-abri et une fois qu'il a commencé, il n'a pas pu s'arrêter. Je suis resté debout pour l'écouter. »

Kurt sait que sa voix est monotone mais il s'attelle à préparer du café frais sans donner plus d'explications. Burt pose son bol de céréales sur le comptoir.

« Tu es l'air barbouillé, gamin. »

« Je me suis endormi bien après lui. » déclare Kurt.

« Tu veux en discuter ? » demande Burt, « De ce qu'il t'a raconté ? »

« Non. Ce n'est pas à moi de le répéter. Il n'a pas apprécié que je parle de sa mère à Carole et il me détesterait si je parlais de ce qu'il m'a avoué hier. »

« Kurt. » commence Burt mais il s'interrompt avec un soupir avant de reprendre, « Si ça continue comme ça- S'il parle toute la nuit et que vous ne dormez pas de- »

« Je resterais éveillé aussi longtemps qu'il le faudra. » annonce Kurt, « J'ai promis que je l'écouterais et si c'est le seul moment où il se sent assez confortable pour s'ouvrir alors je serais là pour lui. »

« Mais tu ne peux rien y faire. »

« Il le sait mais peut-être que s'il peut le faire maintenant, s'il arrive à me parler, il réussira bientôt à en discuter avec quelqu'un qui peut l'aider. »

« Ce n'est pas sain. » lui dit Burt, « Ni pour lui, ni pour toi. »

« Ce n'est pas grave puisqu'il parle ! » rétorque Kurt avec véhémence, plaquant une cuillère avec force sur le plan de travail.

Elle tombe dans un bruit métallique sur le carrelage.

Burt garde la bouche fermée et fixe son fils, les yeux emplis de déception.

« Retourne au lit, Kurt. »

« Je fais du café. »

« Tu ne fais que te fatiguer et te mettre un peu plus à bout. » déclare Burt, « Si tu as vraiment l'intention de continuer sur ce chemin, va dormir tant que tu le peux. Dis à Blaine que je l'autorise à rester à la maison aujourd'hui mais ça ne marchera pas tous les jours. A partir de lundi, je me fiche de l'heure à laquelle vous vous êtes couchés. Tu vas à l'école et il va travailler. »

« Wow, qu'est-ce que tu es compréhensif. » se moque Kurt, « Bon boulot. »

« Je comprends très bien que ce gamin a des soucis. » lance Burt, « N'ose même pas me faire passer pour le méchant de l'histoire. Je l'ai laissé rester ici, non ? Je lui ai donné une chambre, un boulot et je lui ai acheté tous les trucs dont il avait besoin mais hors de questions de vous encourager sur cette voie. Tu veux l'aider. Je comprends. On veut tous l'aider mais je sais qu'il ne nous laissera pas faire du jour au lendemain. Tu es le seul avec qui il est assez confortable et tu l'aides du mieux possible mais tu as d'autres responsabilités, tout comme lui. C'est pour ça que je vous impose des règles. »

« Alors quoi ? Tu vas le mettre à la porte s'il ne va pas travailler ? » demande Kurt, outragé.

« Est-ce que c'est ce que j'ai dit ? »

« Ça en avait tout l'air en tout cas ! »

« Tu déformes mes mots et tu le sais. »

« Je ne sais pas ce que tu attends de moi. » lâche Kurt en levant les mains en signe de défaite ou désespoir, il l'ignore lui-même, « Je fais tout ce que je peux pour le soulager mais ça t'énerve. On dirait que je ne peux pas satisfaire tout le monde en même temps. »

« Kurt. » dit son père d'une voix légèrement plus douce, « Il ne s'agit pas de satisfaire qui que ce soit. Il s'agit de grandir et de savoir dire non quand il le faut. Si tu continues comme ça, si tu continues les nuits sans sommeil et si tu te dévoues autant à toutes les personnes que tu rencontres, tu vas finir par te blesser. Je sais bien que tu tiens à Blaine. Je tiens à ce gamin, moi aussi. Je veux qu'il aille mieux et qu'il ne souffre plus autant mais tu es mon fils. Je ne te laisserais jamais jouer les martyrs pour une peine perdue. »

« Blaine n'est pas une peine perdue. »

Je ne suis pas cassé.

