- Granger ! J'ai à te parler !
En entendant qu'on l'interpellait dans le couloir menant à la salle des potions, Hermione se retourna et découvrit l'expression rude de Pansy Parkinson. Cette dernière s'avança vers sa colocataire, le regard noir, la démarche menaçante, prête à tirer toute cette histoire au clair.
- J'ai une question à te poser, grogna-t-elle.
- Vas-y, se contenta de répondre Hermione, curieuse.
- Que s'est-il passé il y deux jours dans la Cabane Hurlante ?
Pansy Parkinson n'arrivait pas à penser à autre chose. Depuis que Drago était revenu de Pré-au-Lard et lui avait fait l'amour cette nuit-là, elle avait constaté qu'il se comportait étrangement. Bien sûr, ce changement de comportement était à peine perceptible, et aux yeux d'autrui, Drago restait le même garçon hautain, néanmoins, la jeune femme avait décelé autre chose, cependant elle n'arrivait pas à savoir quoi. C'est ainsi qu'elle en déduisit que la source du problème devait découler de la nuit dans la Cabane Hurlante, en compagnie de la Sang de Bourbe !
- Pourquoi cette question ? demanda Hermione, méfiante.
- Peu importe, contente-toi seulement de répondre, rétorqua sèchement Pansy.
- Pourquoi ne pas demander directement à Malefoy ?
- C'est à toi que je demande là ! siffla la Serpentard, ne souhaitant pas avouer à son interlocutrice que Drago ne voulait rien dire sur le sujet.
Mais c'était sans compter la perspicacité d'Hermione, qui devina aussitôt que de toute évidence, le grand garçon blond ne s'était pas montré très bavard. Sans même songer à le cacher, un sourire narquois illumina son visage, ce qui énerva prodigieusement la compagne de Malefoy.
- Tu vas répondre ou pas ? persifla la Serpentard, impatiente.
- Tu sais quoi ? Je vais être gentille et te le dire, répondit Hermione. Ton petit copain m'a jeté un sort pour me cloitrer dans la Cabane, j'ai fait de même, et quelques heures plus tard, le professeur McGonagall nous a trouvé. Fin de l'histoire.
- Ça je l'avais bien compris ! Merci ! Mais ça ne me dis pas ce que vous avez fait dedans !
Et c'est en entendant sa phrase qu'Hermione percuta. Cette simplette de Pansy semblait croire que la Gryffondor et le Serpentard avaient peut-être fait autre chose que s'insulter et se battre, cela aurait pu être hilarant si ce n'était pas à ce point surréaliste. Hermione allait rassurer la jeune fille, visiblement très inquiète, quand elle opta pour une autre tactique. Après tout, d'après ce que lui avait dit Harry, c'était de sa faute, si McGonagall les avaient trouvé, elle méritait bien une petite punition.
- Il n'a fait que m'insulter et me rabrouer, commença la jeune fille brune avant d'ajouter sournoisement, puis il m'a sauvé la vie.
Et sans même attendre la réaction de Pansy, elle fit volte-face et poursuivit son chemin jusqu'aux cachots. Il est vrai que ce genre de provocation n'était pas forcément du gout d'Hermione, cependant, elle se dit qu'une petite incartade de temps en temps ne pouvait pas faire beaucoup de mal. Une fois arrivée à destination, la jeune fille poussa la porte et sentit une chaleur étouffante s'en dégager.
- Mademoiselle Granger ! Fermez rapidement cette porte, aucun courant d'air ne doit pénétrer dans la pièce ! s'écria le professeur des potions.
Hermione se dépêcha d'entrer dans la salle avant de fermer la porte quand une autre personne y pénétra, Pansy Parkinson, visiblement de très mauvaise humeur. Sans tenir compte de l'expression assassine de sa colocataire, la jeune Gryffondor se dirigea difficilement vers sa table, suffocant dans le cachot à présent transformé en four géant. Hermione prit place à son bureau, essayant de ne pas attirer l'attention du Serpentard blond, ce dernier ayant la tête posée sur le pupitre, les yeux fermés. Une fois assise, la jeune femme regarda autour d'elle et constata que tous les élèves avaient retiré leur veste d'uniforme et relevé leurs manches, ce qu'elle fit aussitôt. L'air était tout simplement irrespirable dû à l'énorme chaudron, posé sur le bureau de Slughorn. Le récipient propageait un nuage de vapeur et stabilisait la température ambiante à environ 35 degrés. Hermione, toujours aussi studieuse, déposa ses affaires sur la table et commença à lire son livre de potions, de toute évidence, le cours d'aujourd'hui porterait sur l'art des illusions.
