Sa'mekh Vuhlkansu
[ Un père vulcain ]
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(K'war'ma'khon S'chn T'gai Xtmprsqzntwlfb - La famille S'chn T'gai Xtmprsqzntwlfb)
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Précédemment
- Je t'aime. Ashau nash-veh du.
Les deux hommes s'enlacèrent, le désir coula dans leurs veines. Les lianes le soulevèrent, leur faisant un nid...
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La seconde escale de leurs vacances fut pour Vulcain. Amanda les avaient invités et Sarek n'avait pu faire autrement que de céder à la volonté de sa femme. Il lui apparaissait en effet logique pour une mère dotée d'une telle émotivité humaine de vouloir voir son fil. Amanda les accueillit chaleureusement, et Sarek aussi courtoisement que pouvait le faire un vulcain à cent pour cent de sa capacité d'impassibilité.
Amanda serra un Jim tout sourire dans ses bras. Son cœur fondit de bonheur quand son impassible fils lui rendit son étreinte maternelle. L'affection de Spock pour sa mère était grande et il avait appris auprès de son époux combien les humains aimants pouvaient avoir besoin d'un minimum de contact physique.
Ils s'assirent autour d'une boisson fraîche, dans le salon.
- Vous avez vraiment l'air en pleine forme ! S'extasia Amanda. Ces vacances vous réussissent !
Tous deux avaient pris de belles couleurs depuis la dernière fois qu'elle les avait vu, lors de leur mission à Babel. Les cheveux châtain et les prunelles noisettes de Jim étaient parsemés de touches d'or. Son fils, bien que parfaitement vulcain dans son attitude, avait les yeux comme scintillants. Les deux époux avaient gagné en masse musculaire, mais de façon svelte et harmonieuse.
- Nous avons effectivement constaté que le soleil de Minshara t'Kastik [Planète Végétale] a des effets bénéfiques pour l'épiderme humain comme vulcain. Expliqua Spock. De plus, les frondaisons constituent une barrière efficace contre les Ultra-Violet A, B et C.
- Nous vous avons ramené de délicieux savas que l'on ne trouve que sur sur cette planète. Ajouta Jim. Nous aussi avons profité de notre séjour pour commencer à en étudier un peu la faune et la flore. Nous mettrons nos rapports d'exploration ainsi que toute une batterie d'échantillons à la disposition de Shi'Oren t'Ek'Tallar T'Khasi [l'académie des sciences vulcaine].
Sarek remarqua que Jim n'avait presque pas d'accent, comme seul pouvaient le faire les humains vivants depuis au moins une cinquantaine d'année sur Vulcain. Il se souvint de ce que Jim lui avait dit, que cette langue était pour lui comme une seconde langue maternelle.
- Racontez-moi, Spock-kam Demanda Amanda, cette planète a l'air extraordinaire !
Spock ne tiqua pas à ce surnom affectueux que sa mère ne lui avait pas donné depuis son enfance, bien au contraire. Il lui adressa un demi sourire. Il sentit l'attendrissement de Jim. Sarek remarqua que ni Jim, ni son fils considérait pas cette attitude comme inappropriée. Il garda donc pour lui sa réprobation.
- Les organisations des formes de vie sur Minshara t'kastik sont fascinantes, Développa Spock; elles sont basées essentiellement sur la coopération ou la symbiose inter-espèce. Je n'ai jamais vu cela sur aucun autre monde. Il y a très peu de prédateurs et ce sont surtout des charognards. La reproduction de chaque espère obéit à un auto-contrôle strict afin que l'équilibre soit maintenu entre chaque race animale comme végétale.
La symbiose inter-espèce. Voilà qui caractérisait bien l'impression que donnait ce couple. Même Sarek, malgré toute sa réticence vis à vis de cette union, ne pouvait pas s'empêcher de le voir. Son fils était, comme il se doit, parfaitement impassible. Mais pas seulement. Il se dégageait de lui une bienveillance attentive. A ses coté, Jim resplendissait comme un soleil, bien que tout à fait pondéré et serein. Amanda, sa tendre épouse... mais qu'est-ce qui lui prenait de penser ainsi?... sa femme, donc, était... radieuse. Sarek tenta d'écraser ce sentiment irrationnel.
