- Drago, tu devrais aller te plaindre à McGonagall, ils étaient à trois contre toi quand même...

Drago Malefoy ignora ces paroles, trop occupé à boutonner sa chemise avec minutie. Le garçon avait passé toute la nuit à ruminer contre Hermione Granger et Harry Potter, ce qui expliqua les cernes noires dessinées sous ses yeux.

- La fille Granger sera forcément punie puisqu...

- La ferme ! gronda le garçon agacé.

Le simple fait d'entendre le nom de cette fille le rendait fou, il ne s'expliquait même pas d'où venait cette haine subite, cette rage et cette envie de faire du mal à quelqu'un, et dans le cas précis, à Hermione Granger. Il se posa sur le lit pour enfiler ses chaussures, et expliqua calmement à Pansy, les raisons qui l'empêchaient d'en parler au professeur.

- Tu ne comprends pas, tu crois vraiment que McGonagall va sévir contre ses petits protégés ? Laisse-moi rire ! Ils ont combattu ensemble l'année dernière, alors que mon père était un Mangemort, je suis foutu ici, il n'y a que moi et je suis seul.

- Mais non, je suis là moi, gémit Pansy en caressant les cheveux blonds du jeune homme.

A ces mots, Drago ne put retenir un rictus. La pauvre Pansy Parkinson se voyait déjà mariée au garçon, entourée d'une horde d'enfants criards dans une grande et belle maison.

« Quelle ineptie » pensa-t-il aussitôt.

Il se pencha pour lacer ses chaussures lorsque Pansy colla son front au sien, le regarda droit dans les yeux, et lui demanda dans un murmure :

- Drago, tu as changé, tu ne vas pas bien ?

Le Serpentard l'a repoussa violemment, se redressa de toute sa hauteur et posa sur la jeune fille un regard amer. Tout en lui bouillonnait, il avait besoin de crier, de mugir, de se battre et de faire l'amour. Un désir urgent de se dépenser, de laisser libre court à sa brutalité s'imposa à lui, c'est pourquoi il répondit laconiquement à Pansy :

- Mon père est mort et je suis bloqué dans cette école alors que je devrais lui succéder et prendre soin de ma mère. Aurais-je une quelconque raison d'être guilleret ?

- Non bien... bien sûr..., balbutia-t-elle péniblement, mais tu...

- Arrête ! Je ne veux plus t'entendre !

Lentement, il s'approcha de la jeune fille, s'agenouilla face à elle, agrippa fermement son visage et commença à lui déposer de violents baisers dans le cou, sur la nuque et les épaules. Pansy n'osait bouger, parce qu'elle connaissait parfaitement bien Drago, et elle savait qu'en cet instant, il ne souhaitait pas faire l'amour avec elle, mais juste se défouler, et elle était son défouloir physique préféré. La jeune femme reconnaissait parfaitement que sa relation avec Drago n'était pas parfaite, qu'elle était vide de sens, mais elle l'aimait tellement. Elle aurait donné tout ce qu'elle possédait pour que ce sentiment soit réciproque, pour que le garçon ait besoin d'elle, qu'il soit dépendant d'elle, mais ce n'était pas le cas. Elle n'était pas dupe. Drago avait grandis durant toutes ces années, le petit garçon espiègle et narcissique s'était transformé en un homme puissant et sûr de lui, ce qui avait attiré tous les regards des autres filles de l'école.

Drago la poussa brutalement sur le lit, se mit à califourchon sur elle tout en lui ordonnant de retirer ses vêtements, ce qu'elle fit sans un mot.

Pendant qu'elle déboutonnait sa chemise et retirait sa jupe, l'ancienne Serpentard était ailleurs, songeant à toutes les filles qui avaient dû se trouver exactement dans la même position qu'elle aujourd'hui. Malgré ses infidélités, Drago savait se montrer gentil par moment, il lui arrivait de la prendre dans ses bras ou encore de rire avec elle, mais ces instants devenaient de plus en plus rares, ce qu'elle déplorait tous les jours en son for intérieur.

