ASHAYAM-LAR
[ Amoureux ]
oooo
précédemment
- Veillez sur lui, mon ami. Demanda Bones avec émotion. Comme vous l'avez toujours fait. Et appelez-moi au moindre problème.
- Vous avez ma parole... Bones. Répondit Spock. Je vais le rejoindre sur la passerelle.
(attention, lemon passionné)
ooo
Armé de son masque de Capitaine-invincible, Jim reprit son fauteuil de commandement à la passerelle et donna ses ordres de la façon la plus normale et ordinaire. Sauf que ses sourires étaient dénués de leur joie de vivre habituelle, et sonnaient creux.
Bones avait mis fin au congé maladie de Spock, afin qu'il puisse veiller sur Jim.
Bien que parfaitement impassible à son poste, Spock sentait au plus profond de ses entrailles que toute cette normalité n'était qu'apparence : les barrière mentales de Jim étaient trop puissamment dressées autour de ses émotions, impénétrables. Elles étaient beaucoup trop rigides pour que cela ne soit pas un effort pour se protéger de lui-même et pour cacher à Spock son état réel. Aucun contact mental n'était possible, et il se sentit douloureusement seul et impuissant.
Jim fut presque soulagé de constater que Uhura, Sulu et Tchekov étaient absents; il n'allait pas avoir à faire face à leur compassion. Il ne voulait ni pitié ni commisération. Le vol se déroulait sans histoire, aussi Jim ordonna qu'on lui amène les dossiers en retard et il eut suffisamment de travail pour occuper son esprit et ne pas penser. Il fut aimable et souriant avec ses subordonnés, comme toujours.
Régulièrement, il levait les yeux sur Spock, se retenant de le regarder trop longtemps. Le simple fait qu'il soit là, tel un pilier immuable auquel se raccrocher, le réconfortait. Il savait que Spock comprenait la raison de son attitude, son vulcain était si clairvoyant. Il bénissait cette faculté qu'avait Spock à rester aussi impassible malgré l'inquiétude qu'il devait ressentir à son égard. C'est avec reconnaissance, qu'il y puisa sa force pour maintenir son imperturbabilité.
Spock aussi se concentrait sur son travail. Il avait en effet comprit la raison de l'attitude de Jim. Malgré la peine profonde que cela provoquait en lui de le savoir souffrir seul, en silence, sans avoir la possibilité de l'aider ou d'apaiser sa douleur, il approuvait son sens du devoir. Jim était le Capitaine et se comportait comme tel. Et c'était aussi pour ce courage, cette abnégation, que Spock admirait tant Jim. Par moment, il sentait ses yeux se poser sur lui et son cœur se serrait. Et pourtant, il resta parfaitement de marbre, car il savait que c'était ce dont Jim avait besoin.
ooo
Jim quitta rapidement son poste à la fin de son quart, sans un mot. Spock avait des dossiers à finir et ne pouvait l'y rejoindre que plus tard.
Il lui devint portant impossible de se concentrer, quand les barrières mentales de Jim commencèrent à se fissurer. Il sentait l'état psychique de Jim se dégrader minute après minutes. Sa souffrance devenait insupportable et lui déchirait le cœur. Ces dossiers n'avaient pas un caractère d'urgence, ils pouvaient être reportés. Pour la première fois de sa vie, il fit passer ses devoirs de commandant après sa vie personnelle : Jim avait besoin de lui. Il partit précipitamment, parvenant tout juste à conserver son impassibilité
ooo
Quand il entra enfin dans leurs quartiers, il vit que les vêtements de Jim étaient éparpillés sur le sol, dans leur bureau. Spock se hâta d'entrer dans la salle de bain. Il reçut comme un coup de poignard : Jim était nu, assis sur le sol, frottant sa peau qui en devenait rouge. Jamais il ne l'avait vu dans un tel état de détresse. Il leva sur Spock des yeux hagards :
- Je n'arrive pas à me nettoyer ! Dit Jim avec désespoir.
Spock se contraignit à garder son sang froid. Jim était dans profond état de décompensation émotionnelle, il fallait qu'il puisse se raccrocher à lui, qu'il soit fort pour lui, pour eux deux. Il éteignit le jet d'eau, prit une serviette et l'enroula autour de Jim avec des gestes doux et tendres
- Jim.
- Je ne me suis jamais senti aussi sale ! Gémissait Jim. Nam-tor nash-veh kitork [Je suis sale]
Spock le serra contre lui, lentement, puis avec plus de force, pour essayer de bloquer les tremblements de Jim
- Ri nam-tor du kitork, Jim [Tu n'es pas sale] Répondit-il avec douceur
- Je dois te dégoûter ! Gémit Jim en s'agrippant à lui convulsivement
- Ri dungispa'ash-tor du worla, Jim. Dunginam-tor nash-veh kwon-sum yaut t'du [Tu ne me dégoûteras jamais Jim. Je serai toujours fier de toi.] Répondit Spock en laissant percer dans sa voix tout l'amour qu'il éprouvait pour Jim.
