Pi'krus-lar k'ha'kiv svi'T'hylara
[ Petites tranches de vie entre Amis ]
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Précédemment
Le bon docteur avait un regard encore si embarrassé que Jim ne put retenir un grand éclat de rire. Spock avait remis son pantalon et retrouvé sa dignité, même s'il avait le bout des oreilles un peu verte...
- Je crois que la prochaine fois, Bones pensera à attendre qu'on lui dise d'entrer. Dit Spock si stoïquement, que cela fit redoubler les rires de Jim.
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T'Hassu McCoy [le docteur McCoy]
Bones se retourna dans son lit pour la millième fois. Ce qu'il avait vu dans les quartiers de Jim et Spock l'avait profondément marqué. Pas forcément le fait de les surprendre en pleine action, non, avec du recul, il aurait dû s'attendre à tomber sur ce genre de scène beaucoup plus tôt (d'ailleurs, il fallait qu'il pense à avertir Scotty de ne plus entrer sans frapper, car pour le coup, il risquerait d'en faire une crise cardiaque)
Non, ce qui marquait Bone était la prise de conscience de l'intensité des sentiments qui unissait ces deux hommes, cet amour qu'il avait vu irradier d'eux.
En public, rien ne transparaissait, et il était facile d'oublier qu'ils étaient mariés, à la condition que Jim ne parle pas vulcain. Ils mettaient un point d'honneur à rester toujours strictement professionnel, et le personnel de l'Enterprise, passé un moment de surprise, reconnaissait que cela facilitait les choses. Surtout lorsque les problèmes, que Jim semblait attirer à lui quoiqu'il fasse, leur tombaient dessus au détour d'une mission "normale".
Par contre, l'équipage avait vite pris conscience de la faculté qu'avaient les deux hommes à pouvoir communiquer par la pensée. Au début, ils avaient tenté de caché cette habilité, conscients que cela pouvait mettre certaines personnes mal à l'aise. Mais ce "pouvoir" les avait sorti d'affaire à plusieurs reprise lors de mission dangereuses. Quand ils se rendirent compte que non seulement l'équipage l'avaient accepté sans répugnance, mais en plus le considérait plutôt comme une compétence professionnelle supplémentaire fort utile, ils ne s'en cachèrent plus.
Cette l'impression d'avoir à ses cotés ces deux intelligences dans un même corps, quel que soit le contexte, était même rassurante, bien qu'assez étrange aussi. Lorsqu'une situation requérait un avis scientifique et que ces deux hommes étaient séparés, il suffisait au Capitaine de laisser son Commandant regarder la situation à travers ses yeux. Toute l'attitude de James T. Kirk prenait alors une allure "spockienne", même sa voix était différente s'il se mettait à parler. Cela avait beaucoup dérouté l'équipage au début, mais on se fait à tout. Comment ne pas être fier d'avoir de tels hommes à la tête de l'Enterprise ?
Quand Bones passait la soirée avec eux, dans l'intimité de leurs quartiers, ils se tutoyaient mais ils maintenaient une certaine distance, une pudeur : pas de câlin, ni de bisou ou de gestes tendres, comme on pouvait le voir chez certains jeunes couple.
Bones devait reconnaître que Jim avait gagné en sagesse, il réfléchissait plus avant d'agir, tout en continuant à écouter aussi son intuition légendaire, et à revenir tout cabossé de certaines missions. De son coté, Spock était devenu moins rigide, plus souple dans ses interactions, acceptant d'arborer un petit sourire quand la situation s'y prêtait.
Maintenant qu'il y pensait, et après ce qu'il avait vu, Bones soupçonnait à présent Jim et Spock d'être particulièrement câlin et tendres lorsqu'ils étaient dans le cocon de leur quartier. Car ce qu'il avait vu là dépassait son entendement... cette passion si absolue... où était passé le froid vulcain ?
Bones eut soudain envie d'aller voir Christine. Elle lui avait avoué ses sentiments, lors de leur mission autour de Babel. Il la revoyait faire sa déclaration en vulcain, il avait trouvé cela extrêmement poétique. Elle qui donnait l'impression d'être si fragile, il avait pu admirer sa force de caractère lors de leur captivité sur Mus'uo... et sa bonté, et sa compassion, et son intelligence, et sa beauté... elle avait la beauté d'un ange...mais lui n'était jamais parvenu à lui dire ses sentiments pour elle, dès qu'il avait essayé, sa gorge s'était serrée et il était devenu muet. Il était capable de lui dire des mots tendres... mais n'arrivait pas à aller au delà.
