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Va'ne

Révélation

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(Fic, un peu, inspirée par le génial épisode "Journey to Babel", scénario original de D.C. Fontana)

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Précédemment...

Spock avait juste besoin de l'avoir en lui, contre lui, de le garder en lui, tout à lui. Et qu'importe si Jim ne lui rendait pas son amour, tant qu'il restait à ses cotés, lui accordait cette amitié si profonde et si précieuse, et ses bras pour s'y perdre. Il savait que peu à peu, Jim finirait par comprendre la profondeur de ce lien qui les unissaient...

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L'Enterprise fut missionnée pour emmener une centaine d'ambassadeurs sur Babel, où devait se tenir un congrès important. Le vaisseau avait été briqué de fond en comble, et était rempli d'une foule d'Aliens de tous les horizons. Il ne restait plus qu'à embarquer un dernier ambassadeur et ils pourraient se mettre en route.

Jim se regarda une dernière fois dans la glace et ajusta la veste de son uniforme de cérémonie sur ses hanches. Il se tourna vers Spock qui l'attendait sans impatience. L'ambassadeur Sarek allait bientôt arriver et Jim se sentait nerveux à l'idée de revoir son "beau-père". Spock perçut son malaise :

- Dungi pavesh-tor kanok-vei rom Jim [Tout se passera bien, Jim]. Mon père n'a aucune raison logique de mal se comporter vis à vis de vous.

Jim lui sourit. Depuis qu'il avait modifié l'aménagement de leurs quartiers, Spock l'appelait par son prénom lorsqu'ils y étaient seuls tous les deux. Et il aimait cela.

- Spock, vous devez trouver ridicule à me faire autant de soucis pour une seule personne, alors que notre vaisseau fourmille d'ambassadeurs, dont la moitié souhaite milles morts à l'autre...

- Ri nam-tor du worla, Jim [Vous n'êtes jamais ridicule, Jim]

Il était impossible que Jim K'diwa [Jim-bien-aimé] soit ridicule. Pour la simple raison qu'il était un homme intelligent, et si beau... Spock repoussa mollement cette dernière pensée illogique. Quoique... Jim avait toujours été beau mais... depuis qu'il s'était mis au sport de façon plus intensive, après leur séjour sur Altaïr VI, Jim avait gagné en harmonieuse masse musculaire. Ses épaules étaient plus large, son ventre plus ferme laissait entrevoir ses abdominaux, ses longues jambes musclée...

Ak'shem t'sa-veh mau ashaya-yehat heh mau buhfik [son corps si adorable et si parfait]...

Spock se gifla mentalement. Ces pensées étaient tout ce qu'il y avait de plus subjectif et irrationnel. Il devait vraiment se reprendre et cesser de laisser ses pensées vagabonder de façon inappropriée. De plus, s'il continuait ainsi, Jim allait sentir et partager son trouble grandissant, et être frustré car ils n'avaient pas le temps pour quoique ce soit. Il haussa des barricades autour de son désir, qui reflua à son grand soulagement. Jim cependant remarqua son regard fixe et sombre.

- Arrêtez de me regarder avec ces yeux-là, Spock, vous allez me faire rougir! Plaisanta Jim

- Avec quelle autre partie de mon anatomie voudriez-vous que je vous regarde, Jim ? Répondit Spock avec le plus grand sérieux.

Jim eut une seconde d'étonnement puis éclata de rire. Il savait que Spock avait parfaitement compris ce qu'il avait dit. Mais bordel, ce que cela pouvait être amusant quand il jouait ainsi le vulcain décalé ! Il reprit son souffle, son anxiété s'était envolée.

-Cet uniforme vous va très bien Spock. Il vous met bien en valeur.

Spock se sentit verdir des oreilles : Jim était tout à fait sincère.

On frappa à la porte et McCoy entra, tout engoncé dans son uniforme de cérémonie. Il n'était encore jamais ici venu depuis le nouvel agencement des lieux.

- Vous voila, Bones ! Sourit Jim. Nous n'attendions plus que vous !

- C'est agréable, chez vous. Répondit-il en guise de salut.

