Coucou tout le monde !

La fin de cette fic est proche :'( Je suis très heureuse de vous l'avoir fait découvrir en tout cas !

Je vous l'ai déjà demandé mais est-ce que certains d'entre vous font des RPG ? J'en ai ouvert un il y a quelques mois sur Facebook et il reste encore quelques personnages de Glee libres ! Si vous êtes intéressés ou juste curieux, n'hésitez pas à m'envoyer un message privé !

Merci au nouveau follow de cette semaine.

Merci à Célia et à ma Meryem d'amour pour vos adorables reviews ! Vous êtes géniales toutes les deux !

Lien pour la fic originale (ajouter . com après tumblr et retirer les espaces) : klaineficspdfs . tumblr/post/34927799357

Chapitre 20

« Vous- Vous êtes le père de Blaine ? » s'étrangle Kurt.

« Jusqu'aux dernières nouvelles, oui. »

Kurt sait que ses yeux et sa bouche sont grand ouverts sous le choc de la nouvelle mais il ne peut pas rien faire pour changer cela pour le moment. Il arrive seulement à fixer l'homme et à se demander comment il a pu ne pas rassembler les pièces du puzzle plus tôt. Il est à Westerville . Il n'a fait attention à aucun panneau sur la route, à rien du tout hormis les endroits où Blaine aurait pu s'arrêter. Blaine a mentionné être allé au lycée à Westerville.

Bordel, comment a-t-il pu être aussi aveugle tout ce temps ?

Il sait maintenant pourquoi cet éclat dans le regard de l'homme lui est aussi familier : c'est un trait de famille.

S'il ignore les quelques mèches grises, Kurt peut facilement voir que l'homme qui se tient devant lui a les mêmes cheveux que Blaine. Son nez aussi. Et ses sourcils. Oh Dieu, c'est tellement bizarre.

« Est-ce qu'il- il était ici ? » demande Kurt, faisant de son mieux pour ne pas le bombarder de toutes les questions qui lui traversent l'esprit. Si vous êtes vivant, pourquoi Blaine ne vit pas avec vous ? Si vous êtes ici, pourquoi Blaine vit dans la rue à deux heures de votre maison ? Si vous êtes ici, pourquoi n'est-il pas avec vous ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce que vous lui avez fait ? Pourquoi est-il parti ? Pourquoi votre femme est partie ? Pourquoi a-t-elle emmené votre fils avec elle ?

La réponse de Monsieur Anderson efface toutes ses interrogations.

« Il est venu me voir il y a quelques semaines. » déclare l'homme, ayant presque l'air blasé, « Il voulait savoir si j'avais des informations sur sa précieuse maman. »

Kurt retient de justesse le halètement sur ses lèvres.

« Elle est- enfin, qu'est-ce que vous lui avez dit ? »

« Seulement la vérité. » crache monsieur Anderson.

Il se balance sur place, clairement alcoolisé, et ne semble pas le moins du monde dérangé par l'information qu'il donne à Kurt.

« Elle s'est fait tirer dessus quelque part à Détroit. »

Cette fois, Kurt halète bruyamment.

Oh Dieu, non.

« N'aie pas l'air aussi surpris. » dit Anderson, « Elle l'a bien cherché. C'est tout qu'elle mérite pour s'être barrée avec mon fils en pensant pouvoir survivre dehors. Comme si elle connaissait quelque chose à la survie. Elle est née avec une putain de cuillère en argent dans la bouche et elle n'a jamais travaillé de sa vie. Elle ne s'est même pas bougée pour avoir un vrai divorce. Peut-être que si elle avait une moitié de cerveau et que son cher papa ne lui avait toujours pas tout servi sur un plateau avant de passer l'arme à gauche, elle aurait divorcé et n'aurait pas fini pire qu'un rat d'égout. »

Kurt n'a jamais entendu de choses aussi cruelles sortir de la bouche de quelqu'un de toute sa vie. Il s'est fait insulté, harcelé, maltraité très longtemps mais il n'a jamais entendu quelqu'un parler aussi durement, aussi méchamment d'un autre être humain. En plus, il balance tout ça au visage d'un inconnu devant chez lui, comme si c'était tout à fait normal.

Il ravale la bile qui lui monte dans la gorge et se force à poser les bonnes questions.

« Vous- Vous étiez encore mariés quand ils sont partis ? » interroge-t-il, espérant réussir à cacher l'inconfort qu'il ressent.

« Comment j'aurais su ce qu'il lui est arrivé d'après toi ? Techniquement, j'étais encore un membre de sa famille et le seul qu'il lui restait apparemment. Ils n'ont contacté que moi quand ils l'ont trouvée. »

« Comment ils ont réussi à l'identifier ? »

L'homme pouffe de rire, semblant amusé - surtout dérangé, selon Kurt.

