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Yuk-eshu'a

[cauchemar]

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Précédemment...

Ils organisèrent les permissions sur les terres d' Oko'lap Omeku... Quand L'Enterprise reprit son périple, chacun avait pu profiter à fond de son repos sur cette belle planète..

(Yuk-eshu'a est un chapitre très lemon)

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Nuit comme tant d'autres, à bord de l'Enterprise...

Jim dormait profondément quand une sensation d'angoisse l'étreignit soudain. Dans un sursaut, il se réveilla aussitôt et alluma, tous ses sens en alerte. Rien dans sa chambre. Pas de menace cachée ou de danger immédiat. Mais alors, d'où venait cette si profonde détresse ?

Spock !

Cela ne pouvait provenir que de lui, par leur tel't'telsu dont Spock lui avait parlé. La perception était intense, moralement extrêmement douloureuse, son ami devait vraiment aller très mal, c'était son tour de lui venir en aide...

Jim enfila son bas de pyjama à la hâte. Il était vraiment pratique que leurs quartiers respectifs soient reliés grâce à la salle de bain commune. Il accourut dans les quartiers de Spock. Ceux-ci étaient plongés dans le noir. Jim commanda la lumière du bureau, qui éclaira un peu la chambre. Spock était sur son lit, allongé sur le dos. Son visage très pâle était tendu, sa respiration était haletante, il tremblait de tous ses membres, et geignait dans son sommeil, les dents serrées.

Spock faisait... un cauchemar !?

Jim croyait que les vulcain ne rêvaient pas. Il ne comprit pas la raison de ce mauvais songe. Les dernières semaines s'étaient pourtant écoulées sans difficulté majeure, depuis leur escale sur la planète d'Oko'lap Omeku. Ils avaient explorés d'autres planètes, sans réels intérêt scientifique, ni problème. Il n'y avait rien qui puisse expliquer un tel état de détresse. Était-il en train de se faire des reproches concernant la façon avec laquelle ils avaient été mariés de force par la tradition vulcaine? Non, cela ne pouvait pas être possible. Un vulcain aussi raisonné et logique que Spock ne pouvait pas ressentir un sentiment aussi irrationnel que de la culpabilité, surtout si celle-ci n'avait pas lieu d'être. Il s'assit sur le lit et se pencha sur lui. Il fallait le réveiller en douceur.

...

Spock était dans l'arène, immobile, impuissant, prisonnier d'une cage d'air dont il frappait les murs invisibles à s'en mettre les poings en sang. Aucun son ne parvenait à sortir de sa gorge malgré ses hurlements désespérés.

Il se voyait s'acharner sur Jim.

Rai ! Nash-fam ! [Non! Pas ça! ]

Il se voyait agresser Jim, encore et encore, comme un animal en rut, enragé, le frapper avec toute la violence dont pouvait être capable un vulcain dans la fureur de son Pon Farr. Et l'humain qui tentait de se défendre ne faisait pas le poids, et chaque coup laissait des marques profondes dans sa chair fragile...

Il se vit le faire chuter sur le sol, lui briser les membres un à un pour le soumettre.

Rai ! Nash-fam ! Jim ! Va'ashiv-fam ! RAI ! RAI ! [Non! Pas ça! Jim ! Pas encore! NON ! NON !]

Il se vit avec épouvante s'emparer violemment de Jim sans aucun ménagement, et Jim crier et se tordre de douleur sous ses assauts bestiaux.

Rai ! Nash-fam ! Jim ! JIM !

Paralysé par sa prison, Spock hurlait sans fin son horreur et son dégoût de lui-même...

...Spock ressentit une chaleur sur son front, un rayonnement tel qu'il effaça la scène immonde...

...

Jim posa un baiser sur son front humide de sueur, elle avait un goût légèrement sucré, il ne l'avait jamais remarqué.

Spock eut un dernier long tremblement, il ouvrit les paupières et revint à la réalité tangible.

Des yeux noisettes.

Jim !

Son beau visage viril irradiait la bienveillance et l'inquiétude, qui se diffusaient à présent dans l'esprit de Spock, comme une onde fraîche et apaisante.

Jim.

Le cœur de Spock gonfla dans sa poitrine : Jim avait perçut sa détresse et était venu à son secours !