Il contempla ses deux amis :

- Z'êtes beaux comme des sous-neufs, tous les deux !

Spock haussa un demi sourcil, il ne connaissait pas cette expression-là. Il vit Jim se mordre la lèvre pour en pas recommencer à rire.

- Vous avez l'air si à l'aise, alors que moi, je me sens étranglé dans cette tenue.

- Bien, puisque la fine équipe est au complet, allons accueillir cet Osu-kewet-dutar Sarek

- Jim ! Gronda Bones

- Cet honorable ambassadeur Sarek. Traduisit Spock tranquillement.

- ... qui est aussi Osu-Sa-mekh t'nash-ve t'telsu . Ajouta Jim avec malice.

-... l'honorable père de mon époux. Dit Spock toujours impassible (mais amusé par l'expression du docteur)

- Sincèrement, vous devriez vous reconvertir en clown tous les deux, votre duo comique est parfaitement au point !

A nouveau Jim éclata de rire, suivi par Bones, qui riait aussi, bien malgré lui. Spock ne riait pas. Un vulcain ne rit pas, jamais. Mais, derrière son air flegmatique, il adorait le rire de son telsu-k'diwa.

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Ils arrivèrent à la salle atterrissage au moment où la navette s'y posait. Des yeomans y rentrèrent et y firent une haie d'honneur. L'ambassadeur sortit de la navette, accompagné de sa suite. Le Capitaine Kirk vint à sa rencontre, souriant. Il fit le Ta'al [salut vulcain] :

- Ambassadeur Sareck, c'est un honneur de vous compter parmi nos hôtes à bord de l'Enterprise.

- Longue vie et prospérité, Capitaine Kirk. Tout l'honneur est pour moi.

- Je ne vous présente pas mon officier en second, le Commandant Spock

- En effet, Capitaine.

- Et voici le docteur Leonard McCoy, notre médecin en chef.

- Très honoré, docteur.

- Très honoré moi aussi. Répondit le docteur embarrassé, il n'avait guère l'habitude de tant de formalité.

- Permettez-moi de vous présenter ma femme : Amanda

Une belle femme souriante d'une cinquantaine d'année vint rejoindre son époux. Elle posa un regard très doux sur son fils et sur son beau-fils.

- Je suis enchanté de faire votre connaissance, Madame. Dit Jim avec sincérité en s'inclina devant elle.

- Je suis ravie de vous rencontrer enfin, Capitaine.

Elle aussi était sincère.

- Le commandant Spock va vous faire visiter notre beau vaisseau. Proposa Jim

- Je préférerai une autre personne. Répliqua Sarek

Il y eut un froid. Et bien, cela commençait bien. Exactement ce que Jim avait pressenti. Il eut mal pour Spock, mais celui-ci n'avait eu aucune réaction, et ne laissa filtrer dans l'esprit de Jim aucune émotion. Le Capitaine ressortit donc son sourire aimable et se proposa comme guide...

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Dans la salle de réception, les discussions allaient bon train. Des petits groupes se découpaient en fonction des affinités. Après la visite guidée, Jim et Amanda y avaient rejoint Spock et Bones. Ils se servaient un verre quand ils entendirent Gal, l'ambassadeur Tellarite au visage porcin, apostropher Sarek avec hargne.

- Dites-moi, Vulcain, allez-vous voter pour l'admission de Coridan dans la fédération ?

- Je ferai part de ma décision lors de la réunion du conseil. Répondit froidement Sarek

- Pourquoi donc ? Auriez-vous honte de votre décision ? s'emporta Gal.

- Le honte est un sentiment humain, je n'y suis pas soumis.

- Vraiment ? Insista Gal en haussant suffisamment le ton afin que tout le monde puisse l'entendre. Alors pourquoi avoir caché le mariage de votre fils ?

Le ton était extrêmement provocateur, le silence se fit, tous les regard se tournèrent vers eux. Jim se hâta d'intervenir avant que cela ne dégénère.

- Cela ne vous regarde pas. Répliqua Sarek, toujours impassible

- Ambassadeur Gal, ce n'est ni le lieu, ni le moment pour entretenir de telles querelles. Sermonna-t-il en Capitaine. Je ne le permettrai pas !