« Elle était déjà dans les fichiers de la police. » explique presque joyeusement Anderson, « Elle s'est fait arrêtée pour possession de drogues et a passé quelques nuits en taule. »

Kurt secoue la tête, s'efforçant à m'être de côté tout ce qu'il vient d'apprendre. Blaine est important, pas le passé douteux de sa mère. Il n'aurait jamais dû demander.

« Donc il est venu vous voir. » clarifie Kurt, revenant au sujet qui l'intéresse, « Est-ce qu'il vous a dit où il allait après que vous lui ayez raconté ce qui est arrivé à sa mère ? »

« Il voulait savoir où elle était enterrée. Je lui ai dit qu'elle était à Pioneer et il est parti. »

Quelque chose explose en Kurt.

« Et c'est- c'est tout ? » s'exclame Kurt avec horreur, la colère prenant le contrôle de son corps malgré tous ses efforts, « Vous- C'est votre fils et vous l'avez laissé s'en aller comme ça ? Il est à la rue depuis deux ans ! »

« Il aurait pu revenir quand il le voulait. » crache l'homme, « Mais non. Il a préféré crever de faim dans la rue plutôt que d'accepter mon aide. »

« Je comprends pourquoi. » rétorque Kurt avec véhémence.

Au lieu de se vexer, Anderson sourit grandement d'un air narquois et malicieux.

« T'as du tempérament, hein ? »

« Pardon ? »

« Je ne suis pas surpris. » dit l'homme, « Blaine est allé vers son exact opposé. Il a toujours été calme et silencieux. Il s'est toujours fondu dans la masse. »

« Sachez que Blaine sait se battre et se défendre sans l'aide de personne. Ce n'est visiblement pas grâce à vous. »

Kurt ne mentionne pas qu'il a presque vu l'étincelle qui anime Blaine s'étouffer et s'éteindre complètement. Il ne dit rien car cet homme, ce méprisable être humain n'a pas besoin de savoir que son fils était aussi à deux doigts de disparaître. Blaine est plus fort maintenant.

Et très, très, loin d'être brisé.

« Merci pour votre temps, monsieur Anderson. » lance-t-il sèchement.

« Oh, je pense que nous nous reverrons. » dit Anderson, restant évasif.

« J'espère que vous avez tort. »

Sur ce, Kurt tourne les talons, ignore la porte qui claque dans son dos et retourne vers sa voiture.

OoOK&BOoO

Kurt déteste les cimetières. Ils sont trop calmes et froids et l'atmosphère y est inconfortablement lourd et étouffant. Des corps pourrissent six pieds sous terre sous ses chaussures et il ne comprendra jamais pourquoi les gens pensent qu'il est acceptable de traiter leurs morts de cette manière, avec une simple pierre tombale gravée de dates et de jolies phrases qui résument la vie d'une personne. Il grimace en approchant du cimetière de Pionneer et repense au jour des funérailles de sa mère - comment faire autrement. Elle aussi a été traitée comme ça et, parfois, Kurt aurait aimé être plus âgé lors de son décès. Il aurait peut-être pu convaincre son père de la faire incinérer et de planter un arbre en son honneur. Il aurait largement préféré chérir cet arbre plutôt que de lui rendre visite dans un cimetière.

La mère de Blaine est enterrée dans celui-ci au milieu de tous les autres. Elle est ici et Blaine n'a pas eu l'opportunité de lui dire au revoir parce qu'il n'avait pas la moindre idée de ce qui lui était arrivée. Blaine a tellement souffert. Bien trop souffert.

Comment l'univers peut-il être aussi terriblement cruel avec un garçon ?

Kurt se sent physiquement mal mais il met ses pensées de côté et entre dans le cimetière. Il ne connaît même pas le nom de cette femme. Il cherche tout de même le nom Anderson, ne s'attardant pas sur les personnes décédées au cours des années précédentes. Il lui faut presque une heure pour la trouver.

L'herbe n'a pas encore repoussé et la terre brute est visible. Une croix blanche et fine surmonte la tombe et porte le nom de Samantha Anderson. La date de la mort correspond.

Un bouquet de tulipes blanches fanées est posé au pied de la croix.

Kurt sait immédiatement qu'elles viennent de Blaine et qu'il a dépensé ses derniers dollars pour pouvoir les acheter.

Pour pouvoir les offrir à sa mère.

Kurt ignore ses réservations et ses opinions personnels au sujet des funérailles et repousse ses propres problèmes en s'asseyant par terre, devant la tombe de la femme. Il regarde la terre retournée et les quelques brins d'herbes qui commencent à apparaître.

« B-Bonjour. » débute-t-il même si sa gorge est trop serrée pour continuer.

