Note de l'auteur : Hello à tous ! Voici enfin la suite de l'histoire, alors sauter vite dessus et apprécier-la bien.

Bonne lecture !

P.S pour Kowakasha, pour moi j'utilise les tortues de la dimension 2003 modifiées selon mes préférences comme la couleur de leur yeux. Ravi que mon travail te plaise ! Merci beaucoup :3

Rappel : Je ne possède pas TMNT.


Ma famille

Chapitre 16


Une sensation de déboussolement et de vertige l'accueillit quand il émergea. Il régnait une semi-obscurité qui était douce pour ses sens perturbés et son esprit alourdit.

Donatello avait l'impression qu'un étau de métal était enserré autour de son front et sur sa nuque. Il resta immobile sur son côté à fixer ses mains crispées en poing. Ses doigts se décrispèrent lentement sous sa volonté alors qu'il se demandait pourquoi ils étaient aussi raides. Une bride de souvenir lui revint, ainsi que des sensations désagréables.

Le visage du Boss se penchant sur lui pour l'embrasser. Des mains poisseuses et trop chaudes partout sur son corps.

En gémissant, il plongea son visage entre ses mains pour pleurer de rage, avant de pleurer d'amertume en réalisant que son pire cauchemar s'était produit.

Le Boss était vivant. Le Boss l'avait repris. Il était à nouveau l'esclave, la chose, la créature sans nom et sans avenir, autre que celui imposé par les lubies de son maître.

- Je suis répugnant, sans valeur. Je devrais disparaître, pensa le jeune mutant en se roulant en boule sur lui-même.

Une touche sur sa carapace le fit sursauté violemment. Il tourna la tête et put voir une petite forme se blottir contre lui. Il fallut un moment à Donatello pour identifier la forme d'une carapace qu'il reconnut avant de grimacer au surnom « Pinky » qui surgit dans son esprit.

En voyant la petite tortue qui dormait paisiblement contre lui enveloppée dans sa veste violette, Donatello ne pensa plus qu'à la protéger du Boss et de tous les autres monstres. Il se tourna vers elle et la petite tortue se lova contre son torse quand il la prit entre ses bras et la regarda dormir paisiblement en pensant à Shadow. La petite tortue mutante devait être dans la même tranche d'âge que sa nièce. Il repensa avec nostalgie à la petite fille aux cheveux noirs en bataille qui lui sourirait de son adorable sourire de travers en montrant toutes ses dents.

Deux pupilles noirs le fixant dans les yeux, firent réaliser à Donatello que la petite tortue était réveillée elle aussi. Il décida de ne pas bouger, pour ne pas lui faire peur ou la mettre mal à l'aise. Même si elle semblait plutôt confiante car elle ne bougea pas malgré leur promiscuité. Plus pour se rassurer lui-même, Donatello lui fit un petit sourire et lui parla.

- Hé, tu es réveillé on dirait…

La petite tortue ne réagit pas et continua de le fixer de ses yeux sombres qui semblaient le questionner.

- Oui, je vois que tu es réveillé depuis un moment, mais je ne savais pas par quoi commencer… s'excusa Donatello qui sentit ses joues chauffées pour ses phrases qui sonner si stupides et maladroites.

La petite tortue l'étudier toujours sérieusement de ses grands yeux sombres. Donatello se laissa aller à lui caresser la tête avant de retenir un sanglot.

- J'ai tellement peur de lui…

L'enfant secoua la tête et lui fit un petit sourire qui émue Donatello encore plus. Il se ressaisit en réalisant que ce n'est pas en pleurant que les choses allaient s'arranger pour eux. Il lui fallait être fort pour la petite tortue… et il serait peut-être bon de commencer par un changement pour son bien.

- Je ne t'appellerai jamais comme il le fait. Si ça te va, j'aimerais t'appeler Pearl.

Le petit mutant écarquilla des yeux de surprise avant d'hocher doucement la tête.

Puisant dans son nouveau courage, trouver dans sa résolution de protéger l'enfant, Donatello se redressa en se préparant mentalement pour affronter l'adversité et se figea d'incrédulité.

Ils étaient allongés sur un futon qu'il reconnut sans mal ainsi que la chambre. Il était à nouveau chez Oroku Saki.

Pendant un instant, Donatello voulut croire que tout ce qu'il avait vécu n'était qu'un cauchemar. Mais ses maigres illusions s'envolèrent aussitôt par la présence de la petite tortue Pearl à ses côtés.

