En tête de l'équipe de terrain, Bogo et cinq de ses hommes arrivèrent auprès du véhicule abandonné vers 22h.
Il fit le tour de la voiture, et soupira, avant de faire un signe à son équipe de se mettre en formation pour avancer. Mais il fut interrompu par le bruit d'un animal courant et haletant dans sa direction.
Une forêt d'arme et de lampe torche se levèrent dans la direction de l'assaillant, qui s'arrêta, les mains en l'air, se détournant de la lumière.
« Tirez pas ! C'est moi ! » Lança une voix éraillée au souffle court.
Le chef s'approcha, détaillant le nouvel arrivant.
« Wilde ?! Baissez vos armes ! »
Les canons se dirigèrent vers le sol, mais pas les lampes. Bogo put donc détailler son subordonné. Il avait du mal à rester droit, les mains couvrant désormais son abdomen alors qu'il essayait de reprendre son souffle. Son uniforme était salit, déchiré par endroit, et son pelage était tâché d'un mélange de boue et de… de sang séché ?
Bogo se précipita sur sa recrue qui venait de s'effondrer à genoux, une main au sol, l'air d'avoir les poumons en feu.
« Wilde ! Bordel, qu'est ce qu'il vous est arrivé ?! Vous êtes blessé ? Et Hopps, où est-elle ?
-Judy… Elle est prisonnière… Là bas, parvint-il à articuler en désignant la direction d'où il venait d'un bras, l'autre toujours occupé à étreindre son abdomen. Je venais vous chercher… Vous êtes là pile à temps…
-On a le sens du timing dans la police, tenta Bogo en plaisantant, avant de voir la trace maronnâtre à l'arrière de la tête de Nick. Vous êtes blessé ?
-Non… Juste… Jme suis juste fait assommer… Et jsuis tombé en venant… ici… Il faut vite y retourner. J'ai… On peut faire sortir Judy… Et on a trouvé les autres animaux…
-La girafe et les autres ? Iels sont en vie ?
-Non… La girafe elle… Non. Mais il en reste en vie. Il faut y retourner ! »
Bogo acquiesça, aidant Nick à se redresser.
« Vous pouvez encore marcher ? Vous devriez rester derrière, vous avez assez pris de risque pour…
-Je dois retrouver Judy, l'interrompit-il, catégorique. Et sans moi, vous ne saurez pas y aller. Allez, dépêchons. On est attendu.
-Attendu ?
-Je vous raconte sur le chemin. Dépêchez vous ! »
Il fit quelques pas tremblant, plaqua une main sur ses poumons douloureux, et repris sa course, obligeant les autres à le rattraper.
« Wilde, expliquez vous ! » Hurla Bogo en courant sur ses talons.
Judy papillonna des yeux, un peu perdue. Elle posa son regard aux alentours. Du blanc, du blanc trop lumineux partout sur les murs. Le plafond était plus reposant. Gris. Avec des tuyaux le parcourant. Elle calma son souffle sur cette contemplation, reprenant le contrôle de son cerveau embrumé. Elle voulu lever un bras, mais remarqua qu'elle était attachée.
Voilà ce qui expliquait pourquoi elle n'avait pas pu bouger lors de ses précédents et bref réveils.
Une tête inconnue troubla soudainement son champ de vision. Elle sursauta, cherchant à se débattre, mais la main se posa sur sa bouche.
« Chut. On va vous aider à sortir, mais restez calme. » Chuchota l'apparition.
Elle se détendit, hochant la tête, mais restait méfiante.
La main se retira, s'attardant d'une caresse apaisante sur son front.
« Judy, c'est ça ? Moi c'est Alice, je suis une humaine.
-… Où est Ni... »
Elle s'interrompit. Sa voix lui semblait comme étrangère, rauque, enrouée.
« Ne vous en faites pas, c'est les médicaments, ça va passer. Je vous redresse. »
Le lit se plia, la mettant en position assise. Elle pu alors voir ce qui l'entourait.
Elle était dans un immense laboratoire. Elle voyait d'autres lits, de tailles diverses, s'accumuler à quelques mètres de là, portant parfois un animal. Elle en reconnu certains. Les disparus. L'humaine passa devant elle, tirant un rideau qui l'isola des autre. Elle en profita pour détailler sa geôlière. De courts cheveux noirs, pas de pelage, un nez court, de grand yeux bleus, assez grande, une blouse blanche couvrant une chemise rouge et un pantalon noir. Elle jeta un œil sur un coin du plafond. Judy porta son regard dans la même direction. Et vit la caméra tourner.
Son lit trembla quand l'humaine s'en approcha rapidement. Elle approcha sa bouche de l'oreille du lapin.
« On va pas avoir beaucoup de temps. Nick Wilde arrive, et on va partir d'ici, vous et moi. Tenez-vous prête à courir quand je vous le dirais. D'accord ? »
Elle hocha la tête, prenant son air militaire, mais ses yeux brillant toujours de la mention de son partenaire.
Nick allait bien, et il allait la sortir de là.
Encore un truc dont il allait se vanter des mois…
Elle eut un bref sourire. Alice la lâcha et retourna s'occuper de ses papiers, quelques secondes à peine avant que la caméra ne tourne à nouveau dans leur direction.
Autre point positif : Elle avait donc des alliés ici. Au moins une. Ce qui facilitait la manœuvre.
« Comment vous sentez vous Judy ? demanda d'un ton dégagé son alliée.