Il essuie ses joues, surpris de découvrir qu'elles sont humides.

C'est tout ce qu'il lui reste : une discussion à sens unique avec une femme décédée qu'il n'a jamais rencontrée. Il déteste ça.

Mais elle a été importante pour quelqu'un et ce quelqu'un est plus important que quiconque pour lui alors il enchaîne.

« Vous- Vous ne me connaissez pas. » tente-t-il à nouveau, « Mais je connais votre fils. Enfin, je l'ai connu. Non pas qu'il soit- Je veux, il est toujours vivant. Quelque part. Ça fait juste longtemps que je ne l'ai pas vu. Mais je le cherche, je vous le promets. Je m'appelle Kurt. »

Kurt remonte ses jambes contre son torse, pose son menton sur ses genoux et encercle ses cuisses de ses bras pour se réconforter comme il peut.

« Blaine a dit que vous preniez soin de lui. Vous- Vous lui manquez beaucoup. J'aurais aimé que vous puissiez le voir une dernière fois avant de- Il allait beaucoup mieux que quand vos chemins se sont séparés. Il a vécu chez moi quelques temps, il vous l'a dit ? »

Un rire malheureux s'échappe de la bouche de Kurt.

« On le connaissait à peine mais on l'a laissé s'installer chez nous. C'est dingue, non ? »

Il marque une pause et fixe son nom sur la croix.

« Je ne pouvais pas m'en empêcher. Blaine est- Il est incroyablement gentil et essaie toujours de penser au bien-être des autres avant le sien. Je me demande s'il tient ça de vous. Si c'est le cas, juste merci. C'est comme s'il- s'il avait cette lueur brillante au fond de lui et il croit que tout ce qu'il touche se flétrit et finit par mourir mais ce n'est pas vrai. Il embellit et rend meilleur tout ce qu'il touche. Il a fait de moi une meilleure personne et, maintenant, je ne sais pas où il est, je ne sais pas s'il- s'il est en sécurité, s'il a chaud, s'il a faim ou s'il est malade et je suis désolé. Je le cherche. Je fais tout ce que je peux, je vous le promets. »

Kurt se met ouvertement à sangloter après avoir fini son discours. La tristesse et la culpabilité s'installent dans le creux de son ventre et semblent le lacérer de l'intérieur. Il parle à la tombe de la femme qui a offert à Kurt le plus beau des cadeaux et il ne peut même pas la remercier comme il se doit. Il ne peut pas lui serrer la main ou embrasser sa joue. Il ne peut rien faire. Alors il pleure. Il pleure pendant une éternité devant la croix gravée du nom de cette femme. Il pleure pour tout ce qu'il a fait et tout ce qu'il ne peut pas faire. Il se confesse grâce à ses larmes. Elles sont la preuve de tous les sentiments qu'il a dans son cœur, tous ses échecs et de toutes ses réussites.

Il ne pleure jamais autant quand il rend visite à sa propre mère.

Ses sanglots cessent au moment où un papillon arrive. Il est très joli - un simple monarque - et il se pose sur la jointure de ses doigts.

L'arrivée de l'insecte l'aide à calmer sa respiration, sans qu'il sache vraiment pourquoi. Il observe la petite créature et inspire, sentant le printemps pour la première fois cette année. Le printemps est synonyme de renaissance, non ? Le monde se colore à nouveau et offre une chance de tout recommencer à zéro. Plus il fixe le papillon et plus la douleur... s'évanouit. Comme si c'était juste un mirage.

« Je suis amoureux de Blaine. » dit-il à voix haute pour la première fois, « Je suis amoureux de votre fils parce qu'il est le garçon le plus courageux et le plus gentil que j'ai jamais rencontré. »

Le papillon s'envole et se pose au sommet de la croix blanche.

« Je vais le retrouver. Je vous le jure. Je vais le retrouver et le ramener à la maison. Je vais le garder en sécurité et je veillerais sur lui. »

Il se met debout et balaie la poussière sur son pantalon d'un geste de la main. Il ne pense pas à toutes les choses que le père de Blaine lui a dites à son sujet, à propos de la prison ou de la drogue. Il ne pense pas aux choses que Blaine lui a racontées cette dernière nuit qu'ils ont partagée tous les deux. Ces sombres secrets sont enterrés avec son corps et ils n'ont aucun importance à cet instant. Parce que c'était la mère de Blaine, la femme qui a offert à son fils un cœur en or, une âme pure et la vie.

A ce moment, Kurt ne ressent rien de plus que de la reconnaissance pour elle.

« C'était un plaisir de finalement vous rencontrer, madame Anderson. »

Le Soleil est en train de se coucher. Il doit rentrer à la maison auprès de sa famille.

Mais demain sera un autre jour.

Et le printemps est arrivé.