Le mutant vert olive se leva péniblement en tremblant sur ses jambes avant de s'écrouler en grimaçant sur ses fesses qu'il sentit douloureuses. Il regarda ses jambes et déglutit en découvrant les bleus qu'il avait sur ses cuisses. Il se rappela en frissonnant de la douleur causée par la ceinture en cuir que le Boss avait utilisé sur lui. Il avait serré si fort qu'il lui avait entaillé la peau de ses jambes côté extérieur.

De repenser à ce détail lui fit se souvenir du Boss et de l'autre homme, Jan, et de ce qu'ils lui avaient fait. Un haut le cœur le saisit si brutalement qu'il eut à peine le temps de se pencher pour vomir quelque chose de si âcre que le goût lui resta dans le fond de la gorge et le nez.

La petite tortue grisâtre se pressa contre lui et s'agrippa si fort à son bras droit que Donatello la regarda avec interrogation avant de réaliser que la raison de sa peur était la présence de quelqu'un dans la chambre.

Donatello, encore un peu déboussolé par son malaise, reconnu Karai avec un temps de retard. La jeune femme les étudia avec un air patibulaire avant d'ordonner d'une voix froide.

- Levez-vous et sortez de là.

Donatello l'observa sans comprendre un moment avant d'essayer d'obéir à son ordre. Il eut beaucoup de mal à se lever tant il tremblait. Quand il voulut marcher, il s'écroula au sol à cause de ses genoux transformés en gelée et chuta lourdement sur eux.

Karai poussa un soupir et l'attrapa par un bras pour le forcer à se lever. Une fois la tortue debout, elle poussa Donatello devant pour le faire sortir hors de la chambre. Elle se tourna ensuite vers la petite tortue grisâtre à la veste violette qui la regarda avec des yeux écarquillés par la peur. La jeune femme asiatique lui fit signe de sortir en pointant du doigt la porte pour être obéit dans l'instant. Elle sortit à sa suite pour voir le mutant vert olive essayant, sans succès, de tenir debout sur ses jambes flageolantes. Agacer, elle l'attrapa à nouveau par un bras et l'aida à se lever.

- Tu peux marcher ?

Apparemment surprit par la question, le jeune mutant leva des yeux rougis et cerclés de noir qui fit grimacer la kunoichi. En grognant, elle le poussa devant elle, tout en le soutenant pour l'aider à marcher et ordonna à l'enfant tortue.

- Tu marches devant moi.

Le petit mutant obéit, tout en s'assurant de rester à la hauteur de Donatello. La jeune femme les guida jusque devant une porte et l'ouvrit pour y pousser ensuite les deux mutants à l'intérieur.

Donatello battit des bras pour tenir debout, mais ses jambes trop flageolantes cédèrent sous lui et il s'écroula encore une fois au sol à son plus grand énervement. Il se rendit compte qu'il était à genou sur du carrelage de couleur blanche. Il leva la tête pour constater avec surprise qu'il était dans une salle de bain.

- Va te laver, ordonna Karai au plus vieux mutant qui la regarda avec effarement.

Voyant qu'elle était sérieuse, la tortue verte olive se traîna vers le mur le plus proche pour y prendre appuie et se relever. Plus sûr de lui une fois sur ses jambes, Donatello se tourna vers la kunoichi et l'interrogea sur ce qu'il le travaillait depuis le début.

- Comment m'avez-vous retrouvé ?

- Va te laver, lui ordonna de nouveau Karai en lui montrant la baignoire d'un geste impérieux qui fut sans effet face à la détermination de l'adolescent mutant.

La petite tortue grise les observa à tour de rôle, apparemment intriqué par leurs comportements avant de se rapprocher de son aîné mutant et de s'asseoir à ses pieds. Énervant ainsi Karai, qui s'avança sur les mutants avec un air sévère. Elle surplomba Donatello qui lui rendit son regard sans peur, juste les traits marqués par la fatigue. Visiblement agacé, la jeune femme poussa la tortue verte olive vers la baignoire et la fit s'asseoir sur un tabouret.

Et sans autre forme de procès, elle remplit un baquet avec l'eau de la baignoire qu'elle posa devant lui. Elle s'installa à côté de Donatello et posa un autre petit baquet contenant un pot de savon et des serviette-éponge pour frotter le corps.

Donatello la regarda faire avec interrogation et lui obéit quand elle lui ordonna de se pencher en avant. Il poussa un petit cri étranglé quand de l'eau se rependit d'un seul coup sur lui.