- Et si nous gouttions ces savas que vous nous avez amené ? Proposa Amanda. M'accompagnez-vous, Jim ?
- Avec plaisir, Amanda.
Dans la cuisine, il sortit un des savas du sac. Il manipulait le fruit avec précaution, presque tendresse.
- La première fois que j'ai goûté à ce fruit, Spock venait, une fois de plus de me sauver la vie ! Dit-il d'une voix songeuse.
Il revoyait Spock bondir sur les lianes pour l'en libérer, son état de panique à la recherche de blessures. Maintenant qu'il y repensait, tout était déjà dit, tout était déjà là, sous ses yeux d'aveugle, cet amour, c'était si évident... il retint un soupir.
- Vraiment ? Racontez-moi.
- Et bien, bien que je ne le fasse pas exprès, j'ai la malheureuse manie de mettre toujours le pied juste là où il ne faut pas, et forcément, il m'arrive des bricoles désagréables. Expliqua Jim d'un ton amusé. Peut être parce que je sais que Spock sera toujours là pour me sauver la mise. L'arbre-mère Oko'lap Omeku qui produit ces fruits, a cru que je voulais faire du mal à ses enfants. Sans Spock, elle m'aurait étranglée avec ses lianes.
- Spock était avec vous ?
- Non, mais il a su que j'étais en danger grâce à notre lien.
- Votre lien, c'est vraiment une chose merveilleuse !
Elle posa sa main avec tendresse sur l'avant bras de Jim qui lui sourit.
- J'aimerai tant que Sarek comprenne. Dit Amanda tristement
- Même s'il désapprouve notre union, Répondit Jim avec gentillesse, son attitude est tout à fait correcte à mon égard. La preuve est que nous sommes ici, Spock et moi.
- Quand je pense que vous lui avez sauvé la vie !
- Sarek est un vulcain et se conduit comme tel. Je respecte cela. De plus, je n'ai fait que mon devoir.
Jim pensait chaque mot qu'il disait et Amanda fut touchée par sa sincérité. Dans un geste impulsif, elle posa ses deux mains sur le visage de Jim et l'attira à elle. Jim ne lui opposa aucune résistance. Elle posa sur sa joue un tendre baiser maternel. Se rendant compte de ce qu'elle venait de faire, elle devint rouge de gène. Mais Jim rit doucement. Il se pencha vers elle. La main sur son épaule, il lui rendit son baiser sur la joue avec la même affection. Il partagea ses sentiments avec Spock
- Je suis si heureuse pour Spock ! Il a été seul si longtemps. Quand Sarek m'a appris son mariage avec vous, j'ai été très surprise, je vous l'avoue. Mais je savais que Spock ne fait jamais rien d'irréfléchi, et j'ai eu hâte de vous rencontrer. A présent que je vous connais, je suis si heureuse pour vous deux !
Jim répondit par un beau sourire, il lui tendit le savas :
- A vous l'honneur de le découper.
Au bout d'un moment de silence, Sarek prit la parole en vulcain :
- Votre époux sait parfaitement se tenir, pour un humain.
- Jim est un homme intelligent, il a d'étonnantes capacités d'adaptation. Répondit Spock dans la même langue
Le rire d'Amanda retentit dans la cuisine. Spock sentait se déverser en lui les sentiments de tendresse que son époux éprouvait envers sa mère :
( Nam-tor Ko-mekh t'du ved Ashaya-yehat ! [Ta mère est vraiment adorable!] )
A travers Jim, il sentit l'affectueux baiser de sa mère se poser sur sa joue, et la douce joue de sa mère effleurer ses lèvres. Il resta impassible malgré le bonheur que cela provoquait en lui.
- Votre mère semble particulièrement l'apprécier.
- Il est impossible de ne pas apprécier Jim lorsqu'on le connait. Même Oko'lap Omeku t'Minshara t'Kastik n'a pu résister à ses capacités de séduction hors du commun.
