Gu-vam-lar t'Ang'jmizn
[ Les devoirs d'un Capitaine ]
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Précédemment...
Spock posa sur lui des yeux tel des rayons X, tout en lançant un assaut discret dans son esprit. Jim se laissa faire, sûr de lui, il ne souffrait plus. Il détourna la pensée de Spock avec une image suggestive, ce qui fit légèrement verdir les pointes de ses oreilles, (Jim adorait faire cela) et celui-ci ne chercha pas plus loin...
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Tandis que Spock s'endormait, assommé par les somnifères, l'ambassadeur Isambard de Victoria fut trouvé étranglé à mort, dans sa cabine. Jim se rendit immédiatement sur les lieux, désobéissant à Bones qui lui avait ordonné de se tenir tranquille. Hormis la maladresse évidente avec laquelle ce meurtre avait été commis, Isambart n'avait pas été que étranglé, il y avait du sang, du sang partout. Le tueur s'était visiblement acharné, même après la mort de sa victime. Mais le meurtrier avait utilisé des gants, les nombreux indices trouvés sur place ne menèrent à rien de concret.
Jim retourna donc à son fauteuil de commandement d'où il suivi le déroulement de l'enquête, qui n'avançait guère, à son plus grand agacement. Son communicateur lui signala un appel.
- Oui, Scotty ?
- Au fait, Jim, toutes mes félicitations pour l'annonce de votre mariage !
Quelle mouche avait piqué Scotty ?
- Vous m'appelez sur la passerelle pour me dire ça ? S'énerva Jim froidement. Vous êtes au courant de tous ces meurtres et vous n'avez rien de mieux à faire ?
Scotty toussota, comprenant sa bévue avec retard.
- Euh, non, Pas pour ça, Capitaine, Bafouilla Scotty. S'cusez. Je voulais juste détendre un peu l'atmosphère...
Jim soupira. Scotty était un gars au grand cœur, mais si maladroit parfois, et le meilleur des ingénieurs de la flotte. Jim s'adoucit, il était un peu trop sur les nerf. Il se rendit compte qu'il s'inquiétait pour Spock. Il avait fait poster des gardes devant l'infirmerie, mais ne se sentait pas tranquille pour autant. Jim prit une grande respiration. Il ne devait pas laisser ses soucis personnels altérer son humeur et interférer avec son commandement. Il demanda calmement à Scotty:
- Quelle est la raison de votre appel ?
- Il y a ici une chose ici que vous devriez venir voir.
- C'est important ?
- Oh oui, Capitaine, je dirai même... explosif.
- Bien, j'arrive. Sulu, vous prenez le commandement.
Jim descendit rapidement à la salle des machines.
- Bien, Scotty, il y a intérêt à ce que ce soit important !
L'écossais le guida à travers les étroites coursives, et lui montra la raison pour laquelle il l'avait fait venir.
- Scotty. Est-ce que c'est bien ce que je crois que c'est ?
- Ouaip. Une bombe artisanale, faite par un foutu amateur du dimanche !
- Vous pouvez la désamorcer ?
- Déjà fait, Capitaine.
- Parfait. Vous êtes toujours aussi efficace, Scotty !
- Merci, chef!
Jim s'agenouilla lentement devant l'engin, sa blessure le tirailla. Ce n'étais le moment. Il fit un effort de concentration pour remettre sa douleur derrière ses barrières mentales, afin d'avoir l'esprit libre pour réfléchir. Cette technique étaient décidément très pratiques.
- Quels dégâts aurait fait cette bombe, si elle avait explosé correctement ?
- Considérables, Capitaine, principalement une rupture d'alimentation de l'énergie dans tout le vaisseau, qui serait parti à la dérive. Il faut coincer ce sagouin !
- Pensez-vous pouvoir simuler une explosion disons partielle, avec une déflagration crédible?
- Oui, c'est possible.
- Et ensuite de couper l'alimentation générale, et brancher l'auxiliaire à la place, excepté à l'infirmerie où Bones est en train de pratiquer une opération délicate et importante ?
- Bien sûr, mais dans quel but ?
- Convenez avec moi que cette bombe est très mal cachée, et si je vous ai bien compris, fort mal conçue.
- Ça on peut le dire. Approuva Scotty. Le travail d'un foutu amateur !
- Je pense que nous avons affaire à un incompétent doublé d'un idiot, Scotty. Je suis persuadé que s'il se rend compte que sa bombe a échoué en partie, il reviendra en poser une autre pour finir son sabotage. Ils ne doivent être que deux à être impliqués dans ce complot : les messages que Uhura a intercepté ne provenait que de deux sources différentes. Je présume que la tête pensante est l'Andorien qui a essayé de me tuer, après avoir assassiné l'ambassadeurs Gal. Lui était un professionnel, que j'ai eu beaucoup de mal à assommer.