- Vous venez prendre la défense de votre beau-père, Capitaine James Tiberius Kirk-S'Chn T'Gai ?

Gal ignorait tout de la réalité de ce mariage, et son coup de bluff était si grossier qu'il en était visible. S'il s'attendait à une réaction outrée de dénégation et de protestation scandalisée de la part de Jim, (l'idéal pour jeter un froid entre humains et vulcains) il en fut pour ses frais. L'humain se contenta de sourire affablement :

- Je doute que mon beau-père ait besoin de moi pour le défendre.

- Attendez. Balbutia Gal pris au dépourvu. Seriez-vous en train de vous moquer de moi ?

- Pas le moins du monde, ambassadeur Gal. Comme vous semblez l'avoir deviné, Spohkh S'Chn T'Gai et moi sommes vraiment mariés.

Voilà. La révélation du mariage était faite. Et d'une façon en apparence la plus naturelle du monde.

Spock s'approcha d'eux, impassible. Seul Jim entendait le cœur de son ami battre à coté du sien dans sa poitrine. Gal parut désarçonné. Il regarda autour de lui. Les membres de l'équipage, passé la surprise de cette annonce, affichaient tous un sourire complice et amusé du genre "je le savais", certains sortaient en hâte pour répandre la bonne nouvelle. Le docteur McCoy arborait quant à lui un petit air narquois.

Les autres ambassadeurs se désintéressèrent de cette discussions : quelle importance cela avait-il que ce Capitaine ait épousé son commandant en second? Ils avaient des problèmes bien plus essentiels à régler comme de lier les bonnes alliances avec les bonnes personnes pour assurer la prospérité de leur planète respective.

Seul l'ambassadeur Isambard de Victoria vint se mêler à la conversation:

- Comme cela est inattendu ! S'exclama-t-il avec préciosité. Pourquoi donc l'avoir caché ? Quoique je comprends, Ajouta-t-il, méprisant. Deux mâles, ensembles, dans la force de l'âge, on peut se poser la question: lequel des deux fait la femme ?

Si Spock et son père restèrent parfaitement stoïques, Jim et Bones eurent beaucoup de mal à conserver leur calme et à ne pas s'étrangler face à la bêtise abyssale de cette question, et cela se disait diplomate ?

- Votre question est illogique, ambassadeur. Répondit Spock. Mon époux et moi sommes tous deux porteur d'appareils génitaux et de chromosomes mâle. Je ne vois pas sur quoi repose votre supposition que l'un d'entre nous puisse "faire la femme", comme vous dites.

Malgré la teneur insultante des propos de d'Isambard, Jim adora le discours délicieusement spockiens de son vulcain. Il se contenta d'arborer son plus beau sourire de façade, celui qui n'allait pas jusqu'au yeux et qui lui donnait un air menaçant, et poursuivit :

- De plus ces genres de propos sont dégradants à l'égard des femmes.

Amanda s'interposa et passa son bras autour de celui de Jim.

-Venez, mon cher fils, raccompagnez-moi je vous prie. Je me sens un peu fatiguée. Nous accompagnerez-vous, monsieur McCoy, Spock ?

-Je vous suis, Ko-mekh. [mère]

Spock attendit qu'ils soient dans le couloir pour dire en cachant habilement son vif mécontentement :

- Je voulais justement vous épargner ces allusion homophobes malsaines, Capitaine...

- Avoir encore des propos pareil. S'indigna Bones. A notre époque !

- Il fallait s'y attendre. D'après vos fiches, Spock, la planète Victoria n'est pas reconnue pour son ouverture d'esprit. Ce n'est pas grave. Ce que ce genre de personne peut penser de moi m'est totalement égal.

Amanda s'arrêta de marcher. Elle considéra Jim avec gentillesse. Des années à vivre parmi les vulcains lui avaient appris à lire entre les lignes, à percevoir les infimes détails à travers les regards. Et ce qu'elle voyait de ces deux hommes la rendaient heureuse.

