Coucou tout le monde !

J'espère que vous allez tous bien et que votre semaine a bien débuté !

Merci aux nouveaux fav et follows depuis dimanche !

Merci à Célia et à Meryem d'amour pour les reviews toujours constantes et adorables !

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Chapitre 21

« Kurt. » dit Rachel d'un ton doux en posant sa main sur son épaule, « Qu'est-ce que tu fais ? »

Kurt lève les yeux de l'écran de son ordinateur et du calepin sur lequel il est en train de noter toute une liste d'adresses.

« Je cherche des refuges et des soupes populaires aux alentours de Westerville. » annonce-t-il, « Qu'est-ce que tu crois que je fais ? »

Le regard de Rachel devient triste et presque compatissant. Il se détourne d'elle et se replonge dans ses recherches. Il ne veut pas qu'on le prenne en pitié. C'est la dernière chose dont il a besoin.

« Ça fait un mois. » chuchote-t-elle, « Tu crois qu'il y a toujours une chance que tu le trouves ? »

« Je dois essayer. »

« Mais tu- écoutes, je sais que ça compte beaucoup pour toi et je sais qu'il compte beaucoup pour toi mais tu penses à ta vie ? Aux choses que tu aimes, comme- comme l'école, les Nationales, la NYADA ? »

« Crois-le ou non, la santé et la sécurité d'un autre être humain sont plus importantes pour moi qu'une première place aux Nationales ou qu'une lettre d'admission dans une école. »

Rachel soupire derrière lui et il entend les froissements de ses vêtements lorsqu'elle se déplace pour s'asseoir au bord de son lit.

« Et nous ? » demande-t-elle doucement, « Et tes amis ? Tu sais, ça fait plus d'un mois que tu n'es pas venu prendre un café au Lima Bean avec nous. Notre dernière soirée pyjama avec Mercedes remonte avant Noël et Brittany commence à croire que tu ne veux plus être amie avec elle parce que tu n'acceptes pas le mode de vie de son chat. »

Kurt renifle à cette idée bien trop farfelue. Il lâche ensuite son crayon et fait pivoter sa chaise pour faire face à son amie.

« Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? » interroge-t-il avec un haussement d'épaules.

« Pourquoi tu ne nous as jamais parlé de Blaine avant qu'il disparaisse ? » s'enquiert Rachel, « Tu sais qu'on l'aurait accepté, SDF ou non. »

« Ça n'a rien à voir avec ce dont j'avais envie. Il voulait que personne ne soit au courant, d'accord ? Il avait honte de beaucoup de choses et il se battait vraiment fort pour refaire surface. Sa vie était- elle était horrible avant qu'il vienne vivre avec nous. Je ne connais pas tous les détails mais je peux te dire que c'était encore pire que ce que tu peux imaginer. »

Il s'arrête et la regarde, sachant que la fatigue et le désespoir qu'il ressent sont probablement visibles sur son visage.

« J'ai rencontré sa mère l'autre jour. » informe-t-il.

« Q-Quoi ? Comment- »

« J'ai trouvé sa tombe, » continue-t-il, « dans un cimetière de Westerville. »

Elle halète et les larmes apparaissent immédiatement dans ses yeux.

« Kurt- »

« Et j'ai rencontré son père, en face à face cette fois, et il est pour le moins désagréable. Je ne sais pas pourquoi Blaine et sa mère sont partis mais si cet homme est la cause de leur départ, je n'ai aucun mal à comprendre. Il est horrible. Rien que penser à Blaine avec lui dans cette maison ou dans la rue avec sa mère à se battre chaque jour pour trouver de la nourriture et juste vivre... Je ne peux- je ne peux pas. Je ne peux pas. »

« Je ne comprends pas pourquoi tu t'infliges tout ça. » dit Rachel, « Il a visiblement beaucoup souffert mais tu ne vois pas que tu te fais aussi du mal ? Ce n'est peut-être pas la même chose mais cette situation... te pousse plus bas que terre. Tu ne peux pas continuer, pas pour une seule personne. »

Kurt pointe son regard le plus suppliant sur Rachel, essayant désespérément de faire comprendre son point de vue à son amie. Son père ne fait que tenter de l'apaiser d'après lui et, même si Kurt adore Carole, elle ne peut pas saisir ce que Blaine représente pour lui. Personne n'y arrive. C'est impossible car personne ne sait que Kurt est amoureux de Blaine. Ce n'est un acte de charité, un geste citoyen ou même une bonne action.

