Coucou à tous !

J'espère que cette fin de vacances d'été se passe bien et surtout que tout le monde profite un maximum avant la rentrée !

Il ne reste plus que trois chapitres et l'épilogue à poster !

Merci au nouveau follow de cette semaine et merci aux personnes qui lisent sans commenter. Votre attention est très importante.

Merci aussi à Célia et ma Meryem adorée pour vos reviews toujours aussi régulières et sympas !

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Chapitre 24

Le monde semble bien plus éclatant.

Pour la première fois de sa vie, Kurt Hummel a vraiment l'impression de pouvoir respirer. Il n'a pas ri ou souri autant depuis un très, très long moment. L'avenir va se dessiner naturellement, décide-t-il. Il n'y a aucune raison de s'inquiéter, même après qu'il ait reçu la lettre de la NYADA l'informant, avec regret, qu'il n'était pas accepté. Avec Blaine à ses côtés, ils recherchent d'autres universités, toutes à New-York et s'intéressent surtout sur celles proposant des programmes d'art dramatique et de stylisme. Il a rapidement envoyé ses demandes d'inscriptions, quatre au total, juste à temps avant la date limite. Ses notes et les évaluations de ses professeurs sont parfaitement acceptables. Sa meilleure amie a été acceptée à la NYADA et est sur le chemin de ses rêves. Le lycée touche presque à sa fin.

Blaine est à la maison.

Et Kurt est heureux.

OoOK&BOoO

« Je peux te dire quelque chose ? »

« Bien sûr. » répond Blaine en bâillant contre le torse de Kurt où sa joue est appuyée, son corps nu mêlé au sien sous les draps.

« Après ton départ, » commence lentement Kurt, « je suis... allé dans ta chambre. Je n'ai pas fouillé partout, d'accord ? Je voulais seulement que tout reste propre pendant ton absence. Alors j'ai fait ta lessive et- »

« Tu as trouvé ta cassette ? »

Kurt regarde bêtement le sommet du crâne de Blaine dans l'obscurité.

« Tu- Tu l'as laissée exprès pour que je tombe dessus ? » demande-t-il.

Ce geste est aussi touchant que déprimant. Penser que Blaine a mis la cassette à cet endroit exact avec l'espoir que Kurt la découvre après qu'il soit parti laisse un goût amer dans la bouche de Kurt.

« Pas vraiment. » dit Blaine, « Mais je me souviens avoir posé la cassette dans ma commode. J'attendais avant de te la donner. J'avais juste... besoin de me préparer psychologiquement. Si tu rangeais mes habits, c'est normal que tu l'aies trouvée. Je n'ai pas fait exprès de la laisser là. Je n'avais pas l'intention que tu la découvres comme ça, après mon départ, je veux dire. »

« Alors tu- tu n'es pas en colère que je l'ai écoutée ? »

Les lèvres de Blaine s'ourlent dans un sourire que Kurt sent contre sa peau. Blaine se redresse, croise ses bras sur le torse de Kurt et pose son menton dessus. Kurt arrive à peine à distinguer la forme de ses yeux, de son nez et de sa bouche dans le noir mais il réussit tout de même à voir qu'il sourit presque sereinement.

« Elle était pour toi, Kurt. » chuchote Blaine, « Je suis juste désolé de ne pas avoir été présent pour te la donner moi-même. »

« C'était magnifique. » révèle Kurt d'un ton aussi doux que celui de Blaine, « Tu me la joueras un jour ? Tu me joueras ta chanson en direct ? »

« Rien que pour toi. » accepte Blaine, « Ce sera rien que toi, moi et ma guitare. »

« Même pas de vêtements ? » taquine Kurt.

Blaine glousse et pince le flanc de Kurt qui se met aussi à rire. Ils se rappellent rapidement qu'ils ne doivent pas faire de bruit pour ne pas réveiller les autres habitants de la maison.

« J'imagine que les vêtements pourront être optionnels pour ce concert. » concède Blaine avec un clin d'œil.