Le temps d'une nano-seconde, avant que le vulcain ne retrouve son apparente sérénité, Jim vit son désarroi :

- Yuk eshu'a [un cauchemar] Dit-il simplement comme une évidence

Il connaissait la pudeur de Spock, il ne lui posa pas de question. Il savait aussi combien il appréciait qu'il utilise des mots de sa langue natale. ll lui tendit les bras pour exiger un câlin :

- Teraya marataya !

Décontenancé, Spock accepta cependant de se blottir entre les bras de Jim sans poser de question, ni tenter de raisonnement logique sur l'inutilité de la chose. Jim le serra très fort contre lui. Ce besoin de tendresse si typiquement humain... de façon très déroutante le réconforta. Quand Jim retourna dans sa chambre, Spock se rendormissait doucement.

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Deux nuits plus tard, le même scénario se reproduisit. Le même cauchemar ignoble. Cette fois-ci, Jim refusa de retourner dans sa chambre.

- Ce lit est trop étroit pour deux. Je vous assure, Jim. J'ai retrouvé le calme de mon esprit !

- J'y suis, j'y reste. Décréta Jim en s'allongeant

Il se colla étroitement à Spock. Étonnement, cela resta très chaste. Jim se sentit très satisfait de lui-même, que son pénis accepte, enfin, pour une fois, de se tenir tranquille alors qu'il était agréablement lové tout contre les fesses confortables de Spock.

Étonnement, Spock, ordinairement rétif aux contacts prolongés, se rendormit rapidement. Le cauchemar ne revint pas. La sensation de malaise que celui-ci avait laissé au fond de sa gorge s'était diluée dans les bras de Jim étroitement serré contre lui dans son dos. Jim l'emprisonnait de ses bras et de ses jambes comme pour l'empêcher de tomber ou de fuir. Spock se réveilla reposé le lendemain matin. Il remarqua, tandis qu'il se levait, que Jim semblait préoccupé. Il ne posa pas de question. Il comprit à son air butté, quand il leva un regard interrogateur sur lui, qu'il ne lui répondrait pas.

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Jim ne se présenta pas son poste à la passerelle ce jour-là, et le délégua à Spock. Il expliqua d'un air préoccupé qu'il avait un dossier urgent à traiter, sans préciser lequel. Sans doute un truc ultra secret supputèrent Tchekov et Sulu. Nul ne le vit de la journée sur la passerelle.

Lorsque Spock quitta son poste, à la fin de son service, il entra directement dans les quartiers de son capitaine, espérant l'y trouver. Bien qu'il ne l'ait ni exprimé, ni montré, cette histoire de 'dossier secret' le tracassait. Il avait connaissance de tous les dossiers sur lesquels Jim travaillait. Il avait retourné la question toute la journée dans son esprit, à la recherche d'une explication logique. Comment se faisait-il qu'il n'avait rien su de celui-là ? Pourquoi Jim ne lui en avait-il pas parlé ?

Spock entra. L'aménagement des quartiers du Capitaine avait été modifié.

La demi cloison qui le séparait en deux parties avait été déplacée pour permettre l'aménagement de deux bureaux en face à face : celui de Jim... et le sien. A la place de la chambre, avait été installée une sorte de salle à manger-salon : d'un coté un petit buffet, une petite table, quatre chaise et un réplicateur alimentaire; de l'autre un sofa bas recouvert de coussins avec une table basse. Où était le lit? Spock eut bien une explication, mais son cerveau refusa de la laisser s'exprimer.

Spock traversa la salle de bain, ne prêtant pas attention au bruit de la douche sonique. Dans ses quartiers aussi, il y avait eu des modifications. La cloison avait été tout simplement enlevée. Un grand futon deux places trônait à présent dans la chambre, en lieu et place de son lit. Leur espace de méditation n'avait pas été modifié. Une petite table basse avec des coussins de sol avait été ajoutée, accentuant la sensation d'intimité de cette pièce. Jim entra dans la chambre, revêtu d'un peignoir, tout en sourire tendre et satisfait :

- Cela vous convient-il ainsi ?

- Ken-tor nash-veh fam... [Je ne comprends pas]

- Nam-tor etek telik-lar, Spock [Nous sommes mariés, Spock]. Continuer à faire chambre-à-part est illogique!

Évoquer la logique, pensait Jim avec malice, ça marchait toujours avec lui ! Spock resta un moment silencieux, maîtrisant à grand peine les émotions qui menaçaient de le déborder. Conscient que Spock était ému et qu'il avait besoin de temps pour gérer et dominer ses émotions, Jim expliqua :

- Puisque vous préférez que cela reste secret, j'ai demandé à Scotty de n'en parler à quiconque. Cela dit en passant, il a été ravi de m'aider, et je lui dois une bouteille de scotch. Il a fait venir des hommes de confiance. Par contre, il n'y avait pas de quoi faire un grand lit, alors on a fait fabriqué ce futon par le réplicateur. Ça vous ira ?

