Savas-lar slor t'T'hylara
[ Les doux fruits de l'amitié]
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Précédemment...
L'orgasme fut à la fois très profond et très doux, à la fois physique et mental. Décidément, Jim adorait le sexe à la vulcaine...
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(un chapitre plus calme, mais très bavard, histoire de laisser nos amis reprendre un peu leur souffle)
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Le lendemain matin, avant d'aller assurer leur quart, Jim et Spock se rendirent à l'infirmerie comme Bones l'avait exigé. Ils avaient refusé de prendre un arrêt maladie tant que la mission pour Babel ne serait pas finie, ce qui avait mis Bones dans une humeur massacrante. Le docteur les ausculta, et grommela en jetant sur Spock un regard suspicieux :
- Vous m'avez encore fait un tout de passe-passe de médecine vulcaine, monsieur Spock ?
- Je ne comprends pas, docteur.
- La plaie de Jim est quasiment cicatrisée! Ce n'est pas normal, elle était trop profonde pour guérir ainsi en moins de douze heures !
- Ça, c'est une bonne nouvelle. Se réjouit Jim en envoyant une image émoustillante à Spock.
Spock n'eut aucune réaction. Parfois, il avait l'impression que son Capitaine, malgré un sens du devoir et des responsabilités à toute épreuve, se comportait... comme un enfant. Cependant, contre toute attente, il appréciait cette fantaisie. Il renvoya à son tour une image suggestive à Jim, qui sourit avec malice
- Il est probable que ce soit le fruit que nous avons mangé hier. Suggéra Spock resté impassible.
- Un... fruit ? S'étonna Bones.
- ... un fruit d'Oko'lap Omeku. Expliqua Jim. Spock m'a dit qu'elle les avait fait pour nous.
- Olokopa... vous parlez de l'arbre-mère de la planète où nous avons passé notre permission? Si cela est le cas, je dois absolument faire des vérifications sur les autres impacts de ces fruits sur vos organismes ! Je vais immédiatement vous faire à tous deux une prise de sang !
- Bones... Nous allons très bien ! Protesta Jim avec une légère grimace. Vous aviez dit hier que j'en avais perdu trop.
- Notre intrépide capitaine, Railla Bones; Qui a arrêté à mains nues, à lui tout seul, et au péril de sa vie, un terroriste et un assassin, aurait-il peur d'une toute petite aiguille ?
- Une analyse de nos sangs pourrait être instructive, Jim. Renchérit Spock
Jim lui lança un regard qui semblait dire "traître", il soupira et tendit le creux de son coude.
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Quelques heures plus tard, Bones leur demanda de revenir voir les résultats des analyses. Les trois hommes se penchèrent au-dessus du pads. Bones avait repéré des particules aux propriétés intéressantes, il était enthousiasmé par ce qu'il avait découvert :
- Regardez, là ! C'est incroyable ! Un agent de cicatrisation végétal ! Et qui s'est parfaitement adapté par symbiose au système immunitaire et cicatriciel de chacun d'entre-vous ! Pourtant dieu sait à quel point vos systèmes physiologiques respectifs sont différents! Je n'avais jamais vu ça !
- Fascinant ! S'exclama Spock, se retenant demander ce qu'un dieu pouvait avoir à faire là.
- Il nous reste des savas, Spock ?
- Oui. Nous n'en avons mangé qu'un seul. Souhaiteriez-vous que nous vous en apportions un, docteur ? Synthétiser ce facteur cicatrisant serait une grande avancée pour la médecine.
- Et pour réparer Jim la prochaine fois qu'on me le ramènera tout abîmé ! Répondit Bones. Vous m'ôtez les mots de la bouche, Spock.
A la façon dont Jim et Spock se mirent à inter-agir en silence, Bones se rendit compte immédiatement qu'il n'aurait jamais dû dire ça. Il se bénit de ne pas avoir accès à leurs pensées. Il avait remarqué que, depuis quelques temps, Jim et Spock avaient tendance à être plus détendus, quand ils étaient seuls avec lui. D'une certaine façon, cette attitude l'énervait autant qu'elle le flattait. En fait, s'il voulait être honnête avec lui-même, que ces deux hommes acceptent de baisser leur garde devant lui, lui apparaissait de plus en plus comme une marque de confiance et d'amitié... mais c'était énervant quand même... surtout en ce moment...
