Coucou !
Il ne reste plus qu'un chapitre et l'épilogue à poster ! Cette fic va me manquer...
Merci au nouveau follow de cette semaine !
Merci à Célia, Meryem d'amour et Always be a Panda pour vos reviews toutes mignonnes !
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Chapitre 26
Le trajet jusqu'à Westerville sans prendre une éternité. Tous les kilomètres après être entrés en ville, Blaine donne la direction à suivre à Burt depuis la banquette arrière du pick-up. Sa voix devient de plus en plus faible au fur et à mesure de ses instructions. Il n'arrête pas de gigoter et son genoux cogne sans cesse celui de Kurt. Il se rapproche inconsciemment de son petit-ami et sa nervosité grandit au fil des minutes.
« Il n'est peut-être même pas chez lui. » dit Blaine, espérant visiblement que ce soit le cas, « Et si on était venus jusqu'ici pour rien ? »
« On attendra qu'il revienne. » propose Burt, « Autant tout régler aujourd'hui. »
Blaine déglutit avec appréhension tellement bruyamment que Kurt peut l'entendre. Quand ils s'engagent dans l'allée de l'imposante maison du père de Blaine, Burt siffle longuement devant la taille de la demeure.
« On dirait bien qu'il est là. » remarque Burt en indiquant la voiture garée devant la maison, « Venez les garçons. Terminons-en. »
Kurt et Blaine suivent Burt jusqu'à la porte d'entrée. Kurt s'apprête à retirer sa main de celle de Blaine, se méfiant de l'opinion du père de son petit-ami sur l'orientation sexuelle de son fils, mais Blaine resserre sa prise et lève ses yeux emplis de peur vers lui.
« Ne me lâche pas. » chuchote-t-il désespérément, tout doucement pour que seul Kurt l'entende, « Je t'en prie, ne me lâche pas. »
Kurt hoche brièvement la tête et serre les doigts de Blaine alors que Burt toque à la porte. Par-dessus le son des piaillements joyeux des oiseaux dans les arbres, des bruits de pas étouffés et celui d'un vase ou d'une lampe qui se fracasse sur le sol leur parviennent de l'intérieur. Monsieur Anderson vient leur répondre. Il est, sans aucun doute possible, complètement saoul. Il les observe en plissant ses yeux injectés de sang.
Son regard croise celui de Kurt et un sourire malsain et satisfait s'étend sur ses lèvres.
« C'est toujours agréable d'avoir raison. » dit l'homme plus clairement que ne se l'attendait Kurt.
« Pardon ? » demande Kurt.
« Je t'avais dit qu'on se reverrait. » rétorque monsieur Anderson, « Juste avant que tu te barres en courant la dernière fois. »
Kurt se prépare mentalement pour endurer une après-midi d'arrogance alcoolisée et se redresse autant qu'il peut, sans jamais laisser tomber la main tremblante de Blaine.
« Heureusement, je suis là pour une toute autre raison aujourd'hui. » déclare Kurt.
Monsieur Anderson fredonne pour lui-même et zieute Burt de la tête aux pieds comme pour la valeur de l'homme, avant de finalement tourner son attention vers son fils.
« Qu'est-ce qu'il y a alors ? » demande-t-il, « Le rat d'égout revient sonner à ma porte ? Mais que quand il a besoin de quelque chose évidemment. L'autre fois tu voulais des infos sur ta précieuse petite maman et maintenant quoi ? Du fric, je suppose. »
Blaine halète et Kurt sent les poils de sa nuque se hérisser sous la colère. Ils ne sont pas aussi désespérés et mesquins !
« Blaine n'aura jamais besoin de votre argent espèce de vieux c- »
« Kurt. » intervient finalement Burt, ouvrant la bouche pour la première depuis qu'il a toqué à la porte, « Arrête. »
« Mais il- »
« Monsieur Anderson. » dit Burt en se mettant devant les garçons, « Je m'appelle Burt et voici mon fils, Kurt. On prend soin de Blaine depuis un moment maintenant et- »
« La dernière fois que j'ai entendu parler de lui, il s'était enfui de chez vous aussi. » dit monsieur Anderson d'un air narquois.
« Le gamin avait besoin de régler certaines choses par lui-même. » informe Burt, « Mais ce n'est pas pour ça qu'on est là. »
« Qu'est-ce que vous voulez alors ? » presse l'homme, les yeux à peine ouverts.
