- Allons, maintenant répète moi ça, chuchota Hermione interloquée.
Les deux amis avaient pris place sur le lit de Neville, afin de ne pas attirer l'attention, bien que la salle commune soit presque déserte, tous les élèves étant en cours.
- Hermione, tu vas être en retard par ma faute, se lamenta Neville, regrettant déjà sa confidence.
- Je vais te dire Neville, que ce que tu viens de m'apprendre m'intéresse déjà beaucoup plus que les cours !
- Ce n'est pas possible ! s'exclama-t-il, certain d'avoir mal interprété les paroles de la jeune fille.
- Tu es un de mes meilleurs amis, et connaissant les Serpentards, je préfère t'écouter plutôt que de participer au cours de Madame Chourave.
Touché par cette marque d'affection, le timide garçon se décida enfin à tout lui raconter :
- Avant je ne l'avais jamais remarqué, mais depuis cette nouvelle répartition, tout a changé. Elle s'appelle Daphné Greengrass.
- Je crois savoir qui c'est... Une grande fille brune, vraiment mignonne d'ailleurs pour une Serpentard, plaisanta-elle en le gratifiant d'un clin d'œil.
- Oui, très. Mais elle est surtout très gentille, ce qui est étonnant, connaissant son ancienne maison, lui confia-t-il. Pas plus tard qu'hier, elle m'a aidé à ramasser tous mes livres que je venais de faire tomber. Puis il y a une semaine, elle m'a aidé à rédiger un devoir...
- Il est vrai que c'est très aimable de sa part, affirma Hermione.
- Mais je suis un Gryffondor, et pas très malin, jamais elle ne voudra de moi, soupira-t-il triste.
- Je vais reformuler cette phrase si tu me le permets bien : Je suis un Gryffondor courageux, gentil, généreux, prêt à n'importe quel sacrifice pour aider les gens que j'aime. Est-elle assez digne de moi ? souffla la jeune fille d'une voix ferme.
- Hermione, je ne suis pas du tout comme ça, chuchota le garçon, les joues rosies de plaisir et de gêne.
- Non ! Tu es même mieux que ça ! Alors si cette fille te plaît, Serpentard ou pas, et si c'est vraiment une fille bien, elle ne pourra que répondre à tes sentiments, Neville ! assura Hermione en lui prenant les mains.
- Comme c'est adorable..., lança une voix faussement mielleuse.
Les deux étudiants assis sur le lit sursautèrent en même temps. Drago Malefoy se tenait à l'embrasure de la porte, tout sourire.
- Non non, ne vous dérangez surtout pas pour moi, je ne fais que passer, clama-t-il ironiquement.
- Alors passe, marmonna Hermione, le visage dur.
- Mais dis-moi, tu conseilles à Londubat de courir après une Serpentard ? Ce n'est pas ton genre ça...
- A croire que tous les Serpentards ne sont pas aussi machiavéliques que toi et ta petite bande, susurra la femme brune.
La Gryffondor n'était tout de même pas certaine de ses propos. Après tout, elle ne connaissait pas cette Daphné, et Neville était si naïf, c'est pourquoi elle devait être certaine que cette personne était une fille bien, avant de laisser Neville se perdre dans ses bras. Toutefois, il était impensable qu'Hermione dévoile son doute en présence de Malefoy, il saurait en jouer pour ainsi l'attaquer.
- A croire que ceux de ma maison n'ont toujours pas compris qu'il valait mieux fréquenter des gens recommandables plutôt que la vermine, rétorqua-t-il cyniquement, en lançant un regard meurtrier à Neville.
- Je pense qu'ils l'ont au contraire bien compris, puisqu'ils ont décidé de ne plus te fréquenter Malefoy ! répondit Hermione sur le même ton.
- Tu devrais arrêter de me répondre Granger, menaça le grand garçon.
- J'arrêterai de me défendre quand tu arrêteras de m'attaquer. Au lieu de me parler, va plutôt discuter avec ta petite copine, ce sera bien plus utile, ajouta la lionne, ravie de lui rappeler que son couple battait de l'aile.
- Londubat, dégage de cette chambre, ordonna Malefoy, le regard fixé sur Hermione.
- Non, je reste, elle reste, et toi tu t'en vas ! s'écria-t-il, en se relevant, peu sûr de lui.
- Oh ! Une démonstration de courage ? Tu veux impressionner ta copine ? railla le garçon.