Jim savait que ces petits jeux "innocents" agaçaient Bones, mais Spock s'y prêtait si volontiers, qu'il lui était difficile d'y résister. Et encore plus après avoir passé une journée avec les nerfs à vif comme celle de la veille. Jim transmit à Spock l'image d'un baiser. Ils échangèrent un regard entendu, la langue de Jim frôla imperceptiblement sa lèvre inférieure. Les yeux de Spock se posèrent sur elle et s'assombrirent.
- ... Si vous croyez que je ne vois pas votre manège ! Arrêtez de flirter, c'est embarrassant ! s'exclama Bones, comme si cela faisait partie d'un jeu qui s'instaurait entre eux. C'est comme cette manie que vous avez prise, depuis notre retour de Vulcain, d'utiliser à tout bout de phrase des mots vulcains ! Parfois je me demande si vous ne profitez-pas de mon ignorance pour vous échanger des cochonneries.
- Les vulcains n'échangent pas des "cochonneries", docteur. Dit Spock gravement, comme si rien ne s'était passé
- Tien, c'est vrai que je n'y ai jamais pensé, Petakov-Spock nash-veh [mon Spock chéri] Ajouta Jim avec malice, en posant sur Spock des yeux provocateur qui le défiait de faire mieux, ou pire.
Il était trop doux d'entendre Jim prononcer ces mots et Spock sentit le bout de ses oreilles verdir. Cela lui arrivait décidément trop souvent, il allait falloir qu'il améliore son contrôle. Il releva pourtant le défi, et dit d'une voix qu'il réussi à rendre parfaitement neutre, mais le regard intense :
- Talunk nash-veh Jim [mon précieux Jim]
Jim devint rouge pivoine. Bones éclata de rire. Spock parvint à cacher à Jim le vif bien-être qu'il éprouvait à lui avoir enfin dit ses sentiments. Même s'il était parfaitement conscient que, pour Jim, tout cela n'était qu'un jeu afin de provoquer Bones.
- Je crois que vous avez gagné ce duel Spock. J'ignore ce que vous lui avez dit, mais c'est efficace.
- Très drôle, Bones. Bougonna Jim, mauvais perdant. Je vais aller vous chercher un savas, oh... ambassadeur Sarek !
Sarek se tenait debout dans l'encadrement de la porte, impassible.
- Ambassadeur Sarek ! Bonjour ! Je vois que vous allez mieux ! S'exclama Bones en allant vers lui
- Bonjour, Docteur. En effet, je me sens tout à fait rétabli. Je souhaite dès à présent quitter votre infirmerie et retourner dans mes quartiers. J'ai une réunion importante à préparer.
- Si vous le permettez, vous avez été opéré hier. Je préférerai que vous restiez ici jusqu'à notre arrivée à Babel, afin de pouvoir surveiller convenablement votre convalescence.
- Vous pourriez permettre au secrétaire de l'ambassadeur de venir ici, Intervint Jim. Afin qu'ils puissent travailler. Cela vous conviendrait-il ambassadeur ?
- C'est une solution acceptable. Répondit Sarek.
Il les regardait tous les trois avec intensité. L'amitié qui les unissait était visible, sans pour autant entacher leur professionnalisme. Malgré cet échange de déclarations, son fils se tenait bien droit, dans une posture et une attitude parfaitement vulcaines.
- Je vais vous installer dans une chambre privative. Dit McCoy. Vous pourrez ainsi mieux vous reposer, et travailler un peu. Veuillez me suivre.
Quand ils furent seuls dans la pièce, McCoy reprit :
- Puis-je vous posez une question, Ambassadeur ?
- Je vous écoute, Docteur McCoy
- Vous avez assisté à la fin de notre discussion, n'est-ce pas ?
- En effet.
- Pourriez-vous me traduire ce qu'ils se sont dit ?
Sarek resta silencieux un moment, au point que McCoy crut avoir commis un impair.