- Arrête de t'agiter c'est que de l'eau, soupira la jeune asiatique en s'agenouillant à côté de lui. Elle mouilla une serviette dans l'eau restant du baquet et répandit du savon dessus.

En la voyant faire Donatello s'écria soudainement. « Je sais me laver tout seul ! » Et lui arracha des mains la serviette éponge.

Karai regarda avec un petit sourire, l'adolescent mutant qui commencer à se laver en se frottant la serviette savonnée sur ses avant-bras. La tortue continua de se frotter le haut du corps avant de réaliser que la jeune femme l'observer toujours, en rougissant elle lui demanda.

- Vous pouvez vous retourner ou aller dehors ?

- J'ai pour ordre de te surveiller petite tortue, lui répondit la jeune femme d'un ton suffisant qui s'éteignit rapidement en voyant l'adolescent pâlir soudainement et son regard devenir terne.

- Ça va ? elle l'appela en lui touchant l'épaule. Faisant sursauter l'adolescent qui la regarda avec des yeux écarquillés par la peur. La tortue sembla se ressaisir et détourna la tête.

- Ne m'appeler plus jamais comme ça, s'il vous plait. Mon nom c'est Donatello. Je ne suis plus… un esclave.

- Un…

- Je n'en suis pas un ! Je l'étais avant mais… c'n'était pas ma faute… c'était le Boss… c'est de sa faute !

- Je ne comprends rien de ce que tu racontes ! Explique-toi !

Donatello haleta un instant avant de retrouver son souffle, il secoua la tête et devient silencieux. Il sursauta violemment quand une main lui toucha le genou. Quand il croisa les yeux sombres de la petite tortue grisâtre, des larmes affluèrent soudainement dans ses yeux et dévalèrent sur ses joues.

Il tira contre lui le plus jeune mutant, lui retira la veste violette et entreprit de le frotter avec la serviette savonnée. Il prit tout son temps sous le regard de Karai qui découvrit en même temps que lui que la petite tortue n'était pas grise mais blanche sauf sur ses bras et ses jambes qui semblaient être teinté de blanc et de rose. Donatello versa de l'eau sur elle pour la laver, Karai grimaça en voyant l'eau sale presque noir s'étaler sur le carrelage.

- Répugnant, comment peut-on être aussi sale !

- On ne lui a pas laisser le choix…

Karai se concentra sur Donatello qui continua de parler en gardant la petite tortue en sécurité contre lui.

- Il était enfermé dans une pièce qu'on lui faisait quitter seulement pour le plaisir de ces monstres, il lui donnait de l'eau et de la nourriture en petite portion. Ce n'est pas avec le peu qu'il avait qu'il pouvait se laver…

- Tu connais bien le sujet on dirait.

Donatello frissonna en baissant la tête. « Il m'a fait la même chose... »

- Qui ça ? De qui parles-tu depuis le début ? Je ne comprends rien à ton discours depuis tout à l'heure !

L'adolescent mutant s'étouffa avec un sanglot avant de s'exprimer d'une voix éraillée par l'émotion.

- Je devais avoir le même âge que Pearl. Le Boss… c'est comme ça que je devais l'appeler… il a fait de moi son esclave, la tortue mutante frissonna encore une fois.

- Je ne comprends pas ? Comment tu as pu être un esclave alors que tu as une famille ?

- C'est compliqué… je ne sais pas comment je me suis retrouvé là-bas dans cet hôtel. Je ne me souviens de rien d'avant cette époque, seulement que j'ai toujours était avec le Boss. C'est April et Casey qui m'ont trouvé plus tard et ramené à ma famille. On m'a raconté ensuite, qu'ils m'avaient perdu lors d'une attaque des Foots… 5 ans loin de ma famille qui m'a cru perdu pour toujours. C'était des années en enfer avec un monstre avide d'un corps d'enfant qu'il pouvait exploiter et vendre.

- Il a abusé de toi ? demanda la jeune fille d'une voix si douce que Donatello l'entendit à peine mais lui répondit quand même.

- Oui… il m'a frappé, insulté… je suis sa chose… il gardait ma virginité pour la vendre… la première passe, l'adolescent sembla réaliser quelque chose car il releva la tête en écarquillant des yeux avant de se couvrit la bouche d'une main.

Devant son attitude, Karai l'observa avec inquiétude alors que l'adolescent regardait les blessures sur ses jambes avec horreur.