La gorge de Kurt se resserre.

« Non, c'est vrai. Mais continuer comme ça ? Ne pas dormir et devenir une version plus stressée et plus peste de toi-même pour soulager le poids qu'il porte sur les épaules, c'est une peine perdue. »

Kurt baisse la tête et prend une profonde inspiration tremblante.

Rien de tout cela n'est juste.

« Je suis désolé. » chuchote-t-il.

« Ne le sois pas. » rétorque Burt en s'avançant vers Kurt pour lui faire un gros câlin, « Trouve- Trouve juste une autre solution. Je comprends que tu es le seul avec qui il est assez confortable pour parler mais tu devrais peut-être le convaincre qu'il peut aussi venir discuter avec nous sans problème. Pour que tu ne sois plus le seul à traîner tous ses démons. On veut aider, Kurt. On veut que vous alliez bien, tous les deux. »

OoOK&BOoO

Kurt remonte dans sa chambre, son café totalement oublié et le cœur plus léger, et découvre Blaine assis sur le bord de son lit, toujours en pyjama, ses cheveux ébouriffés dans tous les sens.

Il lève son regard empli d'une tristesse primitive et pure vers Kurt.

« J'ai tout entendu. »

Le sang de Kurt se gèle dans ses veines.

« Q-Quoi ? »

« Je me suis levé pour me préparer pour aller au travail et je suis descendu prendre mon café et je t'ai entendu discuter avec ton père. » admet Blaine, « Et l'autre nuit aussi. Je vous ai entendu avec Carole. Je- Je me sentais tellement mal. Je ne m'étais pas rendu compte que je te regardais de cette manière. Je pensais sans cesse que tu devais être déçu de moi pour ne même pas vouloir essayer la thérapie. Alors je- je suis venu te voir la nuit dernière au lieu de t'attendre comme d'habitude et je- je ne pouvais pas me taire plus longtemps. J'ai commencé à parler et je n'ai pas pu m'arrêter. »

« Ce n'est rien. » dit Kurt en s'empressant de rejoindre Blaine sur le lit, « Dieu, comment tu peux croire que tu es une déception ? Je te répète que tu es courageux pour une bonne raison. »

« Et cette dispute avec ton père ? Je ne peux- Je suis responsable. C'est de ma faute et tu es resté éveillé à cause de moi. Je ne peux plus t'infliger tout ça. »

« Qu'est- Qu'est-ce que tu veux dire ? » demande Kurt, craignant déjà la réponse.

« Je m'en vais. Je laisserais toutes les choses que vous m'avez donné et je récupérerais mes vieux habits et toutes mes affaires mais je dois m'en aller. »

« Non. »

« Je ne peux plus continuer, Kurt. » dit Blaine d'un air abattu, les épaules voûtées en signe de défaite, « Je ne veux pas gâcher ta vie. »

« Ma vie n'est pas gâchée. »

Blaine le regarde et lui offre un sourire faux et tellement triste.

« Elle le sera si je reste. »

« Non. » refuse Kurt, faisant de son mieux pour ne pas pleurer, « Non, tu ne pars pas. »

« Je n'ai pas le choix. » lâche Blaine en se levant.

Kurt s'accroche à lui et tire sur le bras de Blaine pour l'empêcher de quitter la pièce.

« Non, tu ne vas nulle part. Je ne te laisserais pas t'en aller. »

« Kurt, tu dois me laisser partir. »

« Non ! »

« On- »

« Tu- Tu ne peux pas tout laisser tomber ! » soutient Kurt avec défiance, des larmes de colère brouillant sa vue, sa prise se resserrant sur le poignet de Blaine, « Pas après tout ce qu'on a accompli ! Tu as seulement commencé à t'ouvrir hier soir ! On- Tu fais des progrès, tu ne le vois pas ? Tu vas mieux. »

« Il n'y a aucun progrès si je te blesse toi ou ta famille en cours de route. » contre Blaine en tentant de se libérer de la main de Kurt, « Je ne resterais pas ici en sachant que ça va arriver tôt ou tard. Je ne peux pas, d'accord ? Je ne peux juste pas. »

« Blaine, je t'en prie. »

« J'ai déjà blessé bien trop de bonnes personnes. » dit Blaine, « Je ne peux plus continuer. »