Blaine tient son cœur entre ses mains et il doit s'assurer que tous deux sont en sécurité et heureux et non pas mourants sous un pont délabré dans un coin perdu des États-Unis.

« Ce n'est pas parce qu'il n'est qu'une seule personne qu'il n'est pas important. » explique Kurt comme il peut, « Et ce n'est pas parce que je ne suis qu'une personne que je n'ai pas le pouvoir de l'aider. Tu as raison. Je suis désolé. Je vous ai tous ignorés parce que je suis vraiment inquiet pour lui. Je t'aime, d'accord ? Tu es ma meilleure amie. Vous êtes tous mes amis et je ne pense pas que je serais toujours sain d'esprit si toi et Mercedes et tous les autres du Glee Club n'aviez pas été là. Mais Blaine- Il m'a changé. Il m'a changé de la plus profonde manière. C'est exactement pour ça que je ne peux pas rester assis là et penser à des trucs comme le lycée ou les Nationales alors que quelqu'un à qui je tiens est dehors et est peut-être- il est peut-être- »

Il ne finit pas sa phrase. Il ne peut pas.

Blaine peut très bien être mort. C'est une réelle possibilité en fonction de l'endroit où il se trouve en ce moment, de la quantité de nourriture qu'il a à sa disposition et des personnes qu'il a rencontrées. C'est la visite au cimetière qui a fait réaliser Kurt que la mort est une option très plausible.

Tout peut arriver. Des malheurs se produisent tous les jours et avec la malchance terrible de Blaine... C'est encore plus vrai.

« A ce niveau, » lance Kurt en retenant une nouvelle vague de larmes, « j'ai seulement besoin de savoir s'il va bien. Même s'il ne revient jamais ici, même s'il ne veut plus jamais me revoir, j'ai juste besoin de savoir qu'il va bien. »

Les joues de Rachel sont désormais humides et ses doigts tirent sans cesse sur l'ourlet de sa jupe. Elle ferme les yeux et baisse la tête. Kurt ignore si elle est en fait triste pour lui, triste pour Blaine ou triste pour elle-même en sachant qu'elle ne peut pas lui faire changer d'avis.

Mais elle le surprend en relevant les yeux vers les siens et en lui souriant légèrement. Elle prend la main de Kurt entre eux et hoche la tête avec détermination.

« Je vais t'aider dans ce cas. » décide-t-elle à travers ses pleurs, « Je vais t'aider. »

OoOK&BOoO

Après cela, Kurt et Rachel fouillent la ville de Westerville de fond en comble. Ils scannent les groupes de personnes devant chaque soupe populaire et posent des questions dans chaque refuge qu'ils dénichent. Ils montrent des photos, donnent la description et le nom de Blaine et demandent si quelqu'un a vu un garçon correspondant.

« Il aime cette écharpe. » explique Kurt à qui veut bien l'entendre, « Même s'il fait trop chaud, il la portera. »

Mais tout le monde secoue la tête et offre leurs plus sincères excuses. Kurt et Rachel vont alors dans le refuge suivant, la soupe populaire suivante, le motel pourri suivant dans l'espoir que Blaine ait économisé quelques dollars pour pouvoir passer une dernière nuit quelque part. Avec un peu de chance, ils vont vérifier l'endroit où il a passé cette dernière nuit.

Ils ne trouvent rien.

On dirait que Blaine a tout simplement disparu de la surface de la Terre.

Certains jours, Kurt se hasarde à visiter les hôpitaux tout seul et demande si un garçon maigre aux cheveux bouclés sombres a été admis pour une quelconque raison. Quand il quitte chacun de ses hôpitaux, il passe une bonne dizaine de minutes à pleurer de soulagement avant d'aller se renseigner dans le prochain établissement.

Rachel a parfois besoin de lui rappeler que le lycée compte aussi. Elle lui dit qu'il a un test dans son cours d'économie ou qu'il doit rendre un devoir en Anglais. Pendant les répétitions de la chorale, Kurt se surprend lui-même à souvent regarder dans le vide et à se demander où il pourrait chercher ensuite ou où est Blaine à ce même instant. Rachel est toujours là pour l'aider à suivre le rythme. Elle répète les chorégraphies avec lui jusque tard dans la nuit, après qu'ils aient terminé leurs recherches pour la journée, et s'assure qu'il ait bien tout compris et qu'il soit d'attaque pour le lendemain.

