Nekhau
[Capitulation]
ooo
précédemment
- Spunau bolayalar t'Wehku bolayalar t'Zamu il t'Veh [Les besoins du plus grand nombre l'emportent sur celui d'un seul]...Répondit Spock, la mort dans l'âme, dévoré par la possessivité, et la douleur face à ce que Jim allait devoir, encore, subir, maudissant son impuissance.
- Vesht-Kentor nash-veh [j'ai compris]
ooo
La porte qui avait été close une semaine auparavant s'ouvrit. Les captifs se regroupèrent autour de Jim. Encadrée par des gardes à la mine patibulaire, la ministre Lian'aë cracha :
- Alors, Capitaine, avez-vous bien réfléchi ? Nous ne serons pas aussi gentil avec vos amis si vous persistez dans votre refus.
Jim comprit parfaitement la menace, d'autant plus que les yeux de la ministre Lian'aë étaient trop fixement posés sur Spock. Il était hors de question qu'il lui arrive du mal par sa faute, il était hors de question que l'on fasse du mal à ses hommes.
- J'accepte l'invitation de votre Reine. Déclara-t-il sèchement. A une condition. Que toute mon équipe puisse rejoindre l'Enterprise, dès maintenant !
Les captifs regardèrent leur capitaine avec des yeux ronds, tétanisés.
- Jim ! Protesta Spock
- C'EST UN ORDRE !
L'aboiement autoritaire de Jim lui fit l'effet d'un fouet. Spock savait que Jim agissait ainsi pour mettre son équipage à l'abri. Il comprit que son opposition ne faisait que lui rendre les choses plus difficile. Il dut faire un violent effort sur lui-même pour ne pas laisser sa détresse apparaître, et garder une apparente impassibilité :
- Bien, Capitaine.
...Vakh Khart-lan Nash-veh, Jim D'kiwa Nash-veh, [Mon Courageux Capitaine, Mon Jim Bien Aimé, ]
- C'est une requête raisonnable, cependant nous ne pouvons pas vous l'accorder. Vos amis ne seront libérés que lorsque notre reine en donnera l'ordre.
Jim échangea un bref regard avec Spock et le vulcain sentit soudain son humain dresser de puissantes barrières mentales autour de ses sentiments et ses pensées. Il les maîtrisait à la perfection à présent, après cette semaine d'entrainement intensif permanent.
Spock n'avait désormais accès à aucune de ses émotions, son cœur se serra douloureusement. Il éprouva un grand vide dans son esprit, il se sentait comme amputé. La seule perception qui lui restait de Jim était ce lien qui les unissait, et par lequel il le savait en vie. Spock aurait préféré partager la souffrance de Jim plutôt que d'en être exclu, pour pouvoir lui envoyer des sentiments de réconfort, mais il comprenait son chois.
Quoiqu'il allait se passer, il n'allait pas pouvoir venir à son secours. Cette impuissance le rendait malade, il pouvait sentir les muscles de ses entrailles se contracter comme si on y avait versé de l'acide. Pour la première fois de sa vie, il éprouva de la haine. Une exécration glacée pour cette femelle qui allait blesser son époux, et lui imposer ce que seul lui, son époux, avait le droit de partager avec lui. Jim posa la main sur son bras et pensa avec toute sa détermination:
- Dunginam-tor ish-veh rom, Spock. Nam-tor nash-veh karik, ri tun'uh du. Uga'uh t'nash-veh ta dungi-nem-tor du tune au na'nash-veh [ça va aller, Spock. Je suis fort, ne t'inquiète pas. Promets-moi que tu prendras soin d'eux pour moi]
- Nem-tor nash-veh, Jim, nam-tor nash-veh... [je promets, Jim, je suis...]
