Tap Tap Tap

La jeune fille grogna de plus belle, tout en mettant sa tête sous l'oreiller afin de ne plus être dérangée par ce bruit sourd.

Tap Tap Tap

- Non mais ce n'est pas vrai ! persifla l'ancienne Gryffondor en se relevant brusquement.

- Il y a un problème peut-être ?

Hermione dégagea ses cheveux pour les mettre difficilement derrière les oreilles, se pencha en avant et regarda en dessous pour lancer à son interlocutrice un regard remplit d'agacement. Pansy Parkinson... Ce simple nom lui donnait la nausée, et cette fille était là, posée devant elle, s'amusant à donner des coups de pieds dans le lit d'en-dessous. Puisque effet, les jeunes filles dormaient bien dans un lit superposé.

- Peux-tu arrêter de donner des coups dans le lit ? demanda Hermione le plus poliment possible.

- Pourrais-tu arrêter de me parler ? répliqua Pansy sur le même ton.

- Je n'aurais pas besoin de te parler, si tu ne m'empêchais pas de dormir tranquillement, pesta la jeune fille brune, prête à exploser.

C'est alors que sa colocataire se leva prestement sans un regard pour une Hermione exaspérée, prit sa trousse de toilette, une serviette, et s'en alla vers la salle de bain, d'une démarche intentionnellement provocante. Épuisée, Hermione retomba lourdement dans son lit, ferma les yeux, et fut réveillé dans la seconde qui suivit par son réveil. Un réveil bien magique soit-dit en passant, puisque offert par Ron pour son anniversaire. Ce réveil avait la particularité de réveiller la jeune étudiante par un horoscope personnalisé, qui cette fois-ci disait :

« Aujourd'hui jeune Hermione, le temps et au beau fixe. Un réveil en douceur après une bonne nuit de sommeil pour être de bonne humeur et faire les devoirs du très gentil, du très bon, du merveilleux Ronald... ».

Hermione coupa le réveil d'un coup sec, tout en pensant que ces horoscopes avaient certes, toujours été à côté de la plaque, mais là c'était pire que tout. Jamais elle n'avait à ce point rechigné pour s'extirper de son lit, mais après une telle nuit, elle ne demandait qu'à dormir encore quelques heures de plus. Sans oublier que son adorable colocataire occupait la salle de bain.

Au bout de 20 minutes d'attentes, ni tenant plus, elle bondit hors de sa chambre, en robe de chambre, serviette à la main, prête à rejoindre Harry afin de bénéficier de sa salle de bain.

Elle se dirigea d'une démarche ferme vers la chambre d'Harry quand elle tomba sur la porte de Neville Londubat, non loin de sa propre chambre. Après tout... Harry ou Neville, c'était du pareil au même. Elle frappa donc à la porte, ne tenant absolument pas compte du second nom qui était inscrit sur la même porte. La porte s'ouvra, laissant apparaitre un Neville apeuré, le regard fuyant.

- Heu... Bonjour Neville ! s'exclama Hermione avec tout l'entrain possible. Je suis vraiment désolée de te déranger de si bon matin, mais pourrais-tu me laisser ta salle de bain un tout petit moment ? Je dors avec Pansy, et je crois qu'elle est en train de jouer aux échecs dans la baignoire...

- Hermione... je..., bégaya le pauvre Neville.

- Voilà crétin, elle est libre ta sale de bain, de toute façon à quoi bon te laver, tu ressembleras toujours autant à un rat, railla une voix derrière la porte de la chambre.

Le sang d'Hermione se figea en un instant. Une main pâle apparut derrière Neville, qui entrouvrit davantage la porte, laissant apparaitre Drago Malefoy, vêtu d'une simple serviette de bain noué autour de la taille, ce qu'Hermione ne remarqua même pas. Elle distinguait uniquement le visage livide de son ami, disparaissant lentement derrière l'imposant Malefoy, et tout en bafouillant un discret « désolé Hermione... ». Certes, Neville était courageux, vaillant et fort, il l'avait prouvé constamment les années précédentes et durant la bataille contre Voldemort, néanmoins, il ressentait encore et toujours ce sentiment d'infériorité à l'égard de certains, et surtout en présence de Malefoy l'infâme. D'ailleurs, ce dernier s'adossa tranquillement contre l'embrassure de la porte, tout en lançant à la jeune visiteuse, un regard froid accompagné d'un sourire en coin narquois, digne, comme toujours, de Malefoy.

- Alors Potter ? On cherche une salle de bain, comme une sans-abri ? s'esclaffa le grand blond.

- Tu ne sais même plus faire la différence entre un homme et une femme maintenant ?

- Potter, le rouquin, toi, c'est la même chose, pourquoi retenir des noms inutilement ? susurra-t-il.

Ne prenant même pas la peine de répondre, Hermione lui tourna le dos, s'apprêtant à regagner sa chambre et en espérant que la salle de bain serait enfin libre, quand elle entendit Malefoy s'écrier :

- Et puis de toute façon, à quoi bon te laver ? Ton sang ne sera jamais propre ! Autant laisser la salle de bain à une personne qui PEUT sentir bon !