Occasionnellement, elle annonce qu'elle ne peut pas l'accompagner. Ce n'est pas grave. Elle ne connaît pas Blaine après tout. Il comprend que la NYADA, sa carrière et son petit-ami passent avant tout le reste. Kurt fouille alors l'Ohio tout seul.

Il se rend une nouvelle fois sur la tombe de Samantha Anderson. Juste parce qu'il en ressent le besoin.

« Je ne l'ai pas encore trouvé. » lui chuchote-t-il, « Mais je vais le trouver. Je n'abandonnerais pas. »

Il embrasse le bout de ses doigts et les pose sur le haut de la croix. Il reste quelques minutes et écoute simplement le son de la brise dans les branches d'arbres et les gazouillements des oiseaux. C'est l'endroit où il est le plus proche de Blaine sans qu'il soit physiquement à ses côtés. Madame Anderson est le dernier lien qu'il possède avec le garçon. Il ne prend pas en compte monsieur Anderson. Dieu sait que cet homme n'a rien à voir avec l'âme magnifique de son fils. Cette femme, en revanche, est importante. Il le sent.

Alors, il reste planté là, au milieu d'un cimetière, comme si ce carré de terre cachait toutes les réponses qu'il lui manque.

Peut-être qu'il reste ici parce qu'il a la conviction que Blaine reviendra rendre visite à sa mère. Peut-être qu'il va arriver un jour, une fleur dans la main, et qu'ils tomberont nez à nez. Peut-être que Kurt pourra revoir ces yeux, tellement matures et emplis de sagesse, ces yeux qui en ont bien trop vus pour un si jeune âge, ces yeux qui brillent de tant de beauté et de gentillesse. Peut-être que Kurt pourra convaincre Blaine de lui prendre la main et de grimper dans la voiture.

Et de rentrer à la maison.

Mais Blaine ne se montre pas.

OoOK&BOoO

« Ton anniversaire est cette semaine. » lâche Rachel alors qu'ils s'installent dans la salle de chorale et que les autres membres commencent à arriver.

Kurt la fixe un long moment avant de vérifier la date sur son portable.

« Ah oui. »

« Tu avais oublié ? » demande-t-elle.

« J'ai autre chose en tête. »

« Qu'est-ce que tu veux ? » interroge Finn en s'asseyant à côté de Rachel.

« Quoi ? »

« Pour ton anniversaire, mec. »

Je veux Blaine.

Je veux que Blaine rentre à la maison.

Je veux que Blaine soit en sécurité.

Je veux que Blaine soit heureux, en bonne santé. Je veux qu'il soit avec moi.

Je veux juste Blaine.

« Rien. » dit Kurt.

« Allez, frère. » ajoute Puck, « Les anniversaires c'est comme... les meilleures vacances du monde. Tu as le droit d'avoir tout ce que tu veux pendant une journée complète. »

« On devrait carrément faire une fête. » déclare Finn en hochant la tête pour montrer son accord, « Rien que le Glee Club. On pourrait commander des pizzas et un gâteau et regarder tous tes films préférés. »

« Je ne veux pas de pizza ou de gâteau. » soupire Kurt.

« Tu dois bien vouloir quelque chose. » insiste Puck, « Du café illimité pour la vie ? Je crois pas pouvoir payer ça mais je peux toujours essayer. Ou ces magazines de gonzesses ? Tu aimes bien ces trucs, non ? »

« J'aime les revues de mode, pas les magazines pour gonzesses. »

« Tu m'as compris, mec. Il doit bien y avoir quelque chose que tu veux et que tu n'as pas déjà ? »