- Tout va bien aller maintenant.

La voix grave fit sursautée la tortue qui paniqua totalement, elle essaya de se lever mais ses jambes refusèrent de lui obéir. Elle put seulement tourner la tête vers la porte de la salle de bain pour découvrir Oroku Saki habillé de son kimono noir qui les observer avec attention.

- Tu es en sécurité chez toi, Donatello.

L'adolescent mutant resta muet mais ses yeux parlaient pour lui de sa peur que cet homme l'avait vu comme ça. Qu'il ait pu voir ce que le Boss avait fait de lui.

L'homme asiatique s'avança dans la pièce provoquant la panique de la tortue vert olive qui tenta encore une fois de se lever pour glisser au sol où il s'immobilisa quand il croisa le regard noir de Saki.

La petite tortue blanche se plaça entre eux pour l'empêcher d'avancer quand il arriva à quelques pas de son aîné.

- Karai, emmène-la dans sa chambre, ordonna-t-il d'une voix froide.

La kunoïchi obéit sur l'instant et s'empara de Pearl qui gesticula et se débattit dans ses bras quand elle l'emmena vers la porte de la salle de bain. L'enfant-tortue tendit les bras vers Donatello qui réagit en tendant une main vers lui, ils poussèrent un cri quand ils se perdirent de vue.

Donatello réalisa alors que l'humain l'empêchait de bouger en le retenant contre lui. Prit de panique, il tenta de le repousser mais cela donna pour résultat de se retrouver les deux mains contre la poitrine de l'humain en étant incapable de s'arracher de son étreinte.

- Lâcher-moi !

- Calme-toi Donatello.

- Lâcher-moi !

- Calme-toi avant.

La tortue mutante résista à l'envie de se débattre de plus belle et se força à se calmer comme lui avait ordonné Oroku Saki. Une fois qu'il vit qu'il était obéi, le maître des Foots le relâcha à son plus grand soulagement.

Donatello baissa le regard et voulut se reculer, mais l'homme l'arrêta en l'attrapant par l'épaule et dans le même mouvement le souleva du sol en le portant sous les bras pour l'installer sur le tabouret. À la plus grande stupéfaction de l'adolescent, il lui tendit ensuite la serviette-éponge et le savon en pot.

La tortue mutante regarda avec méfiance la main de l'homme et sursauta quand il rapprocha sa main de lui pour qu'il prenne la serviette. Le mutant finit par la prendre du bout des doigts et se tassa sur lui-même quand Saki se leva brusquement. Il l'observa avec angoisse alors que l'humain s'empara du paquet et alla le remplir dans la baignoire. Il posa le seau à côté de l'adolescent et lui proposa d'une voix étonnamment douce. « Tu devrais terminer de te laver, ensuite on parlera. »

Donatello regarda son reflet dans l'eau du baquet et releva la tête pour découvrir qu'il était seul. Il baissa à nouveau les yeux dans le seau d'eau et resta un instant à se regarder. Il détestait ce qu'il voyait, il voulait disparaître. De rage, il jeta sa serviette-éponge dedans et dû se mordre l'intérieur de la joue pour ne pas hurler.

Tout s'effondrait en lui et il n'avait plus rien pour se raccrocher.

Tout était vain.

Il sanglota en s'agrippant à lui-même. « Je veux rentrer chez moi… je veux mes frères… je veux mon père… »

Une main se posa sur sa carapace et la caressa doucement en petit cercle, allégeant la douleur dans son cœur meurtrit. Il entendit une voix le sermonner gentiment comme le faisait parfois Splinter quand il voulait avoir son attention.

- Il faut que tu te laves, je te lave la carapace pour t'aider un peu.

Donatello ramassa la serviette-éponge qu'on lui tendit et commença à se frictionner les bras par automatisme. Il poussa un sifflement de douleur qui le sortit de sa torpeur et chercha ce qui s'était passé. Il réalisa qu'il s'était frotté les blessures de ses cuisses et que quelqu'un était en train de lui frotter la carapace. Il tourna la tête et se pétrifia quand il vit Saki lui frottant la coquille.

L'homme asiatique avait remonté les manches de son kimono et semblait trouver la situation tout à fait normale, il s'empara du baquet d'eau dont il renversa doucement le contenu sur la tortue qui poussa un petit souffle de surprise.

- Ça me rappelle des souvenirs avec ta mère quand on prenait notre bain ensemble. Elle adorait quand je lui frottai un endroit de sa carapace, c'était pile entre deux écailles centrales qu'elle n'arrivait pas à atteindre, dit l'humain sur un ton nostalgique.