« Oh mon Dieu, maintenant je n'arrête pas de t'imaginer nu en train de jouer de la guitare. » grogne Kurt, « Et c'est une image vraiment géniale mais on vient juste de faire l'amour et je suis tellement fatigué. »

« Dors alors. » ordonne doucement Blaine en embrassant le bout du nez de Kurt, « Je pourrais peut-être te fatiguer un peu plus à ton réveil avant que tout le monde soit debout. »

Blaine s'installe à nouveau contre la poitrine de Kurt et cale sa tête sous son menton. Kurt sourit et passe paresseusement ses doigts dans les cheveux transpirants et ébouriffés par le sexe de Blaine. Il est heureux, satisfait et tout est calme, comme c'est toujours le cas quand, la nuit venue, ils ne sont que deux garçons qui font tendrement l'amour et que se câlinent, comme s'il n'y avait pas de lendemain. Ces soirs-là, ils arrivent à oublier l'univers autour d'eux, les souffrances qu'a endurées Blaine et la tristesse qu'a ressentie Kurt durant des mois. Ils oublient même de confier leurs peurs et leurs doutes à l'autre.

Blaine ouvre la bouche et commence à chanter dans un murmure :

« I pray, please be strong for me, because I don't know how to be, I struggle to find company, as good as you... »

OoOK&BOoO

Une semaine plus tard, Kurt est tiré du sommeil, arraché d'un rêve merveilleux par des cris. Il est tellement surpris que tout ce qu'il peut faire dans un premier temps est de se redresser et de retenir sa respiration. Il a l'impression que le hurlement secoue la maison toute entière, des fondations jusqu'au toit et, dieu, il est terrifiant. Il est viscéral, comme s'il sortait directement de l'âme de quelqu'un et-

Blaine.

Kurt saute hors de son lit, ne prenant même pas le temps d'enfiler un haut pour cacher son torse nu, et se précipite dans le couloir. Quand il arrive devant la chambre, son père en sort calmement et Kurt aperçoit Carole enrouler ses bras autour de Blaine dont les cris diminuent lentement. Burt ferme la porte derrière lui.

« Laisse-moi- »

« Kurt, arrête. » interrompt fermement Burt en posant ses mains sur les épaules de Kurt.

« Mais il a besoin de moi ! »

« Tu n'es pas le seul à pouvoir le réconforter après un cauchemar, fiston. » dit Burt, « Tu dois laisser Carole s'en occuper cette fois. Il doit se rendre compte qu'il peut nous faire aussi confiance, tu te souviens ? »

« Alors pourquoi tu n'es pas avec lui ? » exige Kurt.

« Parce que le gamin a hurlé encore plus fort quand j'ai essayé de l'aider. » grommelle Burt, « Il n'a même pas voulu que je m'approche de lui. »

« Mais... quoi ? » demande Kurt, toute résistance quittant ses membres, « Mais tu- tu lui fais tout le temps des câlins maintenant et il a l'air- »

« Tu ne le vois peut-être pas mais il se tend comme un arc dès que je le touche. A chaque fois, sans exception. »

Kurt lâche un souffle tremblant.

« Tu- Tu ne crois pas- son père- Tu crois que son père le- »

« Je crois qu'il y a encore beaucoup de choses qu'on ignore. » dit Burt, essayant clairement de calmer l'inquiétude grandissante dans le ventre de Kurt, « On va devoir lui laisser le temps qu'il lui faut pour nous en parler. »

Kurt pâlit et fixe la porte fermée par-dessus l'épaule de son père. Il devrait être à l'intérieur. Il devrait tenir Blaine, le berçait jusqu'à ce qu'il n'ait plus de larmes et qu'il s'endorme à force de pleurer. Cette pensée ravive l'instinct de protection qu'il ressent pour le garçon et lui tord douloureusement le cœur. Blaine n'a pas fait de cauchemar, d'après ce que sait Kurt en tout cas, depuis son retour à la maison mais tous les mauvais rêves semblent s'être accumulés pour ne faire qu'un. Un terrifiant et traumatisant. Blaine a hurlé à pleins poumons, comme un homme possédé.

« Retourne au lit, fils. » ordonne doucement son père en poussant déjà Kurt en direction de sa chambre.