A présent le jeune homme l'a regardait sans bouger, le visage crispé, le regard voilé, comme s'il ne reconnaissait plus la personne qui était allongée sous lui. De nombreuses minutes passèrent avant qu'il ne revienne à lui.

Pansy détestait cela, lorsque ça lui prenait, elle avait envie de crier au visage de Drago de penser à elle, rien qu'à elle et de lui faire l'amour par envie et non par besoin. Dans les années passées, le Serpentard déboulait souvent dans la chambre de Pansy en plein milieu de la nuit, enragé, et se jetait sur elle, uniquement pour décompresser. Ceci résultait très souvent d'une altercation entre Potter et Drago, et elle avait appris à l'accepter. Néanmoins, elle digérait beaucoup moins le fait qu'il souhaite lui faire l'amour à cause de Granger, cela était trop... trop malsain !

Pourtant, elle ne bougea pas d'un pouce, laissant les mains de Drago courir le long de son corps dénudé, se surprenant même à ressentir de délicieux frissons parcourir son corps. Délicatement, elle fit glisser ses longs doigts sur le dos de Drago, puis entreprit de retirer la chemise du jeune homme, quand il l'a repoussa d'un geste brusque. Prise au dépourvu, elle le fixa sans comprendre, cherchant dans son regard une explication à son étrange attitude. Mais elle ne trouva rien. Le Serpentard se leva d'un bond, mit sa veste, s'empara de son sac, l'a toisa un court instant, et s'en alla sans même se retourner.

Une larme silencieuse perla sur la joue de Pansy, qu'elle essuya rapidement.

Drago se précipita hors de la salle commune, la démarche chancelante, ne sachant exactement où il allait. Son corps tout entier était douloureux, de légers vertiges se firent ressentir ce qui le força à s'arrêter un moment pour s'adosser contre le mur. Sa colère était telle qu'il avait l'impression d'avoir bu un chaudron entier de potion de férocité. Il se prit le visage entre les mains et tenta désespérément de reprendre son souffle, en vain. Tout lui revenait en tête, des dizaines et des dizaines d'images toutes plus ignobles les unes que les autres défilaient sous ses yeux, pourtant clos. La mort de Dumbledore, toutes les personnes qui avaient été torturés devant lui par sa tarée de tante, le décès de son père, le nom de Malefoy à présent sali sans oublier la gloire de Potter et compagnie. Le jeune homme avait envie de hurler, de tout détruire, parce qu'il ne supportait pas de se sentir à ce point vulnérable. Il devait tout contrôler, tout le temps, c'est pourquoi il redoutait ces crises de panique et de colère lorsqu'elles surgissaient sans prévenir.

« Calme-toi, merde calme-toi... Je vais finir cette année et tout oublier, Il faut juste se calmer... » pensa-t-il férocement.

- Je crois qu'Harry n'est pas encore descendu ! Il ne souhaite certainement pas se montrer devant toi, couvert d'hématomes, plaisanta une voix féminine.

Drago se redressa instantanément et vit un peu plus loin la jeune fille qui parlait à son amie. Hermione Granger accompagnée d'une petite rouquine, certainement la sœur de Weasmoche. Le simple fait d'entendre sa voix raviva en lui son désir de violence, verbale ou physique, et c'est sans hésitation qu'il se dirigea vers elle, prêt à en découdre.

Hermione, qui discutait tranquillement avec Ginny, aperçut par-dessus l'épaule de son amie, qu'un grand garçon à la chevelure blonde se rapprochait dangereusement d'elles, et constata avec effroi que Drago Malefoy ne venait certainement pas à leur rencontre pour les saluer.

- Alors Granger, bien dormi ? Pas trop triste à ce que je vois, commenta-t-il, droit comme un piquet devant Hermione, ignorant totalement la présence de Ginny.

- Pourquoi le serais-je ?

- Je ne sais pas... Ton petit-ami s'est quand même retrouvé à l'infirmerie à cause de toi, répondit-il en s'approchant davantage de la jeune fille brune.