Jim rompit le contact avant qu'il ne puisse achever se phrase, et se laissa emmener sans un regard en arrière, laissant Spock tétanisé de douleur.
ooo
Jim fut confié aux mains expertes de servantes. Il se laissa faire en silence, le visage fermé, les poings serrés. Il fut dévêtu, lavé, épilé, pomponné, coiffé, parfumé, comme on aurait préparé un esclave-à-plaisir, pour le vendre sur Orion. Et déjà un vif sentiment d'humiliation coulait dans ses veines. Puis il fut revêtu de son uniforme d'apparat et amené dans les appartement de la reine.
ooo
A l'instant où Jim pénétrait dans la chambre de la reine, ses compagnons de captivité furent manu-militari raccompagnés à bord de l'Enterprise. Bones donna à chacun un congé en attendant qu'ils soient évalués par le psychologue. Leur retour à la réalité allait être d'autant plus difficile qu'ils ne pouvait s'attendre à aucun recours en justice.
Rien ne pouvait être fait pour libérer Jim. Même avertie, ni la fédération des planète, ni StarFleet n'allaient intervenir. Cette reine et ses caprices étaient protégés par ses mines de dilithium... ils ne pouvaient qu'attendre. Et ce sentiment d'injustice était pire que tout.
ooo
Seul dans ses quartiers, Spock avait l'impression, pour la seconde fois de sa vie, qu'il était en train de devenir fou. Et c'était encore pire que lors de son Pon Farr.
Il était fou de haine vis à vis de cette femelle égoïste et frivole ...
Fou de jalousie à l'idée qu'elle allait oser... qu'elle allait... que Jim allait devoir subir...
Jim était à lui. Jim était son époux. Nulle autre personne que lui n'avait le droit de le toucher.
Il avait vu la ferme résolution dans l'attitude de Jim, dans ce qu'il avait réussi à percevoir de ses émotions, dans les derniers mots qu'il avait transmis dans son esprit. Il avait senti son inébranlable détermination et sa vive culpabilité, son profond dégoût: Jim se livrait à contre-cœur... pour protéger ses hommes, pour le protéger lui. Spock s'était bien rendu compte de la menace qui pesait sur lui, Jim s'était livré pour le protéger lui, et cela rendait la situation encore pire.
Jim allait souffrir pour le protéger lui. Cette pensée lui était insupportable.
Spock était à deux doigts de la surcharge émotionnelle.
Il percevait par leur lien que Jim était en vie. Mais il n'avait plus accès à ses émotions. Cela creusait un vide sidéral dans son esprit et empirait son désarroi.
Son cœur battait trop fort, son sang pulsait douloureusement dans ses veines comme s'il était retombé en Pon farr, mais c'était un feu de haine qui le consumait. Il avait du mal à respirer, comme si l'air n'arrivait pas correctement jusqu'au alvéoles de ses poumons.
Il fallait absolument qu'il retrouve son calme.
Jim allait être libéré, il ne pouvait en être autrement. Et à son retour il allait avoir besoin de pouvoir s'appuyer sur lui. Spock ne pouvait se permettre de se laisser aller ainsi. Il se devait d'être fort, plus fort que jamais.
Pour Jim.
Il se saisit de l'oreiller de Jim, en huma son odeur, et s'assit sur le coussin de méditation de Jim. Il passa la nuit à tenter de discipliner son esprit, et n'y parvint qu'au petit matin, avec l'espoir d'enfin retrouver son époux bien-aimé.
ooo
Makd'aë attendait Jim, lascivement assise sur un grand fauteuil rouge, revêtue d'un déshabillé transparent, un sourire victorieux aux lèvres.
Elle était scandaleusement belle.
- Tu as su te faire désirer, mon beau Capitaine ! Susurra-t-elle d'une voix sensuelle et enjôleuse
Ce tutoiement accentua le sentiment d'humiliation de Jim. Il eut un sourire de façade. Il savait qu'il ne devait pas montrer sa répulsion, la vie de ses hommes, la vie de Spock, dépendaient de son attitude. Il renforça l'épaisseur de ses barrières mentales.
- Il faut savoir faire monter le désir. Répondit-il avec un calme qu'il n'avait pas.
