Plusieurs jours, puis plusieurs semaines s'écoulèrent paisiblement. Hermione, qui avait tant redouté les cours de potion avec Malefoy, était à présent soulagée, puisque étrangement, le jeune homme ne prononçait pas un seul mot durant toute l'heure, ignorant jusqu'à l'existence d'Hermione. Même si ce comportement ne ressemblait pas au garçon, elle préférait ne pas s'en soucier et savourer ces instants de tranquillité. Halloween approchait, de nombreuses décorations, tels que d'énormes araignées velues, des citrouilles aux aspects effrayants ou encore des squelettes vivants, recouvraient à présent les murs de château. Hermione, assise dans un grand et confortable fauteuil couleurs or et vert, discutaient avec Ron et Hermione de leur prochaine sortie à Pré-au-Lard.

- C'est dans une semaine c'est ça ? demanda Ron, la bouche remplie de guimauve.

- Ouais, dans 8 jours exactement ! répondit Harry, en avalant d'une traite une Chocogrenouille.

- J'ai franchement hâte d'y être, j'ai l'impression que cela fait des années que je n'y ai plus mis les pieds, soupira Hermione, nostalgique.

- D'ailleurs, je ne t'ai même pas dis que..., commença Ron avant d'avaler de travers la guimauve de trop.

Il fut alors pris d'une quinte de toux, cherchant désespérément de l'air, quand Hermione vint à son secours et lui donna un verre de jus de citrouille. Il but de longues gorgées, avant de reprendre sa phrase comme s'il ne s'était jamais interrompu.

- Hagrid nous a envoyé un courrier aujourd'hui, reprit Ron le plus naturellement du monde, il veut qu'on aille chez lui dans la nuit, pour ne pas se faire repérer.

- Quoi ? s'étrangla la jeune fille. Hagrid ne va pas recommencer avec ses plans bizarres, ça finit toujours par nous retomber dessus !

- Hermione, ça fait longtemps que nous n'avons pas vu Hagrid, tu ne veux pas papoter un peu avec lui ? demanda innocemment Harry, dans le but d'amadouer son amie.

- Mais pourquoi toujours en plein milieu de la nuit ? Ce ne serait pas mieux après les cours ? rouspéta la jeune Gryffondor.

- Tu connais Hagrid, il adore nous faire risquer milles et une punition, juste pour prendre le thé, plaisanta le grand roux, avant de se jeter sur un paquet de Bulles Baveuses.

- Comme en première année, avec son fameux Norbert, répliqua Hermione, septique.

A l'évocation de ce nom, Harry et Ron se mirent à rire franchement. Certes, Ron n'avait pas participé à ce premier coup, mais Harry lui avait raconté cette histoire tant de fois qu'il avait l'impression de l'avoir vécu. Norbert... Ce dragon avait été la source de la toute première sanction pour Hermione Harry, suivi de près par de nombreuses autres.

- Bon Hermione, tu viens avec nous ou pas ? demanda Ron, connaissant déjà la réponse de son amie de toujours.

- Bien sûr que je viens ! Comment pourriez-vous vous en sortir sans moi ? rétorqua la jeune fille, tout sourire.

- Puis de toute façon, nous avons notre atout de toujours, la cape d'invisibilité de mon père, précisa Harry.

- Tu sais très bien qu'elle ne peut plus nous cacher tous les trois, je pense même qu'elle serait incapable de cacher seulement Ron, s'esclaffa Hermione, en lançant un regard appuyé au grand gaillard qu'était devenu Ronald Weasley. Ce dernier lui répondant en faisant la moue.

- Par contre je suis Préfet en chef maintenant, donc si on se fait prendre, je pourrais toujours trouver une excuse.

- Harry n'a pas tort, ça c'est un bonus non négligeable ! affirma Ron.

Hermione n'en était pas totalement certaine, mais elle se dit que ce n'était certainement pas une petite escapade chez Hagrid qui allait lui attirer beaucoup d'ennuis.

Aux alentours de minuit, Hermione quitta furtivement sa chambre et retrouva ses deux amis dans la salle commune. Sans un mot, le trio se dirigea vers la sortie du château, à pas de loup. Après sept années de maitrise, sortir de l'école était un jeu d'enfant. Arrivés devant la cabane de leur vieil ami, ils frappèrent à la porte, tous les trois en même temps. La porte de la cabane s'ouvrit et laissa apparaître un immense homme à la barbe et aux cheveux hirsutes, un sourire jovial traversant son visage.

- Entrez ! Entrez ! Venez prenez place ! J'ai tant de choses à vous raconter si vous saviez, chantonna le grand homme.