Une subtile et infime inflexion dans la voix de Spock trahit son amusement. Sarek se rendit compte que son fils venait de faire... une plaisanterie ! Sarek haussa à peine un sourcil. Mais Spock perçut nettement sa réprobation, il ne s'en formalisa pas, cette attitude était logique de la part de son père. Il expliqua paisiblement :
- Je suis à demi-humain, Père. Me focaliser uniquement sur mes gène vulcains est illogique et dangereux. Il ne s'agit pas pour autant de renier mon éducation ou mon sang vulcain. Je suis un vulcain, né et éduqué sur Vulcain. J'en suis fier, et le serai toute ma vie. Il s'agit de prendre en considération la contribution aléatoire de mes chromosomes humains. Jim m'a toujours accepté tel que je suis, dans la globalité de mon être, et ce, bien avant notre mariage. J'ai compris que je me devais de faire de même, par respect envers moi-même et envers mes ancêtres des deux espèces qui m'ont légués leur sang.
- Votre raisonnement est logique. Acquiesça Sarek. Je peux le concevoir.
- De plus, n'est-ce pas le principe même de K'Lalatar Prkori k'Lalatar Prnak'lirli ? [l'IDIC l'Infinies Diversités sous ses Infinies Combinaisons] la philosophie fondatrice de notre peuple ?
Sarek ne répondit pas. Comment l'aurait-il pu alors qu'il se sentait soudain comme pris en faute. Avait-il respecté cette noble philosophie, sensée être le symbole même de l'âme vulcaine, alors qu'il avait si opiniâtrement désapprouvé le mariage de son fils avec un humain mâle? Il n'y avait cependant aucune forme de reproche ni dans la voix, ni dans les propos, ni dans l'attitude de Spock.
- J'ai découvert qu'il n'y a pas qu'une seule voie qui mène à la plénitude. Poursuivait Spock d'une belle voix sereine. Jim, par sa bienveillance, m'a aidé à trouver la mienne. De plus, vivant parmi des humains à bord de l'Enterprise, et étant leur commandant, cela me semble indispensable pour mieux les comprendre afin d'établir une communication efficace.
Jim et Amanda revinrent de la cuisine, tout sourire. Jim lui tendit le plateau et Sarek prit l'une des portions. Sans réfléchir, il mordit dans le savas. Le gout délectable de celui-ci provoqua en lui une émotion à la fois infiniment douce et puissante, agréable. Il lui fallut tout un cycle de respiration pour parvenir à la dominer, à contre cœur.
- C'est vraiment délicieux ! S'exclama Amanda. Mais ce n'est pas seulement une question de goût... il y a comme... comme de l'amour dans ce fruit.
Elle posa ses beaux yeux si doux sur Sarek
Sarek réprima un frisson, comme si le miel de ce fruit avait laissé une petite porte entrouverte en lui. A nouveau, il trouva que son épouse était vraiment charmante, et encore plus avec ce regard-là. L'épouser avait vraiment été le chois le plus logique qu'il ait pu faire dans sa vie.
- C'est possible, car Oko'lap Omeku les a conçu pour nous. Expliquait Jim visiblement ravi de partager ce savas avec eux.
- Vous nous faites là un précieux cadeau ! Répondit Amanda. Et, dites-moi, elle ne serait pas un peu amoureuse de vous ?
Jim se contenta de hausser un sourcil comme aurait pu le faire Spock et ce mimétisme provoqua un joyeux fou-rire chez Amanda, si communicatif que Jim la rejoignit. Spock se permit même un demi sourire. Pour une fois, Sarek n'eut aucun regard réprobateur face à ces expressions de spontanéité.
Il lui semblait qu'il redécouvrait son épouse. Il l'avait rarement vue aussi heureuse. Et, réellement, elle était belle. Sarek décréta que, ponctuellement, un vulcain pouvait bien se permettre d'éprouver des émotions irrationnellement sentimentales, mais uniquement vis à vis de son épouse...