- Nam-tor ish-veh... buhfik [c'est... parfait]. Répondit Spock.

- Vous allez prendre votre douche ? Tor'uh sahris! Bek-tor nash-veh du [Faites vite! je vous attends]

En général, Spock comprenait difficilement les sous-entendus des humains, mais là, il comprit l'allusion et s'exécuta.

Jim avait beaucoup réfléchi, cette nuit précédente. Tout compte fait, il y avait bien des avantages à être marié à son meilleur ami. Spock était un compagnon agréable à vivre, attentif sans être étouffant ou exigeant, intelligent et fascinant. Tout deux étaient complémentaires, en privé comme de façon professionnelle. Mis à part sa mésaventure stupide dans les lianes d'Oko'lap Omeku, (quoique ce frotti-frotta tout contre l'arbre lui laissait un souvenir particulièrement agréable), donc mis à part ça, Spock et lui formaient une équipe de commandement plus efficiente que jamais. Il n'appréhendait pas la possibilité qu'ils puissent communiquer par la pensée, il y voyait un moyen d'augmenter encore cette efficacité. Et sexuellement... Spock ne semblait en aucun cas rebuté par son hyper-sexualité, et semblait même plutôt l'encourager (l'était-il aussi, finalement ?) Un échange de bon procédé entre amis proches, en somme... Donc, autant assumer franchement ce mariage, et aménager leurs quartiers en conséquence. (si en plus, cela pouvait permettre à Spock de ne plus faire de cauchemar)

Spock ressortit de la salle de bain. Il retrouva Jim, nu, allongé sur ventre sur le matelas, travaillant sur son pad. En le voyant, Jim eut un sourire satisfait : Spock n'avait pour seul vêtement qu'une serviette autour des reins. Il éteignit son ordi et lui fit signe de venir le rejoindre. Spock s'allongea à coté de lui. Jim commença par déposer un baiser sur ses lèvres:

- Je ne veux plus que tu fasses de cauchemar. Ordonna-t-il doucement

Spock eut un léger frisson, qui fit sourire Jim doucement. Ce sourire si irrésistible... Jim s'empara de ses lèvres et lui mangea la bouche. Spock accepta et rendit ce baiser. Lorsqu'il libéra ses lèvres, Jim murmura:

- J'en ai envie, Spock. Aitlu nash-veh du [je te désire]

Jim savait que Spock céderait de toute façon s'il évoquait le Gu-vam telsu, le devoir de l'époux. Ce devoir que Spock avait invoqué à chaque fois qu'il avait fait la démarche de le satisfaire sexuellement. Jusqu'à présent, il ne s'était guère posé de question et avait passivement accepté et pris ce qui lui était offert. D'autant plus qu'un refus aurait blessé la fierté du vulcain.

Mais, ce soir, il avait envie de rassurer son ami. Ce soir, il voulait donner. Spock se soumit sans poser de question, à la fois passif et attentif. Jim partit à la découverte de son corps, le caressa de ses lèvres et de ses mains; mordilla délicatement ses tétons, depuis le temps qu'il avait envie de le faire. Spock réprima un soupir. Il avait l'habitude de garder un certain contrôle, rassurant, de la situation lorsqu'il chevauchait Jim. Mais là, il se sentait défaillir et se perdre sous ses étranges sensations et tenta de s'y soustraire :

-S'il te plait, Spock, laisse-toi aller, pour une fois, pour moi !

Il ajouta d'une voix sensuelle qui fit frémir Spock :

- Sahrafel'hu t'nash-veh ! Nufa'hu t'du ak'shem [Fais-moi confiance ! Offre-moi ton corps]

- Ha, Tan-tor nash-veh t'du ish-veh. Nem'ul nash-veh [Oui, je te le donne. Prends-moi]

Jim descendit le long de son ventre, embrassant la peau douce et frémissante. Ses lèvres se posèrent sur le gland du pénis dressé. Spock sursauta :

-Jim ! Ce n'est pas à toi de ...