Fulminante de rage, elle se retourna pour lui faire, mais ne vit que la porte se refermer en un claquement sourd. Elle retourna dans sa chambre d'un pas lourd, y entra avec fracas et se jeta dans la salle de bain sans un regard autour d'elle.

Dans la grande salle, Hermione prit place à côté d'Harry et de Ron. Peu habituée à partager sa table avec des Serpentards, elle n'était pas totalement à son aise, regrettant amèrement de ne plus être entourée de Gryffondors uniquement. Elle lança un regard laconique à Ron, qui répond à son regard pas un hochement de tête sinistre.

- Je suis avec Crabbe, se lamentait-il, je suis avec cette grosse brute épaisse, ce gorille imbécile, ce fils de Mangemort...

Ne pouvant achever sa phrase, il se prit la tête entre les mains tout en continuant de pester contre les idées de la nouvelle directrice.

- Et toi Harry, tu es avec qui ? s'enquit Hermione.

- Ho moi ça va... Je suis avec un Poufsouffle, un grand type baraqué que je n'ai même jamais vu, répondit son ami d'un ton léger. Il ne parle quasiment pas, donc ça va... Et toi ?

- Parkinson !

Ron leva la tête brusquement, incertain d'avoir bien entendu, il demanda confirmation.

- Pansy Parkinson ? LA Pansy Parkinson ?

- La seule et l'unique, soupira la Gryffondor, mais le pire n'est ni pour toi ni pour moi, mais pour Neville. Il est avec Malefoy, précisa-t-elle dans un souffle.

Les trois amis s'échangèrent alors le même regard consterné avant d'attaquer leurs croissants et autres brioches. Hermione pensait que ce début de journée ne pouvait être plus pénible, mais elle se trompait lourdement. Chaque élève réceptionna, par hibou, son emploi du temps, et les étudiants se rendirent très vite compte que le dortoir était coupé en deux, que seule une moitié des élèves assisterait au même cours en même temps. Un groupe A et un groupe B. La pauvre Hermione s'aperçut qu'elle était membre du groupe A alors que ses deux amis appartenaient au groupe B, ce qui signifiait qu'elle ne pourrait même pas suivre les cours en même temps qu'eux, sa nouvelle l'affligea encore davantage, même si elle s'évertua à ne rien laisser paraitre.

- Allez, moi j'y vais, dit-elle joyeusement en se redressant de sa chaise, je file en cours, je préfère ne pas risquer d'arriver en retard.

- Hermione, ça ira ? demanda Harry, inquiet face au sourire crispé de son amie.

- Mais oui ? Pourquoi ça n'irait pas ? Dépêchez-vous, n'arrivez pas en retard à votre premier cours sous prétexte que je ne suis plus là pour vous indiquer l'heure, plaisanta-t-elle en s'éloignant d'un pas léger.

Arrivée au croisement de deux couloirs, elle reprit une démarche plus triste, trainant des pieds, le visage fermé. Elle erra de couloirs en couloirs, ne prêtant aucune attention à la direction qu'elle empruntait, perdue dans ses pensées noires, elle continua à flâner, le regard voilé.

« Cette année ne va pas être amusante, en cours sans Harry et Ron, j'espère que Neville fait parti de mon groupe... Bon allez, je ne vais pas me lamenter sur mon sort pour si peu ! Pas de magie noire, pas de Voldemort, une année presque tranquille se présente à moi, et je ne fais que rouspéter ! Ce n'est pas cette idiote de Parkinson ou ce groupe A qui va me démoraliser ! », pensa Hermione.

Cette auto-remontrance lui fit le plus grand bien, elle se précipita à son premier cours de sa huitième et dernière année, Histoire de la magie. Haletante, elle fit un entrée fracassante dans la salle, elle qui souhaitait ne pas être en retard, elle arriva pile à l'heure.

- Tiens tiens, il y en a une qui s'est levée de mauvaise humeur ce matin, ironisa une voix détestable.

Hermione ne pu s'empêcher de fixer d'un regard froid et pénétrant la personne qui était la source de cette réplique inutile, Pansy Parkinson bien sur ! Comme si être séparée de Ron et d'Harry n'était pas assez difficile en soi, il fallait en plus qu'elle se coltine son horrible colocataire, et pire encore, son petit-ami, qui était assis juste à ses côtés, et qui regardait Hermione de la façon la plus froide et la plus venimeuse possible. Si Drago avait été un serpent, elle serait morte à cet instant précis, couverte de morsures sur tout le corps.

- Hermione, viens t'assoir ici...

Hermione se détacha du regard du couple pour voir qui l'interpellait, c'est alors elle reconnut avec un immense soulagement que cette personne n'était autre que Neville. Elle prit place, tout sourire, à ses côtés, regrettant uniquement que les élèves assis devant elle étaient Pansy et Malefoy.