Alors que la Gryffondor parcourait les lignes de son manuel, elle aperçut du coin de l'œil, Pansy se retourner face à son pupitre et caresser les cheveux de Malefoy, qui ne broncha pas d'un poil. La Serpentard décida alors de s'avancer davantage, pour ainsi poser sa tête près de celle du blond, tout en fermant les yeux et en continuant de passer sa main dans la chevelure dorée de son ami. Hermione détestait réellement assister à ce genre de scène, que ce soit entre Malefoy et Pansy que pour un autre couple. Ces gestes doux et amoureux lui renvoyaient constamment au visage sa propre solitude, son désert sentimental, son avenir de vieille fille entourée de chats... La jeune femme brune tenta vainement de s'intéresser à sa lecture, sans succès, son regard se portant inévitablement sur le couple d'amoureux présent à côté d'elle, et tout particulièrement sur Malefoy.
Le garçon était en nage, des gouttes de sueurs perlaient sa peau, la Gryffondor se dit alors qu'elle-même ne devait pas être dans un meilleur état.
« Par Merlin... A quoi vais-je ressembler à la fin de ce cours ? Il fait tellement chaud... Je suis là depuis seulement cinq minutes et j'ai déjà l'impression de me liquéfier, et le cours n'a même pas encore commencé ! Et toute cette humidité... A quoi bon passer des heures à essayer de me coiffer si c'est pour qu'ils gonflent dès qu'il pleut, dès qu'il fait trop chaud, dès que je pose la tête, dès que je bouge en fait ! » pesta mentalement la jeune fille.
Encore une fois, son regard se porta sur le couple silencieux. Elle nota tout de même quelques changements dans l'expression du garçon. A présent, ce dernier affichait un léger sourire, jamais elle n'avait vu un tel sourire chez lui, exempt de toute trace de méchanceté ou de sournoiserie. Le grand garçon blond semblait réellement prendre plaisir à ces caresses, ce qui éveilla une note de jalousie chez Hermione. Puisqu'elle aussi aurait aimée qu'on lui caresse langoureusement les cheveux, mais qui ce serait risqué à mettre sa main dans ses cheveux rebelles ? L'étudiante attarda alors son regard sur les épaules de Malefoy et remarqua avec surprise qu'elles étaient tendues, d'ailleurs tout son corps semblait mal à l'aise, ce qui contredisait son expression paisible. Hermione avait l'étrange impression que le garçon souhaitait s'en aller en courant tout en se délectant des caresses. Un comportement paradoxal mais qui n'étonnait que peu la femme brune, après tout Drago Malefoy n'avait jamais été un homme très équilibré.
- Ma main dans tes cheveux te fait du bien ? demanda Pansy souriante, les paupières toujours closes.
En entendant la voix de sa compagne, Drago se redressa brusquement, le regard hagard, ne semblant pas savoir exactement où il se trouvait.
- Ça ne va pas ? s'enquit Pansy, apeurée.
Le Serpentard l'ignora royalement et passa ses mains sur son visage livide, frottant frénétiquement, comme s'il voulait le nettoyer. Hermione continua de l'observer, effarée devant un tel comportement bizarre, même Pansy n'osait émettre le moindre son. Les deux jeunes filles échangèrent un rapide regard consterné quand le professeur des potions prit la parole :
- Un peu de silence ! Comme vous pouvez le constater, il fait une chaleur étouffante, annonça-t-il en souriant, sa remarque fut d'ailleurs accompagnée de quelques grommellements. Je sais, ce n'est pas très agréable, mais cette chaleur est indispensable pour cette potion ! La potion des Illusions ou encore appelée Nectar Fantasmagorique ! Ce breuvage permet à celui qui le boit, de plonger dans un songe éveillé.