Jim fit glisser sa langue le long de la hampe et Spock gémit. Son sexe suintant avait un goût de fruit, qui lui mit l'eau à la bouche. Jim ne s'était jamais adonné à cela avec personne, mais il se souvenait de ce que lui avait offert Spock. Il eut honte de son égoïsme : tout ce temps, il avait reçu les attentions de Spock sans jamais rien lui donner en retour. Ses adorables vrilles s'accrochaient à ses mains, avidement. Elles étaient si gracieuses. Elles vinrent caresser ses joues. Il le prit en bouche, joua longuement de ses lèvres et de sa langue. Il avait une peau si fine, si douce, un goût si délicieux ! Jim se délecta des variations qu'il provoquait dans les gémissements Spock selon ses attentions. C'était extrêmement agréable de jouer ainsi à lui offrir du plaisir. Il aurait dû essayer bien plus tôt, quel gâchis ! Son propre sexe, devint quasi douloureux, le rappela à l'ordre, réclama sa part. Jim se redressa. Il tendit le bras pour attraper un oreiller :

-Lève les hanches, Spock.

Il glissa le coussin sous ses reins, afin d'être sûr que Spock n'ait aucune sensation d'inconfort, puis s'installa entre les cuisses ouvertes de son amant. Il se pencha sur lui et commença lentement à se glisser en lui. C'était une chose à la fois fascinante et excitante de constater, à chaque fois, que Spock était toujours physiquement près à l'accueillir en lui, même sans préliminaires. Il avait beau savoir qu'il s'agissait juste d'une question d'auto-contrôle du corps, il n'en restait pas moins flatté. Et lorsqu'il avait le malheur d'y repenser en dehors de ses quartiers, cela lui échauffait les sangs de désir.

Il enlaça Spock qui enserra ses cuisses autour de lui. Il ne fut pas long à trouver sa prostate, et ne lui laissa pas de répit. Les gémissement de Spock se transformèrent en cris :

- Ha... Jim! Va'ashiv'uh!... Weht'karik'uh!... ha ! [oui... Jim! encore!... plus fort!... oui !]

C'était la première fois que Spock s'exprimait lors de leurs étreintes. L'excitation de Jim monta d'un cran, sa voix grave était si belle, si électrisante : oh oui! Il allait lui en donner plus, toujours plus... Jim se concentra pour ne pas se perdre dans son propre plaisir, pour garder suffisamment de contrôle, pour offrir à son amant le plus de délices possibles. Cette fois-ci, c'était à lui d'offrir à son ami le plus de plaisir possible. Il attrapa les jambes de Spock, pour poser ses mollets sur ses épaules, pour s'enfouir et se perdre au plus profond de lui, son vulcain était si délicieusement souple.

- Ha... Weht'karik'uh ...ha!

Jim obéit et se fit plus violent. La jouissance prit le pas sur sa conscience. Leurs corps entamèrent une danse sensuelle où chacun recherchait le plaisir de l'autre et en était récompensé au centuple. Leurs mains s'enlacèrent à leur tour, leur esprits saturés de plaisirs se mêlèrent. Il y eut une dernière convulsion et un dernier cri...

Jim se laissa retomber à coté de Spock, se colla à lui, leur souffles courts, leur corps encore parcourus par les spasmes du plaisir.

Puis lentement, Jim s'assit. Il ouvrit le tiroir de la table de nuit et en sortit une grande lingette humide qu'il passa sur le visage puis le corps de son amant. Il fit de même pour lui-même avec une seconde lingette. Il les lança dans la poubelle.

-I, yuk'uh ! [maintenant, dormons !]. Ordinateur, lumière à 10%

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Spock dormit à peine une heure, il ressentait le besoin impérieux de méditer.

Il mit un peu plus de lumière, juste de quoi voir ce qu'il faisait. Il s'assit en lotus sur son coussin de sol. En quelques respirations, il atteignit le s'thaupi, l'état de conscience qui lui permettait de faire le tri dans ses souvenirs et ses émotions de la journée. Et il y en avait beaucoup.

L'aménagement de leurs quartiers respectifs était le signe que Jim avait tout à fait accepté leur union, d'ailleurs il l'avait même verbalisé comme un fait acquis. La façon passionnée avec laquelle il venait de l'étreindre n'avait pas été une simple recherche d'un plaisir personnel, mais un désir de partager, de donner, qui prouvait son attachement envers lui. Pour reprendre des mot humain, Jim lui avait fait l'amour. Une chaleur se répandit dans sa poitrine alors qu'il se répétait que Jim avait réellement, et sans aucun doute possible, accepté leur mariage.