Il ignorait comment il allait bien pouvoir satisfaire cette femme. Malgré sa grande beauté, il ne ressentait aucun désir pour elle. Il commença donc par se déshabiller, en laissant ses vêtements tomber à terre, afin de gagner un peu de temps.
- Je le savais ! S'exclama la Reine avec ravissement. Tu es vraiment magnifique, tu as un corps parfait, et oh ! Quelle belle promesse de satisfactions... Approche !
Makd'aë se leva, sûre de son charme. Elle marcha en ondulant des hanches et lui tendit un verre.
- Bois ! C'est juste un petit stimulant.
Il le but sans poser de question, le goût était étrange. Un stimulant ? Sans doute un aphrodisiaque, il allait en avoir besoin. Sur un geste d'elle, il la dévêtit. Elle avait un corps magnifique.
Cependant son pénis, pourtant si prompt à faire valoir ses appétits voraces aux moindres regards un peu appuyé de Spock, restait obstinément indifférent à tant de charmes. Jim s'était pourtant cru hyper-sexuel, tant ses désirs étaient grands et insatiables vis à vis de son ami. Il suffisait parfois d'un frôlement innocent pour le faire se consumer de désir. Pourquoi ne bandait-il pas devant tant de charmes féminins offerts à sa vue ? Il n'y avait pas si longtemps, il ne se serait pas posé de question, il aurait même accepté l'invitation de cette femme avec un vif plaisir, mais... il avait rencontré Spock.
Jim comprit douloureusement que cet hyper-désir ne venait pas d'une forme de lubricité de sa part comme il l'avait longtemps cru. Lubricité encouragée par un Spock qui ne lui disait jamais non et s'y soumettait avec un plaisir visible et sans fard. Non, en fait, Spock était l'élément central de ces pulsions. Juste Spock et uniquement lui. D'aussi loin que remontaient ses souvenirs d'avant leur Pon farr, Jim n'avait jamais éprouvé autant de désir pour une même et unique personne avec une telle constance, sur une durée de temps aussi longue. Avant Spock, Jim avait été un papillon qui avait butiné un grand nombre de femmes de toutes ethnies...
Makd'aë commença, avec un plaisir qui le répugna, à le caresser, à suivre les courbes de ses muscles athlétiques de ses lèvres et de ses mains, ses épaules, son dos, sa poitrine, ses fesses... Jim parvint à rester indifférent malgré son dégoût, tandis qu'il sentait sa peau se glacer à en devenir insensible au contact, comme si son esprit se déconnectait peu à peu de son corps. Mais quand elle posa ses doigts sur son sexe, et l'enserra dans un mouvement de va et vient, il ne put réprimer un sursaut. Son pénis, par automatisme réflexe, commença à durcir. Il maudit et bénit ce réflexe organique. Une vive répulsion monta en lui. Mais il se répéta qu'il devait absolument satisfaire les appétits de cette femme, afin que ses compagnons soient libérés. A nouveau, il accrut ses barrières mentales.
L'image de Spock jaillit dans son esprit, intense et réconfortante. Ce beau regard sombre qu'il avait lorsqu'ils partageaient leurs plaisir, ses soupirs, sa délicieuse étroitesse frémissante se resserrant autour de lui lorsqu'ils atteignaient l'orgasme ensemble, sa voix qui devenait rauque, ses mains sur lui, accrochées à lui, son esprit enlaçant le sien... Cela faisait sept jours qu'il avait dû se contenter de baisers vulcains, et la frustration le consumait...
Dan-tal-kam t'hyl'a nash-veh [mon ami le plus cher]
Talunk t'hyl'a nash-veh [mon précieux ami]
Spock k'diwa nash-veh [mon Spock bien aimé]
...Ashayam nash-veh [mon amour]
Spock Ashayam. Son cœur se mit à s'accélérer douloureusement sous le choc de cette révélation.
Jim se maudissait ! Pourquoi avait-il fallu qu'il se trouve dans une situation aussi ignoble pour prendre enfin conscience de ses réels sentiments pour Spock ?
Il aimait Spock.
Passionnément.