- Autant pour moi, je pensais que c'était à cause d'un abruti de Serpentard !

- Qui traites-tu d'abruti ? grogna le jeune homme en continuant de s'approcher d'Hermione, ce qui l'obligea à reculer doucement.

- Quoi ? Tu te sens visé peut-être ? demanda-t-elle, ironique.

A présent, Hermione était dos au mur et ne pouvait se dégager à moins de bousculer Drago, ce qu'elle préféra éviter, tout contact avec lui était à proscrire. Malgré cela, le Serpentard se pencha sur elle, comme si il allait l'embrasser, ou plutôt lui arracher les lèvres avec ses dents, tant il paraissait hors de lui, et la regarda droit dans les yeux. Le regard froid et terne du serpent rencontra alors les prunelles vives et chaudes de la lionne.

- Tu faisais moins la fière en hurlant à la mort devant moi, lui murmura-t-il dans un souffle.

- Tu faisais moins le fier quand ta folle de tante t'as demandé de reconnaitre Harry, chuchota-t-elle en souriant.

Drago serra les poings, ses ongles s'enfonçant dans la paume de ses mains sans qu'il ne perçoive aucune douleur. Les deux étudiants continuaient à se fixer, aucun des deux ne souhaitant perdre ce duel silencieux. Plus rien n'existait autour deux, Ginny n'était plus là, les élèves marchant dans le couloir n'étaient plus présents, Poudlard tout entier semblait disparaitre. Il ne restait qu'Hermione et Drago, dont la haine mutuelle occupait tout l'espace, rendant l'atmosphère étouffante. Au bout d'un certain moment, Hermione s'éveilla, réalisant que son comportement était puéril, qu'elle devait cesser de répondre aux provocations de Malefoy, qu'elle valait mieux que ça. C'est pourquoi elle lui intima l'ordre de s'éloigner d'elle.

- Laisse-moi passer Malefoy.

- Tu oses me donner des ordres maintenant ? railla le jeune homme sans pour autant se déplacer d'un pouce.

- Pousses-toi ! s'écria-t-elle d'un ton ferme en le repoussant de toutes ses forces.

Surpris par la force de la Gryffondor, il ne résista pas et fut violement poussé en arrière, sans pour autant tomber. Mais ce qu'il le déroutait davantage, ce que cette sang de bourbe avait osé poser ses mains sales sur ses vêtements, et donc sur lui. C'est alors qu'il repensa à l'aveu qu'elle lui avait fait la veille, lorsqu'elle lui avait révélé, amusé, qu'elle avait à plusieurs reprises dormis dans son lit. Certes il avait jeté ces draps, mais le dégout ressenti était encore vivace. C'est pourquoi il refusa de la laisser s'éloigner sans un mot. Il se retourna brusquement et lui attrapa le bras, en évitant d'effleurer la peau de la jeune fille. Elle pivota et lui demanda d'une voix forte :

- Ne peux-tu pas juste me laisser tranquille ?

Dans ses yeux, Drago pouvait y lire l'impatience, l'exaspération mais aussi un soupçon de rage, qu'elle tentait difficilement de contenir. Et c'était justement cette rage qu'il voulait, qu'elle soit dans le même étant que lui.

- Dis-moi, petite Sang de bourbe, n'as-tu jamais eu honte ?

- Et de quoi devrais-je avoir honte Malefoy ?

- De n'être que la vulgaire fille d'un couple de moldus anonyme alors que tes deux potes sont issus de familles de sorciers aujourd'hui acclamées dans le monde entier ! lâcha-t-il méchamment.

Drago constata alors que sa réplique avait mouche, qu'il avait tapé là où ça faisait mal, et quel délice c'était. A présent, il connaissait le point faible de la sorcière, son sentiment d'infériorité du à sa famille. Hermione se libéra de l'étreinte douloureuse de Drago, tourna les talons, le regard froid. Ravi d'avoir eu le dernier mot, Drago affichait un sourire méprisant en l'a suivant des yeux jusqu'à ce qu'elle disparaisse au croisement d'un couloir. A présent, il se sentait bien mieux.