Le reste de la journée de déroula sans aucune autre encombre. Cependant, Hermione, fatiguée de cette première journée atypique, se dirigea vers le dortoir d'une démarche trainante, prenant bien soin de l'a rendre plus vigoureuse dès qu'elle passait devant un groupe d'élèves, puisque comme tout le monde le savait bien, Hermione n'aimait pas paraitre faible ou ne serait-ce qu'épuisée devant autrui. Arrivé devant le dortoir, elle prononça le mot de passe machinalement et faillit percuter Ron qui sortait.

- Hey Hermione ! Tu viens manger ? Je meurs de faim ! s'écria le grand garçon roux à son amie.

- Ho pas ce soir... Je suis un peu lasse, je pense lire un petit moment et aller me coucher.

Ron se pencha légèrement en avant afin de regarder Hermione droit dans les yeux, et lui demanda doucement :

- Ca va ?

Hermione se sentir rougir et lui répondit jovialement, tout en lui gratifiant d'un coup de poing sur l'épaule :

- Mais bien sur que ça va idiot ! Mais tu sais comment je suis, je bosse je bosse, et après je suis exténuée !

- Mais non ! Toi tu n'es jamais fatiguée, tu es comme... Comment on appelle ça chez vous déjà ? Un robot ? Tu sais le truc qui ne dort jamais ? Aie !

Hermione lui assena un autre coup, plus fort au bras tout en riant, puis l'embrassa sur la joue et pénétra dans sa chambre, prête à prendre une bonne douche avant de plonger sous ses couettes, bien au chaud, et de lire un peu avant de sombrer dans l'abîme infini des rêves. Elle commença donc par pénétrer avec délice dans son bain, les yeux fermés, savourant l'instant présent. Une fois revigorée par les bulles de savon, elle mit son pyjama, un pantalon bleu marine en satin et un débardeur mauve, et sortit de la salle de bain pour prendre place dans son lit, quand elle s'arrêta net, encore une fois.

Le petit couple chéri de Serpentard étaient enlacé dans le lit de Pansy, continuant leurs embrassades comme si Hermione n'existait pas.

- Vous ne pouvez pas aller dans la salle commune pour faire ça ? glapit la jeune fille brune.

Aucune réponse.

-Vous m'entendez ou pas ?

Toujours aucune réponse.

- Très bien..., marmonna Hermione à bout de patience, vous l'aurez voulu... Nox !

Et toutes les lumières émises par les bougies s'éteignirent d'un seul coup. Fière d'elle, elle ne comprit pas tout de suite qu'elle avait été plaqué contre le mur, et qu'on l'a tenait fermement. Sous l'effet de surprise, sa baguette lui échappa des mains.

- Écoute moi bien sale petite sang-de-bourbe, t'as intérêt à nous foutre paix, parce que moi j'en connais des sortilèges, et bien plus nuisibles que ton minable Nox...

- Lâche-moi Mal...,

- La ferme ! coupa Drago tout en serrant davantage Hermione, tu fermes ta grande bouche pour changer et tu nous...

- Lumos !

Pansy, inquiète de n'entendre que des chuchotements dans la pénombre, se décida à éclairer de nouveau la pièce, et ce qu'elle vit ne lui fit pas plaisir. Son grand amour collé à cette sale sang de bourbe de Granger. Elle allait faire part de son mécontentement quand, enfin, Drago se décida à lâcher Hermione, qui ramassa rapidement sa baguette et fila jusqu'à la porte. Elle se stoppa tout de même un court instant pour faire face à au grand blond, et lui cracha au visage ces quelques mots :

- Tu crois me faire peur avec tes minables menaces ? J'ai subis le sortilège du Doloris sous tes yeux et tu imagines que je vais frémir face à toi ? Mais redescend un peu sur terre mon pauvre Malefoy...

Et sur ses mots, sans attendre la réaction de son adversaire, elle se précipita en-dehors de la chambre. Drago, lui, resta planter au milieu de la pièce, stoïque, fixant les paumes de ses mains d'un regard sombre, ce qui effraya Pansy.

Elle s'approcha de lui lentement, passa ses bras autours des épaules massives du Serpentard, et lui demanda doucement à l'oreille :

- Tu vas bien ?

- Non, il faut que j'aille me laver les mains, j'ai touché la peau de cette garce de sang impur, il faut absolument que je me lave, dit-il d'un ton ferme.

La jeune fille gloussa, retourna dans le lit et attendit patiemment que son amant revienne de la salle de bain, afin de profiter de son corps tout propre.

Hermione, elle, avait frappé à la porte de Neville, qui l'accueillit avec un grand sourire. La jeune femme se glissa donc sous les couvertures du lit à Malefoy, humant avec dégout l'odeur imprégnée du Serpentard, mais tout de même contente de passer une nuit sans l'agréable compagnie de sa collègue de chambre.

« Finalement, partager la chambre de cette idiote de Pansy pourrait m'être bénéfique, si Malefoy passe toutes ses nuits collé à elle. Ce serait bien de pouvoir dormir toutes les nuits dans la même chambre que Neville, un peu de paix et de... », mais cette pensée s'arrêta là, puisque la jeune Gryffondor sombra dans un sommeil profond.