« Je- ah- Je pense que ce serait mieux qu'on discute à l'intérieur. » dit Burt.
Monsieur Anderson jette un coup d'œil derrière eux et Kurt pivote sur lui-même pour voir qu'ils ont déjà piqué la curiosité du voisin d'en face qui les observe plus ou moins discrètement à travers ses rideaux. Le père de Blaine souffle et fait un pas sur le côté.
« Entrez. » grommelle-t-il.
Ils entrent dans la maison et la respiration de Kurt se coupe momentanément en découvrant l'énorme hall d'entrée. Le plafond voûté et le chandelier soulignent la grandeur de l'endroit. Il ne peut pas s'empêcher de détailler toute la pièce en passant par le large escalier, les murs blancs immaculés, sans la moindre décoration et le vase brisé semblant être tombé d'une sorte de piédestal. La maison est gigantesque, personne ne peut le nier. Malgré sa taille, elle est très froide et vide. Kurt est presque certain que ce n'était pas le cas quand la famille Anderson vivait au complet ici.
La main de Blaine est soudainement moite dans la sienne. C'est très étrange d'imaginer que Blaine a grandi ici, que sa famille et lui vivaient confortablement, étaient membre d'un country club et donnaient des réceptions sophistiquées dans la salle à manger que Kurt peut apercevoir à sa gauche. Son ancienne chambre est quelque part à l'étage, certainement aussi grande que le reste de la maison, recouverte de poussière et laissée à l'abandon dans la spirale autodestructrice de son père. Kurt se demande quels souvenirs sont cachés dans les craquelures du parquet, quels monstres se cachent dans les placards et combien de moments heureux se sont déroulés entre ces murs. Il ne peut pas s'empêcher de comparer la chambre d'enfance de Blaine à celle qu'ils ont installé chez eux. Il se souvient des sanglots de Blaine lorsqu'il a découvert la pièce fraîchement décorée rien que pour lui. L'idée que Blaine ait pleuré pour tout ce qu'il a perdu et non pour le soulagement d'avoir à nouveau un toit sur la tête lui effleure l'esprit. Et si cette nouvelle vie avec Kurt et sa famille n'était pas assez pour Blaine ? Et si la chambre, les habits et la guitare n'étaient tout simplement pas suffisants pour combler le trou béant qui s'est formé en Blaine en quittant cet endroit ?
Kurt est tiré de ses pensées par le son de glaçons s'entrechoquant contre du verre. Monsieur Anderson prend une longue gorgée d'alcool. L'après-midi vient juste de commencer. Kurt plisse le nez avec dédain.
« Alors, » débute l'homme, « quelle est l'urgence ? J'ai une vie moi aussi. »
« J'en suis certain. » rétorque Burt, ses mots dégoulinant de sarcasme, « Pour faire court, Blaine ne veut plus vivre ici. Il veut vivre avec nous et nous n'avons pas besoin de votre argent pour l'élever. »
« Il est plutôt exigeant, vous savez ? » contre monsieur Anderson avec malveillance, tournant son regard vers son fils, « Tes jeans de designer ou le piano à queue que je t'ai acheté pour ton anniversaire une année ne te manquent pas, Blainey ? Et les deux ordinateurs que tu m'as suppliés de t'acheter, hmm ? Un pour l'école et un pour le reste, si je me souviens bien ? Tu es en train de me dire que tu peux vivre sans tous ces trucs qui t'étaient indispensables il y a seulement quelques années ? J'ai du mal à le croire. »
Kurt le fixe avec horreur et dégoût. Le garçon à qui il tient la main et celui décrit par cet homme ne peuvent pas être une seule et même personne.
« Blaine a tout ce dont il a besoin chez nous. » dit Burt, « Ne vous inquiétez pas pour ça. »
« Ah, oui. » se moque l'autre homme, « Il n'a besoin que d'amour. Ce sale gosse inutile qui préfère traîner les rues avec son insignifiante salope de mère. »
Burt s'avance devant Kurt et Blaine et se colle presque nez à nez avec monsieur Anderson.
« On est là pour une seule chose, Anderson. » grogne Burt au visage de l'autre homme, « Et ça n'a rien à voir avec le passé de Blaine. C'est au sujet de son futur. Il nous faut seulement votre signature. Vous nous la donnez et vous ne nous reverrez probablement jamais. »
Monsieur Anderson renifle de contentement.