- Mais pourquoi font-ils tout ça ?
- Je suppose que leurs commanditaires veulent faire avorter la conférence de Babel. Puisque la tête pensante est sous les barreaux, son complice essaye autre chose pour la faire saborder. Apparemment, les meurtre lui sont plus difficiles à accomplir depuis que nous avons relevé les niveau de protection autour de nos invités au niveau rouge. Et une bombe lui a dû lui sembler plus... facile
Jim se releva lentement :
- Au fait, Scotty rassurez-vous, je n'ai pas oublié que je vous dois une bouteille...
- Je le sais, chef ! Sourit Scotty, flatté de la confiance que son Capitaine lui avait accordée en lui confiant le secret de ce mariage.
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Tout ce passa comme prévu. Scotty orchestra une superbe explosion avec déflagration et fumées. Le navigateur Sulu fut mit dans le secret et provoqua un magnifique sursaut du vaisseau pile au bon moment. L'alimentation générale fut coupée et remplacée par l'auxiliaire. Enfin le Capitaine James T Kirk diffusa une annonce dans tout le vaisseau pour informer les passagers qu'un incident technique avait eu lieu, mais qu'il ne fallait pas s'inquiéter car tous ses ingénieurs étaient mobilisés et maîtrisaient la situation. Comme prévu, le terroriste revint. Il était habillé de la même façon qu'un membre de l'équipage. Il voulut profiter de l'apparente pagaille panique, efficacement mise en scène par les hommes de Scotty dans la salle des machines, pour renouveler son forfait.
- Là ! S'exclama Jim derrière l'écran qui diffusait les images des caméras de surveillance. Cet homme ne fait pas partie de mon équipage !
Il bondit hors de la pièce en courant, oublieux de sa blessure, suivit de prêt par Scotty et plusieurs yeoman de sécurité. Il fut le premier sur les lieux. Pris au piège, le terroriste tenta de se défendre, mais ne résista pas aux coups de poings efficaces qu'un Jim furieux lui envoya au visage. Il tomba sans connaissance.
- Jim. Demanda Scotty. Vous connaissez le visage des quatre cents membres de l'équipage ?
- Evidemment. Le stricte minimum : les visages-noms-qualifications-postes de chacun. Et encore, je suis sûr que Spock, lui, peut vous réciter de tête leur carrière et leur profil psychologique ! Mais en quoi cela vous étonne-t-il ? Ne suis-je pas le Capitaine?
Scotty ferma sa bouche quand il se rendit compte qu'elle était ouverte. Jim le put retenir un sourire amusé par la réaction de son ingénieur en chef. Sa tension retombait. Ils avaient attrapé le second tueur. Son instinct lui disait que son équipage, ses passagers, et Spock, étaient à présent à l'abris du danger.
- Bon, vous deux, emmenez cet idiot à l'ombre. Les autres avec moi. Trouvez ses quartiers, nous allons les fouiller immédiatement.
L'idiot portait des traces de griffures qu'il avait reçues lors de l'assassinat d'Isambart. Ses quartiers furent fouillés, et la bêtise de celui-ci dépassa toutes les espérances de Jim. Ils trouvèrent son arme encore tachée de sang, ainsi que tous les documents nécessaires pour remonter jusqu'aux commanditaires de ces attentats.
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Jim retourna à l'infirmerie avec le sentiment du devoir accompli, soulagé mais épuisé. Il s'allongea péniblement sur la couchette, il n'avait plus la force de maintenir ses barrières mentales, et la douleur était revenue, plus violente que jamais, lui faisant serrer les dents.
Bones était furieux contre lui, tellement courroucé que Jim ne fut pas en mesure d'émettre un mot pour le contrer, tant il était volubile dans sa colère :
- Bon sang, Jim ! Je ne peux décidément pas vous faire confiance ! Vous êtes en train de me faire une hémorragie ! Vous m'aviez promis de ne rien faire de violent et vous vous êtes encore battu ! Non, ce n'est pas une question! Et ne me contredisez pas, je vois bien ces marques sur vos poings !
Miss Chapel aida Jim à enlever sa tunique. Bones se pencha pour l'ausculter :
- Ce n'est pas vrai, Jim! S'emporta-t-il à nouveau. Non seulement la plaie s'est rouverte, mais elle s'est aggravée ! Depuis combien de temps est-ce qu'elle pisse le sang comme ça ? Je vais devoir vous faire une transfusion sanguine !