« Mais- »

« Carole peut rester avec lui jusqu'à ce qu'il se rendorme. »

« Et si- »

« Tu ne me feras pas changer d'avis. Tu pourras lui parler demain matin. »

Kurt marmonne mais obéit à son père et retourne se coucher en s'assurant de laisser sa porte ouverte au cas où Blaine ressente le besoin de le rejoindre dans la nuit.

Blaine ne vient pas. Kurt s'endort finalement, à bout de forces. Il se fait tout de même la promesse d'aller vérifier comment va Blaine dès qu'il se réveille.

OoOK&BOoO

Cependant, le lendemain, la chambre de Blaine est vide et calme. Kurt descend au rez-de-chaussée et aperçoit Blaine dans les bras de Carole. Sa belle-mère lui chuchote quelque chose que Kurt n'arrive pas à entendre. Il reste hors de leur vue, ayant peur d'interrompre un moment privé entre eux deux. Carole s'éloigne au bout d'une longue minute. Blaine essuie ses joues humides.

« Tu devrais lui dire. » lance Carole juste assez fort pour que ses mots parviennent aux oreilles de Kurt, « Si tu es prêt, bien sûr. »

Blaine acquiesce simplement. Carole tapote gentiment son épaule et part pour aller au travail.

Au lieu d'entrer directement dans la cuisine dès l'instant où ils sont complètement seuls dans la maison, Kurt s'appuie contre le mur et essaie de repousser la déception qui bourgeonne dans son esprit. Après tout ce qui est arrivé, après tous les progrès que Blaine et lui ont fait ensemble, après l'aveu de leur amour, les baisers et le sexe, Blaine ne fait toujours pas assez confiance à Kurt pour lui parler de son passé. Non, il s'est d'abord confié à une inconnue puis à Carole.

Tout à coup, Kurt est irrationnellement jaloux et triste, tellement que les larmes perlent au coin de ses yeux.

Qu'a-t-il fait de mal ? Son soutien n'était-il pas suffisant ? Est-ce qu'il a perdu la confiance de Blaine en admettant avoir parlé des problèmes du garçon avec Carole derrière son dos, même si Kurt voulait seulement l'aider ?

Le pire dans tout ça est que Kurt ressente toutes ces choses. La culpabilité fait son apparition dans sa tête avec cette jalousie et cette tristesse. Il n'a aucun droit d'empêcher Blaine d'avoir le réconfort et la sécurité dont il a visiblement besoin, peu importe auprès de qui il les trouve. Ce garçon a horriblement souffert. Kurt le sait. Il sait aussi que cette inconnue était une thérapeute capable d'aider Blaine à gérer ses problèmes et il sait que Carole est une adulte au cœur en or qui souhaite seulement le meilleur pour tout le monde. La partie logique de son cerveau lui crie encore et encore pour tenter de prendre le dessus mais la partie émotionnelle hurle bien plus fort :

Je ne suis pas assez pour toi ?

Kurt ravale un geignement pathétique et essaie de calmer le tumulte de ses émotions.

Tout ça n'a aucune importance. Il aime Blaine.

Et il l'aimera même si Blaine décide de ne jamais lui parler de son passé. Ce sera difficile parce qu'il s'interrogera toujours, il aura toujours des questions qui ne trouveront jamais de réponses, mais Blaine reste le garçon le plus incroyable qu'il ait rencontré de toute sa vie.

Il ne doit jamais oublier ce détail.

Kurt prend une profonde inspiration, efface rapidement toute trace de larmes sur son visage et entre dans la cuisine avec un sourire tendu sur les lèvres.

« Bonjour. » accueille-t-il en posant un bref baiser sur les cheveux de Blaine.

« Bonjour. » répond Blaine dans un bâillement, « Carole a fait- Kurt, qu'est-ce qu'il y a ? »

« Quoi ? Rien. » dit Kurt en pivotant pour se verser une tasse de café, « Je vais bien. »

« On dirait que tu as pleuré. » insiste Blaine.

Il tend la main vers la sienne mais Kurt l'esquive pour attraper son mug préféré dans le placard.