- Rien de compromettant, docteur. Juste des mots... d'époux.
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La planète Babel était vraiment très petite, et pauvre en infrastructures. C'est sa position neutre qui avait fait qu'elle avait été retenue pour l'organisation de cette assemblée de diplomates. Aussi, l'Enterprise dût-elle rester en orbite afin de loger une partie des ambassadeurs. A la demande insistante de son épouse, Sarek accepta d'y rester, à contre-cœur.
Amanda était vraiment heureuse de pouvoir voir son fils tous les jours. Elle avait été sans nouvelle de lui pendant si longtemps. Il venait rarement seul, mais cela ne la dérangeait pas. Elle trouvait que Jim était un homme charmant et chaleureux.
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Jim était seul dans leur quartiers quand on sonna à la porte.
- Vous êtes en avance B... S'exclama-t-il en ouvrant la porte.
Ce n'était pas Bones, mais Sarek. Son sourire lumineux fut aussitôt remplacé par le masque sobre du Capitaine, au sourire aimable mais professionnel. Il s'écarta pour le laisser passer, et lui fit le Ta'al [salut vulcain], auquel Sarek répondit.
- Je vous en prie, Ambassadeur, entrez.
Sarek fit quelques pas dans la pièce. Jim n'était pas en service. Il était vêtu d'un long cafetan vulcain, probablement celui de Spock car il lui était un peu trop grand, mais cela lui allait étonnement bien, pour un humain. Il avait dû l'enfiler à la hâte à en juger par ses cheveux en pagaille dégoulinant d'eau, et à la serviette qu'il tenait à la main. Le bureau-double était encombré de dossiers papiers, et de pads. Certaines feuilles portaient des annotations en standard et en vulcain.
- Je vous remercie, Capitaine. J'espère ne pas vous déranger.
- Pas le moins du monde, Ambassadeur. Que me vaut l'honneur de votre visite ?
Sarek avait toujours refusé de venir en ces lieux, malgré l'insistance de sa femme. La question de Jim Kirk était logique.
- Je pensais retrouver mon épouse chez vous.
- Dame Amanda est avec Spock, sur Babel.
Sarek ne commenta pas cette information déroutante. Que pouvait-elle bien avoir à faire sur Babel ? Et qui nécessitait l'accompagnement de Spock.
- Restez donc ici le temps qu'elle revienne. Proposa aimablement Jim en rangeant rapidement, mais avec méthode, les dossiers. Je vous en prie, prenez place. Souhaitez-vous boire quelque chose ?
- Non. Merci Capitaine, je n'ai pas soif.
Sarek s'assit en silence.
- Permettez que je finisse de m'essuyer les cheveux.
- Je vous en prie
Jim les frotta rapidement avec sa serviette et alla la déposer dans la salle de bain. Il revint s'asseoir et attendit que le vulcain prenne la parole. Il s'écoula de longues minutes de silence. Jim resta parfaitement impassible. La pratique de la méditation enseignée par Spock se révélait vraiment utile. Il savait qu'en ces lieux privés, selon la tradition vulcaine, Sarek avait la préséance car il était l'aîné de Jim, et le père de son époux. Il savait que Sarek voulait le tester, Spock l'en avait averti. Jim attendit donc sans montrer, ni ressentir d'impatience que le vulcain se décide à parler, dans une attitude imperturbable et bienveillante. Un peu surpris que cet humain sache aussi bien se comporter à son égard, Sarek ne s'embarrassa pas de détour pour demander, comme il l'aurait fait face à un vulcain :
- Vous avez pris des risques afin que Spock puisse me donner son sang lors de mon opération. Pour quelle raison ?
- Ce n'était que des risques calculés, Ambassadeur, car j'ai toute confiance en mes officiers. Une des réponses logiques est que vous êtes l'un des diplomates que j'avais pour mission d'amener ici, et que je n'ai fait que mon devoir.
- Quelles sont les autres réponses ?
- Simple logique humaine. Répondit Jim calmement. Vous êtes le père de Spock.
Sarek considéra cette phrase en silence.