Christine n'était pas seulement une femme intelligente, elle avait aussi beaucoup de clairvoyance : elle avait compris. Après le douloureux échec de son précédent mariage, la trahison qu'il avait subie, il était difficile à Bones de s'engager, alors elle l'attendait sans le presser ni lui mettre la pression. Elle avait confiance en lui, elle voulait qu'il soit heureux, et cela le troublait.
Alors, ils travaillaient ensemble, très professionnellement, ils sortaient ensemble, ils parlaient beaucoup. Bones ne cessait d'admirer son efficacité au travail, son esprit d'à propos, sa douceur malicieuse, qui cachaient un fort caractère. Mais à part quelques baisers, ils n'étaient pas allés plus loin...
Mais de quoi avait-il donc si peur ?
Ce fut comme si "voir" l'amour de ses amis lui avait donné des force pour assumer le sien. Bones prit sa décision. Il s'habilla à la hâte.
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Christine mit quelques minutes avant de lui ouvrir la porte. Comme elle était charmante, dans son pyjama rose froissé, les cheveux d'or en bataille, les yeux bleus encore remplis de sommeil ! Elle ne se fâcha pas contre lui d'avoir été réveillée en pleine nuit, au contraire :
- Que se passe-t-il Bones ? Demanda-t-elle inquiète
- Je peux te parler ? C'est important.
- Oui, entre, tu as un soucis ?
Bone attendit d'être en face d'elle
- Je suis allé voir Jim et Spock ce soir, et je les ai surpris, en plein... hum... bref.
Le malaise de Bones fit sourire Christine. Il lui prit la main :
- Cela m'a fait réfléchir.
Il l'enlaça et déposa un chaste baiser sur ses lèvres
- Christine, je crois que je t'aime.
Elle eut un petit temps d'arrêt. Son visage s'illumina et il sembla à Bones qu'elle était encore plus belle. Elle l'entoura de ses bras et ils s'embrassèrent longuement. Elle lui prit la main, et le guida vers sa chambre. Il se sentit redevenir comme un adolescent, tant il se sentait ému, comme si c'était sa première fois. Oui. C'était sa première fois, avec cette femme si adorablement merveilleuse.
Ils se dévêtirent lentement. La peau de Christine était si veloutée, légèrement parfumée, tout son corps lui semblait être un océan de douceur. Ils s'allongèrent ensemble. Leurs baisers devinrent passionnés, leur caresses plus empressées... et Bones redécouvrit l'enivrement d'étreindre le corps d'une femme aimante tout contre lui, de se perdre en elle pour mieux se retrouver... le doux bonheur d'aimer et d'être aimer.
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Pid-kash-zakar [ Hyper-émotivité ]
Dans les quartiers de Bones...
- Je déteste ces uniformes de cérémonie ! J'ai l'impression que je vais crever de chaud et d'asphyxie ! Mais comment faites-vous pour les supporter ?
Bones tournait en rond, essayait de desserrer son col, déglutissait avec difficulté, tirait sur la bas de sa tunique pour l'ajuster, il avait chaud, il avait froid, il avait les mains moites. Jim l'avait rarement vu aussi anxieux.
- Calmes-toi Bones, tout va bien se passer. Tenta Jim pour essayer de le calmer
Jim était aussi amusé par la situation que Spock était perplexe. Leurs sentiments se mélangeaient en leur esprits. Mais cela n'était pas gênant, ils en avaient l'habitude, chacun d'eux savait d'où venaient les émotions ressenties. Un tel partage rendait les événement heureux plus intenses, et les douloureux plus supportables.
- Je ne comprends pas pourquoi tu dois le rassurer ainsi, il n'y a aucun drame de prévu...
- J'aimerai t'y voir, espèce de gobelin insensible !
Spock ne leva même pas un sourcil, il répliqua simplement avec une pseudo-indifférence amusée :
- Humain hyper-émotif !