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Bones regagna son infirmerie, et Jim et Spock la passerelle. Mais leur tranquillité fut de courte durée. Uhura avait détecté l'émission de messages qu'elle ne parvenait pas à déchiffrer. Ils étaient émis et reçus au sein même du vaisseau.

- Ce n'est peut-être rien. Supposa Uhura

- Dans ce cas, pourquoi crypter ces messages ? Demanda Jim. Cela n'a aucune logique. Parvenez-vous à le déchiffrer, monsieur Spock?

Le commandant en second se pencha sur son ordi. Il analysa les séquences des message

- Non Capitaine, il n'y a aucun modèle récurent, et je ne trouve rien qui corresponde dans la base de données cryptographique, ni dans les archives.

Les deux officiers remarquèrent soudain que tous les regards étaient tournés vers eux, fixement.

- Un problème ? Demanda Kirk

- Monsieur, Avoua Uhura nous avons appris pour votre mariage.

- Et ?

- Vous continuez à vous vouvoyez et ...

- Vous préféreriez que nous travaillions en nous appelant par des fadaise sucrées du style "mon-petit-cœur-chéri" ? Ironisa Jim.

A qui s'attendaient-ils donc sur cette passerelle ? Qu'ils se fassent des papouilles et se bécotent aux quatre coins du vaisseau comme deux adolescents? Spock et lui étaient mariés, et alors ? Qu'y avait-il de plus banal qu'un mariage ? Ils n'avaient tout de même pas révolutionné le fonctionnement de l'univers avec ça! Spock s'était retourné et observa son capitaine, sentit les subtilités son agacement, le comprit, il ajouta avec sévérité :

- Cela ne serait pas du tout professionnel!

- Nous sommes sur la passerelle du vaisseau Enterprise. Poursuivit Jim avec autorité. Nous nous devons TOUS d'être professionnel. La vie et le bien-être de l'équipage, et de nos passagers, dépend de nous. Notre vie personnelle ne doit EN AUCUN CAS interférer.

- Bien, monsieur.

Uhura avait rougi, et le reste de l'équipe se replongea dans ses activités. Jim échangea un regard avec Spock. Maintenant que les choses avait été posées, il allait être possible de reprendre le travail. Le com de Jim lui signala un appel

-Kirk, j'écoute.

- Ici l'enseigne Floyd, Capitaine. On a retrouvé le corps de l'ambassadeur Gav. Il a été assassiné

- Signalez-moi votre emplacement, j'arrive. Spock, vous venez avec moi. Sulu, prenez les commandes.

- Bien monsieur

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Bones se penchait sur le mort, l'examinait avec son tricorder

- Il est bien mort, Jim. Nuque brisée. La mort a été rapide, elle remonte à moins d'une heure.

Spock se pencha, il écarta le col de la veste, et remarqua les marques sur la nuque. Il fronça imperceptiblement les sourcils. Jim était à présent capable d'interpréter la moindre micro-expression de Spock, invisible pour le commun des mortels. Jim se tendit. Il pressentait qu'il n'allait pas du tout apprécier la suite.

- Cela semble être une prise vulcaine, le Tal'shaya. C'est une forme d'exécution considérée comme miséricordieuse, car elle donne la mort rapidement et sans douleur. Cette prise est très difficile à maîtriser.

- Vous connaissez, parmi les personnes à bord de l'Enterprise, des personnes la maîtrisant ?

- Oui, Capitaine, mon père et moi.

Il y eut un froid. Ce que Jim pouvait détester cela quand son sixième sens avait raison de cette façon !

- Ce ne peut pas être vous, puisque vous ne m'avez pas quitté une seconde depuis que nous sommes revenus de la salle du cocktail... oui Bones ?

- Cet ambassadeur a remis ça avec Sarek après que vous soyez partis. Relata Bones avec embarras. Cela était assez virulent, jusqu'à ce que Sarek ne coupe court à la discussions et s'en aille.

- Votre père ne tuerait pas, Spock, si ?

- Les vulcains ne tuent pas, Capitaine. Sauf si la logique ou une bonne raison les poussent à le faire.

Jim ne put retenir un soupir.

- Allons interroger votre père...