- Neville, ne t'en fais pas, vas-y, dit Hermione d'une voix douce. Je règle cette histoire et je file te rejoindre, d'accord ?
- Mais... Hermione..., bredouilla le garçon, incapable de la laisser seule avec Malefoy.
- Préviens le professeur Chourave que j'arrive d'accord ? lui demanda-t-elle en souriant.
- D'accord..., concéda le garçon.
Il s'approcha alors de la porte, tout en lançant au passage un regard noir à son colocataire, puis referma délicatement la porte derrière lui.
- Alors Malefoy ? Que vas-tu faire ? Me pétrifier ? Me tuer ? ironisa-t-elle, les bras croisés sur sa poitrine.
- Ne parle plus jamais de Pansy devant moi, siffla le garçon.
- Je m'en contre fiche de tes problèmes sentimentaux Malefoy, alors ne t'en fais pas, cela ne risque plus d'arriver, déclara-t-elle, dédaigneuse.
Et sur ces mots, elle passa à côté de Malefoy dans le but d'aller dans sa chambre, arranger quelques-unes de ses mèches rebelles, quand, contre toute attente, elle se sentit levée du sol et projetée contre le mur. Sans même comprendre ce qui lui arrivait, Hermione était plaquée contre le mur, ses pieds ne touchant même plus le sol, tout son corps étant retenu par Malefoy.
- Mais qu'est-ce que..., commença la Gryffondor en essayant de le repousser, ce qui aggrava davantage la situation.
Le Serpentard attrapa les mains de la jeune femme et les emprisonna de ses longs doigts, accentuant ainsi la pression de ses jambes et de son bassin sur le corps fébrile d'Hermione, l'immobilisant ainsi complètement. La jeune fille pouvait sentir le souffle chaud du garçon contre son cou, son visage plongé dans la crinière de la lionne. Hermione s'attendait à ce qu'il lui dise quelque chose à l'oreille, une menace ou une injure, mais aucun mot ne franchit les lèvres du garçon. La seule chose qu'Hermione pouvait percevoir, étaient les battements de cœur de Malefoy, ces derniers semblaient résonner dans son propre corps à elle.
Puis il la lâcha subitement, s'éloigna d'elle, lui tournant le dos et plongea son regard sombre par la fenêtre. Muette de stupeur, Hermione se releva et réajusta sa jupe, celle-ci ayant été relevée par les jambes pressantes du jeune homme. Ne sachant comment réagir, hésitant entre un hurlement de rage et une remarque acerbe, elle préféra quitter la chambre en silence. Une fois la porte refermée, elle se laissa tomber contre elle, les jambes tremblotantes. La Gryffondor était désarçonnée, maudissant le Serpentard de s'être jouer d'elle de cette façon. Elle était sûre et certaine qu'il avait établi une telle promiscuité dans le seul but de la déstabiliser et d'avoir ainsi l'ascendant, et elle dû reconnaitre, qu'il avait réussi. Hermione s'obligea alors à quitter le dortoir pour rejoindre la salle de classe, omettant totalement la première raison de sa venue dans le dortoir, c'est-à-dire, arranger ses cheveux.
Quant à Drago, il resta planter devant la fenêtre, les mains serrées dans le dos, les iris étincelants. Il ne parvenait pas à comprendre sa réaction, tout était passé si vite qu'il en avait été le premier surpris. Ils étaient en train de se rabrouer chacun leur tour, quand elle était passée à côté de lui, et là, sans aucun contrôle de son corps, il s'était jeté sur elle. C'était son odeur. En s'approchant de lui pour pouvoir sortir, des effluves enivrants étaient parvenus à ses narines, le poussant ainsi à plonger son visage tout entier dans l'essence même de ce parfum, les cheveux de la Gryffondor. Puis il visualisa les jambes de la femme, presque totalement dénudées contre lui, les cuisses légèrement écartées, uniquement maintenues par ses propres jambes à lui.
« Raaa... Ce n'est pas vrai ! Ce cours de potion m'a totalement ravagé le cerveau ! », pensa-t-il rageusement, la chaleur qu'il avait senti monter dans son bassin n'étant toujours redescendue.
Le reste de la journée fut bien plus paisible pour les deux jeunes gens, qui prirent grand soin de ne surtout pas se croiser, que ce soit en cours ou dans le dortoir. Alors que le diner fut englouti et les devoirs faits, du moins pour Hermione, les trois amis inséparables discutèrent tranquillement dans la salle commune, bien au chaud près du feu.