« Si vous vous attendez à ce que je renonce à mes droits de père et que je laisse mon fils entre les mains de quelqu'un comme vous, vous êtes totalement cinglé. » provoque-t-il en tanguant sur ses propres pieds.
« Heureusement que nous ne sommes pas là pour ça dans ce cas. » dit Burt en sortant un papier de la poche arrière de son pantalon, « Blaine veut obtenir son diplôme pour pouvoir aller à l'université. Il a besoin de l'autorisation de son tuteur légal pour passer l'examen. S'il y a ne serait-ce qu'une once de bonté en vous, vous signerez ce papier et vous le laisserez avancer dans sa vie. »
« Et pourquoi je ferais ça exactement ? » demande monsieur Anderson, « Il devra récupérer chaque journée de cours qu'il a manquées en partant avec cette connasse. S'il était resté avec moi dès le départ, ce ne serait pas un problème. »
« A quoi bon ? » réfute Burt, « Il n'est pas avec vous. Il ne veut pas l'être. »
« Un enfant devrait être avec ses parents. »
« Pas quand un de ses parents est décédé et l'autre est un alcoolique abusif. Signez ce foutu papier. »
Burt plaque l'autorisation avec force sur la surface la plus proche et sort un stylo de sa poche. Blaine se rapproche de Kurt. Il peut sentir la violence des tremblements du garçon. Il voudrait enrouler ses bras autour de Blaine, il voudrait le tenir et le protéger de tout son être mais il a fait la promesse silencieuse de ne pas lâcher la main de Blaine. Alors il ne la lâche pas.
« Je ne vais pas vous laisser me forcer à faire quoi que ce soit. » annonce monsieur Anderson en levant le menton en signe de défi, « Surtout pas après un accusation totalement fausse. »
« Je pourrais croire qu'elle est fausse si votre fils ne tremblait pas comme une feuille à la seule idée d'être physiquement proche de vous. »
« Ce n'est pas de ma faute si sa mère lui a bourré le crâne contre moi ! »
« J'ai l'impression qu'elle n'a pas eu à beaucoup à le forcer. » dit Burt, « Elle a seulement alimenté toute la haine qu'il ressentait contre vous. »
Les yeux de monsieur Anderson s'assombrissent tout à coup avec de la rage. Il pose ce regard de pure colère et dégoût sur… Blaine.
« Quelles conneries tu es allé leur raconter ? » hurle-t-il en tentant de contourner Burt pour atteindre son fils.
Mais Burt est trop rapide pour une personne aussi ivre et instable. Il bloque l'homme et fait un pas en avant, obligeant monsieur Anderson à reculer par sa simple présence. Anderson trébuche. Son épaule se cogne contre la rambarde de l'escalier, sa boisson lui glisse des mains, le liquide ambrée tachant sa chemise, et le verre se brise en mille morceaux à ses pieds.
« Je vais porter plainte contre coups et blessures ! » crie l'homme, outragé.
« Et je vais demander la garde de votre fils en plaisant la négligence sur long terme, la maltraitance physique et le traumatisme émotionnel. » siffle Burt à travers ses dents, « Et si vous pensez gagner contre moi alors que vous avez clairement besoin d'une réunion chez les Alcooliques Anonymes, que j'offre à votre fils un foyer stable et que je fais tout mon possible pour l'aider, vous êtes totalement le plus cinglé de cette pièce. Maintenant signez ces foutus papiers. »
« Vous n'avez aucune preuve de- »
« Je n'en ai pas besoin. Votre fils est assez âgé aux yeux de la loi pour choisir son tuteur légal, si la situation dans laquelle il se trouve est dangereuse pour lui. » démontre Burt.
Kurt fixe l'arrière du crâne de son père. Est-ce qu'il a vraiment pris le temps de faire des recherches ? Kurt n'y a pas du tout pensé.
« Donc. » conclut Burt, « On peut régler cette histoire de la manière douce et vous signez ces documents ou de la manière dure et je vous emmène au tribunal pour être sûr que votre fils n'aura jamais plus besoin de votre autorisation pour faire quelque chose. »
Monsieur Anderson semble agité et vraiment inquiet maintenant. Il se tourne à nouveau vers Blaine. Son regard s'adoucit. Peut-être que l'alcool et la menace de Burt lui ont éclaircis les idées. Cette expression paraît vraiment étrange à Kurt, surtout après avoir entendu toutes les horreurs sortir de la bouche de cet homme. Il espère seulement que Blaine ne tombera pas dans ce si gros panneau. Mais, si Kurt peut voir à travers cette manipulation pathétique, Blaine aussi, il en est certain.