« Hé, arrête. » ordonne Blaine en saisissant le poignet de Kurt et en l'incitant à se tourner, « Regarde-moi. »

« C'est mon allergie, d'accord ? Je ne pleurais pas. »

« L'allergie peut peut-être te donner les yeux rouges et gonflés mais elle n'affecte pas le reste de ton visage. Je t'ai déjà vu pleurer, tu t'en souviens ? Je sais à quoi tu ressembles quand ça arrive. »

« Eh bien, je ne pleurais pas cette fois. » s'entête Kurt, sentant déjà une nouvelle vague de larmes picoter ses yeux.

C'est stupide. Il n'a aucune raison de pleurer. Vraiment aucune.

« Je suis juste fatigué et j'ai de l'allergie. »

« S'il te plaît, arrête de me mentir. » exige doucement Blaine en glissant sa main dans celle de Kurt, « S'il te plaît. »

« Je ne te mens pas, j'ai seulement besoin de café. »

« Pourquoi tu ne veux pas me parler ? » implore Blaine.

« Parce que je suis énervé et que je n'ai pas envie de me défouler sur toi. » dit Kurt, « Alors arrête d'insister. »

« Mais je- je t'aime. » déclare Blaine, « Si tu es en colère- Je ne veux pas que tu me caches des secrets. S'il te plaît, je t'en prie, dis-moi ce qui se passe. Je veux juste aider. »

« C'est ça. » se moque Kurt, incapable de retenir les mots qui sortent de sa bouche après la révélation qu'il a entendue dans le couloir quelques minutes auparavant, « Comme si j'étais le seul à cacher des choses. »

Blaine laisse retomber les doigts de Kurt et s'éloigne de lui autant qu'il le peut dans l'espace confiné de la cuisine. Kurt regrette immédiatement ses paroles en voyant l'expression horrifiée qui traverse les traits de Blaine.

« Qu'est-ce que je suis supposé comprendre ? »

« Merde. » marmonne Kurt, déçu de ne pas avoir tenu sa langue, « Je suis désolé. Je ne voulais pas dire ça. »

« Dis-moi ce que tu penses vraiment. »

« Ce n'est rien, d'accord ? Je suis juste fatigué. Mon père n'a pas voulu me laisser entrer dans ta chambre hier soir quand tu t'es réveillé en criant et je n'ai quasiment pas dormi de la nuit tellement j'étais inquiet pour toi. Je suis juste à bout. »

« Il y a peut-être un peu de ça. » dit Blaine, « Mais ça n'explique pas ce que tu viens juste de me balancer. »

« S'il te plaît, je ne veux pas qu'on se dispute maintenant, surtout pas à ce sujet. Je ne voulais même pas dire ça. »

« Pourtant, tu l'as dit. Quelque chose que j'ai fait t'a visiblement mis en colère. »

« Tu n'as rien fait du tout. »

« Apparemment, si. »

« Je n'ai jamais dit ça. » rétorque Kurt.

« Alors dis-moi ce que tu as voulu dire. »

« Blaine, laisse tomber. »

« Non, je veux qu'on soit honnête l'un envers l'autre. » déclare Blaine en croisant les bras sur son torse et en plissant les yeux, « Si notre relation doit continuer d'évoluer et qu'on vit ensemble, il faut qu'on éclaircisse tout ça. Alors explique. »

« Tu n'es pas obligé de connaître la moindre des pensées que j'ai dans la tête. »

« Mais cette pensée a l'air de t'embêter assez pour que tu ressentes le besoin de la formuler alors vas-y. »

« Pourquoi je devrais étaler tous mes problèmes alors que toi, tu ne me fais pas assez confiance pour me parler des tiens ? » crache Kurt, « L'honnêteté doit être réciproque, pas que dans un sens. »

Blaine cligne des yeux très lentement et serre fermement la mâchoire. Toute trace de colère disparaît de son visage pour laisser place au choc.

« Pardon ? » demande-t-il bêtement.

« J'ai entendu Carole ce matin. » avoue Kurt d'un ton peu amène, « Je l'ai entendue te dire que tu devrais me parler de quelque chose, seulement quand tu seras prêt. »

« Oui, elle pense que je devrais te raconter le cauchemar que j'ai eu hier soir. » explique Blaine.