« Tu sais ce que je veux vraiment ? » demande Kurt d'une voix tremblante en mettant la anse de sa sacoche sur son épaule, « Je veux que mon ami revienne. Je veux que Blaine rentre à la maison. Mais je ne peux pas avoir ça. Et la seule autre chose que je veux est que- tout ça s'arrête. Je ne veux pas que ce samedi soit rien que pour moi. Je ne veux pas de pizza, de gâteaux ou de cadeaux quand j'ai déjà tout ce dont j'ai besoin hormis que Blaine soit à la maison et en sécurité. Vous savez ce que vous pouvez faire au lieu de m'acheter des cadeaux ? Vous pouvez dépenser cet argent dans des habits et des jouets pour les personnes et les adultes qui n'ont pas autant que nous. Vous pouvez- vous pouvez aller offrir votre temps comme certains le font en période de fêtes de fin d'année. Vous pouvez faire des dons dans des œuvres de charité. Vous pouvez faire du bénévolat ou vous pouvez aller donner cinq dollars à un pauvre homme dans la rue pour qu'il puisse s'acheter à manger. Tout ça est bien plus utile que m'acheter quelque chose. »

Même si ses yeux sont embués de larmes, Kurt peut voir les expressions choquées et les regards de ses amis fixés sur lui.

Il s'enfuit.

OoOK&BOoO

L'auditorium était comme sa maison. C'était un des seuls endroits où Kurt Hummel pouvait tout simplement être lui-même. C'était un endroit sûr.

Mais il est juste trop grand, comme le monde. L'univers est tellement énorme, tellement vaste et Kurt se sent soudainement minuscule, microscopique. Il n'est rien qu'une personne occupant un petit bout d'espace et, quelque part dehors, il y a un autre garçon. Un garçon au cœur aussi gigantesque que le Soleil et, même s'il brille aussi fort, Kurt a l'impression d'être plongé tellement profondément dans les ténèbres qu'il ne reverra jamais la lumière.

« Je savais que je te trouverais ici. »

Kurt tourne la tête et découvre Sam à ses côtés.

Il ne l'a même pas entendu arrivé.

Sam s'assoit, sans y être invité, dans le siège à droite de Kurt.

« J'aurais aimé le rencontrer. » dit Sam, « Ton ami Blaine. Il a l'air d'être un mec vraiment bien. »

Kurt acquiesce.

Un long silence s'étend entre les deux garçons qui regardent la scène vide l'un à côté de l'autre.

« Ce que tu as dit a secoué tout le monde. » continue finalement Sam, « Ils prévoient de faire quelque chose tous ensemble pour ton anniversaire. Quand je suis parti, ils parlaient de préparer des cookies pour chaque refuge pour SDF du pays. »

Un autre silence.

« Tu ne peux pas continuer comme ça, Kurt. »

« Je ne vois pas du tout de quoi tu parles. » dit platement Kurt.

« Tu ne peux pas continuer à dépenser tout ton temps et ton énergie à chercher quelqu'un qui n'a peut-être même pas envie d'être retrouvé. »

« Tu ne- »

« S'il te plaît, laisse- laisse-moi te dire ce que je pense, d'accord ? Tu pourras me crier dessus après si tu en as envie mais laisse-moi te le dire. »

Kurt soupire mais fait un signe de tête à Sam pour lui montrer qu'il peut parler, même s'il sait très bien ce que l'autre garçon s'apprête à lui dire. Ça va être une autre version du discours que son père lui a donné dans la cuisine il y a un bon moment maintenant. Il n'est pas sûr de pouvoir encaisser cette fois.

« Je ne veux pas que tu crois que je suis contre toi ou que je ne suis pas d'accord avec toutes les choses que tu as dites tout à l'heure parce je suis totalement avec toi là-dessus. C'est une très bonne idée d'après moi. C'est agréable de savoir qu'il y a des personnes dans ce monde prêtes à donner de leur temps et de leur argent. Mais toi, tu donnes tout ce que tu as et c'est en train de te tuer. Je le vois. Je le vois tous les jours pendant les répétitions. Tu as l'air super fatigué, mec, et il y a même des jours où on dirait que tu vas t'effondrer. Tu- Je veux que tu te rappelles de quelque chose. L'an dernier, quand j'étais coincé dans ce motel minable, tu te souviens à quel point j'étais misérable et que j'ai même arrêté de venir au Glee Club ? »

Kurt hoche lentement la tête.