- A quoi cela peut-il bien servir Monsieur ? Autant dormir pour de bon ! s'exclama Seamus.
- Vous avez bien raison Monsieur Finighan, répondit le professeur amusé. Néanmoins, ce nectar peut vous permettre de vivre, ne serait-ce qu'un court instant, le plus incroyable de vos fantasmes !
A ces mots, plusieurs sifflements admiratifs se firent entendre.
- Bien entendu, en boire trop souvent peut rendre fou un homme, c'est pourquoi j'ai décidé de vous apprendre à concocter cette potion de façon intelligente. C'est-à-dire, en diminuant les dosages indiqués ! expliqua le professeur d'une voix forte. A présent, écoutez-moi bien, puisqu'au prochain cours, vous devrez la réaliser vous-même !
Des bruissements de feuilles résonnèrent dans toute la salle. La Gryffondor risqua un coup d'œil rapide en direction de son collègue de pupitre, Pansy avait regagné sa place et Malefoy cherchait dans ses affaires un parchemin vierge. Hermione ne cessait de penser à la réaction pour le moins saugrenue du jeune homme. Tout d'abord, on aurait dit qu'il avait été dérangé par la voix de Pansy, Hermione se dit alors, en pouffant silencieusement, qu'il devait certainement être en train de penser à une autre femme.
« Pauvre Pansy... » songea ironiquement Hermione.
Puis la façon dont il avait frotté son visage, à croire qu'on lui avait craché dessus, ou pire, qu'Hermione elle-même avait osé le toucher. La Gryffondor décida de ne plus y penser et commença à prendre soigneusement par écrit, le cours et les explications fournis par Monsieur Slughorn. Les minutes défilèrent sans qu'Hermione ne décolle le nez de son parchemin. Elle allait prendre une nouvelle feuille, la précédente étant noire d'encre, quand elle leva les yeux et croisa le regard de Drago. Ce dernier était assis sur sa chaise, raide comme un poteau, les mains jointent sur la table, son parchemin parfaitement vierge prouvait qu'il n'avait pas écrit le moindre mot, se contentant de l'observer sans un mot. Désarçonnée d'être scrutée de la sorte, la jeune fille prit la parole.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Quoi ?
- Tu as quelque chose à me dire ? demanda Hermione, agacée du comportement atonique de son voisin de table.
- Non, répondit-il laconiquement, sans pour autant détourner le regard.
- Pourrais-tu fixer quelqu'un d'autre alors ? réclama la jeune femme.
- Oui.
- Merci bien ! souffla-t-elle avant de retourner à ses papiers.
Toutefois, il ne fallut pas plus de dix secondes à la Gryffondor pour s'apercevoir que Malefoy continuait de la fixer.
- Tu n'as pas dit que tu pourrais regarder une autre personne ? grogna-t-elle, proche de l'énervement.
- Si, répondit-il en souriant.
- Tu ne l'as pas fait ! bourgeonna-t-elle, irritée devant le sourire en coin de Malefoy.
- J'ai dit que je pourrais, pas que j'allais le faire Granger, expliqua le garçon blond simplement.
- Très bien, fais ce que tu veux..., finit-elle par lâcher avant de reprendre ses notes.
Hermione continua alors de prendre le cours, sans pour autant chercher à le comprendre. Puisqu'en effet, elle pouvait sentir le regard pesant de Malefoy sur elle, ce qui la mettait extrêmement mal à l'aise. Elle s'était pourtant dit qu'il finirait par se lasser, mais non, à croire que sa patience était sans limite lorsqu'il s'agissait de l'énerver. N'y tenant plus, elle fit face à Drago, le regard rageur, et lui demanda méchamment :
- Pourquoi tu me regardes au juste ?
- Parce que j'ai peur..., avoua-t-il, le regard honteux.
- Peur de quoi ? s'enquit-elle, toute trace de rage envolée.
- J'ai peur de... de..., bredouilla le garçon, la mine basse.
- Oui ? l'encouragea la jeune fille.
- Peur de détourner le regard et de me faire attaquer par tes cheveux ! Non mais ce n'est pas croyable ! On dirait qu'ils sont vivants et prêts à m'agresser ! répliqua le garçon dans un éclat de rire.