« Exactement ! » explose Kurt, le manque de sommeil, l'anxiété et le ressentiment s'accumulant dans son esprit sans qu'il puisse y faire quelque chose, « Parce que tu lui as dit ! Tu lui as raconté avant de me le raconter à moi ! Merde, tu ne te rappelles pas le temps que tu as mis à t'ouvrir à moi ? Même pour les plus petits trucs ? Mais, tout à coup, tu peux raconter tous tes secrets ou discuter de tes cauchemars à quelqu'un qui ne t'a pas tenu presque à chaque fois que tu en avais ? Tu as une idée d'à quel point ça me fait mal ? »

« Kurt, ce n'est pas ce qui s'es- »

« Je suis celui qui a pris soin de toi et je suis celui qui t'a écouté pleurer presque toutes les nuits pendant des mois. » dit Kurt, les joues striées de larmes de fureur et de jalousie, « Je t'aime et tu- tu dis que tu m'aimes aussi mais tu ne me fais même plus assez confiance pour me parler de ce genre de choses et je me sens- mon Dieu, je me sens comme la pire des merdes. Je ne voulais même pas t'avouer tout ça parce que j'ai l'air tellement égoïste, pathétique et collant mais je ne peux pas m'en empêcher, je ne peux pas. C'est- Je me sens inutile et je déteste me sentir comme ça parce que tu es un être humain, je ne peux pas te contrôler. Je veux que tu sois heureux mais je veux que tu le sois avec moi. Mais un jour- un jour tu n'aurais plus besoin de moi. Tu n'auras plus besoin que je prenne soin de toi ou que je te tienne. Ça me fait peur. Ça me terrifie et je suis désolé. Je suis tellement désolé. »

Un sanglot s'échappe de sa gorge et met fin à sa tirade émotionnelle. Il se cache le visage contre ses paumes. Kurt peut sentir les yeux de Blaine sur lui, tels des rayons X qui suivent chacun de ses mouvements. Il déteste être observé à cet instant. Il a l'impression de s'écrouler en mille morceaux et il n'a pas envie que quelqu'un le voie dans cet état, même pas Blaine à qui il s'est le plus exposé jusqu'à maintenant.

« Viens là. » exige Blaine d'une voix claire et forte, sans équivoque.

Une main se pose dans la dos de Kurt, le dirige vers la table la cuisine et l'incite doucement à s'installer sur une chaise. Il baisse la tête vers le sol mais Blaine reste dans sa ligne de mire en s'installant par terre à ses pieds. Il regarde Kurt de ses yeux complètement ouverts, francs et sincères.

« Avant tout, » commence Blaine en enroulant un bras autour de la taille de Kurt, « Je te fais confiance et je t'aime. Je suis désolé que tu en aies douté. Ca n'a jamais été mon intention. Ensuite, je n'ai pas raconté mon cauchemar à Carole. »

« Tu- Tu ne lui as pas raconté ? » demande Kurt à travers ses reniflements.

« Non. »

Oh, fantastique. Maintenant Kurt se sent comme le pire des cons. Son visage devient rapidement rouge comme une tomate.

« Alors de quoi elle parlait ce matin ? » interroge Kurt.

« Hier soir, après avoir fini de crier comme un sourd et de réveiller toute la maison - désolé pour ça, d'ailleurs - j'ai commencé à pleurer et à te réclamer. » explique Blaine, « Je ne pense pas que j'étais totalement conscient parce que Carole m'a proposé d'aller te chercher mais je me suis lancé dans un monologue en disant que je ne voulais pas te déranger et te tenir éveiller et que ce serait mieux pour moi si je lâchais prise. Elle était d'accord avec moi. Elle a dit que je devrais discuter avec toi parce qu'elle sait que tu es la personne dont je suis le plus proche. J'ai recommencé à pleurer ensuite et à bafouiller que je ne pouvais t'en parler parce que tu risquerais de ne plus me vouloir auprès toi si tu apprenais la vérité. »

« Je ne ferais jamais- »

« Je ne dis pas que tout était rationnel. » coupe Blaine, « Je te raconte seulement ce qui s'est passé et de quoi elle parlait ce matin. Elle voulait que je te raconte mon cauchemar seulement parce que je n'ai pas pu le faire avec elle, Kurt. Et pas parce qu'elle était déjà au courant et qu'elle pensait que tu devrais le savoir aussi. Tout ce qu'elle a fait est frotter mon dos pour que je me rendorme. Je ne lui ai rien dit du tout. »

« ... Oh. »

« Oui, oh. » répète Blaine avec un petit sourire.

