Iels avaient un indice !

Enfin !

Les traces de pneu n'avaient pas encore étaient effacées par la pluie ou par la circulation, et comme le véhicule semblait avoir régulièrement dérapé, de longues traînées se retrouvaient au sol à intervalles réguliers. Gardant une tête hors de la fenêtre pour les suivre, Judy roulait sur ces bandes noirâtres, tandis que Nick envoyait une photo des traces à la reconnaissance. Bien évidemment, la chance ne pouvant être avec eux jusqu'au bout, le chemin s'estompait à la sortie de la ville, au détour d'un chemin forestier. Iels garèrent leur véhicule, et fouinèrent au alentour à la recherche d'une trace quelconque, un moyen de reprendre la traque.

Iels s'aventurèrent sur le chemin en terre, fouinant un peu partout en vain.

Judy s'appuya sur un arbre, parcourant des yeux la zone qu'elle avait scrutée de longues minutes et soupira. Elle croisa le regard interrogateur de Nick, et hocha négativement la tête en réponse, ce qui fit lâcher un soupire déçu au renard.

Il retourna sur la route principale, qu'il avait personnellement fouillé, mais un vaste regard ne lui en appris pas davantage sur la direction qu'avaient prises les criminels.

« Bon, fit-il en revenant. On a trois choix. Soit on choisit une direction et on poursuit les recherches un peu plus loin, soit on se sépare, soit on rentre bredouille, encore une fois.

-Ta dernière proposition ne me plaît pas du tout.

-On est deux.

-Et se séparer ne me semble pas très prudent. On pourrait avancer d'abord par là, lança-t-elle en désignant le chemin en terre, et si on ne trouve rien, on tente la route.

-ça me va ! »

Si seulement il avait su…


Il s'éveilla avec la sensation diffuse qu'il lui manquait quelque chose. Il se sentait également un peu perdu. Les ténèbres qui l'entouraient, l'odeur de pluie et de chlorophylle, et l'herbe touffu pliée sous lui ne l'aidait pas à se repérer efficacement. Il se redressa, sa main allant se porter à l'arrière de sa tête, qui le lançait un peu. Il comprit la raison du mal en notant la bosse qui y fleurissait.

« Judy ? » Souffla-t-il en tentant de s'habituer aux ténèbres, discernant des vagues formes se découpant autour de lui.

Sans réponse, il passa la main dans sa poche, cherchant un portable absent. Il tâta le sol dans une recherche inespérée, essayant de se rappeler de ce qu'il avait fait pour arriver là. Mais impossible de remettre les événements dans l'ordre.

« Allez Nick, reprends toi. » Se morigéna-t-il en s'assénant une gifle bien sentie.

Iels étaient dans la forêt, recherchant des indices... Iels avaient poursuivis leurs recherches sur plusieurs kilomètres, et Judy… Oui, Judy avait subitement bondit. Elle avait trouvé quelque chose. Quoi donc ? Qu'est ce qu'elle avait trouvé déjà… Non. Non il n'avait pas eu le temps de voir ce que c'était en fait. Il s'était fait attaqué par derrière, et Judy…

Il ne savait pas ce qui lui était arrivé.

Nick se redressa, peut être un peu trop vite au vu du brusque voile qui passa devant ses yeux pour accompagner un relent de migraine, et chercha à percer l'obscurité qui l'entouraient. Des arbres, des buissons, de l'herbe, et encore des arbres. Pourquoi il ne trouvait pas le chemin ? Il ne s'en était pas éloigné pourtant…

« Judy ?! » Lança t-il plus fort, sa voix trahissant un élan de panique.

Il avança, tournant sur lui-même, son torse l'étreignant alors qu'il réalisait qu'il ne savait pas où il était, ni où était sa partenaire.

« Judy ! »


Elle ouvrit les yeux lentement, son cerveau embrumé fonctionnant bien trop lentement. Elle perçut des bruits autour d'elle, des mouvements. Une brusque lumière l'éblouie un instant, puis disparue. Elle sentit des gens la toucher, la soulever, mais ses muscles semblaient ne pas vouloir réagir à ses ordres mous.

« Qu'est ce que… commença-t-elle à articuler, même si le bas de sa mâchoire obéissait avec difficulté.

-Chut, du calme mon lapin, du calme. » L'interrompit une voix douce, d'un ton rassurant.

Elle sentit alors une aiguille transpercer sa peau au niveau de son cou, et voulu lever une patte pour s'en dégager, mais elle n'y parvint pas. Elle n'eut heureusement pas le temps de s'en affoler outre mesure, ses paupières lourdes se refermant à nouveau, la laissant sombrer dans une torpeur autant irrésistible qu'artificielle.


Première étape, ne pas paniquer.

Ne pas paniquer.

Arrête de paniquer bon sang, t'es un officier de police ou pas ?

Bon.

Ne pas paniquer donc, check.