« Tu ne nous blesses pas, je te le promets. Je te le jure, Blaine. Je t'en prie, reste. Je t'en prie, je t'en supplie, reste. »

« Je suis désolé. »

« PAPA ! » hurle Kurt à pleins poumons, « PAPA ! »

« Arrête. » siffle Blaine, essayant toujours de s'échapper de la prise de Kurt, « Kurt, arrête ! »

« Je ne te laisserais pas partir. Papa ! »

Ils sont tous les deux debout maintenant. Kurt se bat de toutes ses forces pour empêcher Blaine de sortir de la pièce. Carole arrive d'abord en nouant avec empressement sa robe de chambre. Ses yeux s'élargissent devant la scène. Burt débarque quelques secondes plus tard et dépasse sa femme pour tenter d'éloigner les garçons l'un de l'autre.

« Non ! Il essaie de partir ! » crie Kurt quand son père le détache finalement de Blaine, « Tu ne peux pas le laisser s'en aller ! »

« Bordel, qu'est-ce qui se passe ici ? » braille Burt par-dessus les hurlements de Kurt.

« Il nous a entendu ce matin et maintenant, il veut s'en aller ! »

« Je ne veux pas m'en aller. » contredit Blaine, "Je dois m'en aller. »

« Non, ce n'est pas vrai ! »

« Blaine, chéri. » coupe Carole, faisant comme elle peut pour apaiser les choses, « Tu peux- Tu peux nous expliquer ? »

« Je suis en train de déchirer votre famille. » dit Blaine, « Ils se criaient dessus à cause de quelque chose que j'ai fait et à cause de mes problèmes. Je ne resterais pas ici pour faire empirer les choses. »

« Gamin, tu ne déchires rien du tout. » affirme Burt, « Je me dispute avec Kurt pour tout un tas de trucs. »

« Vous vous disputiez à cause de moi ! »

« On se disputait à cause de décisions débiles prises par deux adolescents qui ne savent pas comment gérer les obstacles qu'ils rencontrent. »

« A cause de moi ! » crie Blaine.

Il jette un coup d'œil au reste de la famille, son regard scannant les visages un à un. Il finit par fixer Burt droit dans les yeux.

« Vous m'avez dit que je n'étais pas obligé de rester. Vous avez dit que si ça ne fonctionnait pas, je pourrais partir. »

« J'ai dit qu'on trouverait une solution pour que ça fonctionne. »

« Il n'y a pas de solution à trouver. » déclare Blaine, « Je m'en vais. Je récupère mes vieilles affaires et je m'en vais. »

« Chéri, tu n'es- »

Blaine esquive l'approche de Carole et s'avance un peu plus de la porte.

« Papa, tu ne peux pas le laisser faire. » dit Kurt.

« Blaine. » commence Burt en frottant son visage avant poser sa main sur l'épaule du garçon.

« Ne me touche pas ! » hurle Blaine en s'écartant violemment du contact et en se cognant contre le cadre de la porte.

Kurt se fige. Il fixe Blaine avec choc et observe ses traits déformés par la terreur et ses membres tremblants de peur. Blaine n'a jamais réagi comme ça à un toucher auparavant. Oui, il était un peu réticent au début, mais rien d'alarmant. Carole lui a fait un nombre incalculable de câlins et Blaine ne lui a jamais refusée une seule étreinte.

Burt retire lentement sa main et la laisse retomber le long de son corps.

« Si tu ressens sérieusement le besoin de partir, » dit-il prudemment, « Alors pars mais aucun de nous n'a envie que tu le fasses. »

« Non ! » couine Kurt en se précipitant vers Blaine, pour seulement être retenu à la dernière seconde par les bras forts de son père, « Tu ne peux pas le laisser faire, lâche-moi ! »

« Kurt, arrête ! »

« Je suis vraiment désolé. » lance Blaine avant de se redresser et de passer le pas de la porte de la chambre.

« Blaine, je t'en prie ! Je t'en supplie, ne pars pas ! »

« Je suis très courageux. » dit Blaine à Kurt.

Il pose ensuite sa paume sur son cœur...

... et quitte la pièce.

« Non ! » hurle Kurt en se débattant contre son père, « Lâche-moi ! Blaine ! Blaine ! »