Jim frémit dans ses bras. L'esprit de Spock tournait à toute allure. Jamais il n'avait vu Jim dans un tel désespoir. Pourtant, lors de son Pon Farr, il l'avait physiquement blessé et violemment abusé, en trahissant si brutalement leur amitié. Il revoyait encore distinctement toutes ces blessures qu'il avait soignées. Mais à part quelques séquelle physiques rapidement cicatrisées, et cette balafre sur sa poitrine, Jim n'avait jamais montré aucun signe de souffrance psychique.
Leur captivité, tous les efforts que Jim avait fait jour après jour pour donner une apparence calme, les nuits blanches, son inquiétude pour ses compagnons de captivité, pour son équipage, et surtout sa culpabilité d'avoir mis ses hommes en danger, la culpabilité d'avoir 'trompé' Spock avec cette femelle, mille fois maudite, tout cela accumulé avait fini par briser les forces de Jim. Même son courageux Jim n'était pas indestructible.
- Nam-tor nash-veh risklauk [Je suis souillé] Murmura Jim dans son cou avec désespoir
- RAI, ri nam-tor du ! [NON, tu ne l'es pas !] Affirma Spock avec autorité
- Je lui ai fait tout ce qu'elle m'a demandé...et j'ai...; la voix de Jim se brisa davantage; j'ai joui dans les bras de cette femme, Spock, plusieurs fois.
- Velong rolaya kastoran t'hatik, Jim. [Simple réaction à un stimulus physique, Jim]
Spock ne parvenait pas à atteindre l'esprit de Jim avec le sien, emprisonné derrières ses barrières mentales encore solidement érigées. Alors, il prit son visage dans les deux mains, pour obliger Jim à croiser son regard et ordonna:
- Zadau nash-veh nah-tor t'du ta nam-tor du tenai fan-vel! ZADAU NASH-VEH NASH-NAH-TOR [Je t'interdis de penser que tu es responsable de quoi que ce soit ! JE T'INTERDIS DE LE PENSER].
Spock l'aida à se remettre sur ses pieds et le guida jusqu'au lit. Jim s'y allongea.
- Nem'uh nash-veh Spock ! [Prends-moi, Spock]. Supplia-t-il. Prends-moi de toutes les manières possibles. Nettoie mon corps des souillures de cette femme !
Oh, oui, comme il désirait réconforter Jim avec son corps !
Spock eut un long et violent frisson. Ses yeux virèrent au noir profond, les pupilles largement dilatée. Cette semaine d'inquiétude avait aussi été éprouvante pour lui, cette nuit de tourments de savoir Jim livré au bon vouloir de cette... tout cela avait affaibli son contrôle et permit aux héritages anciens de sa race de rejaillir en lui : les vagues puissantes de l'éclosion d'un Pon Farr, il en reconnaissait tous les signes.
Cette demande... Jim lui demandait de le prendre... il en rêvait depuis si longtemps sans oser se l'avouer...
Le corps de Jim était si beau. Il avait été totalement épilé pour satisfaire aux caprices de cette maudite femelle, mille fois maudite. Ce corps imberbe était profondément troublant, comme s'il était encore plus nu, et étrangement, cela exacerbait sa fièvre.
Spock avait viscéralement besoin de se ré-approprier ce qui lui avait été volé. Son sang en feu battait avec violence dans ses veines. Il désirait ardemment s'emparer de Jim, venir en lui, le faire sien, se l'approprier, le posséder. Enfin. Définitivement. Avec le consentement total de Jim qui savait, cette fois-ci, à quoi il s'engageait.
Cette tension visible n'effraya pas Jim, au contraire. Il ressentait le profond besoin que Spock efface toute trace du passage de la reine, qu'il marque en sa chair son territoire, au plus profond de lui. Il avait besoin de lui appartenir, en pleine conscience des conséquences de ses actes cette fois-ci, et de façon irréversible.
Mais Spock ne se jeta pas sur lui. Il contrôla ses pulsions et se pencha sur le communicateur.
- Oui, Spock. Demanda la voix inquiète de Bones. Comment va-t-il ?
Spock parvint à répondre sans que sa voix ne trahisse son état.
- Jim a besoin de repos. Voudriez-vous le dispenser de son service pour au moins deux jours à partir de ce soir.
- Si Jim est blessé, S'affola Bones, il faut tout de suite me l'amener à l'infirmerie !
- Ce ne sont pas des blessures physiques.