« Donc... je t'ai crié dessus sans aucune raison. »

« Pas nécessairement. » dit Blaine en se positionnant plus confortablement par terre, « Je pense que tu as l'impression de me donner plus que je te donne en retour. »

« Non. » renchérit Kurt rapidement, « Ce n'est pas- »

« Ce n'est pas grave. » calme Blaine, « Tu me donnes tellement, depuis cette première nuit sous le pont. Tout a commencé avec la couverture et le manteau que tu m'as offerts. »

Kurt renifle.

« Oui. Tout s'est enchaîné jusqu'à ce que je t'offre aussi ma virginité. »

Blaine lâche un couinement aigu étouffé et cache son visage contre les cuisses de Kurt. Kurt glousse et se débarrasse de ses dernières larmes. Il passe ses doigts dans les cheveux de Blaine jusqu'à ce que ses rires s'éteignent et il lui relève délicatement le visage.

« Mais sérieusement, » continue Kurt après un instant, « Ce n'est pas du tout ce que je pense. »

« Je sais que tu le penses. » contre Blaine, « Mais je comprends. »

« Non, je ne- »

« Ce n'est pas grave. » assure calmement Blaine, « En vérité... Je pense que je serais prêt à tout te raconter très bientôt. Il faut juste que je fasse le point dans ma tête et trouver le courage de tout te livrer. Je n'ai plus peur de tout te dire, plus comme hier après mon cauchemar. Je ne crois vraiment pas que tu me renieras ou que tu me jetteras dehors mais tu me verras sous un nouveau jour à mon avis. Pas le plus glorieux des jours. »

« Je t'aimerais toujours. » promet Kurt, « Rien ne peut changer ça. Tu restes Blaine. »

« On verra. » dit Blaine en tapotant sur les cuisses de Kurt avant de se relever, « En tout cas, je ne veux pas prévoir mon avenir à New York avec toi tant que je ne t'ai pas tout raconté. C'est une promesse que je me suis faite à moi-même et je me dois de la tenir. »

« Eh bien, si c'est vraiment ce que tu veux, d'accord. » concède maladroitement Kurt, « Mais peu importe les mots qui sont sortis de ma bouche tout à l'heure, je ne veux pas te forcer à me parler de quoi que ce soit. Je- Je croyais juste que tu ne me faisais plus confiance. Ou que... tu ne me considérais plus comme ton premier confident. »

« Bébé. » chuchote Blaine en s'inclinant pour déposer un tendre baiser sur les lèvres de Kurt, « Tu seras toujours mon premier confident. »

Kurt n'a jamais été très fan de ce genre de surnoms niais pourtant, les mots doux de Blaine le bercent et lui réchauffent le cœur comme un gros câlin. Il aimerait pouvoir les prendre au creux de sa main et les garder près de lui pour toujours.

OoOK&BOoO

« Les garçons ! »

Le cri de Burt atteint les oreilles de Kurt et détourne son attention de ses devoirs, quelques semaines après sa conversation avec Blaine dans la cuisine. La vie a repris son cours normal au sein de leur petite famille. Blaine et Finn travaillent au garage et Kurt joue apprend à Blaine les leçons qu'il a reçues au lycée. Ils ont retrouvé leur routine familière, si ce n'est que maintenant Rachel les traîne tous les week-ends au centre commercial et que Blaine a rencontré pour la première fois Quinn, Tina et Mercedes. Les filles ont immédiatement adopté Blaine, le qualifiant d'adorable dans son nœud papillon lorsqu'ils ont tous pris un café ensemble. Kurt était heureux de voir Blaine interagir avec ses amis aussi facilement.