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Sarek et son fils s'étaient assis sur le banc, dans le jardin. Le soir tombait sur Vulcain, amenant une fraîcheur agréable. Par la fenêtre ouverte, on pouvait percevoir, sans les comprendre, les voix joyeuses d'Amanda et de Jim qui préparaient le souper. Ils parlaient en vulcain.
- Vous saviez ce que vous faisiez en me faisant goûter ce fruit. Ce... cette sorte de sentiment qu'il induit...
- Est-ce un reproche ? Demanda Spock doucement
- Non. Ce fut une expérience intéressante.
Des rires parvinrent à leurs oreilles. Sarek ne se souvenait pas avoir jamais entendu son épouse rire aussi souvent.
- N'est-ce pas une agréable mélodie ? demanda Spock.
Il y avait encore cette harmonieuse sérénité dans sa voix.
- Mon honnêteté m'oblige à vous avouer, qu'en effet, à l'encontre toute rationalité, ce son est ... agréable.
- Cette joie de vivre, si typiquement humaine. Cette façon d'assumer leurs émotions, de les vivre pleinement. C'est leur force, leur bouclier à eux. Nous avons tors, nous les vulcain, de la mépriser autant.
- Il n'est pas bon de se laisser emporter par les passions, cela occulte la raison.
- La raison pure est dépouillée de toute vie, Père.
Spock eut une façon subtile et extrêmement pudique de faire passer son affection dans le mot "Père". Mais Sarek la perçut, et cela fit naître en lui une sensation à la fois agréable et étrange.
- Il ne s'agit pas de se laisser guider par ses émotions. Mais d'en prendre conscience afin de ne pas se laisser dominer par elles. Telle est la leçon que j'ai apprise aux cotés de Jim. Sachez, Père, que j'ai eu à faire face à de violentes émotions suite à notre Pon Farr. Si je les avais gérée de façon vulcaine, en les réprimant totalement, en refusant de les assumer, cela m'aurait brisé.
Sarek ne répondit pas. Il réfléchissait. Son fils avait évoqué ce souvenir douloureux, et honteux, avec une telle sérénité. Un vulcain ne parle jamais de ses émotions. Et pourtant, ce que venait de lui avouer son fils forçait son respect. Spock avait atteint une sorte de plénitude à laquelle peu de vulcain parvenait, en traçant sa propre voie au travers de ses épreuves.
Sarek reprit :
- Vous paraissiez en effet émotionnellement compromis après votre Pon Farr. Permettez-moi de vous poser une question : étiez-vous tsat'es sa-kugalsu-lar [secrètement fiancés] comme le sont ordinairement les Sa-ka-ashausu shif-lar [couples gays] avant de procéder au Kal'i'fee ?
- Non, Père. Comme je vous l'ai dit à l'époque, je croyais qu'il n'y avait aucun lien entre nous avant l'accomplissement du Kal'i'fee, je pensais que nous n'étions que des amis proches. L'un comme l'autre étions ignorants du lien qui nous unissait déjà.
- Comment vous était-il possible d'ignorer un tel lien, alors que celui-ci était suffisamment puissant pour permettre la transmission de notre langue dans l'esprit de votre époux lors de la fusion mentale rituelle ?
- Nous étions des amis très proches depuis longtemps déjà. Cette amitié nous était à la fois si forte et si naturelle que nous ne nous sommes jamais posé de question. C'est cette amitié que j'avais eu l'impression d'avoir trahie. Alors que dans l'esprit de Jim, tout cela n'avait été qu'un simple geste d'entraide amicale.
- C'est pour cela qu'il a protesté si vigoureusement contre l'accusation qui pesait sur vous et a accepté votre union.
Spock revit avec une affectueuse tendresse Jim, appuyé sur la table basse, en train de hurler son indignation sur son père avec véhémence, alors qu'il n'avait pas encore la force de tenir debout tout seul. Force qu'il avait cependant en quantité illimitée pour prendre la défense ce son commandant en second à lui... Jim, son Jim si passionné, déjà amoureux de son Spock en toute inconscience de ses sentiments réels... Jim perçut son émotion et y répondit en lui transmettant une bouffée d'amour. Spock était resté parfaitement impassible, Sarek ne se rendit compte de rien.