En entendant cela, Donatello frissonna d'horreur et tourna la tête vers lui en s'écriant.

- Ma mère ?

- Oui, après sa mutation, ta mère a eu beaucoup de mal à s'habituer à son nouveau corps. Elle se trouvait grotesque, maladroite alors que je la trouvais magnifique. Le japon n'est pas un bon pays si on a le malheur d'être un mutant. J'ai voulu changer cela pour elle, j'aurais changé le monde si elle me l'avait demandé.

Il regarda le jeune mutant qui se tassa sur lui-même en croisant son regard et ressentit le besoin de fuir. Comme s'il avait deviné son intention, l'homme le retient par l'épaule.

- Lève-toi. J'ai quelque chose à te montrer.

Donatello le fixa avec interrogation.

- Tu vas voir que l'on peut changer son destin. Il faut juste prendre les bonnes décisions, lui répondit Saki à sa question muette.

Et sans autre forme de procès, il souleva l'adolescent par le bras qu'il tenait. Donatello n'eut pas le temps de récupérer sa veste violette restée sur le sol et dut suivre l'homme qui le guider de force, les jambes flageolantes. Donatello essaya de comprendre l'étrange comportement de l'humain qui l'entraîna hors de la salle de bain.

Il fut rapidement coupé de ses réflexions quand il dut se concentrer sur ses pieds pour ne pas chuter et ne vit rien du chemin que lui fit prendre le maître des Foots. Il leva la tête quand il entendit celui-ci annoncer.

- Nous y voilà.

Il ouvrit la porte devant laquelle il était arrêté et poussa l'adolescent vert olive à l'intérieur.

Donatello se rattrapa de juste en titubant pour ne pas tomber en avant et leva les yeux pour découvrir une salle qui ressembler à une cellule de prison. Quand il vit qui occuper la pièce, il sentit son cœur se serrer si fort dans sa poitrine qu'il n'arrivait plus à respirer alors que la peur le fit trembler au point de chuter sur ses genoux.

Le Boss était là, posé comme une masse compacte à même le sol de sa cellule, le visage couvert de sueur grasse et l'air débraillé. Sa main de métal lui avait été retiré. Il le fixa avec interrogation et surprise avant de grogner.

- T'as ramené l'autre pute pour me narguer ? Sale pervers, va ! C'est bien vrai que les asiates sont des accros au sexe ! Tu te l'es déjà fait ?

Donatello sursauta quand il comprit les paroles et se tourna vers Saki qui était derrière lui, le surplombant de toute sa hauteur. Il l'observait avec un air sévère encore plus impressionnant pour l'adolescent à ses pieds qui frissonna d'angoisse sous son regard indéchiffrable.

- Donatello…

La tortue verte olive le fixa avec inquiétude alors qu'il reprit la parole.

- C'est à toi de décider ce que tu veux faire de lui. Maintenant, c'est toi le maître sur sa vie.

- C'est quoi cette blague ? Déjà tu me bousilles mon bizness ! Tu me piques ma main ! Et ensuite tu essaies de faire quoi avec le mutos ? C'est un esclave que j'ai éduqué moi-même, il sait où est sa place. Viens ici tortue !

Donatello frissonna à cause de la voix qui avait peuplé son enfance et ses pires cauchemars. Il avala difficilement et secoua la tête pour refuser d'obéir. Le voyant faire, le gros humain ricana et se leva à la plus grande frayeur de la tortue qui se tassa sur elle-même.

- Je vais devoir te punir tortue… tu te rappelles ce qu'il faut faire n'est-ce pas ? grinça la voix du Boss qui porta sa seule main sur son entre-jambe dans un geste évocateur.

Cette fois, le jeune mutant ne put retenir ses larmes alors qu'il secouait la tête pour repousser les images.

Il avait fini par oublier pourquoi il avait peur d'être puni grâce à ses frères et à son père. Mais maintenant son esprit avait ravivé ses souvenirs marqués au fer rouge par cette voix haït. Une petite partie de son esprit voulait obéir au Boss. Mais l'idée de se mettre à genou et d'ouvrir la bouche le révulsa au point qu'il hurla.

- La ferme !

Il se retrouva debout sur ses jambes tremblantes. Poussé par la rage, il continua de tenir tête au gros homme en criant contre lui.