Sur le lit d'en face, Spock était en train de reprendre conscience. Plus que les vociférations de Bones, auxquelles il ne prêtait plus attention depuis longtemps, ce fut la souffrance de Jim qui le réveilla d'un coup dès que son esprit émergea du sommeil artificiel.
- Jim ?
- Nam-tor nash-ve rom, Spock [je vais bien], S'exclama aussitôt Jim qui ressentit comme un coup dans le ventre l'inquiétude de Spock, Bones va bien vite me réparer.
- "Bones va bien vite me réparer". Railla le médecin en imitant le ton de Jim, tout en lui prodiguant ses soins avec douceur et efficacité. "Donc pas la peine de faire attention à ma santé !" Un jour on va vous ramener en pièces détachées! Je suis médecin, Jim, pas faiseur de miracle !
- Comment va l'ambassadeur Sarek ? Demanda Jim.
Après tout, il avait fait tout cela pour que Bones ait une opportunité de sauver la vie de cet ambassadeur (et accessoirement le père de Spock)
- Il va bien, sa vie n'est plus en danger. Répondit Bones. L'opération s'est bien déroulée. Il s'est mis dans cette bon sang de transe de guérison. Heureusement que son secrétaire m'a prévenu de ce que c'était, j'ai cru un instant qu'il était mort ! Sauf que je me serai bien passé de ce tour de manège, qu'est ce que c'était ?
- Désolé, Bones, mais c'était indispensable pour arrêter les assassins. Ils avaient posé une bombe en salle des machines !
- Mais l'explosion ? Demanda Bones. Ça a fait un boucan d'enfer !
- Une manipulation pour le piéger.
- Comme vous l'avez fait pour me convaincre de rester ici pour l'opération de mon père. Déduisit Spock.
- J'avoue, Spock, je vous ai menti. Admit doucement Jim avec un léger malaise. Je ne l'ai pas fait de gaieté de cœur, croyez-moi. Vous le savez, je suis responsable de la vie de tous mes passagers. Ma mission est d'amener tous les ambassadeur à Babel, dont votre père. Et nous en avons eu trois d'assassinés. Je sais que cette blessure est impressionnante, mais à aucun moment je n'ai mis ma vie en danger, vous me l'avez dit vous-même, Bones...
Bones grommela des mots indistincts sur l'inconscience pathologique de Jim face à la notion de danger...
- ...j'ai accompli mon Gu-vam t'Ang'jmizn [Devoir de Capitaine] J'ai donc fait ce qui m'a semblé le plus logique. Vous êtes le premier à agir ainsi, puisque vous étiez retourné à la passerelle quand j'ai été blessé.
- En effet. Comment êtes-vous parvenu à me cacher votre état ?
- Les supers médicaments de Bones, et votre technique des Temok-kashkau-lar [barrières mentales].
Spock hocha la tête, incapable d'en vouloir à Jim. Présenté ainsi, il n'avait effectivement fait que son devoir. En tant que vulcain, il comprenait et approuvait totalement la notion de Gu-vam t'Ang'jmizn. Il fut honnête avec lui-même, il était fier de son Capitaine. Vraiment très fier et admiratif, et de plus d'une façon : son courage, sa force intérieure, son abnégation, son intelligence, l'efficacité avec laquelle il avait mis en pratique l'utilisation des barrières mentales qu'il lui avait enseignées... et fier d'avoir le privilège d'être l'époux d'un humain aussi exceptionnel... et tant pis si éprouver de telles émotions n'était pas conforme aux contraintes du contrôle vulcain.
Jim ressentit l'onde de bien être qui se dégageait des émotions qu'il percevait en Spock. Il sut qu'il était pardonné pour son mensonge et se sentit libéré d'un poids dont il n'avait pas eut conscience : il n'aimait pas mentir à ami. Il lui adressa un beau sourire.
- Bien. Encore un mot en vulcain, Jim, et je vous promets que vous assomme ! Maintenant, silence. Vous avez besoin de prendre du repos. Tous les deux. Vous pourrez recommencez à flirter demain
- Mais nous ne... Tenta Spock
- J'ai dit SILENCE ! Vous avez ordre de vous reposer !
Spock haussa un demi sourcil réprobateur, Jim fit une mine boudeuse, mais ils obéirent.
- Ah, comme c'est agréable ! Pour une fois, c'est moi qui ai le dernier mot !
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Jim et Spock dormirent quelques heures. Puisque que leur façon de parler mi-Vulcain mi-standard vrillait les nerfs de Bones, Jim parla ainsi dès leur réveil, à la fin de la journée, rapidement imité par Spock qui avait comprit le but de cette manœuvre. Cela fonctionna à merveille : exaspéré, le docteur les laissa sortir, à la condition express de rester "bien sage"
Quel soulagement de retrouver enfin leur quartiers. Ils se débarrassèrent de leur vêtement. Spock enfila un cafetan et Jim resta en boxer. Son pansement argenté contrastait avec sa peau.