« J'ai arrêté de venir parce que je pensais ne plus y avoir droit. Je devais surveiller mon frère et ma sœur et je devais travailler pour aider ma famille. Je ne pensais pas avoir le droit d'avoir quelque chose rien qu'à moi. Même si ce n'était qu'une heure par jour, je ne pensais pas être autorisé à en profiter. Je n'avais pas le droit d'avoir quelque chose qui me rendait heureux alors que mon père et ma mère se battaient pour trouver un travail. Pourquoi avoir ce bonheur quand eux n'en avaient plus ? Il m'a fallu un moment pour réaliser qu'ils avaient quelque chose qui les rendait heureux. Ils nous avaient nous. Ils passaient leur journée à chercher du travail et ils rentraient au motel quelques heures avant qu'on aille se coucher. Ils mangeaient la pizza que j'avais ramenée, nous demandaient comment s'était passée notre journée et ils riaient avec nous. Ils avaient quelque chose d'heureux dans leur vie. Ce quelque chose était juste différent du mien. »

« Je ne comprends pas. » dit doucement Kurt, « Quel est le rapport avec moi ? »

« Je te raconte tout ça parce que tu dois accepter d'avoir aussi ce quelque chose. C'est peut-être la chorale ou tes trucs de mode, j'en sais rien, mais tu dois trouver ce qui réussit à te faire sourire même quand tout va tellement mal que tu as l'impression que tu ne seras jamais plus heureux. Je sais que c'est dur d'imaginer ton ami tout seul dehors. Le monde est un endroit effrayant. Mais ça fait des semaines que tu te démènes et c'est- c'est comme si on était en train de te perdre. Il n'y a rien de mal à donner de ton temps et faire des dons à des œuvres de charité, comme tu l'as dit. Mais tu dois aussi te laisser... aller bien. Tu veux que Blaine aille bien, n'est-ce pas ? »

« Plus que tout. » avoue Kurt dans un chuchotement, sentant une nouvelle vague de larmes affluer.

« Un jour, tu le retrouveras et je ne veux pas qu'il te voie dans cet état. Tu dois aller bien sinon, quand ce jour viendra, il se sentira vraiment très mal. Il aura l'impression que tu es comme ça à cause de lui et je doute sérieusement qu'il ait envie de te faire autant de peine. »

« Je ne peux- Je ne peux pas l'abandonner. »

« Personne ne te demande de le faire, mec. » lance gentiment Sam, « Tu te souviens quand tu m'apportais tous ces habits ? »

« Bien sûr que oui. » dit Kurt dans un petit rire brisé, « Comment je pourrais oublier ? Tout le monde croyait qu'on couchait ensemble. »

Sam lui offre un sourire.

« Les vêtements ont aidé, Kurt. Les vêtements, Quinn qui jouait la baby-sitter, ma guitare que vous avez rachetée... Tout ça a aidé. Chaque petit geste compte. Mais supporter ça tout seul ? C'est totalement dingue et ça te fait du mal. C'est en train de te... vider complètement. »

Les mots de Sam rappellent à Kurt le discours passionné que Blaine lui a donné sous un pont la veille de Noël.

Ce n'est peut-être rien pour toi mais pour moi ? Un petit jour veut dire que je pourrais encore vivre et respirer vingt-quatre heures.

« Je ne sais pas quoi faire. » sanglote Kurt, révélant une vérité qu'il ne s'était même pas avouée, « Je veux- Je veux qu'il revienne, je veux qu'il aille bien, je veux que tout s'arrange. »

Il sent le poids du bras de Sam autour de lui avant que son ami ne l'attire dans un câlin. Kurt pleure contre son épaule comme il n'a jamais pleuré avant.

« Je sais. » murmure Sam en frottant le dos de Kurt dans un geste de réconfort.

« Je ne veux plus qu'il y ait un seul SDF. » continue Kurt, « Je ne veux plus que des gens aient faim. Je ne veux plus que des enfants soient obligés de vivre dans la rue et je- je veux juste que le monde soit meilleur. »

« Ce ne sont pas des choses qu'on peut réparer en un claquement de doigts. »

« On devrait pouvoir le faire ! »

« Ce n'est pas le cas. » annonce Sam, « Tu n'es qu'une personne, mec. Tu ne peux pas tout faire tout seul. Je ne dis pas ça méchamment ou je ne cherche pas à te décourager, d'accord ? Ce n'est juste pas... réalisable. Tu peux faire du bénévolat si tu veux et tu peux offrir ton aide autant que possible mais tu n'es qu'un homme. »

« Blaine aussi. » sanglote Kurt, « Et je ne peux même plus l'aider. »