- Jim était prêt à tout pour me sauver la vie, d'aussi loin que je me souvienne, il l'a toujours été. Il a été très choqué lorsqu'il a compris ce que je pensais de cet événement.
Il y eut un long silence. Sarek ne put se retenir de dire :
- Votre époux n'est pas un humain ordinaire.
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Amanda avait toujours été douée d'une forte volonté. A force d'obstination, elle avait réussi à obtenir de Sarek qu'il prenne quelques jours de vacances afin d'être présent lors du séjour de leur fils. Par contre, elle n'avait pas eu besoin d'insister longtemps pour que Jim accepte d'aller faire quelques courses avec elle. Spock les regarda sortir avec un amusement attendri.
Il rejoignit son père dans le salon. Celui-ci leva les yeux sur son fils et Spock comprit que Sarek avait des choses à lui dire. Il s'assit en face de lui et attendit qu'il se décide à parler.
- La version officielle de votre mission sur Mus'uo m'a été transmise.
Il vit son fils brièvement se raidir avant de retrouver son impassibilité.
- La Fédération des Planètes Unies a pu signer l'important traité de coopération qu'elle ambitionnait depuis des années, afin d'avoir accès aux mines riches en minerais divers et en dilithium. Tout cela grâce, disent-ils, aux talents de séduction et de négociation de votre époux.
La colère bouillonna dans le sang de Spock avec violence, mais il n'en laissa rien paraître. Il sentit l'attention de Jim se tourner vers lui et parvint à dresser aussitôt de puissantes barrières mentales avant qu'il n'ait eu le temps de se rendre compte des réels sentiments de son époux. Il ne voulait pas que Jim s'inquiète ou se rende compte du sujet qu'il abordait avec son père. Il concentra son attention sur Sarek qui lui demandait:
- Jim est un humain, son lien avec vous fonctionne-t-il de la même façon que le ferait celui d'un vulcain?
- Oui. A l'époque, nous en étions au stade où nous pouvions partager nos pensées à la condition d'avoir un contact physique.
Le temps d'une nano-seconde, Spock vit de l'émotion passer dans les yeux de son père, et il sut que Sarek avait déduit ce qui c'était réellement passé. Les vulcains liés étaient extrêmement "territoriaux", mais cela ne posait aucun problème car ils était aussi farouchement fidèles. L'adultère n'existait pas sur Vulcain : une fois qu'un kal'i'farr [mariage] avait été scellé dans le temple lors d'un Pon Farr, seule la mort pouvait séparer le couple. La forme extrême des liens qui reliait son fils à son époux rendaient cette possessivité et cette fidélité réciproques encore plus puissantes.
- Ce n'était pas une semaine de négociation, comme le prétend la Fédération. Énonça Sarek lentement.
- Non, Père. Nous avons été retenus en otage.
- Avez-vous été bien traités ?
- Nos conditions de séquestration ont été correctes. Nous n'avons subi aucune atteinte physique, ni mentale, ni humiliation. Nos compagnons de captivité ont eu un comportement exemplaire. Mais à la fin de la semaine de captivité, il a été clairement fait comprendre à Jim que nos vies étaient en jeu.
- Spunau bolayalar t'Wehku bolayalar t'Zamu il t'Veh [Les besoins du plus grand nombre l'emportent sur celui d'un seul] Récita Sarek, prenant conscience pour la première fois de sa vie du goût amer de cette phrase. Votre époux a agi honorablement, obéissant à son devoir, sans tenir compte de ses propres aspirations. Son comportement a été digne d'un Vulcain.
Il y eut quelques seconde de silence.
Spock ne répondit rien. Les mots de son père étaient à la fois douloureux et apaisants. Lui aussi pensait que Jim avait fait son devoir, mais cela n'empêchait pas que ce souvenir lui soit particulièrement éprouvant, la souffrance de Jim lui était insupportable.