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Amanda leur ouvrit la porte de sa cabine, visiblement contente de les voir tous les trois. Elle déchanta quand Spock lui expliqua la raison de leur visite. Sarek entra au moment où Amanda les informait de son absence. Il refusa de dire où il était allé. Jim ne put insister longtemps car le Vulcain fit un malaise.

Sarek fut amené à l'infirmerie ou McCoy l'ausculta.

-Alors, Bones ?

- L'ambassadeur a fait un infarctus du myocarde, Jim. Sans doute pas le premier car son cœur est en très mauvais état.

- Voudriez-vous préciser, Docteur? Mauvais à quel point, Docteur ? Demanda Spock

- Il me faut l'opérer de toute urgence, sinon, il ne tiendra pas deux jours.

- Oh mon Dieu! s'exclama Amanda

- Le problème, c'est qu'il va me falloir beaucoup de sang, et que je n'en ai pas qui soit compatible en réserve

- Prenez le mien. En filtrant ses composantes humaines, il sera parfaitement compatible avec celui de Sarek.

- Il en faudra beaucoup, Spock. Plus que vous ne pouvez en donner.

- Vous m'avez parlé de ce produit qui augmente l'hématopoïèse de deux cent cinquante-quatre pour cent, vous disposerez de la quantité nécessaire...

- Cela fatiguera vos rein, votre moelle osseuse et votre système lymphatique !

- Miss Chapel, voudriez-vous transmettre au docteur les résultats de mon dernier bilan de santé ?

- Je les ai là, monsieur, vous êtes en excellente santé.

Spock échangea un regard avec Jim qui acquiesça.

- C'est donc décidé. Déclara Spock. Quand commençons-nous ?

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Autour d'eux, le docteur McCoy et ses assistants s'agitaient pour préparer l'opération de Sarek. Un second meurtre avait été commis, Jim était sur les dents, mais avait fermement interdit à Spock de renoncer à cette opération. Debout, les bras dans le dos, il attendait que tout soit prêt. Père et fils se regardaient en chien de faïence. Contre toute attente, Spock pris la parole. Il le fit en vulcain afin que leurs échanges restent privés.

- Je sais que vous désapprouvez mon union avec le capitaine Kirk

- Ce mariage est illogique puisque stérile, comment pourrais-je l'approuver? Vous savez qu'il est à présent possible de rompre un lien qui s'est construit par accident lors d'une... l'union rituelle, pourquoi vous accrochez-vous tant à cet humain ?

- Père, oubliez-vous que Jim a risqué sa carrière pour m'amener sur Vulcain ? Il m'a sauvé la vie en en acceptant ce mariage, sans poser de question ni de condition. Sachez que ce lien que vous voulez rompre va bien au de-là de ce que vous avez appréhendé. Il ne s'agit pas d'une simple relation de nature romantique, comme le diraient les humains. J'y ai beaucoup réfléchi, j'ai recoupé les informations avec logique et méthode, en faisant preuve de franchise vis à vis de moi-même. J'ai compris que ce lien était déjà présent bien avant mon Pon Farr, et il était déjà très solide. Nous étions des T'hy'la, Père. Sans ce lien préalable, rien de tout cela ne se serait passé. Nous aurions pu passer notre vie entière en tant que simples frères de sang, s'il n'y avait eu cet événement révélateur. Une vie entière à nier cette simple vérité : Jim et moi sommes des âmes-sœurs, Père, nos âmes sont liées. Et ce lien se renforce jour après jour, ni vous, ni personne ne pourra jamais rien contre cet état de fait.

- J'entends cela. Répondit Sarek en cachant difficilement sa réticence, son état de santé précaire rendait son contrôle des émotion difficile. Cependant, ne souhaitez-vous pas vous assurer une descendance ?

- Certes, les progrès de la génétique nous permettent d'envisager la conception d'un enfant avec les gènes de Jim et les miens. Cependant, ce n'est pas le moment d'y penser. Et cela doit faire l'objet d'une discussion entre lui et moi.

Sarek comprit qu'il ne ferait pas changer son fils de décision. Soudain, Spock eut un haut-le-cœur de douleur:

- ... Jim !