- Neville est amoureux ? s'exclama Ron.
- Et d'une Serpentard ! renchérit Harry, tout aussi médusé que son ami.
- Taisez-vous ! siffla Hermione, craignant que quelqu'un ne l'entende. Déjà que Malefoy est au courant, je ne veux pas que Neville sache que j'ai dévoilé son secret.
- Oui mais à nous, ce n'est pas bien grave, rassura le garçon à la cicatrice.
- Tu plaisantes ? Regarde un peu la tête de Ron, il est prêt à courir chez Neville pour se moquer de lui, grogna-t-elle en bousculant le grand roux.
- Le taquiner seulement, répondit-il, un sourire malicieux peint sur les lèvres. Puis de toute façon je n'ai rien à dire, après être sorti avec Lavande, je ne vais certainement pas critiquer les relations amoureuses des autres, admit-il sincèrement.
- Même pas la mienne ? plaisanta Harry.
- Surtout pas la tienne ! D'ailleurs je préfère ne pas en parler, affirma-t-il en poussant son meilleur ami du canapé.
En tombant, Harry attrapa la manche de Ron afin de l'entrainer dans sa chute, et c'est une fois par terre, que les deux amis partirent dans un grand éclat de rire, suivi de peu par Hermione et le reste des élèves présents dans la salle commune. Cependant, le sourire d'Hermione s'effaça quelque peu à la vue d'un garçon, Drago Malefoy, qui sortait de sa chambre en compagnie de Crabbe, Goyle et Pansy. La Gryffondor n'avait pas dit à ses deux amis les brimades incessantes et les gestes de violence du garçon blond à son encontre. Voir Harry tellement heureux de vivre enfin sa première année tranquille à Poudlard, empêchait la jeune fille de lui confier ses rancœurs. Bien entendu, elle ne pouvait pas non plus en parler à Ron, ce dernier se précipiterait de tout raconter à Harry, en criant vengeance. Puis de toute façon, elle était assez grande pour régler ses problèmes toute seule. Elle suivit du regard Drago, quand le jeune homme se retourna et lui fit signe de le suivre. Éberluée, elle l'interrogea du regard et lui fit comprendre qu'elle n'allait certainement pas accourir à son appel, comme un bon petit toutou, quand Harry, qui avait perçu l'échange silencieux entre le Serpentard et la Gryffondor, s'approcha d'elle et lui murmura à l'oreille :
- On est lundi soir et il est 21h, je pense que tu dois aller faire ta ronde, moi-même je ne vais pas tarder à y aller avec Ron, Neville, Dean et Seamus.
- Oh non... J'avais oublié ! soupira-t-elle en se levant.
- Nous allons vérifier l'aile gauche du château, si ces nuls t'énervent, retrouve-nous là-bas, d'accord ? suggéra Ron, triste devant la mine abattue de son amie.
- D'accord, souffla la jeune fille en sortant de la salle commune.
Debout dans le couloir sombre, les quatre Serpentards l'attendaient, la mine renfrognée.
- La sang-de-bourbe se fait désirer comme une princesse, railla Pansy, accompagnée des rires stupides de Crabbe et Goyle.
- Bon allez, on y va, je ne compte pas passer toute la nuit ici, grommela le grand blond d'une voix trainante.
Et ce sont sur ces charmantes joyeusetés que la ronde d'Hermione, en compagnie des personnes les plus détestables de Poudlard, commença. A vrai dire, la jeune femme brune s'était attendue à bien pire, elle pensait réellement que les quatre individus allaient passer la soirée à l'humilier, la rabrouer et l'insulter, mais rien de tout cela ne se produisit. Malefoy marchait en tête, peu enclin à parler à la Gryffondor, Pansy collée à son bras lui murmurait pleins de choses à l'oreille, tandis que Crabbe et Goyle s'amusaient à se bousculer le plus violement possible. Puis la Gryffondor fermait la marche, trois mètres plus loin. C'est alors qu'elle aperçut deux petites ombres, cachées derrière une imposante armure. Baguette en main, elle s'approcha de l'armure à pas feutrés, prête à surprendre les rôdeurs, quand elle se retrouva nez à nez avec deux jeunes étudiantes, de première ou deuxième année, visiblement tétanisées de peur.