« Parfois- Parfois, certaines personnes ont besoin de se débrouiller seules. » rétorque Sam, « Parfois, l'unique chose que tu puisses faire pour elles est d'être là quand elles le désirent ou quand elles le demandent. On dirait que Blaine n'a pas besoin de ton aide pour le moment. »

« Je ne peux pas- ne pas le chercher. »

« Alors n'arrête pas. » dit simplement Sam, « Mais tu ne dois pas oublier ce que je t'ai raconté tout à l'heure. Tu dois t'autoriser à aller bien. Tu dois t'autoriser à avoir un petit peu de bien au milieu de tout ce mal. Je veux que tu t'offres ça pour ton anniversaire, d'accord ? Prends juste- juste un peu de temps pour toi. Fais une grasse matinée, laisse ton père te préparer ton petit-déjeuner préféré et regarde ton film préféré. Va faire du shopping avec Carole. Arrête de le chercher une journée et va mieux. »

« Mais ce jour-là pourrait être celui où je le retrouverais ! »

« Si tu es destiné à le revoir, tu le reverras. Une journée ne changera pas votre destin. S'il te plaît, fais ça pour moi. »

Kurt inspire profondément et tente d'apaiser son âme torturée. Il a toujours apprécié Sam, depuis le début quand il a accepté de chanter avec Kurt lors de la bataille de duos. Il ne s'est pas préoccupé que Kurt soit gay. Il a été sincèrement touché quand Kurt lui a offert ses habits quand sa famille était sans-abri, peu importe qu'ils soient moches ou démodés. Et il est présent maintenant. Il apporte un câlin, du réconfort et s'assure du bien-être de Kurt quand tous les autres ne semblent pas trouver les mots.

Sam Evans est vraiment un homme bien, décide Kurt.

« D'accord. » accepte Kurt.

« Bien. Je n'ai pas vraiment envie de te voir t'effondrer, mec. Tu as un cœur énorme, tu le sais ? Je dois paraître super niais mais c'est vrai. Tu n'arrêtes pas de dire que Blaine était gentil mais je ne pense pas que tu aies réfléchi et réalisé que tu l'es, toi aussi. Tu m'as aidé quand tout le monde répandait ces rumeurs et, aujourd'hui, tu fais tout ce que tu peux pour aider ton ami. Tu es juste... Il y a énormément de générosité en toi. Ne laisse jamais personne te dire le contraire. »

OoOK&BOoO

Le jour de l'anniversaire de Kurt est un vrai déluge. La pluie tombe tellement fort qu'il réussit à peine à distinguer la route à travers la fenêtre de sa chambre. Il est heureux de ne pas avoir prévu de sortir aujourd'hui. Il a plutôt dormi jusqu'à 10h, a laissé son père lui apporter son petit-déjeuner au lit - seulement quelques tartines et un bol de céréales avec des myrtilles fraîches - et il est désormais interdit d'accès à la cuisine où Carole lui prépare apparemment un déjeuner spécial. Finn a mystérieusement été absent toute la matinée.

Tout à coup, trois voitures se gare le long du trottoir devant sa maison. Il observe avec confusion les gens sortir des véhicules et se précipiter vers la porte d'entrée. Kurt grogne. Il aurait dû s'en douter. Ils ont tous planifié une fête surprise dans son dos.

Kurt ne veut pas de fête surprise.

Il descend tout de même au rez-de-chaussée et tente de coller un sourire sur ses lèvres en voyant tous ses amis du Glee Club entassés dans son entrée, trempés jusqu'aux os. Ils semblent pourtant heureux de le voir.

« Joyeux anniversaire, petit frère ! » hurle Finn en attirant Kurt dans un câlin dégoulinant.

« Finn, je suis plus âgé que toi. » marmonne Kurt, « Et je ne peux plus respirer. »

« Oh, désolé, mec. »

Finn le relâche mais Rachel s'avance devant tout le groupe et prend la main de Kurt.

« C'est- C'est vraiment gentil d'être venus. » commence Kurt, « Mais je vous ai dit que- »

« Que tu ne voulais pas de fête ou quoi que ce soit pour ton anniversaire. » finit Rachel à sa place, « On sait. Nous ne sommes pas là pour faire la fête. On est là pour te donner ton cadeau. »

« Mais j'ai dit- »

« Tiens. » dit Finn en sortant quelque chose de sa poche.

C'est un bout de papier plié plusieurs fois sur lui-même. Il le tend à Kurt.