-Un peu… -décidément, elle ne se ferait pas à cette voix- Un peu nauséeuse.
-Rien d'anormal vu votre état, répondit-elle en se retournant avec un sourire.
-Mon état ? C'est les médicaments aussi ?
-Ha un peu aussi peut-être, mais je parlais surtout de votre... -Elle se tut, et désigna son ventre.- Félicitation d'ailleurs. Un croisement en plus. C'est fréquent chez vous ?
-Hein ? Mais de quoi vous parlez ? »
Alice parut surprise, et saisit une radio sur sa table, et lui montra.
« Hé bien, de votre enfant. »
Les yeux de Judy s'écarquillèrent, puis elle les baissa sur son ventre.
« Mais… Je… Ce n'est pas possible.
-Oh. Vous n'étiez pas au courant. »
Elle releva la tête sur la brune, toujours sous le coup de la surprise.
« Je suis enceinte ?
-… Hé bien… Oui. C'est une bonne nouvelle ?
-Je… Je ne sais pas. »
Elle pensa immédiatement à Nick. A une nuit faussement oubliée.
« Et…, elle déglutit, vous dites que c'est… un croisement.
-Oui, lapin et renard.
-Je vois. » Fit-elle en hochant la tête.
Alice garda un silence gênée. Elle ne s'attendait pas à être la porteuse de la nouvelle. Elle ne put s'empêcher de poser une question.
« Combien de temps dure la gestation… Chez vous ?
-Cinq mois. »
La scientifique hocha la tête. Ça collait avec son estimation.
« Vous êtes bien enceinte de six semaines alors.
-Je suppose que oui… Je suis enceinte de combien d'enfants ?
-Un seul. Vous avez l'habitude de plus ?
-Ouais, lâcha-t-elle dans un rire nerveux, on fait des triplés en général, dans ma famille. Mais il arrive qu'il y en ait plus. Ou moins. –Elle releva le regard sur Alice- Par exemple, moi, je n'ai pas de jumelle.
-Je vois, je vois. »
Elle en profita pour prendre quelques notes. Définitivement, c'était bien plus instructif de parler avec les autres espèces que d'étudier des animaux muets… ou morts.
Une raison de plus pour elle de quitter cet endroit.
Judy tira un peu sur ses liens.
« Vous ne pouvez pas me détacher ?
-Le protocole, et… » Elle fit un mouvement de tête vers la caméra qui tournait dans l'autre direction.
« Je vois. Dommage. »
Le rideau s'ouvrit un peu, laissant entrer une femme similaire à l'autre, sauf que elle avait des taches de sur le nez et les joues, et qu'elle avait des cheveux plus long, roux, et attaché en une queue de cheval.
« Judy, je te présente Franky, mon associée. »
Franky la gratifia d'un bref mouvement de tête, et leva les yeux sur la caméra occupée à fixer l'autre côté.
« C'est l'heure. »
Alice, hocha la tête, et défit l'un des liens de Judy, Franky se chargeant de l'autre côté.
« La caméra. » Fit Judy en la voyant tourné vers eux quand elle se retrouva debout sur ses pattes.
« Se faire repérer maintenant ou dans deux secondes…
-En effet.
-Vous pouvez marcher ?
-ça devrait aller.
-Très bien. »
Franky sortit d'un air dégagé, laissant le rideau entrouvert. Alice lança un regard rassurant à Judy qui tremblait un peu sur ses premiers pas. La caméra se posa sur eux.
« Miss Helm, dois-je vous rappeler le règlement ?
-Judy, courrez ! »
Judy s'élança sans réfléchir, slalomant entre les médecins qui s'interposaient suivant Franky qui les avaient devancées pour ouvrir la voie. Elle vit Alice la dépasser, et se sentit subitement tirée en arrière.
« Non ! Lâchez-moi ! »
Elle tenta de s'arracher à la poigne d'un des infirmiers, mais une grosse détonation retentie, la faisant sursauter, mais la main ne se desserra pas.
« Libérez le lapin. » cracha Franky.
Judy perçu alors le cliquetis d'une arme à côté d'elle. Un des infirmiers était également armé. Et pointait son canon sur la scientifique.
« Cessez de faire l'idiote Franky.
-Lâchez le lapin ou je tire.
-On verra alors qui tirera le plus rapidement alors. »
Franky hésita, et plongea son regard sur celui de la policière.
Non.
Judy ferma les yeux. Elle savait déjà ce qu'elle allait entendre, et elle n'allait pas supplier en vain.
« Désolée. On va revenir te chercher avec Nick, promis. » Emit Franky
Elle perçut des pas précipités sur l'escalier, un tir rebondissant sur le métal.
« On dirait que tes amies t'ont lâché, lapine. Pourquoi elles voulaient t'aider dis-moi ? »
Judy se sentit soulevée, et se débattit. Elle parvint à frapper l'entrejambe avec ses talons, et se dirigea vers la sortie. Slalomant, glissant, elle parvint à atteindre l'escalier, mais.
Nouvelle détonation.
Sa patte qui dérape, la faisant tomber sur les marches. La douleur subite.
La main qui serre son pantalon pour arrêter l'hémorragie.
Elle essaya de remonter les marches en rampant. Une par une, teintant le métal de sang.
Deux mains la tire en arrière. Elle ferme les yeux.
« Vous deux, allez chercher les fuyardes. Quand a toi le lapin, on va avoir une petite discussion. Qui est ce Nick ? »