- Mais que faites-vous là ? demanda Hermione d'une voix douce, pour les rassurer.
- Nous heu..., commença en bégayant la plus petite des deux. Peeves nous a dit qu'il y avait un... un des nombreux trésors de Poudlard cachés ici.
- Peeves ne raconte que des histoires, il ne faut pas le croire ! affirma Hermione.
- Oui, nous sommes désolées, s'excusa l'autre petite fille.
- Quel est le numéro de votre dortoir ?
- Dortoir N°1 groupe B, marmonnèrent à l'unisson les deux filles apeurées.
- Je vois, murmura Hermione, consciente qu'en première année cela puisse être difficile de devoir appliquer le règlement à la lettre.
De plus, la jeune femme ne put s'empêcher de sourire, elle se revoyait arpentant les couloirs sous la cape d'Harry quelques années plus tôt. Bien qu'en première année, elle avait déjà dû faire face à un chien à trois têtes au bout de quelques semaines de cours seulement. C'est alors qu'elle se dit que le professeur McGonagall avait bien fait de ne pas l'avoir élue Préfète cette année, elle aurait été bien incapable de punir un élève parce que ce dernier se promenait le soir dans l'école, elle-même l'ayant fait tellement de fois...
- Qu'est-ce-que vous foutez là ? aboya une voix derrière son dos.
Drago Malefoy s'avança en direction des trois filles, les deux premières années semblèrent se tasser sur elles-mêmes à la vue de l'imposant Serpentard. Hermione s'interposa alors entre les deux étudiantes et Malefoy.
- Elles ont été piégées par Peeves, étant en première année et ne connaissant pas les facéties du fantôme, j'ai décidé de les laisser regagner leur dortoir avec un simple avertissement, déclara la jeune femme brune d'un ton ferme.
- Qui a dit que tu pouvais décider de quoique-ce soit ? Je suis le préfet, je prends les décisions, maintenant pousse-toi, répliqua-t-il en l'écartant d'un coup de coude. Vous êtes de quelle maison ? demanda le garçon méchamment.
Les deux étudiantes se regardèrent, toutes deux déconcertées, ne sachant quoi répondre.
- Elles sont en première année, répéta Hermione énergiquement, elles n'ont pas de maison !
- McGonagall est aussi bête que Dumbledore pour avoir osé supprimer les maisons, susurra-t-il férocement.
- Le professeur McGongall, tout comme le professeur Dumbledore, a été extrêmement gentille en acceptant quelqu'un comme toi dans cette école ! clama Hermione, la tête haute.
Depuis le début de leur échange, Drago consentit enfin à regarder Hermione, ses iris gris lançant de dangereux éclairs.
- Vous deux, dégagez avant que je ne change d'avis, dit-il fermement en ne lâchant pas Hermione des yeux.
- M... Merci, bredouillèrent les deux petites filles avant de s'enfuir à toutes jambes.
La Gryffondor et le Serptentard, à présent seuls dans le couloir, se regardèrent en chiens de faïence.
- J'en ai vraiment ma claque de t'avoir dans les pattes Granger, grogna-t-il.
- Que devrais-je dire ? C'est de ta faute si je me retrouve ici avec toi ce soir, c'est encore de ta faute si je me suis fait agressée dans la Cabane Hurlante, et toujours de ta faute si je me retrouve à côté de toi en cours de Potions, sans oublier la fois où, par ta faute, on a cassé le vase ! s'écria-t-elle énervée.
- Ah oui ? demanda-t-il, ironique.
- Et puis j'en ai marre de partager tous ces secrets avec toi, continua-t-elle, prête à tout déballer. Le vase, la salle sur demande, le Mangemort dans la Cabane Hurlante !
- Crois-tu que ça me fasse plaisir de partager tout ça avec une sale sang de bourbe ! grommela le garçon.
- Et nous n'avons même pas réglé la question du vase, poursuivit la Gryffondor, ignorant délibérément la remarque du garçon. Il faut qu'on y retourne ! Qu'on le répare !
- Ce sera sans moi, à mes yeux, cette affaire est définitivement close.
- Et le Mangemort qui connaissait ton nom ? Histoire close aussi ?
- Je m'en fiche royalement..., murmura le garçon en serrant les poings.