Ce n'était pas juste un besoin charnel qu'il éprouvait pour lui, ce n'était pas juste du sexe entre amis proches, comme il l'avait cru avec une telle naïveté, oh non. Ce qu'il ressentait pour Spock allait bien au delà de tout ce qu'il avait pu connaître. C'était un amour si profond et si naturel qu'il lui était passé inaperçu.
Il lui était aussi naturel d'aimer Spock que de respirer... et nul ne se pose de question sur le fait de respirer...
Et Spock ? Le cœur de Jim s'accéléra encore. Il se souvint des mots doux échangés en vulcain devant Bones à l'infirmerie, par pure provocation:
- Talunk Jim nash-veh [mon précieux Jim] -
Cela n'avait-il réellement été qu'un jeu pour Spock ? et si, lui aussi... ?
En un instant, il revit ses regards, chacun de ses petits gestes, sa prévenance constante, cette façon de veiller sur lui sans jamais l'étouffer ou lui demander quoique ce soit en retour, sa façon de lui faire l'amour et de s'abandonner dans ses bras... son bonheur visible quand il avait modifié l'aménagement de leurs quartiers.
Était-ce vraiment uniquement une simple amitié?
Mais comment avait-il pu être aussi longtemps stupide ?
La souffrance enserra le cœur de Jim plus douloureusement encore, c'était si évident maintenant qu'il en prenait conscience. C'était là depuis le début, sous ses yeux : il était aimé de Spock, il l'avait toujours été... et lui, comme un idiot, il n'y avait répondu que par une désinvolte amitié...
Maked'aë le ramena à la dégradante réalité, en émettant un soupir de contentement: son pénis stimulé par sa main experte se comportait enfin comme elle le souhaitait. Jim sembla se réveiller, il devait trouver la force d'agir, lui donner ce qu'elle voulait. Il la saisit brusquement, il la plaqua sur le lit et s'installa entre ses cuisses. Elle cria son approbation. Il la posséda avec haine et violence, et elle adora cela.
Jim avait un passé de séducteur. Il savait par cœur ce qui était susceptible d'offrir de la jouissance à une femme, car il avait aimé partager les plaisirs du sexe avec chacune d'elles, il les avait toutes respectée et comblées.
Il lui fit tout ce qu'elle lui demanda insatiablement. Jim laissa ses instincts guider son corps et ses mouvements, tandis que son esprit se retirait, se blottissait derrière ses barrières mentales, dans les souvenirs des bras tendres et forts de Spock, de la si belle voix grave de Spock lui disant Talunk Jim nash-veh, des yeux sombres de Spock posés sur lui, de l'odeur si douce et de la peau soyeuse de Spock, cette sensation de plénitude de leurs esprits enlacés... et il était mortifié de dégoût à chaque jouissance que son corps ressentait...
ooo
Puis la reine ayant obtenu tout ce qu'elle voulait s'allongea en soupirant d'aise :
- Tu es l'un des meilleurs amants qu'il m'ait été donné d'avoir dans mon lit. Dit-elle d'une voix traînante. Il est dommage que je ne puisse te garder pour moi !
- Vous avez donné votre parole, majesté. Répondit Jim en parvenant à garder son calme.
Il se leva du lit. Le simple fait d'être allongé à coté d'elle le mettait dans un état proche de la nausée. Il fit appel à toutes ses ressources pour ériger, encore, de nouvelles solides barrières mentales autour de sa haine. Il ne devait en aucun cas froisser l'orgueil de cette femme. Il ignorait encore si ses hommes étaient en sécurité, ou si elle allait le contraindre à rester encore ici. Et puis, ces barrières mentales, c'était un peu comme si une partie de l'esprit de Spock, de sa force, et de son amour, l'enlaçait, le protégeait.
Makd'aë regarda longuement le bel homme nu debout devant elle. Il avait vraiment un corps parfait, si harmonieusement viril jusque dans les moindres détails. La cicatrice qui barrait sa poitrine le rendait encore plus sexy. Cet homme lui plaisait vraiment beaucoup. Il était beau, intelligent, courageux, savait être affable comme elle avait pu l'apprécier lors du banquet. Et surtout, elle avait eu la preuve de ses talents au lit.