- Je ne suis pas votre esclave ! Je ne l'ai jamais été ! Vous m'avez volé à ma famille ! Vous avez fait de moi votre chose ! Vous devriez mourir pour toutes les horreurs que... ah !

Le Boss venait de le frapper d'un coup de poing en plein visage qui l'envoya, tête la première, contre le mur opposé où il s'écroula à moitié-sonné. Donatello essaya de se relever ou de ramper pour se mettre à l'abri des prochains coups qui aller suivre, mais il fut stoppé en entendant un bruit étrange qui ressembler à un gargouillis. Il leva la tête pour voir le Boss écroulé par terre alors que quelque chose de rougeâtre se répandait en flaque sur le sol. Il fallut un moment à la tortue mutante pour que son esprit finisse par comprendre que c'était du sang.

- Il est mort.

Donatello leva les yeux vers la personne qui venait de parler. Oroku Saki le regarda avec un petit sourire tranquille.

- Tu as pris la bonne décision, Donatello.

- Quoi ?

- Tu as décidé qu'il devait mourir et il est mort.

- Quoi ? demanda à nouveau l'adolescent complétement perdu alors que son regard faisait des aller-retours entre le japonais et le Boss.

- Le Boss est mort, finit par enregistrer l'esprit de Donatello qui se sentit bizarre en regardant le corps de l'homme. Sa vue se brouilla soudainement sans raison et sa bouche devient pâteuse. Il se couvrit la bouche d'une main alors que son estomac se retourna d'un seul coup pour vomir.

Saki fut d'un seul coup à côté de lui. Il lui caressa sa carapace en petit cercle pour l'apaiser mais cela ne fit que rendre encore plus mal à l'aise l'adolescent qui était de plus en plus bouleversé et perdu par ses sentiments qui se détraquer. Les larmes qu'il retenait difficilement jusque-là, finirent par couler sur ses joues alors que des sanglots le secouèrent. L'homme au kimono noir glissa sa main sur la nuque dénudée avec de doux mouvement de va et vient jusqu'à ce que le jeune mutant se calme.

Oroku Saki força la tortue verte olive à se lever et l'emmena hors de la cellule qui contenait à présent un cadavre. L'adolescent se laissa faire quand il le porta en nuptial et qu'il le conduisit jusque dans un salon de style japonais où il le déposa sur un tatami devant une table basse.

Une tasse contenant du thé vert se retrouva entre les mains de Donatello qui s'y accrocha plus par réflexe que pour sa chaleur. Il sursauta en grimaçant quand il sentit une main lui toucher le côté de son visage qui avait reçu le coup de poing, il croisa les yeux sombres de Saki qui évaluer la blessure avant d'appeler en japonais.

- Apporter-moi une poche de glace.

Il fut obéi rapidement et Donatello se retrouva à tenir un sac empli de glaçon contre sa joue endolorie sous le regard attentif du japonais. Après un long moment fort embarrassant de silence, le mutant se décida à interroger l'humain.

- Pourquoi vous avez fait ça ?

- C'était ton choix.

- Je n'ai jamais… !

- Tu aurais préféré qu'il reste en vie ? Sais-tu tout le mal qu'il a fait autour de lui ?

L'adolescent voulu protester mais il fut coupé par Saki.

- Je sais ce qu'il t'a fait et ce qu'il a voulu faire de toi.

Donatello blanchit tant qu'il en devient gris et sembla sur le point de s'évanouir. « Vous… vous… » Il se tut alors que des larmes coulaient à nouveau de ses yeux, Saki tendit une main pour essuyer les larmes qui provoqua un saisissement d'horreur chez le mutant.

- Cet homme tenait un bordel où il vendait les services sexuels de femme, d'homme et d'enfant aussi bien humain que mutant. Tu as eu beaucoup de chance que l'on te recherchait sur mes ordres, j'ai beaucoup plus de moyen à ma disposition que la police.

- Vous… vous m'avez re-retrouvé comment ? demanda timidement l'adolescent.

- Grâce à une jeune recrue qui vient d'intégrer le clan Foot, il a vu cet homme t'emmener. Le reste fut facile, surtout à cause de l'avidité de ce rustre en cherchant à te vendre sur leur réseau. Il a suffi qu'il voit les six petits millions pour…, il se tut quand il vit les nouvelles larmes s'accumuler aux bords des yeux de la tortue.

- Vous m'avez acheté…, murmura Donatello alors que l'humain le fixa sans répondre à sa question.

à suivre...