La moutarde monta rapidement au nez de la jeune fille. Dire qu'elle croyait qu'il n'allait pas bien, alors qu'il voulait seulement se moquer d'elle, une fois de plus. Folle de rage, car incroyablement susceptible dès qu'on osait ridiculiser ses cheveux, elle prit sa baguette et la pointa vers Drago, prête à le faire voltiger à l'autre bout du cachot.
- Allons, que se passe-t-il là-bas ? tonna le professeur, quelque peu fâché d'entendre un élève rire alors qu'il expliquait la phase la plus importante de la conception.
- Excusez-nous, professeur ! dit Hermione d'une petite voix.
Le professeur Slughorn reprit alors ses explications, en lançant tout de même un regard lourd de reproches aux deux étudiants, qu'il considérait comme étant ses préférés de ce groupe. Pansy elle-même s'était retournée dans le but de leur lancer un regard contrarié, exaspérée d'entendre Drago rire en compagnie de la fille de moldus, alors qu'il affichait constamment une mine impassible quand elle-même cherchait à le faire rire, ou du moins sourire.
- Désolé Monsieur, je suis vilaine Monsieur, je n'ai appris que les 350 premières pages du manuel Monsieur, chuchota Drago, imitant la voix de la Gryffondor.
- Silence..., marmonna Hermione, les poings serrés.
- Mais dites-moi Monsieur, pourquoi ma vie est-elle si pitoyable alors que j'essaie tant bien que mal de vivre ce que je lis ? continua-t-il sur le même ton.
- Tu vas te taire oui ? gronda la lionne, sans pour autant le regarder.
- Monsieur ? Quand est-ce que mon meilleur ami va-t-il enfin tomber amoureux de moi ? s'esclaffa-t-il méchamment.
- Je te déteste !
Hermione lui cracha ces trois mots en le regardant droit dans les yeux. Jamais elle n'avait admis ouvertement qu'elle haïssait Drago Malefoy, c'était à ses yeux, une preuve de faiblesse que de détester quelqu'un qui n'avait jamais réellement et directement porté atteinte à sa personne, physiquement en tout cas. Mais en l'entendant ironiser, parodier, humilier ses sentiments, sa haine à l'égard du garçon était sortie toute seule, comme si elle avait gardé prisonnière sa rage depuis tellement d'années, qu'elle venait finalement d'exploser.
- Ce n'est pas vrai ? Hermione Granger, sang-de-bourbe de grande lignée, me... Oserais-je le dire ? Me déteste ? railla-t-il, le regard pourtant froid.
Le poing serré sur la table, elle préféra regarder fixement devant elle plutôt que de devoir répondre aux insultes déguisées de Malefoy. La jeune fille pouvait entendre son cœur battre à tout rompre, son sang affluer dans ses veines, son pied battre énergiquement le sol. En cet instant précis, elle aurait aimé pouvoir se lever et rouer de coups le visage goguenard de son voisin de table, cependant elle savait pertinemment que c'était tout bonnement impossible.
La Gryffondor s'attendait à recevoir d'autres remarques acerbes de la part de son adversaire, mais rien ne vint. Ne souhaitant pas lui faire face et ainsi le pousser à remettre le couvert, elle observa subtilement du coin de l'œil le Serpentard. Ce dernier était encore plus stoïque qu'avant, elle pouvait même déceler sa gêne de par ses muscles contractés et sa mâchoire soudée. Elle devina la trajectoire du regard du garçon, qui semblait ne pas lâcher le chaudron des yeux, tout en se mordant continuellement et très légèrement la lèvre inférieure.
« C'est définitif, ce garçon devient complètement zinzin... » pensa Hermione, médusée par ce nouveau changement d'humeur.
Toutefois, sa curiosité s'arrêta là, et c'est avec entrain qu'elle reprit le cours où elle l'avait laissé, tout en songeant qu'elle allait devoir demander les notes à Neville pour rattraper ces quelques minutes manquantes.