Jim éclata de rire. Ses deux-là n'avaient cessé de se rapprocher, mais leur amitié s'exprimait le plus souvent par des échanges ironiques
- Ça fait partie des traditions humaines, Spock : le futur marié est toujours stressé! Isha, nam-tor Bones-hishel fam-vel tcok'at Vuhlkansu-lar-hishel fa'Kal'i'farr [D'ailleurs, le stress de Bones n'est rien comparé au stress des vulcains avant le mariage]
- Faikaik'es, kupi-glantau ik ish-veh [Effectivement, ça pourrait y ressembler] Répondit Spock. Hi, ri nam-tor ik weh-neik-yehat. [Cependant, ce n'est pas comparable]
- Fait-tor nash-veh, Nam-tor ha-wak-vel [Je sais, c'est l'horloge biologique] Répondit Jim tout sourire.
L'un comme l'autre était bien conscient de l'agacement croissant de Bones, qui le détournait de son stress.
- Ha, nam-tor...
- Génial, faites comme si je n'étais pas là. Ronchonna Bones
- Souviens-toi pour Scotty, Poursuivit Jim comme si de rien n'était. A quel point il était tétanisé. Heureusement que Nyota avait pris les choses en main, sinon, nous y serions encore !
- En fait, elle avait tout pris en main depuis le début Renchérit Bones qui avait retrouvé son sourire. A commencer par Scotty, une vraie maîtresse-femme !
- Il est vrai que Nyota m'a rapporté que l'état psychique de Christine était instable. Elle doit être aussi anxieuse que toi.
Il y eut un léger silence. Spock regarda longuement Bones, et reprit, impassible :
- Et on la comprend !
- Bon sang, Spock ! Gronda Bones
Mais il ne put se retenir de rire de bon cœur avec Jim. Ils appréciaient quand Spock faisait de l'ironie.
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- Depuis les temps immémoriaux des vaisseaux en bois voguant sur les mers terriennes, il a toujours été le privilège du Capitaine de pouvoir sceller les unions. Nous sommes réunis ici afin d'unir par les liens du mariage nos amis Leonard McCoy et Christine Chapel...
Il y avait du soleil dans la voix chaleureuse de Jim. Il ne cachait pas la fierté qu'il éprouvait à présider cet événement. La salle commune de l'Enterprise était trop petite.
L'infirmière Chapel et le médecin en chef McCoy étaient des personnes populaires parmi les membres de l'équipage. Les colères du "bon" docteur étaient légendaires, son efficacité et son abnégation envers ses patients aussi, tout comme la douceur ferme et maternelle de Christine. Il était agréable de venir se faire soigner les petits bobos par ses douces mains.
La cérémonie était retransmise sur tous les pads du vaisseau pour tous ceux qui souhaitaient la suivre.
Spock se tenait au coté du fiancé, profondément honoré d'être le témoin de son ami. Sa sérénité était d'un grand secours pour Bones, dont le cœur battait vraiment trop vite.
Christine avait choisi Nyota comme demoiselle d'honneur, les deux amies étaient rayonnantes.
Non loin derrière Scotty, Tchekov et Sulu étaient tout sourire, et se moquaient tendrement du stress visible de Bones. (forcément, épouser une "mégère" comme la douce Christine, il y avait de quoi être effrayés...) Scotty avait complètement oublié qu'il avait été encore plus angoissé que Bones à son propre mariage...
Spock et Jim étaient intensément heureux pour leurs amis : ils savaient que ces deux-là étaient faits l'un pour l'autre : la douce et énergique Christine et cet écorché vif au grand cœur de Bones...
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Pi'yokulsu [ Petites bestioles ]
A l'infirmerie, dans le bureau de Bones...
- C'est vraiment dommage, ces petits animaux sont si mignons ! S'exclamait Nyota en caressant tendrement la petite boule de poil soyeux.
- Et ce ronronnement ! Renchérit Christine. C'est si adorable !
- Ces tribbles sont des animaux nuisibles. Intervint Spock sévèrement. Ils ne font que manger et se reproduire, et ne donnent rien en retour. Souviens-toi de la rapidité avec laquelle ces nuisibles ont envahi notre vaisseau, et les difficultés que nous avons eues à nous en débarrasser.