Jim s'allongea sur leur futon, sur le dos, en position étoile de mer, conscient de la puérilité de sa position, mais il s'en fichait. Il avait bien gagné le droit de se détendre ! Il eut un long soupir :
- Aaah ! Bordel ! T'forti! [Enfin !] La journée a été épuisante !
Spock s'assit à coté de lui. Jim reprit :
- Bon, et bien maintenant ça y est tout le monde est au courant !
Spock comprit l'allusion.
- En effet, Jim.
- Et Bones qui nous a interdit de fêter ça !
Le cœur de Spock gonfla dans sa poitrine : même si Jim n'avait pas conscience de ce que ce mariage représentait pour lui, il lui était agréable de l'entendre en parler ainsi.
Jim se roula sur le coté pour s'asseoir à coté de Spock, avec des gestes précautionneux. Les antalgiques avaient cessé d'agir et Bones avait refusé de lui en donner d'autre. De son coté, Spock se sentait encore affaibli par la longue transfusion et l'anesthésie. Il se leva et se saisit de sa lyre vulcaine. Il revint près de son époux, et joua pour lui, des airs doux et apaisants. Jim se rallongea. Spock le sentit se détendre tout contre lui.
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L'estomac de Jim décida de faire valoir ses besoins en émettant un bruit incongru, au beau milieux d'une délicate mélodie. Jim se sentit rougir.
- Oups, je suis désolé, Spock !
- Ce n'est rien. Vous devriez vous alimenter, Jim. Je vais vous chercher de quoi manger.
Spock se leva et sortit de la chambre quelques minutes. Il revint avec un gros fruit vert dans les mains, que Jim reconnut tout de suite :
- Savas t'Oko'lap Omeku ha ? [Un fruit d' Oko'lap Omeku ?]
- Ha [oui] J'en ai récolté plusieurs avant notre départ de sa planète, que j'ai déposés dans le conservateur ionique. Elle les a produit spécifiquement pour nous.
- Je vois... Nu'du, fai-tor'tor du nash-veh tsat ! [Vous aussi, vous savez me faire des cachotteries !]
Spock s'assit à coté de Jim et lui tendit le savas. Jim lui saisit le poignet et guida la mains de Spock vers ses lèvres. Il mordit sensuellement dans le fruit, en posa sur lui un regard mi-aguicheur mi-joueur. Le cœur de Spock eut un raté... Aitlu-yehat, Jim Asahya-yehat [Désirable Jim adoré]
Jim posa ses lèvres dégoulinantes de sucs sur celles de Spock, et partagea cette bouchée avec lui, à même sa bouche. Puis il lécha avec gourmandise le jus qui avait coulé sur son menton. Spock se prit au jeu avec délice. Ils partagèrent le fruit, par petites bouchées, voluptueusement, mignardant le jus qui coulait sur leur visage. Et quand il n'y eut plus de fruit, ils s'embrassèrent longuement, serré l'un contre l'autre.
- Ooh, Spock... Gémit Jim d'une voix troublante. Aitlu nash-veh weht ! Bolau nash-veh weht [j'ai envie plus, j'ai besoin de plus]
Doucement, Spock retira le boxer de Jim, puis se dénuda. Il l'incita à s'allonger sur le coté opposé à sa blessure et se coucha contre lui, de façon à ce que leur pubis se touchent presque. Jim comprit, il posa sa tête sur le bras tendu de Spock, tout contre son épaule. Son érection fut immédiate. Les vrilles de Spock enlacèrent tendrement les deux pénis. Ils posèrent leur mains sur leurs sexes, les serrant l'un contre l'autre, les doigts enlacés, dans des mouvements de va et vient, facilités par les secrétions du pénis de Spock. Ils bougèrent à peine. Ils prirent le temps de faire monter lentement le plaisir, tout en s'embrassant langoureusement. Leurs esprits se frôlaient, se caressaient, se partageaient leurs délices. L'orgasme fut à la fois très profond et très doux, à la fois physique et mental. Décidément, Jim adorait le sexe à la vulcaine...
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à suivre
Le lendemain matin, Jim et Spock se rendirent à l'infirmerie comme Bones l'avait exigé.
J'ai voulu mettre un peu en scène notre Jim dans son rôle de Capitaine. Bon, il n'a toujours pas compris ce qui se passe entre Spock et lui. Mais trouvez-vous qu'il a été à la hauteur en tant que Capitaine ?
Avez-vous aimé ?