- J'ai entendu le docteur McCoy se plaindre que vous échangiez souvent des propos en vulcain. J'ignorai que vous aviez appris notre langue.
- Je ne l'ai pas apprise. Spock me l'a transmise. Elle m'est aussi familière que ma langue natale.
- Quand vous l'a-t-il transmise ?
Jim parvint à ne pas rougir. Mais Sarek perçut sa brève montée d'émotion, et anticipa sa réponse. Il fut étonné de la faculté de ce simple humain à aussi rapidement dominer ses sentiments, d'autant plus que l'évocation d'un Pon farr mettait aussi les vulcains mal à l'aise. Jim répondit pourtant sans que ses émotions ne soit perceptibles (en remerciant le pouvoir quasi-magique des barrières mentales)
- Vous le savez bien, ambassadeur.
Spock ne lui avait donc pas exagéré l'ampleur de leur lien. Une transmission de connaissances d'une telle ampleur entre deux esprits ne pouvait avoir lieu qu'à la condition préalable d'un puissant Tel t'hy'lara, et encore tous les vulcains n'en n'étaient pas capable. Il réévalua son jugement sur cet humain.
La sonnerie de la porte retentit.
- Vous permettez ?
- Je vous en prie, Kirk.
La porte s'ouvrit sur McCoy accompagné de Miss Chapel. Ils étaient sur le point de lui faire une plaisanterie sur sa tenue étrange, mais leur sourires joyeux se figèrent à la vue du vulcain. Il les salua d'un bref hochement de tête.
- Christine, entrez, donnez-moi donc ce paquet. Est-ce le gâteau que vous nous aviez promis ?
- Oui, Capitaine, la recette de ma grand-mère qui était végétarienne. Garantie sans œuf ni chocolat pour que monsieur Spock puisse y goûter
- Je vous en prie, laissez tomber les formalités. Nous ne sommes pas en service. J'apprécierai d'être juste Jim, ce soir.
Les regards se tournèrent vers l'ambassadeur :
- Cette... familiarité ne m'incommode pas, Kirk.
- Tenez, Jim. Le whisky que je vous ai promis.
- Merci Bones, je vais mettre tout cela sur la table. Je propose que nous nous asseyons tous dans le salon, nous y serons plus à notre aise.
Sarek se leva et les rejoignit. Le petit sofa bas pouvait accueillir deux personnes, et deux coussins de sol lui faisaient face. Sarek choisit l'un d'eux, Christine et Bones le sofa. Jim s'assit sur ses genoux à coté du vulcain. De l'autre coté de la pièce, une table ronde avait été dressée pour quatre personnes. Un silence embarrassant prit place.
- Les négociations se passent-elles bien, ambassadeur ? Demanda Christine pour rompre la glace.
- Elles se déroulent de façon satisfaisante. Répondit l'ambassadeur.
Il y eut un blanc.
- C'est étonnant que Spock ne soit pas encore arrivé. Remarqua Bones. Lui si ponctuel d'ordinaire.
- J'espère qu'il ne lui est rien arrivé de mal. S'inquiéta aussitôt Christine
- Rassurez-vous Christine, Spock va très bien. Babel n'a pas la réputation d'être une planète dangereuse.
- C'est votre rad...hum! Bones retint ses mots, par crainte de heurter l'ambassadeur. Je veux dire cette sorte de communication par l'esprit qui vous dit cela ?
- Oui, par ce lien mental.
- C'est extraordinaire ! S'exclama Christine en joignant les mains. Ce lien mental entre vous. Ça doit être magique et rassurant de toujours pouvoir savoir si celui que l'on aime va bien !
Jim s'abstint de répliquer à Christine que ce n'était que de l'amitié entre eux, ce n'était pas utile.
- Oui, ça l'est.
- Et chacun de vous peut percevoir les émotions de l'autre ? Demanda Christine
Parler des émotions était considéré comme inconvenant pour les vulcains.
- Oui, Spock peut ressentir mes émotions.
Christine était fascinée et curieuse d'en savoir plus, mais elle n'était pas idiote. Elle se rendit compte que Jim ne voulait en dire plus.