Il affichait cependant une telle impassibilité, la regardait avec une telle indifférence. Elle avait tenté de l'ensorceler avec son charme et son intelligence lors du repas, puis avec son corps lors de cette nuit ... jamais aucun homme avant lui n'avait su lui résister, les hommes se battaient même pour obtenir ses faveurs. Mais lui, à qui elle avait offert le meilleur d'elle-même pour le séduire, la regardait comme il aurait regardé... une chaise.
- Il n'y a donc aucun espoir pour que je te convainque de rester à mes cotés ? Dit-elle d'une voix enjôleuse. Tu serais roi.
- Jusqu'à ce que vous lassiez de moi. Répondit Jim, impassible. Allez-vous libérer mes hommes ?
- Je n'ai qu'une parole. Répliqua-telle avec orgueil. Je les ai fait ramener à bord de ton vaisseau au moment où tu as mis les pieds dans ma chambre. C'était la condition que tu avait posée pour venir ici.
Jim ne montra aucune réaction, malgré la vague de vif soulagement qui s'écoula en lui. Ses hommes étaient en sécurité, Spock était en sécurité. Cette imperturbabilité déconcerta Makd'aë :
- Ton vulcain a déteint sur toi ! Tu ne me remercie pas pour tes hommes? N'avez-vous pas tous été bien traités ?
- Je remercie votre majesté. Répondit placidement Jim
- Ne t'ai-je pas bien traité ?
- Vous m'avez bien traité. Mentit Jim
- Et pourtant tu ne veux pas rester. Cracha Makd'aë avec agacement. Tu veux retrouver ton vulcain sans sentiments !
- Je suis son époux. Déclara simplement Jim.
Makd'aë commença à montrer de plus en plus de mécontentement. Elle n'avait pas pour habitude que l'on résiste à ses caprices. Jim décrypta l'évolution de ses pensées sur le visage de la reine, ses émotions étaient si transparentes. En était-il ainsi pour Spock lorsqu'il observait les humains ?
- Tu pourrais divorcer. Insista Makd'aë
- Notre mariage a été scellé sous le régime des lois vulcaines et le divorce n'existe pas sur Vulcain.
- Je pourrais t'obliger à rester.
Jim se crispa intérieurement, mais rien ne transparut dans son attitude. Il se sentait plus que jamais pris au piège. Cependant, si il obtenait de cette... femme qu'elle laisse partir l'Enterprise, Jim était prêt à accepter cette captivité.
Tout, tout pour que son équipage, tout pour que ses amis, tout pour que Spock, Spock K'diwa, soient en sécurités loin de cette furie. Mais elle n'aurait que son corps. Son esprit, son âme, son cœur appartenaient à Spock. Et une fois l'Enterprise en sécurité, il trouverait bien un moyen de s'échapper de ses griffes.
- Je suis le capitaine de l'Enterprise, mon devoir, ma place est à bord de ce vaisseau. Mais vous êtes la reine de cette planète, vous avez tout pouvoir.
Makd'aë tendit la main pour caresser d'un geste tendre la joue de Jim qui n'eut aucune réaction. Elle contempla son regard distant, immensément vide. Elle comprit enfin qu'il ne lui appartiendrait jamais, pour la première fois de sa vie, elle capitula :
- Ton vulcain a beaucoup de chance. Rhabilles-toi et vas-t-en !
ooo
Au matin, Jim était de retour sur l'Entreprise, parfaitement impassible, limite... vulcain.
Jim savait que son équipage avait deviné la raison de son absence de la nuit. Leur semaine d'absence avait dû être expliquée de façon diplomate comme de longues négociations... Mais ses hommes n'étaient pas dupes et Jim avait toujours été fier de l'intelligence des membres de son équipage. Jim était resté une nuit en plus, et en connaissant la réputation de cette Reine... chacun avait certainement reconstitué les événement : le refus du 'jeune marié', l'insistance de Makd'aë puis la capitulation. Cette reine était très belle, aussi très peu avaient réellement conscience du prix payé par Jim.