- Bonsoir Hagrid, votre lettre nous a tous les trois rendus curieux, quelle est cette grande nouvelle ? demanda Harry, ravi de parler à son ami.

- Vous allez être contents ! Attendez juste un instant, je vais les chercher.

Harry, Ron et Hermione prirent place dans un immense fauteuil et caressèrent Crockdur, le chien semblait d'ailleurs heureux de retrouver ces trois personnes, qu'il n'avait plus vu depuis un certain temps.

C'est au bout de dix longues minutes qu'Hagrid revint s'assoir à leurs côtés, les bras chargés de photos.

- Qu'est-ce que c'est Hagid ? demanda Hermione, suspicieuse.

- Des photos de Graup ! Je tenais absolument à vous les montrer ! Regardez comme il a l'air heureux, dit-il ému, ne remarquant pas les mines hébétées des trois jeunes gens.

Les trois amis restèrent dans la cabane une bonne heure avant de se décider à rentrer se coucher. Hagrid leur fit un immense sourire tout en les invitant à venir lui rendre une petite visite dès qu'ils en auraient le temps. Ils acceptèrent avec joie et s'en allèrent d'un pas vif. Quelques minutes passèrent dans un silence de plomb que Ron décida de briser.

- Non mais Hagrid devient fou ! Nous faire sortir de Poudlard à minuit pour admirer Graup en photo ! s'exclama-t-il silencieusement.

- Même Norbert valait plus le coup de se faire choper, pouffa Harry.

- Il faudrait tout de même que nous ayons une petite conversation sérieuse avec Hagrid, affirma Hermione, amusée.

- La prochaine fois qu'il nous invite, ce sera surement pour faire prendre le bain à Crockdur, plaisanta le grand roux.

Les trois amis franchirent la porte de Poudlard en riant, contents de cette petite visite, certes loufoque, mais incroyablement distrayante. C'est donc le cœur léger qu'ils prirent la direction de leur dortoir. Alors qu'ils étaient presque arrivés, une voix raisonna derrière eux.

- Je ne sais pas vous, mais j'ai l'incroyable impression d'être remonté 7 ans en arrière.

Les trois amis se retournèrent d'un bond, pour faire face à Drago Malefoy, un Drago satisfait de sa petite prise.

- Sauf que cette année, je suis préfet en chef, donc je peux vous arrêter en toute impunité, finit-il par lâcher.

- Je le suis aussi Malefoy, s'exclama Harry en s'avançant.

- Et elle est où ton insigne Potter ? Tu fais des rondes sans insigne ? En compagnie de tes elfes de maison qui te suive partout ? Même McGonagall ne va pas gober ça, railla le jeune garçon.

Harry ne put s'empêcher de maudire son étourderie, oublier de porter son insigne un soir pareil, cela relevait de la bêtise à l'état pur. Néanmoins, il ne laissa rien paraitre à Drago, il recula à pas lents tout en sortant sa baguette, cette fois-ci, il n'allait pas laisser Malefoy attaquer le premier.

- Tu fais quoi Potter ? Tu veux me jeter un sort ? persifla le Serptentard.

- STUPEFIX ! cria Harry.

- PROTEGO ! hurla Drago.

Il n'avait peut-être pas réussis à atteindre Malefoy, mais le sort lancé détourna l'attention du jeune homme, ce qui permit aux trois amis de s'enfuir à toutes jambes. Ce n'était pas Drago qu'ils fuyaient, mais la punition que McGonagall leur réserveraient si elle savait qu'ils se promenaient la nuit dans le château. Et cette punition serait certainement une interdiction de se rendre à Pré-au-Lars lors de la prochaine sortie, et ça, il en était hors de question. Harry, Ron et Hermione continuèrent de courir sans s'arrêter, quand ils aperçurent au loin la porte de leur dortoir. Harry et Ron accélérèrent, prêts à toucher au but, quand Ron se retourna un court instant pour se rendre compte qu'Hermione avait disparu.

- Harry ! s'écria-t-il décomposé, Hermione n'est plus là !

Harry se stoppa net dans son élan, regarda derrière, et constata avec effroi, qu'Hermione n'était bel et bien plus là.

- Tu crois que Malefoy l'a eu ? demanda Ron, dans un souffle.

- J'espère que non, répondit son ami, dérouté.