Il se tourna vers McCoy :

- Docteur, le capitaine vient d'être blessé, vraisemblablement un coup porté par une arme blanche, à la taille...

Spock était resté parfaitement calme, en apparence. A peine étonné, mais inquiet pour Jim, Bones ne posa pas de question et s'empara de sa trousse d'intervention d'urgence. Il fit signe à deux de ses assistants de le suivre.

- Vous savez où il se trouve ?

Spock ferma les yeux pour se concentrer :

- Il vient de perdre connaissance, mais j'ai eu le temps de le repérer.

- Dépêchons-nous, je vous suis. Dites-moi, sur la planète des lianes, c'est de cette façon que vous avez su qu'il était en danger, n'est-ce pas. Vos tours de magie vulcains sont parfois fascinant...

Sareck les regarda partir. Effectivement leur t'hylara était très fort. Seul un lien puissant pouvait permettre une telle communication non verbale, et encore, même à cette condition, même entre vulcains, ce phénomène était plutôt rare. Il n'avait d'autre solution logique que d'accepter ce mariage, mais il ne pouvait toujours pas s'y résoudre.

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Avant de s'évanouir, Jim avait eu la force d'assommer son assaillant. Jim fut amené à l'infirmerie où il reprit conscience alors que Bones le soignait. Il voulut aussitôt se lever.

- Ça va, Bones, je n'ai pas le temps pour ça. Il faut que j'aille interroger le...

- ...calmez-vous, Jim. La blessure n'est pas grave, mais elle est profonde. Vous devez impérativement vous reposer !

- Où est Spock ?

- Il a reprit son poste. S'agaça Bones. Il a refusé de déléguer, arguant que la situation était grave avec ces meurtres et que c'était son devoir d'agir ainsi. Même sa mère n'a pu le faire changer d'avis.

- Oh bordel ce qu'il est têtu ! Grommela Jim.

- Vous pouvez parler ! Vous êtes pareil ! Soupira Bones. Ce qui m'inquiète c'est que si je ne commence pas rapidement l'opération, l'ambassadeur Sareck va mourir.

- Bones, tu vas m'injecter ton plus puissant antalgique.

- Qu'allez-vous faire ?

- Faire comme si je n'avais qu'une égratignure, afin que Spock revienne ici. Ensuite, Mentit Jim, Promis, je met Sulu aux commande et je reviens ici !

- C'est tout à fait imprudent de votre part ! Et je vous signale que Spock a son truc de "radar mental vulcain" qui lui permet de savoir si vous ressentez de la douleur !

- Ah, oui, c'est vrai... laissez-moi cinq minute, que je me concentre et que je cloisonne cette douleur dans mon esprit. Ensuite vous m'injecterez votre antalgique. Et surtout, endormez-le bien pendant l'opération, pour plus de sûreté.

- Que vous cloisonniez... quoi ?

- Je vous expliquerai plus tard, Bones

- Pas le peine, je ne veux pas savoir. Encore un truc vulcain je suppose. Faites votre machin de concentration.

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- Monsieur Spock, vous pouvez retourner à l'infirmerie.

- Capitaine ? Je vous croyais blessé

- Vous savez bien que Bones exagère toujours !

Spock posa sur lui des yeux tel des rayons X, tout en lançant un assaut discret dans son esprit. Jim se laissa faire, sûr de lui, il ne souffrait plus. Il détourna la pensée de Spock avec une image suggestive, ce qui fit légèrement verdir les pointes de ses oreilles, (Jim adorait faire cela) et celui-ci ne chercha pas plus loin...

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A suivre...

Tandis que Spock s'endormait, assommé par les somnifères, l'ambassadeur Isambard de Victoria fut trouvé étranglé à mort. Jim se rendit immédiatement sur les lieux, désobéissant à Bones qui lui avait ordonné de se tenir tranquille...


WIKIPEDIA hématopoïèse : étapes de la fabrication du sang par l'organisme : étapes successives de la prolifération et de la différenciation des cellules souches multipotentes, engendrant plusieurs générations de progéniteurs et de précurseurs dont la différenciation terminale fournit les trois lignées de cellules sanguines matures...(ya trop de mots dans cette phrase ^^' )

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