- ... je vois. Comprit Bones sans poser de question. Je vous accorde ces deux jours à tous les deux.
Spock se redressa et se déshabilla si rapidement qu'il déchira ses vêtements, les yeux possessifs fixés sur Jim. Celui-ci eut l'impression de retrouver son beau vulcain sauvage, au regard de prédateur, à la différence que ses gestes étaient parfaitement maîtrisés. Jim frissonna d'anticipation.
Spock grimpa sur le lit, se mit au-dessus de Jim, le dominant de tout son corps irradiant de chaleur, il dégageait une telle impression de puissance. Il posa ses lèvres sur son front, avec une douceur infinie, puis ses paupières, son nez, ses joues, ses lèvres...
- Spock ? Balbutia Jim déconcerté par tant douceur.
Jim avait vu les signes des pulsions de domination de Spock. Il s'attendait à ce que son vulcain déchaîne toute cette violence en lui. Il désirait ardemment cette agressivité possessive d'un Pon Farr, celle qui brise le corps et faire taire les pensées.
Jim voulait avoir mal.
Mal pour noyer sa douleur morale.
Mal pour se punir du plaisir ressenti dans les bras de cette femme.
Spock l'avait bien compris, ce besoin d'être soumis par la violence. Mais il ne voulait pas dominer Jim par la force physique, il voulait le soumettre par la puissance de son amour.
- Yeht'es'uh t'nash-veh, Tan'uh du t'nash-veh, Jim, Ovsoh-bosh [Fais-moi confiance, Donnes-toi à moi, Jim, Entièrement]
Spock fit passer dans ses yeux une muette demande de soumission.
- Oui. Fais de moi selon ton bon vouloir. Gémit Jim. Nem'uh t'nash-veh [prends-moi]
Spock se pencha à nouveau sur lui, et s'empara de sa bouche. Ils échangèrent un long baiser passionné. Jim l'entoura de ses bras, écarta les cuisses, haussa son bassin vers le sien:
- Sarlah'uh, i, saharis ! Tor'uh t'nash-veh nash-kossu ! Pa'sh'uh t'ko-veh yut ! [Viens ! Maintenant ! Vite ! Fais-moi oublier cette femme ! Efface son passage]
- Yeht'es'uh t' 'uh. Nam'uh tranush, Jim. Ri aitlu nash-veh du, Aitlu nash-veh t'du ashau [Fais-moi confiance. Sois patient, Jim. Je ne veux pas te blesser, Je veux t'aimer]
Jim frissonna. L'aimer, Spock voulait l'aimer. L'AIMER
Les lèvres de Spock se posèrent sur son cou en un baiser humide. Il gronda doucement en le serrant contre lui, d'une voix rauque et si possessive qui fit vibrer Jim :
- T'nash-veh ha ? [A moi ?]
- Ha, Spock, t'du ! Nam-tor nas-veh t'du ! [oui, Spock, à toi. Je suis à toi !] Répondit Jim en l'entourant de ses bras
Spock avait tant besoin de l'entendre, cette réponse de la bouche de Jim. Jim était à lui. Besoin de la dire, sa possessivité. Jim était à lui. Et il allait se le réapproprier centimètre par centimètre. Sa bouche descendit lentement le long de son corps, embrassant des lèvres, de la langue et des dents chaque parcelle de son torse et de son ventre, son Jim à lui, à lui seul...
- T'nash-veh ha ?
- Ha, t'du !
Jim gémissait doucement, abandonné et immobile, frémissant, tandis que Spock léchait sa peau avidement, centimètre par centimètre, comme pour le laver des séquelles de son traumatisme, il répétait inlassablement:
- T'nash-veh ha ?
- Ha, t'du !
Les cuisses subirent le même traitement suave. Puis, enfin, ses lèvres se posèrent sur son pénis:
- T'nash-veh ha ?
- Ha, t'du ! T'du !
Il le câlina longuement, se délectant de ses soupirs. Et Jim se sentait dévoré par Spock, tant il engloutissait son sexe avec voracité, ses mains parcourant son corps, avidement. Jamais Spock ne l'avait pris ainsi, avec une telle possessivité.
Spock se redressa, et doucement, incita Jim à se retourner. Celui-ci se mit aussitôt à quatre patte, impatient de l'accueillir en lui. Spock répéta encore :
- T'nash-veh ha ?
- Ha, Spock, t'du ! Sarlah'uh! Nem'uh t'nash-veh [Oui! Spock. A toi ! Viens! Prends-moi!]
Jim cambra les reins pour mieux le recevoir. Mais ce fut sa langue qui vint à la rencontre de son intimité. Elle la cajola tandis que les doigts se mêlaient au supplice. Spock prit bien le temps de le préparer à le recevoir en lui. Les gémissements de Jim devinrent suppliques
A nouveau, Spock le fit se retourner. Il glissa un coussin sous ses reins puis s'installa entre ses cuisses. Il se positionna au dessus de Jim.