Jim resserra ses barrières mentales autour de sa douleur. Il était le Capitaine du vaisseau l'Enterprise de la Flotte de StarFleet, Représentant de la Communauté des Planètes Unies. Il était hors de question qu'il apparaisse comme une victime au yeux de son équipage.
Il était Le Capitaine, et, à ce titre, il avait des devoirs. Il n'avait pas le droit d'apparaître vulnérable. Il ne pouvait pas être moins que parfait, il ne ne pouvait se permettre de montrer de la faiblesse.
Spunau bolayalar t'Wehku bolayalar t'Zamu il t'Veh [Les besoins du plus grand nombre l'emportent sur celui d'un seul]
Son équipage avait besoin d'un homme fort à sa tête, pas d'une victime. Il allait donc se comporter en Capitaine, quitte à heurter, une fois de plus, son bien-aimé Spock dont il percevait en lui à présent l'inquiétude à son égard, et son cher ami Bones...
Son cœur se serra, il n'avait qu'une envie, qu'un besoin viscéral : se noyer dans les bras de Spock, s'immerger dans son corps pour effacer cette souillure. Il consolida à nouveau ses barrières mentales autour de ses sentiments. Il ne devait pas faire souffrir Spock en lui transmettant sa douleur. Pour lui aussi, il devait être fort.
Bones et Spock l'attendaient dans la salle de téléportation. Aucun des deux n'était parvenu à fermer l'œil de la nuit. Le cœur de Spock s'accéléra douloureusement : Jim leur faisait un grand sourire, qui sonnait faux.
- Enfin, de retour. Dit-il avec une désinvolture qui trompa les membres de l'équipage présent, mais pas Spock, ni Bones.
- Jim, venez avec moi à l'infirmerie ! Ordonna Bones. Je dois vous examiner !
- Non, Bones. Répondit Jim d'un ton catégorique. Je vais bien.
- Le docteur a raison, Capitaine. Insista Spock
- Je vous ai dit que je n'ai rien. Gronda Jim d'une voix sans appel. Ce n'était rien qu'une partie de jambe en l'air. Et je vais très bien, donc, je vais reprendre mon poste !
- Jim ! Protesta Bones. J'ai prescrit du repos aux ...
- Je vous déconseille de m'empêcher d'y aller. Menaça Jim.
Et d'un pas vif et décidé, Jim sortit sans un regard en arrière.
Les deux hommes le regardèrent partir
- Il ne va pas bien du tout ! S'inquiéta Bones.
- Vous n'obtiendrez rien de lui tant qu'il sera dans cet état d'esprit.
- Et que vous dit votre radar vulcain ?
- Mon... radar ? Ah, oui, je vois de quoi vous parlez. Mon... radar ne détecte rien car toutes ses barrières mentales sont érigées de façon impénétrable.
- Veillez sur lui, mon ami. Demanda Bones avec émotion. Comme vous l'avez toujours fait. Et appelez-moi au moindre problème.
- Vous avez ma parole... Bones. Je vais le rejoindre sur la passerelle.
ooo
à suivre
Armé de son masque de Capitaine-invincible, Jim reprit son fauteuil de commandement à la passerelle et donna ses ordres de la façon la plus normale et habituelle. Sauf que ses sourires étaient dénués de leur joie de vivre habituelle, et sonnaient faux...
(attention spoiler réconfortant: Spock va prendre soin de Jim au prochain chapitre, qui sera un lemon )
C'était un chapitre un peu dur, mais j'espère que vous l'avez apprécié quand même. J'ai passé beaucoup de temps à le faire et refaire, pour essayer de décrire le mieux possible les sentiments de Jim sans tomber dans le scabreux (par quelque bout qu'on le prenne, il subit tout de même un viol)
S'il vous plait, prenez le temps de me dire si j'ai réussi...