- Mais bien sûr ! J'oubliais ! Entre Mangemorts, normal que vous vous connaissiez ! s'exclama-t-elle d'un air moqueur.
Hermione venait à peine de prononcer ces mots que Drago bondit sur elle, attrapa sa gorge et la souleva d'une main, serrant encore davantage sa poigne autour de son cou. Suffocante, Hermione agrippa férocement la main du garçon, espérant vainement le faire lâcher prise. Pour la deuxième fois de la journée, Hermione était plaquée contre le mur, ses pieds ne touchant pas le sol, sauf que cette-fois la situation était plus critique, puisque le Serpentard resserrait de plus en plus son étreinte, visiblement prêt à l'étrangler. Alors que la jeune femme était en train de manquer d'air, battant frénétiquement des pieds, espérant l'attendre et le frapper de toutes ses forces, un flash lui revint brutalement en mémoire.
« ... Les mains de Malefoy se firent davantage pressantes, remontant jusqu'à la nuque de la Gryffondor, oscillant entre tendres caresses et vive ardeur. Soudain elle suffoqua. La main du garçon resserrait le cou d'Hermione, tel un étau puissant, prêt à l'étrangler... »
- Est-ce que tu vois mon bras, sale petite pisseuse ? demanda-il, son visage presque collé à celui de la jeune femme, levant son autre bras pour le montrer à cette dernière.
Ne parvenant pas à prononcer le moindre mot, Hermione acquiesça lentement.
- Alors dis-moi, est-ce que tu y vois une quelconque marque des ténèbres ?
Sentant la pression de la main sur sa gorge s'affirmer encore davantage, elle fit non de la tête. Aucune marque n'étant tatouée sur le bras du garçon.
- Alors dis-moi maintenant, murmura-t-il, le regard meurtrier, en quoi suis-je un Mangemort ?
Il était tout simplement impossible pour Hermione de répondre, la jeune fille pouvait sentir sa baguette sortir de sa poche, mais elle se trouvait dans l'incapacité de s'en munir, ne préférant pas lâcher la main du garçon, étant son seul appui pour garder un peu d'air et ne pas tomber dans les pommes.
- Toi et toute ta petite bande de ratés, ne connaissaient rien de ma vie, vous contentant de me traiter de Mangemort, rugi-t-il, emplit à présent de rage. Vous ne savez pas que, parce que je ne suis pas Mangemort, mon père est mort, que parce que je ne suis pas Mangemort, ma mère est veuve et que si j'avais été Mangemort...
Drago colla alors son front à celui d'Hermione et lui chuchota distinctement :
- Tu serais déjà morte à l'heure qu'il est...
- Drago ! Que fais-tu ? Que se passe-t-il ?
Pansy se trouvait au bout du couloir, figée d'horreur, les mains plaquées contre sa bouche. Jamais elle n'avait vu Drago aussi effrayant, il allait étrangler la Gyffondor, Pansy en était certaine, c'est pourquoi elle s'élança et agrippa la main qui retenait Hermione, afin de le faire lâcher prise, ce qu'elle parvint à faire. La jeune fille tomba alors lourdement au sol, les mains plaquées contre sa gorge, cherchant de l'air. La tête lui tournait, avaler sa salive lui faisait atrocement mal, elle était de toute évidence passer de peu à la suffocation. La Serpentard pouvait même apercevoir des marques rouges sur le cou d'Hermione, les traces des doigts de Malefoy.
- Dégage Pansy ! ordonna le garçon, sans lâcher des yeux la jeune fille affalée sur le sol.
- Non... Je ne peux pas... Tu vas..., commença Pansy, alarmée.
Drago se retourna face à elle et lui attrapa le bras, la forçant à le suivre un peu plus loin, tournant ainsi le dos à Hermione.
Le garçon posa ses mains sur les épaules de la fille et lui dit succinctement.
- Tu vas rejoindre Crabbe et Goyle, vous continuez la ronde, je vous rejoins dans cinq minutes.
- Tu ne vas plus ta battre n'est-ce-pas ? Tu ne vas rien lui faire ? supplia Pansy en jetant un regard par-dessus l'épaule massive du garçon, observant la Gryffondor, toujours à terre.
- C'est bon, elle a eu ce qu'elle méritait cette petite idiote, dit-il en souriant.
Incertaine, Pansy recula lentement pour finalement faire volte-face et quitter le couloir. Content de s'être débarrassé de la jeune fille, Drago se retourna et...