Enfin, à peu près.

Bref.

Deuxième étape, vérifier l'environnement.

Je suis donc dans une forêt, peu touffue, de nuit. Bordel, jsuis resté combien de temps assommé ? J'ai perdu combien de temps ? Et pourquoi Judy…

Non, ne pas paniquer. Nick, tu ne paniques pas. Judy est une grande fille, elle peut très bien s'en sortir sans ton aide immédiate. Et tu ne l'aideras pas énormément si tu restes juste ici à paniquer comme un crétin. Reste concentré.

Donc. Troisième étape. Établir les priorités.

Retrouver Judy. Et sortir d'ici. Faut que je retrouve le chemin, que je cherche des indices, que j'appelle le chef Boggo avec la radio de la voiture pour du renfort, et que la sauve.

Ça sonne comme un bon plan ça, hé.

Quatrième étape maintenant… C'était quoi déjà… Ha oui ! Faire l'inventaire de ce qu'on a et de ce qu'il manque.

J'ai… Les poches vides. Il me manque une carte, une lampe, mon portable, mon talkie, les clés de la voiture… Et Judy.

Non mais arrête Nick. Stop. Il suffit !

Alors, la respiration, tu vas fonctionner normalement je te pris, le cerveau tu restes concentré, et on pourra faire quelque chose.

Inspire. Expire.

Voilà.

Inspire doucement. Expire.

Bon.

Je commence à y voir quelque chose dans tout ça. L'herbe est assez haute quand même. Et elle est aplatie par endroit… On a dû me traîner jusque là, ou au moins me porter. Voilà ! Super, j'ai juste à suivre ces traces, et je retourne au point de départ. Parfait.

Aucune raison de paniquer donc…

Alors est ce que le poids que j'ai sur le torse pourrait se barrer à la fin ?


Nick fut surpris de la longueur du trajet qui le séparait de la route, il était complètement épuisé de cette longue marche quand il atteint enfin le petit chemin en terre battue. Il laissa échapper un soupir de soulagement, et se laissa tomber à genoux. Il heurta, en tombant, un cylindre métallique familier.

Il dû plaquer sa main sur sa bouche pour ne pas laisser échapper un cri de victoire en reconnaissant l'objet.

Sa lampe torche. Elle a dû tombée de sa ceinture lorsqu'il s'est fait attaqué, et ses assaillants n'avaient donc pas pu l'emporter. Il appuya sur le bouton, et apprécia le cercle de lumière qui illumina une partie du chemin, le poids sur ses épaules s'allégeant face à ce bonheur simple.

Il se redressa, braquant le faisceau sur le chemin. Diverses traces s'y entremêlaient, difficilement identifiables. Il reconnu l'endroit où Judy se trouvait quand elle l'avait interpellé. Le buisson proche était écrasé, la terre s'était soulevée par endroit. Des traces de luttes.

Il se pencha sur une tache plus sombre que le reste, non loin des feuillages.

Du sang.

Le sien ne fit qu'un tour. Il se mit à courir à en perdre haleine, fonçant sur la piste de Judy, suivant le chemin unique qui s'enfonçait de plus en plus dans l'inconnu.


« Equipe Delta, ici chef Bogo, vous me recevez ? »

Il lâcha l'émetteur, dans l'attente d'une réponse. Qui ne vint pas. Il soupira. Nick et Judy avaient tendance à être en retard sur leurs rapports. Surtout Nick. Mais Judy était toujours là pour répondre, même si elle mettait parfois un peu de temps.

« Equipe Delta, répondez. Ici chef Bogo. »

Il lâcha à nouveau l'émetteur, un de ses poings se serrant. Mais il n'eut toujours aucune réponse. Il attendit cinq minutes, et pressa à nouveau le bouton, prenant son ton le plus autoritaire.

« Officiers Hopps et Wilde, je vous ordonne de répondre ! »

Le silence, encore. Ce n'était pas normal. Il aurait déjà dû entendre la voix paniquée de Judy en train de se répandre en excuses. Ce n'était pas dans ses habitudes de laisser sa radio grésiller dans le vide. Un mauvais pressentiment glissa dans son dos.

« Hopps ! Wilde ! Répondez bon sang ! »

Toujours rien. Il lâcha sa radio, et se dirigea à pas rageur vers la sortie de son bureau. Il ouvrit la porte, gonfla les poumons et…

« Qu'on me retrouve l'équipe Delta sur le champ ! Priorité numéro 1 ! Toi, hurla-t-il en désignant un policier qui passait par là. Tu me réunis une équipe de recherche maintenant !

-Euh, oui chef, bien chef….

-Et plus vite que ça, je veux tout le monde dans mon bureau dans 5 minutes ! »

Le policier détala rapidement hors de la vue du chef, qui ferma la porte.

« Bon sang, mais où est ce que sont encore allés se fourrer ces abrutis ? »