Mais pour l'instant, assis entre Finn et Blaine dans le canapé avec Carole et Burt installés face à eux, des expressions très sérieuses sur le visage, Kurt est définitivement plus inquiet qu'heureux.

« Est-ce qu'on va se faire disputer ? » bredouille Finn, « Parce que j'ai dit à Blaine de ne pas manger la fin du paquet d'Oréo. »

« Tu en as mangé aussi ! »

« Oui mais tu as mangé les quatre derniers ! »

« Tu m'as défié de le faire ! » contre Blaine, « Tu as dit que je n'étais pas cap d'en manger vingt-cinq et après tu m'as défié de finir le paquet parce que tu es une poule mouillée et que tu ne pouvais pas le terminer toi-même ! »

« Les garçons. » coupe Carole, clairement amusée par leur chamaillerie.

« Pardon. » s'excuse timidement Blaine en s'enfonçant à nouveau dans le canapé.

Kurt lève les yeux au ciel. Parfois, Blaine et Finn se comportent plus comme des frères que Kurt n'ose l'admettre. Il considère totalement Finn comme son frère mais définitivement pas Blaine.

« Personne n'a d'ennuis. » déclare Carole, « On veut juste vous parler de quelque chose. »

« A nous tous ? » demande Kurt, se retenant de jeter un regard nerveux vers Blaine.

« Oui. » répond Blaine, « Parce que ça regarde toute la famille. »

« Ok... » dit lentement Kurt, « Qu'est-ce que c'est ? »

« J'ai discuté avec quelqu'un du Département de l'Éducation. » explique Burt, « Au sujet de Blaine. L'autre jour, tu disais à Finn que tu voulais obtenir ton diplôme, n'est-ce pas ? »

« O-Oui. » bégaie Blaine, « Mais j'aurais pu téléphoner moi-même. Vous n'étiez pas obligé de le faire pour moi, monsieur. »

« Gamin, je ne sais pas combien de fois je vais devoir te le rappeler mais tu peux m'appeler Burt. »

Blaine baisse la tête pour dissimuler son rougissement. Kurt sourit malicieusement. Bien sûr que son père se démène pour Blaine. Même si le garçon a visiblement quelques réserves au sujet de Burt et de la figure paternelle qu'il représente, son père ne va pas se gêner pour agir en tant que tel.

« Bref, je leur ai demandé les démarches qu'il faut suivre pour quelqu'un dans ta situation. En gros, vu que tu n'as que seize ans- »

« Bientôt dix-sept. » intervient Kurt.

« Peu importe. » continue patiemment Burt, « Tant que tu n'as pas dix-huit, il te faut une sorte d'autorisation. Ce qui veut dire que le principal de ton ancien lycée va devoir signer un document pour que tu puisses passer l'examen. »

« Ça a l'air assez simple. » dit Kurt.

« Ça l'est. » affirme Carole, d'une voix tout de même anxieuse, « Mais ce n'est pas la partie qui nous inquiète. »

« Tu as aussi besoin de l'autorisation d'un de tes parents ou de ton tuteur légal. » annonce Burt.

Blaine se tend immédiatement. Kurt prend sa main sans hésiter.

« Carole et moi avons discuté. » dit Burt en tournant momentanément la tête vers sa femme, « Nous sommes arrivés à deux solutions possibles. »

« Quelles- Quelles solutions ? » bafouille Blaine, l'inquiétude visible sur les traits de son visage.

« On peut parler à ton père et le convaincre de signer tous les documents dont tu as besoin. » di Carole, « Ce qui serait l'option la plus rapide. »

« ... Ou ? » couine Blaine.

« En plaidant la négligence à sur long terme, on peut déposer une demande d'adoption. » annonce Burt avec un grand sourire, comme s'il avait fait la découverte du siècle, « Ce serait le dernier pas pour officialiser ta place dans cette famille, hein ? Tu es déjà comme notre troisième fils ! Et Kurt et toi seriez frères ! »

La bouche de Kurt s'ouvre en grand. Sa prise sur la main de Blaine se relâche.

Il est indéniablement, incontestablement mortifié.