- Tu fais peine à voir, s'exclama une petite voix.

Il se retourna et prit conscience que la sœur de Weasley était toujours là, cette dernière ne semblait pas en colère, mais plutôt consternée, ne comprenant pas pourquoi Drago Malefoy s'acharnait autant sur la jeune étudiante.

- Je ne saisis vraiment pas pourquoi tu harcèles Hermione. D'ailleurs, pourquoi lui parler, alors qu'elle est, à tes yeux, de rang inférieur ?

Cette simple question agaça le grand garçon, après tout c'était à Granger qu'il parlait, pas à cette petite morveuse aux cheveux rouges. Indifférent au regard lourd de reproches qu'elle lui lançait, il s'en alla en direction de la grande salle, cet échange houleux avec la sang de bourbe lui a ouvert l'appétit. Il prit place à côté de Crabbe et Goyle, il ne désirait pas discuter, et avec ces deux singes, il était tranquille, puisqu'il était impossible d'entretenir une conversation avec ces deux-là.

Il mangea paisiblement ses œufs brouillés quand il sentit un regard pesant sur lui, levant les yeux et cherchant la source de son malaise soudain, il rencontra le regard d'Hermione. Elle le fixait sans vergogne, la mâchoire serrée, prête à saisir sa baguette et à l'envoyer valser jusqu'à l'autre bout de la salle. Le beau jeune homme jubilait, pout une fois les rôles étaient inversés et c'était cette garce au sang impur qui avait perdu face à lui.

« Chacun son tour, tu t'es joué de moi en cours de potion, maintenant c'est à moi. Tu n'es pas si fière que ça de tes origines de moldu hein ? On peut dire que c'est parfait... » pensa-t-il en offrant à son adversaire un sourire resplendissant.

Une personne extérieure à cet échange silencieux aurait pu penser que ce sourire était franc et honnête, mais Hermione savait très bien que ce sourire avait pour seul objectif de la déstabiliser. Au fond d'elle-même, elle devinait qu'elle allait le regretter, qu'elle ne devait surtout pas prendre part au combat qu'il lui proposait, néanmoins, elle répondit au sourire de Drago par le même sourire éblouissant.

Après tout c'était sa dernière année, il était tant qu'elle prenne la relève d'Harry et de Ron, et qu'à son tour, elle se lâche et affronte Malefoy...

« ... histoire de finir l'année en beauté », se dit-il en détournant les yeux.

Pansy Parkinson pénétra à son tour dans la grande salle, affichant son habituel air supérieur, elle aperçut Drago et se jeta sur lui pour l'embrasser. Elle poussa négligemment Goyle, qui se déplaça en ronchonnant, pour s'assoir aux côtés de son amour. Alors qu'elle le regardait manger ses œufs, elle réalisa, contente, que la mauvaise humeur du garçon avait disparu, son expression s'était adoucie et ses muscles n'étaient plus contractés.

Il tourna la tête et murmura à l'oreille Pansy :

- Dépêche-toi de manger, il nous reste encore assez de temps pour finir ce que nous avions commencé ce matin.

Ravie, Pansy hocha vigoureusement la tête, avala deux cuillères de porridge et se leva en vitesse. La jeune fille était aux anges, car cette fois-ci, il allait lui faire l'amour par envie et non pas par besoin de se défouler, en pensant à une tierce personne. Heureusement pour Pansy, elle ne remarqua pas le regard empreint de brutalité et de suffisance que Drago lança à Hermione, avant de quitter la grande salle, accompagnée de sa compagne d'infortune.

Petit mot de précision concernant le précédent chapitre, en fait la chanson Thriller devait rester en VO, mais le site l'a traduite directement ce qui rend les paroles un peu étranges ^^'

Je remercie les personnes qui me laissent une petite review à chaque fois, n'hésitez pas à me donner votre avis, ça m'aide à mieux évaluer mon histoire =)