Puisqu'en effet, dans toute sa rage et sa rancœur, Hermione n'avait pas remarqué que son bras nu, posé sur la table, effleurait à présent celui du Serpentard. Ce que Drago découvrit aussitôt, ce qui eut pour impact de le faire taire brutalement. En sentant sa peau frôler délicatement celle de la Gryffondor, une vague de chaleur inexpliquée l'envahit d'un seul coup, une chaleur bien plus pesante et oppressante que celle présente dans la salle de classe. A ce simple frôlement, le grand garçon blond n'osa plus bouger ni même détourner son regard du bureau du professeur. Bien qu'il fixait avec insistance le chaudron fumant, il ne voyait rien du tout, toutes ses émotions et ses sens décuplés s'étaient à présent concentrés sur son avant-bras.
Le garçon savait, il savait pertinemment qu'il aurait dû rompre à l'instant même ce contact tout en criant que sa peau était maintenant souillée. Il devait réagir, la pousser ou même changer de place. Mais il ne fit rien, ce qui l'exaspéra grandement. Néanmoins, il osa tourner son regard vers la jeune femme, vers cette sang-de-bourbe qui lui donnait l'impression d'être un parfait imbécile. La jeune femme brune était en train d'écrire, à une vitesse folle, sur son parchemin. Enfin, il en déduisit qu'elle était en train d'écrire, ses cheveux tombaient sur ses épaules, lui cachant presque intégralement le visage. Ses cheveux, non mais quelle tignasse ! Ils étaient aussi épais que ceux de Drago étaient fins, aussi bouclés que les siens étaient raides, aussi...
Le garçon se força alors à détacher son regard des cheveux de la Gryffondor pour finalement tomber sur son bras, sa manche grossièrement relevée laissait dévoiler une peau lisse et quelque peu brillante de sueur. Collée ainsi à celle de Drago, la peau hâlée de la jeune femme contrastait avec celle pâle du garçon. En trempant sa plume dans l'encre de son autre main, Hermione bougea de quelques millimètres son bras, ce qui accentua la pression sur celui de Malefoy. Ce simple mouvement électrisa l'étudiant, et c'est contre son gré qu'il laissa glisser son regard plus bas, jusqu'aux jambes découvertes de la femme brune. A présent il se haïssait réellement, il se détestait d'imaginer sa main s'approcher lentement des jambes de la lionne, il se maudissait de visualiser cette même main effleurer puis caresser cette jambe alléchante, il se méprisait de vouloir relever délicatement sa jupe pour...
- Monsieur ! Je ne me sens pas très bien ! Les vapeurs exhalées par la potion sont-elles nocives ? demanda Ernie Macmillan d'une voix faible.
- Normalement non... Mais il se peut qu'elles produisent quelques effets secondaires sans grande importance, assura-t-il. Si ça ne va vraiment pas, je vous conseille d'aller à l'infirmerie, ajouta-t-il tout de même.
Drago sortit alors de sa torpeur et rompit brutalement le contact avec la jeune femme, ignorant délibérément au passage son impression d'inassouvissement. Le jeune garçon se prit alors la tête entre les mains, cherchant à reprendre son souffle.
« Bien sûr, ce sont les effluves de cette potion qui m'ont rendu dingue... Putain, ce truc est vraiment écœurant » se persuada-t-il férocement.
Le garçon resta ainsi, le visage dans les mains, un long moment, quand il sentit qu'on lui donnait un coup de coude. Interloqué, il releva la tête et découvrit un petit morceau de papier devant lui, qu'il déplia d'un geste brusque. Il put y lire :
Je crois que ta petite amie ne va pas très bien, tu devrais lui parler
N'y croyant pas ses yeux, il relu le papier plusieurs fois avant de regarder Hermione, cette dernière était plongée dans ses notes, mais il put tout de même apercevoir qu'un petit morceau de papier avait été déchiré du parchemin. Ne comprenant pas pourquoi Hermione Granger se souciait de l'état de Pansy, il songea tout de d'abord à jeter le mot en lui signifiant qu'elle devait s'occuper de ses affaires, quand sa curiosité l'en empêcha. Après tout, autant aller plus loin et l'envoyer paitre par la suite.
Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
Visiblement étonnée d'avoir une réponse de la part de Malefoy, elle prit sa plume pour écrire quelques mots rapides. Drago l'a regardait s'activer sur sa plume avec amusement, à ses yeux, cette fille était aussi subtile et délicate qu'un ours en train de manger. Sans échanger un seul regard, la jeune fille fit glisser le papier du bout de l'index, jusqu'à son voisin de table, qui l'ouvrit aussitôt.