Harry avait raison d'être inquiet, puisqu'en effet, Drago avait réussi à rattraper Hermione. Alors qu'elle suivait de près ses amis, elle avait senti une main puissante l'empoigner et la plaquer contre le mur, tandis qu'une autre main vint se plaquer contre ses lèvres, l'empêchant d'émettre le moindre son. Drago était furieux de s'être laissé surprendre par Harry, jamais il n'aurait pensé que ce stupide Potter oserait lui jeter un sort, alors qu'à présent il était préfet. Mais au moins il avait eu Granger, et même si le fait de devoir toucher ses lèvres le révulsait intensément, il était important que la Gryffondor ne puisse pas appeler ses amis à la rescousse. Il resta collé à elle quelques instants, tendant l'oreille pour être certain que Ron et Harry ne revenaient pas sur leurs pas. Il patienta un certain moment et reporta son regard sur sa prise. La sang de bourbe le regardait fixement, d'un regard froid et austère dépourvue d'une once de crainte. Ses longs cheveux bruns décoiffés lui donnèrent l'air d'être une lionne, une vision qui déplut considérablement au Serpentard.

- Je vais t'expliquer la marche à suivre, chuchota-t-il lentement, un sourire sordide déformant son visage. Tu vas me suivre docilement jusqu'au bureau de McGonagall, et advienne que pourra. Mais avant ça...

Il se pencha et attrapa la baguette d'Hermione, avant de l'accrocher à sa ceinture.

- Voilà qui est mieux, fit-il, toujours aussi souriant. Maintenant nous pouvons y aller.

Et sans un bruit, ils cheminèrent en direction du bureau de McGonagall. Hermione marchait devant Drago, qui le menaçait de sa baguette, l'incitant ainsi à ne pas détaler comme un lapin. La jeune fille était furieuse contre elle-même, elle était sûre et certaine que la directrice allait lui interdire la sortie à Pré-au-Lard, elle qui désirait tant s'y rendre. Malefoy, lui, exultait de joie. Alors qu'il ne parvenait pas à fermer l'œil, il était descendu dans la salle commune chercher du papier et de l'encre pour écrire à sa mère, quand il avait aperçu les trois Gryffondors sortirent discrètement du dortoir. C'est alors qu'il s'était précipité dans sa chambre prendre son insigne et sa baguette, pour ensuite les attendre non loin du dortoir, espérant ainsi les prendre sur le fait. Tout ne s'était peut-être pas déroulé comme prévu, il n'empêche qu'il avait réussi à coincer Granger, et à ses yeux, c'était de loin la meilleure des prises.

Il posa alors un regard brulant de cruauté sur le dos de la jeune fille, qui marchait silencieusement devant lui. Sa démarche était souple et féline, encore une fois comme une lionne, ses cheveux bouclés tressautaient à chacun de ses pas, comme dotés d'une vie propre. Comme à chaque fois qu'il l'a regardait, il ressenti le désir subit de la tirer par les cheveux et de lui cracher au visage toutes les horreurs possibles et inimaginables. Cependant il parvint à se contenir, après tout McGonagall allait faire le boulot à sa place.

Tous deux arrivèrent devant la porte qui devait les mener au bureau de la directrice. Hermione n'entendit pas le mot de passe formulé par Drago, qui une fois la voie libre, la poussa négligemment dans la petite pièce, qui les transporta jusqu'au bureau. Le grand Serptenard la bouscula encore une dernière fois, avant de pénétrer lui-même dans le bureau, qui hélas, était totalement vide.

- Oh mince alors ! Même la directrice a le droit de dormir après tout, minauda Hermione, soulagée.

- Tu crois ça ? bougonna le garçon.

Cependant il devait bien admettre que le bureau était désespérément vide, et il s'imaginait mal aller réveiller la directrice, déjà qu'elle ne le portait pas dans son cœur. Il déambula dans le bureau, ne sachant que faire, quand il vit que la jeune fille s'était approchée d'un tableau vide, l'effleurant délicatement du bout des doigts, comme hypnotisée.

- Qu'est-ce que tu regardes ? demanda-t-il férocement.

Elle se retourna pour lui faire et lui répondit doucement, un accent triste ponctuant chacun de ses mots.

- Le professeur Rogue a son propre portrait, en tant qu'ancien directeur de Poudlard. C'est bien..., précisa-t-elle, le sourire mélancolique.

Cet instant mièvre dégouta le jeune garçon, d'ailleurs il n'osait même pas regarder le portrait de Severus Rogue, juste le fait de penser à lui le rendait comme... mal à l'aise. Il se précipita alors vers la jeune fille, lui agrippa le bras et la projeta plus loin. Toutefois, elle parvint à attraper sa baguette au passage, qui était accrochée à la ceinture du garçon, et la brandi en criant :

- EXPELLIARMUS !

Mais Drago, cette fois-ci, ne se laissa pas surprendre, et prononça le même sortilège au même moment, ce qui provoqua une explosion dans les airs, qui se répercuta sur le bureau de la directrice. Stupéfaits, les deux étudiants s'approchèrent lentement du bureau, et constatèrent avec soulagement qu'il n'était pas endommagé. Enfin... Le bureau était intact, hormis un splendide vase en or, qui dans le vrombissement sonore, était tombé du bureau pour se briser en deux.