- EXPERLLIARMUS!
Hermione à présent debout et baguette en main, projeta son agresseur jusqu'à l'autre bout du couloir. Elle allait recommencer quand ce dernier attrapa sa propre baguette et hurla :
- STUPEFIX!
- PROTEGO!
- EXPERLLIARMUS!
La Gryffondor n'eut pas le temps de contrer cette dernière attaque qui la propulsa plus loin. Le dos endoloris, elle tenta de se relever quand elle sentit un poids sur son corps. Drago était assis sur elle, le souffle court et le visage déformé par la haine. D'un geste il éjecta la baguette de la jeune femme plus loin et bloqua les bras de cette dernière d'une main, derrière sa tête, l'empêchant ainsi de le pousser.
- Alors petit fille de moldus ? On a peur ? railla-t-il en l'observant sauvagement.
- Peur d'un maigrelet blond platine ? Tu es bien drôle Malefoy, répondit-elle rudement.
- A force de raconter des conneries, Granger, un vilain lutin pourrait venir t'arracher la langue, siffla le garçon en souriant sournoisement.
Et dans le but d'illustrer ses propos, le garçon, de son autre main, pinça de toutes ses forces la lèvre inférieure de la jeune fille allongée sous lui, qui sentit un liquide chaud couler le long de sa gorge, du sang.
S'apercevant que l'étau qui lui retenait les mains faiblissait légèrement, elle en profita pour se dégager et pousser violement le Serpentard. Une fois relevée, elle fit face au garçon, et dans un excès de rage incontrôlé, elle s'approcha du lui et lui planta ses ongles dans la joue gauche, le griffant jusqu'au sang. Puis, tétanisée par ce qu'elle venait de faire, tituba en reculant et ramassa sa baguette avant de s'enfuir en courant.
Le Serpentard la regarda partir sans essayer de la rattraper, le cœur battant à tout rompre, puis tourna les talons et rejoignit les trois autres étudiants. En voyant le visage labouré et sanguinolent de son amour, Pansy accourut à sa rencontre, afin de toucher délicatement sa blessure, ce qu'elle ne parvint pas à faire, le garçon esquivant sa main.
- Par Merlin, qu'est-ce que cette folle t'a fait ? Tu as quatre grosses griffures sur le visage, on dirait que tu t'es fait attaquer par...
- Par une lionne, acheva Drago, son corps parcourut de frissons aussi inexplicables que douloureux.
- Mais tu as même du sang sur la main ! s'exclama la jeune fille en examinant Drago.
Le garçon posa alors son regard sur sa main, et en effet, quelques gouttes de sang se trouvaient sur son pouce et son index. N'ayant pas touché son propre visage tuméfié, ça ne pouvait qu'être le sang provenant de la lèvre de la fille qu'il avait blessé.
- Allons à l'infirmerie d'accord ?
- Non, pas la peine, ça partira tout seul, répondit-il d'une voix neutre, continuant de fixer sa main.
Et c'est alors, qu'en un geste particulièrement lent, et sans même réfléchir à ce qu'il était en train de faire, qu'il amena son pouce à sa bouche et y lécha le sang qui s'y trouvait.
Alors oui, j'ai vraiment aimé écrire ce chapitre, surtout la fin, je voulais que cet affrontement soit réellement violent mais aussi sombre, glauque voire même un peu sexuel, surtout avec la dernière phrase ! Car à partir de maintenant, chaque chapitre comportera (enfin je crois) quelque chose de brutal ou/et sensuel dans leur relation, même de façon infime et indirecte !
Je souhaiterais aussi répondre à une review concernant le comportement de Neville jugé trop couard face à Drago, sachant à quel point il avait été brave lors de la guerre. Alors je suis tout à fait d'accord avec ce point de vue, vraiment ! Cependant, je souhaitais montrer que cette histoire se passe en temps de "paix" et donc montrer que Neville, lorsqu'il ne se sent pas en danger ou qu'on ne menace pas la vie de ses amis, reste un garçon timide et peu sur de lui, ce qui n'enlève en rien son courage et sa bravoure ! Je souhaitais, en quelques sortes, que Drago soit sa "phobie" comme le sont les araignées pour Ron. Mais bien sur, je comprends que ça puisse déranger ^^
Merci pour vos reviews en tout cas, et n'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre, et surtout de cette fin héhé :)