« Qu'est-ce- »

« C'est un reçu. » explique Finn avec un sourire idiot.

« ... Un reçu ? »

« Eh bien... » débute Rachel d'un air faussement timide, « On t'a tous écouté l'autre jour quand tu nous as dit ce que tu voulais vraiment pour ton anniversaire. On savait qu'on ne pourrait pas trouver Blaine, pas quand tu l'as cherché si longtemps sans résultat, mais on a fait autre chose. »

Sam s'approche.

« On a rassemblé notre argent. » explique-t-il, « Nous tous et on a demandé à nos parents de nous aider. Monsieur Schue a participé aussi. »

« Et on en a fait don. » ajoute joyeusement Finn.

« A qui ? » interroge Kurt, totalement confus.

« A l'association nationale pour les sans-abri. » lui annonce Rachel, « C'est une œuvre de charité et ils ont des branches dans tout le pays. Ils ne sont pas présents dans toutes les villes mais ils aident. Ils proposent des tas de ressources et appellent tous les organismes environnants à en faire autant. »

Le souffle de Kurt se coupe dans sa gorge. Ses amis le regardent avec des sourires aimants et chaleureux et il aimerait soudainement pouvoir les serrer dans ses bras tous en même temps. Il ne s'attendait pas du tout à ça. Il baisse les yeux vers le bout de papier et le déplie. Il halète en voyant le montant du don.

« C'est- Vous avez donné 1300 dollars ? » s'enquiert-il, incapable d'empêcher sa voix de trembler.

« En ton nom. » précise Rachel.

« Mais- Mais comment- »

« Eh bien, » résonne une voix familière par-dessus son épaule, « Carole et moi avons donné cinquante dollars chacun. »

« Vous étiez au courant ? » demande Kurt à son père avec étonnement.

« Bien sûr. » dit fièrement Burt, « Je n'ai jamais été plus heureux de dépenser mon argent. »

« J'ai donné tout ce que j'ai gagné en nettoyant les piscines. » ajoute Puck.

« Et ma mère a donné cent dollars. » intervient Mercedes avec un sourire.

« Et monsieur Schuester en a donné deux cents. » dit Finn, « Même mademoiselle Pillsbury a participé. »

Les genoux de Kurt lâchent presque prise mais Rachel serre fermement sa main, l'ancrant ainsi à la réalité. Il cligne plusieurs fois les yeux pour chasser ses larmes de pur bonheur. Il est tellement heureux qu'il s'attend à tomber dans les pommes d'un instant à l'autre. Il n'a pas été aussi heureux depuis très longtemps et il n'a jamais été plus reconnaissant d'avoir ce groupe d'amis.

« Joyeux anniversaire, Kurt. » lui chuchote Rachel.

Les larmes coulent librement et ses amis lui font un câlin, un par un, avant de respecter son souhait d'anniversaire et de le laisser tranquille pour la journée. Il a l'impression d'avoir plus pleuré au cours des derniers jours que durant toute sa vie, ce qui est plutôt énorme vu tout ce qu'il a enduré les années passées. En revanche, ce sont des larmes de joie cette fois.

Ce simple geste compte tellement pour lui qu'il ne trouve pas les mots.

Son frère et ses amis s'en vont, le laissant seul avec ses parents.

« Merci. » souffle-t-il à Burt et Carole, « Je- Je ne sais même pas quoi dire. »

« Tu n'as pas besoin de dire quoi que ce soit, gamin. Je suis juste content de te revoir sourire. »

« Bon anniversaire, mon cœur. » lui souhaite Carole en essuyant ses propres joues.

Burt tapote son épaule avant de le prendre étroitement dans ses bras. Kurt reste contre lui un moment et inspire l'odeur réconfortante de son père. Il s'autorise à craquer, rien qu'une minute, dans la sécurité de l'étreinte de son père. Il pense sentir Carole presser un baiser sur sa tempe mais, trop vite, ils s'éloignent tous les deux. Carole retourne à la cuisine et Burt dans son fauteuil au salon.

Quelqu'un toque à la porte. Kurt lève les yeux au ciel en se demandant lequel de ses amis a réussi à oublier quelque chose chez lui en un laps de temps aussi court.

Il ouvre la porte rapidement...

... et s'évanouit presque.

« B-Blaine ? »