Avant le cours, elle m'est tombée dessus pour savoir ce qui s'était passé dans la Cabane Hurlante. Je ne sais pas trop à quoi elle pense, mais ça semble assez sordide
En lisant ses mots, le cœur du Serpentard loupa un battement. Penser à sa nuit dans la Cabane Hurlante, et surtout à ce qui c'était passé par la suite dans les dortoirs, n'étaient pas des souvenirs agréables pour le garçon. De plus, ce que pouvait imaginer Pansy ne l'importait guère, de toute façon, elle resterait toujours très loin de la vérité. Drago attrapa alors sa plume et répondit rapidement à la femme brune, évitant cette fois-ci tout contact avec elle, lorsqu'il lui donna sa réponse.
Mêle-toi de tes fesses, elles en auraient davantage besoin
Ne souhaitant pas se disputer à nouveau, la Gryffondor se contenta d'hausser les épaules en dégageant le mot un peu plus loin d'elle. Et c'est au bout de deux heures de calvaires, que le cours prit fin. Tous les élèves sortirent en courant de la salle, savourant l'air frais présent dans le couloir. Pour une personne extérieure, cette scène devait d'ailleurs être réellement loufoque. Une trentaine d'élèves, suant de la tête aux pieds, debout dans le couloir, les yeux fermés, affichant un sourire de satisfaction tout en brassant de l'air. Hermione, ne souhaitant pas s'attarder avec ses camarades, se dépêcha de regagner le dortoir, espérant ainsi prendre une bonne douche, quand elle aperçut son reflet dans un miroir. A peine s'était-elle regardée qu'elle sursauta. Malefoy avait bien raison de se moquer d'elle, ses cheveux semblaient réellement dotés d'une vie propre, un peu comme le Saule Cogneur. Soupirant de lassitude, elle continua son chemin vers la salle commune.
Drago était le dernier dans la salle, ne s'étant pas précipité en-dehors du cachot comme le reste des étudiants. Il rangea méticuleusement ses affaires, bien que qu'elles ne lui aient servis à rien, et mis son sac sur ses épaules. Il allait s'en aller quand un morceau de papier, trainant sur la table, attira son attention. D'un geste fluide, il saisit le morceau et s'en alla. Tout en arpentant le château, il fit jouer le papier entre ses doigts, s'amusant à le faire tourner et virevolter dans les airs.
- Drago ! Attends-moi !
En entendant la voix de Pansy qui l'interpellait, il glissa rapidement le papier dans sa poche, et se retourna pour lui faire face, en soupirant.
Hermione, enfin arrivée dans la salle commune, allait gravir les marches lui permettant d'accéder à sa chambre quand Neville déboula devant elle, un peu perdu.
- Neville ? Ça ne va pas ? demdanda Hermione, soucieuse de l'état de son ami.
- Je... heu..., bafouilla-t-il, le regard baissé.
- C'est encore Malefoy c'est ça ? Il ne te laisse pas tranquille ?
- Non pas du tout, au contraire. Cela fait depuis un ou deux jours qu'il est bizarre, répondit-il en chuchotant.
- Bizarre ?
- Oui ! Par exemple hier, alors que je sortais de la salle de bain, je l'ai trouvé assis sur son lit, le regard perdu dans le vague, c'était assez étrange, lui confia son ami.
- Je vois..., murmura Hermione, qui se dit qu'elle n'était pas la seule à trouver le comportement du Serpentard insolite. Mais peu importe, que t'arrive-t-il ? demanda-t-elle curieuse.
- Ça ne va pas te plaire...
- Je suis sure que tu exagères ! Tu peux tout me dire, je pourrais peut-être t'aider, ajouta la jeune fille dans le but de le rassurer.
- Et bien voilà... Je crois que je suis tombé amoureux d'une Serpentard...
Alors franchement un gros gros merci à toutes celles qui eut la gentillesse et la patience de me laisser une review ! J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira tout au tant que le précédent ! Le prochain chapitre va être vraiment sous tension... héhé...