- Les émotions sont des processus typiquement humains. Expliqua Sarek.
Jim se leva soudain et se dirigea vers la porte. Christine le regarda avec des yeux ronds, Sarek haussa imperceptiblement un sourcil.
- Je suppose que Spock est arrivé. Expliqua Bones à son amie avec un sourire amusé.
En effet, Spock et Amanda entrèrent au moment où il achevait sa phrase. Ils avaient les bras chargés de paquets. Spock réprima ses sentiments : ainsi revêtu de son cafetan, ses cheveux châtains en pagaille, Jim était si vaikaya-yehat vaksurik [adorablement beau]
- Mon époux. Vous, ici ? S'étonna Amanda
- La réunion a fini avec une heure d'avance par rapport au programme.
- Et vous êtes venu me chercher ? Cela me fait plaisir, mon époux ! Sourit Amanda
Jim débarrassait Amanda de ses paquets.
- Vous avez trouvé tout ce que vous vouliez ?
- Oui, Jim. J'en suis ravie !
- Il y a eu un problème technique au téléporteur sur Babel. Dit Spock. Ce qui explique notre retard. Nous sommes finalement revenus en navette.
Sarek se leva pour rejoindre sa femme.
- Souhaitez-vous vous joindre à nous ? Proposa aimablement Jim.
L'offre était faite de bon cœur, mais Sarek remarqua l'étonnement embarrassé du docteur et de Miss Chapel.
- Je vous remercie pour votre invitation, Kirk. Mon épouse et moi devons hélas la décliner.
Christine attendit qu'ils soient sortis pour s'exclamer :
- L'ambassadeur Sarek est vraiment impressionnant !
- Vesht-amauh sa-veh du k'vel-zhit-Skann. Remarqua Spock. Palikau sa-veh t'du sep-wafikh [Il t'a nommé par ton nom. Il commence à t'accepter.]
- Ni'droi Sarek t'nash-veh : ki-kah'ru du Vulkansuh lu ? Vesht-kilko-tor nash-veh ta vesht-fai-tor sa-veh is-veh [Sarek m'a demandé : quand avez-vous appris le vulcain? Je lui ai répondu qu'il le savait.]
- Cela a dû l'impressionner. Fai-tor sa-veh ta ri nam-tor shid t'oren tor-yehat na ek'Vuhlkansu [Il sait que cette forme d'apprentissage n'est pas à la portée de tous les vulcains.]
- Il a vulcainement à peine haussé le quart de la moitié d'un sourcil.
- Encore à échanger des secrets ? Ronchonna Bones, pour la forme.
- Comme cette langue est belle! S'exclama Christine. Je suis sûre que dire je t'aime doit être très beau ! Comment le dit-on ?
Jim et Spock échangèrent un regard amusé, et Jim répondit :
- Talunk nash-veh k'dular.[tu m'es précieux]
Cette phrase était belle dans la bouche de Jim, Spock la grava aussitôt dans sa mémoire, précieusement. Christine se tourna vers Bones, les yeux brillants :
- Talunc nachve dular, Leonard.
Leonard devint tout rouge. Il se pencha vers elle, et déposa un chaste baiser sur sa joue.
- Et bien, cela se fête ! Spock, faites péter la bouteille de whisky !
- ... péter la bouteille, Jim ? Dites-moi, est-ce une tradition terrienne que de casser une bouteille au lieu de la boire pour fêter un événement ?
- C'est une allusion au champagne, dont le bouchon fait un bruit d'explosion en jaillissant du goulot
Spock allait répondre qu'il n'y avait aucune chance pour que le bouchon ne se comporte ainsi, puisqu'il n'y avait pas de gaz dans le whisky, mais l'intervention de Christine le fit taire :
- Vous vous vouvoyez ? Est-ce une tradition vulcaines ?
- ...et bien, Balbutia Jim pris au dépourvu. Je l'ignore.
- Les parents de Spock se vouvoient. Remarqua Bones.
Jim ne s'était jamais posé la question. Les seuls moments où le 'vous' s'effaçait naturellement était lorsqu'ils se parlaient en vulcain et pendant de leurs étreintes
-... peut-être qu'en privé... Tenta-t-il pour tester le terrain
- Si tu le souhaites. Répondit Spock avec un naturel désarmant. Je n'y vois pas d'inconvénient.