- Glazha'uh t'nash-veh [Regarde-moi !] Ordonna-t-il d'une voix rauque
Spock harponna le regard de Jim. Il savait que, par leur lien mental, il avait accès à ses ressentis, mais il voulait les voir sur son beau visage, dans ses yeux, se noyer dans ses yeux si merveilleux.
Il souleva les cuisses de Jim et commença doucement à s'insinuer en lui, à l'affût du moindre signe de douleur. Mais ce n'était pas de la souffrance qu'il y avait dans les yeux assombris de Jim, aux pupilles dilatées, mais du désir et du plaisir, beaucoup de plaisir. Spock se coucha sur lui en s'enfonçant totalement en lui. Jim eut un râle de satisfaction, l'enserra de ses bras et de ses cuisses :
-Oui... Spock... Ha! ... Nam-tor nash-veh t'du ! [oui!... je suis à toi!]
Spock le posséda comme il avait toujours rêvé de le faire, passionnément, longuement. Leurs corps entamèrent une danse sensuelle. Spock l'amena au bord de l'orgasme et cessa soudain tout mouvement.
Leurs esprits ne parvenaient pas à se rejoindre. Jim avait encore trop de barrières mentales dressées, enkystée, comme s'il ne parvenait plus à les abaisser après avoir passé tant de temps et mit tant d'effort à les maintenir en place. Spock les sentait autour de l'esprit de Jim comme un obstacle entre eux. Il fallait absolument les briser.
Avant que Jim n'ai pu protester, il approcha sa main de son visage. Jim comprit sa demande muette.
- Ha. Sarlah'uh! [Oui, Viens!]
Spock posa ses doigts sur son visage, leur offrant ainsi une fusion mentale plus directe, plus intense, irrépressible. La totalité de leur esprit s'élancèrent l'un vers l'autre et toutes les barrières furent pulvérisées. Tout fut partagé: leurs émotions, leurs sentiments, leurs pensées, tout. Ils s'enlacèrent, se mêlèrent, s'interpénétrèrent jusqu'à atteindre l'essence même de leurs êtres. Leurs sentiments se mirent à nu...
T'nash-veh Talunk mon précieux...
T'nash-veh K'diwa mon bien aimé...
T'nash-veh Vaikaya mon adoré...
T'nash-veh, t'nash-veh, t'nash-veh à moi, à moi, à moi
ASHAYAM MON AMOUR...
t'nash-veh Aitlun mon désiré...
Ashayam, Ashayam, ASHAYAM, Ashayam t'aitlun
Le désir leur fit reprendre conscience de leur corps. Tous deux avaient des larmes coulant le long de leurs joues, mais ils n'y prêtèrent aucune attention. Spock se retira de Jim et le mit brutalement à genoux, pour revenir en lui, les mains convulsivement serré autour de ses hanches. Jim se cambra :
- Ha Spock ! Sarlah'uh! Sarlah'uh! [Oui Spock ! viens ! viens!]
Spock s'immergea en lui, profondément, et Jim cria de plaisir et d'enivrement sous ses assauts. A lui, et uniquement à lui, Spock offrait le plus merveilleux des présents : il abandonnait son précieux contrôle vulcain. Il lui offrait toute sa passion, toutes ses émotions, libérait tous ses instincts de possession dans une ivresse des sens.
Jim sentit les dents de Spock s'enfoncer dans sa nuque, jusqu'au sang et s'en délecta. Il la voulait, cette marque indélébile dans sa chair, il la chérissait déjà. Et il lui ferait la même lorsque son tour de prendre Spock viendrait. Ils s'appartenaient l'un l'autre.
Jim sentit son sang couler à nouveau librement dans ses veines, l'air circuler dans ses poumons comme si ses alvéoles se dépliaient, il sentait revenir en lui le bonheur d'être en vie. L'orgasme les foudroya, corps et âme...
ooo
à suivre
Ils se laissèrent tomber sur le matelas, s'enlacèrent. Ils restèrent un moment ainsi, savourant juste le contact de leurs peaux. Jim se sentait comme lavé, purifié corps et âme, tellement aimé.
Avez-vous aimé les retrouvailles de nos amoureux ?
J'avoue, j'ai eu quelques petites vapeurs à écrire leur passion ^^' Et vous ?
ooo
Je vais vous proposer encore quelques petits chapitre, par petites touches toutes en douceur... Spock et Jim ont encore de belles choses à se dire et à partager, et j'espère que vous aurez plaisir à partager leur bonheur.
Promis, juré, je ne vais plus les faire souffrir ^^'