« Blaine. » dit-il avec une note de désespoir, comme si c'était sa dernière chance de retenir son précieux enfant auprès de lui - même si Kurt peut discerner la vérité : il ne reste aucun amour en cet homme, « Je suis ton père. Tu es mon fils. Tu es tout ce qu'il me reste. »
Burt fait un pas sur le côté mais reste tout de même assez près pour arrêter monsieur Anderson s'il tente de blesser Blaine. Ils sont père et fils. Ce n'est pas un lien facilement brisable. Personne ne peut s'interposer. Blaine doit prendre une décision tout seul.
Blaine tremble toujours légèrement mais s'efforcer de ravaler sa peur. Avec un rapide coup d'œil vers Kurt pour puiser du courage, il s'avance, sans jamais lâcher la main de son petit-ami.
« Tu- Tu seras toujours mon père. » murmure tout doucement Blaine,« Mais je choisis ma famille aujourd'hui et tu n'en fais pas partie. »
« Blaine, c'est ridicule. »
« Non, ce n'est pas ridicule. » dit Blaine d'un ton plus ferme en se redressant nettement, « Je n'ai rien oublié de tout ce que tu nous as fait. Je m'en rappelle très bien et je ne resterais pas ici en sachant que tu- que tu n'as pas changé du tout. En fait, on dirait que tu es encore pire. Je- Je ne- Je ne veux plus que tu fasses partie de ma vie. »
Les traits de monsieur Anderson se durcissent et l'expression aimante étrange s'efface en un claquement de doigts.
« Je n'aurais plus rien du tout si tu me laisses. » lance-t-il, espérant que la culpabilité fera craquer son fils.
« Tu aurais dû y penser avant de prendre cette bouteille de gin et de nous battre avec jusqu'à ce qu'on s'évanouisse. » rétorque Blaine sans flancher, « Signe le papier, s'il te plaît. »
« Blaine- »
« S'il te plaît. » répète Blaine en baissant les yeux et en brisant sûrement de dernier contact visuel qu'il aura avec son père.
Kurt a toujours suspecté que Blaine avait été maltraité. Ça ne l'empêche pas d'être étonné d'entendre Blaine l'avouer de sa propre bouche. Monsieur Anderson se racle la gorge, tire sur sa chemise et acquiesce brièvement. Il se déplace vers la petite table, attrape le stylo et signe rapidement le papier avant de tendre le document à Burt.
« Je te souhaite une bonne vie alors. »
Blaine ne répond pas. Il pivote et entraîne Kurt hors de la maison. Il se précipite dans l'allée jusqu'au pick-up de Burt. Ils restent silencieux en attendant que Burt les suive. Kurt est surpris de voir que Blaine ne pleure pas. Il s'était attendu à des larmes et de violents sanglots après cette confrontation avec son père. Mais, en grimpant dans la voiture et sur le trajet pour rentrer à Lima, Blaine ne dit pas un mot. Seule sa main est un petit peu moite dans celle de Kurt.
« Tu vas bien ? » demande doucement Kurt en ignorant le regard inquiet de son père dans le rétroviseur.
Blaine hésite un court instant avant de soupirer et de se tourner vers Kurt, un léger sourire sur les lèvres.
« Je crois que oui. » répond-il lentement.
« Tu es… sûr ? »
« Oui, je crois. » lui dit Blaine, « J'ai l'impression de… pouvoir avancer maintenant. Je peux vraiment commencer une nouvelle vie. »
Kurt lui offre un énorme sourire.
« Je suis content. »
Il s'appuie contre l'épaule de Blaine, soudainement très fatigué après tous ces coups de théâtre, même s'il ne s'en est pas vraiment mêlés. Malgré le calme apparent de son petit-ami, Kurt sait que Blaine et lui parleront plus tard de cette rencontre, loin des oreilles de son père si possible.
Le trajet jusqu'à Lima est silencieux et passe bien plus rapidement que l'aller. Lorsqu'ils se garent dans l'allée de la maison et qu'ils sortent de la voiture, Blaine se précipite vers Burt et le fait presque tomber avec la force de son câlin. Burt semble aussi choqué que Kurt mais il resserre quand même ses bras solides et forts autour du garçon.