Jim soupira doucement dans son sommeil et bougea sur le lit, pour se tourner sur le coté.

Spock porta son regard sur lui. Grâce à ses yeux de nyctalope, il distinguait les chose dans la pénombre aussi bien qu'un sehlat. Les traits de son visage étaient parfaitement détendus, dépouillé du masque de Capitaine-responsable confiant et à toute épreuve. Il y avait quelque-chose de l'innocence de l'enfance. Spock sentit des tréfonds de lui-même jaillir cette pulsion de vouloir veiller sur lui. Illogique. Jim était un adulte responsable qui n'avait besoin d'aucune protection. Et pourtant, cet instinct s'était engrammé en lui avant même qu'il n'en prenne conscience, depuis bien longtemps déjà, il ne put qu'en constater l'évidence.

La chambre était chauffée à une température adaptée pour un vulcain, aussi l'humain dormait-il nu, sans aucun draps. Pour une fois, il s'était immédiatement endormi après leurs étreintes. Il était tout simplement beau... et non, ce n'était pas une pensée irrationnelle, décida Spock, même s'il était parfaitement conscient de sa subjectivité: les traits de Jim étaient harmonieux, objectivement harmonieux. Le regard de Spock parcourut le corps athlétique de Jim. Si viril, si gracieux...

Talunk nash-veh k'Jim [mon précieux Jim]

La chaleur dans sa poitrine fit gonfler son cœur dont les battement s'accélérèrent. Pour la première fois depuis qu'il suivait les enseignements de Surak, il ne tenta même pas de réprimer ce sentiment qui embrasait son âme. Tout cet amour ! Cet amour était en lui, comme inscrit dans son sang, dans sa chair, dans chacune de ses cellules, depuis toujours. Il n'en prenait conscience que maintenant. Ce lien qui les reliait avait été là bien avant son Pon farr : il avait agressé Jim ce jour-là parce que la fièvre du sang avait mis ces sentiments à nu. Il avait fatalement obéi à cet instinct atavique de possessivité propre à son espèce, afin de s'approprier le partenaire de vie que son âme et son corps avaient choisi, de le lier irrémédiablement à lui... Spock frissonna, à nouveau au bord de la surcharge émotionnelle face à cette puissante révélation...

Jim soupira et ouvrit les yeux. Il croisa ceux de Spock. Il avait sentit la violence des émotions qui l'agitaient, sans en percevoir l'origine. Par contre, il ressentit très bien le désir de Spock, si fort que cela en devenait un besoin douloureux. Spock avait besoin de lui, de son aide. Jim ne posa pas de question, il s'allongea sur le dos :

- Sarlah'hu be'nash-veh... [viens près de moi]

Spock se débarrassa de sa tunique à la hâte. Le temps qu'il arrive au lit, Jim était déjà prêt pour lui. Il l'enjamba, et sans autres préliminaires qu'un long regard échangé, il s'empala sur lui dans un soupir de bien-être. Jim se cambra. Le désir de Spock avait été si contagieux, mais ce plaisir immédiat le fut plus encore.

Jim lui tendit les mains et Spock les attrapa et l'aida à s'asseoir, les genoux pliés sous lui. Spock l'entoura de ses jambes, de ses bras. Ils s'enlacèrent étroitement. Ce fut long, lent, et très doux, un peau à peau entrecoupé de caresses suaves et de longs baisers. Leur esprits se frôlèrent tendrement.

Spock avait juste besoin de l'avoir en lui, contre lui, de le garder en lui, tout à lui. Et qu'importe si Jim ne lui rendait pas son amour, tant qu'il restait à ses cotés, lui accordait cette amitié si profonde et si précieuse, et ses bras pour s'y perdre. Il savait que peu à peu, Jim finirait par comprendre la profondeur de ce lien qui les unissaient.

Jim avait deviné ce besoin de réconfort, et il le lui accorda sans poser de question, acceptant de ne pas rechercher sa propre jouissance de façon immédiate. Il se donna et se surprit à apprécier cette étreinte tendre et langoureuse autant que Spock...

Spock ne refit plus de cauchemar, pas plus cette nuit-là que toutes celles qui suivirent.

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à suivre...

L'Enterprise fut missionnée pour emmener une centaine d'ambassadeurs sur Babel, où devait se tenir un congrès important... il ne restait plus qu'à embarquer un dernier ambassadeur et ils pourraient se mettre en route.


Un p'tit mot pour me dire si vous avez aimé ?

la prise de conscience de Spock vous plait-elle ?