Sarek compulsait tout ce qu'il venait d'apprendre sur Jim. Il savait sa totale loyauté envers son fils, il l'avait prouvée à plusieurs reprises. Il revit le comportement de Jim lors de leur mission à Babel, son attitude, quasi parfaite selon les normes vulcaines, depuis son arrivée sous son toit. Il repensa à son aigu sens du devoir en toute circonstance. Il constata aussi l'évolution de son fils, la façon noble qu'il avait d'assumer sa vulcanité.
- Si on prend en compte tous les paramètres, Conclut Sarek, votre union est logique.
Spock masqua son étonnement et se contenta d'hocher discrètement la tête.
- Je vous saurai gré cependant de ne jamais évoquer ce sujet devant Jim.
- Il n'a pourtant fait que son devoir.
- Il est humain, Père. Le fait d'avoir fait son devoir n'est pas suffisant pour effacer son sentiment d'humiliation. Pour la même raison, je vous prierai de ne pas en parler à ma mère. Vous connaissez son empathie, cela lui ferait de la peine pour Jim.
Sarek regarda longuement son fils. Il était peut-être un vulcain qui avait un parfait contrôle de ses sentiments, il n'en avait pas moins un haut sens de la justice. Son beau-fils avait subi un chantage indigne, son fils en avait été blessé. Tous deux avaient eu un comportement irréprochable et digne, comme de vrais Enfants de Vulcain. Il avait deviné la profonde douleur de son fils, et cela était logique au vu de l'intensité des liens qui le reliaient à son époux. Il ne ressentait pas de colère, car un vulcain ne peut pas se permettre de se mettre en colère. Ce n'était pas une question de vengeance, un vulcain ne se venge pas. Cependant, ce crime ne devait en aucun cas rester impuni, il s'en fit la promesse. Il réfléchissait déjà aux moyens rationnels qu'il pourrait mettre en place afin que justice soit rendue, sans que le nom de son beau-fils soit évoqué.
- Vous avez ma parole, mon fils.
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Le souper fut agréable pour tout le monde. Sarek était presque détendu : Amanda était décidément belle et radieuse. Sareck se demanda si cet amour, ce sentiment si irrationnel et pourtant si réel, qui irradiait de Spock et Jim n'était pas un peu contagieux.
Sarek fut très surpris de constater que Jim se régalait sincèrement avec la soupe de plomeek. Il n'avait jamais croisé aucun humain qui soit capable d'en avaler plus d'une gorgée. Amanda fit part de sa surprise, et Jim lui raconta comment s'était passée la première fois qu'il en avait mangée, et les grimaces hilarantes de Bones.
Ils parlèrent science, des fabuleuses promesses que représentaient l'étude des propriété des savas dans la médecine. Spock révéla sans le chercher, l'étendue et éclectisme de ses connaissances scientifiques...
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- Istau nash-veh du rom t'mu-gor, Sarek [Je vous souhaite une bonne nuit, Sarek]. Dit Jim au moment d'aller se coucher, comme les soirs précédents.
- Vi'proi 'uh Sa-mekh, Sa-fu t'nash-veh [Appelez-moi père, mon fils]
Malgré le plaisir qu'il ressentait et la joie intense qu'il percevait de Spock, resté impavide, Jim demeura parfaitement calme, respectueux de l'impassibilité vulcaine de son beau-père. Il se contenta d'un sourire pudique :
- Istau nash-veh du rom t'mu-gor, Sa-mekh.
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à suivre
Jim sentit tout de suite l'émotion trouble qui s'emparait de Spock. Il n'avait jamais perçu chez lui un tel mélange ambigu de sentiments. Mais il ne le pressa pas de question, son vulcain parlera quand il le jugera bon de le faire.
Spock avait du mal à contenir une joie mauvaise. Irrationnelle et indigne d'un vulcain.
Avez-vous aimé ce petit séjour dans la famille S'chn T'gai Xtmprsqzntwlfb ?
Je suis intimement persuadée qu'Amanda mène Sarek par le bout du nez, grâce à sa volonté à toute épreuve et par le pouvoir de son cœur tendre et généreux ^^
(Vous remarquerez que je parle d'espèces vulcaine ou humaine. Pour moi, le mot race est à réserver aux animaux)