Hermione se pencha délicatement, pris les deux morceaux dans ses mains et distingua qu'une phrase était inscrite dessus, « Félicitations pour votre nouvelle fonction, Directrice de Poudlard ». A cette lecture, elle se releva instantanément, comme si on venait de l'électrocuter.

- Oh non oh non oh non oh non, répéta la jeune fille, tétanisée.

- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?

Drago s'approcha d'elle et lu par-dessus son épaule l'inscription, coupée en plusieurs morceaux. Et il comprit. Ils venaient à l'instant de briser la Coupe du Directeur de Poudlard. La coupe offerte à tous les directeurs, un bien inestimable.

- Putain..., souffla-t-il, aucun autre mot ne pouvant franchir ses lèvres.

- Éloigne-toi Malefoy, je vais... je vais tenter de la réparer..., bégaya-t-elle.

Et pendant de longues minutes, elle tenta tous les sortilèges qu'elle connaissait pour réparer leur bêtise, mais aucun ne fonctionna, à croire que cette coupe n'était pas seulement belle, mais totalement magique.

- C'est de ta faute, gronda le Serpentard paniqué, tu te débrouilles avec ça.

- Il en est hors de question ! Tu as lancé le sort en même temps que moi, rétorqua la Gryffondor menaçante.

Mais Drago ne tint pas compte de sa remarque, il se précipita hors du bureau, suivit de près par Hermione.

- Ne me suis pas ! Garde ça loin de moi ! s'écria-t-il en s'enfuyant à toutes jambes.

Hermione portait encore les bris de la coupe dans ses mains, mais il était hors de question qu'elle laisse Malefoy s'en tirer alors que c'était lui qui l'avait mise dans ce pétrin. Elle s'élança à sa poursuite, décidée à ne pas le laisser filer. Elle allait le rattraper quand tous deux se figèrent en entendant une voix résonner non loin d'eux.

- Toi aussi tu as entendu un bruit bizarre, hein ma belle ? Certainement des élèves qui s'amusent, sans tenir compte du règlement en vigueur...

Drago et Hermione échangèrent un regard rapide, un seul nom leur vint à l'esprit : Rusard ! Rusard s'approchait dangereusement d'eux.

- Je... je m'en fiche, je suis préfet, c'est toi qui est en tort, balbutia Drago, peut convaincu de son raisonnement.

- Tu crois ça ? S'il nous attrape avec le vase détruit, nous sommes foutus, tous les deux, murmura Hermione, paniquée.

Il y a encore 7 ans, elle aurait eu le même raisonnement que Drago, mais aujourd'hui, elle savait que son seul moyen de ne pas se faire virer de l'école, c'était de ne surtout pas se faire coincer par Rusard, l'objet du crime entre les mains. Elle lança un regard foudroyant à Drago et s'écria :

- Attrape !

Drago attrapa sans le vouloir un des morceaux brisés de la coupe. La jeune fille le lui avait lancé pour qu'elle ne soit pas seule à se faire punir, s'ils se faisaient attraper.

- Putain mais j'en veux pas de ça ! Reprends-le ! fulmina le grand blond.

- Hors de question, tu le gardes !

Alors que les deux étudiants se disputaient, Rusard continuait d'avancer, dans moins d'une minute, il allait tomber nez à nez avec eux.

De son côté, Drago avait empoigné la jeune fille pour la forcer à reprendre le morceau de la coupe, tandis qu'elle s'évertuait à garder les mains closes, n'agrippant que ses propres bris. Miss Teigne apparut alors devant eux, le regard mesquin.

- Oh non..., gémit la Gryffondor.

- Et merde..., pesta le Serpentard.

- Alors ma belle, tu as trouvé quelque chose ? s'enquit le concierge de l'école.

Il illumina le couloir sombre de la lampe, afin de suivre le regard de sa chatte, mais il ne vit rien, le couloir était désert...

- On est où là ? demanda Drago, complètement perdu.

- Lumos, chuchota Hermione.

Les deux étudiants se trouvaient dans une grande salle, et au beau milieu de cette salle, trônait un splendide miroir.

C'est alors qu'ils déclarèrent à l'unisson :

- La salle sur demande...

Et voilà nos deux héros un peu dans la mouise =) Je remercie les quelques personnes qui ont commenté mes précédents chapitres, c'est très gentil ! Les prochains seront de plus en plus longs et le rapprochement entre les deux personnages de plus en plus intéressant ! Le prochain chapitre certainement pour jeudi =) Bisous