Les deux femmes lui adressèrent un regard rempli de protestation.
- Si, ils donnent quelque chose, ça s'appelle de l'amour ! Déclara Nyota sur un ton pincé
Spock allait lui faire remarquer l'irrationalité de son propos quand Jim émit un soupir. Il caressait lui aussi l'une de ces boules de poil rescapée du grand nettoyage du vaisseau. Ces tribbles qui avait bien failli provoquer un grave incident diplomatique à cause de leur voracité, et de leur capacité exponentielle à la reproduction. Visiblement, Jim aussi avait du mal à résister à la "mignonnitude" de ces bestioles pelucheuses... ces humains et leur sensibilité déraisonnable...
Extérieurement impassible, Spock revit Jim enseveli sous la montagne de tribbles qui lui était tombée dessus lorsqu'ils avaient ouverts les réserves de blé quadrotriticale de la Station K7. Il en gardait une image attendrie et amusée...
Jim perçut son amusement et Spock ne lui cacha pas ce qu'il avait en tête, ni son émotion. Même si ce n'était pas forcément un bon souvenir, Jim se mordit la joue pour ne pas se laisser aller à l'hilarité, le sentiment de Spock était contagieux, comment son vulcain faisait-il pour ne pas en rire ?
- Dungi-ak'wikmun shal-tash t'du kwon-sum nash-veh ! [ton self-contrôle m'étonnera toujours!] Pensa Jim. Cette façon que tu as de rire juste avec ton esprit !
Spock décida qu'il devait se reprendre et rétabli la neutralité de son esprit. Il eut envie de faire plaisir à son époux, et à ses amies. Il réfléchit intensément, il devait bien y avoir une solution...
- Nous pourrions stériliser ces tribbles, Déduisit Spock. Ainsi il n'y aurait plus de problème de reproduction, et ces animaux deviendraient aussi inoffensifs qu'ils en ont l'air. Crois-tu que cela soit possible, Bones ?
Bones trouva l'idée excellente. Cependant, il ronchonna, pour la forme :
- Je suis médecin, Spock, pas vétérinaire.
- S'iiil te plaiiiit ! Supplia Christine en faisant pétiller ses grands yeux bleus
Bones grommela des mots indistincts, il adorait quand son épouse faisait semblant d'essayer de le manipuler. (et puis, elle avait une façon bien à elle de le remercier, quand ils se retrouvaient seuls dans leurs quartier...)
Jim avait craqué et riait de bon cœur. Bones était incapable de résister à sa femme quand elle lui faisait ces yeux-là, et c'était particulièrement amusant.
Spock et Bones mirent rapidement au point un protocole opératoire, rapide et facile. Ils mirent à profit les jours de repos qui avaient été accordés au personnel de l'Enterprise, pour faire venir quelques tribbles de la station K7 afin de les stériliser. Chaque membre de l'équipage qui le souhaitait put avoir l'une de ces bestioles, rendue inoffensive. Certaines restèrent à l'infirmerie afin de "contribuer au bien être moral des patients".
Le soir même, Spock apporta, dans une jolie cage, un tribble à Jim qui en fut ravi :
- Tu es vraiment le plus attentif des époux, Ashayam !
Jim posa sa lecture et se leva. Il portait un court cafetan qui ne lui arrivait qu'à mi-cuisse et lui seyait à merveille. Spock posa la cage sur la table basse. Jim l'enlaça :
- Itaren t'du uf ? [comment te remercier ?]
- Nam-tor nash-veh ein pi'nahp-lar... [ j'ai quelques petites idées...] Répondit Spock en glissant ses main sous le vêtement de Jim.
- Humm... nam-tor nash-veh ek t'du... [je suis tout à toi]
Spock eut un frisson, et tandis que les amants s'enlaçaient, le tribble se mit à ronronner doucement...
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Gol'nev [Aide]
Oko'lap Omeku montra un certain étonnement quand Jim et Spock lui présentèrent Pim's le tribble. Son premier nom avait été Pi'mos'es [petite douceur], mais il avait rapidement été raccourci. Elle entoura délicatement la boule de poil ronronnante avec une liane et fut choquée par sa stérilisation. Mais quand Spock lui montra les dégâts qu'un tribble "entier" pouvait faire, elle estima que c'était effectivement mieux ainsi. Une reproduction aussi effrénée était extrêmement dangereuse pour l'équilibre entre des espèces.