« Tout va bien, gamin ? » interroge Burt avec inquiétude.
« Oui. » dit Blaine en levant ses yeux larmoyants vers Burt, « Je- Je voulais juste vous remercier monsieur- Burt. »
Burt rit et tapote le dos de Blaine avant d'enrouler son bras autour de ses épaules et de l'inciter à rentrer. Kurt les suit, absolument pas dérangé par leur toute nouvelle proximité. Il était plus que temps. Son père est peut-être un homme très patient mais Kurt sait combien la difficulté qu'a eue Blaine à lui faire confiance l'a blessée.
« Monsieur Burt, hein ? » taquine son père, « On ne me l'avait jamais faite celle-là. »
« Je suis désolé. » s'excuse timidement Blaine.
« Ne le sois pas. » le rassure Burt en serrant fermement mais gentiment son épaule, « Et tu n'as pas à me remercier non plus, d'accord ? Je serais toujours là pour toi. »
« Je sais. » dit doucement Blaine, « J'ai dû m'en rendre compte plus tôt. Si je- Si j'avais réalisé avant, peut-être que- »
« Arrête tout de suite. » interrompt immédiatement Burt, « Tu es là maintenant. Tout s'est arrangé et tout le monde est heureux. »
« Oui. » accepte Blaine en prenant une fois de plus la main de Kurt, « On est heureux. »
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« C'est juste génial. » déclare Blaine le samedi suivant.
Kurt et lui sont allongés sur deux chaises longues au fond du jardin. Après des couches de crème solaire, Blaine a réussi à convaincre Kurt de passer l'après-midi dehors, sous le soleil printanier. Ils sont seuls à la maison cet après-midi. Une petite table est installée entre eux où sont posés un pichet de citronnade et une pile de livres et de magazines au cas où la conversation s'essouffle.
« Tu devras me passer de la crème dans une heure. » prévient Kurt, « Je refuse de brûler seulement pour que tu profites de ton Soleil. »
« Oh, arrête de pleurnicher. » dit Blaine en jetant un coup d'œil à Kurt par-dessus ses lunettes de soleil, « Je sais que tu adores ce moment. »
« Hmm… » fredonne Kurt en laissant son regard traîner sur le torse nu de Blaine.
Sa peau est ferme et dorée. C'est presque douloureux de le regarder en réalité.
« La vue n'est pas mal, je peux te l'accorder. »
« Tu es insatiable. »
« C'est de ta faute. » lance Kurt en fermant les yeux et en s'allongeant sur sa chaise, « C'est toi qui a voulu qu'on retire nos hauts. »
« On aurait eu des bronzages bizarres si on les avait gardés ! »
« Correction : tu aurais eu un bronzage bizarre. J'aurais eu des brûlures bizarres. »
« On dirait que tu penses que ça me dérange de masser ta peau avec de la crème solaire. Crois-moi, ça ne dérange pas du tout. » assure Blaine.
« Tu as envie de me tripoter, c'est ça ? »
« Seulement si tu arrêtes de chouiner. »
« Je n'ai jamais dit que je voulais que tu me tripotes ! »
« Tu en as envie. »
Kurt ne peut pas s'empêcher de sourire.
« C'est bien ce que je pensais. » dit Blaine.
« Oh, tais-toi et profite de ton soleil. »
Blaine s'installe dans sa chaise longue en riant doucement. Le soleil réchauffe presque douloureusement la peau de Kurt mais la légère brise apaise presque immédiatement la brûlure. Il finit par admettre mentalement que, oui, c'est vraiment génial. C'est une journée agréable. Son petit-ami est à moitié nu près de lui et ils ont la maison pour eux seuls. Kurt s'endort quelques minutes puis boit un peu de citronnade en écoutant les oiseaux chanter dans les arbres avant de plonger à nouveau dans l'inconscience. Tout est serein. Blaine mêle ses doigts aux siens et un soupir content passe ses lèvres.
Mais, une heure plus tard, après que Blaine ait repassé de la crème solaire à Kurt dans un silence suspect et surtout sans essayer de le tripoter une seule fois, cette quiétude vole en éclats presque violemment quand Blaine parle :
« Je suis prêt à tout te raconter. »