Bones avait entrepris l'ouverture de la bouteille, et il y eut un joyeux pop lorsqu'il enleva le bouchon. Jim alla chercher les verres. Christine ne voulut pas d'alcool, ni Spock. Ils se levèrent pour aller s'asseoir autour de la table. Jim ouvrit les sachets qu'il avait ramenés, et qui contenaient leur souper : que des aliments frais, non produits par un réplicateur.
- Oh, des plomeek ! S'étonna Christine. C'est très difficile d'en trouver si loin de Vulcain !
- En effet, Répondit Spock, mais l'arrivée de tous ces diplomates a poussé Babel à s'approvisionner en toutes sortes d'aliments.
Il les découpa rapidement, les fit cuire dans le four ionique en quelques secondes, et en écrasa les morceaux avec soin. Il ajouta des aromates et enfin déposa le plat sur la table avec les autres aliments. Jim était très intrigué par cette soupe à l'odeur étrange. Il prit un petit bol et s'en servit une louche.
- Les humains n'aiment pas cette soupe, Jim. Le prévint Spock
- Je veux tout de même essayer. N'est-ce pas ton plat préféré ?
- Moi aussi ! Dit Christine
Ils en portèrent une cuillerée à leur bouche. Tous deux ne purent réprimer une grimace avant d'avaler. Cependant, têtu, Jim en prit une seconde cuillère, bon ou pas, il allait finir ce bol. Cette seconde bouchée ne fut pas aussi atroce que la première. La troisième fut presque bonne. Et à la quatrième, il ouvrait les yeux avec une certaine surprise...
- En fait, c'est très bon !
- Vraiment Jim ? S'étonna Christine. Le goût est vraiment très très étrange.
- C'est vrai, étrange, mais pas désagréable pour autant. Répondit Jim en dégustant une autre gorgée avec un réel plaisir. On s'y fait vite !
Bones voulut goûter à son tour, il devint rouge tomate et eut grand peine à ne pas cracher. Jim et Christine éclatèrent de rire, rapidement imités par Bones.
- ...et bien moi, je crois que je ne m'y ferai jamais !
Occupé à rire, Jim ne put percevoir la vive émotion qui jaillissait en Spock : sa propre mère n'avait jamais réussi à manger de cette soupe, en fait aucun humain à sa connaissance n'y était parvenu. Et Jim, lui, l'appréciait. Il n'y avait aucun mensonge dans son attitude. Il ne pouvait y avoir qu'une seule raison logique à cela et l'espoir d'un amour partagé s'emparait de son cœur. Il l'enferma soigneusement au même endroit où il avait mémorisé la belle voix de Jim disant Talunk nash-veh k'dular
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- Ce Capitaine Kirk n'est pas un humain ordinaire. Avoua Sarek.
- Pourquoi croyez-vous que notre fils l'ai choisi ?
- Vous appréciez cet homme, ma femme. Constata-t-il.
- J'ai toujours eu beaucoup de goût ! Rit-elle.
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A suivre...
Spock était assis bien droit à son bureau, dans leur quartier et résumait les informations importantes à transmettre à son capitaine, concernant la destination de cette nouvelle mission :
- Les habitants de la planète Mus'uo forment une société matrilinéaire...
Cette fois-ci, c'en est fini pour Babel, et l'Enterprise va repartir vers de nouvelles aventures... Jim et Spock ont encore quelques épreuves à surmonter.
J'espère que les papotages de nos héros ne vous ont pas ennuyés. Ils avaient besoin d'un peu de calme après toutes ces péripéties.
Note : Comme vous l'avez compris, Talunk nash-veh Jim [mon précieux Jim] est la façon décente et politiquement correcte de dire Je t'aime Jim en vulcain... Et une fois de plus, Jim n'a rien compris. Il persiste et signe : amis, ils sont juste amis, et même avec l'évidence étalée là sous ses yeux, il ne voit pas tout cet amour... pour le moment ^^