Jim et Spock revenaient aussi souvent que possible sur Minshara t'kastik [la planète végétale]. D'une part parce que les académies des Sciences de la Fédération des Planètes et celle de Vulcain leur réclamaient toujours plus d'échantillons pour leurs recherches, mais surtout parce que c'était le seul endroit au monde où ils se sentaient aussi libres.
Oko'lap Omeku leur avait donné la permission de prélever des échantillons de plante. Ils prenaient bien soin à ne pas en prendre plus que nécessaire. Le communicateur de Jim lui indiqua qu'il avait reçu un appel. Il acheva d'arracher la plante avec douceur et la déposa dans le container ionique afin qu'elle se conserve jusqu'au retour. Ils retournèrent au campement pour prendre l'appel.
- Ah, salut Bones !
- Jim, Spock, vous allez bien ?
- Tu nous appelles pour prendre de nos nouvelle ? Demanda Spock avec son pragmatisme habituel
- Heu... non. Christine est enceinte.
- C'est une bonne nouvelle. Dit Jim avec un enthousiasme modéré.
Christine avait déjà perdu deux bébés avant le troisième mois de grossesse. Elle avait beaucoup pleuré. Jim ne savait s'il devait se réjouir ou s'inquiéter.
- Elle en est à combien de jours de grossesse ? Demanda Spock
- Trois jours. Répondit Bones. Je vais lui faire garder le lit jusqu'à ce qu'on soit sûr que tout va bien.
- Elle va devenir folle si tu l'obliges à ne rien faire de ses journées. S'exclama Jim.
- Elle sera folle de chagrin si elle perd encore celui-là! Répliqua Bones. Et moi, je ne serai guère mieux ! C'est à ce demander à quoi m'ont servi toutes ces années d'études, je suis incapable de l'aider à garder son bébé !
- Tu nous rappelle demain pour nous informer de l'état de Christine. Demanda Spock
- Sans faute. A demain.
Jim soupira. Il sortit Pim's de sa cage de lianes et le caressa.
- Kuv goh nam-tor ish-veh gol-tor ko-veh [Si seulement il y avait un moyen de l'aider]. Dit Spock. Il doit bien exister une solution logique à ce problème de fausse couche.
Comme à chaque fois qu'ils se faisaient du soucis, les lianes vinrent les enlacer doucement. Ils se regardèrent et eurent la même idée en même temps. Spock posa la main sur le large tronc d'Oko'lap Omeku afin d'avoir avec elle une connexion plus efficace. Jim lui montra par l'intermédiaire de l'esprit de Spock, la douleur de Christine. Il y eut comme un frémissement dans les branches.
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- Bones, il fait que tu amènes Christine sur Minshara t'kastik
- Tu es fou, Jim !
- Oko'lap Omeku peut aider Christine. Expliqua Spock.
- Ce n'est qu'un arbre !
- Bones ! Oko'lap Omeku est dotée d'un Katra Ashaya'es, je veux dire d'une Âme Aimante. Répliqua Spock
- Elle est la mère d'une grande partie des êtres vivants de cette planète. Ajouta Jim. C'est une mère qui comprend les douleurs d'une autre mère.
- Je suis d'accord. Intervint la douce voix de Christine.
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La rencontre entre Christine et Oko'lap Omeku fut émouvante.
Christine n'avait aucun don psychique, mais son bon cœur lui permettait de voir par delà les apparences, sans porter de jugement. Elle laissa les lianes l'enlacer en toute confiance, tandis que Bones se hérissait. Dans les frondaison apparurent une myriade de nouveaux savas, rouges. Spock lui en cueillit un, qu'elle goutta immédiatement.
- Ces fruits ont vraiment le goût de l'amour !
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K'war'ma'khon [famille de cœur]
- Calme-toi Bones, tu me donnes le tournis !
- J'aimerai vous y voir, tous deux !
- Il y a peu de chance pour que Spock ou moi nous tombions enceint ! Même avec beaucoup d'effort.
- Très drôle, Jim...
La tentative de Jim pour essayer de déstresser Bones était tombée à plat, Spock essaya à son tour :
- La sage-femme est une professionnelle. Même si cet accouchement est prématuré d'un mois, nous ne pouvons pas nous permettre de le retarder pour retourner à une station de Starfleet. Et comme Christine a perdu les eaux lors du banquet, nous ne pouvons pas refuser l'aide de nos hôtes...
- Je le sais, ça ! Ronchonna Bones. Mais pourquoi ne suis-je pas près d'elle ?
- Ce n'est pas dans les coutumes de cette planète. Les soins médicaux y sont particulièrement efficaces, et le taux de mortalité...
- Merci, Spock. Mais je ne veux pas le savoir !
Une infirmière arriva, enfin, un grand sourire aux lèvres, et un paquet dans les bras. Bones s'en empara, avec des gestes précautionneux. Il s'assit sur une chaise dans la salle d'attente et ouvrit les draps. Le bébé était tout simplement parfait, il ne montrait aucune forme de prématurité, les yon-kur-savas [savas rouges] avaient accompli leur miracle en protégeant et en accélérant la grossesse. L'enfant avait ses grands yeux bleus ouverts. Une bouffée de fierté s'empara de Bones.
- C'est une fille ! Déclara-t-il avec un grand sourire, comme si rien au monde ne pouvait arriver de plus merveilleux. Voulez-vous être ses parrains ?
Sans attendre la réponse de ses amis, visiblement émus, Bones déposa le nouveau-né dans les bras de Spock, qui le prit avec délicatesse. Comme il semblait fragile et sans défense!
- Nam-tor ko-veh ta'hal'es do kan-bu-lara! Murmura Spock
- Elle est plus légère qu'un bébé oiseau traduisit Jim
Jim passa son bras autour de sa taille, et approcha sa main de l'enfant. Son doigt fut aussitôt agrippé par la minuscule menotte.
-Qu'elle est mignonne! S'extasia Jim. Tout le portrait de sa mère. Heureusement pour elle d'ailleurs !
Mais Bones se contenta de rire à la pique de son ami.
- Il vaut mieux en effet pour elle qu'elle n'ait pas ma trombine !
Le cœur de Spock avait ce pincement reconnaissable entre milles. Comme il allait lui être facile d'aimer cet enfant, maintenant que Jim lui avait appris à pas avoir peur de ce sentiment.
Cette petite était le fruit des amours de ses deux amis les plus chers, ses T'Hylara précieux comme un frère et une sœur. Il revoyait les yeux brillants de Christine lorsqu'elle avait comprit qu'elle allait enfin mener sa grossesse à terme. Cette joie si belle et si communicative. Cette petite était de sa famille, celle qu'il s'était choisie.
Doucement, il se pencha. Délicatement, il frôla le minuscule front d'un baiser.
- Je prends cela pour un oui ! S'attendrit Bones.
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A suivre...
Épilogue : Abi ta ma'toi... [ Jusqu'à ce que la mort... ]
Dites-moi si vous avez aimé ces petites tranches de vie de nos amis. J'avais envie de mettre notre bon docteur en avant, lui aussi a le droit au bonheur...
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Pour les besoins de cette fiction j'ai fait la différence entre :
- T'hy'la : ami / frère / sœur / frère d'arme / âme-sœur (t'hylara au pluriel) &
- Ashaya : amoureux
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Ah, les fameux tribbles. J'adore cet épisode, je n'ai donc pas pu m'empêcher de l'évoquer (il me fait rire comme une enfant)
Saison 2, épisode 13 The trouble with tribbles; ou Tribulation en français. L'un des épisodes les plus rigolos de la série :
Entre Spock qui prétend très sérieusement qu'il n'est pas affecté par les ronronnements de ces peluches (mon œil), Scotty qui se bat parce qu'on a insulté son vaisseau (par contre, insulter son capitaine ce n'est pas grave), les Klingons susceptibles et allergiques aux tribbles, ces bestioles roucoulantes qui se reproduisent encore et encore... notre adorable Jim recouvert par une montagne de tribbles, l'air profondément dépité...
Je me suis toujours demandée pourquoi personne n'a jamais pensé à la stérilisation de ces bestioles (on stérilise bien nos chats et nos chiens)
